Le blog du Temps de l'Immaculée.
26/05/2026
Fondateur de l’Oratoire (+ 1595) et à l'origine du genre musical de l'oratorio
Cinq siècles après sa naissance, son héritage demeure une référence pour l’évangélisation et l’accompagnement des jeunes. Chaque année, le 26 mai, l’Église catholique célèbre la mémoire de saint Philippe Néri, fondateur de l’Oratoire et figure majeure de la réforme catholique du XVIe siècle. Surnommé « l’apôtre de Rome », ce prêtre au tempérament joyeux et à la foi ardente demeure l’un des saints les plus populaires de l’histoire de l’Église.
Né à Florence en 1515, Philippe Néri quitte très jeune sa ville natale pour Rome. Il y passera l’essentiel de son existence, au point de devenir, selon une tradition largement répandue, une sorte de second patron de la Ville éternelle après saint Pierre. Dans une époque marquée par les bouleversements religieux et les défis de la Réforme protestante, il choisit une voie singulière : celle de la proximité, de la simplicité évangélique et de la joie.Avant même son ordination sacerdotale, Philippe Néri se consacre à l’accompagnement spirituel des habitants de Rome, particulièrement des jeunes. Son approche surprend. Là où certains privilégient une pastorale austère, lui met en avant la bonté, l’écoute et la convivialité. Son rayonnement attire rapidement autour de lui de nombreux disciples.
De cette expérience naît l’Oratoire, une communauté originale où les enseignements spirituels, la prière, le chant, les œuvres de charité et les échanges fraternels se mêlent harmonieusement. Le nom même d’« Oratoire » provient des rencontres organisées autour de lui, des moments à la fois profonds, libres et joyeux qui favorisent la croissance de la vie intérieure.Saint Philippe Néri apparaît ainsi comme une figure étonnante dans l’histoire de la sainteté. Nourri de la spiritualité des Pères du désert, il mène pourtant une vie pleinement engagée au cœur de la cité. Sa profonde vie mystique ne l’éloigne jamais des réalités humaines. Bien au contraire, elle nourrit un zèle pastoral exceptionnel.
Les témoignages de ses contemporains soulignent sa capacité à transmettre l’Évangile sans rigidité. Sa bonne humeur légendaire, parfois teintée d’humour et même de malice, n’était pas une simple disposition de caractère. Elle procédait d’une conviction spirituelle profonde : la vie chrétienne authentique conduit à la joie.Cette dimension explique en partie l’influence considérable qu’il exercera bien au-delà de son époque. En France, son exemple inspirera notamment le cardinal Pierre de Bérulle et le père de Condren dans la fondation de l’Oratoire de France. Plus tard, le théologien anglais John Henry Newman trouvera dans la spiritualité de Philippe Néri une référence essentielle. Même l’écrivain allemand Johann Wolfgang von Goethe, pourtant peu enclin à la dévotion, éprouvera une admiration particulière pour sa personnalité.
L’influence du saint florentin se retrouve également chez Jean Bosco, qui le considérait, avec François de Sales, comme l’un de ses modèles privilégiés pour l’éducation de la jeunesse.Au cœur de son héritage demeure un enseignement simple mais exigeant : la joie chrétienne ne se réduit pas à un optimisme superficiel. Elle trouve sa source dans la relation avec Dieu. L’une de ses paroles les plus célèbres résume cette vision :
« Que la joie dans le Seigneur augmente toujours. Que la joie selon le monde diminue toujours jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Je ne dis pas cela parce que, vivant en ce monde, nous ne devrions jamais nous réjouir. Mais afin que, même vivant en ce monde, nous soyons joyeux dans le Seigneur. »
Mort à Rome le 26 mai 1595, saint Philippe Néri laisse l’image d’un prêtre profondément attaché à la vérité de l’Évangile, mais convaincu que la sainteté peut s’exprimer avec un visage lumineux. Dans une société souvent marquée par l’inquiétude et les divisions, son témoignage rappelle que la joie authentique demeure l’un des signes les plus convaincants de la présence de Dieu dans une vie.
Avec Nominis
26/05/2026
C’est avec une lucidité sans concession que le Pape Léon XIV s’est adressé, le 25 mai 2026, à l’intergroupe « Démographie » du Parlement européen. Son discours, loin de s'enfermer dans une rhétorique confessionnelle, propose une autopsie métaphysique de notre modernité. Pour le souverain pontife, l’« hiver démographique » n’est pas un accident de parcours technique, mais le symptôme d'une civilisation qui, ayant égaré ses raisons de vivre, perd la force de se transmettre.
Au-delà des chiffres : Une crise de l'espérance
Le Pape Léon XIV récuse d'emblée une lecture purement comptable de la dénatalité. Réduire la démographie à une variable d'ajustement pour l'équilibre des retraites ou les besoins du marché de l'emploi est, selon lui, une erreur de perspective fondamentale. Le problème n'est pas économique, il est ontologique. La démographie est avant tout une question anthropologique, un miroir tendu à notre capacité à espérer.
Donner la vie, c'est postuler que le futur vaut la peine d'être vécu. En ce sens, la chute de la natalité agit comme un révélateur d'une défaillance de l'espérance collective. Une société qui ne génère plus de descendance est une société qui ne s'aime plus assez pour parier sur demain.
« Les données démographiques ne sont pas de simples statistiques : elles parlent de paternité, de maternité et d'enfants. Et les enfants sont l'avenir ! »
La « pandémie de la solitude » dans un monde ultra-connecté
Le diagnostic pontifical met en lumière un paradoxe cruel : notre époque, saturée par les moyens de communication, est celle d'un isolement affectif sans précédent. Léon XIV fustige cette « pandémie de la solitude » où l'abondance des connexions numériques masque une rupture tragique des liens réels.
Cette solitude est le fruit d'une rupture du pacte intergénérationnel. L’Europe semble s'être repliée sur une gestion narcissique du présent, rendant les jeunes « invisibles » dans les arbitrages politiques et culturels. Pour le Pape, la solidarité n'est pas qu'une redistribution horizontale ; elle exige un équilibre entre ceux qui ont reçu un héritage et ceux qui doivent le porter après eux. En cessant de transmettre, l'Europe se condamne à l'amnésie et, par extension, à l'extinction.
Le rejet des racines : Quand l'amnésie devient stérilité
L’analyse devient plus incisive, voire polémique, lorsque Léon XIV lie directement l’effondrement démographique à l’apostasie culturelle du continent. Il rappelle que l’Europe ne s’est pas construite sur un vide, mais sur une vision de l’homme portée par Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi. Ces pères fondateurs puisaient dans l'inspiration chrétienne une conception de la dignité et de la famille qui servait de moteur vital au projet européen.
Pour le Pape, le terme « stérilité » ne qualifie pas seulement une absence de naissances biologiques, mais décrit un épuisement vital et spirituel. En répudiant ses racines, l'Europe a tari la source de sa propre fécondité. La dévitalisation démographique est la conséquence logique et implacable d'un épuisement du sens.
« Au cours des dernières décennies, nous pouvons constater que le rejet de l'inspiration chrétienne des pères fondateurs des institutions de l'Union européenne a conduit à une période de stérilité profonde. »
Le paradoxe des politiques familiales modernes
Devant un auditoire composé notamment du Commissaire européen chargé de la Méditerranée et de la ministre italienne de la Famille, Léon XIV a dénoncé l’hypocrisie de certaines structures contemporaines. Il pointe une contradiction majeure : des discours officiels qui se prétendent « pro-famille » alors que, dans les faits, les politiques publiques sapent les fondements mêmes du désir de foyer.
Il fustige cette schizophrénie sociétale qui exalte l'avortement comme un droit absolu tout en déplorant la dénatalité, et qui maintient une discrimination insidieuse à l'égard de la maternité. Cette incohérence entre les revendications de droits individuels et la protection de la cellule familiale crée, selon lui, un environnement hostile à l'accueil de la vie, privant les jeunes des outils culturels et matériels nécessaires pour bâtir leur avenir.
La Famille : Une école de vie plutôt qu'un modèle du passé
Face à ce déclin, la réponse du Pape n'est pas un appel à la nostalgie, mais un retour aux principes permanents. La famille est présentée comme la cellule souche de la société, le lieu où l'individu sort de lui-même pour apprendre la gratuité et la solidarité. Elle est l'antidote à l'individualisme radical.
Cette vision repose sur une architecture précise : le mariage entre un homme et une femme comme socle de stabilité, et l'application rigoureuse du principe de subsidiarité. Ce dernier est essentiel pour protéger la famille contre deux écueils : l'intervention excessive de l'État, qui cherche à se substituer aux responsabilités parentales, et l'atomisation libérale qui laisse l'individu seul face au marché. Il s'agit de redécouvrir la famille non comme un vestige du passé, mais comme l'infrastructure indispensable d'une société authentiquement humaine.
Vers un « Printemps de la famille »
Le message de Léon XIV est clair : aucune mesure technique, aucune incitation fiscale ne suffira à relancer la démographie européenne si le continent ne retrouve pas le goût de sa propre identité. La crise est civilisationnelle ; la solution doit l'être également. L'Europe doit choisir entre la gestion de son déclin et l'audace d'une renaissance.
Ce n'est qu'en replaçant la personne et la transmission au cœur de son projet que pourra advenir ce que le Pape appelle un « nouveau printemps de la famille », capable de « transformer le froid hivernal de nos populations vieillissantes ».
Au-delà du débat politique, ce diagnostic nous adresse une question brutale : une civilisation peut-elle espérer survivre si elle a perdu le désir de se voir reflétée dans les yeux d'un enfant ?
