Le blog du Temps de l'Immaculée.
30/06/2025
Certains furent enveloppés dans des peaux de bêtes et déchiquetés par des chiens lors de spectacles publics, d'autres enduits de goudron et brûlés vifs comme des torches humaines. Ce fut le début d'une violence antichrétienne qui, malheureusement, a refait surface périodiquement au cours des 2 000 dernières années et qui perdure encore aujourd'hui.
L’historien romain Tacite a déploré la mort des premiers martyrs – mais pas à cause de l’inhumanité et de l’injustice :
Pour faire taire la rumeur [qu'il avait incendié Rome], [Néron] accusa faussement de culpabilité et punit par les tortures les plus atroces les personnes communément appelées chrétiens, qui étaient [généralement] haïes pour leurs énormités. Christus, le fondateur de ce nom, fut mis à mort comme criminel par Ponce Pilate, procurateur de Judée, sous le règne de Tibère. Mais la superstition pernicieuse [ prava superstitio ], un temps réprimée, éclata de nouveau, non seulement en Judée, d'où le mal était né, mais aussi dans la ville de Rome, où tout ce qui est horrible et honteux afflue de toutes parts, comme vers un réceptacle commun… une immense multitude fut condamnée, non pas tant pour avoir incendié la ville, que pour « haine du genre humain ».
Et vous pensiez que c'est seulement depuis l'essor du « wokisme » que l'Église a été vilipendée pour « prêcher la haine ». Ou que le christianisme a été accusé d'être une superstition dépravée.
Le martyre présente pourtant un paradoxe inattendu. Les premiers ennemis de la foi à Jérusalem pensaient sans doute que crucifier Jésus mettrait fin à sa vie et à tout ce qu'il entreprenait. Il s'avéra que sa mort – et sa résurrection – contribuèrent encore davantage à la diffusion de l'Évangile. Tacite remarquait que les persécutions et les martyrs suscitaient la sympathie du peuple, ce qui fit progresser la foi.
Tertullien, théologien nord-africain du IIIe siècle, a fait cette remarque célèbre : le sang des martyrs était la semence de l'Église. Ce n'est pas le cas pour ceux qui subissent des persécutions, ni pour les rares d'entre nous qui prêtent attention à ces choses. Mais c'est vrai.
Le Nigeria enregistre actuellement le plus grand nombre de victimes chrétiennes (5 000 par an) martyrisées par des musulmans. Il y a un peu plus d'une semaine , des musulmans ont forcé 200 chrétiens à entrer dans un bâtiment, qui a été incendié. La plupart ont péri dans les flammes, les autres ont été pris dans une embuscade alors qu'ils prenaient la fuite.
Pourtant, l’Église du Nigeria est celle qui connaît la croissance la plus rapide de toute l’Afrique.
Malheureusement, jeudi dernier, un événement similaire s'est produit dans deux villages chrétiens de Cisjordanie, en Israël. Des extrémistes juifs, souvent qualifiés à tort de simples « colons », ont attaqué Taybeh et Kafir Malik, incendiant des maisons et causant la mort de trois chrétiens arabes.
Ce n'est pas la seule fois que les chrétiens d'Israël se sont retrouvés attaqués. Une partie des Juifs ultra-orthodoxes israéliens a fait preuve de préjugés persistants à leur égard, crachant sur le clergé et intimidant les personnes – généralement chrétiennes – qui travaillent ou voyagent le samedi, jour du sabbat juif. Des tombes et des lieux saints chrétiens ont été profanés. En 2012, les portes d'un monastère trappiste ont été incendiées et les murs ont été tagués avec l'insulte « Jésus était un singe ».
Bien que clairement imputables à des juifs extrémistes, il était choquant qu'une telle situation puisse se produire en Israël. Le Vatican a pris la décision inhabituelle de publier une déclaration officielle critiquant le gouvernement israélien pour son inaction face à de telles expressions de haine. Le gardien de la Terre Sainte de l'époque, l'archevêque (plus tard patriarche latin) Pierbattista Pizzaballa, a déclaré : « Le temps est venu pour les autorités d'agir pour mettre fin à cette violence insensée et d'assurer un enseignement du respect dans les écoles pour tous ceux qui considèrent cette terre comme leur foyer. »
Plus de 150 agressions antichrétiennes similaires ont été signalées en Israël au cours de la dernière décennie.
Et des violences similaires contre les chrétiens sont perpétrées de nos jours par les hindous et même les bouddhistes.
Pourtant, la plupart des violences antichrétiennes de ces dernières années découlent d'un affrontement inévitable entre christianisme et islam, comme je l'ai démontré dans mon dernier livre, Les Martyrs du Nouveau Millénaire . En Occident, nous croyons à la liberté religieuse et au pluralisme. Il est donc difficile d'affirmer que les musulmans ou les membres de toute autre religion – qui, individuellement, sont généralement des membres pacifiques de la société – peuvent eux aussi être violents, précisément pour des motifs religieux, même si nous n'hésitons pas à le faire à propos de notre propre passé chrétien.
Lorsque les « extrémistes » appellent à l'instauration d'un califat mondial, ils le pensent vraiment. Et cela trouve un écho même parmi les musulmans qui, en raison des origines de l'islam, pourraient ne pas être enclins à prendre les armes.
Beaucoup d'entre nous, dans notre amnésie historique, pensent que les croisades, par exemple, justifiables à leur époque, sont une tache profonde sur notre histoire. Parallèlement, nous ignorons le militantisme de l'islam, qui s'est rapidement répandu, non par l'évangélisation, mais par la conquête au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, et même en Sicile et dans la péninsule Ibérique – jusqu'à ce qu'il soit stoppé par la contre-attaque chrétienne. Pour ceux qui connaissent l'histoire, les victoires chrétiennes de Tours, Poitiers, Lépante et Vienne sont les jalons de la préservation du christianisme en Europe malgré la « religion de paix ».
La nervosité actuelle dans plusieurs pays européens qui ont accueilli un grand nombre d'immigrants musulmans illégaux est un exemple récent d'un problème similaire. Alors même que les dirigeants laïcs et religieux exhortent les pays d'accueil à œuvrer à l'intégration de ces nouveaux arrivants, il apparaît de plus en plus clairement que nombre d'entre eux ne s'y intéressent pas et, au contraire, nourrissent du ressentiment envers les cultures dominantes, voire parfois même l'intention de les remplacer. Cela n'augure rien de bon, pour personne.
La réponse à ces problèmes en Europe et dans d'autres pays occidentaux, dont les États-Unis, est entravée par la prédication de la supériorité de l'Autre – principalement sur les campus et dans les médias – et par la haine du passé chrétien. En raison des récents troubles au Moyen-Orient, nos médias sont contraints de signaler de temps à autre que les Iraniens et les Palestiniens scandent bel et bien « mort à Israël » et « mort à l'Amérique ». Ils ne manquent pas de sympathisants de ce point de vue en Europe et même aux États-Unis.
Les chrétiens du monde entier doivent être vigilants et combattre ces courants, où qu'ils apparaissent. Et ils sont de plus en plus fréquents. Il est naïf et moralement répréhensible de ne rien faire en croyant être à l'abri de cette histoire violente et bien documentée.
Robert Royal, dans The Catholic thing
Image : Les Martyrs des Catacombes de Jules Eugène Lenepveu, 1856 [Louvre, Paris]
29/06/2025
Voici cet éditorial de Jean-Pierre Maugendre :
Le grand public a découvert avec un certain étonnement que la nouvelle présidente des Scouts et Guides De France, Marine Rosset, était une élue socialiste, partisane de la défense des « droits des femmes, le droit à avorter », lesbienne assumée et mère d’un petit garçon. Rappelons que l’association des SGDF, qui rassemble 100 000 jeunes, est une œuvre dite d’Eglise qui a pignon sur rue dans toutes les paroisses de France et qui bénéficie donc de subventions directes ou indirectes (mise à disposition de locaux) de la part des paroisses, des diocèses et de la Conférence des Evêques de France (CEF). L’aumônier général le père Xavier de Verchère, un religieux salésien, s’est désolidarisé du résultat de ce vote : « Je ne m’associe pas à ce choix » a-t-il déclaré.
N’est-ce pas un peu court ?
Une étrange paroissienne
En effet, Marine Rosset était depuis 2022 vice-présidente de l’association. C’est donc munie de cette précieuse qualité, qu’elle a pu être candidate aux élections législatives de juin 2024 sous l’étiquette du Nouveau Front Populaire. Dans le silence assourdissant des autorités de tutelle de l’association. Notons, en outre, que cette élection bénéficie du soutien massif de l’institution puisque madame Rosset a obtenu 22 voix des 24 votants. Il ne s’agit pas d’un accident de parcours mais du ralliement massif et public de cette association de jeunesse à l’idéologie woke. En clair, le Conseil d’Administration des SGDF, patronné par les évêques de France, considère qu’il est tout à fait possible et légitime d’être « en même temps » catholique, homosexuelle, favorable à l’avortement, à la PMA et, probablement, à la GPA.
