Le blog du Temps de l'Immaculée.

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1er août - Saint Alphonse-Marie de Ligori

31/07/2025

1er août - Saint Alphonse-Marie de Ligori

Le 29 septembre 1696, Alphonse, fils aîné de Don Guiseppe de Ligori (issu d'une des plus vieilles familles de la noblesse napolitaine et capitaine des galères) et de son épouse Dona Anna-Catarina (issue de la noble famille espagnole des Caballero), venait à peine d'être baptisé, le surlendemain de sa naissance, à Marianella, près de Naples, que saint François de Hyeronimo, alors jeune jésuite, prophétisa : Cet enfant vivra vieux, très vieux, il ne mourra pas avant ses quatre-vingt-dix ans. Il sera évêque et fera de grandes choses pour Dieu. La famille est pieuse, le père suit une retraite fermée annuelle, la mère lit chaque jour les heures canoniales ; des neuf enfants qu'ils auront, en dehors de l'aîné, un garçon sera bénédictin (Antonio) et un autre prêtre séculier (Gaetano), deux filles seront religieuses (Barbara et Annella seront franciscaines). Saint Alphonse-Marie est inscrit, à neuf ans, dans la congrégation des jeunes nobles, dirigée par les prêtres de l'Oratoire, et, après voir reçu sa première communion (26 septembre 1705), il y est inscrit comme novice (7 mars 1706).

 

Aussi pieux qu'intelligent, aussi curieux des sciences que des lettres, Alphonse fait ses premières études avec des maîtres particuliers avec lesquels, outre le latin, le grec, l'italien, l'espagnol et le français, il se passionne pour les mathématiques et la philosophie, non sans apprendre la musique avec Gaetano Greco, et la peinture avec Solimena ; à douze ans, il entre à l'université royale de Naples où, à seize ans, il reçoit le titre de docteur en droit civil et en droit ecclésiastique (21 janvier 1713).

 

Déjà, depuis l'âge de quatorze ans, après avoir reçu l'épée d'argent des chevaliers, il participe à la gestion des affaires de la ville qui, l'année de ses vingt ans, le choisit pour juge. L'année de ses dix-huit ans, il suit régulièrement des retraites fermées annuelles à quoi son père l'a initié, et, chaque jour, il visite le Saint-Sacrement dans une église et la Sainte Vierge dans une autre. Puis, ce jeune homme qui ne songe guère à devenir prêtre, prenant au sérieux l'invitation de Jésus au jeune homme riche, fait, en 1716, voeu de célibat (il renonce à épouser sa cousine, Teresina de Ligori, fille du prince de Presiccio, qui entrera chez les soeurs du Saint-Sacrement et mourra en odeur de sainteté). Membre de la confrérie des jeunes nobles, puis, après avoir terminé ses stages d'avocat, à partir de 1715, des docteurs, il aide plusieurs fois par semaine à l'Hôpital des Incurables et il rassemble autour de lui quelques amis pour l'adoration quotidienne du Saint-Sacrement et pour une récollection mensuelle.

 

Avocat célèbre au-delà du royaume de Naples, il n'a encore perdu aucune cause lorsque, en 1723, le duc Orsini di Gravina lui confie ses intérêts contre Cosme III de Médicis, grand duc de Toscane. La cause d'Orsini est juste, le dossier est solide, mais les pressions politiques et les pots de vin font pencher le verdict en faveur du Médicis et Alphonse, dégoûté, quitte le barreau, refuse de se rendre à la cour où il est invité pour l'anniversaire de l'Impératrice, pour se réfugier à l'Hôpital des Incurables. Alors qu'il achève son service auprès des malades, il entend une voix lui dire : Quitte le monde ! Donne-toi tout à moi ! Comprenant d'où vient l'appel, il répond : Me voici, Seigneur ! Trop longtemps j'ai résisté à votre grâce. Faites de moi ce qu'il vous plaira. Quelques minutes plus tard, il est aux pieds de Notre-Dame de la Merci pour se donner tout entier au Seigneur : il pose son épée de gentilhomme sur l'autel de la Vierge (29 août 1723).

 

Alphonse prend l'habit ecclésiastique (23 octobre 1723) et suit les cours du séminaire de Naples où il choisit de s'initier aux missions apostoliques. Tonsuré le 23 septembre 1724, sous-diacre le 22 septembre 1725, il est ordonné diacre le 6 avril 1726 et prononce son premier sermon en l'église paroissiale de San Giovanni in Porta ; il est prêtre le 21 décembre 1726. Une fois prêtre, Alphonse dépensait le plus clair de son activité dans le quartier où vit la lie du peuple napolitain. C'était sa joie de se trouver ainsi au milieu de la racaille, de ceux qu'on nomme les lazzaroni, et des pauvres petites gens des mêmes métiers de misère. Plus qu'aux autres, il leur avait donné son coeur. Et bien sûr, il les instruisait par ses prédications et les réconciliait avec Dieu par la confession. De bouche à oreille, dans le milieu, on se le dit bientôt jusqu'au bout de la ville ; et l'on arrivait de partout. Et venaient les scélérats, tant, et tant encore... Puis ils revenaient. Et non seulement ils quittaient leurs vices, mais ils s'engageaient dans l'oraison, la contemplation, et n'avaient bientôt plus rien d'autre en tête que d'aimer Jésus-Christ. Membre des Missions Apostoliques, après avoir découvert les misères de la ville, il découvre celles des campagnes pour l'évangélisation desquelles il fonde, le 9 novembre 1732, à Scala, la congrégation du Saint-Sauveur qui s'appellera plus tard la congrégation du Saint-Rédempteur, les Rédemptoristes.

 

Alors qu'il a déjà refusé par deux fois l'archevêché de Palerme, Clément XII l'oblige d'accepter celui de Sainte-Agathe des Goths (province de Bénévent) ; nommé en mars, il est sacré à Rome, dans l'église de la Minerve, le 14 juin 1762, il est intronisé le 18 juillet 1762. Sans lâcher la direction de son Institut, il oeuvre à la réforme de son diocèse : le plus grand bien qu'un évêque puisse procurer à son diocèse, écrit-il, c'est d'y faire prêcher la mission immanquablement tous les trois ans ; il rappelle à ses curés l'obligation qui leur incombe de prêcher tous les dimanches et à toutes les fêtes solennelles, selon la prescription du concile de Trente, et de prêcher d'une manière simple et populaire, adaptée à la qualité de leur auditoire ; il rénove et veille avec soin sur son séminaire ; il fait de nombreuses visites pastorales ; il donne l'exemple de la pauvreté et s'élève contre toute forme d'injustice. Cependant, outre une très large correspondance, il continue à rédiger de nombreux ouvrages (il en a écrit cinquante-et-un avant son élévation à l'épiscopat, il en écrit encore soixante-et-un après) faits pour être compris par tous de sorte d'atteindre par ses écrits ceux que sa prédication ne pouvait rejoindre ; Jean-Paul II, le 1 août 1987, écrivait aux Rédemptoristes : Ce qui fit son succès, et le charme de ses écrits, c'est la concision, la clarté, la simplicité, l'optimisme, l'affabilité qui va jusqu'à la tendresse. Alphonse n'exclut absolument personne du champ de son action pastorale : il écrit à tous, il écrit pour tous (lettre apostolique Spiritus Domini à l'occasion du deuxième centenaire de la mort de saint Alphonse-Marie de Ligori). Les Visites au Très-Saint-Sacrement et à la Très-Sainte Vierge, rédigées en des temps différents et publiées ensemble en 1744 ou 1745, connaîtront plus de deux mille éditions ; Les Gloires de Marie, le plus fort tirage des ouvrages marials de tous les temps, paru en 1750, après seize années de travail, auront plus de mille éditions ; La Pratique de l'amour envers Jésus-Christ qu'il considérait comme le plus pieux et le plus utile de tous ses ouvrages, sera édité cinq cent trente-cinq fois ; Le grand moyen de la prière aura deux cent trente-huit éditions.

 

 


Prière

 

O Verbe Incarné,
vous avez donné votre sang et votre vie,
pour conférer à nos prières, selon votre promesse,
une valeur capable d'obtenir tout ce qu'elles implorent.

Et nous, Grand Dieu !
nous sommes négligents pour notre salut
au point de ne pas vouloir demander les grâces requises
pour nous sauver.

Vous, avec ce moyen de la prière,
vous nous avez remis la clef de tous vos divins trésors,
et nous, en ne priant pas,
nous nous obstinons à rester dans notre misère.

Ah ! Seigneur,
éclairez-nous et faites-nous connaître
le pouvoir auprès de votre Père,
des requêtes adressées en votre nom et par vos mérites.

 

 

Saint Alphone Marie de Ligori

Pourquoi les prêtres ont plus que jamais besoin de communauté

29/07/2025

Pourquoi les prêtres ont plus que jamais besoin de communauté

Face aux défis de santé mentale et aux charges pastorales croissantes, les prêtres ont besoin de soutiens ancrés dans la foi et la fraternité.

 

 

 

La tragique nouvelle du suicide d'un prêtre catholique italien a été annoncée ce mois-ci. En tant que psychologue catholique travaillant en étroite collaboration avec des séminaristes et des prêtres, j'ai trouvé cette histoire particulièrement troublante. Le jeune âge du prêtre – seulement 35 ans – était bouleversant, et le chagrin exprimé par sa communauté témoignait de l'amour profond qu'il recevait.

 

Aux États-Unis, le taux de suicide a augmenté régulièrement au cours des deux dernières décennies, avec une brève baisse en 2018-2019. La pandémie de COVID-19 de 2020 a déclenché une vague de problèmes de santé mentale, contribuant à des décès par suicide record en 2023 et 2024.