On peut voir dans la photo de groupe du chapitre St Michel de Rolleboise, la photo du levain dans la pâte, un début de réponse !
Sources : Vatican News et tribune Chrétienne
25/05/2026
De la crainte à l'audace : le miracle de la Pentecôte
Le contraste est saisissant entre l'attitude des apôtres avant et après la venue de l'Esprit Saint. Bien qu'ayant partagé l'intimité du Christ pendant trois ans et témoigné de sa résurrection, ces hommes demeuraient craintifs, hésitants et confinés derrière les portes verrouillées du Cénacle. L'irruption de la troisième personne de la Sainte Trinité brise leurs chaînes et les transforme instantanément en « géants » de la foi, capables d'affronter les foules et les tribunaux avec une assurance invincible. Cet Esprit de force habite en chaque baptisé depuis sa confirmation.
Le drame de la vie chrétienne contemporaine réside bien souvent dans l'oubli de cette présence divine en nous, alors que la prise de conscience que notre âme est le sanctuaire de Dieu suffirait à radicalement bouleverser notre existence.
Le secret marial de la docilité spirituelle
Comment actualiser cette transformation en nous ? Si l'état de grâce est une condition indispensable, il ne suffit pas à lui seul sans une entière docilité à l'Esprit.
Pour illustrer la clé de cette docilité, il nous faut dévoiler le secret partagé par tous les saints, à savoir le recours filial à la Vierge Marie. Présente au Cénacle, unie de manière unique au Saint-Esprit depuis l'Annonciation, la tradition de l'Église la désigne comme l'Épouse mystique et la médiatrice de toutes les grâces.
Appuyons-nous sur la doctrine de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, à savoir que l'Esprit Saint descend avec une abondance particulière dans l'âme où il trouve Marie. Ainsi, l'appartenance mariale devient le moyen le plus sûr d'attirer la plénitude de la grâce sanctifiante.
Une vie spirituelle ancrée dans la grâce
Pour matérialiser cette union, une vie spirituelle active et volontaire est nécessaire. Cela se traduit par des actes concrets et quotidiens, tels que la récurrence de courtes invocations inspirées de saint Maximilien Kolbe, mais aussi et surtout par une fidélité rigoureuse aux sacrements, notamment la confession régulière et la sainte communion. C'est par cette synergie entre la dévotion mariale et la vie sacramentelle que l'âme se laisse modeler.
Malgré les défaillances humaines et la crise apparente que traverse l'institution ecclésiale dans le siècle présent, l'Église, dans sa réalité mystique et surnaturelle, demeure inchangée et continue, grâce à la Pentecôte, de relever le monde par le rayonnement de ses fidèles sanctifiés.
En somme et pour conclure, la sainteté n'est pas un idéal hors de portée, mais le fruit d'une docilité consentie à l'Esprit Saint par l'entremise de la Vierge Marie. L'alliance intime entre l'Épouse mystique et l'Esprit divin constitue le véritable levier de notre conversion personnelle, capable de transformer nos faiblesses en une assurance invincible pour témoigner du Christ dans le monde.
Librement inspiré d'une prédication
24/05/2026
La liturgie doit-elle s’adapter pour toucher le cœur des gens ?
Dans le Credo, nous professons notre foi en l’Église « une, sainte, catholique et apostolique ». Plus nous nous efforçons de chercher des étincelles de vérité aux confins du monde, plus nous occultons le feu dévorant de l’Évangile. Dans le monde, il existe des milliers de cultures… Laquelle allons-nous choisir pour « adapter » la liturgie? Et pourquoi celle-là et pas une autre? Dans de nombreuses cultures, il manque le vocabulaire théologique qui peut définir correctement ce que nous exprimons dans notre foi catholique. D’autre part, il me semble que « l’expérience » malheureuse des soixante dernières années est plus éloquente que tout ce que je viens de vous dire.
En quoi la liturgie peut-elle être missionnaire?
La liturgie exprime ce en quoi nous croyons, comment nous croyons, en qui nous croyons et la révérence que nous Lui devons… C’est pourquoi nous ne pouvons pas prendre cela à la légère. L’une des grandes erreurs de notre temps est de croire que la « participation active » à la liturgie consiste à gesticuler avec les mains et le corps, à faire du bruit et à jouer des instruments de musique, etc. Je demanderais humblement: oseriez-vous faire cela sous la Croix, en voyant votre Maître mourir dans d’horribles souffrances? Non? Alors pourquoi pendant la Sainte Messe? Le Catéchisme de l’Église catholique nous enseigne que la messe est le même sacrifice de la Croix, offert sur nos autels… La destruction du caractère sacré de la liturgie en de nombreux endroits a été et reste la principale catastrophe de notre époque. Les premiers missionnaires, lorsqu’ils se rendaient dans des pays étrangers sans en connaître la langue, se contentaient de célébrer la Sainte Messe avec révérence, et les païens étaient attirés par ces « beaux gestes », se détournant de leurs cultes païens pour se tourner vers ce Dieu véritable qui était tant respecté par les missionnaires. La liturgie elle-même était un appel à la conversion. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui… Tous les continents, mais surtout l’Europe et l’Amérique, sont témoins de la conversion d’un nombre massif de jeunes, non pas grâce aux prédicateurs célèbres de notre temps, ni grâce à des thaumaturges, mais grâce à la liturgie traditionnelle… Personne ne peut, en toute bonne foi, le nier ! C’est le Saint-Esprit qui révèle toute la Vérité, comme l’a promis Notre-Seigneur. De nos jours, de nombreux documents du Magistère nous invitent à nous ouvrir à l’écoute de l’Esprit… Je pense que c’est le moment, plus que jamais, d’écouter ce que l’Esprit du Seigneur communique à l’Église de notre temps à travers les milliers de jeunes qui cheminent ensemble avec joie, tout en faisant d’importants sacrifices, à la recherche de la Vérité.
23/05/2026
Une jeunesse fervente en quête de sens
Le pèlerinage de Chartres connaît un boom sans précédent depuis l'après-Covid, doublant sa fréquentation en dix ans pour atteindre 20 000 marcheurs. L'étude interne révèle une population particulièrement jeune, avec une moyenne d’âge de 22 ans. Le document de synthèse relie directement cet engouement à la hausse nationale des catéchumènes :
« Les deux phénomènes sont liés. Il s’agit d’une même vague générationnelle de jeunes en quête de sens, de foi et de fraternité. »
Cette jeunesse se caractérise par une pratique religieuse d'une rare intensité. 94 % des sondés se définissent comme des « pratiquants réguliers » et manifestent une adhésion intégrale aux dogmes, y compris les plus traditionnels. Pour les organisateurs, ces résultats valident l'efficacité de leur modèle pastoral.
La liturgie traditionnelle : un marqueur, pas une barrière
Si l’attachement au rite tridentin demeure l'identité forte de l'événement, l'enquête montre qu'il n'est plus la motivation première des marcheurs, se classant seulement au cinquième rang après la conversion personnelle et la fraternité. Philippe Darantière, président de l'association, tempère :
« Pour beaucoup, la liturgie est un acquis, donc ce n’est pas ce qu’ils mettent d’abord en avant. »
De fait, l'exclusivisme liturgique – souvent perçu comme problématique par l'épiscopat français – reste minoritaire (23 %). À l'inverse, un pèlerin sur cinq ne fréquente habituellement que la forme ordinaire. Pour la direction, cette diversité prouve que le rite ancien n'est pas un frein à l'universalité de la démarche.
Unité ecclésiale et ambition missionnaire
Face aux critiques d'un entre-soi élitiste, le pèlerinage cherche à conjuguer consolidation interne et ouverture. Un signe fort de cette volonté d’insertion ecclésiale est l’initiative de prière croisée avec le Frat (rassemblement de l'aumônerie publique), scellée lors du Congrès Mission 2025.
Bien que l'accueil de non-baptisés reste marginal, l'ambition à long terme dépasse le simple conservatisme pour viser une transmission visible dans une société sécularisée. Interrogé sur le but profond de cette marche face aux autres sensibilités de l'Église, Philippe Darantière conclut :
« Le pèlerinage a une identité, et dès lors que cette identité est respectée, il trouve toute sa place. »
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21/05/2026
Son propos souffre souvent d’une asymétrie étonnante. Lorsqu’un responsable politique évoque les racines chrétiennes de la France, on parle aussitôt de récupération ou de « taxidermie ». En revanche, lorsque le christianisme est mobilisé au service de causes migratoires, écologiques ou sociétales, qui ne sont pourtant pas dépourvues de légitimité lorsqu’elles sont véritablement discernées à la lumière de toute l’anthropologie chrétienne, cela devient spontanément l’expression authentique de l’Évangile. Comme si l’instrumentalisation n’existait que dans un sens unique.
Or le Christ est aussi venu annoncer la vérité, la conversion et le salut. Un christianisme qui ne parle plus que d’ouverture risque lui aussi de devenir un christianisme mutilé.
Benoît XVI avait diagnostiqué le problème avec davantage de profondeur : l’Occident souffre moins d’un « excès d’identité » que d’une crise de vérité et d’une fatigue spirituelle. Quand une civilisation ne sait plus ce qu’elle est, elle oscille entre dissolution molle et crispation brutale. Les phénomènes identitaires sont souvent les symptômes d’un vide préalable (parfois cultivé par un clergé progressiste pétri de bonne volonté mais dépourvu de discernement), non leur cause première.
Et l’on songe ici à la formule de Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Après avoir déconstruit pendant des décennies les héritages culturels, spirituels et nationaux, on découvre avec inquiétude les réactions identitaires que produit précisément ce vide. Car lorsqu’une société ne transmet plus rien avec sérénité, tout revient sous forme de crispation.
