Le blog du Temps de l'Immaculée.

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“C’est une guerre qui nous est menée : certains veulent abattre l’enseignement catholique”

12/09/2025

“C’est une guerre qui nous est menée : certains veulent abattre l’enseignement catholique”

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C’est une guerre qui nous est menée : certains veulent abattre l’enseignement catholique. Derrière des formulations vagues et des témoignages subjectifs, le rapport de l’inspection ne révèle pas de manquements réels au contrat d’association mais témoigne du refus d’accepter la spécificité de l’enseignement catholique, pourtant garantie par la loi. Or nous sommes souvent trop tièdes. Nous sommes à la remorque de ce que décident les « laïcistes » au mépris du « caractère propre » de nos établissements. Quand Vincent Peillon [ancien ministre de l’Éducation nationale, NDLR] publie sa Charte de la laïcité en 2013, le Secrétariat général de l’Enseignement catholique lui emboîte le pas et diffuse aussitôt un texte de la même eau… Nous adoptons leur conception quasi religieuse de la laïcité. Or la laïcité n’est pas une religion de substitution. J’espère que le nouveau secrétaire général mènera le combat qu’on nous impose. Le bon combat. Il est temps de rappeler l’enseignement de l’Église en matière d’éducation, d’ailleurs fondé sur une longue expérience

.

Que faut-il faire pour endiguer cette offensive ?

Au niveau local, ne nous laissons pas intimider par des inspecteurs dont certains outrepassent leurs pouvoirs. Osons, au contraire, des propositions pastorales audacieuses, comme nous y invite Mgr Aillet dans son dernier livre, L’Église face au monde moderne. L’école catholique n’est pas une école comme les autres, mais un lieu où l’Évangile est proposé comme une lumière. Il ne nous est pas permis de la mettre sous le boisseau. Ce qui suppose aussi que l’équipe éducative soit cohérente, et les enseignants convaincus de leur mission. La formation des maîtres, et celle des chefs d’établissements, méritent d’être réformées.

Au niveau national, le Secrétariat général devrait rappeler clairement que la loi garantit le caractère propre de l’école catholique. Cette offensive met en danger le pluralisme scolaire. Il faut s’armer pour y répondre. Ce qui passe par la mise en place d’une veille juridique pour livrer les combats que certains veulent nous imposer. Que peut-on faire dans le cadre de la loi ? Comment garantir la liberté d’enseignement qui a valeur constitutionnelle ? Cela suppose aussi que les chefs d’établissement indûment attaqués bénéficient d’une assistance juridique : c’est notre liberté qui est en cause. Et notre dignité. Le jugement rendu à Pau rappelle que la justice demeure une garantie essentielle contre les attaques infondées. Loin d’être un instrument idéologique, la laïcité est confirmée par le tribunal comme un principe d’équilibre et de liberté que certains voudraient travestir en dogme d’exclusion.

 

Qu’attendez-vous des évêques ?

Mgr Aillet, l’évêque de Bayonne, ne m’a jamais lâché. J’aurais aimé que la Conférence des évêques de France monte elle aussi au créneau. Nous avons besoin de l’assistance juridique du Secrétariat général, et du soutien spirituel de nos évêques. Je veux aussi remercier le sénateur Max Brisson, ancien inspecteur général, qui a pris la parole au risque de déplaire, en restant fidèle à une certaine idée de l’école et de la liberté d’enseignement.

 

Source : France Catholique

Qui sont les jeunes qui choisissent la vie religieuse aujourd'hui ?

11/09/2025

Qui sont les jeunes qui choisissent la vie religieuse aujourd'hui ?

Fraternité, prière et liturgie au cœur de la vocation

L'étude d'Isabelle Jonveaux, menée en France, en Suisse et en Autriche, nous éclaire sur les parcours de 157 jeunes ayant fait le choix de la vie religieuse. Les chiffres sont sans appel et dessinent un profil type bien précis : 85 % d'entre eux ont été baptisés avant l'âge de 3 ans, 67 % ont été confirmés avant 16 ans, et une écrasante majorité, 76 %, a toujours accompagné ses parents à la messe dominicale.

 

Mais ce qui est encore plus frappant, c'est leur engagement précoce dans des mouvements catholiques. L'article nous révèle que "la moitié des sondés ont appartenu à un mouvement de scoutisme, principalement les Scouts et Guides d’Europe, tandis que 57% des hommes et 28% des femmes ont été servants de messe". Ce dernier point révèle quand-même une petite lacune dans l'étude. Néanmoins, on retiendra que ces activités, et particulièrement le scoutisme chez les Scouts d'Europe qui prônent la fraternité, la discipline et la prière, ont joué un rôle déterminant dans leur cheminement.

 

L'étude met en évidence un autre point crucial : la vie religieuse a su se réinventer pour répondre à l'aspiration spirituelle de ces jeunes, qui ne se contentent plus d'une foi tiède. Ils sont à la recherche d'une vie de prière intense, d'une liturgie soignée et d'une communauté forte. Le texte insiste sur le fait que cette nouvelle approche est une réponse à "un fort besoin de spiritualité exprimé par ces nouvelles générations." ... Bah oui ...

 

La vie religieuse, une nouvelle voie pour une foi ancrée
En conclusion, l'étude d'Isabelle Jonveaux, relayée par La Croix et Famille Chrétienne dresse un portrait loin des idées reçues des jeunes qui s'engagent dans la vie religieuse aujourd'hui. Ils ne sont pas des marginaux cherchant un refuge, mais des jeunes issus de milieux catholiques pratiquants, déjà très investis dans leur foi avant de faire ce choix radical. Leur parcours, souvent jalonné par le scoutisme ou le service de l'autel, témoigne d'une foi profonde et d'un besoin de cohérence entre leurs convictions et leur mode de vie.

 

Cette étude suggère que les vocations de demain naîtront probablement d'un terreau familial et communautaire fertile, où la pratique religieuse et l'engagement sont des valeurs centrales. Elle  invite à reconsidérer la vie religieuse non pas comme une voie de fuite, mais comme l'aboutissement naturel d'un chemin de foi ancré et exigeant !

Faut-il soutenir un pèlerinage LGBT à Rome pour le Jubilé ?

10/09/2025

Faut-il soutenir un pèlerinage LGBT à Rome pour le Jubilé ?

La question du pèlerinage LGBT à Rome, organisé à l’occasion du Jubilé, ne peut être abordée à la légère. Elle touche des réalités profondes de la foi, de l’Église, de la personne humaine et de la vérité évangélique. En réalité, la vraie question n’est pas simplement de savoir s’il faut être « pour » ou « contre » un tel événement. Il faut d’abord discerner ce que cet acte signifie, ce qu’il engage, et à quelle logique il obéit. C’est une question de fidélité à la Croix du Christ et non de stratégie pastorale ou de pression médiatique.

 

Deux chemins, deux visions, il faut d’emblée distinguer deux démarches radicalement différentes : D’une part, il y a la personne homosexuelle, sincère dans sa foi, qui reconnaît ses combats intérieurs, ses fragilités, mais qui choisit le Christ, avec ses exigences et sa Croix. Cette personne ne se définit pas d’abord par son orientation sexuelle, mais par son baptême. Elle ne réduit pas son identité à une étiquette, elle avance humblement dans un chemin de conversion. Elle peut souffrir, lutter, mais elle sait que le Christ seul libère.

 

D’autre part, il y a ceux qui se réclament de l’idéologie LGBTQIA+, une construction sociopolitique aux racines clairement marxistes, comme l’ont démontré de nombreux chercheurs. Cette idéologie vise à renverser les repères traditionnels, notamment dans la morale, la famille, l’anthropologie. Elle ne cherche pas la conversion, mais la validation, voire la réécriture des fondements chrétiens, jusqu’à exiger que l’Église modifie son enseignement.

 

Le danger ne vient pas des personnes, mais de cette confusion profonde entre accueil et approbation, entre amour et tolérance passive. Or, comme le rappelait saint Jean-Paul II : « L’amour vrai est toujours exigeant. » La tolérance, si elle n’est pas éclairée par la vérité, peut devenir une chaîne d’acceptations mécaniques sans questionnements, et un refus habile de débattre en tranchant tout à trac. La tolérance n’ira jamais aussi loin que l’amour, car elle n’implique pas d’exigence, ni de souffle réel. Si André Frossard notait à bon droit « Amour, pour te dire, l’éternité sera courte », comment concevoir qu’une mouvance (LGBT) privatise d’un claquement de doigts les destinées de ce saint mot, Amour, en le réduisant pour toujours à l’équation obtuse : « Amour = tolérance »

 

Il est fondamental de bien comprendre que l’Église ne rejette personne, mais elle n’a jamais enseigné une inclusion inconditionnelle, sans appel à la conversion. Le catéchisme n’est pas optionnel aux pèlerins de l’Inconditionnel. L’Évangile lui-même ne donne aucun exemple de ce type d’inclusion « TTC ». La femme adultère elle-même, libérée, est sommée de ne plus « pécher » à l’avenir. Le Christ a accueilli les pécheurs, mais jamais sans leur dire : « Va, et ne pèche plus ».

 

De fait, le concept moderne d’ »inclusion » est souvent utilisé pour faire pression sur l’Église afin qu’elle infléchisse sa doctrine. Mais l’Église n’est pas une ONG. Elle n’a pas le droit de modifier ce qu’elle a reçu du Christ. Le véritable accueil, c’est celui qui accompagne la personne dans un chemin de vérité, qui la respecte dans sa liberté, mais ne ment pas sur ce qui conduit à la vie éternelle.