 

Le taux exact de suicide parmi les prêtres catholiques aux États-Unis n'est pas connu, bien que des cas isolés de suicide aient été signalés. Heureusement, aucune tendance alarmante ni crise suicidaire ne semble se manifester au sein du presbytérat américain. Néanmoins, les prêtres correspondent souvent au profil des personnes les plus à risque de penser au suicide et de passer à l'acte – des hommes adultes célibataires vivant seuls – et ils sont confrontés à des facteurs de stress spécifiques qui peuvent nuire à leur santé mentale. 

 

Par exemple, dans une étude que j'ai menée auprès de prêtres, beaucoup ont évoqué le « complexe du Messie » – la croyance irrationnelle qu'ils doivent sauver tout le monde et résoudre chaque situation dans une paroisse. De même, les prêtres que je pratique expriment souvent une immense pression pour être parfaits. 

 

Le poids combiné du complexe du Messie et d'un perfectionnisme irréaliste peut être extrêmement pesant pour les prêtres. Sans surprise, on sait que les prêtres sont souvent confrontés aux « rhumes » des problèmes de santé mentale : épuisement professionnel, dépression, abus d'alcool et anxiété. 

 

Les idées suicidaires apparaissent lorsque les personnes ne voient pas d'autre issue à leurs problèmes et à leur détresse. Elles ont épuisé leurs mécanismes d'adaptation et cherchent à s'enfuir. Leur capacité à résoudre les problèmes et à envisager des alternatives est altérée. 

 

Les gens perdent espoir lorsqu'ils ne voient aucun moyen d'échapper à leur douleur ou de résoudre leurs problèmes. Le désespoir s'installe, défini en psychologie comme des attentes négatives et immuables quant à l'avenir et un jugement selon lequel les problèmes sont insolubles. 

 

Des recherches psychologiques récentes ont montré que le désespoir est un puissant prédicteur de pensées, d'intentions et de tentatives suicidaires. Étonnamment, même à mon avis, l'étude a révélé que le désespoir est un prédicteur de tendances suicidaires encore plus fort que la dépression. Ces recherches rappellent les paroles prononcées par le pape Jean-Paul II aux jeunes en 1987 :

On ne peut vivre sans espoir. Il nous faut un but dans la vie, un sens à notre existence. Il nous faut aspirer à quelque chose. Sans espoir, nous commençons à mourir.


Pourquoi un prêtre catholique pourrait-il se sentir désespéré ? Aux États-Unis, le sacerdoce vieillit et, dans certains endroits, se réduit. Les jeunes prêtres se voient souvent confier des responsabilités supérieures à ce qui est nécessaire à leur développement et sont chargés de résoudre des problèmes plus complexes dans leurs paroisses. 

 

Par exemple, de nombreux diocèses fusionnent et ferment des paroisses en raison d'une pénurie de prêtres. Le processus de fusion lui-même peut s'avérer extrêmement complexe, laissant les prêtres pris entre les directives diocésaines et l'indignation des paroissiens. De plus, les prêtres continuent d'exercer leur ministère sous l'ombre persistante de la crise des abus sexuels. Même les prêtres les plus brillants, les plus sains et les plus heureux que je connaisse craignent encore d'être à deux doigts d'être démis de leurs fonctions, et que, du jour au lendemain, un article négatif sur l'Église puisse affluer dans leur fil d'actualité. Certains prêtres se demandent peut-être : la situation va-t-elle s'améliorer un jour ? 

 

La recherche psychologique est également très claire sur l'espoir. Conformément à l'enseignement catholique, la psychologie considère l'espoir comme une vertu qui prévient le découragement et stimule la gestion du stress par des actions motivées vers un meilleur objectif. 

 

En termes simples, selon le Catéchisme de l'Église catholique, l'espérance « nous soutient dans les moments d'abandon » (1818). Il est important de comprendre l'espérance à travers l'anthropologie catholique. Dieu nous crée à son image et à sa ressemblance. Nous sommes bons, dotés d'une dignité et d'une valeur intrinsèques. Dieu nous a créés et a « mis dans notre cœur » un désir inné de vie éternelle et de bonheur. Autrement dit, nous sommes conçus et créés de manière unique par notre Créateur pour être des êtres pleins d'espoir et heureux. Vertu cardinale, l'espérance exige une pratique quotidienne et ne se résume pas à une simple pensée magique selon laquelle tout s'arrangera. 

 

Cliniquement, je constate que le désir inné de vivre et de bonheur renaît grâce à des techniques d'évaluation et d'intervention adaptées. À maintes reprises, des patients dans leurs heures les plus sombres ont puisé dans leur foi pour trouver la résilience et une raison de continuer à vivre. Les prêtres ont besoin d'espoir. Nous avons besoin de prêtres pour continuer à vivre. S'appuyer sur la foi et l'espoir peut libérer ce que les psychologues appellent « la pensée du cheminement et de l'action ». 

 

La pensée par chemins est la capacité d'une personne à identifier des solutions aux problèmes avec assurance. La pensée par agence stimule la motivation et l'énergie nécessaires à la résolution des problèmes. Pour un prêtre désespéré, ces modes de pensée constituent d'excellents antidotes. Pourtant, les prêtres ne peuvent pas se contenter de penser par eux-mêmes, par désespoir. 

 

Il est souvent nécessaire de rappeler aux prêtres l'importance de la communauté et de la fraternité dans leur vie. Le père Carter Griffin, dans son livre « Reclaiming the Fatherhood of the Priest », souligne que les prêtres peuvent limiter leur engagement social en raison de leur « vie de célibataire ». Ils s'habituent alors à vivre seuls. 

Les prêtres avec qui je travaille savent que je les interrogerai sur la manière dont ils entretiennent quatre types de relations dans leur vie : leur relation avec Dieu, avec au moins un autre frère prêtre, avec un ami non prêtre et avec un membre de leur famille. Chacune de ces relations contribue à un système de soutien pour les prêtres. 

Les prêtres ont besoin de relations encourageantes, satisfaisantes et significatives dans les quatre types de relations. Malheureusement, dans chaque cas de suicide de prêtre, le prêtre meurt seul. 

 

Lorsque j'évalue un risque suicidaire chez un patient, le retrait social et l'isolement figurent en tête de mes préoccupations. Par conséquent, établir des liens sociaux, s'impliquer et apporter un soutien est une priorité absolue. L'importance du soutien social pour les prêtres a été reconnue par la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) lors d'une récente table ronde sur la santé mentale du clergé. Nul n'est isolé, pas même un prêtre. 

 

Les groupes de soutien aux prêtres peuvent être utiles, mais le soutien empirique et anecdotique qu'ils apportent est mitigé. Des recherches ont montré que les groupes de soutien au clergé sont plus efficaces lorsqu'ils bénéficient d'un animateur formé, d'une structure claire et de normes établies pour une dynamique de groupe saine. Malheureusement, j'ai entendu des prêtres dire que leur expérience avec ces groupes de soutien leur a fait plus de mal que de bien. J'ai pu constater de visu comment un rassemblement de prêtres peut dégénérer en plaintes sur la politique de l'Église au lieu de s'élever mutuellement en encourageant la fraternité. 

 

J'ai récemment eu l'occasion de faire une présentation lors d'une convocation de prêtres dans l'archidiocèse d'Oklahoma City. J'ai passé une semaine avec un groupe de 100 prêtres. Nous avons prié, mangé, étudié ensemble, pris des rafraîchissements et regardé ensemble le Thunder d'Oklahoma City remporter un important match de playoffs de basket. 

 

J'ai été témoin de la joie qu'ils éprouvaient à rire et à discuter. La fraternité était bien vivante au sein de ce groupe de prêtres. L'importance de leur santé mentale était abordée sans stigmatisation ni honte. Le vicaire du clergé était transparent quant aux ressources mises à la disposition des prêtres, notamment une liste de professionnels de la santé mentale de confiance et la prise en charge financière de ces services par l'archidiocèse. De tels efforts soulignent l'importance d'une culture diocésaine positive qui soutient la santé mentale des prêtres. 

 

Le suicide d'un prêtre a des répercussions sur toute la communauté. Les prêtres ont donc besoin du soutien de toute leur communauté pour s'épanouir pleinement dans leur vocation et leur ministère.

 

Anthony Isacco, Ph.D., est directeur de programme,
professeur et responsable de la recherche clinique à l'Université Saint Mary's du Minnesota.

Réparez les réseaux !

28/07/2025

Réparez les réseaux !

Points clés du message du pape :

 

La paix dans le monde numérique : Le Souverain Pontife a souligné l'importance de rechercher, d'annoncer et de partager la paix partout, en particulier dans les environnements numériques où l'Église compte désormais sur les influenceurs. Il a exprimé le désir de voir ces « nouveaux disciples » apporter l'espérance aux « frontières existentielles » et aux « cœurs vidés ».

 

Humanisme chrétien face à l'IA : Face aux profondes mutations technologiques et à l'essor de l'intelligence artificielle, le pape a mis en garde contre toute utilisation qui porterait atteinte à la dignité humaine. Il a appelé les influenceurs à « nourrir une culture d’humanisme chrétien » et à une présence discernante et bienveillante en ligne, en se concentrant sur « l’authenticité de notre témoignage » et la « rencontre des cœurs » plutôt que la simple production de contenu.

 

Construire des réseaux d'amour et de partage : Comparant les influenceurs aux apôtres réparant leurs filets, Léon XIV les a invités à « construire d’autres réseaux : réseaux de relations, d’amour, de partage gratuit ». Il a encouragé la création de liens profonds qui brisent la solitude, où la vérité circule et où l'amitié ne se mesure pas au nombre de « followers ». Le pape a appelé à être des « agents de communion, capables de rompre la logique de la division et de la polarisation » et à vaincre les mensonges par la « lumière de la vérité ».