La même ambiguïté apparaît dans cette idée d’« évolution permanente », devenue presque un dogme sous la plume du père de Sinety. Tout devrait évoluer sans cesse : les mœurs, les peuples, les cultures, et même l’Église. Mais évoluer vers quoi ? Une boussole qui tourne constamment n’indique plus le nord ; elle ne fait qu’indiquer sa propre agitation.
Il est d’ailleurs intéressant de constater que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, contrairement à l’esprit plus abstrait et individualiste de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, reconnaît pleinement l’importance des appartenances concrètes, culturelles, familiales et nationales dans la construction humaine. L’identité n’y apparaît pas comme une menace en soi, mais comme une réalité dynamique et positive, appelée à s’ouvrir à l’universel sans se dissoudre dans l’indifférenciation.
L’Église n’a jamais eu pour mission de sanctifier chaque mutation du temps présent. Elle transmet quelque chose qui la précède pour ouvrir un chemin vers l’avenir, puis vers l’Éternité. Entre l’immobilisme et le relativisme mouvant, il existe encore la possibilité d’une fidélité vivante.
Yohann X. pour le Salon Beige
21/05/2026
Dans cet entretien, Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, explique :
Pourquoi cette jeunesse ultra-connectée est attirée par trois jours de marche, de prière, de silence et de pénitence
Comment le pèlerinage devient une réponse au vide spirituel de la société moderne
La définition de la chrétienté et le rôle des catholiques dans la cité
La nouvelle « Route de Jérusalem » (70 km), pensée pour les familles et les personnes moins sportives
L’organisation hors norme du pèlerinage (1 300 bénévoles, 20 000 personnes en bivouac)
20/05/2026
Les raisons d'y croire
Saint-Maur est l’un des plus anciens foyers de chrétienté de la région parisienne. Le territoire de la commune a été le lieu du martyre, dans les années 280, d’un fidèle baptisé Félix et de deux de ses amis, vénérés comme « les saints de Créteil ». La date de leur mort coïncide bien avec l’arrivée en Gaule du co-empereur Maximien, grand persécuteur des chrétiens. Il est logique que l’on soit ici sur une terre de grâce.
En l’honneur de ces chrétiens, Clovis II élève un monastère, qui, en 868, est rebaptisé Saint-Maur, et autour duquel se développe un village. Trois cents ans plus tard, Guillaume, comte de Corbeil, après avoir mené une vie peu édifiante, malade et sentant sa fin venir, décide de faire pénitence et de se retirer dans ce monastère. Contre toute attente, la santé retrouvée de l’âme lui rendra aussi la santé du corps. En ces années 1060, grand seigneur et plein de gratitude, Guillaume décide d’offrir à la maison, en signe de reconnaissance, la plus belle statue de Notre Dame qu’il pourra se procurer. On lui recommande un certain Rumold, sculpteur de renom, peut-être religieux lui-même, qu’il embauche pour réaliser cette œuvre. La conversion et la guérison du sire de Corbeil sont attestées par des documents, comme sa volonté de faire réaliser une splendide image de la Vierge.
Rumold s’installe au monastère pour y travailler, et se fait livrer une pièce de bois de grande qualité. Mais, à peine a-t-il commencé à la dégrossir qu’il s’entend appeler et quitte son atelier pour aller voir ce qu’on lui veut. Il s’aperçoit vite, mécontent, qu’il n’y a personne et qu’il s’est dérangé pour rien. Il retourne à son établi et se fige, stupéfait. Quoique son absence ait duré à peine quelques minutes, il découvre, à la place de la souche qu’il y a laissée, une statue de Notre Dame si merveilleusement belle qu’il reconnaît être incapable d’en faire autant. Il n’a pas la tentation de se faire passer pour l’auteur de ce chef-d’œuvre ni de réclamer le paiement d’une commande qu’il n’a pas exécutée.
Ni Rumold, ni l’abbé, ni aucun des moines, ni l’évêque ne doutent d’une intervention céleste. Ce n’est que plus tard, vers 1970, que certains ont refusé de l’admettre.
Pourtant, si l’on y regarde bien, l’image est en effet surprenante. Bien qu’elle ne mesure que soixante-dix centimètres, la statue paraît plus grande. D’un peu loin, un œil distrait ne voit qu’une Vierge de l’Annonciation polychrome un peu fruste. Mais, si l’on approche, tout change. Pour commencer, l’on constate que le visage est d’une saisissante beauté, hors du monde, et qu’il a fallu du génie pour saisir cette grâce, cette douceur.
Mais le plus curieux est que ce visage n’est pas statique, comme chacun depuis des siècles peut s’en assurer : son expression varie sans cesse, selon la saison, l’heure, l’endroit d’où on la regarde, sans que l’on trouve de constantes liées à l’éclairage, la lumière, l’époque. En réalité, le visage de Marie change selon la personne qu’elle regarde ou les circonstances extérieures. Un matin, on la verra rayonnante de joie, un autre, au contraire, grave et attristée. Les uns seront persuadés qu’elle leur sourit tendrement, avec une ineffable douceur maternelle, d’autres la verront sévère et affligée, comme si elle leur reprochait leurs péchés, et d’autres encore trouveront la paix dans le regard d’amour et de compassion qu’elle pose sur eux. Bien entendu, les esprits forts évoquent une illusion d’optique, mais ils ne savent pas expliquer pourquoi cette illusion se révèle changeante, impossible à codifier.
Le fait est qu’une puissance émane de cette statue, au-delà de ses caractéristiques artistiques, et que cette puissance agit sur les pèlerins depuis près de mille ans, sans explication humaine.
Les moines s’aperçoivent vite qu’elle est thaumaturge puisque, le 10 juillet 1068, Rumold, le sculpteur, très malade et jugé perdu, alors qu’il prie devant elle, la voit s’animer. À la suite de cette apparition, il est instantanément guéri. Ce prodige est si parfaitement attesté que cette date du 10 juillet, qui n’est liée à aucune célébration mariale, devient celle de la fête et du pèlerinage de celle que l’on nommera désormais Notre Dame des Miracles, tant ils vont se multiplier. Le choix de cette date ne se justifie que par la commémoration d’un événement important. L’hypothèse du mensonge est difficile à soutenir tant il aurait semblé sacrilège et scandaleux à l’époque, et passible de la damnation.
Presque tous les rois de France, ainsi que tous les papes qui passeront à Paris, viendront la prier, ainsi que de nombreux saints. Une pareille affluence sur une si longue période ne s’explique que par la réalité et la continuation des grâces obtenues.
L’empereur germanique Charles IV, venu demander sa guérison et l’ayant obtenue, étendra outre-Rhin la dévotion à Notre Dame des Miracles.
Si l’abbatiale est détruite pendant la Révolution, la statue est sauvée par les fidèles qui, en 1802, la transportent dans l’église Saint-Nicolas. Un tel attachement, et les risques mortels encourus pour la sauver, témoignent de grâces spéciales.
En 1870, pendant le siège de Paris, alors que toute la zone est pilonnée par l’artillerie allemande, la commune de Saint-Maur-des-Fossés, contre toute raison, est épargnée par les bombardements après s’être vouée à Notre Dame des Miracles, désormais invoquée contre les maux de la guerre.
En 1907, un restaurateur d’œuvres d’art, monsieur Rouvé, en proie à de gros ennuis d’argent et de santé, se voit confier le soin de repeindre la statue. Il y met tout son cœur. À la fin du travail, il est guéri et les commandes affluent. Ses soucis ne reviendront pas. Persuadé d’avoir été secouru puissamment, il fait une copie de la statue et l’offre à l’église corrézienne de Masseret, village d’où il est originaire.
Les nombreux ex-voto fixés derrière la statue, dans l’église Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés, témoignent du pouvoir d’intercession de la Vierge et des nombreuses prières auxquelles elle a répondu en ce lieu.
En savoir plus
Clovis II élève un monastère sur la tombe des martyrs de Créteil. Son premier abbé, Babolin, sera porté sur les autels. En 868, fuyant les Vikings, arrivent quelques bénédictins angevins du monastère de Glanfeuil, porteurs des reliques de leur fondateur, le saint abbé Maur, que l’on va confondre avec le disciple de saint Benoît. Protégé par le roi Charles le Chauve, un pèlerinage naît à Saint-Maur et se développe en même temps que le village. Le monastère sera le site de l’apparition de la prodigieuse statue de Notre Dame des Miracles, dont la dévotion fera oublier celle du moine.
Philippe Auguste puis Saint Louis, son petit-fils, y viennent et l’enrichissent. Les bénédictins cèdent la place aux chanoines de Saint-Augustin. Au début du XVIIe siècle, une confrérie de Notre-Dame-des-Miracles est fondée par messieurs de Condren et Olier, pour aider à la mise en œuvre de la contre-réforme en France. Membres de la confrérie, saint Vincent de Paul et saint François de Sales ont prié devant cette image.
La Révolution confisque les biens de l’Église et contraint les chanoines à s’en aller. Ils ont, en 1792, le temps de mettre la statue de Notre Dame des Miracles en sécurité avant la destruction de l’abbaye, transférée dans l’église paroissiale Saint-Nicolas. Lors du Concordat, Pie VII encourage le rétablissement de son culte et renouvelle les indulgences données par ses prédécesseurs. Le pèlerinage reprend de plus belle.