 

La vie chrétienne ne repose pas sur des slogans, mais sur un mouvement intérieur profond : la metanoia, ce retournement du cœur que l’on appelle le plus souvent la conversion, pousseà devenir une créature nouvelle. Ce changement n’est pas une simple amélioration morale, mais une transformation radicale opérée par la grâce.

 

C’est pourquoi, participer à un pèlerinage en se revendiquant de l’étiquette politico-sociétale LGBT, dans une logique d’affirmation identitaire et politique, n’est pas neutre, à tout le moins abusif et maladroit. Cela revient à mettre l’idéologie avant la foi, à imposer un cadre militant à une démarche spirituelle. Or, le vrai pèlerinage est une marche vers Dieu, un dépouillement, pas une revendication. Il n’y a plus ni hommes, ni femmes, ni esclaves… nous rappelle l’écho de Saint Paul : comment s’agirait-il de réintroduire du L, du G, du B ou du T là où nous ne sommes plus qu’un, dépouillés de nos identités temporelles, étriquées ?

 

Le fait que le Pape Léon XIV n’ait pas participé à cet événement n’est pas anodin. Selon des sources romaines fiables, il a consciemment choisi de ne pas s’associer à une initiative dont les objectifs sont ambigus, et parfois clairement opposés à la doctrine. Nul agenda ne saurait prévaloir sur celui du Christ, lorsque l’on se présent croyant. Cela ne signifie certes pas que le combat du respect et des droits humains soit à mettre au rebut, mais on ne saurait se présenter de façon double devant la Croix, objectif naturel du pèlerinage. 

 

Certains, comme le père James Martin, portent ce projet avec ferveur, mais dans une logique d’instrumentalisation maladroite de l’Église pour faire évoluer sa doctrine. Le problème n’est pas sa personne, mais la portée de ses engagements publics, qui induisent en erreur beaucoup d’âmes sincères, qui méritent mieux : elles méritent la vérité !

 

Car ce qui est en jeu ici, ce n’est pas une reconnaissance sociale, mais le salut éternel des personnes. Aimer vraiment quelqu’un, ce n’est pas lui dire ce qu’il veut entendre, mais ce dont il a besoin pour vivre en vérité devant Dieu. Rien de nouveau sous le soleil !

 

À la maladresse peut aussi se substituer le cynisme, chez certains : il est profondément malhonnête de manipuler la Parole de Dieu pour lui faire dire ce qu’elle ne dit pas. Ceux que l’on pourrait qualifier de véritables « faussaires de Dieu » s’obstinent à tordre le sens des Écritures au profit de leurs intérêts idéologiques, en s’appuyant sur une herméneutique douteuse, souvent déconnectée du contexte historique, linguistique et théologique des textes bibliques.

 

À ce sujet, le travail du théologien Robert A. J. Gagnon est une référence incontournable. Dans son ouvrage majeur, The Bible and Homosexual Practice : Texts and Hermeneutics, Gagnon mène une analyse rigoureuse, fondée à la fois sur les textes originaux (hébreu et grec), le contexte culturel du Proche-Orient ancien, et les données exégétiques les plus solides. Il démontre de manière méthodique et scientifiquement étayée que la Bible interdit sans équivoque les actes homosexuels, et ce, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament.

 

Contrairement aux interprétations révisionnistes popularisées par des auteurs comme Daniel Helminiak ou James Alison qui prétendent que les textes bibliques ne viseraient pas les pratiques homosexuelles contemporaines mais uniquement certaines formes d’excès ou de débauche dans l’Antiquité, Gagnon prouve que cette lecture repose sur des biais méthodologiques flagrants et une volonté manifeste de relecture idéologique. Ces approches ne tiennent pas devant une lecture critique sérieuse ni devant les principes fondamentaux de l’exégèse historique. Par ailleurs, comment imaginer que la sévérité bien connue de la Bible vis-à-vis de la morale sexuelle imposée aux auditoires hétérosexuels soit, soudainement et providentiellement, abolie en ce qui concerne la vie sexuelle des personnes homosensibles ? 

 

Nous avons d’ailleurs déjà publié une recension critique de l’ouvrage controversé de Helminiak (Ce que la Bible dit vraiment de l’homosexualité), dans laquelle nous montrions les limites méthodologiques, les contresens exégétiques et l’absence de cohérence théologique de son propos. Il ne s’agit pas ici d’ostraciser des personnes, mais de respecter l’intégrité du texte biblique, sans pour autant se montrer « dur » ou « conservateur ». Toute lecture sérieuse de la Bible se doit d’honorer son message dans son entièreté, sans le déformer pour l’adapter à l’air du temps. C’est la base de la déontologie. C’est là une exigence de vérité intellectuelle, de probité théologique, et de fidélité à la Parole de Dieu.

 

Comme le disait Benoît XVI : « Sans vérité, la charité devient sentimentalisme. » Et sans charité, la vérité devient violence. L’Église doit tenir les deux : accueillir les personnes avec une infinie tendresse, mais leur dire, avec une même tendresse, que la voie du Christ est étroite, qu’elle passe par la Croix, par le renoncement, par une transformation intérieure radicale.

 

Oui, il y a une place pour chaque personne dans l’Église. Mais cette place ne peut être fondée que sur l’adhésion au Christ, à son Évangile, et à l’enseignement constant de l’Église. Ce n’est pas là une quelconque exclusion, mais une invitation à quelque chose de plus grand : la sainteté.

 

À Rome ou ailleurs, tout pèlerinage véritable est une montée vers Dieu. Il ne peut être le lieu de revendications politiques, mais de conversions intérieures. Car ce qui se joue là, c’est bien plus qu’un débat : c’est la vie éternelle !

 

 

 

Le rite tridentin de retour à Rome

09/09/2025

Le rite tridentin de retour à Rome

L'article de messainlatino.it, source de cette information, met en lumière l'importance de l'événement :

 

« Une grande nouvelle : le cardinal Burke célébrera la Sainte Messe à Saint-Pierre lors du prochain pèlerinage Summorum Pontificum ! (Rome, 24-26 octobre 2025) »

 


L'autorisation papale d'une messe tridentine à Saint-Pierre prend une forte portée symbolique, offrant aux communautés « tradi » un signe clair que Rome ne les exclut plus. Alors que la décision de Traditionis custodes avait entraîné des restrictions sévères et une marginalisation pour ces fidèles, notamment en France, le geste du pape Léon XIV offre un contraste saisissant. Il témoigne d'une volonté d'apaisement et d'unité, rappelant que la beauté de la liturgie est un facteur de rassemblement. La célébration d'octobre 2025 sera scrutée comme un « moment de vérité », permettant de mesurer la capacité de l'Église à concilier la diversité des sensibilités liturgiques avec la fidélité à Rome.

8 septembre – Nativité de la Vierge Marie

08/09/2025

8 septembre – Nativité de la Vierge Marie

La voyante, qui prendra ensuite le nom de Marie France en devenant vierge consacrée dans la Pieuse Union des Adoratrices du Cœur de Jésus qu’elle créa, a transmis une prière à réciter pour la France : « Mon Fils, pardonnez-lui, elle vous aime toujours puisqu'elle n'a jamais cessé de m'aimer... » et une belle promesse de la part de la Vierge :

 

« Si, en union avec mon Divin Fils, j'aime toutes les nations qu'Il a rachetées de Son Sang, vois comme je chéris tout particulièrement ta chère Patrie... Mon Fils désire que l'on fasse des images et des statues me représentant ainsi et que l'on m'invoque sous le vocable de Notre Dame de France. Si l'on répond à ce nouveau désir de Son Divin Cœur, la France reviendra tout particulièrement mienne, je la prendrai à jamais sous ma maternelle protection et mon Fils se plaira à répandre sur elle d'abondantes bénédictions ».

 

Mgr Roland Gosselin, évêque de Versailles de 1931 à 1952, approuva officiellement la Pieuse union des Adoratrices du Sacré-Cœur et permit d’imprimer l’image de « Marie Reine de France » ainsi que la prière révélée au cours des apparitions, mais il n’y eut jamais de jugement canonique définitif sur ces faits qui sont un peu oubliés aujourd’hui.

 

D’après Les Apparitions de Versailles – Marie, Reine de France, Jésus, Roi de France, par Jean Robin, Editions Pierre Téqui

Les circonstances providentielles du lancement des Vierges pèlerines en France (1995)

08/09/2025

 Les circonstances providentielles du lancement des Vierges pèlerines en France (1995)

Cette aventure spirituelle a été rendue possible par une série de circonstances providentielles : la conversion bouleversante d’Edmond Fricoteaux, la redécouverte de la statue monumentale de Notre-Dame de France, des inspirations reçues à Lisieux et ailleurs. Grâce à l’engagement d’innombrables bénévoles et à une organisation née littéralement de rien, ce mouvement prend une ampleur inattendue, accompagné par une succession de signes du Ciel. Dans la continuité de cet élan, l’Association Marie de Nazareth est fondée. Elle portera à son tour de nombreuses initiatives, parmi lesquelles, aujourd’hui, le projet des 1 000 raisons de croire.

 

Les raisons d'y croire
Au moment exact du lancement de la cérémonie de bénédiction des Vierges pèlerines, au milieu d’une journée prévue pour être entièrement pluvieuse, une éclaircie étonnante se produit au Puy-en-Velay. C’est le dernier des clins d’œil du Ciel donnés pour cette action, mais il y en a eu bien d’autres et de nature très différente.

 

La conversion d’Edmond Fricoteaux à Rome, à l’écoute de paroles anodines du cardinal Gantin, et les circonstances de la naissance de son engagement marial sont aussi certainement providentielles.