 

En somme, le message du pape Léon XIV est un appel à la mission, à la responsabilité et à l'espérance pour ceux qui œuvrent dans le monde digital, les incitant à construire des ponts dans un environnement souvent traversé par des logiques contraires à l'Évangile.

Instruction en famille : «Il est temps de restaurer une liberté française»

28/07/2025

Instruction en famille : «Il est temps de restaurer une liberté française»

FIGAROVOX/TRIBUNE via le Salon Beige
Quel est le point commun entre Pierre Curie, Marguerite Yourcenar, Agatha Christie et Jean d’Ormesson ? Ils ont tous bénéficié de l’instruction en famille.

 

La Cour des comptes a publié récemment un rapport aussi accablant qu’éclairant sur la réforme de l’instruction dans la famille. Derrière la technicité apparente des constats – procédures lourdes, inégalités territoriales, manque de coordination – se dessine une réalité politique : l’État a délibérément érigé des obstacles pour dissuader les familles d’exercer une liberté fondamentale.

 

La liberté d’enseignement est protégée par le Préambule de 1946. L’article 26.3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme affirme que « les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ». Cette hiérarchie est claire : ce n’est pas à l’État d’imposer, c’est aux parents de choisir, ils sont les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. Le rôle de la puissance publique n’est pas d’autoriser, mais de garantir que chaque enfant reçoive une instruction afin qu’il puisse devenir un adulte éclairé.

 

 

Depuis 2021, l’instruction en famille (IEF) ne relève plus de la liberté d’enseignement garantie par le droit français, mais d’un régime d’exception. L’autorisation préalable, imposée par la loi du 24 août, a remplacé le simple régime déclaratif. Résultat : les familles doivent désormais quémander un droit qui devrait leur être reconnu d’office, un droit naturel, celui d’instruire leurs enfants. Le principe de liberté a été inversé : c’est désormais à la famille de se justifier, et à l’administration d’en juger l’opportunité.

En trois ans, le nombre d’enfants instruits en famille est passé de 72 000 à 30 644. Soit une baisse de près de 60%. Et pourtant, plus de 90% des contrôles pédagogiques sont jugés satisfaisants. Le message implicite est clair : ce n’est pas tant la qualité de l’instruction qui est en cause que la légitimité même de ce choix éducatif. La procédure est si complexe, si incertaine, si arbitraire qu’elle décourage les plus fragiles, les moins au fait des arcanes administratives, ceux qui n’ont ni réseau ni avocat. On ne supprime pas la liberté par décret, on la rend inaccessible.

 

Pire : les traitements varient d’une académie à l’autre. À Créteil, seul un enfant sur quatre a vu son autorisation reconduite. À Aix-Marseille, ils sont trois sur quatre. Faut-il vivre dans la bonne région pour bénéficier d’un droit fondamental ?

L’instruction en famille ne menace ni la République, ni la cohésion nationale. Elle concerne une minorité d’enfants, souvent pour une durée courte (deux ans pour les deux tiers des familles), et répond à des situations très concrètes : phobie ou harcèlement scolaire, besoins particuliers, handicap, itinérance, pédagogies alternatives. Elle est diverse, socialement, géographiquement, culturellement. Et elle donne des résultats. Les rares dérives peuvent – et doivent – être encadrées par des contrôles pédagogiques renforcés permettant de sanctionner et d’interdire des cas isolés, comme le propose la Cour des comptes.

 

Quelles que soient nos convictions politiques, ce que nous défendons, c’est une idée exigeante de la République française : une République française qui ne craint pas la liberté, qui fait confiance à ses citoyens, qui n’érige pas l’uniformisation en dogme, ni la conformité en vertu. Une République française qui croit encore que la liberté est la condition de l’excellence, et non son ennemi.

 

 

Les signataires :

Véronique Besse, députée (non-inscrit)
Philippe Lottiaux, député (RN)

Anne-Laure Blin, députée (DR)
Sylviane Noël, sénatrice (LR)
Stéphane Ravier, sénateur (non-inscrit)
Stéphane Viry, député (LIOT)
Marie-France Lorho, députée (RN)
Maxime Michelet, député (UDR)
Josiane Corneloup, députée (DR)
Roger Chudeau, député (RN)
Franck Menonville, sénateur (UDI)
David Lisnard, maire de Cannes et président de Nouvelle Énergie
Chantal Delsol, philosophe
Lisa Hirsig, responsable de la communication de l’IREF
Ghislain Lafont, président Fonds du Bien Commun
Jean-Baptiste Maillard, secrétaire général de Liberté éducation 
Pierre-Vincent Guéret, chef d’entreprise
Bérénice Levet Docteur en philosophie et essayiste
Michel Valadier, DG de la Fondation pour l’École
Marie Bancel, autrice de livres jeunesse
Antoine Fouret, avocat
Chloé Oudin-Gasquet, psychologue 
Remy Philippot, avocat
Magali Dumas, co-fondatrice de l’Association UNIE
Typhanie Degois, chef d’entreprise Anne Coffinier, présidente de l’association Créer son école

Cardinal Sarah : « Ne profanez pas la France ! »

27/07/2025

Cardinal Sarah : « Ne profanez pas la France ! »

Selon le quotidien Ouest-France, jamais depuis la venue du pape Jean-Paul II en septembre 1996 à Sainte-Anne-d’Auray, le sanctuaire iconique de la Bretagne n’avait absorbé autant de monde. Plus de 30.000 fidèles se sont appliqués à honorer la grand-mère du Christ en se rendant aux cérémonies liturgiques célébrant le 4ème centenaire des apparitions de sainte Anne à un humble paysan breton, Yvon Nicolazic, entre 1623 et 1625. Pour cet anniversaire, le pape Léon XIV avait nommé spécialement le cardinal Sarah pour le représenter.

 

« Nous nous adressons à toi, Vénérable frère, qui, pourvu de piété et de doctrine, te distingues dans la Vigne du Seigneur comme un ouvrier vigilant et zélé » lui avait écrit le nouveau Souverain Pontife le 25 juin dernier.

 

Intimidations diplomatiques ?

 

L’ancien préfet de la congrégation du Culte Divin est connu en France pour sa parole libre, son parcours étonnant d’enfant de la brousse guinéenne à cardinal éminent de la Sainte Eglise Romaine, ainsi que pour ses nombreux ouvrages aux succès éditoriaux jamais démentis chez Fayard : Dieu ou rien (2015), La Force du silence (2016), Le soir approche et déjà le jour baisse (2019), Des profondeurs de nos cœurs (2020), et tout récemment Dieu existe-t-il ? (2025).

 

“Envoyé spécial” du pape dans le langage du monde, “Légat pontifical” dans le langage ecclésiastique, des rumeurs ont courus avant son arrivée en Bretagne fin juillet que sa mission de représenter le Saint-Père aurait suscité en amont quelques crispations auprès des autorités françaises. Mgr Kennedy, archevêque détaché au Vatican, aurait fait état de « requêtes françaises auprès du Saint-Siège ». Ces dernières s’inquiétaient d’un discours offensif du prélat sur la fin de vie, l’islamisme ou la décadence de l’Occident.

En supposant que ces intimidations diplomatiques aient vraiment existées, force est de reconnaître que le cardinal n’en a pas pris note. Son homélie, interrompue à de multiples reprises par des applaudissements dans la foule, restera un moment marquant des célébrations de ce 4ème centenaire. Sans crainte et avec une audace épiscopale à laquelle l’immense majorité des catholiques français est inhabituée, le cardinal Sarah a emporté l’assistance derrière lui.

 

« Ne profanez pas la France avec vos lois barbares ! »

 

Bien sûr, les observateurs s’arrêteront sur les punchlines délivrées par le célébrant durant son sermon. L’accueil des migrants ? La fraternité universelle ? La paix dans le monde ? La religion catholique ne peut être réduites à ces considérations selon le cardinal, allant même jusqu’à dire que « cette vison de la religion est fausse ». Avec des accents à la Jean-Paul II, le légat pontifical africain a aussi rappelé aux milliers de fidèles que « Dieu a choisi la France pour qu’elle soit comme une terre sainte, une terre réservée à Dieu » et d’enjoindre ceux qui ont des responsabilités législatives à s’amender et à se corriger :

 

« Ne profanez pas la France avec vos lois barbares et inhumaines qui prônent la mort alors que Dieu veut la vie ! »

 

Cependant, si ces paroles ont toute leur importance, le message spirituel du cardinal Sarah reste le plus exigeant et le plus vertical. Dans une société de consommation occidentale obnubilée par son bien-être, il n’est pas passé par quatre chemins pour pointer du doigt les écueils et les non-sens des temps présents tout en indiquant la marche à suivre pour s’en sortir. Le diagnostic brut et le remède choc.

 

Une homélie au souffle spirituel détonnant

 

Devant un univers catholique en décomposition structurelle, encore étourdi d’être devenu minoritaire, le cardinal donna de la voix :

 

« Nos églises ne sont pas des salles de spectacle, ni des salles de concert ou d’activités culturelles ou de divertissements. L’église, c’est la maison de Dieu ».

 

Face aux relations d’intérêt et aux injonctions narcissiques des réseaux sociaux :

 

« C’est à genoux devant Dieu que l’homme découvre sa véritable grandeur et sa noblesse ».

 

En réponse aux fuites en tout genre pour trouver une porte de sortie aux impasses du wokisme :

 

« Ce qui sauve le monde, c’est le pain de Dieu ».

 

Fondamentalement, le cardinal Sarah a martelé l’idée force qui fait défaut à un monde occidental ayant acté la mort de Dieu : « Si nous n’adorons pas Dieu, nous finirons par nous adorer nous-mêmes », « Notre première activité » doit être « de glorifier Dieu ». Fermez le ban.