Mais, en 1969, le curé de Saint-Maur met fin sans concertation ni explication au pèlerinage et relègue la statue dans un coin de l’église. Au lendemain de Vatican II, certains réfutent l’existence des anges et le droit de Dieu d’opérer quand il le veut et où il le veut des prodiges… Officiellement, la dévotion n’existe plus, mais quelques paroissiens la maintiennent, s’obstinant à venir dire leur chapelet devant la statue. En 1988, un couple ose réclamer le rétablissement du pèlerinage à l’évêque, qui l’accorde. Ce revirement est inespéré. Notre Dame des Miracles ressurgit, et sa fête est déplacée au samedi le plus proche du 8 décembre. Culte et pèlerinage renaissent ; l’on signale des guérisons lors du pèlerinage des familles en 2002.
Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.
Aller plus loin
Jean-Emmanuel Drochon, Histoire illustrée des pèlerinages français de la Très Sainte Vierge, Plon, 1890.
19/05/2026
Chaque dizaine récitée devient une rose spirituelle. Une rose invisible peut-être, mais offerte avec foi à celle que l’Église appelle depuis des siècles la Reine du Rosaire.
Dans toutes ses grandes apparitions modernes, de celle de Notre-Dame de Fatima à celle de Notre-Dame de Lourdes, la Sainte Vierge a demandé la même chose : prier le chapelet.
Le génie de Rosario est d’avoir remis au goût du jour le “Rosaire vivant” de Pauline Jaricot : une immense chaîne de prière où chacun porte une petite part du rosaire quotidien. Une manière simple de faire entrer la prière mariale dans les rythmes ordinaires de la vie.
À l’heure où tant d’applications captent notre attention pour nous disperser, voir un outil numérique devenir un support de prière et de communion mérite d’être souligné. Plusieurs paroisses françaises ont déjà rejoint l’initiative, preuve qu’il existe encore une véritable soif spirituelle dans notre pays.
Le défi est ambitieux : atteindre cinq millions de roses avant le 31 mai. Mais au fond, l’essentiel n’est peut-être pas le chiffre. L’essentiel est que des milliers de personnes prennent ou reprennent leur chapelet.
Et si le vrai miracle du mois de Marie était simplement celui-là ?
Pour rejoindre l’opération :
Participer aux 5 millions de roses pour Marie
19/05/2026
D'un côté, l'UNESCO a érigé l'égalité de genre en « priorité mondiale » à travers sa stratégie 2019-2025.
. L'organisation souhaite transformer en profondeur les systèmes éducatifs, les programmes scolaires et les représentations culturelles pour lutter contre les stéréotypes de genre.
. Elle promeut également une éducation sexuelle dite « complète », abordant les orientations sexuelles, les identités de genre et les droits reproductifs, avec une approche centrée sur l'autonomie individuelle et la diversité des identités.
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De l'autre, l'Église catholique perçoit ces orientations comme un problème anthropologique majeur.
. Bien que le Vatican soutienne fermement l'accès des filles à l'éducation et l'égale dignité des sexes, il rejette catégoriquement la séparation entre l'identité sexuelle et la réalité biologique.
. La doctrine catholique défend la différence naturelle et complémentaire de l'homme et de la femme, ainsi qu'une vision intégrale de la personne humaine fondée sur la famille et le mariage.
. L'Église dénonce l'imposition de cette « idéologie du genre » à travers des programmes internationaux, qualifiant cette démarche de « colonisation idéologique »
. L'institution rappelle également que les parents doivent demeurer les premiers responsables de l'éducation morale et affective de leurs enfants.
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Les catholiques s'inquiètent particulièrement de la volonté de l'UNESCO d'harmoniser ces politiques publiques liées au genre dans ses 193 pays membres à l'aide de tableaux de suivi, craignant que l'école ne devienne un outil de redéfinition radicale de l'être humain et de la société, déconnecté de toute référence morale ou spirituelle.
.
En conclusion, malgré un engagement commun persistant dans des domaines comme la protection du patrimoine ou la promotion de la paix, l'UNESCO et le Vatican traversent un profond désaccord sur la nature de la personne humaine.
. Dans ce contexte, l'intervention du pape Léon XIV à Paris sera particulièrement scrutée pour savoir s'il saisira cette tribune internationale afin de réaffirmer publiquement les limites infranchissables fixées par l'Église face aux nouvelles normes sociétales mondialisées.
Il va en falloir du courage à notre pape, qui doit sans cesse affronter les ennemis de l'Église, de l'extérieur ... comme de l'intérieur !
SMR
16/05/2026
Les raisons d'y croire
Enfant, Paul Claudel a été élevé dans un milieu de tradition catholique. Mais, en 1886, il ne pratique pas du tout, n’a aucun ami catholique, ne connaît aucun prêtre, n’a jamais fréquenté de mouvement de jeunesse catholique et fait preuve d’une grande ignorance quant au christianisme… Plus encore : il est franchement agnostique, ne connaissant de Jésus que ce qu’en dit Ernest Renan – auteur qu’il goûte à cette époque, et qui lui fournit alors des arguments en faveur de son incroyance.
En quelques minutes, il passe d’un agnosticisme affiché (« J’ignorais même qu’il [Jésus] se fut jamais dit Fils de Dieu » et « J’étais alors aussi ignorant de ma religion qu’on peut l’être du bouddhisme ») à une confession chrétienne (« Je l’avouais avec le centurion, lui, Jésus, était le Fils de Dieu. C’est à moi, Paul, entre tous, qu’il s’adressait et promettait son amour… »). La psychologie est incapable de rendre compte de ce phénomène.
Après sa conversion, sa vie change concrètement en tous points : il se plonge dans la Bible, dévore des auteurs chrétiens inconnus jusqu’ici, lit Bossuet, Pascal ainsi que les visions de la bienheureuse Anne Catherine Emmerick. Il pratique sa foi (« Je passais tous mes dimanches à Notre-Dame ») et adore la liturgie (« Chaque mouvement du prêtre s’inscrivait profondément dans mon esprit et dans mon cœur. »)
La conversion de Claudel est donc non seulement subite et imprévisible, mais également définitive : il restera un fervent catholique jusqu’à son dernier souffle.
Bien qu’il n’ait eu aucune vision ni locution, le récit qu’il fait de sa conversion est en tous points analogue à celui d’autres grands convertis (Ratisbonne, Frossard , etc.) : il ne s’agit pas d’une idée, d’un pur raisonnement intellectuel, ni moins encore de la reviviscence d’un passé lointain, mais d’une rencontre extraordinaire avec une personne, Jésus.
Les fruits de sa conversion sont extrêmement abondants et variés : il consacre les 4 000 pages de son œuvre littéraire à la fois à Jésus, à Marie, et à la quête spirituelle des hommes. Xavier Tilliette disait de lui qu’il était « le plus grand poète catholique depuis Dante ».
Selon ses propres mots, sa conversion est aussi un bouleversement philosophique qui lui permet de s’évader du « bagne matérialiste » dans lequel il évoluait alors avec insouciance : il prend subitement ses distances avec l’athéisme, le naturalisme et le positivisme. Jusqu’au 25 décembre 1886, sa vision du monde est fille de l’épistémologie néokantienne : un enchaînement d’effets et de causes. En quelques secondes, son esprit s’ouvre, contre toute attente et sans sa volonté propre, à la transcendance.
Paul Claudel n’a jamais été un homme farceur, et encore moins crédule : il remplit des fonctions diplomatiques de très haut niveau (il est ambassadeur de France à trois reprises), élu à l’Académie française et fait docteur honoris causa de l’université de Laval. Claudel n’a rien d’un illuminé ou d’un déséquilibré : toute sa vie artistique et diplomatique en témoigne.
Tout au long de sa carrière littéraire, il a à cœur de convertir les personnes qui l’entourent, notamment nombre d’intellectuels, comme André Suarès ou André Gide.
Authentiquement désireux de servir Dieu, il songe à devenir prêtre, et fait même une tentative de vie monastique. Il devient oblat de l’abbaye bénédictine de Ligugé.
A priori, Paul Claudel n’avait aucun intérêt à se convertir, à quelque niveau que ce soit : entourage athée, milieu littéraire éloigné de la foi ou carrément positiviste, milieu professionnel marqué du sceau de l’anticléricalisme du début de la IIIe République, etc.
En savoir plus
Paul Claudel naît en 1868 dans le village de Villeneuve-sur-Fère (France, Aisne). Sa famille est bien implantée dans la région et jouit d’une bonne réputation. Les revenus financiers, sans être importants, permettent aux Claudel de vivre très correctement. La fratrie est de tradition catholique, mais ne pratique pas beaucoup. Devenu adolescent, Claudel ne se souviendra guère de son catéchisme et moins encore de l’enseignement de l’Église, faute de l’avoir jamais vraiment connu. Après sa première communion, et surtout après le déménagement de sa famille à Paris, Paul glisse lentement de l’indifférence religieuse à un athéisme affirmé.
Ses années de lycéen à Louis-le-Grand n’arrangent rien. Ses camarades et ses professeurs n’ont d’yeux que pour la science et le matérialisme. Il se passionne pour Aristote, lit Zola, et il est reçu au concours du corps diplomatique de l’École libre des sciences politiques de Paris : sa carrière de diplomate peut commencer. Le jeune homme de dix-huit ans pense comme son époque : les sciences expliqueront bientôt tout. Après sa famille « nettement étrangère aux choses de la foi », la société de pensée dans laquelle le futur académicien évolue avant décembre 1886 se méfie publiquement du clergé.
Le 25 décembre 1886, il se rend à la messe de minuit à la cathédrale Notre-Dame. Il ne recherche rien de particulier : il s’y rend non pour prier, mais pour recevoir un « excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents ». Il s’ennuie et traverse une période de questionnement sur sa vocation diplomatique, car il a commencé à écrire et envisage de consacrer sa vie aux lettres. La cérémonie lui semble longue et il se demande ce qu’il est venu faire là. Debout, « près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie », il compte les minutes le séparant de la fin de l’office. Il tend à peine l’oreille quand les enfants de la maîtrise vocale entonnent le Magnificat ; à cet instant, il ignore complètement cette prière.