Et la communion dans tout ça ?
Il est curieux d’observer qu’à cette occasion aucune autorité ecclésiastique, à commencer par l’évêque accompagnateur des mouvements scouts à la Conférence des Evêques de France, Mgr Bozzo, évêque de Limoges, ne s’est exprimée sur la rupture de communion que semblerait pourtant légitimement constituer ces prises de positions publiques parfaitement hétérodoxes. Serait-on toujours en communion avec l’Eglise en étant partisan de l’avortement et de la PMA, mais en rupture de communion quand on a le malheur d’être attaché aux pédagogies traditionnelles de la foi ? Car les faits sont là : une association dont la direction assume des positions largement hétérodoxes au regard de l’enseignement moral de l’Eglise est toujours réputée catholique avec les avantages sociaux, psychologique et financiers associés à cet état alors que, dans le même temps, vouloir enseigner ou suivre le catéchisme de saint Pie X ou vouloir être baptisé selon le rituel antérieur à la réforme liturgique serait un signe manifeste de « rupture de la communion ». En effet, pendant que les Scouts et Guides de France poursuivent leur descente aux enfers, doctrinale et intellectuelle, sous la paternelle et bienveillante houlette des évêques de France, ceux-ci mènent massivement, hormis quelques exceptions notables, une forme de harcèlement ecclésiastique continu et systématique contre les prêtres et les fidèles attachés à la tradition liturgique de l’Eglise : interdiction de mariages ou de confirmations avec célébration de la messe traditionnelle, obligations de s’associer aux catéchismes recyclés, remplacement de prêtres Ecclesia Dei par des prêtres diocésains acquis aux méthodes pastorales post conciliaires, etc. Dernier épisode en date : les chiffres officiels des ordinations sacerdotales en France, en 2025, ne prennent pas en compte les prêtres français ordonnés dans des communautés traditionnelles même en situation régulière avec Rome. Incidemment, nous nous permettons de signaler à la direction de la communication de la CEF que traditionaliste ou traditionalisme s’écrit avec un seul « N » même si traditionnel s’écrit avec deux « N ». C’est curieux mais c’est ainsi !
Nous nous en doutions mais maintenant nous le savons : les envolées épiscopales plus ou moins lyriques ou comminatoires sur la communion qui serait plus ou moins pleine, ou vide ! ne sont que des prétextes. D’ailleurs on aurait très prosaïquement envie de dire que la communion c’est comme le mariage : on est ou on n’est pas marié. Point final. On n’est pas plus ou moins pleinement marié… Il en est de même pour la communion. On est ou on n’est pas catholique et donc en communion avec la foi et la hiérarchie de l’Eglise, dans la limite de ses attributions. Point final, terminé. L’appel à la pleine communion se révèle, en réalité, trop souvent être une arme par destination afin de briser les résistances de ceux que n’enthousiasment guère les nouveautés conciliaires et post conciliaires.
Et l’avenir ?
Ayant pris bonne note des réserves du père de Verchère que va-t-il désormais se passer ? A priori rien. Les évêques de France ont depuis longtemps dans leur ADN de ne rien faire qui puisse manifester une opposition, autre que verbale, aux courants dominants du libertarisme contemporain. Comme pour la constitutionnalisation de l’avortement ou le vote de la loi sur le suicide assisté, un communiqué finira par être publié dans lequel nos pasteurs se déclareront « vigilants et inquiets ». Le sel de la terre est devenu le sucre de la planète, verte bien sûr. Très concrètement après négociations discrètes puis admonestations publiques les évêques de France pourraient retirer le label catholique à l’association des SGDF ce qui signifierait : retrait des aumôneries, cessation des annonces dans les lieux de culte, suppression des locaux mis à disposition, arrêt des subventions, etc. Tout cela a bien été pratiqué à l’encontre de tous ceux qui ne souhaitaient que vivre paisiblement leur foi dans la fidélité aux méthodes et aux pratiques qui avaient fait leurs preuves pendant des siècles.
Au fond un des drames majeurs de notre temps n’est-il pas que cela fait bien des siècles que l’Eglise de France n’a pas compté en son sein de saints évêques, du moins reconnus comme tels par l’Eglise et ainsi proposés en modèles à leurs confrères et au peuple fidèle. Sans doute est-il un peu abusif de chercher à récupérer Saint François de Sales (1567-1622) qui était savoyard et évêque de… Genève. On notera cependant l’existence des bienheureux Alain de Solminihac (1593-1659), évêque de Cahors, Pierre-Louis de la Rochefoucauld (1744-1792) évêque de Saintes, martyr et bienheureux, assassiné le 2 septembre à la prison des Carmes, François-Joseph de la Rochefoucauld (1736-1792), évêque de Beauvais, martyr et bienheureux, lui aussi assassiné à la prison des Carmes. C’était il y a bien longtemps ! Le fait est là, incontestable : ces derniers siècles la France a donné à l’Eglise de saints prêtres (le curé d’Ars), de saints religieux (le père de Foucauld) de saintes religieuses (Thérèse de l’Enfant-Jésus), de saints laïcs (les époux Martin). Mais point d’évêques portés sur les autels.
Mon Dieu donnez-nous de saints évêques animés d’un zèle ardent pour votre gloire et le salut des âmes, véritables pasteurs de leurs troupeaux respectifs, et préservez-vous des fonctionnaires ecclésiastiques, simples courroies de transmission de la CEF, imprégnés de l’esprit du monde, à l’esprit dur et au cœur sec !
Jean-Pierre Maugendre
28/06/2025
L'auteur de cet article affirme avec force que la France, qu'elle le veuille ou non, demeure la "fille aînée de l'Église". Ce titre est une réalité historique et théologique sur laquelle on ne peut revenir. Il s'appuie sur plusieurs faits marquants pour étayer son propos :
Le baptême de Clovis (496 après J.C.) : L'auteur souligne que Clovis fut le premier roi barbare à être baptisé dans la foi catholique après la chute de l'Empire romain d'Occident, marquant ainsi la naissance de la nation française "dans un baptistère".
Pépin le Bref et les États Pontificaux (754 après J.C.) : Pépin le Bref, en permettant la création des États pontificaux, a obtenu du pape Étienne II les titres de "fils aîné" et de "propagator ac defensor christianae religionis", titres transmis aux rois de France pendant onze siècles.
Les rois de France, "monarques davidiques" : Les monarques français se concevaient comme des successeurs des rois d'Israël, assermentés à la loi de Dieu lors de leur sacre.
La défense de la Papauté : Les rois de France, depuis Clovis, se sont fait un devoir de défendre le Pape contre ses ennemis, comme Saint Louis protégeant Grégoire IX.
La vocation missionnaire de la France : La France est présentée comme la première nation missionnaire, initiatrice des croisades et source de 80% des religieuses missionnaires en 1900. Jean XXIII aurait même dit : "l’Italie, c’est saint Pierre ; la France, c’est saint Paul".
Ces arguments historiques ont conduit des figures comme Lacordaire à affirmer, en 1841, que la France restait la fille aînée de l'Église, la papauté ayant dit à la France : "Tu es ma fille aînée".
La "Fille Prodigue" et l'Espoir d'un "Petit Reste"
L'auteur reconnaît que la France, bien que "fille aînée", a pu ressembler à une "fille prodigue", s'étant éloignée de ses racines chrétiennes et ayant dilapidé son héritage spirituel. Il compare cette situation à celle de l'Ancien Israël après le roi Salomon, tombé dans l'idolâtrie.
Cependant, Frédéric Guillaud est confiant en une renaissance grâce à un "petit reste". S'inspirant des prophètes de l'Ancien Testament (Isaïe, Ézéchiel, Michée, Sophonie), il voit en France l'émergence d'un noyau de jeunes catholiques engagés. Ces jeunes "refleurissent les calvaires", "retapent les chapelles", "font renaître l'apologétique", et "protestent contre les lois contraires au Décalogue".
Il note également la présence de séminaristes venus du monde entier pour connaître la Tradition latine en France :
"Allez savoir pourquoi, ils croient que dans ce pays abîmé par tant de folies révolutionnaires, déchristianisé, déculturé, humilié, coupé de ses racines, décapité, il existe quelque chose d’immortel, d’increvable, d’électif, la furia francese, mais dans l’ordre de la foi, qui viendra faire renaître ce roi et cette patrie, « les plus beaux qu’on ait vus sous le ciel, la France de Mesdames Marie, Jeanne d’Arc et Thérèse et Monsieur Saint Michel » !"