 

Edmond conçoit ensuite avec l’aide du père Laurentin le projet d’un cadeau de remerciement à la Vierge Marie sous forme d’une statue de sept mètres, portant l’Enfant Jésus, couronnée de douze étoiles, afin de l’installer sur une colline proche de Paris. Antoine Legrand, rencontré « par hasard », lui révèle qu’en fait cette statue existe déjà. Celle-ci peut finalement être retrouvée et installée, cinquante ans après le vœu du cardinal Verdier, qui demandait exactement cela pour « faire pendant au Sacré-Cœur de Montmartre ». Cette série de coïncidences est tout à fait étonnante.

 

Le projet des Vierges pèlerines est né de manière tout aussi étonnante de la convergence de deux signaux. D’abord, le rêve puissant d’un jeune homme de Douai, qui voit Notre-Dame de France avec, à ses pieds, une foule immense, et des statues venues de toute la France. Puis une intuition qui naît dans l’oraison priante de trois amis au carmel de Lisieux. C’est en fait le même appel, mais qui prend des voies différentes.

 

La Providence permet par la suite les rencontres nécessaires pour que le projet corresponde exactement à la demande de l’Église de l’époque, qu’il se concrétise et qu’il se mette en place.

 

Paulette Leconte, mère de famille de treize enfants, est sollicitée au dernier moment pour sculpter une nouvelle statue de Notre-Dame de France, en des traits plus humains que celle de Baillet-en-France, et la réalisation se révélera aussi exceptionnelle, si bien que plus de 15 000 statues pourront être dupliquées et envoyées partout dans le monde.

 

La mise en place en un temps record – et avant Internet ! – d’un réseau de bénévoles dans toutes les régions, départements, cantons et villages de France est aussi un accomplissement surprenant.

 

Les nombreuses rencontres de « Marie aux 108 noms » avec les personnes spécialement touchées par la Vierge venue les visiter sont autant de fruits extraordinaires : cette histoire est donc ainsi jalonnée d’innombrables fioretti.

 

 

En savoir plus


Ce 8 septembre 1995, il y a trente ans, nous étions quelques milliers de bénévoles mobilisés pour la bénédiction et le lancement de 108 statues et icônes de la Mère de Dieu. Elles allaient devenir ces « Vierges pèlerines » qui sillonneraient la France pendant un an, dans 108 petites remorques blanches confectionnées par le CAT de Chinon, tirées par des Peugeot 106 mises à disposition en location dans le cadre d’un gros contrat d’un an avec Peugeot Neubauer. Le temps est couvert, la matinée est pluvieuse, et, lors de la conférence de presse, vers onze heures, les journalistes me demandent si nous ne sommes pas trop déçus de ce temps tristounet. Je me souviens leur avoir répondu que c’était un peu dommage, mais qu’il y avait tant à faire pour préparer le lancement à quinze heures qu’on n’avait pas le temps d’y penser beaucoup. Les choses s’enchaînent ensuite jusqu’à ce moment tant attendu où nous nous retrouvons au sommet de la colline sur laquelle a été installée la statue monumentale de Notre-Dame de France du Puy-en-Velay. Mais juste avant que je prenne le micro pour lancer les choses, mon père m’interpelle : « As-tu vu les nuages ? » Sans que nous nous en rendions compte, une grande éclaircie était apparue et, à quinze heures pile, le ciel est entièrement bleu au-dessus de nos têtes, les nuages formant comme une couronne régulière, dans toutes les directions, loin de nous, à plusieurs kilomètres de distance. Un spectacle étonnant qui restera gravé dans ma mémoire et, depuis, je suis très attentif aux « miracles météorologiques » qui sont en réalité bien plus courants que ce que l’on peut imaginer. Quelques minutes après, les nuages reprendront le dessus, mais on aura encore droit à un rayon de soleil magnifique et puissant au moment de l’élévation eucharistique, lors de la messe. Mais ce petit clin d’œil, qui nous a réconfortés et réjouis sur le moment, n’était en fait qu’un petit élément d’une histoire tissée d’événements providentiels nombreux, depuis de longues années.

 

Un fil de grâces
Tout commence par une conversion, en apparence anodine, qui deviendra l’étincelle d’une aventure nationale, puis mondiale. En avril 1984, à Rome, Edmond Fricoteaux – notaire à Saint-Denis, venu surtout accompagner son épouse et un groupe d’élèves – est saisi au cœur par quelques mots du cardinal Bernardin Gantin à Sainte-Marie-Majeure. Il se confesse, ressort « assoiffé de Dieu » et, de retour en France, se met à lire, prier, chercher. À La Courneuve, sur la tombe du père Jean-Édouard Lamy, il implore un « amour immodéré » pour la Vierge : la grâce arrive, irrésistible. En quelques semaines, Edmond change de cap : il parle de Dieu à ses clients, entraîne des centaines de personnes en pèlerinage, entre dans la spiritualité de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Ce basculement intérieur – discret sur le moment –apparaît comme une première action de la Providence : Dieu prépare un cœur.

 

« Notre-Dame de France » : la statue qui existait déjà
De cette conversion naît un désir : offrir à Marie une grande statue visible par tous, au bord d’un axe routier. Là encore, la Providence « devance » Edmond : en avion, il est assis à côté du père René Laurentin, qui lui trace le cap : l’accord de l’évêque du lieu, le soutien d’une congrégation, et surtout une Vierge portant l’Enfant. Edmond imagine alors une figure de sept mètres, coiffée des douze étoiles de la Rue du Bac… quand un « hasard » de carnet d’adresses le met en relation avec Antoine Legrand. Celui-ci lui révèle que la statue rêvée existe déjà : « Notre-Dame de France », œuvre de Roger de Villiers et de Raymond Subes, qui avait couronné le pavillon pontifical de l’Exposition universelle de 1937, puis sommeillait depuis des années, démontée, oubliée. S’ouvre une traque patiente : les archives, Amiens, l’église Saint-Honoré, le zoo (où la statue passa par l’enclos des girafes !), puis les sous-sols municipaux. Viennent 2 000 heures de restauration par un maître-serrurier, des soutiens multipliés, une souscription populaire (25 000 donateurs) et, le 15 octobre 1988 – exactement cinquante ans après le vœu du cardinal Verdier de voir cette statue « faire pendant au Sacré-Cœur de Montmartre » –, l’élévation à Baillet-en-France et la bénédiction par le cardinal Lustiger, sept évêques et le nonce, devant 52 000 personnes. Comme un premier sceau céleste, une grande foule se rassemble ; des conversions s’ensuivent. Beaucoup pensaient : « Mission accomplie. » En réalité, la Providence venait d’installer le tremplin.

Deux signes fondateurs : un rêve, une intuition
À peine la statue remise « sur sa colline », deux signaux convergents arrivent. D’abord, la lettre d’un jeune homme de Douai : un rêve puissant,au cours duquel il voit Notre-Dame de France, avec à ses pieds une foule immense, et des statues venues de toute la France. Puis la visite de monsieur Flichy et de trois amis, priants du carmel de Lisieux : dans leur oraison s’impose l’idée que des statues mariales – venues des diocèses – pourraient devenir pèlerines, de village en village, pour offrir des veillées de prière à Jésus et Marie, et « labourer » le pays. Deux « petits » faits subjectifs ? Ou, plus profondément, le même appel qui se précise par voies différentes : la Vierge, moins visitée, viendra visiter son peuple.

 

Dans la prière du chapelet et la méditation, Edmond reçoit et affine l’intuition : lancer un pèlerinage d’environ cent statues, ambassadrices des diocèses de France (et déjà l’horizon des cinq continents affleure). Le nom n’est pas encore fixé, mais l’élan, lui, l’est : les « Vierges pèlerines » sont conçues.

 

La maturation prudente (1989-1994) : « Visitation de Marie »
Reste à faire… l’impossible : convaincre, coordonner, financer, concrétiser. De 1989 à 1994, Edmond entreprend une tournée d’écoute et de propositions : cardinaux, archevêques, évêques – en France, en Europe, au-delà – reçoivent l’explication de ce projet de « Visitation de Marie ». On améliore, on reformule, on peaufine. Cette phase, souvent invisible, est capitale : elle enracine l’œuvre dans l’Église, assainit les écueils... Elle est aussi un temps où la Providence prépare et ajuste les personnes impliquées.

 

La rencontre qui a changé mon parcours (Pentecôte 1994)
À la Pentecôte 1994, alors que je demande depuis des mois à la Vierge Marie de me trouver une activité professionnelle plus compatible avec ma conversion, je suis pour la première fois en train de déjeuner avec celle qui deviendra un an plus tard mon épouse. Elle me présente ses parents, qui deviendront donc plus tard ma belle-famille, lorsque sœur Jeannine-Marie, de l’abbaye Notre-Dame de l’Ouÿe, à Dourdan, m’appelle en me disant de venir tout de suite parce qu’il y a chez eux en ce moment une personne qui parle merveilleusement de la Sainte Vierge. Je lui explique d’abord que ce n’est pas possible, mais elle insiste tellement que je finis par y aller, après le déjeuner : c’est là que je rencontre pour la première fois Edmond Fricoteaux ; il me décrit dans les moindres détails le projet des « Vierges pèlerines » qu’il a en tête : une première année de prières en France, qui se finit dans le « Champ des bergers », à Bethléem, en passant par cette grande prière qu’il veut organiser dans tous les pays du monde. À l’époque, je faisais des études de théologie et je lui réponds que son idée correspond parfaitement à ce que demande le pape Jean-Paul II, qui engage à se mettre en prière autour de Marie pour préparer le grand Jubilé de l’an 2000 « comme dans un Nouvel Avent ». Je me mets donc à sa disposition pour un an et il me charge de l’organisation, du maillage du territoire et de la constitution des équipes de bénévoles avec des responsables régionaux, départementaux, cantonaux et au niveau de chaque village. Edmond avait eu du mal à quitter sa famille et à faire quelques heures de route pour aller parler de la Mère de Dieu en ce dimanche de Pentecôte, mais il dira ensuite qu’il a été bien récompensé.