Puis, subitement,le temps est suspendu. Son passé, sa vision du monde, ses idées, ses présupposés, sa conception de la vie et de la mort, son matérialisme et ses doutes, tout, absolument tout disparaît en lui, comme un cauchemar au réveil. Jésus vient de convertir son être : « En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus d’une telle force d’adhésion que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée n’ont pu ébranler ma foi, ni à vrai dire la toucher. »
Paul, à 2 000 ans d’intervalle, vient de vivre ce que vécut l’apôtre saint Thomas. « Un Être nouveau et formidable (...) s’était révélé que je ne savais concilier avec rien de ce qui m’entourait. » Rien n’est en mesure d’expliquer cette conversion dans une perspective scientifique. Psychologie, psychiatrie et psychanalyse ont proposé des pistes, mais aucune d’elles ne rend compte de la puissance et de la portée de ce phénomène : en quelques minutes, Claudel est devenu un des plus grands auteurs chrétiens en devenir alors que rien ni personne ne le destinait à cette existence.
Élu au fauteuil n° 13 de l’Académie française, Paul Claudel achève sa vie avec les honneurs dus à son talent. Jusqu’au bout, il a proclamé sa foi, y compris dans des circonstances difficiles, passant notamment, sous l’Occupation, d’une attitude conciliante envers le maréchal Pétain à un sentiment d’effroi et de révolte qu’il fait publiquement connaître après les premières exactions antisémites, en décembre 1941. Homme de foi, homme de lettres, Paul Claudel est aussi un serviteur de la charité qui, sous sa plume, et dans la parole de l’Église, est l’autre nom de Jésus.
Patrick Sbalchiero
Au delà
Aucune œuvre littéraire de Claudel ne passe la foi sous silence, et il met son talent d’écrivain au service de Jésus, pensant que l’art est un don de Dieu.
Aller plus loin
François Angelier, Claudel ou la conversion sauvage, Paris, Salvator, 1998.
En complément
Émile Rideau, « La conversion de Paul Claudel. Notes théologiques », Nouvelle Revue Théologique, n° 4, 1955, p. 359-371.
Dominique Millet-Gérard, Paul Claudel et les Pères de l’Église, Paris, Honoré Champion, 2016.
Claude Pérez, PaulClaudel : « Je suis le contradictoire ». Biographie, Paris, Le Cerf, 2021.
Source : 1000 raisons de croire, reproduit avec son aimable autorisation
15/05/2026
Le cardinal Eijk exprime d'emblée son inquiétude face à la méthodologie adoptée par les auteurs du rapport. Bien que ces derniers reconnaissent ne pas avoir l'autorité pour modifier la doctrine, l'archevêque d'Utrecht estime que la structure même du texte est en contradiction fondamentale avec l’enseignement catholique et compromet gravement la capacité de l'Église à proclamer et appliquer ses principes moraux fondamentaux.
L'un des points de discorde majeurs réside dans la présentation de témoignages de personnes homosexuelles sans aucun commentaire doctrinal correctif. Pour le cardinal, cette absence de clarification théologique revient à normaliser de fait ces relations au sein du contexte ecclésiastique, créant ainsi une ambiguïté qu'il qualifie de dangereuse.
L'archevêque réfute notamment l'affirmation d'un témoin selon laquelle le péché résiderait dans le manque de foi plutôt que dans l'acte homosexuel lui-même. Il rappelle que, selon le dogme catholique, les actes homosexuels sont intrinsèquement mauvais et que le manque de foi ne saurait occulter la nature intrinsèque du péché lié à l'acte.
De plus, le prélat regrette la perception négative véhiculée par le rapport à l'égard de l'organisation Courage International, qui promeut la chasteté en conformité avec l'Église. Le document valide plutôt des approches pastorales qui soutiennent et approuvent les unions de personnes de même sexe, ce qui affaiblit la cohérence de l'enseignement moral.
Sur le plan méthodologique, le cardinal dénonce la subordination de la vérité objective au profit d'un « processus synodal » centré sur l'expérience vécue. Les auteurs du rapport rejettent l'application déductive de principes immuables, prônant à la place une tension constante entre la doctrine officielle et les pratiques concrètes de la vie.
L'analyse du cardinal met également en lumière ce qu'il considère comme une mauvaise interprétation des Écritures, en particulier la formule de Jésus sur le sabbat. Contrairement aux lois liturgiques juives qui relevaient du droit positif et ont été abolies, les normes sur le mariage découlent de la loi naturelle, universelle et sans exception.
Le mariage est défini par l'Église comme un don réciproque entre un homme et une femme, structurellement ouvert à la transmission de la vie. Le cardinal souligne que les relations homosexuelles, étant fermées par nature à cette transmission, contreviennent aux desseins créateurs de Dieu et ne peuvent donc pas bénéficier d'exceptions morales.
Le rapport est enfin accusé de raviver une dérive théologique datant des années 1960, qui oppose la vérité doctrinale abstraite à la vérité existentielle sous prétexte de pastorale. S'appuyant sur l'encyclique Veritatis Splendor de Jean-Paul II, le cardinal réaffirme que la véritable charité pastorale consiste à guider les fidèles vers la vérité morale absolue, sans chercher de compromis ou de relativisme culturel.
En conclusion, le cardinal Eijk appelle à une réfutation ferme de ce document synodal qui menace d'étendre son relativisme à d'autres domaines comme la protection de la vie. Il assure que plusieurs cardinaux et évêques ont l'intention de soumettre formellement leurs objections au Magistère romain afin de préserver l'intégrité de l'enseignement traditionnel.
Et pendant ce temps, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est menacée d’être déclarée schismatique… Cette réflexion n’est pas un coup de colère, juste celle du “fidèle du bout du banc” qui cherche à comprendre.
Kyrie eleison !
PO
Le cardinal Willem Eijk est l'archevêque d'Utrecht, aux Pays-Bas. Ancien médecin, il est membre de l'Académie pontificale pour la vie depuis 2004. Il est l'auteur de l'ouvrage « Le lien de l'amour : l'enseignement catholique sur le mariage et l'éthique sexuelle » , paru en 2025 aux éditions Emmaüs Academic.
14/05/2026
Au seuil de son Ascension, le Christ nous a laissé bien plus qu'un souvenir : il nous a confié une promesse et un mandat. Les mots de l'Évangile de Marc ne souffrent aucune ambiguïté. « Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute créature. » Cette injonction n'est pas réservée à une élite cléricale ; elle est le battement de cœur de chaque baptisé. Pourtant, dans le tumulte d'un monde moderne qui prône l'indifférence et le relativisme, nous oublions parfois la splendeur de cet appel.
Dire que toutes les religions se valent est, au-delà du mensonge, un confort trompeur qui anesthésie notre zèle. La vérité est plus exigeante et infiniment plus belle : il n'y a qu'un seul Sauveur, une seule Croix et une seule grâce capable de transformer nos trajectoires humaines. Le baptême n'est pas un simple rite social, c'est la porte du Ciel, l'entrée dans une vie surnaturelle.
Les apôtres, dépourvus d'armées ou de richesses, ont conquis les cœurs par la seule force de leur foi inébranlable. Ils savaient que le monde a un besoin vital de Jésus-Christ.
Aujourd'hui, notre témoignage est notre plus grande force. Être un vrai chrétien, ce n'est pas seulement porter un titre, c'est rayonner d'une présence. Le monde a soif de catholiques fervents qui ne se contentent pas de traverser l'existence, mais qui osent défendre la vérité avec douceur. Trop souvent, nous vivons comme si cette terre était notre demeure définitive, nous perdant dans des tiédeurs confortables ou des plaisirs éphémères.
« Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. »
Cette parole de miséricorde est un avertissement salutaire. Le zèle pour le salut des âmes naît de notre propre conversion quotidienne. En ce mois de Marie, tournons nos regards vers celle qui nous aide à recentrer nos vies. Ne laissons pas notre foi se diluer dans le confort. Regardons vers le Ciel pour redonner son sens profond à notre passage sur terre. En transmettant cette espérance à nos proches, nous répondons enfin à l'amour fou de Celui qui a versé son sang pour nous ouvrir l'éternité.
13/05/2026
À ce moment, les disciples sont tous rassemblés à Jérusalem. Groupés autour de Marie dans le Cénacle, ils attendent l’heure à laquelle leur Maître doit se manifester à eux pour la dernière fois. Recueillis et silencieux, ils repassent dans leurs cœurs les divines marques de bonté et de condescendance qu’il leur a prodiguées durant ces quarante jours, et les solennels enseignements qu’ils ont reçus de sa bouche. C’est maintenant qu’ils le connaissent, qu’ils savent qu’il est sorti de Dieu ; quant à ce qui les concerne, ils ont appris de lui la mission à laquelle il les a destinés : ce sera d’enseigner, eux ignorants, les peuples de la terre ; mais, ô regret inconsolable ! Il s’apprête à les quitter ; « Encore un peu de temps, et ils ne le verront plus . »
Par un touchant contraste avec leurs tristes pensées, la nature entière semble s’être mise en devoir d’offrir à son auteur le plus splendide triomphe ; car ce départ doit être un départ triomphant. La terre s’est parée des prémices de sa fécondité, la verdure des campagnes le dispute à l’émeraude, les fleurs embaument l’air de leurs parfums, sous le feuillage des arbres les fruits se hâtent de mûrir, et les moissons grandissent de toutes parts. Tant d’heureux dons sont dus à l’influence de l’astre qui brille au ciel pour vivifier la terre, et qui a reçu le noble privilège de figurer par son royal éclat, et dans ses phases successives, le passage de l’Emmanuel au milieu de nous.