 

Notre confrère Marc Eynaud, sur le plateau de CNews – qui diffusait la messe célébrée à Sainte-Anne-d’Auray – faisait remarquer que la jeunesse catholique française attend, selon lui, davantage « les cosaques et le Saint-Esprit » (Léon Bloy) qu’elle n’ait intéressée par le synode sur la synodalité. Le cardinal Sarah aura en tout cas secoué son auditoire en parlant courageusement de la seule chose qui, sans aucun doute, vaille pour un homme de prière : nos devoirs envers Dieu en vue de bénéficier de la béatitude céleste. Un discours devenu hélas trop rare, mais dont un seul peut, et c’est heureux, porter beaucoup de fruits.

 

Père Danziec Valeurs actuelles via le Salon Beige

Quand le Cardinal Sarah rappelle la vocation sacrée de la France

25/07/2025

Quand le Cardinal Sarah rappelle la vocation sacrée de la France

Le Cardinal Sarah a lancé un appel vibrant contre ce qu'il perçoit comme une profanation de la France par des "lois qui saccagent tout, qui détruisent la vie" et des "lois barbares et inhumaines qui prennent la mort alors que Dieu veut la vie". Ce constat a été salué par des applaudissements des fidèles, que le Cardinal a aussitôt tempérés, rappelant l'importance du silence et de l'adoration.

 

Au cœur de son message, la Bretagne est mise en avant comme une "terre sacrée" où "Dieu doit y avoir la première place". L'adoration et la glorification de Dieu sont présentées comme l'expression la plus haute de gratitude et la plus belle réponse à l'amour divin. Le Cardinal a insisté sur la nécessité de se mettre à part dans le silence pour écouter Dieu, soulignant que les lieux sacrés sont des espaces dédiés à la prière, au silence et à la liturgie, et non à des activités profanes. "Nos églises ne sont pas des salles de spectacles, de concerts ou pour des activités culturelles ou du divertissement", a-t-il affirmé avec force.

 

Le prélat a également critiqué une vision qu'il juge erronée de la religion en Occident, souvent réduite à des actions humanitaires ou à une forme de développement personnel. Pour le Cardinal Sarah, la religion est avant tout adoration de Dieu. Face au Mal, la réponse unique est l'adoration et la résistance, le seul remède au désespoir. Il a exhorté chacun à "confesser et résister", à "expulser les idoles de l'argent", rappelant que Dieu ne désire que le cœur de l'homme.

 

En somme, l'homélie du Cardinal Sarah est un puissant rappel à la centralité de Dieu dans la vie individuelle et collective, un appel à la sainteté et à la résistance face aux forces qui, selon lui, tendent à éloigner la France de sa vocation spirituelle originelle.

 

Merci au Saint Père de nous avoir envoyé le légat dont nous avons besoin !

F. Charbonnier

« Commission Bétharram » : l’enseignement catholique à nouveau sous pression

02/07/2025

« Commission Bétharram » :  l’enseignement catholique à nouveau sous pression

Rapport Bétharram : l'enseignement catholique entre soutien aux victimes et défense de sa spécificité.
Le 2 juillet, la commission d'enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire, initiée après la retentissante affaire Bétharram, a publié son rapport. Avec 330 pages et 50 recommandations, l'objectif est clair : mieux reconnaître les victimes, intensifier la prévention et libérer la parole. Si l'enseignement catholique et l'Apel (Association des parents d'élèves de l'enseignement libre) saluent cette initiative visant à garantir la sécurité des jeunes, ils s'inquiètent de certaines propositions qui menaceraient leur singularité.

 

Des recommandations variées, des lignes rouges pour le privé
Parmi les recommandations phares, certaines sont largement approuvées, comme l'imprescriptibilité des infractions sur mineurs ou l'interdiction des châtiments corporels. Cependant, d'autres points cristallisent les tensions. La volonté de lever le secret de la confession pour les violences sur les moins de 15 ans, le contrôle périodique des établissements privés tous les cinq ans, ou encore l'intégration d'une "gradation des sanctions" dans le code de l'éducation, sont perçus comme des empiètements.

 

Le député LFI Paul Vannier, co-rapporteur de la commission, surnommé Fouquier-Tinville, ce qu'il doit apprécier, ne cache pas sa détermination à "loger" l'enseignement catholique à la même enseigne que le public. Cela se traduit par des propositions visant à remettre en cause le rôle du Secrétariat général à l'enseignement catholique (SGEC) comme interlocuteur privilégié de l'État, et à rattacher directement les établissements sous contrat à la direction générale de l'enseignement scolaire (Dgesco).

 

Instrumentalisation politique
Philippe Delorme, secrétaire général à l'enseignement catholique, dénonce une "instrumentalisation politique". Il craint que le calquage de l'organisation du public sur celle du privé n'entraîne une dilution de leur spécificité et une perte d'efficacité. Pour lui, le contrôle de la "vie scolaire" par l'État, au-delà du "climat scolaire", est une atteinte au "caractère propre" de l'enseignement catholique.

 

L'Apel, par la voix de sa présidente Hélène Laubignat, défend son indépendance et sa représentativité, malgré la proposition du rapport de "permettre la reconnaissance de plusieurs associations" de parents pour garantir le pluralisme.

 

Au-delà des débats, une "prise de conscience" ...  aux frais des catholiques
Alain Esquerre, le lanceur d'alerte de l'affaire Bétharram, voit dans ce rapport une "prise de conscience" salutaire dans les établissements catholiques. Si le fonds d'indemnisation des victimes se fait toujours attendre, ce qui n'est pas à son goût, il estime que "l'immobilisme n'est plus possible". Son appel est clair : au-delà des querelles politiques, l'urgence est de s'attaquer aux violences, qu'elles soient physiques ou sexuelles, qui se répandent sur tout le territoire. 
Notons au passage que ces violences ne viennent pas majoritairement des écoles catholiques.

 

 

 

Depuis les grandes manifestations de 1984, (j'y étais !) , 5 à 800000 personnes à Versailles le 4 mars, puis à Paris le 24 juin entre 850000 et 2 millions de personnes (source Wikipedia) qui sonnèrent le glas d'une loi d'étranglement, les pouvoirs successifs, de gauche qui gouvernent à gauche et de droite qui gouvernent à gauche, ne cessèrent leurs coups de boutoir contre l'enseignement catholique.
 
Ne doutons pas que 40 ans de démolition incessante effectuée avec conscience et application ont déjà eu raison de l'enseignement catholique sous contrat. Puissé-je me tromper !
Restent de courageux enseignants qui y croient encore, qui méritent notre admiration ... et nos prières !

SMR

La Boussole de la Loi Naturelle : Quand la Politique Écoute la Conscience

30/06/2025

La Boussole de la Loi Naturelle : Quand la Politique Écoute la Conscience

L'auteur souligne d'emblée l'importance des thèmes abordés par le souverain pontife, pourtant dans un discours bref : les déséquilibres économiques et la protection de la liberté religieuse. À cet égard, la figure de Saint Thomas More est mise en avant. Ce martyr de la liberté, qui a sacrifié sa vie plutôt que de trahir ses convictions, incarne pour le Pape et pour Leclerc la primauté de la conscience. Un exemple intemporel, même à l'heure où des États se réclamant de la primauté du droit semblent menacer ces principes.

 

Le "Basculement Moral" de l'Euthanasie
Leclerc aborde ensuite un point de discorde majeur : la question de l'euthanasie. Il cite Mgr Paul Richard Gallagher, représentant du Saint-Siège, qui a vivement critiqué la légitimation du "droit de donner la mort" en France. Pour le Vatican, transformer la mort en un droit constitue un "basculement moral préoccupant", un constat qui se heurte frontalement au "chemin de fraternité" évoqué par le président Macron. C'est ici que l'article met en lumière un désaccord fondamental entre le magistère catholique et les autorités politiques.

 

La Loi Naturelle : Une Voix Intemporelle
Face à cette divergence, une question essentielle émerge : l'Église et l'État sont-ils voués à des chemins séparés, la loi divine étant distincte de celle de la République ? Léon XIV, et avec lui Gérard Leclerc, s'oppose résolument à cette vision. Le Pape insiste sur la "loi naturelle", une loi "non écrite de main d'homme, mais reconnue comme valable en tout temps et en tout lieu, et trouvant son fondement le plus plausible et convaincant dans la nature elle-même."

Cette référence à la loi naturelle n'est pas nouvelle ; elle s'inscrit dans une longue tradition philosophique et théologique, depuis Cicéron et Saint Augustin jusqu'à Saint Thomas d'Aquin. Leclerc rappelle que cette tradition, loin d'être en contradiction avec la raison, démontre comment la foi et la raison peuvent œuvrer ensemble au service de la dignité humaine. Il fait d'ailleurs un parallèle pertinent avec le célèbre dialogue entre le Cardinal Ratzinger (futur Benoît XVI) et le philosophe Jürgen Habermas, soulignant que les données de la Révélation peuvent résonner avec les exigences de la raison.

 

En somme, l'article de Gérard Leclerc nous invite à voir dans l'intervention du Pape Léon XIV un appel à la conscience, une boussole qui peut guider la politique contemporaine. C'est une voix qui se veut audible, pour peu que l'on soit attentif à la sagesse humaine et à "la loi telle qu'elle est implantée dans la conscience", comme le disait Saint Augustin.

 

Les martyrs chrétiens et nous

29/06/2025

Les martyrs chrétiens et nous


Certains furent enveloppés dans des peaux de bêtes et déchiquetés par des chiens lors de spectacles publics, d'autres enduits de goudron et brûlés vifs comme des torches humaines. Ce fut le début d'une violence antichrétienne qui, malheureusement, a refait surface périodiquement au cours des 2 000 dernières années et qui perdure encore aujourd'hui.