 

Le consensus ecclésial : liberté des laïcs, encouragement des pasteurs
Au printemps 1995, les choses s’accélèrent. Tous les évêques de France reçoivent un courrier présentant le projet et proposant une rencontre. Plus d’une trentaine d’entre eux sont visités ; les remarques sont intégrées, les formulations ajustées. Le 13 mai 1995, Mgr Duval, archevêque de Rouen et président de la Conférence épiscopale, fixe le cadre : initiative privée, portée par des laïcs, encouragée par plusieurs évêques responsables de grands sanctuaires marials. La formule est décisive : « On n’arrête pas une prière. » Elle garantit la liberté d’un élan venu d’en bas, tout en le cadrant dans la communion de l’Église. Le 24 juin 1995, dernier samedi avant les vacances, 500 délégués venus de tous les départements se rassemblent à Saint-Denis pour la révélation du projet. C’est la fête de la Saint-Jean-Baptiste et du Cœur Immaculé de Marie : « préparer les chemins du Seigneur ».

 

Les « impossibles » logistiques : une chaîne de dons et d’ingéniosité
Reste à résoudre l’insoluble matériel : en quelques semaines, l’infrastructure d’un mouvement national est montée. Les 108 statues et icônes sont reproduites, ainsi qu’une nouvelle image de Notre-Dame de France, sculptée à ma demande par madame Paulette Leconte. Une statue magnifique, qui sera finalement dupliquée et diffusée à plus de 15 000 exemplaires, dans le monde entier, et qui servira aussi au « M » de Marie. Le 13 juillet, 110 remorques (dont deux de secours) sont commandées dans le Nord. Un marché est conclu avec le CAT de Chinon (90 personnes en situation de handicap) pour transformer ces remorques en « Maisons de Marie », chapelles vitrées et moquettées, que la presse baptisera « mamamobiles ». Un contrat parallèle avec Peugeot et un loueur met à disposition 108 voitures blanches type 106. Un total de 370 000 livrets bleus sont édités et diffusés partout : ils déclenchent un flot de courrier, de dons, de propositions d’accueil, de chauffeurs bénévoles.

 

Le choix du Puy-en-Velay, antique sanctuaire au cœur de la France
Il fallait un starting-block qui soit un signe. Le Puy-en-Velay est le plus ancien sanctuaire marial d’Europe, capitale mariale dominée par une statue monumentale de la Vierge… nommée, elle aussi, « Notre-Dame de France », et son évêque, Mgr Henri Brincard, évêque du Puy, est très marial et nous accueille avec joie. Le 7 septembre au soir, 108 remorques et 108 images convergent de tous les départements vers la ville. Le lendemain, 8 septembre 1995 – fête de la Nativité de la Vierge –, la ville est pavoisée aux couleurs de Marie. Les statues prennent place sur les marches de la cathédrale, face à la foule ; les images font le tour du pays ; la télévision relaie partout un étonnement bienveillant. À quinze heures, sous un ciel qui se dégage, le pèlerinage se lance et, pendant la messe, un peu plus tard, Mgr Brincard, Mgr Gaidon, évêque de Cahors, et Mgr Van Thuan, venu spécialement de Rome, bénissent « Marie aux 108 noms », ambassadrices des diocèses. La foule répond : « Priez pour nous », comme un même chœur de provinces. Plus de 4 000 personnes communient à ce départ. Sept autres évêques – gardiens de grands sanctuaires – avaient écrit pour soutenir l’œuvre (Le Puy, Chartres, Le Laus, Pellevoisin, La Garde, Rocamadour, Liesse).

 

Un « Nouvel Avent » vers l’an 2000
L’élan ne vient pas de nulle part : Jean-Paul II a demandé que le Jubilé de l’an 2000 soit préparé, avec Marie, comme un « nouvel Avent ». Les Vierges pèlerines donnent un visage concret à cet appel. En un an (1995-1996), elles proposeront 40 000 veillées de prière, partout en France. Puis, en 1996, la dynamique s’ouvre au monde : bénédiction à Rome le 8 décembre ; visite au patriarche Bartholomée Ier, à Constantinople, le 14 décembre ; extension sur quatre ans à 120 pays ; et, le 24 décembre 1999, « point d’orgue » à Bethléem, avec 82 nationalités et douze Églises chrétiennes réunies pour la nuit de Noël. À l’arrière-plan, la même logique : Marie visite, réunit, prépare les cœurs.

 

Une œuvre de peuple : dons, talents, épreuves et fruits
La réussite tient à une alchimie très simple. Une idée humble, claire, portée par la prière ; un cadre ecclésial juste (initiative laïque, encouragement des pasteurs) ; et une masse de petites générosités qui composent un grand fleuve : des sculpteurs (91 au total), un mouleur (Hervé Capelli), des carrossiers, des imprimeurs, des chauffeurs bénévoles, des équipes diocésaines, des municipalités parfois inattendues, des médias souvent étonnamment ouverts. Il y a des épreuves, des critiques, des impondérables ; elles sont assumées avec patience et persévérance. Et des fruits en foule : retours à Dieu, conversions, guérisons, fioretti, au détour d’un village, d’une nationale, ou même, plus tard, sur une route de Bagdad ou dans le Kurdistan. Les « mamamobiles » étonnent, mais elles rassemblent.

 

Le 8 septembre 1995 : pourquoi ce jour est la « preuve »
Si l’on cherche le moment où tous les fils se nouent, c’est ce 8 septembre, au Puy. Tout y converge : la date liturgique (naissance de Marie), le lieu matriciel (le plus ancien sanctuaire marial d’Europe), le nom (Notre-Dame de France), la bénédiction d’un évêque gardien des lieux, la présence et la faveur de plusieurs pasteurs, l’adhésion populaire, la météo elle-même qui « s’ouvre ». Mais, derrière l’événement, on lit le patient tissage : une conversion (1984), une statue retrouvée (1988), deux signes concordants (rêve et intuition), des années d’enracinement (1989-1994), une rencontre charismatique et organisatrice (Pentecôte 1994), un cadre ecclésial sage (mai 1995), une date-signal (24 juin 1995), un miracle logistique (juillet-août 1995). Autrement dit : rien n’était « automatique », tout a été donné à point nommé. C’est précisément ce que l’on nomme, en langage croyant, la Providence.

 

Après le départ : une fécondité en cascade
Le « oui » du 8 septembre ne fut pas un feu de paille. En sept ans, le mouvement devient l’un des plus grands pèlerinages jamais organisés : des millions de chapelets distribués, des millions de kilomètres parcourus, près de 120 pays touchés, plus de 10 000 statues et icônes finalement envoyées dans le monde. Le projet « Marie de Nazareth » naîtra de cette sève (un centre spirituel à Nazareth) et la veillée de Bethléem, au deux millième Noël, scellera symboliquement l’intuition de départ : faire de Marie la pédagogue d’un « Avent » contemporain.

 

Le style d’Edmond : une foi qui rend tout possible
Reste la figure d’Edmond Fricoteaux, sans laquelle on ne comprend pas l’unité du récit. Sa foi, née en 1984, n’a jamais été une exaltation fugace : elle s’est traduite par de l’audace, de la ténacité, une capacité à « déplacer des montagnes » en associant des compétences extrêmement diverses. Il a reçu, discerné, consulté, rectifié, recommencé. Et, quand l’Église a dit : « initiative privée, encouragée », il a su rester à sa place – celle d’un laïc évangélisateur – en laissant la place aux pasteurs. C’est cette humilité efficace qui a permis au dessein de Marie de passer du « rêve » à la route.

 

Conclusion : la logique de la Providence
Regarder le 8 septembre 1995 comme un pur exploit d’organisation, ce serait manquer l’essentiel. Ce jour-là couronne un chapelet de « hasards » trop ajustés pour être de simples coïncidences : une parole qui transperce à Rome, une statue rêvée qui existe déjà, une trouvaille improbable dans les caves d’une mairie, un peuple qui souscrit, une foule qui se rassemble, un rêve et une intuition concordants, une rencontre de Pentecôte qui apporte la compétence pratique, des évêques qui cadrent sans étouffer, une date de la Saint-Jean-Baptiste et du Cœur Immaculé pour lancer le mouvement, des remorques livrées à temps et transformées par des mains souvent fragiles, des voitures blanches qui apparaissent quand il le faut, un livret bleu qui réveille la ferveur, un sanctuaire millénaire qui ouvre ses marches, un ciel qui s’éclaircit à l’heure précise.

 

La Providence n’abolit pas l’effort humain ; elle l’aimante et l’orchestre. Au Puy, le 8 septembre 1995, la France a vu une idée spirituelle devenir un fait : 108 Vierges pèlerines, « Marie aux 108 noms », partant bénies pour 40 000 veillées en un an. Il ne restait plus qu’à suivre – et à prier. C’est ce que fit une multitude ; et c’est pourquoi, longtemps après, on peut relire ce départ non comme un souvenir mais comme un signe : quand Marie veut visiter ses enfants, Dieu prépare les chemins.

 

Olivier Bonnassies

Olivier Bonnassies, est ancien élève de l’École Polytechnique (X86), diplômé de l’Institut HEC start up et de l’Institut Catholique de Paris (licence en théologie).
Entrepreneur, il a créé plusieurs sociétés. Non croyant jusqu’à l’âge de 20 ans, il est auteur d’une vingtaine de livres et de vidéos et de quelques spectacles, scénarios, articles, newsletters et sites Internet comme Marie de Nazareth sur des sujets souvent liés à la rationalité de la foi.