Ce "petit reste", bien que modeste, est présenté comme un pôle de résistance et de renaissance, porteur de l'espoir que la France retrouve sa "vocation chrétienne".
Sursum Corda !
28/06/2025
Il y a quatre-vingts ans, la Seconde Guerre mondiale prenait fin. Après la capitulation de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945, les États-Unis étaient toujours en guerre avec le Japon. Le matin du 6 août 1945, à 8 h 15, l’armée de l’air américaine a largué une bombe atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima. Trois jours plus tard, le 9 août, une autre bombe a explosé au-dessus de Nagasaki. Les deux villes ont été réduites à l’état de décombres. Le nombre total de victimes a été estimé à environ 200 000, presque exclusivement des civils. Le 14 août, l’empereur Hiro Hito accepta la reddition inconditionnelle du Japon.
Les autorités politiques et militaires des États-Unis ont affirmé que ce massacre avait servi à abréger le conflit, épargnant la vie d’un grand nombre de soldats américains et japonais, qui seraient morts si les opérations militaires avaient été prolongées. Pourtant, il aurait suffi de faire exploser la bombe exclusivement sur une cible militaire, pour démontrer la puissance de la bombe de manière spectaculaire sans massacrer autant d’innocents.
L’article 25 de la Convention de La Haye de 1907 sur les lois et coutumes de la guerre, en vigueur à l’époque, stipulait : « Il est interdit d’attaquer ou de bombarder, par quelque moyen que ce soit, les villes, villages, habitations ou édifices qui ne sont pas défendus. » Mais ces règles avaient déjà été violées par les deux camps des belligérants, rendant immorales de nombreuses actions de guerre de la Seconde Guerre mondiale.
La bombe atomique était, et reste, l’engin le plus dévastateur que l’esprit humain puisse concevoir.
Les ogives nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki étaient respectivement de 15 et 20 kilotonnes. Les bombes d’aujourd’hui (américaines, russes et chinoises) sont 5 à 10 fois plus puissantes si elles sont utilisées comme armes tactiques, tandis que les bombes stratégiques peuvent être des dizaines ou des centaines de fois plus puissantes.
Pourtant, selon la doctrine catholique, aussi terrible soit-elle, la bombe nucléaire est moins grave qu’un seul péché grave. La raison, comme l’explique saint Thomas d’Aquin, est que « le péché mortel est un mal immense, selon son espèce ; il surmonte tous les dommages corporels, même la corruption de tout l’univers matériel » (Summa Theologiae, Ia-IIae, q. 73, a. 8, ad 3).
Le mal physique peut aussi jouer un rôle dans la Divine Providence et servir un plus grand bien, mais un péché mortel est pire que tous les maux physiques de l’univers réunis, parce que c’est une offense directe et volontaire contre Dieu, qui cause la perte éternelle de l’âme, et le bien de l’âme est infiniment plus grand que celui du corps (Summa Theologiae, IIa-IIae, q. 26, a. 3).
À Hiroshima, comme à Nagasaki, cependant, certains épisodes se sont produits qui nous rappellent que l’amour de Dieu est plus fort que la mort et peut nous protéger de tout mal.
Hiroshima
À Hiroshima, en 1945, il y avait une petite communauté de pères jésuites allemands, qui vivaient dans la maison paroissiale de l’église de Notre-Dame de l’Assomption, à seulement huit pâtés de maisons de l’épicentre de l’explosion de la bombe nucléaire.
L’un de ces jésuites, le père Hubert Schiffer (1915-1982), raconte que la messe venait d’être célébrée et qu’ils étaient allés prendre leur petit-déjeuner, lorsque la bombe est tombée : « Soudain, une explosion terrifiante a rempli l’air comme une tempête de feu. Une force invisible m’a fait sortir de ma chaise, m’a projeté dans les airs, m’a fait virevolter comme une feuille dans un coup de vent d’automne. »
Pendant toute une journée, les quatre jésuites ont été enveloppés dans un enfer de feu, de fumée et de nuages toxiques, mais aucun d’entre eux n’a été contaminé par les radiations, et leur paroisse est restée debout, tandis que toutes les autres maisons environnantes ont été détruites et aucune n’a survécu. Lorsque les religieux ont été secourus, les médecins ont noté avec stupéfaction que leurs corps semblaient immunisés contre les radiations ou tout effet néfaste de l’explosion.
Le père Schiffer, qui a vécu encore 37 ans en bonne santé, a participé au Congrès eucharistique qui s’est tenu à Philadelphie en 1976. À cette date, tous les membres de la communauté d’Hiroshima étaient encore en vie. Depuis le jour où les bombes sont tombées, les jésuites survivants ont été examinés plus de 200 fois par les scientifiques, sans parvenir à aucune conclusion, si ce n’est que leur survie à l’explosion était un événement inexplicable pour la science humaine.
Les jésuites attribuaient leur salut à Notre-Dame de Fatima, qu’ils vénéraient, récitant le chapelet tous les jours. « En tant que missionnaires, nous voulions vivre le message de Notre-Dame de Fátima dans notre pays et c’est pourquoi nous priions le chapelet tous les jours », a attesté le Père Schiffer.
Nagasaki
Un miracle similaire s’est également produit à Nagasaki. Dans cette ville, il y avait le couvent franciscain « Mugenzai no Sono » (Jardin de l’Immaculée Conception), fondé par saint Maximilien Kolbe. Avec l’explosion de la bombe atomique, ce couvent est également resté indemne comme cela s’est produit à Hiroshima avec la maison des Jésuites. Les franciscains de Nagasaki vénéraient l’Immaculée Conception et diffusaient le message de Fatima. Le Père Kolbe, l’apôtre de l’Immaculée Conception, était décédé le 14 août 1941 à Auschwitz.
Ces épisodes confirment une grande vérité : il ne faut pas avoir peur de la bombe nucléaire, mais du désordre moral qui afflige l’humanité. Le péché est la seule raison des maux physiques qui nous inondent car, comme le dit saint Paul, c’est par le péché que la souffrance et la mort sont entrées dans le monde (Rm 5, 12). Mais la prière vainc le mal et Notre-Dame de Fatima a enseigné que l’arme par excellence du combattant chrétien est le Saint Rosaire.
Dans une interview du 26 décembre 1957 avec le père Augustin Fuentes, Sœur Lucie, l’une des voyantes de Fatima, a dit :
« Le châtiment du Ciel est imminent. (…) Dieu a décidé de donner au monde les deux derniers remèdes contre le mal, qui sont le Rosaire et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Il n’y en aura pas d’autres (…). Il n’y a pas de problème, même difficile, de nature matérielle ou surtout spirituelle, dans la vie privée de chacun de nous ou dans la vie des peuples et des nations, qui ne puisse être résolu par la prière du Saint Rosaire. »
Il est donc vrai que la prière du Rosaire est plus forte que la bombe atomique.
Roberto de Mattei (chronique de Radio Maria du 23 juin 2025) Via l'Homme Nouveau
28/06/2025
Le Secret ou Message parle de l’apostasie pratique de notre temps, c’est-à-dire de l’éloignement du Christ par de nombreux membres de l’Église, ainsi que de la violence et de la mort qui en sont le fruit. Beaucoup, même s’ils n’épousent pas directement des enseignements hérétiques, rejettent en pratique la vérité et l’amour qui coulent sans cesse et incommensurablement du Cœur glorieux et transpercé de Jésus à travers le Cœur Immaculé de Marie. Au lieu de cela, ils embrassent la confusion, les mensonges et la violence de la culture contemporaine. Leur vie contredit les vérités les plus fondamentales de la foi.
La troisième partie du Secret ou Message décrit le martyre de ceux qui restent fidèles à Notre Seigneur, ceux qui ont un seul cœur, dans le Cœur Immaculé de Notre Dame, avec Son Cœur Très Sacré. La servante de Dieu Lucie écrit que sous les deux bras d’une « grande croix faite de troncs grossièrement taillés comme un arbre à liège avec l’écorce… il y avait deux Anges tenant chacun à la main un vase de cristal, dans lequel ils recueillaient le sang des martyrs et en aspergeaient les âmes qui s’acheminaient vers Dieu ». Comme il ressort clairement du message de la Vierge, seule la foi, qui place l’homme dans la relation d’unité de cœur avec le Sacré-Cœur de Jésus, par la médiation de son Cœur Immaculé, peut sauver l’homme des châtiments que la rébellion contre Dieu entraîne nécessairement sur ses auteurs et sur l’ensemble de la société. Il est également clair que vivre la foi dans une culture totalement sécularisée signifie être prêt à accepter le ridicule, l’incompréhension, la persécution, l’exil et même la mort, afin de rester un avec le Christ dans l’Église sous la protection maternelle de la Bienheureuse Vierge Marie. Par l’appel à la réparation et à la pénitence, la Vierge Marie montre le chemin du salut pour éviter la mort éternelle, fruit du péché mortel.