 

L’historien romain Tacite a déploré la mort des premiers martyrs – mais pas à cause de l’inhumanité et de l’injustice :

 

Pour faire taire la rumeur [qu'il avait incendié Rome], [Néron] accusa faussement de culpabilité et punit par les tortures les plus atroces les personnes communément appelées chrétiens, qui étaient [généralement] haïes pour leurs énormités. Christus, le fondateur de ce nom, fut mis à mort comme criminel par Ponce Pilate, procurateur de Judée, sous le règne de Tibère. Mais la superstition pernicieuse [ prava superstitio ], un temps réprimée, éclata de nouveau, non seulement en Judée, d'où le mal était né, mais aussi dans la ville de Rome, où tout ce qui est horrible et honteux afflue de toutes parts, comme vers un réceptacle commun… une immense multitude fut condamnée, non pas tant pour avoir incendié la ville, que pour « haine du genre humain ».

 

Et vous pensiez que c'est seulement depuis l'essor du « wokisme » que l'Église a été vilipendée pour « prêcher la haine ». Ou que le christianisme a été accusé d'être une superstition dépravée.

 

Le martyre présente pourtant un paradoxe inattendu. Les premiers ennemis de la foi à Jérusalem pensaient sans doute que crucifier Jésus mettrait fin à sa vie et à tout ce qu'il entreprenait. Il s'avéra que sa mort – et sa résurrection – contribuèrent encore davantage à la diffusion de l'Évangile. Tacite remarquait que les persécutions et les martyrs suscitaient la sympathie du peuple, ce qui fit progresser la foi.

 

Tertullien, théologien nord-africain du IIIe siècle, a fait cette remarque célèbre : le sang des martyrs était la semence de l'Église. Ce n'est pas le cas pour ceux qui subissent des persécutions, ni pour les rares d'entre nous qui prêtent attention à ces choses. Mais c'est vrai.

 

Le Nigeria enregistre actuellement le plus grand nombre de victimes chrétiennes (5 000 par an) martyrisées par des musulmans. Il y a un peu plus d'une semaine , des musulmans ont forcé 200 chrétiens à entrer dans un bâtiment, qui a été incendié. La plupart ont péri dans les flammes, les autres ont été pris dans une embuscade alors qu'ils prenaient la fuite.

 

Pourtant, l’Église du Nigeria est celle qui connaît la croissance la plus rapide de toute l’Afrique.

 

Malheureusement, jeudi dernier, un événement similaire s'est produit dans deux villages chrétiens de Cisjordanie, en Israël. Des extrémistes juifs, souvent qualifiés à tort de simples « colons », ont attaqué Taybeh et Kafir Malik, incendiant des maisons et causant la mort de trois chrétiens arabes.


Ce n'est pas la seule fois que les chrétiens d'Israël se sont retrouvés attaqués. Une partie des Juifs ultra-orthodoxes israéliens a fait preuve de préjugés persistants à leur égard, crachant sur le clergé et intimidant les personnes – généralement chrétiennes – qui travaillent ou voyagent le samedi, jour du sabbat juif. Des tombes et des lieux saints chrétiens ont été profanés. En 2012, les portes d'un monastère trappiste ont été incendiées et les murs ont été tagués avec l'insulte « Jésus était un singe ».

 

Bien que clairement imputables à des juifs extrémistes, il était choquant qu'une telle situation puisse se produire en Israël. Le Vatican a pris la décision inhabituelle de publier une déclaration officielle critiquant le gouvernement israélien pour son inaction face à de telles expressions de haine. Le gardien de la Terre Sainte de l'époque, l'archevêque (plus tard patriarche latin) Pierbattista Pizzaballa, a déclaré : « Le temps est venu pour les autorités d'agir pour mettre fin à cette violence insensée et d'assurer un enseignement du respect dans les écoles pour tous ceux qui considèrent cette terre comme leur foyer. »

 

Plus de 150 agressions antichrétiennes similaires ont été signalées en Israël au cours de la dernière décennie.

 

Et des violences similaires contre les chrétiens sont perpétrées de nos jours par les hindous et même les bouddhistes.

 

Pourtant, la plupart des violences antichrétiennes de ces dernières années découlent d'un affrontement inévitable entre christianisme et islam, comme je l'ai démontré dans mon dernier livre, Les Martyrs du Nouveau Millénaire . En Occident, nous croyons à la liberté religieuse et au pluralisme. Il est donc difficile d'affirmer que les musulmans ou les membres de toute autre religion – qui, individuellement, sont généralement des membres pacifiques de la société – peuvent eux aussi être violents, précisément pour des motifs religieux, même si nous n'hésitons pas à le faire à propos de notre propre passé chrétien.

 

Lorsque les « extrémistes » appellent à l'instauration d'un califat mondial, ils le pensent vraiment. Et cela trouve un écho même parmi les musulmans qui, en raison des origines de l'islam, pourraient ne pas être enclins à prendre les armes.

 

Beaucoup d'entre nous, dans notre amnésie historique, pensent que les croisades, par exemple, justifiables à leur époque, sont une tache profonde sur notre histoire. Parallèlement, nous ignorons le militantisme de l'islam, qui s'est rapidement répandu, non par l'évangélisation, mais par la conquête au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, et même en Sicile et dans la péninsule Ibérique – jusqu'à ce qu'il soit stoppé par la contre-attaque chrétienne. Pour ceux qui connaissent l'histoire, les victoires chrétiennes de Tours, Poitiers, Lépante et Vienne sont les jalons de la préservation du christianisme en Europe malgré la « religion de paix ».

 

La nervosité actuelle dans plusieurs pays européens qui ont accueilli un grand nombre d'immigrants musulmans illégaux est un exemple récent d'un problème similaire. Alors même que les dirigeants laïcs et religieux exhortent les pays d'accueil à œuvrer à l'intégration de ces nouveaux arrivants, il apparaît de plus en plus clairement que nombre d'entre eux ne s'y intéressent pas et, au contraire, nourrissent du ressentiment envers les cultures dominantes, voire parfois même l'intention de les remplacer. Cela n'augure rien de bon, pour personne.

 

La réponse à ces problèmes en Europe et dans d'autres pays occidentaux, dont les États-Unis, est entravée par la prédication de la supériorité de l'Autre – principalement sur les campus et dans les médias – et par la haine du passé chrétien. En raison des récents troubles au Moyen-Orient, nos médias sont contraints de signaler de temps à autre que les Iraniens et les Palestiniens scandent bel et bien « mort à Israël » et « mort à l'Amérique ». Ils ne manquent pas de sympathisants de ce point de vue en Europe et même aux États-Unis.

 

Les chrétiens du monde entier doivent être vigilants et combattre ces courants, où qu'ils apparaissent. Et ils sont de plus en plus fréquents. Il est naïf et moralement répréhensible de ne rien faire en croyant être à l'abri de cette histoire violente et bien documentée.

 

 

Robert Royal, dans The Catholic thing
Image : Les Martyrs des Catacombes  de Jules Eugène Lenepveu, 1856 [Louvre, Paris]

Une étrange paroissienne

28/06/2025

Une étrange paroissienne

Voici cet éditorial de Jean-Pierre Maugendre :

 

Le grand public a découvert avec un certain étonnement que la nouvelle présidente des Scouts et Guides De France, Marine Rosset, était une élue socialiste, partisane de la défense des « droits des femmes, le droit à avorter », lesbienne assumée et mère d’un petit garçon. Rappelons que l’association des SGDF, qui rassemble 100 000 jeunes, est une œuvre dite d’Eglise qui a pignon sur rue dans toutes les paroisses de France et qui bénéficie donc de subventions directes ou indirectes (mise à disposition de locaux) de la part des paroisses, des diocèses et de la Conférence des Evêques de France (CEF). L’aumônier général le père Xavier de Verchère, un religieux salésien, s’est désolidarisé du résultat de ce vote : « Je ne m’associe pas à ce choix » a-t-il déclaré.

 

 N’est-ce pas un peu court ?

 

Une étrange paroissienne
En effet, Marine Rosset était depuis 2022 vice-présidente de l’association. C’est donc munie de cette précieuse qualité, qu’elle a pu être candidate aux élections législatives de juin 2024 sous l’étiquette du Nouveau Front Populaire. Dans le silence assourdissant des autorités de tutelle de l’association. Notons, en outre, que cette élection bénéficie du soutien massif de l’institution puisque madame Rosset a obtenu 22 voix des 24 votants. Il ne s’agit pas d’un accident de parcours mais du ralliement massif et public de cette association de jeunesse à l’idéologie woke. En clair, le Conseil d’Administration des SGDF, patronné par les évêques de France, considère qu’il est tout à fait possible et légitime d’être « en même temps » catholique, homosexuelle, favorable à l’avortement, à la PMA et, probablement, à la GPA.

 

Et la communion dans tout ça ?
Il est curieux d’observer qu’à cette occasion aucune autorité ecclésiastique, à commencer par l’évêque accompagnateur des mouvements scouts à la Conférence des Evêques de France, Mgr Bozzo, évêque de Limoges, ne s’est exprimée sur la rupture de communion que semblerait pourtant légitimement constituer ces prises de positions publiques parfaitement hétérodoxes. Serait-on toujours en communion avec l’Eglise en étant partisan de l’avortement et de la PMA, mais en rupture de communion quand on a le malheur d’être attaché aux pédagogies traditionnelles de la foi ? Car les faits sont là : une association dont la direction assume des positions largement hétérodoxes au regard de l’enseignement moral de l’Eglise est toujours réputée catholique avec les avantages sociaux, psychologique et financiers associés à cet état alors que, dans le même temps, vouloir enseigner ou suivre le catéchisme de saint Pie X ou vouloir être baptisé selon le rituel antérieur à la réforme liturgique serait un signe manifeste de « rupture de la communion ». En effet, pendant que les Scouts et Guides de France poursuivent leur descente aux enfers, doctrinale et intellectuelle, sous la paternelle et bienveillante houlette des évêques de France, ceux-ci mènent massivement, hormis quelques exceptions notables, une  forme de harcèlement ecclésiastique continu et systématique contre les prêtres et les fidèles attachés à la tradition liturgique de l’Eglise : interdiction de mariages ou de confirmations avec célébration de la messe traditionnelle, obligations de s’associer aux catéchismes recyclés, remplacement de prêtres Ecclesia Dei par des prêtres diocésains acquis aux méthodes pastorales post conciliaires, etc. Dernier épisode en date : les chiffres officiels des ordinations sacerdotales en France, en 2025, ne prennent pas en compte les prêtres français ordonnés dans des communautés traditionnelles même en situation régulière avec Rome. Incidemment, nous nous permettons de signaler à la direction de la communication de la CEF que traditionaliste ou traditionalisme s’écrit avec un seul « N » même si traditionnel s’écrit avec deux « N ». C’est curieux mais c’est ainsi !