 

 

 

 

Au delà
Prenez Marie chez vous ! Des statues de Notre-Dame de France de 90 ou 45 centimètres peuvent être acquises facilement. À l’image de Joseph ( Mt 1,20 ) ou de Jean ( Jn 19,27 ), prendre ainsi Marie « chez soi » est un acte de foi par lequel nous accueillons au cœur de nos vies la Vierge, qui vient avec Jésus, doux et humble de cœur, offrir toute sa protection et sa tendresse.


Aller plus loin

Le magnifique documentaire de Pierre Barnérias qui retrace en image l’ensemble de l’aventure des Vierges pèlerines.

 

 

 


En complément

Le mouvement de prière des Vierges pèlerines raconté dans « Notre Histoire avec Marie »

L’histoire de la statue monumentale de Notre-Dame de France , d’ Edmond Fricoteaux et du pèlerinage de Notre-Dame de France racontée sur le site de la confrérie Notre-Dame de France

Le livre Notre-Dame de France en images (tome 1), Téqui, 1999.

 

 

 

Source : 1000 raisons de croire

 

 

 

Deux jeunes saints pour une Église en quête de sens

07/09/2025

Deux jeunes saints pour une Église en quête de sens

 

Le pape a souligné dans son homélie l'importance de ne pas "gaspiller sa vie en dehors du projet de Dieu", un message qui résonne avec force dans notre société moderne. La sainteté, loin d'être un idéal lointain, est présentée comme un chemin concret, celui du détachement de soi pour adhérer à la volonté divine.

 

Dans ce contexte, le pape Léon XIV a mis en parallèle les vies de ces deux nouveaux saints, les présentant comme des modèles pour la jeunesse d'aujourd'hui :

 

Pier Giorgio Frassati : cet étudiant du XXe siècle, dont la joie de vivre et la charité lui ont valu le surnom d'« entreprise de transport Frassati », a montré qu'une foi authentique se traduit par une action sociale et politique courageuse.

 

Carlo Acutis : cet adolescent du XXIe siècle, passionné d'informatique, a su allier ferveur eucharistique et culture numérique. Il a laissé un héritage puissant, montrant que la sainteté peut s'épanouir au cœur de la vie quotidienne. "Devant le soleil, on se bronze. Devant l’Eucharistie, on devient saint", disait-il.

 

Le pape a également utilisé l'exemple de Carlo Acutis pour mettre en évidence la force de l'Eucharistie face aux critiques et aux remises en question. On pense à ce propos à la polémique récente avec le théologien Andrea Grillo, qui a qualifié la piété eucharistique de Carlo Acutis d'« obsessionnelle » et de « dépassée ».


En réaffirmant que « la tristesse, c’est le regard tourné vers soi-même, le bonheur, c’est le regard tourné vers Dieu », Léon XIV a rappelé l'importance de se tourner vers le Christ pour trouver le bonheur.

 

Un appel direct à la jeunesse
Cette double canonisation est une exhortation pour la jeunesse à ne pas avoir peur de la radicalité de l'Évangile. Pour le pape, la vie doit être un chef-d'œuvre. Cet appel fort reprend d'ailleurs la devise de Frassati, "Verso l'alto, vers le sommet", et invite chacun, croyant ou non, à orienter sa vie vers le haut.

Ces deux nouveaux saints, l'un du début du XXe siècle et l'autre du début du XXIe, incarnent, chacun à leur manière, la vocation de tout baptisé à la plénitude de la vie chrétienne. Ils illustrent, avec éloquence, que la jeunesse n'est pas une période d'attente, mais un moment de floraison de la sainteté.

 

 

 

La paix du Christ : un combat pour la justice et la vérité

06/09/2025

La paix du Christ : un combat pour la justice et la vérité

L'article s'ouvre sur un constat sombre : la persécution des chrétiens se multiplie à travers le monde, que ce soit en République démocratique du Congo, en Inde ou même en France. Cette réalité fait écho aux paroles du Christ lui-même, citées par l'auteure, qui affirment ne pas être venu apporter la paix, mais le "glaive" et la "division" (Matthieu 10, 34 et Luc 12, 51). Ces paroles, paradoxales pour une vision humaine de la paix, sont la clé pour comprendre que la paix du Christ ne s'obtient pas par des compromis ou des trêves artificielles, mais par une fidélité inébranlable au "vrai bien".

 

Une jeunesse enracinée et fidèle 🙏
Maitena Urbistondoy souligne un signe d'espoir au milieu de ce chaos : le Jubilé des jeunes à Rome. Cet événement, qui a rassemblé des millions de jeunes catholiques, n'est pas vu comme une simple parenthèse d'enthousiasme, mais comme la preuve qu'une jeunesse enracinée dans la foi refuse de se résigner. L'auteur met en garde contre deux extrêmes : s'enflammer au point de se décourager ou, au contraire, refroidir l'ardeur par des exigences trop lourdes. L'idée est plutôt de cultiver une paix intérieure qui n'est ni vengeance, ni complaisance, mais une force qui se manifeste à travers la charité et la persévérance.

 

L'article insiste sur l'importance de l'exemple des martyrs de notre temps, qui nous enseignent que "la paix du Christ n'est pas donnée en dehors de la Croix". Accepter le combat pour la vérité, c'est aussi accepter d'être rejeté et de faire face à l'inconfort. La paix chrétienne se manifeste "dans la fidélité jusqu'au bout, même quand tout semble s'effondrer autour de nous". L'auteur conclut cette section en citant Pie XI, qui rappelait la nécessité d'une paix qui pénètre les cœurs, loin d'une paix "artificielle et extérieure".

 

Être artisans de paix aujourd'hui
L'éditorial aborde ensuite les défis de notre époque, marquée par un "effondrement moral et culturel". Face à des dérives telles que la sélection d'embryons selon des critères arbitraires, le chrétien n'est pas appelé à "subir" mais à "rayonner".  Ce rayonnement est une manifestation de la vraie paix qui existe déjà, "même au milieu des tempêtes".

L'auteur le résume bien :

« Il nous revient d’être la lumière dont le monde a besoin en incarnant l’équilibre qui vient de Dieu. »

 

Cet appel à être un "artisan de paix" est exigeant. Il nous demande de défendre inlassablement la vérité de l'Évangile, non pas comme une option parmi d'autres, mais comme le témoignage d'un bien supérieur. La conclusion de l'article est un véritable appel à l'action. Loin de s'idéaliser un passé révolu ou un futur imaginaire, Maitena Urbistondoy nous invite à vivre la paix du Christ dans le présent, en écho à la célèbre exhortation de Saint A

ugustin :

 

« Ne dites pas que les temps sont mauvais, vous êtes les temps. Soyez bons et les temps seront bons. »

 

En somme, cet éditorial nous rappelle que la paix du Christ n'est pas une passivité, mais une force active et vivante, un combat pour la justice qui nous transforme nous-mêmes et le monde qui nous entoure.

 

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Ma joie : la leçon de Thérèse de Lisieux face à la souffrance

05/09/2025

Ma joie : la leçon de Thérèse de Lisieux face à la souffrance

Une joie qui se nourrit de la souffrance
Alors que la tuberculose la consume et que ses jours sont comptés, Thérèse de Lisieux choisit de ne pas s'enfermer dans l'amertume. Loin d'être un hymne à la douleur, son poème « Ma joie » est une offrande, un acte d'amour qui transforme l'épreuve en un chemin d'union avec Dieu.

Elle ose affirmer : « Vraiment je suis par trop heureuse, / Je fais toujours ma volonté…. / Pourrais-je n’être pas joyeuse / Et ne pas montrer ma gaîté ?… ».

 

Cette joie ne se nourrit pas d'une absence de souffrance, mais de l'acceptation de celle-ci, comme le révèlent ces vers saisissants : « Ma joie, c’est d’aimer la souffrance, / Je souris en versant des pleurs / J’accepte avec reconnaissance / Les épines mêlées aux fleurs. ».

 

Thérèse de Lisieux ne fuit pas l'épreuve, elle l'accueille comme une participation au mystère de la croix, une manière de s'unir à la Passion du Christ. C'est en se faisant toute petite qu'elle trouve une force inépuisable : « Ma joie, c’est de rester petite / Aussi quand je tombe en chemin / Je puis me relever bien vite / Et Jésus me prend par la main ».

 

Un message intemporel de résilience et d'amour
À notre époque, où la douleur est souvent perçue comme un obstacle à éliminer, le poème de Thérèse de Lisieux est une véritable provocation. Il nous invite à changer de perspective et à voir la souffrance non pas comme une fatalité, mais comme une opportunité de croissance et de liberté intérieure.

« Je veux bien souffrir sans le dire / Pour que Jésus soit consolé / Ma joie, c’est de le voir sourire / Lorsque mon cœur est exilé…. ».

 

Pour Thérèse, la joie n'est pas un simple sentiment éphémère, mais un état d'être profondément enraciné dans l'amour. Cet amour la pousse à affirmer que même dans l'adversité, sa seule joie est de pouvoir faire plaisir à Dieu : « Ma seule joie sur cette terre / C’est de pouvoir te réjouir. ».

 

En nous montrant comment transformer les épreuves en une offrande d'amour, Thérèse de Lisieux nous livre une clé précieuse pour affronter la dureté de la vie. Son poème est un rappel puissant que, même au cœur de l'ombre, une joie profonde et inaltérable peut naître et tout transfigurer.