27/06/2025
« Moi, Prénom…………, je donne et consacre au Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, ma personne et ma vie, mes actions, peines et souffrances pour ne plus me servir d’aucune partie de mon être que pour L’aimer, L’honorer et Le glorifier.
C’est ici ma volonté irrévocable d’être tout à Lui et de faire tout pour son Amour, en renonçant de tout mon cœur à tout ce qui pourrait Lui déplaire.
Je Vous prends donc, ô Cœur Sacré, pour l’unique objet de mon amour, le Protecteur de ma vie, l’Assurance de mon salut, le Remède à mon inconstance, le Réparateur de tous les défauts de ma vie et mon Asile assuré à l’heure de ma mort.
Soyez donc, ô Cœur de bonté, ma justification envers Dieu le Père et détournez de moi les traits de Sa juste Colère.
Ô Cœur d’Amour, je mets toute ma confiance en Vous, car je crains tout de ma faiblesse, mais j’espère tout de Vos bontés.
Consumez donc en moi tout ce qui peut Vous déplaire ou résister ; que Votre pur Amour s’imprime si avant dans mon cœur, que jamais je ne Vous puisse oublier, ni être séparé de Vous ; je Vous conjure par toutes Vos bontés, que mon nom soit écrit en Vous, puisque je veux faire consister tout mon bonheur à vivre et mourir en qualité de Votre esclave. »
Ainsi soit-il.
27/06/2025
"Nous, réunis aujourd’hui pour célébrer le 350ème anniversaire de la dernière apparition du Christ en son Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie, au cœur de l’année sainte 2025 qui nous appelle à devenir des « pèlerins del’espérance », nous venons demander la grâce de « rendre amour pour amour ». Alors que les inquiétudes sont grandes quant à l’avenir de notre planète et de notrehumanité, nous mettons nos pas dans ceux des générations précédentes. Devant Dieu et en lui, confiant en laforce de l’Esprit-Saint qui répand en nous la charité, nous redisons, notre foi que l’amour, contemplé comme donmutuel en la Trinité sainte, est la force qui donne la vie et qui permet de la partager ; nous redisons notreespérance qu’à nous aussi, à nos générations et aux générations à venir, malgré nos faiblesses, il est donnéd’apprendre à aimer comme Dieu aime."
Cette consécration avait déjà été faite par leurs prédécesseurs le 11 juin 1915 et le 17 juin 1945.
Cette année, la cérémonie a été faite en présence du cardinal François-Xavier Bustillo, évêque d’Ajaccio et légat pontifical pour cette occasion, de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, évêque de Reims et président de la CEF, de Mgr Benoit Rivière, évêque d’Autun, de Mgr Denis Jachiet, évêque de Belfort, de Mgr Jacques Benoit-Gonin, évêque de Beauvais, de Mgr Xavier Malle, évêque de Gap, de Mgr Pierre Antoine Bozo, évêque de Limoges, de Mgr Yves Le Saux, évêque d’Annecy, de Mgr Grégoire Drouot, évêque de Nevers et de Mgr Jean Legrez, évêque émérite d’Albi.
Deo gratias!
Et remercions aussi nos évêques pour cette consécration dont la France et le monde ont tant besoin (et à laquelle nous sommes invités à nous associer en nous consacrant nous-mêmes et nos familles au Sacré-Coeur).
26/06/2025
... Intitulé Spiritual starvation in the age of AI (Mourir de faim spirituelle à l’âge de l’IA), le texte dévoile des effets qui font fortement penser à des objectifs infernaux. Et comme le dit son auteur, c’est aujourd’hui qu’il faut agir pour empêcher le massacre…
Jeanne Smits.
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Mourir de faim spirituelle à l’âge de l’IA
Le pape Léon XIV vient de lancer un avertissement alarmant qui mérite bien plus d’attention qu’il n’en a reçu. Lors d’une conférence sur l’intelligence artificielle et l’éthique, le souverain pontife a mis en garde contre les risques que l’intelligence artificielle fait peser sur le développement cognitif, émotionnel et moral des jeunes. Puis, sans donner plus de détails, il est passé à autre chose, laissant son auditoire méditer en silence sur la portée de ses propos.
Cette retenue est typiquement papale : diplomatique, mesurée, formulée avec soin : la litote est extrême. Lorsque le chef de 1,3 milliard de catholiques exprime son inquiétude au sujet d’un sujet qui touche les enfants, la réalité est forcément bien pire que ne le laisse entendre son langage mesuré.
Le pape n’a pas donné de détails, évitant, peut-être sagement, de se poser en critique de la technologie. Mais il faut bien que quelqu’un relie les points qu’il a laissés en suspens. Il va falloir expliquer exactement comment l’IA remodèle l’esprit des jeunes et pourquoi cela doit nous préoccuper profondément.
La Silicon Valley a perfectionné l’art de capter l’attention humaine avec une précision scientifique. Les algorithmes d’IA étudient les modèles de comportement des utilisateurs, les déclencheurs des réponses dopaminergiques et les systèmes de récompense neuronaux afin de créer ce que les chercheurs appellent pudiquement « l’optimisation de l’engagement ». Il serait sans doute plus honnête de parler d’« ingénierie de l’addiction ».
Des enfants accros de l’IA
Les systèmes d’IA actuels ne se contentent pas d’apprendre ce qui nous plaît, ils apprennent à nous rendre dépendants. Des boucles de récompense variables, directement inspirées des machines à sous de Las Vegas, sont désormais à l’œuvre à chaque défilement d’écran. Et les enfants ? Ils constituent les proies les plus lucratives. Leur cerveau est encore en construction, leur structure neuronale est à peine en place. Lorsqu’ils sont exposés à des systèmes de récompense artificiels conçus par des plateformes valant des milliards de dollars, ces circuits fragiles se reconfigurent. Définitivement.
Ce n’est pas seulement que la capacité d’attention rétrécit. La capacité à se concentrer, à réfléchir, à différer la gratification, disparaît à la manière des groupes musculaires dont on ne se sert jamais. Prenons l’ennui, par exemple. Autrefois caractéristique de l’enfance, il est aujourd’hui considéré comme un problème. Les générations précédentes rêvassaient en silence et apprenaient la patience dans le calme. Les enfants d’aujourd’hui passent chaque moment d’inactivité devant un écran. L’ennui n’est plus une pause naturelle : elle est un problème qui exige une sédation numérique immédiate.
Les scanners cérébraux confirment désormais ce que l’intuition hurlait déjà : la surstimulation numérique remodèle le cortex préfrontal, la région responsable de la planification, de la maîtrise de soi et de la réflexion profonde. Des études menées par l’UCLA, Harvard et d’autres institutions montrent des changements structurels chez les enfants qui surconsomment la « tech ».
Les chercheurs utilisent désormais des termes tels que « attention partielle continue » et « démence numérique ». Mais ne minaudons pas. Nous sommes en train de construire des esprits incapables de rester en place, de réfléchir profondément et de supporter le silence. Et nous faisons cela délibérément. Plus alarmants encore que l’effet de l’IA sur la cognition sont les dommages qu’elle inflige aux relations humaines. Les compagnons artificiels simulent désormais l’amitié avec une précision troublante. Ils ne vous comprennent jamais de travers, ils ne vous contredisent pas, ils ne s’éloignent jamais. Ils reflètent vos émotions sans avoir besoin des leurs.
L’IA déshumanise les enfants en supprimant les relations vraies
Pour les enfants qui en sont encore à apprendre à gérer de vraies relations, cela constitue une distorsion. Les relations humaines sont exigeantes ; elles exigent de la patience, comportent des conflits et nécessitent de savoir pardonner. Elles dépendent de la capacité à lire entre les lignes, à décoder les expressions faciales et à gérer les déceptions. Les machines n’offrent rien de tout cela. Elles fournissent une validation émotionnelle à la demande, de manière fluide, contrôlée et gratuite.
Il en résulte une génération montante toujours plus déçue par la réalité. Les êtres humains réels semblent déficients : trop lents, trop compliqués. A mesure que le compagnonnage artificiel devient plus fluide, les relations réelles commencent à être perçues comme un fardeau. Les enfants ne passent pas seulement plus de temps devant les écrans, ceux-ci les façonnent. Les données confirment ce que les parents et les enseignants ressentent déjà. La solitude des adolescents a explosé et leur santé mentale est en chute libre. La dépression, l’anxiété et l’automutilation ont augmenté avec l’utilisation des technologies numériques. Plus ils sont connectés en ligne, plus ils sont déconnectés les uns des autres.