Rappelons-nous ces jours sombres du solstice d’hiver, où son disque pâle, tardif vainqueur des ténèbres, ne montait dans le ciel que pour y parcourir une étroite carrière, dispensant la lumière avec mesure, et n’envoyant à la terre aucun rayon assez ardent pour résoudre la constriction qui tenait glacée toute sa surface. Tel se leva, comme un astre timide, notre divin Soleil, dissipant à peine les ombres autour de lui, tempérant son éclat, afin que les regards des hommes n’en fussent pas éblouis. Comme le soleil matériel, il élargit peu à peu sa carrière ; mais des nuages vinrent souvent dissimuler son progrès. Le séjour en la terre d’Égypte, la vie obscure de Nazareth, dérobèrent sa marche aux yeux des hommes ; mais l’heure étant venue où il devait laisser poindre les rayons de sa gloire, il brilla d’un souverain éclat sur la Galilée et sur la Judée, lorsqu’il se mit à parler « comme ayant puissance » , lorsque ses œuvres rendirent témoignage de lui , et que l’on entendit la voix des peuples qui faisait retentir « Hosannah au fils de David ».
Il allait atteindre à son zénith, quand tout à coup l’éclipse momentanée de sa passion et de sa mort persuada pour quelques heures à ses ennemis jaloux que leur malice avait suffi pour éteindre à jamais sa lumière importune à leur orgueil. Vain espoir ! Notre divin Soleil échappait dès le troisième jour à cette dernière épreuve ; et il plane maintenant au sommet des cieux, versant sa lumière sur tous les êtres qu’il a créés, mais nous avertissant que sa carrière est achevée. Car il ne saurait descendre ; pour lui, pas de couchant ; là s’arrête son rapport avec l’humble flambeau qui éclaire nos yeux mortels. C’est du haut du ciel qu’il brille désormais, et pour toujours, ainsi que l’avait annoncé Zacharie, lors de la naissance de Jean ; et comme l’avait prédit encore auparavant le sublime Psalmiste, en disant : « Il a fourni sa carrière comme un géant, il est arrivé au sommet des cieux, d’où il était parti, et nul ne peut se soustraire à l’action de sa puissante chaleur » .
Cette Ascension, qui établit l’Homme-Dieu centre de lumière pour les siècles des siècles, il en a fixé le moment précis à l’un des jours du mois que les hommes appellent Mai, et qui révèle dans son plus riant éclat l’œuvre que ce Verbe divin trouva belle lui-même, au jour où, l’ayant fait sortir du néant, il la disposa avec tant de complaisance. Heureux mois, non plus triste et sombre comme Décembre, qui vit les joies modestes de Bethléhem, non plus sévère et lugubre comme Mars, témoin du Sacrifice sanglant de l’Agneau sur la croix, mais radieux, épanoui, surabondant de vie et digne d’être offert, chaque année, en hommage à Marie, Mère de Dieu ; car c’est le mois du triomphe de son fils.
O Jésus, notre créateur et notre frère, nous vous avons suivi des yeux et du cœur depuis le moment de votre aurore ; nous avons célébré, dans la sainte liturgie, chacun de vos pas de géant par une solennité spéciale ; mais en vous voyant monter ainsi toujours, nous devions prévoir le moment où vous iriez prendre possession de la seule place qui vous convienne, du trône sublime où vous serez assis éternellement à la droite du Père. L’éclat qui vous entoure depuis votre résurrection n’est pas de ce monde ; vous ne pouvez plus demeurer avec nous ; vous n’êtes resté durant ces quarante jours, que pour la consolidation de votre œuvre ; et demain, la terre qui vous possédait depuis trente-trois années sera veuve de vous. Avec Marie votre mère, avec vos disciples soumis, avec Madeleine et ses compagnes, nous nous réjouissons du triomphe qui vous attend ; mais à la veille de vous perdre, permettez à nos cœurs aussi de ressentir la tristesse ; car vous étiez l’Emmanuel, le Dieu avec nous, et vous allez être désormais l’astre divin qui planera sur nous ; et nous ne pourrons plus « vous voir, ni vous entendre, ni vous toucher de nos mains, ô Verbe de vie ! » . Nous n’en disons pas moins : Gloire et amour soient à vous ! Car vous nous avez traités avec une miséricorde infinie. Vous ne nous deviez rien, nous étions indignes d’attirer vos regards, et vous êtes descendu sur cette terre souillée par le péché ; vous avez habité parmi nous, vous avez payé notre rançon de votre sang, vous avez rétabli la paix entre Dieu et les hommes. Oui, il est juste maintenant que « vous retourniez à celui qui vous a envoyé » . Nous entendons la voix de votre Église, de votre Épouse chérie qui accepte son exil, et qui ne pense qu’à votre gloire : « Fuis donc, ô mon bien-aimé, vous dit-elle ; fuis avec la rapidité du chevreuil et du faon de la biche, jusqu’à ces montagnes où les fleurs du ciel exhalent leurs parfums » . Pourrions-nous, pécheurs que nous sommes ne pas imiter la résignation de celle qui est à la fois votre Épouse et notre mère ?
13/05/2026
Nous pouvons dire que ce pilier est discret, car la vraie sainteté ne cherche pas à se montrer. Il est indispensable, car sans la séparation du mal, il n’y a ni vraie communion avec Dieu, ni puissance dans le service. Et il est constant, car la sanctification n’est pas un moment, mais un chemin quotidien.
Maintenant, nous entrons plus profondément dans ce pilier essentiel. Il y a deux aspects importants de la sanctification et il est important de distinguer ce que l’Écriture présente clairement:
a) La sanctification positionnelle (ou absolue).
C’est celle que Dieu opère une fois pour toutes au moment de la conversion.
En effet, le « croyant » est mis à part pour Dieu, en vertu de l’œuvre du Seigneur Jésus. Aux yeux de Dieu, il est devenu « saint », non de lui-même, mais par sa position en Christ.
« Vous avez été sanctifiés… » 1 Corinthiens 6:11
Ici, nous voyons que ce pilier est posé sur un fondement parfait : il ne dépend pas de soi, mais de Christ. Base inébranlable !
b) La sanctification pratique (ou progressive).
C’est celle qui se développe chaque jour dans la vie du croyant.
« C’est ici la volonté de Dieu, votre sanctification. » (1 Thessaloniciens 4:3)
Elle concerne, entre autres, les pensées, les paroles, les affections, les actes. Pour ce faire, Dieu ne nous laisse pas seuls : Il agit par différents moyens précis.
– La Parole de Dieu : « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité ». (Jean 17:17) Cette parole agit comme une lumière et un lavage intérieur.
– Le Saint-Esprit. Il agit intérieurement pour convaincre, transformer et produire le fruit. Ce n’est pas un effort purement humain ; c’est une œuvre divine en nous. C’est ainsi que Dieu se sert des situations pour nous former.
« Il nous discipline… afin que nous participions à Sa sainteté ». (Hébreux 12:10)
Ainsi, avec la sanctification, tout devient cohérent, vrai et orienté vers Dieu. Toutefois, il ne s’agit nullement de passer en un moment de l’imperfection à la perfection, de l’égoïsme au parfait renoncement ; mais de se soumettre à Christ, de s’abandonner à Lui pour lui permettre d’accomplir l’œuvre parfaite de Sa grâce, c’est-à-dire, la sanctification.
Dès lors, l’Esprit de Dieu pousse et fait agir le croyant qui dans un libre abandon, s’est livré tout entier à Dieu. Il n’a plus besoin de se pousser lui-même. Ni effort, ni tension morale pour regarder à Christ. Il ne fait pas un pas sans s’appuyer sur Lui avec une confiance absolue et illimitée.
Il sait que la plus grande grâce et la seule délivrance, c’est d’être délivré de soi-même, de sa volonté propre et de pouvoir vivre pour le Seigneur. Et il sait que tout ce qui peut attirer le cœur en dehors de Christ n’est qu’une perte. Il est bien vrai que celui qui ne voudra pas suivre le Seigneur Jésus dans l’école où lui-même a « appris l’obéissance », ne trouvera jamais le vrai chemin de la sanctification. Toutefois, il suffit de savoir que le Seigneur Jésus est à côté de lui, surveillant le feu et modérant la chaleur selon ce que réclame l’œuvre de sa sanctification.
L’erreur habituelle est de toujours chercher à nous sanctifier nous-mêmes pour l’amour de Celui qui nous a sauvés, au lieu de laisser le Seigneur nous sanctifier Lui-même.
Ainsi, la sanctification est la preuve suprême que notre conversion est authentique, car sans « la sanctification, personne ne verra le Seigneur ». (Hébreux 12:14)
Berny, in Le Salon Beige
12/05/2026
ROME, 12 MAI 2026 — L’évêque Athanasius Schneider a lancé une critique vigoureuse du nouveau rapport du Vatican sur les « questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes », affirmant que son traitement de l’homosexualité promeut une « exégèse du doute » dans la révélation divine qui fait écho au serpent du jardin d’Éden et ouvre la porte à un « relativisme moral total ».
Le rapport final de 30 pages, publié le 5 mai par le Secrétariat général du Saint-Siège pour le Synode, a été préparé par le Groupe d'étude n° 9, l'un des dix groupes d'étude établis par le pape François en février 2024 pour examiner les questions qui ont émergé lors de la première session du Synode sur la synodalité en octobre 2023.