 

Nous nous en doutions mais maintenant nous le savons : les envolées épiscopales plus ou moins lyriques ou comminatoires sur la communion qui serait plus ou moins pleine, ou vide !  ne sont que des prétextes. D’ailleurs on aurait très prosaïquement envie de dire que la communion c’est comme le mariage : on est ou on n’est pas marié. Point final. On n’est pas plus ou moins pleinement marié… Il en est de même pour la communion. On est ou on n’est pas catholique et donc en communion avec la foi et la hiérarchie de l’Eglise, dans la limite de ses attributions. Point final, terminé. L’appel à la pleine communion se révèle, en réalité, trop souvent être une arme par destination afin de briser les résistances de ceux que n’enthousiasment guère les nouveautés conciliaires et post conciliaires.

 

Et l’avenir ?
Ayant pris bonne note des réserves du père de Verchère que va-t-il désormais se passer ? A priori rien. Les évêques de France ont depuis longtemps dans leur ADN de ne rien faire qui puisse manifester une opposition, autre que verbale, aux courants dominants du libertarisme contemporain. Comme pour la constitutionnalisation de l’avortement ou le vote de la loi sur le suicide assisté, un communiqué finira par être publié dans lequel nos pasteurs se déclareront « vigilants et inquiets ». Le sel de la terre est devenu le sucre de la planète, verte bien sûr. Très concrètement après négociations discrètes puis admonestations publiques les évêques de France pourraient retirer le label catholique à l’association des SGDF ce qui signifierait : retrait des aumôneries, cessation des annonces dans les lieux de culte, suppression des locaux mis à disposition, arrêt des subventions, etc. Tout cela a bien été pratiqué à l’encontre de tous ceux qui ne souhaitaient que vivre paisiblement leur foi dans la fidélité aux méthodes et aux pratiques qui avaient fait leurs preuves pendant des siècles.

 

Au fond un des drames majeurs de notre temps n’est-il pas que cela fait bien des siècles que l’Eglise de France n’a pas compté en son sein de saints évêques, du moins reconnus comme tels par l’Eglise et ainsi proposés en modèles à leurs confrères et au peuple fidèle. Sans doute est-il un peu abusif de chercher à récupérer Saint François de Sales (1567-1622) qui était savoyard et évêque de… Genève. On notera cependant l’existence des bienheureux Alain de Solminihac (1593-1659), évêque de Cahors, Pierre-Louis de la Rochefoucauld (1744-1792) évêque de Saintes, martyr et bienheureux, assassiné le 2 septembre à la prison des Carmes, François-Joseph de la Rochefoucauld (1736-1792), évêque de Beauvais, martyr et bienheureux, lui aussi assassiné à la prison des Carmes. C’était il y a bien longtemps ! Le fait est là, incontestable : ces derniers siècles la France a donné à l’Eglise de saints prêtres (le curé d’Ars), de saints religieux (le père de Foucauld) de saintes religieuses (Thérèse de l’Enfant-Jésus), de saints laïcs (les époux Martin). Mais point d’évêques portés sur les autels.

 

Mon Dieu donnez-nous de saints évêques animés d’un zèle ardent pour votre gloire et le salut des âmes, véritables pasteurs de leurs troupeaux respectifs, et préservez-vous des fonctionnaires ecclésiastiques, simples courroies de transmission de la CEF, imprégnés de l’esprit du monde, à l’esprit dur et au cœur sec !

                                                                                                          Jean-Pierre Maugendre

Hiroshima, Nagasaki et le Message de Fatima

27/06/2025

Hiroshima, Nagasaki et le Message de Fatima

Il y a quatre-vingts ans, la Seconde Guerre mondiale prenait fin. Après la capitulation de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945, les États-Unis étaient toujours en guerre avec le Japon. Le matin du 6 août 1945, à 8 h 15, l’armée de l’air américaine a largué une bombe atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima. Trois jours plus tard, le 9 août, une autre bombe a explosé au-dessus de Nagasaki. Les deux villes ont été réduites à l’état de décombres. Le nombre total de victimes a été estimé à environ 200 000, presque exclusivement des civils. Le 14 août, l’empereur Hiro Hito accepta la reddition inconditionnelle du Japon.

 

Les autorités politiques et militaires des États-Unis ont affirmé que ce massacre avait servi à abréger le conflit, épargnant la vie d’un grand nombre de soldats américains et japonais, qui seraient morts si les opérations militaires avaient été prolongées. Pourtant, il aurait suffi de faire exploser la bombe exclusivement sur une cible militaire, pour démontrer la puissance de la bombe de manière spectaculaire sans massacrer autant d’innocents.

 

L’article 25 de la Convention de La Haye de 1907 sur les lois et coutumes de la guerre, en vigueur à l’époque, stipulait : « Il est interdit d’attaquer ou de bombarder, par quelque moyen que ce soit, les villes, villages, habitations ou édifices qui ne sont pas défendus. » Mais ces règles avaient déjà été violées par les deux camps des belligérants, rendant immorales de nombreuses actions de guerre de la Seconde Guerre mondiale.

 

La bombe atomique était, et reste, l’engin le plus dévastateur que l’esprit humain puisse concevoir.

 

Les ogives nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki étaient respectivement de 15 et 20 kilotonnes. Les bombes d’aujourd’hui (américaines, russes et chinoises) sont 5 à 10 fois plus puissantes si elles sont utilisées comme armes tactiques, tandis que les bombes stratégiques peuvent être des dizaines ou des centaines de fois plus puissantes.

 

Pourtant, selon la doctrine catholique, aussi terrible soit-elle, la bombe nucléaire est moins grave qu’un seul péché grave. La raison, comme l’explique saint Thomas d’Aquin, est que « le péché mortel est un mal immense, selon son espèce ; il surmonte tous les dommages corporels, même la corruption de tout l’univers matériel » (Summa Theologiae, Ia-IIae, q. 73, a. 8, ad 3).

 

Le mal physique peut aussi jouer un rôle dans la Divine Providence et servir un plus grand bien, mais un péché mortel est pire que tous les maux physiques de l’univers réunis, parce que c’est une offense directe et volontaire contre Dieu, qui cause la perte éternelle de l’âme, et le bien de l’âme est infiniment plus grand que celui du corps (Summa Theologiae, IIa-IIae, q. 26, a. 3).

 

À Hiroshima, comme à Nagasaki, cependant, certains épisodes se sont produits qui nous rappellent que l’amour de Dieu est plus fort que la mort et peut nous protéger de tout mal.

 

Hiroshima


À Hiroshima, en 1945, il y avait une petite communauté de pères jésuites allemands, qui vivaient dans la maison paroissiale de l’église de Notre-Dame de l’Assomption, à seulement huit pâtés de maisons de l’épicentre de l’explosion de la bombe nucléaire.

 

L’un de ces jésuites, le père Hubert Schiffer (1915-1982), raconte que la messe venait d’être célébrée et qu’ils étaient allés prendre leur petit-déjeuner, lorsque la bombe est tombée : « Soudain, une explosion terrifiante a rempli l’air comme une tempête de feu. Une force invisible m’a fait sortir de ma chaise, m’a projeté dans les airs, m’a fait virevolter comme une feuille dans un coup de vent d’automne. »

 

Pendant toute une journée, les quatre jésuites ont été enveloppés dans un enfer de feu, de fumée et de nuages toxiques, mais aucun d’entre eux n’a été contaminé par les radiations, et leur paroisse est restée debout, tandis que toutes les autres maisons environnantes ont été détruites et aucune n’a survécu. Lorsque les religieux ont été secourus, les médecins ont noté avec stupéfaction que leurs corps semblaient immunisés contre les radiations ou tout effet néfaste de l’explosion.

 

Le père Schiffer, qui a vécu encore 37 ans en bonne santé, a participé au Congrès eucharistique qui s’est tenu à Philadelphie en 1976. À cette date, tous les membres de la communauté d’Hiroshima étaient encore en vie. Depuis le jour où les bombes sont tombées, les jésuites survivants ont été examinés plus de 200 fois par les scientifiques, sans parvenir à aucune conclusion, si ce n’est que leur survie à l’explosion était un événement inexplicable pour la science humaine.

 

Les jésuites attribuaient leur salut à Notre-Dame de Fatima, qu’ils vénéraient, récitant le chapelet tous les jours. « En tant que missionnaires, nous voulions vivre le message de Notre-Dame de Fátima dans notre pays et c’est pourquoi nous priions le chapelet tous les jours », a attesté le Père Schiffer.

 

Nagasaki


Un miracle similaire s’est également produit à Nagasaki. Dans cette ville, il y avait le couvent franciscain « Mugenzai no Sono » (Jardin de l’Immaculée Conception), fondé par saint Maximilien Kolbe. Avec l’explosion de la bombe atomique, ce couvent est également resté indemne comme cela s’est produit à Hiroshima avec la maison des Jésuites. Les franciscains de Nagasaki vénéraient l’Immaculée Conception et diffusaient le message de Fatima. Le Père Kolbe, l’apôtre de l’Immaculée Conception, était décédé le 14 août 1941 à Auschwitz.