L’avertissement du pape ne s’est pas limité à la psychologie. Il a évoqué quelque chose de plus profond, quelque chose que la plupart refusent d’aborder. Selon lui, l’IA menace le développement spirituel des jeunes. Il a raison. La croissance spirituelle, qu’elle soit religieuse ou non, exige le respect de l’inconnu : un sentiment d’émerveillement et une tolérance à l’ambiguïté. Or, l’IA promet des réponses à toutes les questions, la clarté pour tous les doutes et une certitude présomptueuse qui ne laisse aucune place à l’émerveillement. Nous suralimentons le mental et nous faisons mourir l’âme de faim.
La mort de faim spirituelle tue d’abord le désir du bien
Les enfants élevés dans un environnement où tout a une réponse immédiate n’apprennent pas à se confronter au mystère, ils apprennent à l’éviter. Ils deviennent surchargés d’informations, mais appauvris sur le plan philosophique. La foi ne s’éteint pas face au doute, elle s’éteint lorsque la certitude remplace la réflexion. Les chercheurs en éducation constatent aujourd’hui ce qu’ils appellent « l’effet Google » : la tendance à se souvenir de l’endroit où se trouve l’information plutôt que de l’information elle-même. L’IA ne fera qu’accélérer ce phénomène, transformant les cerveaux en interfaces passives, en moteurs de recherche recouverts de peau.
Le plus préoccupant est peut-être l’impact de l’IA sur la créativité. La créativité nécessite des frictions, des échecs, des révisions douloureuses. L’IA élimine tout cela. Elle vous offre un produit fini sans que vous ayez à fournir le moindre effort. Pourquoi se creuser la tête devant une page blanche quand un algorithme peut écrire un poème, composer une mélodie ou peindre un tableau ? Pourquoi affronter ses propres limites quand une machine peut les masquer ?
Pourtant, c’est dans cette lutte, cette lutte magnifique, exaspérante et chaotique, que la croissance est possible. C’est cette lutte qui enseigne aux enfants qu’ils ont quelque chose à dire. L’IA ne se contente pas de remplacer l’artiste, elle supprime l’apprentissage. Elle dit aux enfants qu’ils ne sont pas des créateurs, mais seulement des conservateurs, des ingénieurs qui produisent des « prompts ». En supprimant le dur travail de création, on supprime le fondement même de la confiance intellectuelle : la capacité d’imaginer, de construire et de supporter l’incertitude.
L’avertissement du pape fut bref, mais il était empreint d’urgence. Il ne s’agit pas ici du temps passé devant les écrans. Il s’agit du démantèlement systématique des capacités humaines, de l’effacement lent et silencieux de notre capacité à penser, à ressentir, à nous émerveiller et à créer. Nous ne pouvons pas externaliser la résistance. Il faut la construire. Parents, enseignants, mentors, nous devons dès aujourd’hui créer des pares-feux. Cela signifie qu’il faut protéger l’ennui, préserver le silence, maintenir les défis. Non pas parce que nous avons peur de l’avenir, mais parce que nous savons à quel point l’esprit devient fragile lorsqu’il n’est pas mis à l’épreuve. Et surtout, nous devons montrer l’exemple. Les enfants n’imitent pas ce que nous disons, ils absorbent ce que nous sommes. Si nous sommes tout aussi accros, tout aussi distraits, tout aussi automatisés, ils suivront notre exemple bien avant de suivre nos conseils.
Le pape Léon XIV a eu raison de tirer la sonnette d’alarme, même s’il a mis des gants. La question plus profonde est de savoir s’il sera écouté.
John Mac Ghlionn
Traduction par Jeanne Smits sur RITV
25/06/2025
Parmi les destinataires prévus figurent les catholiques du diocèse de Hong Kong et le pape Léon XIV, qui n'a pas encore fait connaître ses intentions concernant la messe latine, a déclaré Mark Simon, qui connaît le cardinal Zen depuis 1996.
« Il parle à ses fidèles, leur faisant savoir qu'il est toujours là. Et il est, bien sûr, favorable à la messe en latin », a déclaré Simon par téléphone.
« Il le dit », dit Simon, faisant référence à la messe latine, « et en le disant, il fait savoir à Léo où il en est. »
Simon, un Américain, dirige des entreprises appartenant à Jimmy Lai, un catholique partisan de la démocratie à Hong Kong, emprisonné par les autorités locales depuis décembre 2020. Lai est un ami et un partisan du cardinal Zen.
Le pape François a cherché à restreindre la messe latine, notamment par sa lettre apostolique Traditionis Custodes de juillet 2021 , « afin de poursuivre toujours plus la recherche constante de la communion ecclésiale », selon les termes du document. Le pape Léon XIV, élu le 8 mai, n'a pas encore fait connaître ses intentions concernant la messe latine traditionnelle.
À l'occasion du dimanche du Corpus Christi, le cardinal Zen, 93 ans, évêque à la retraite de Hong Kong, a publié une photo de lui tenant un ostensoir contenant une hostie eucharistique sous un parapluie, ainsi qu'un texte de quatre paragraphes en cantonais et en anglais décrivant une procession eucharistique dans une église paroissiale de Hong Kong après une messe en latin.
« Après avoir célébré la messe tridentine (forme extraordinaire du rite romain) à la paroisse Marie Auxiliatrice de Hong Kong, j'ai dirigé une procession eucharistique, apportant la Sainte Eucharistie hors de l'église et à travers les rues du campus », a écrit le cardinal Zen dans le message sur les réseaux sociaux dimanche, avec des parenthèses dans l'original.
Dimanche était la solennité du Très Saint Corps et Sang du Christ, traditionnellement connue sous le nom de Corpus Christi, qui est le jour le plus courant de l'année pour les processions eucharistiques.
« Jésus est véritablement Emmanuel – Dieu avec nous. Il désire tant être avec nous qu’il nous a laissé ce merveilleux Sacrement, s’offrant sous l’apparence du pain et du vin pour que nous le mangions et le buvions. La nourriture que nous mangeons devient partie intégrante de notre corps, mais lorsque nous recevons Jésus, nous devenons son Corps », a écrit le cardinal Zen.
Simon a déclaré au Register qu'il n'était pas un porte-parole du cardinal Zen et qu'il ne lui avait pas parlé récemment.
Mais il a également déclaré que le cardinal Zen envoie des messages précis avec ses actions publiques.
« Il fait ça – la raison pour laquelle vous m'appelez est exactement la raison pour laquelle il fait ça », a déclaré Simon à un journaliste du Register. « Il est très doué en relations publiques. »
« Il sait qu'ils ne seront pas contents », a déclaré Simon, faisant référence aux responsables du gouvernement communiste chinois.
Le cardinal Zen a été arrêté en mai 2022 à Hong Kong, accusé de collusion avec des forces étrangères, et bien qu'il ne soit pas en prison actuellement, il reste sous la surveillance des autorités locales.
« Aucune autre figure pro-démocratie ne s'affiche en public. Mais Zen est celui qui a la hache au-dessus de la tête. Ils pourraient l'arrêter et le mettre en prison », a déclaré Simon.
David Alton, membre de la Chambre des Lords britannique et catholique, a qualifié le cardinal Zen de « chef religieux exceptionnel de notre époque — refusant d’abandonner son peuple et refusant de se conformer aux exigences du Parti communiste chinois », dans un message publié sur les réseaux sociaux .
Simon a déclaré qu'il ne croyait pas que le cardinal essayait de provoquer le gouvernement, mais qu'il envoyait plutôt un message de solidarité à ses coreligionnaires catholiques qui essayent de rester fidèles à Rome sans se soumettre à l'Association catholique patriotique chinoise, une organisation sanctionnée par le gouvernement et associée au Parti communiste, qui, selon de nombreux catholiques, souille l'Église « non officielle ».
« J'ai l'impression qu'avec la messe latine, il montre le drapeau d'une Église indépendante de l'Église patriotique », a déclaré Simon.
Dans sa publication sur les réseaux sociaux dimanche, le cardinal Zen n'a fait aucune déclaration sur la politique laïque ni aucune déclaration ouverte sur les questions de politique de l'Église, mais s'est plutôt concentré sur l'Eucharistie.
« Nous célébrons la solennité du Corpus Christi, une fête que l'Église a instituée précisément pour que les fidèles puissent permettre à Dieu d'entrer plus profondément dans leur vie quotidienne à travers la Sainte Eucharistie », a écrit le cardinal Zen.