 

 

« Ma joie » (PN 45, 21 janvier 1897)

 

« Il est des âmes sur la terre
Qui cherchent en vain le bonheur
Mais pour moi, c’est tout le contraire
La joie se trouve dans mon cœur
Cette joie n’est pas éphémère
Je la possède sans retour
Comme une rose printanière
Elle me sourit chaque jour.

 

Vraiment je suis par trop heureuse,
Je fais toujours ma volonté….
Pourrais-je n’être pas joyeuse
Et ne pas montrer ma gaîté ?…
Ma joie, c’est d’aimer la souffrance,
Je souris en versant des pleurs
J’accepte avec reconnaissance
Les épines mêlées aux fleurs.

 

Lorsque le Ciel bleu devient sombre
Et qu’il semble me délaisser,
Ma joie, c’est de rester dans l’ombre
De me cacher, de m’abaisser.
Ma joie, c’est la Volonté Sainte
De Jésus mon unique amour
Ainsi je vis sans nulle crainte
J’aime autant la nuit que le jour.

 

Ma joie, c’est de rester petite
Aussi quand je tombe en chemin
Je puis me relever bien vite
Et Jésus me prend par la main
Alors le comblant de caresses
Je Lui dis qu’Il est tout pour moi
Et je redouble de tendresses
Lorsqu’Il se dérobe à ma foi.

 

Si parfois je verse des larmes
Ma joie, c’est de les bien cacher
Oh ! que la souffrance a de charmes
Quand de fleurs on sait la voiler !
Je veux bien souffrir sans le dire
Pour que Jésus soit consolé
Ma joie, c’est de le voir sourire
Lorsque mon cœur est exilé….

 

Ma joie, c’est de lutter sans cesse
Afin d’enfanter des élus.
C’est le cœur brûlant de tendresse
De souvent redire à Jésus :
« Pour toi, mon Divin petit Frère
Je suis heureuse de souffrir
Ma seule joie sur cette terre
C’est de pouvoir te réjouir.»

 

« Longtemps encor je veux bien vivre
Seigneur, si c’est là ton désir
Dans le Ciel je voudrais te suivre
Si cela te faisait plaisir.
L’amour, ce feu de la Patrie
Ne cesse de me consumer
Que me font la mort ou la vie?
Jésus, ma joie, c’est de t’aimer! »

 

 

D'après Tribune Chrétienne

 

Ancien imam salafiste, Bruno Guillot raconte sa conversion au catholicisme

04/09/2025

Ancien imam salafiste, Bruno Guillot raconte sa conversion au catholicisme

De l'islam radical à la foi catholique : un parcours vers la paix intérieure
Dans un entretien poignant accordé au Journal du Dimanche, Bruno Guillot, ancien imam salafiste, lève le voile sur son parcours hors du commun, de son adhésion à l'islam radical à sa récente conversion au catholicisme. Son livre, "Adieu Soulayman. Itinéraire d'un imam salafiste", publié aux éditions Artège, se présente comme un témoignage brutal et honnête des coulisses de l'islam radical et de la quête d'une vérité spirituelle qui le mènera finalement à la paix.

 

Un vide spirituel comblé par le salafisme
Né en Belgique de parents français, Bruno Guillot se convertit à l'âge de 15 ans. Le déclic ? Des relations familiales tendues et la rencontre de jeunes Marocains au sein desquels il trouve la chaleur et l'appartenance qui lui manquaient. Pour lui, le constat est sans appel : « C'est la déchristianisation qui fait l'islamisation. » Il insiste sur la nature prosélyte de l'islam qui, selon lui, comble le vide spirituel de nombreux jeunes Européens en quête d'un enracinement.

Son parcours le mène en Arabie saoudite, où il devient un prêcheur salafiste reconnu. Il dénonce alors la stratégie de conquête du royaume qui, à travers l'université islamique de Médine, vise à propager le wahhabisme en Occident. Le discours est clair : « il est inconcevable de remettre en cause la charia ou le statut de mécréants attribué aux juifs et aux chrétiens. » Bien que se considérant comme un salafiste quiétiste, il admet la porosité de la frontière avec le djihadisme, déclarant que « seule la temporalité nous différencie des djihadistes. »

 

La quête d'une sérénité retrouvée
Malgré son immersion totale dans le salafisme, le doute finit par s'installer. Bruno Guillot décrit une religion « qui tyrannise ses propres fidèles » par sa rigueur constante, entraînant une fatigue profonde. C'est dans ce moment de faiblesse qu'une nouvelle quête spirituelle commence. Il se convertit au catholicisme, une décision qui lui vaudra une fatwa. Après des années d'études théologiques, la révélation se fait autour d'un simple verset : « Dieu est amour. »

Il témoigne de la paix inégalable qu'il a trouvée dans sa nouvelle foi. Son parcours est une illustration de la quête de sens qui anime l'être humain et qui, pour lui, a trouvé sa réponse dans un message d'amour, à l'opposé de la tyrannie qu'il avait connue.

 

 

Points clés du livre Adieu Soulayman : 

 

  • Un protagoniste charismatique et occidental qui parle à visage découvert, malgré les risques qu’il encourt.
  • Un document rarissime sur la réalité de l’islam radical et sa volonté d’expansion en Europe. 
  • Un itinéraire raconté en vérité, avec une authentique bienveillance envers la communauté musulmane, en évitant l’écueil des polémiques stériles.
  • Une exploration en profondeur des raisons d’une radicalisation et des clés pour comprendre et prévenir ce phénomène.

 

 

3 septembre, St Pie X pape et confesseur

02/09/2025

3 septembre, St Pie X pape et confesseur

Saint Pie X (1835-1914) - "Tout restaurer dans le Christ "  

 

Il est difficile de résumer l'activité d'un pontificat qui fut d'une si grande importance dans la vie de l'Eglise. Le livre que nous citons en référence regroupe ces actes sous divers titres; nous en retiendrons deux :

 

  •  L'apostolat du catéchisme... Prêtre, évêque, cardinal, il n'avait jamais ralenti son zèle pour le catéchisme. L'encyclique Acerbo nimis (15 avril 1905) regroupe ses enseignements en ce domaine. "Il n'y a pas de devoir plus grave ni de plus stricte obligation que le catéchisme", rappelle-t-il. Plus tard, il y a le "texte unique" pour toute l'Italie, que l'on appelle le "Catéchisme de saint Pie X". Dans un appendice de ce texte, les devoirs des parents sont rappelés; ils sont "les premiers et les principaux catéchistes"... On a pu dire de ce pape, à cause de l'importance attachée au catéchisme, qu'il était resté "curé sur la chaire de Pierre".
  • Le pape de l'Eucharistie... Plutôt que des développements théologiques sur l'Eucharistie, Pie X multiplie des directives sûres et opportunes sur la mise en valeur du mystère eucharistique. Le Décret Sacra Tridentina synodus du 20 décembre 1905, sur la Communion fréquente met fin à toutes les discussions et toutes les divergences nées du jansénisme et recommande la communion quotidienne. De nombreuses mesures viennent faciliter cette pratique, tout en recommandant que cette approche fréquente de la communion ne vienne pas à diminuer le respect dû à un si grand mystère (encyclique Editae saepe du 26 mai 1910). C'est enfin le 8 août 1910 que Pie X promulgue le décret Quam Singulari Christus amore sur la 1ère communion des enfants vers la 7ème année, revenant aux dispositions ratifiées au concile du Latran et confirmées par saint Thomas d'Aquin. 

 

 

SAINT PIE X ET LE MODERNISME 

 

On sait que l'hérésie moderniste, "synthèse de toutes les hérésies", fait de la Révélation une émotion personnelle; la révélation n'est plus une affirmation mais une expérience; c'est l'homme qui se parle à lui-même. Il s'agit alors de penser "historiquement" la Foi. Cette hérésie refleurit et ce sont les mêmes thèses qu'au début du siècle, notait le pape Paul VI. "Le modernisme pénètre partout avec un certain esprit de libre examen plein de périls", écrit en 1969 le Président de la Conférence des évêques de France.

 

Face à cette erreur multiforme et à son appareil, la première mesure prise sous le pontificat de saint Pie X est la mise à l'index, dès la fin de 1903, des principaux ouvrages de l'abbé Loisy. Un peu plus tard, interviennent la mise à l'index d'ouvrages d'autres modernistes français. En 1907, des mesures plus générales viennent compléter cette action :

- le décret Lamentabili du 3-4 juillet 1907 dénonce 65 propositions modernistes

-l'encyclique Pascendi Dominici Gregis du 8 septembre 1907 reprend ces propositions, non plus de façon isolée, mais en montrant leur lien. Cette encyclique est un traité doctrinal qu'il faut étudier.

 

SAINT PIE X ET LA FRANCE

 

Vis-à-vis de la France, le pontificat de saint Pie X est marqué par deux textes particulièrement importants de doctrine sociale : l'encyclique Vehementer (11 février 1906) condamnant la séparation de l'Eglise et de l'Etat, telle que l'instituait la loi de 1905 et la lettre à l'Episcopat condamnant le mouvement du Sillon, expression du modernisme social (Notre charge apostolique, 25 août 1910). Il est certain que la portée de ces deux textes dépasse le cadre français. Dans le second, s'élevant contre "ceux qui ne craignent pas de faire entre l'Evangile et la Révolution des rapprochements blasphématoires", contre ceux dont "le rêve est de changer les bases naturelles et traditionnelles et de promettre une cité future édifiée sur d'autres principes", il rappelle le fondement de toute rénovation de la société :

 

"Non, on ne bâtira pas de cité autrement que Dieu ne l'a bâtie; on n'édifiera pas la société, si l'Eglise n'en jette les bases et ne dirige les travaux; non, la civilisation n'est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est; c'est la civilisation chrétienne, c'est la cité catholique. Il ne s'agit que de l'instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l'utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété. "omnia instaurare in Christo".  