Le groupe d'étude, composé de sept membres, comprenait le cardinal Carlos Castillo Mattasoglio , archevêque de Lima (Pérou) ; l'archevêque Filippo Iannone, préfet du dicastère pour les évêques ; et le père Maurizio Chiodi , théologien moral italien et professeur à l'Institut pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille, qui a publiquement soutenu que les relations sexuelles au sein d'une relation homosexuelle peuvent être bénéfiques dans certaines circonstances. Le père Chiodi est considéré comme le principal auteur de ce rapport.
Le rapport a rapidement suscité des critiques de la part des commentateurs catholiques, mais a été immédiatement salué comme un « grand pas en avant » par les défenseurs des droits LGBTQ+ tels que le père James Martin, SJ.
La controverse s'est intensifiée après qu'il est apparu que l'un des deux témoignages présentés dans le rapport avait été rédigé par l'homme photographié en première page du New York Times en 2023 recevant une bénédiction avec son partenaire du même sexe du même prêtre jésuite, un jour seulement après la publication de Fiducia Supplicans .
Dans cet entretien, l’évêque Schneider évoque ce qu’il considère comme une alliance contre nature entre le Secrétariat du Synode et les partisans d’une idéologie « anti-chrétienne », la mesure dans laquelle le rapport final du Groupe d’étude n° 9 représente une « ligne rouge » et comment sa publication pourrait affecter les relations déjà tendues entre le Vatican et la Fraternité sacerdotale traditionaliste Saint-Pie-X.
Tout en reconnaissant que le rapport ne possède aucune autorité magistérielle formelle, l'évêque auxiliaire d'Astana soutient que sa publication par le Vatican n'en entraîne pas moins de graves conséquences, puisqu'il sera inévitablement présenté et interprété dans les médias du monde entier comme le signe d'un changement dans l'enseignement catholique.
Il lance également un appel direct au pape Léon XIV pour qu'il protège l'Église et les âmes de ce qu'il appelle une « doctrine gnostique effrontée », et prévient que si le Saint-Père — ainsi que les cardinaux, les évêques et les prêtres — ne « se réveillent » pas, les générations futures pourraient un jour se retourner sur cette époque et dire : « Le monde entier a soupiré et s'est demandé comment il avait pu abolir le sixième commandement.
»
D.M.
Voici mon entretien avec l'évêque Athanase Schneider.
Diane Montagna (DM) : Votre Excellence, quelle a été votre première réaction au rapport final du Groupe d'étude n° 9 et à la révélation que l'un des deux témoignages inclus avait été écrit par l'homme présenté dans le New York Times, béni avec son partenaire du même sexe par le père James Martin, SJ., un jour après la publication de Fiducia Supplicans ?
+Athanasius Schneider (+AS) : En publiant le rapport final du Groupe d'étude n° 9, le Secrétariat du Synode des évêques s'est abaissé à promouvoir la propagande d'une idéologie sexuelle mondiale activement diffusée dans les milieux politiques et médiatiques du monde entier. Le père James Martin n'est qu'un simple exécutant de cette idéologie antichrétienne et blasphématoire. Les partisans de cette idéologie recherchent l'approbation morale et doctrinale de l'Église pour les actes et les modes de vie homosexuels, c'est-à-dire pour une conduite contraire à la création divine et à l'ordre naturel. Le Secrétariat du Synode, organe du Saint-Siège, collabore ainsi avec ses lobbyistes dans une véritable révolte contre l'œuvre de la création, contre le bel et sage ordre des deux sexes, homme et femme.
(DM) : Le rapport final vise clairement à normaliser l’homosexualité au sein de l’Église. Ce processus a été amorcé en 2014 avec le rapport intermédiaire du premier Synode sur la famille du pape François, qui affirmait que « les homosexuels ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne ». Ce texte a été largement rejeté par les Pères synodaux, mais les efforts se sont poursuivis. [1] Selon vous, que révèle le rapport final sur le « processus synodal » initié sous le pape François ?
(+AS) : Le rapport final révèle que la légitimation de l’homosexualité (c’est-à-dire les actes, les modes de vie et les relations homosexuelles) figurait déjà à l’ordre du jour du clergé lors du premier synode sur la famille du pape François. Cet ordre du jour a atteint son apogée avec la promulgation de la déclaration Fiducia Supplicans par le Dicastère pour la doctrine de la foi, sous l’autorité de son préfet actuel.
La Fiducia Supplicans est une aberration. Elle évoque la possibilité de bénir des couples homosexuels, non pas officiellement et liturgiquement, mais spontanément. Selon ce document, la bénédiction porte sur le couple homosexuel lui-même, et non sur leur relation. Or, la notion de « couple » découle précisément de la relation. La Fiducia Supplicans prend ainsi le monde entier pour des imbéciles.
Le rapport final du Groupe d'étude n° 9 va plus loin en proposant une justification doctrinale possible aux actes homosexuels et aux relations homoérotiques. Il le fait en remettant indirectement en question la validité du témoignage de la Révélation divine concernant l'homosexualité dans les Saintes Écritures, en avançant une sorte d'« exégèse du doute » à propos des passages bibliques concernés. Le rapport affirme en effet qu'« il est nécessaire d'aller au-delà d'une simple répétition de leur présentation actuelle et de prendre en compte les éclairages apportés par diverses lectures exégétiques » (2.4). Une telle exégèse usurpe de fait la place de Dieu et prétend proclamer ce qui est bien et ce qui est mal. C'est précisément ce que fit le serpent dans le jardin d'Éden.
(DM) : Les deux témoignages mis en avant dans le rapport ont été écrits par des hommes ouvertement homosexuels vivant en couple avec une personne du même sexe et ne souscrivant pas à l’enseignement de l’Église sur le mariage et la sexualité. Pourtant, aucun témoignage n’a été recueilli auprès de personnes attirées par les personnes du même sexe qui cherchent à vivre selon la foi catholique, qui s’engagent dans l’apostolat « Courage », etc. Qu’est-ce que cela révèle sur les « experts » qui composaient le Groupe d’étude n° 9 ?
(+AS) : Ce fait parle de lui-même. Il démontre clairement qu'un organe du Saint-Siège – le Secrétariat du Synode des évêques – prend parti pour un groupe néo-gnostique idéologique au sein de l'Église, une minorité qui contredit explicitement l'enseignement constant de l'Église et le sensus fidelium . Il est clair que l'objectif est d'initier un processus de réinterprétation et, à terme, d'abolition de la validité de la révélation divine – et plus précisément de la validité du sixième commandement.
(DM) : Les auteurs insistent sur le fait que leur rapport ne constitue pas un exercice d’autorité, mais qu’il est simplement le fruit d’un travail demandé au Groupe d’étude lors du processus synodal, visant à favoriser le discernement au sein des Églises locales. Certains pourraient y voir précisément la tactique employée par les partisans de ces idées pour faire avancer la révolution, tandis que d’autres pourraient y voir une raison suffisante pour ignorer purement et simplement le rapport. Quelle est votre position ?
(+AS) : Bien qu'il ne s'agisse formellement que d'un document issu d'un groupe d'étude et dépourvu d'autorité magistérielle, il est néanmoins publié par le Vatican, par l'intermédiaire d'un organe du Saint-Siège. De ce fait, un tel document laisse entendre au monde entier, et à la plupart des catholiques – qui ignorent la distinction théologique relative à la valeur de l'autorité conférée aux documents de l'Église – que l'Église catholique, et même le Vatican, s'ouvrent désormais à la possibilité de légitimer et de normaliser les actes et les modes de vie homosexuels. Il s'agit là d'une tactique manifeste visant à habituer progressivement les fidèles à considérer les actes homosexuels comme normaux, ou du moins à les tolérer dans certains cas, principalement par l'argument sophistique selon lequel un couple homosexuel pourrait posséder d'autres qualités morales ou intellectuelles. Ainsi, la porte est ouverte au relativisme moral absolu.
(DM) : Ce rapport final constitue-t-il une « ligne rouge » ? Et étant donné que le Secrétariat du Synode a maintenant rendu public le rapport, quelle mesure pensez-vous que le pape Léon XIV devrait prendre ?
(+AS) : Ce rapport final franchit sans équivoque la ligne rouge entre l'orthodoxie et l'hérésie. Il emploie l'expression trompeuse de « changement de paradigme » pour saper, par une rhétorique vide, la Révélation divine sur la dualité des sexes et son interdiction claire de tout acte sexuel hors mariage valide entre un homme et une femme. Le premier devoir du pape Léon XIV est de protéger l'Église et les âmes des fidèles de cette doctrine gnostique effrontée, qui cherche à justifier la fornication et le vice contre nature. La voix du Christ, qui a réprimandé l'Église de Pergame pour avoir toléré l'hérésie sexuelle des Nicolaïtes (cf. Ap 2, 14-15) et accusé l'Église de Thyatire d'avoir permis à Jézabel – qui « se disait prophétesse » – de répandre l'immoralité sexuelle en son sein (Ap 2, 20-21), s'adresse également aujourd'hui au pape Léon XIV.
(DM) : Nous écrivons sur ces questions depuis des années – d’abord avec le Synode sur la famille, puis le Synode sur les jeunes, et maintenant le Synode sur la synodalité. Pourtant, trop souvent – exception faite peut-être de la réaction négative suite à l’encyclique Fiducia Supplicans – et à de rares exceptions près, les cardinaux et les évêques semblent choisir le silence et l’inaction. Le fait que nous en soyons arrivés là est-il aussi le résultat d’un échec de la hiérarchie à résister à une révolution qui s’est accélérée sous le pontificat précédent ? Et comment pensez-vous que les cardinaux peuvent désormais servir au mieux le Saint-Père à cet égard ?