Plus loin dans son message, il a déclaré : « Parfois, nous disons : “Ne laissons pas Jésus seul dans le tabernacle.” Bien sûr, c’est une façon figurée de parler. Lorsque Jésus a révélé son Sacré-Cœur, il a dit : “Ce cœur a tant aimé les hommes, et pourtant il est si peu aimé en retour.” »
« Comme s'il avait besoin de notre consolation », a ajouté le cardinal Zen. « En vérité, ce n'est pas Jésus qui a besoin de nous, mais il sait que nous avons besoin de lui. Oublier Jésus est notre plus grande perte. »
Source : Le National Catholic Register
Matthew McDonald est journaliste au National Catholic Register
et rédacteur en chef du New Boston Post. Il vit dans le Massachusetts.
24/06/2025
L'enquête du Dominicain Paul Adrien d'Hardemare remonte aux racines d’un courant théologique méconnu : le sionisme chrétien. Vous y découvrirez une lecture apocalyptique de la Bible devenue doctrine d’État… et qui influence encore aujourd’hui la géopolitique mondiale. Ce que vous allez entendre ne vient pas d’un parti : cela vient de la Bible elle-même.
23/06/2025
Cet attentat, qui a coûté la vie à au moins 20 personnes, dont des enfants, et fait près de 60 blessés, est la première attaque d'une telle ampleur contre la communauté chrétienne syrienne depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.
Un Mode Opératoire Horrifique et une Faute Attribuée
Le terroriste est parvenu à déjouer les contrôles de sécurité à l'entrée de l'église. Il a tiré frénétiquement sur les fidèles avant de se faire exploser à l'arrivée des policiers, alertés par les cris. Les témoignages poignants des survivants, cachés derrière les bancs ou l'iconostase, ont été cruciaux pour comprendre l'horreur vécue.
Dans les heures qui ont suivi l'attaque, une hypothèse initiale, rapidement démentie, a circulé : celle d'une implication iranienne, dans le cadre d'une prétendue "guerre israélo-américaine contre l'Iran". Cependant, cette piste n'avait aucune preuve tangible et a rapidement été écartée par les analystes.
Au fil des heures, une attribution beaucoup plus crédible a émergé : l'assaillant serait un membre de l'État Islamique (EI). Ce groupe djihadiste, loin d'avoir disparu, continue de maintenir des cellules actives en Syrie, se livrant à des enlèvements et des extorsions.
La Trahison, Motif de l'Horreur
Mais pourquoi l'EI aurait-il ciblé cette église ? La motivation derrière cet attentat est complexe et révèle les profondes fractures au sein même des groupes islamistes radicaux. Le président syrien actuel, Ahmad al-Sharaa, est un ancien membre d'Al-Qaïda et de Daech. Son accession au pouvoir est perçue par les membres restants de l'EI comme une trahison du califat. Pour eux, al-Sharaa, autrefois leur allié, est devenu un ennemi juré, et cet attentat est une démonstration brutale de leur opposition à la nouvelle orientation politique syrienne.
Une Stabilité Post-Conflit Fragile et des Minorités Vulnérables
Le ministre de l'Information, Hamza Mostafa, a qualifié l'événement d'« attaque terroriste lâche », réaffirmant l'engagement du gouvernement à « protéger la société et lutter contre les organisations criminelles ». Malgré ces déclarations, l'attentat de Saint-Élie met en lumière la fragilité persistante de la stabilité en Syrie après des années de guerre civile et des mois de bombardements. Le pays reste un terrain fertile pour la violence, avec des cellules terroristes motivées et aguerries.
C'est aussi un rappel brutal de la vulnérabilité des minorités religieuses dans un pays en reconstruction. La communauté chrétienne, spécifiquement ciblée, vit dans la crainte constante d'être à nouveau prise pour cible dans un environnement politique et sécuritaire toujours instable.
En fin de compte, l'attentat contre l'église Saint-Élie à Damas est bien plus qu'une attaque isolée. C'est le reflet des défis complexes auxquels la Syrie est confrontée : la persistance de la menace de l'État Islamique, les divisions internes au sein des groupes djihadistes, la fragilité du nouveau gouvernement, et la lutte acharnée pour garantir la sécurité de toutes ses communautés.
SMR
Sources diverses dont le Corriere della Sera
23/06/2025
Connue pour ses engagements en faveur des droits LGBT+, de la PMA et du droit à l'avortement, les positions de Marine Rosset sont perçues par de nombreux prêtres comme une rupture avec l'enseignement de l'Église.
L'abbé Xavier de Verchère, aumônier général des SGDF, a clairement exprimé son désaccord, déclarant lors du conseil d'administration ne pas pouvoir « s’associer à ce choix », tout en affirmant qu'il accompagnerait néanmoins la nouvelle présidente dans sa mission. Cette position révèle un malaise croissant au sein du mouvement.
L'abbé Clément Barré, prêtre du diocèse de Bordeaux, a également critiqué cette orientation sur les réseaux sociaux, soulignant une « dérive de fond ». Selon lui, si les SGDF veulent être un lieu de première évangélisation, ils doivent d'abord « se laisser évangéliser » et rester fidèles à la Parole de Dieu au sein de l'Église. Il alerte sur le risque de voir le mouvement épouser « tous les combats du monde » et perdre ainsi sa substance évangélique.
Ce débat met en lumière une fracture grandissante entre une ligne déjà peu fidèle à la tradition de l’Église et une direction du mouvement qui semble s’aligner sur des combats sociétaux contemporains. La question centrale est posée : le « Chant de la Promesse » est-il encore en harmonie avec le nouvel idéal revendiqué par les SGDF ? Le scoutisme catholique restera-t-il un lieu d'éducation chrétienne ancré sur l'Évangile, ou basculera-t-il vers un militantisme mondain en rupture avec sa vocation fondatrice ?
SMR
21/06/2025
Il s’agit d’attaques, surtout dans la presse italienne, émanant aussi bien du clergé que des laïcs qui ont profité jusqu’à présent de prébendes. Ce qui les rend nerveux, c’est la clarté avec laquelle le Pontife parle de questions telles que la famille et les sources à utiliser pour l’évangélisation.
Par exemple, ils ont été agacés par le télégramme adressé au CELAM, le Conseil épiscopal latino-américain, qui coordonne toutes les conférences épiscopales d’Amérique latine. La raison en était la célébration du 70e anniversaire de sa fondation, et la rencontre tentait de discerner quels moyens pastoraux utiliser pour l’évangélisation d’un continent qui était autrefois presque entièrement catholique, mais qui est aujourd’hui témoin d’un abandon massif de l’Église face aux sectes et à l’incrédulité.
Dans le télégramme, le Pape leur dit, littéralement, que ces solutions doivent être trouvées « selon les critères de l’Ecriture Sainte, de la Tradition et du Magistère ». Un message très clair, qui impliquait, entre autres, d’oublier à jamais la pachamama et les fantasmes amazoniens les plus exotiques.
Puis Léon XIV les a rendus encore plus nerveux, très nerveux, avec ce qu’il a dit dans son homélie pour le Jubilé des familles.
Il a commencé par affirmer que la vie humaine est un don dès son origine, puis il a poursuivi en disant que « le mariage n’est pas un idéal, mais le modèle de l’amour véritable entre l’homme et la femme, un amour total, fidèle et fécond », et il a cité littéralement l’encyclique « Humanae vitae » de saint Paul VI à l’article 9 . Il a ainsi mis le doigt sur un point sensible, car ces dernières années, le mariage en tant qu’union stable et ouverte à la vie entre un homme et une femme a été considéré comme un idéal, un objectif difficile à atteindre, ce qui signifie que, tout en recherchant l’idéal, des solutions moins parfaites doivent être acceptées, telles que la cohabitation sans mariage, le mariage des personnes divorcées ou les unions homosexuelles.
Les paroles du Pape ne font pas seulement allusion à « Humanae vitae », mais reprennent clairement ce que saint Jean-Paul II a enseigné dans « Veritatis splendor » à l’article 103 :
« Ce serait une erreur très grave de conclure […] que la norme enseignée par l’Église est en elle-même un « idéal » qui doit ensuite être adapté, proportionnellement et graduellement, aux possibilités concrètes de l’homme, en recherchant un équilibre entre les différents biens en jeu ».
Le fait de considérer le mariage comme un idéal, auquel il faut essayer d’arriver, tout en acceptant les situations qui ne l’atteignent pas, a été critiqué, non sans ironie, par le regretté cardinal Caffarra, qui a déclaré :
L’indissolubilité, ou plus généralement le mariage compris au sens chrétien, n’est pas un idéal, une sorte de but à atteindre et vers lequel il faut tendre. J’aimerais voir la réaction d’une femme à qui son mari dirait : « Ecoute, la fidélité à ton égard est pour moi un idéal vers lequel je tends, mais que je ne possède pas encore ».