 

Ces épisodes confirment une grande vérité : il ne faut pas avoir peur de la bombe nucléaire, mais du désordre moral qui afflige l’humanité. Le péché est la seule raison des maux physiques qui nous inondent car, comme le dit saint Paul, c’est par le péché que la souffrance et la mort sont entrées dans le monde (Rm 5, 12). Mais la prière vainc le mal et Notre-Dame de Fatima a enseigné que l’arme par excellence du combattant chrétien est le Saint Rosaire.

 

Dans une interview du 26 décembre 1957 avec le père Augustin Fuentes, Sœur Lucie, l’une des voyantes de Fatima, a dit :

« Le châtiment du Ciel est imminent. (…) Dieu a décidé de donner au monde les deux derniers remèdes contre le mal, qui sont le Rosaire et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Il n’y en aura pas d’autres (…). Il n’y a pas de problème, même difficile, de nature matérielle ou surtout spirituelle, dans la vie privée de chacun de nous ou dans la vie des peuples et des nations, qui ne puisse être résolu par la prière du Saint Rosaire. »

Il est donc vrai que la prière du Rosaire est plus forte que la bombe atomique.

 

 

Roberto de Mattei (chronique de Radio Maria du 23 juin 2025) Via l'Homme Nouveau

La France, Fille Aînée de l'Église : Un Statut Historique Immuable

27/06/2025

La France, Fille Aînée de l'Église : Un Statut Historique Immuable

L'auteur de cet article affirme avec force que la France, qu'elle le veuille ou non, demeure la "fille aînée de l'Église". Ce titre est une réalité historique et théologique sur laquelle on ne peut revenir. Il s'appuie sur plusieurs faits marquants pour étayer son propos :

 

Le baptême de Clovis (496 après J.C.) : L'auteur souligne que Clovis fut le premier roi barbare à être baptisé dans la foi catholique après la chute de l'Empire romain d'Occident, marquant ainsi la naissance de la nation française "dans un baptistère".

Pépin le Bref et les États Pontificaux (754 après J.C.) : Pépin le Bref, en permettant la création des États pontificaux, a obtenu du pape Étienne II les titres de "fils aîné" et de "propagator ac defensor christianae religionis", titres transmis aux rois de France pendant onze siècles.

Les rois de France, "monarques davidiques" : Les monarques français se concevaient comme des successeurs des rois d'Israël, assermentés à la loi de Dieu lors de leur sacre.

La défense de la Papauté : Les rois de France, depuis Clovis, se sont fait un devoir de défendre le Pape contre ses ennemis, comme Saint Louis protégeant Grégoire IX.

La vocation missionnaire de la France : La France est présentée comme la première nation missionnaire, initiatrice des croisades et source de 80% des religieuses missionnaires en 1900. Jean XXIII aurait même dit : "l’Italie, c’est saint Pierre ; la France, c’est saint Paul".

 

Ces arguments historiques ont conduit des figures comme Lacordaire à affirmer, en 1841, que la France restait la fille aînée de l'Église, la papauté ayant dit à la France : "Tu es ma fille aînée".

 

La "Fille Prodigue" et l'Espoir d'un "Petit Reste"


L'auteur reconnaît que la France, bien que "fille aînée", a pu ressembler à une "fille prodigue", s'étant éloignée de ses racines chrétiennes et ayant dilapidé son héritage spirituel. Il compare cette situation à celle de l'Ancien Israël après le roi Salomon, tombé dans l'idolâtrie.

 

Cependant, Frédéric Guillaud est confiant en une renaissance grâce à un "petit reste". S'inspirant des prophètes de l'Ancien Testament (Isaïe, Ézéchiel, Michée, Sophonie), il voit en France l'émergence d'un noyau de jeunes catholiques engagés. Ces jeunes "refleurissent les calvaires", "retapent les chapelles", "font renaître l'apologétique", et "protestent contre les lois contraires au Décalogue".

 

Il note également la présence de séminaristes venus du monde entier pour connaître la Tradition latine en France :

"Allez savoir pourquoi, ils croient que dans ce pays abîmé par tant de folies révolutionnaires, déchristianisé, déculturé, humilié, coupé de ses racines, décapité, il existe quelque chose d’immortel, d’increvable, d’électif, la furia francese, mais dans l’ordre de la foi, qui viendra faire renaître ce roi et cette patrie, « les plus beaux qu’on ait vus sous le ciel, la France de Mesdames Marie, Jeanne d’Arc et Thérèse et Monsieur Saint Michel » !"

 

 

Ce "petit reste", bien que modeste, est présenté comme un pôle de résistance et de renaissance, porteur de l'espoir que la France retrouve sa "vocation chrétienne".

 

Sursum Corda !

Fatima face à l’apostasie contemporaine

27/06/2025

Fatima face à l’apostasie contemporaine

Le Secret ou Message parle de l’apostasie pratique de notre temps, c’est-à-dire de l’éloignement du Christ par de nombreux membres de l’Église, ainsi que de la violence et de la mort qui en sont le fruit. Beaucoup, même s’ils n’épousent pas directement des enseignements hérétiques, rejettent en pratique la vérité et l’amour qui coulent sans cesse et incommensurablement du Cœur glorieux et transpercé de Jésus à travers le Cœur Immaculé de Marie. Au lieu de cela, ils embrassent la confusion, les mensonges et la violence de la culture contemporaine. Leur vie contredit les vérités les plus fondamentales de la foi.

 

La troisième partie du Secret ou Message décrit le martyre de ceux qui restent fidèles à Notre Seigneur, ceux qui ont un seul cœur, dans le Cœur Immaculé de Notre Dame, avec Son Cœur Très Sacré. La servante de Dieu Lucie écrit que sous les deux bras d’une « grande croix faite de troncs grossièrement taillés comme un arbre à liège avec l’écorce… il y avait deux Anges tenant chacun à la main un vase de cristal, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs et en aspergeaient les âmes qui s’acheminaient vers Dieu ». Comme il ressort clairement du message de la Vierge, seule la foi, qui place l’homme dans la relation d’unité de cœur avec le Sacré-Cœur de Jésus, par la médiation de son Cœur Immaculé, peut sauver l’homme des châtiments que la rébellion contre Dieu entraîne nécessairement sur ses auteurs et sur l’ensemble de la société. Il est également clair que vivre la foi dans une culture totalement sécularisée signifie être prêt à accepter le ridicule, l’incompréhension, la persécution, l’exil et même la mort, afin de rester un avec le Christ dans l’Église sous la protection maternelle de la Bienheureuse Vierge Marie. Par l’appel à la réparation et à la pénitence, la Vierge Marie montre le chemin du salut pour éviter la mort éternelle, fruit du péché mortel.

La Prière de Consécration au Sacré-Coeur de Jésus de Sainte Marguerite-Marie

26/06/2025

La Prière de Consécration au Sacré-Coeur de Jésus de Sainte Marguerite-Marie

« Moi, Prénom…………, je donne et consacre au Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, ma personne et ma vie, mes actions, peines et souffrances pour ne plus me servir d’aucune partie de mon être que pour L’aimer, L’honorer et Le glorifier.

C’est ici ma volonté irrévocable d’être tout à Lui et de faire tout pour son Amour, en renonçant de tout mon cœur à tout ce qui pourrait Lui déplaire.

Je Vous prends donc, ô Cœur Sacré, pour l’unique objet de mon amour, le Protecteur de ma vie, l’Assurance de mon salut, le Remède à mon inconstance, le Réparateur de tous les défauts de ma vie et mon Asile assuré à l’heure de ma mort. 

Soyez donc, ô Cœur de bonté, ma justification envers Dieu le Père et détournez de moi les traits de Sa juste Colère.

Ô Cœur d’Amour, je mets toute ma confiance en Vous, car je crains tout de ma faiblesse, mais j’espère tout de Vos bontés.

Consumez donc en moi tout ce qui peut Vous déplaire ou résister ; que Votre pur Amour s’imprime si avant dans mon cœur, que jamais je ne Vous puisse oublier, ni être séparé de Vous ; je Vous conjure par toutes Vos bontés, que mon nom soit écrit en Vous, puisque je veux faire consister tout mon bonheur à vivre et mourir en qualité de Votre esclave. »

 

Ainsi soit-il.

Les évêques de france consacrent notre patrie au Sacré-Coeur

26/06/2025

Les évêques de france consacrent notre patrie au Sacré-Coeur

 

"Nous, réunis aujourd’hui pour célébrer le 350ème anniversaire de la dernière apparition du Christ en son Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie, au cœur de l’année sainte 2025 qui nous appelle à devenir des « pèlerins del’espérance », nous venons demander la grâce de « rendre amour pour amour ». Alors que les inquiétudes sont grandes quant à l’avenir de notre planète et de notrehumanité, nous mettons nos pas dans ceux des générations précédentes. Devant Dieu et en lui, confiant en laforce de l’Esprit-Saint qui répand en nous la charité, nous redisons, notre foi que l’amour, contemplé comme donmutuel en la Trinité sainte, est la force qui donne la vie et qui permet de la partager ; nous redisons notreespérance qu’à nous aussi, à nos générations et aux générations à venir, malgré nos faiblesses, il est donnéd’apprendre à aimer comme Dieu aime."

 

Cette consécration avait déjà été faite par leurs prédécesseurs le 11 juin 1915 et le 17 juin 1945.