 

Ces textes, aussi actuels aujourd'hui qu'au début du siècle, méritent d'être lus, étudiés, médités. 

 

On a souvent dans nos chapitres évoqué la prophétie de saint Pie X : "Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation... elle ne périra jamais la fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes... (Elle entendra à nouveau la voix de Jésus) "Va, fille aînée de l'Eglise, nation prédestinée... va porter comme par le passé mon Nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre ".

 

Et c'est encore en s'adressant à notre pays que saint Pie X déclare : "Le salut de la France ne peut être obtenu que par la reconnaissance du règne du Christ sur la nation" (8 mai 1906).

 

Source : ND de Chrétienté

 

 

Références : - Saint Pie X de Icillio Felici - Traduction d'une vie de saint Pie X, écrite en 1954 sous le titre italien "Il papa delle Eucaristica". Publication du Courrier de Rome 1991 (B P. 156 - 780001 Versailles). - "Le Courrier de Rome" vient également de publier en deux volumes de 800 p. l'ensemble des documents pontificaux de saint Pie X. 

 

 

 

Le Ralliement de Léon XIII continue de faire débat

02/09/2025

Le Ralliement de Léon XIII continue de faire débat

Le 16 février 1892, le pape Léon XIII publiait l'encyclique « Au milieu des sollicitudes » sur l'Église et l'État en France, qui ouvrait la voie à la participation des catholiques à la vie politique de la République française. D'où le terme de « Ralliement », qui a historiquement défini cette politique d'adhésion.

 

L'encyclique , dans sa première partie, reprend les observations sur la « conspiration » de la politique moderne contre les droits de l'Église, déjà exprimées dans des encycliques précédentes, et appelle les catholiques à se rassembler afin de former « une grande unité ». Les raisons doctrinales par lesquelles Léon XIII soutient la nécessité de ce devoir de participation unie à la vie politique de la République antichrétienne sont les suivantes : a) toutes les formes de gouvernement sont également valables en elles-mêmes ; b) leur adéquation dépend de la diversité des caractères et des coutumes des peuples ; c) aucune forme politique ne peut être considérée comme définitive et immuable ; d) même en ce qui concerne le gouvernement républicain actuel, les catholiques doivent s'engager unis « à préserver ou à accroître la grandeur morale de leur pays » ; e) cependant, dit-on, cette forme de gouvernement est antichrétienne : Léon propose ici la distinction entre « pouvoirs constitués » et « législation ». Il peut arriver qu'un pouvoir constitué valide produise une législation terrible, ou qu'un pouvoir défectueux produise une bonne législation, car « la qualité des lois dépend plus de la qualité des hommes investis du pouvoir que de la forme du pouvoir ». Les catholiques français doivent donc s'unir « comme un seul homme », même dans la République démocratique, contre les abus de la législation.

 

Dans un article publié dans Die Tagespost  le 24 juillet (lisible en italien sur le blog d'Aldo Maria Valli ) , Martin Grichting réexamine la question en comparant Léon XIII à Léon XIV. Selon lui, Léon XIII a marqué un tournant par rapport aux positions de son prédécesseur, Pie IX, encore attaché au régime précédant la Révolution française, époque à laquelle, écrit l'auteur, la République était considérée comme le diable. Dans son encyclique de 1892, Léon XIII affirmait qu'aucune forme de gouvernement n'est immuable, affirmant que la reconnaissance de nouvelles formes de gouvernement était non seulement permise, mais même nécessaire au bien de la société, même lorsque, sous cette nouvelle forme démocratique, un gouvernement antichrétien combattait l'Église. Les catholiques devaient abandonner l'« État catholique », adhérer à la République et utiliser tous les moyens démocratiques pour défendre l'Évangile et les droits de l'Église.

 

L'abbé Claude Barthe, qui a revisité le sujet dans certains de ses écrits récents, est d'un avis différent . Selon lui, croire que toute forme de gouvernement peut être bonne et que le régime de la République française ne saurait a priori être considéré comme une tyrannie revient à méconnaître la démocratie moderne, celle née avec la Déclaration des Droits de l'Homme durant la phase constituante de la Révolution française, qui fonde sa légitimité non pas sur Dieu mais sur la nation. Cette démocratie ne peut être bonne car elle n'est pas neutre ; la distinction entre « pouvoirs établis » et « législation » ne s'y applique donc pas. Définir le droit de tuer un enfant innocent comme l'un des droits fondamentaux inscrits dans la Constitution française revient à affirmer la supériorité de la « volonté générale » des individus sur la volonté de Dieu. C'est pourquoi « la tactique léonine était résolument erronée ». (C. Barthe, Las consignas de León XIII : une fausse bonne idée, Verbo, n. 629-630, novembre-décembre 2024, pp. 825-834 ; Id., La dimension politique de la défense du droit naturel , Verbo, n. 627-628, août-septembre-octobre 2024, pp. 575-584). Dans cette rupture produite par la République démocratique, selon Don Barthe, on ne pouvait pas voir la volonté d’éloigner l’Église de la scène publique et de l’intégrer dans des structures institutionnelles qui organiseraient progressivement la séparation entre l’Église et la société. En effet, de nombreux catholiques libéraux – « avec une naïveté parfois très touchante » – y voyaient une opportunité et « le catholicisme démocratique retrouverait une influence dans la liberté moderne qu’il perdait de jour en jour, restant lié aux rêves de restauration du christianisme » (C. Barthe, Trouvera-t-il encore la foi sur terre ? , Fede & Cultura, Vérone 2024, p. 25).

 

Stefano Fontana

Derrière le collège Stanislas, l’enseignement catholique au pied du mur

01/09/2025

Derrière le collège Stanislas, l’enseignement catholique au pied du mur

Recension d'un article de Y.M. Sévillia du 14 07 25 sur Bd Voltaire.

Dans le collimateur de l'Éducation nationale, l'établissement privé Stanislas est devenu le symbole des tensions qui menacent l'enseignement catholique et le principe de la liberté scolaire. Sous pression depuis une enquête de l'Inspection générale, l'école parisienne est mise en demeure de modifier certains de ses enseignements, notamment son cours de "culture chrétienne". Cette affaire dépasse le cadre d'un simple établissement : elle soulève la question du "caractère propre" de l'enseignement catholique, une notion au cœur de la loi Debré de 1959.

 

Le "navire amiral" attaqué
L'article explore les défis auxquels l'enseignement catholique est confronté à travers le prisme de l'affaire Stanislas. L'établissement parisien, qualifié de « navire amiral » de l'enseignement privé sous contrat, se retrouve au cœur d'une controverse majeure. Tout a commencé par des accusations de « sexiste et homophobe » émanant de médias, suivies d'une série de visites de l'académie de Paris et d'un rapport de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR). L'Éducation nationale exige désormais des ajustements, notamment pour les cours de sexualité et, surtout, pour l'enseignement de "culture chrétienne", jugé trop proche de l'instruction religieuse.

 

Le directeur de l'établissement, Igor Le Diagon, a d'ailleurs exprimé sa surprise quant à la demande de rendre facultatif cet enseignement, une mesure qui, selon lui, affecte l'ensemble de l'enseignement catholique. Comme le souligne un cadre expérimenté, « la loi peut faire l’objet d’interprétations... À partir de quand implique-t-on la foi des élèves ? ». Cela met en lumière la fragilité de la notion de « caractère propre » de ces établissements, qui, si l'on ne peut plus y aborder la foi chrétienne, perdrait tout son sens.

 

Un combat idéologique et une menace sur les libertés
L'article insiste sur la nature profondément idéologique de ce conflit, qu'il décrit comme la « résurgence de la vieille lutte anticléricale d’une gauche viscéralement opposée à l’enseignement privé ». Cette opposition, incarnée par des figures politiques qui réclament la rupture du contrat de l'État avec Stanislas, vise non seulement l'enseignement religieux, mais aussi la liberté d'enseignement elle-même.

 

Le texte souligne qu'au-delà de la sphère confessionnelle, cette affaire devrait préoccuper tous les Français, car elle reflète une menace plus large sur les libertés fondamentales. Il pointe également le silence des évêques, considérés comme les seuls à pouvoir défendre ce « caractère propre » et à s'opposer fermement à ces remises en question.

 

En conclusion, l'article dresse un tableau sombre de la situation de l'enseignement catholique en France, avec l'affaire Stanislas comme point de rupture. Plus qu'une simple controverse, il s'agit d'un véritable combat idéologique où la notion de "caractère propre" des établissements catholiques est mise à l'épreuve.

Yves-Marie Sévillia conclut en posant une question essentielle : si la culture chrétienne ne fait plus partie de l'identité de l'enseignement catholique, quelle est la prochaine étape et comment les libertés d'enseignement et de conscience seront-elles préservées à l'avenir ? 

Dom Guéranger, celui qui savait critiquer les évêques à bon escient

31/08/2025

Dom Guéranger, celui qui savait critiquer les évêques à bon escient

L'article s'appuie sur plusieurs points forts de la pensée de Dom Guéranger, illustrés par des citations percutantes et des idées clés :

 

Sur le lien entre liturgie et Tradition : toute hérésie commence par une réforme liturgique.

« Tout sectaire voulant introduire une doctrine nouvelle se trouve infailliblement en présence de la Liturgie, qui est la Tradition à sa plus haute puissance. »
Cette phrase illustre la conviction de Guéranger que la liturgie n'est pas une simple formalité, mais le garant de la foi.