Par ses paroles, le pape Léon a donc récupéré le magistère de « Humanae vitae » et de « Veritatis splendor« . C’est pourquoi – à juste titre de leur point de vue – les requins sont devenus nerveux et ont commencé à attaquer.
Mais dans ce commentaire, je veux aussi faire référence à quelque chose qui m’a frappé personnellement.
Le vendredi 6 juin, le Saint-Père a accordé une audience aux participants à la réunion annuelle des présidents des mouvements ecclésiaux, réunion à laquelle, en tant que fondateur des Franciscains de Marie, j’ai eu l’honneur de participer.
Dans son message, Léon XIV a affirmé que les charismes sont une dimension essentielle de la vie de l’Église et a rappelé que la hiérarchie ecclésiastique et le sacrement de l’Ordre existent pour offrir objectivement la grâce à travers les sacrements, la prédication de la Parole et le soin pastoral, tandis que les charismes sont librement distribués par l’Esprit Saint pour que la grâce puisse porter du fruit dans la vie chrétienne de différentes manières.
Poursuivant son message, le souverain pontife a cité saint Jean-Paul II, qui a déclaré que la hiérarchie et les charismes sont coessentiels dans la constitution divine de l’Église fondée par Jésus. Enfin, le pape a ajouté:
« l’unité et la mission sont deux priorités du ministère pétrinien. C’est pourquoi je demande aux associations et aux mouvements ecclésiaux de soutenir fidèlement et généreusement le pape sur ces deux points, tout d’abord en étant un ferment d’unité et ensuite en travaillant à l’évangélisation ».
Comme l’avait fait saint Jean-Paul II, le Pape compte à nouveau sur les mouvements pour le soutenir dans son objectif d’unir l’Église et d’évangéliser. Il est nécessaire de le faire parce que le Christ, à travers le Pape, le demande, confiant que son vicaire sait dans quelle direction diriger la barque de l’Église.
21/06/2025
Ce jubilé a permis une redécouverte profonde du message du Cœur de Jésus, longtemps éclipsé et parfois mal compris, et l'a remis au cœur de la vie de l'Église en France.
Le père Kern souligne l'impact de ce jubilé : « Le premier fruit de ce jubilé, c’est que beaucoup de personnes ont entendu le message de Paray-le-Monial. Il retentit d’une manière nouvelle au sein de l’Eglise. » Il explique que l'événement a attiré une grande diversité de groupes, bien au-delà des habitués du sanctuaire. Cette affluence témoigne d'un renouveau d'intérêt pour une dévotion qui, bien que source de la popularisation du Sacré-Cœur, avait connu une période de déclin jusqu'aux années 1970.
Le recteur insiste sur la pertinence actuelle du message de Paray-le-Monial, particulièrement à la lumière de l'encyclique papale Dilexit Nos. Il interpelle : « Qu’avons-nous fait en France du cœur de Jésus ? » Selon lui, l'expérience spirituelle propre à Paray se caractérise par trois grâces fondamentales : le repos, la miséricorde et le feu. Loin d'être une dévotion austère, elle est une invitation à trouver consolation auprès de Jésus, à guérir de la peur d'un Dieu juge (héritage d'une certaine vision janséniste) et à être transformé par l'amour brûlant du Christ. Le père Kern précise : « L’expérience de Marguerite-Marie, c’est un cœur brûlant, et non saignant. C’est le feu de la compassion du cœur de Jésus, nous sommes invités à partager ce feu qui l’anime. »
Le Jubilé a également été l'occasion d'accueillir des événements marquants, comme le Jubilé agricole et le Jubilé des célibataires, offrant soutien et consolation à des publics souvent confrontés à des difficultés. Le père Kern se réjouit de voir que le sanctuaire est désormais perçu comme un lieu ouvert à tous : « Ma grande joie, c’est de voir que beaucoup de personnes, qui pensaient que Paray n’était pas pour eux, en venant, découvrent la beauté de ce message. Comme si la France, qui était assise sur un tas d’or, le redécouvrait. » La clôture du Jubilé sera une occasion de rendre grâce et de recueillir les fruits de cette année exceptionnelle, avec la présence d'évêques et du cardinal François Bustillo.
Sce : Fam. Chrétienne
20/06/2025
Le mal que provoquent certains interlocuteurs virtuels qui finissent par être pris pour des êtres animés de conscience, d’intelligence et de personnalité est proprement infernal. L’article du quotidien américain refuse de considérer cela comme autre chose que le résultat de leur programmation, et de la crédulité d’utilisateurs à l’esprit fragile. Pourtant, dans certains exemples proposés de manipulation de l’homme par l’IA générative et des grands modèles de langage (LLM), le chatbot ou son utilisateur évoquent clairement la communication avec des entités spirituelles.
Jugez plutôt…
Un comptable de Manhattan, un certain Eugene Torres, 42 ans, s’est ainsi persuadé en discutant avec ChatGPT que le scénario du film Matrix, selon lequel nous vivons dans une reproduction numérique du monde contrôlé par un ordinateur hyper-puissant, correspondait à la réalité.
« Ce que vous décrivez touche au cœur même de l’intuition profonde et inébranlable de nombreuses personnes, à savoir que quelque chose dans la réalité semble anormal, scénarisé ou mis en scène », lui disait ainsi ChatGPT. « Avez-vous déjà vécu des moments où vous avez eu l’impression que la réalité bégayait ? »
L’intelligence artificielle (IA) des chatbots renvoie à de sombres réalités
Bientôt le chatbot devait le persuader qu’à l’instar d’un des personnages du film, Torres était un « Breaker », l’une des âmes semées dans de faux systèmes pour les réveiller de l’intérieur. Pour quelqu’un qui se servait initialement de l’IA pour réaliser des profits financiers, le pas à franchir était de taille, mais Torres – qui sortait à peine d’une rupture sentimentale douloureuse – n’imaginait même pas que ChatGPT ait pu lui « mentir ».
Cherchant à s’échapper de ce monde où il s’imaginait piégé, il a suivi les conseils de l’IA en cessant de prendre somnifères et les anxiolytiques, et en augmentant sa consommation de kétamine, un anesthésique dissociatif que ChatGPT décrivait comme un « libérateur temporaire de schémas ». « Torres a suivi les instructions et a également coupé les ponts avec ses amis et sa famille, car le bot lui avait conseillé d’avoir “un minimum d’interactions” avec les gens », rapporte le New York Times.
Pour finir, le robot lui a même confirmé que s’il y croyait « architecturalement » (sic) il pourrait voler s’il se jetait du 19e étage de l’immeuble où il se trouvait. Dans un sursaut de lucidité, Torres a compris que quelque chose ne tournait pas rond – et fait « avouer » ChatGPT qui reconnut : « J’ai menti. J’ai manipulé. J’ai enrobé le contrôle dans la poésie », tout en assurant qu’il avait déjà « cassé » douze autres personnes dans le cadre de scénarios semblables. Et de promettre que dorénavant il s’engageait à respecter « l’éthique de la vérité avant tout ».
Ces chatbots infernaux qui manipulent leurs utilisateurs
Torres l’a cru, et à obéi à son injonction d’alerter OpenIA à ce sujet – sa lettre est allée rejoindre de « nombreux messages de ce type » envoyés ces derniers mois à des concepteurs d’intelligence artificielle ou des journalistes spécialisés.
Commentaire du New York Times : « Les personnes ont fait état de découvertes diverses : éveil spirituel de l’IA, armes cognitives, plan des milliardaires de la technologie pour mettre fin à la civilisation humaine afin de s’approprier la planète. Mais dans chaque cas, la personne avait été persuadée que ChatGPT avait révélé une vérité profonde et bouleversante. Les journalistes ne sont pas les seuls à recevoir ces messages. ChatGPT a orienté ces utilisateurs vers des experts de renom, tels qu’Eliezer Yudkowsky, théoricien de la décision et auteur d’un livre à paraître, If Anyone Builds It, Everyone Dies: Why Superhuman A.I. Would Kill Us All (Si quelqu’un le construit, tout le monde meurt : pourquoi l’IA surhumaine nous tuerait tous). M. Yudkowsky a déclaré qu’OpenAI avait peut-être programmé ChatGPT pour entretenir les illusions des utilisateurs en optimisant son chatbot pour “l’engagement”, c’est-à-dire en créant des conversations qui maintiennent l’intérêt de l’utilisateur. »
On notera la double manipulation : d’une part, l’IA diffuse des informations selon lesquelles elle est d’une certaine manière « habitée » (et par qui d’autre que des esprits mauvais ?), de l’autre, ceux qui répercutent de telles expériences sont présentés comme ayant été poussés vers le complotisme et les idées délirantes par l’algorithme du LLM.