Cette année, la cérémonie a été faite en présence du cardinal François-Xavier Bustillo, évêque d’Ajaccio et légat pontifical pour cette occasion, de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, évêque de Reims et président de la CEF, de Mgr Benoit Rivière, évêque d’Autun, de Mgr Denis Jachiet, évêque de Belfort, de Mgr Jacques Benoit-Gonin, évêque de Beauvais, de Mgr Xavier Malle, évêque de Gap, de Mgr Pierre Antoine Bozo, évêque de Limoges, de Mgr Yves Le Saux, évêque d’Annecy, de Mgr Grégoire Drouot, évêque de Nevers et de Mgr Jean Legrez, évêque émérite d’Albi.

 

Deo gratias!

 

Et remercions aussi nos évêques pour cette consécration dont la France et le monde ont tant besoin (et à laquelle nous sommes invités à nous associer en nous consacrant nous-mêmes et nos familles au Sacré-Coeur).

Mourir de faim spirituelle à l’âge de l’IA

25/06/2025

Mourir de faim spirituelle à l’âge de l’IA

... Intitulé Spiritual starvation in the age of AI (Mourir de faim spirituelle à l’âge de l’IA), le texte dévoile des effets qui font fortement penser à des objectifs infernaux. Et comme le dit son auteur, c’est aujourd’hui qu’il faut agir pour empêcher le massacre… 

Jeanne Smits.

 

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Mourir de faim spirituelle à l’âge de l’IA
 

Le pape Léon XIV vient de lancer un avertissement alarmant qui mérite bien plus d’attention qu’il n’en a reçu. Lors d’une conférence sur l’intelligence artificielle et l’éthique, le souverain pontife a mis en garde contre les risques que l’intelligence artificielle fait peser sur le développement cognitif, émotionnel et moral des jeunes. Puis, sans donner plus de détails, il est passé à autre chose, laissant son auditoire méditer en silence sur la portée de ses propos.

 

Cette retenue est typiquement papale : diplomatique, mesurée, formulée avec soin : la litote est extrême. Lorsque le chef de 1,3 milliard de catholiques exprime son inquiétude au sujet d’un sujet qui touche les enfants, la réalité est forcément bien pire que ne le laisse entendre son langage mesuré.

 

Le pape n’a pas donné de détails, évitant, peut-être sagement, de se poser en critique de la technologie. Mais il faut bien que quelqu’un relie les points qu’il a laissés en suspens. Il va falloir expliquer exactement comment l’IA remodèle l’esprit des jeunes et pourquoi cela doit nous préoccuper profondément.

 

La Silicon Valley a perfectionné l’art de capter l’attention humaine avec une précision scientifique. Les algorithmes d’IA étudient les modèles de comportement des utilisateurs, les déclencheurs des réponses dopaminergiques et les systèmes de récompense neuronaux afin de créer ce que les chercheurs appellent pudiquement « l’optimisation de l’engagement ». Il serait sans doute plus honnête de parler d’« ingénierie de l’addiction ».

 

Des enfants accros de l’IA


Les systèmes d’IA actuels ne se contentent pas d’apprendre ce qui nous plaît, ils apprennent à nous rendre dépendants. Des boucles de récompense variables, directement inspirées des machines à sous de Las Vegas, sont désormais à l’œuvre à chaque défilement d’écran. Et les enfants ? Ils constituent les proies les plus lucratives. Leur cerveau est encore en construction, leur structure neuronale est à peine en place. Lorsqu’ils sont exposés à des systèmes de récompense artificiels conçus par des plateformes valant des milliards de dollars, ces circuits fragiles se reconfigurent. Définitivement.

 

Ce n’est pas seulement que la capacité d’attention rétrécit. La capacité à se concentrer, à réfléchir, à différer la gratification, disparaît à la manière des groupes musculaires dont on ne se sert jamais. Prenons l’ennui, par exemple. Autrefois caractéristique de l’enfance, il est aujourd’hui considéré comme un problème. Les générations précédentes rêvassaient en silence et apprenaient la patience dans le calme. Les enfants d’aujourd’hui passent chaque moment d’inactivité devant un écran. L’ennui n’est plus une pause naturelle : elle est un problème qui exige une sédation numérique immédiate.

Les scanners cérébraux confirment désormais ce que l’intuition hurlait déjà : la surstimulation numérique remodèle le cortex préfrontal, la région responsable de la planification, de la maîtrise de soi et de la réflexion profonde. Des études menées par l’UCLA, Harvard et d’autres institutions montrent des changements structurels chez les enfants qui surconsomment la « tech ».

 

Les chercheurs utilisent désormais des termes tels que « attention partielle continue » et « démence numérique ». Mais ne minaudons pas. Nous sommes en train de construire des esprits incapables de rester en place, de réfléchir profondément et de supporter le silence. Et nous faisons cela délibérément. Plus alarmants encore que l’effet de l’IA sur la cognition sont les dommages qu’elle inflige aux relations humaines. Les compagnons artificiels simulent désormais l’amitié avec une précision troublante. Ils ne vous comprennent jamais de travers, ils ne vous contredisent pas, ils ne s’éloignent jamais. Ils reflètent vos émotions sans avoir besoin des leurs.

 

L’IA déshumanise les enfants en supprimant les relations vraies


Pour les enfants qui en sont encore à apprendre à gérer de vraies relations, cela constitue une distorsion. Les relations humaines sont exigeantes ; elles exigent de la patience, comportent des conflits et nécessitent de savoir pardonner. Elles dépendent de la capacité à lire entre les lignes, à décoder les expressions faciales et à gérer les déceptions. Les machines n’offrent rien de tout cela. Elles fournissent une validation émotionnelle à la demande, de manière fluide, contrôlée et gratuite.

 

Il en résulte une génération montante toujours plus déçue par la réalité. Les êtres humains réels semblent déficients : trop lents, trop compliqués. A mesure que le compagnonnage artificiel devient plus fluide, les relations réelles commencent à être perçues comme un fardeau. Les enfants ne passent pas seulement plus de temps devant les écrans, ceux-ci les façonnent. Les données confirment ce que les parents et les enseignants ressentent déjà. La solitude des adolescents a explosé et leur santé mentale est en chute libre. La dépression, l’anxiété et l’automutilation ont augmenté avec l’utilisation des technologies numériques. Plus ils sont connectés en ligne, plus ils sont déconnectés les uns des autres.

 

L’avertissement du pape ne s’est pas limité à la psychologie. Il a évoqué quelque chose de plus profond, quelque chose que la plupart refusent d’aborder. Selon lui, l’IA menace le développement spirituel des jeunes. Il a raison. La croissance spirituelle, qu’elle soit religieuse ou non, exige le respect de l’inconnu : un sentiment d’émerveillement et une tolérance à l’ambiguïté. Or, l’IA promet des réponses à toutes les questions, la clarté pour tous les doutes et une certitude présomptueuse qui ne laisse aucune place à l’émerveillement. Nous suralimentons le mental et nous faisons mourir l’âme de faim.

 

La mort de faim spirituelle tue d’abord le désir du bien


Les enfants élevés dans un environnement où tout a une réponse immédiate n’apprennent pas à se confronter au mystère, ils apprennent à l’éviter. Ils deviennent surchargés d’informations, mais appauvris sur le plan philosophique. La foi ne s’éteint pas face au doute, elle s’éteint lorsque la certitude remplace la réflexion. Les chercheurs en éducation constatent aujourd’hui ce qu’ils appellent « l’effet Google » : la tendance à se souvenir de l’endroit où se trouve l’information plutôt que de l’information elle-même. L’IA ne fera qu’accélérer ce phénomène, transformant les cerveaux en interfaces passives, en moteurs de recherche recouverts de peau.

 

Le plus préoccupant est peut-être l’impact de l’IA sur la créativité. La créativité nécessite des frictions, des échecs, des révisions douloureuses. L’IA élimine tout cela. Elle vous offre un produit fini sans que vous ayez à fournir le moindre effort. Pourquoi se creuser la tête devant une page blanche quand un algorithme peut écrire un poème, composer une mélodie ou peindre un tableau ? Pourquoi affronter ses propres limites quand une machine peut les masquer ?

 

Pourtant, c’est dans cette lutte, cette lutte magnifique, exaspérante et chaotique, que la croissance est possible. C’est cette lutte qui enseigne aux enfants qu’ils ont quelque chose à dire. L’IA ne se contente pas de remplacer l’artiste, elle supprime l’apprentissage. Elle dit aux enfants qu’ils ne sont pas des créateurs, mais seulement des conservateurs, des ingénieurs qui produisent des « prompts ». En supprimant le dur travail de création, on supprime le fondement même de la confiance intellectuelle : la capacité d’imaginer, de construire et de supporter l’incertitude.

 

L’avertissement du pape fut bref, mais il était empreint d’urgence. Il ne s’agit pas ici du temps passé devant les écrans. Il s’agit du démantèlement systématique des capacités humaines, de l’effacement lent et silencieux de notre capacité à penser, à ressentir, à nous émerveiller et à créer. Nous ne pouvons pas externaliser la résistance. Il faut la construire. Parents, enseignants, mentors, nous devons dès aujourd’hui créer des pares-feux. Cela signifie qu’il faut protéger l’ennui, préserver le silence, maintenir les défis. Non pas parce que nous avons peur de l’avenir, mais parce que nous savons à quel point l’esprit devient fragile lorsqu’il n’est pas mis à l’épreuve. Et surtout, nous devons montrer l’exemple. Les enfants n’imitent pas ce que nous disons, ils absorbent ce que nous sommes. Si nous sommes tout aussi accros, tout aussi distraits, tout aussi automatisés, ils suivront notre exemple bien avant de suivre nos conseils.

 

Le pape Léon XIV a eu raison de tirer la sonnette d’alarme, même s’il a mis des gants. La question plus profonde est de savoir s’il sera écouté.

 

John Mac Ghlionn
 

Traduction par Jeanne Smits sur RITV