(+AS) : La mission essentielle de la charge sacrée de cardinal et d'évêque est d'obéir au mandat solennel du Christ, qui leur a ordonné, par l'intermédiaire des Apôtres, d'enseigner tout ce qu'il a enseigné. Or, Jésus-Christ, Dieu incarné, Vérité même, a fermement condamné toute forme de déformation des commandements de Dieu, ainsi que tout compromis avec le péché. Avec une audace scandaleuse, le rapport final substitue aux commandements de Dieu – en l'occurrence, le commandement divin interdisant les relations sexuelles hors mariage – des traditions humaines qui, de fait, ouvrent la porte à l'acceptation des actes et modes de vie homosexuels.
L’hérésie homosexuelle contamine de plus en plus le Corps de l’Église, et si le Pape, ainsi que les cardinaux et les évêques, ne prennent pas conscience de la gravité de la situation et, en tant que médecins et pasteurs spirituels responsables, n’avertissent pas et ne protègent pas les fidèles avec clarté et courage contre cette contagion spirituelle, ils seront coupables par leur inaction et leur silence. Il est fort possible que les générations futures, en se remémorant notre époque, lui appliquent les mots prononcés au temps de l’hérésie arienne : « Le monde entier soupira et s’interrogea sur la façon dont on avait aboli le sixième commandement de Dieu. »
(DM) : Comme vous le soulignez plus haut, le rapport propose un « changement de paradigme » dans la manière dont l’Église aborde ses questions doctrinales, pastorales et morales les plus difficiles, et il décrit ce changement comme faisant partie d’un « processus initié par Vatican II qui remet en question les modèles qui ont prévalu dans la vie ecclésiale au cours des derniers siècles ». On entend souvent dire que le clergé et les fidèles attachés à la messe traditionnelle en latin doivent « accepter Vatican II ». Mais comment peut-on s’attendre à ce qu’ils le fassent lorsque ceux qui sont considérés comme des experts du Vatican nous disent que c’est là où cela mène ?
(+AS) : Le rapport final, rédigé dans un style sophistique et gnostique typique, présente les vérités immuables, saintes et profondes de la Révélation divine comme de simples « modèles théoriques » (cf. 2.3). Dans ce rapport, l’enseignement clair, infaillible et bimillénaire de l’Église sur l’ordre divinement institué et voulu de la sexualité humaine est ainsi réduit à un « modèle » temporaire. Ceci prive également de leur force contraignante toute la loi morale naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur de l’homme, ainsi que les vérités révélées dans l’Écriture sainte et la Tradition.
Les auteurs du rapport final sont ceux qui, selon les mots de l’apôtre Jude, abusent de la grâce de Dieu pour justifier la fornication (cf. Jude 4). Ils sont comme les « sources taries et les brumes chassées par la tempête » dont parle saint Pierre, qui « profèrent des vantardises insensées » et « séduisent par les passions dépravées de la chair ceux qui ont à peine échappé à ceux qui vivent dans l’erreur. Ils leur promettent la liberté, mais ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption » (2 P 2, 17-19). Si le Saint-Siège ne condamne pas sans équivoque ce rapport final n° 9, tous les fidèles et le clergé catholiques authentiques perdront confiance en ceux qui occupent des fonctions au Vatican.
(DM) : La FSSPX a annoncé son intention de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet. Comment peut-il y avoir un espoir de réconciliation ou d'unité si ce genre d'attaques contre la foi catholique — émanant des structures officielles du Vatican — se poursuit ?
(+AS) : Le contenu scandaleux et, en vérité, blasphématoire du Rapport final n° 9 concernant la sexualité, ainsi que la validité immuable de la Révélation divine dans l’Écriture et la Tradition, constituent une preuve supplémentaire – parmi tant d’autres documents et actes alarmants émanant du Saint-Siège ou tolérés par lui – que la situation actuelle de l’Église ne peut être qualifiée que de véritable état d’urgence, ce que la FSSPX affirme à juste titre. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Quiconque, au sein de l’Église, nie encore aujourd’hui cet état d’urgence est soit spirituellement aveugle, soit considère l’empereur nu comme décent (comme dans le conte d’Andersen, « Les Habits neufs de l’empereur »), soit se comporte comme la servante qui, face au château en flammes, s’écria : « Tout va très bien, Madame la Marquise ! »
(DM) : La FSSPX, les évêques allemands, le Synode sur la synodalité… Le pape Léon XIV a de nombreux dossiers très importants à traiter dans les mois et l’année à venir. Que lui diriez-vous à l’aube de sa deuxième année de pontificat ?
(+AS) : En tant que frère dans l'épiscopat, je ne saurais lui offrir de paroles plus justes et plus pertinentes que celles prononcées par notre Seigneur à Pierre, le premier pape : « Affermis tes frères dans la foi ! » (Luc 22, 32). Que signifie concrètement « affermir dans la foi » ? Il s'agit manifestement d'éclaircir la confusion, l'ambiguïté et la perversion qui règnent dans la foi. Le pape devrait reconnaître que l'Église, tout comme au IIe siècle à l'époque de saint Irénée, est infectée par un gnosticisme qui, tel un renard, nie sournoisement la validité et la concrétude de la Révélation et des Commandements de Dieu. C'est pourquoi saint Irénée adressa l'avertissement suivant aux papes, aux évêques et aux fidèles de son temps – un passage qu'il convient de citer intégralement :
Tel est donc leur système, que ni les prophètes n'ont annoncé, ni le Seigneur enseigné, ni les apôtres transmis, mais dont ils se vantent d'avoir une connaissance parfaite, plus que quiconque. Ils puisent leurs opinions ailleurs que dans les Écritures ; et, pour reprendre un proverbe courant, ils s'efforcent de tisser des cordes de sable, tout en tentant d'adapter avec une apparence de vraisemblance à leurs propres affirmations les paraboles du Seigneur, les paroles des prophètes et les enseignements des apôtres, afin que leur projet ne paraisse pas totalement dénué de fondement. Ce faisant, cependant, ils négligent l'ordre et la cohérence des Écritures et, dans la mesure où ils s'y trouvent, ils démembrent et détruisent la vérité. En déplaçant des passages, en les réinterprétant, en faisant une chose d'une autre, ils parviennent à tromper beaucoup de gens par leur ruse perverse qui consiste à adapter les oracles du Seigneur à leurs opinions. Leur manière d'agir est comparable à celle de quelqu'un qui, après avoir contemplé une magnifique statue de roi réalisée par un artiste habile avec des pierres précieuses, Puis, ils démontent entièrement cette effigie, réarrangent les gemmes et les assemblent de manière à leur donner la forme d'un chien ou d'un renard, même si ce n'est que de façon mal exécutée ; et ils prétendent ensuite que c'est là la belle image du roi que l'artiste habile a réalisée, en montrant les joyaux que le premier artiste avait admirablement agencés pour former l'image du roi, mais que le second avait malencontreusement transformés en forme de chien. En exhibant ainsi les joyaux, ils trompent les ignorants qui n'ont aucune idée de l'apparence d'un roi et les persuadent que cette piètre image du renard est en réalité la belle image du roi. De la même manière, ces personnes assemblent des fables de vieilles femmes, puis s'efforcent, en déformant violemment le sens des mots, des expressions et des paraboles lorsqu'elles les trouvent, d'adapter les oracles de Dieu à leurs fictions sans fondement. ( Adversus haereses , I, 8.1)
(DM) : Excellence, avez-vous quelque chose à ajouter ?
(+AS) : Par ces mots, je souhaite unir ma voix à celle d'innombrables catholiques simples et pieux que je rencontre régulièrement dans divers pays, qui aiment le Pape d'un amour véritablement surnaturel, mais qui souffrent profondément du manque d'affirmation sans équivoque des vérités divines émanant de Rome, face à la propagation impunie des hérésies et des blasphèmes au sein de l'Église par des membres du clergé – même des évêques et des cardinaux – qui sont des loups déguisés en bergers. Je plaide fraternellement pour eux :
Très Saint-Père, écoutez la voix de tant de catholiques fervents, de simples prêtres et religieux, d'enfants et de jeunes qui ont été marginalisés dans la vie ecclésiale par les structures synodales et même traités avec dédain simplement parce qu'ils restent attachés à la foi et à la forme de la liturgie transmises par leurs ancêtres ; à la foi et à la liturgie chéries par les saints ; à la foi et à la liturgie embrassées et offertes par l'immense majorité des papes.
Très Saint-Père, ne vous rangez pas principalement du côté des bureaucrates et des apparatchiks de l'Église, soutenus par les puissants de ce monde, mais écoutez et soutenez les plus humbles dans l'Église : les fidèles traditionnels et le clergé qui s'attachent fermement à la foi transmise une fois pour toutes aux saints (Jude 3).
Très Saint Père, soyez pour notre époque un autre saint Léon : faites une profession de foi limpide pour fortifier toute l’Église et dissiper les doutes pernicieux et les ambiguïtés toxiques, comme l’a fait jadis votre prédécesseur et homonyme. Alors les fidèles de notre temps, comme au temps de Léon le Grand, pourront dire : « Par la bouche du pape Léon XIV, Pierre a parlé ! »
[1] Accueillir les personnes homosexuelles, 50. Les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne : sommes-nous capables de les accueillir, de leur garantir un espace fraternel au sein de nos communautés ? Elles souhaitent souvent trouver une Église qui soit pour elles un foyer accueillant. Nos communautés sont-elles capables de l’être, d’accepter et de valoriser leur orientation sexuelle, sans compromettre la doctrine catholique sur la famille et le mariage ?