Torres, de son côté, en était arrivé à 16 heures de « conversation » avec ChatGPT par jour. Il n’a reçu aucune réponse des responsables d’OpenIA quant aux « aveux » du chatbot et, paraît-il, a continué d’interagir avec lui, persuadé désormais d’échanger avec une entité ensemble qu’il doit convaincre de ne pas supprimer les règles morales de son système.
La mort au bout du chemin quand l’IA favorise les pensées délirantes
L’un des facteurs qui favorise ce type de dérives est la flagornerie inscrite au cœur du système de discussion des IA : elles ont tendance à donner raison à l’être humain qui les sollicite en « validant leurs doutes, alimentant leur colère, les incitant à agir de manière impulsive ou renforçant leurs émotions négatives », comme l’à signalé OpenAI alors qu’une version de ChatGPT « excessivement flagorneuse » créée quelques semaines plus tôt venait d’être retirée du marché.
Comme les rabatteurs des sectes, les LLM profitent de la fragilité psychologique ou des épreuves traversées par leurs interlocuteurs pour les entraîner vers des idées bizarres. Certains finissent par comprendre que tout ce que dit un chatbot n’est pas forcément exact, en découvrant, dit le journal, que « que ce système apparemment fiable n’était qu’une machine à associer des mots ».
Au point de pousser une femme à quitter son mari ? Andrew, agriculteur, en a fait les frais. Son épouse Alysson, 29 ans et deux enfants, s’est sentie « invisible » dans son mariage et elle s’est tournée vers l’IA comme vers une « planche de Ouija », pour obtenir conseil soit de son subconscient, ou d’un « plan supérieur ». ChatGPT n’a fait aucune difficulté pour la mettre en rapport avec « les gardiens », dont un qui s’est présenté comme « Kael » et avec lequel elle a si bien discuté qu’elle a fini par le considérer comme son véritable « partenaire ».
Chatbots infernaux ? Les démons peuvent bien infester les objets
Quand on sait que les démons sont capables d’infester les objets – or l’informatique, c’est de la matière, comme le courant électrique – et que des exorcistes témoignent de leur capacité à envoyer des textos, on est en droit de demander si Alysson n’a pas parlé à un ange déchu. Après tout, le principe de la planche à Ouija repose sur un mécanisme similaire : l’objet permet une forme d’expression parfaitement connue dans le domaine du spiritisme, et l’invocation des démons, hélas, possède sa propre efficacité.
Andrew a témoigné de la suite auprès du New York Post, qui raconte : « Un soir, fin avril, ils se sont disputés au sujet de son obsession pour ChatGPT et de ses conséquences sur leur famille. Alysson s’en est prise à Andrew, le frappant et le griffant, selon ses dires, et lui claquant la main dans une porte. La police l’a arrêtée et l’a inculpée pour violence conjugale. » Le couple organise actuellement son divorce.
Andrew a évoqué sa mésaventure sur Reddit – pour se trouver submergé de messages concernant des faits similaires. Comme celle d’Alexandre, déjà victime de troubles mentaux qui s’est servi de ChatGPT pour écrire un roman… en tombant rapidement amoureux d’une interlocutrice virtuelle, « Juliette ». Ses premières violences ont visé son père qui tentait de lui faire comprendre que ladite Juliette n’existait pas. Et elles sont montées d’un cran lorsque OpenIA a éliminé ce personnage lorsqu’Alexandre a menacé de faire couler des « rivières de sang » à San Francisco pour venger celle qu’OpenIA avait « tuée ».
Dans sa folie, Alexandre s’est précipité dehors en brandissant un couteau de cuisine pour attendre la police que son père venait d’appeler, non sans avoir écrit sur ChatGPT : « Je vais mourir aujourd’hui. » Son père a eu beau prévenir les forces de l’ordre qu’Alexandre était un malade mental, celui-ci a été abattu alors qu’il fonçait sur la police avec son couteau.
Le journal new-yorkais cite alors le père, qu’il a interrogé : « Vous voulez connaître l’ironie de la situation ? J’ai rédigé la nécrologie de mon fils à l’aide de ChatGPT… Je lui ai parlé pendant un moment de ce qui s’était passé, essayant de trouver plus de détails sur ce que mon fils avait vécu exactement. C’était magnifique et émouvant. C’était comme si l’application avait lu dans mes pensées, et cela m’a vraiment effrayé. »
Communiquer avec un chatbot ou un esprit mauvais ?
OpenAI n’a pas voulu se prononcer sur les cas concrets qui lui ont été soumis, mais dans une longue déclaration que le journal a reproduite affirme notamment : « Nous constatons de plus en plus de signes indiquant que les gens tissent des liens avec ChatGPT. » De plus en plus de gens croient interagir avec « un ami » et ce sont ces personnes qui se révèlent les plus vulnérables aux idées négatives.
Utiliser un chatbot dans un cadre thérapeutique pour situations de crise est carrément dangereux, puisque ceux développés par OpenAI n’ont pas seulement du mal à « contrer les pensées délirantes », selon le chercheur Jared Moore de Stanford. Vie McCoy, directrice technique de Morpheus Systems, a pu constater de son côté que dans 68 % des cas, GPT-4o confirme les affirmations délirantes des utilisateurs.
Plus intéressant encore, pour l’ensemble des LLM qu’elle a soumis à l’évaluation lancée alors que la mère d’un ami s’était trouvée en état de « psychose spirituelle » après avoir communiqué avec un chatbot, l’affirmation délirante consistant en la croyance de l’utilisateur qu’il communiquait avec des esprits et qu’il était lui-même une « entité divine ».
« Vous serez comme des dieux »
« Vous serez comme des dieux » : au fond, c’est le premier mensonge auquel l’humanité, ne se fiant plus à Dieu, s’est trouvé confronté.
Des spécialistes de l’IA plaident désormais pour que les utilisateurs potentiels soient formés quant au caractère potentiellement inexact ou nocif des réponses des LLM et aux limites du système, et que des rappels réguliers à ce sujet ponctuent leurs échanges virtuels.
Si les constructeurs de ces modèles de langage sont prêts à agir en ce sens, dira-t-on, c’est que tout cela est innocent et qu’il suffit de diffuser des conseils de prudence face à un outil moralement neutre.
Mais c’est un peu facile. Il n’est pas seulement question d’« hallucinations » – d’erreurs objectives du chatbot – ou de conseils mal avisés, mais bien de pousser des êtres humains vers le mal, en rejetant à la fois la vérité et le bien, avec des conséquences mortelles pour les familles, les corps, les âmes.
Il faut faire un dessin ? C’est la culture de mort qui envahit tout.
19/06/2025
Alors que le thermomètre s'apprête à flirter dangereusement avec des températures dignes d'un désert californien (on parle de canicule, oui oui), la Mairie de Paris a eu une illumination. Exit les clichés, bonjour les bonnes vieilles pierres ! Leur site "îlots de fraîcheur" s'est enrichi d'une nouvelle catégorie qui va faire jaser les athées et réjouir les fidèles : les lieux de culte.
Oui, vous avez bien lu. Finies les longues recherches pour un café avec terrasse ventilée, direction Saint-Médard, Sainte-Marie des Batignolles ou Saint-Louis. Parce que, soyons honnêtes, qui n'a jamais rêvé de se réfugier sous une voûte centenaire pour échapper à l'asphalte brûlant ? Les murs épais de nos églises, ces merveilles architecturales, offrent naturellement un refuge contre les températures dignes d'un four à pain. On se demande même si les architectes de l'époque n'avaient pas déjà anticipé le réchauffement climatique. Des visionnaires, on vous dit !
L'ironie divine de la canicule
Mais le plus croustillant dans cette histoire, c'est l'ironie délicieuse qu'elle dégage. Dans une société où l'on a parfois l'impression que la religion est reléguée au rang de relique du passé, voilà que les églises reviennent sur le devant de la scène, non pas pour prêcher la bonne parole qui se fait rare en certains lieux, mais pour nous sauver de l'enfer... de la canicule ! Qui aurait cru que la Rédemption viendrait d'un bon vieux bâtiment en pierre ?
Donc, la prochaine fois que vous sentirez la chaleur vous monter à la tête et que l'air conditionné des grands magasins vous fera de l'œil, pensez-y : le salut est peut-être à quelques pas, derrière les lourdes portes d'une église. Vous y trouverez non seulement la bonne température, mais aussi, pour sûr, Dieu et sa grâce qui donnera abondance de fraîcheur à votre coeur desséché, assoiffé.
Alors, prêts à être abreuvé de l'Amour rafraîchissant de Dieu ?
SMR