 

Sur la critique des évêques et le cléricalisme :
L'article souligne que Guéranger a dénoncé un « cléricalisme complaisant, plus soucieux de plaire aux gouvernements qu’à Dieu », et rappelé que le rôle de l’évêque n’est pas « d’inventer une foi à la mesure des modes ou des intérêts du moment, mais de transmettre fidèlement ce qu’il a reçu. » Cette critique vise à réveiller les pasteurs endormis et à les remettre au service de la Tradition et de la communion universelle.

 

Sur l'actualité de son message :
L'auteur fait le parallèle avec la pensée du Cardinal Robert Sarah, qui a affirmé que « Lorsque la liturgie devient un spectacle mondain, elle perd sa dimension de mystère et cesse d’être une rencontre avec Dieu. » Cette citation contemporaine valide l'intuition de Dom Guéranger, montrant que son combat pour la liturgie est toujours d'actualité.


En conclusion, l'article dresse un portrait complet de Dom Prosper Guéranger, insistant sur son rôle de réformateur et de critique. Il ne fut pas un simple polémiste, mais un bâtisseur qui, en restaurant la vie monastique, le chant grégorien et le sens du sacré, a préparé le mouvement liturgique du XXe siècle.

L'article soutient que la lucidité de Dom Guéranger est un modèle pour notre époque, où l'Église fait face à des courants cherchant à diluer sa doctrine pour s'adapter aux mentalités contemporaines. La défense de la liturgie, vécue en continuité avec Rome et la Tradition, est présentée comme le rempart sûr de la foi et le chemin vers l'unité catholique, faisant de l'héritage de Guéranger une boussole essentielle pour l'Église d'aujourd'hui.

 

Mathilde de Virene,  Tribune Chrétienne

 

 

Prier ou évangéliser, faut-il choisir ?

30/08/2025

Prier ou évangéliser, faut-il choisir ?

Une vraie vie de prière
Dom Chautard appelle au contraire à la primauté de la vie intérieure : pour lui, œuvres apostoliques et vie spirituelle sont également voulues par Dieu, qui vient à la rencontre de l’humanité dans l’Incarnation et dans l’Église, et désire voir revenir à lui tous ses enfants. Mais le trappiste avertit des dangers d’une vie active menée sans vie intérieure, tandis qu’il met en avant les bienfaits d’un juste équilibre des deux, l’apostolat étant le lieu d’exercice des vertus et des dons reçus de Dieu dans la prière. Pour lui, seules sont vraiment fécondes les œuvres apostoliques animées par une vraie vie de prière : oraison et vie intérieure sont le foyer d’énergie indispensable de la vie apostolique de l’Église.

 

Bien que de tradition bénédictine et trappiste, donc purement contemplative, le rappel de dom Chautard n’ajoute rien de nouveau. Son intuition rejoint celle des fondateurs des ordres mendiants au XIIIe siècle. Sait-on que saint Dominique fonda un couvent de religieuses contemplatives, à Prouilhe (Hérault), avant de s’entourer des premiers frères prêcheurs ? Dans la tradition de son ordre, la contemplation a toujours eu le premier pas sur la mission : contemplare et contemplata aliis tradere, « contempler puis en communiquer le fruit à autrui ». Cet adage, parfois considéré comme la devise des Prêcheurs, est tiré des œuvres de leur docteur, saint Thomas. Dans sa Somme théologique, l’Aquinate montre que l’état de vie le plus parfait est celui des religieux qui unissent contemplation et action : « C’est faire œuvre plus grande de transmettre aux autres [ce que l’on a contemplé] que de contempler seulement. »

 

Pour lui, il ne s’agit de rien de moins que d’imiter au plus près le Christ : « La vie active, par laquelle quelqu’un transmet aux autres, en prêchant et en enseignant, ce qu’il a contemplé, est plus parfaite qu’une vie où l’on contemple seulement, car une telle vie présuppose l’abondance de la contemplation. Et c’est pour cela que le Christ a choisi une telle vie. » Dans les évangiles, on voit en effet que Jésus prend le temps de la prière avant de lancer le départ de son action apostolique : « En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres »(Lc 6, 12-13).

 

Thérèse à Saïgon
Contemplation et action : les deux formes de vie consacrée, réunies dans la vocation dominicaine, franciscaine ou carme, furent encouragées de concert par les papes et les supérieurs religieux pour soutenir l’apostolat dans les pays de mission. C’est ainsi que l’on chercha dès le XIXe siècle à implanter en Asie du Sud-Est des communautés contemplatives : sainte Marie de Jésus-Crucifié participe en 1870 à la fondation du premier carmel d’Inde à Mangalore ; sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus faillit rejoindre le carmel de Saïgon, premier d’Indochine, fondé en 1861, ou sa fondation d’Hanoï, ouverte en 1895. En Chine, c’est dom Vital Lehodey, abbé trappiste de Bricquebec, dont la pensée et les ouvrages (Le Saint Abandon, 1919) suivent la ligne de dom Chautard, qui envoie les premiers moines, arrivés en 1883 à Notre-Dame de Consolation de Yangjiaping, qui essaimera en 1928 près de Hong Kong. En Algérie, les trappistes d’Aiguebelle n’avaient pas attendu plus d’une douzaine d’années pour fonder à Staouëli, puis reviendront à Notre-Dame de l’Atlas, sur le domaine de Tibhirine…

 

Un levier pour soulever le monde
C’est ainsi que le 14 décembre 1927, le pape Pie XI fit de la petite Thérèse, qui n’avait pas quitté Lisieux depuis son entrée dans la vie religieuse, à 16 ans, la patronne universelle des missions à l’égal de saint François-Xavier. La jeune carmélite ne faisait en cela que suivre l’exemple de son homonyme et réformatrice d’Avila, qui répétait au soir de sa vie : « Je suis fille de l’Église. » Arrivée au terme de son itinéraire terrestre, parvenue au stade unitif de la vie d’oraison, la Madre était cette âme de feu, embrasée d’amour divin, portant les souffrances de l’Église universelle et prête à enflammer le monde.

 

Pourquoi les pionnières de l’oraison sont-elles devenues les patronnes des missions ? Elles étaient convaincues que l’action de l’Église doit être un prolongement de celle du Christ : c’est donc en lui – et non dans leurs propres ressources – que se puise tout vrai élan missionnaire. En outre « le bien se communique par nature », et la contemplation des mystères sacrés remplit l’âme d’une joie surnaturelle qui tend à se répandre partout autour d’elle. Enfin, et plus fondamentalement peut-être, le contact divin, régulier et profond, de l’oraison transforme vraiment l’âme et la change à l’image du Christ, dont le visage d’amour, resplendissant sur ceux qui le reflètent, est seul à même de toucher vraiment les cœurs et de les ramener vers son Père. « Un savant a dit : “Donnez-moi un levier, un point d’appui, et je soulèverai le monde”. […] Les saints l’ont obtenu dans toute sa plénitude. Le Tout-Puissant leur a donné pour points d’appui : lui-même et lui seul ; pour levier : L’oraison » (Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus). 

 


Abbé Paul Roy, FSSP source CLAVES

Le silence, un trésor pour nos âmes et pour l'Église

29/08/2025

Le silence, un trésor pour nos âmes et pour l'Église

 


À l'occasion d'un vidéomessage adressé à la Province augustinienne de Saint Thomas de Villanova ce vendredi 29 août , le pape Léon XIV a rappelé avec force « l’importance du silence dans le bruit de ce monde ». Pour lui, la prière et le silence ne sont pas de simples pratiques spirituelles, mais des conditions indispensables pour « entendre la voix de Dieu ». Une écoute qui doit s’exercer bien au-delà de la parole divine, s’étendant également à ceux qui nous entourent : « Nous avons l’opportunité et la responsabilité d’écouter l’Esprit Saint ; de nous écouter mutuellement ; d’écouter la voix des pauvres et de ceux qui sont en marge, dont la voix doit être entendue ».

 

S’inspirant de saint Augustin, le Saint-Père insiste sur le fait que la véritable écoute ne se fait pas à l’extérieur, mais dans notre « sanctuaire intérieur ». Il cite une phrase éloquente du grand théologien : « N’ayez pas votre cœur dans vos oreilles, mais vos oreilles dans votre cœur ». Cette approche souligne que l'écoute est loin d'être passive : elle demande une conversion intérieure, un silence « habité par Dieu ».

 

Le pontife met en garde contre la cacophonie du monde moderne, qui peut facilement « nourrir notre agitation et voler notre joie ». Pour contrer ce phénomène, il nous exhorte à une véritable « ascèse intérieure » afin de « filtrer le bruit » et de « faire taire les voix qui divisent ».

 

Le silence, source de parole féconde et de charité
Le pape Léon XIV rappelle que ce silence n’est pas une fuite, mais qu'il est profondément « fécond ». En cultivant cette écoute intérieure, le chrétien se prépare à une parole juste et fraternelle. Celui qui a su écouter Dieu dans le secret de son cœur est ensuite capable de partager cette vérité et de travailler à l’unité.

 

Ce message est un rappel, en particulier pour ceux qui, parfois, intellectualisent la foi au point de la vider de son souffle. Loin des « discours sans fin » et des constructions abstraites, l’avenir de la foi se joue dans « des cœurs attentifs à la voix de Dieu, capables de la traduire en charité concrète ».

 

Le silence comme remède
Dans un monde saturé d'informations et de bavardages, l'appel du pape Léon XIV au silence sonne comme un remède puissant. Il nous rappelle que pour agir et parler justement, il faut d’abord être. Le silence n’est pas un vide à combler, mais un espace à habiter pour que Dieu puisse nous parler. C'est en faisant ce pas de côté, loin des bruits du monde, que nous pouvons retrouver la fraîcheur de l’Évangile et nous laisser transformer, pour ensuite transformer le monde.

Source : Tribune Chrétienne