Le blog du Temps de l'Immaculée.
16/09/2025
Le programme EVARS (« Éduquer à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité ») est imposé depuis la rentrée 2025. Il est obligatoire, et les parents ne peuvent pas demander de dispense pour leurs enfants, ni avoir accès au contenu précis des cours. Le programme est soutenu par des associations de défense des droits LGBT et le Planning familial, ainsi que par les syndicats d'enseignants.
Les associations opposées au programme, dont le Syndicat de la famille, Juristes pour l'enfance et SOS Éducation, ont déposé un recours devant le Conseil d'État, qui l'a rejeté. Elles considèrent que le programme est contraire au principe de la « primauté éducative des parents » et au « principe de neutralité du service public ». Elles critiquent notamment la présentation de l'homoparentalité et la distinction entre sexe et genre, qui est enseignée dès la cinquième. Selon l'article, Élisabeth Borne, alors ministre de l'Éducation nationale, a insisté sur le caractère non négociable du programme.
Malgré le rejet de leur recours, les opposants ne comptent pas s'arrêter là. Le Syndicat de la famille a distribué des tracts pour inciter les familles à protester contre le programme. De son côté, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a lancé une pétition et prévoit de saisir le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies pour défendre le droit des parents à éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions. L'ECLJ estime que le programme est une « promotion de la sexualité précoce » qui impose le « questionnement de genre » et des « stéréotypes féministes ».
En somme, l'article met en lumière les tensions entre l'État et certaines associations de parents concernant le programme Evars. L'opposition repose sur une divergence de fond sur le rôle de l'État et celui des parents dans l'éducation des enfants. Le programme est perçu comme une ingérence dans la sphère privée et une remise en cause de l'autorité parentale, d'où leur détermination à continuer de s'y opposer par des voies juridiques et des actions militantes, malgré les décisions de justice actuelles.
Dans cet article, une question reste sans réponse concernant le privé sous contrat : où sont les évêques ?
Ont-ils peur de la rupture du contrat avec l'État ? On rappelle à cet effet que selon les données de la Cour des comptes et du ministère de l'Éducation nationale, à la rentrée 2022, plus de 2 millions d'élèves étaient scolarisés dans l'enseignement privé sous contrat. Cela représentait environ 17,6 % des effectifs scolarisés en France. L'enseignement catholique est très majoritaire dans ce secteur, regroupant près de 96 % des élèves du privé sous contrat et l'État n'a pas les moyens de se priver de ces structures d'enseignement. Nos pasteurs, comme dirait Trump, ont des cartes en mains. Alors pourquoi seulement de molles protestations ressemblant à des consentements ? Pas question ici de critique malsaine, simplement une incompréhension douloureuse.
15/09/2025
Le conseil municipal a tranché. La chapelle Saint-Pierre de Notre-Dame-de-la-Mer (Yvelines) sera démolie mi-septembre. Le 30 août dernier, invoquant l’absence de financements suffisants pour sa restauration, les élus ont voté en faveur de sa destruction. « L’état de cet édifice est très détérioré tant sur sa structure extérieure que sur sa charpente », déplore le maire Jean-Luc Mailloc. Les travaux de restauration ont été estimés à 600.000 euros. Pour cette petite commune de 700 âmes, impossible d’envisager de verser une telle somme.
Or, la chapelle est nichée au bord d’une route départementale qui relie la commune yvelinoise à la Normandie, représentant ainsi un réel péril pour la circulation. Ces dernières années, son état de délabrement s’est dangereusement aggravé, de sorte que l’édifice menace actuellement de s’effondrer. « Le trafic sur la RD 915 est d’environ 90.000 véhicules mensuels », précise le maire Jean-Luc Mailloc. « En dehors du montant de l’investissement, le manque de stationnement et son accès pour les piétons sont difficiles ».
« On peut très bien lancer un chantier bénévole »
« C’est un prétexte, rétorque la fondatrice d'Urgences Patrimoine Alexandra Sobczak-Romanski, à l’origine d’une pétition pour sauver l’édifice, chaque problème a sa solution ». Elle souhaite demander au maire d’étudier le devis des travaux afin de le revoir à la baisse, et plaide notamment pour de simples travaux d’urgence qui coûteraient bien moins chers à la commune. « C’est essentiellement la toiture qui est abîmée, on peut très bien lancer un chantier bénévole encadré par des professionnels ou bien trouver des matériaux de seconde main », suggère-t-elle. Grande habituée du patrimoine, Alexandra Sobczak-Romanski a déjà sollicité son réseau afin de lancer « une restauration à moindre coût ».
Cette sauvegarde est d’autant plus urgente que l’église de style roman date du XIIe siècle. « C’est une première, s’indigne la présidente d'Urgences Patrimoine, jusque-là, la majorité des églises démolies étaient des édifices du XIXe ou du XXe siècle, désormais ce sont des édifices très anciens qui sont menacés ». La chapelle Saint-Pierre constitue un repère historique et architectural pour les habitants des environs. Chaque année, plus d’un millier de pèlerins foulent les routes de la commune, depuis la collégiale de Mantes-la-Jolie jusqu’à l’église paroissiale de Notre-Dame-de-la-Mer pour remercier la Vierge d’avoir sauvé la France de l’invasion normande au IXe siècle. « Si la chapelle Saint-Pierre était opérationnelle, on pourrait y accueillir beaucoup plus de pèlerins que dans l’église paroissiale qui n’a que quarante places, souffle le curé. Mais elle n’a jamais été entretenue, à présent, il faudrait gagner au loto pour pouvoir la racheter ». Restaurée dans les années 20, l’édifice est fermé au public depuis 1955. Peu à peu, son mobilier a été transféré au musée d’Évreux.
Chaque petite chapelle est un témoin important de notre identité chrétienne
La paroisse de Bonnières qui dessert la commune a bel et bien donné son avis en faveur de la réhabilitation de l’édifice. « Hélas, un désir ne suffit pas, la mairie en dispose comme il le veut », murmure le prêtre. Car, loi de 1905 oblige, les édifices religieux sont désormais à la seule charge de l’État qui en dispose à son gré. « À partir du moment où une église appartient à la commune, celle-ci a le devoir de l’entretenir », martèle Alexandra Sobczak-Romanski. « Il faudrait se pencher sur une proposition de loi pour interdire la démolition du patrimoine religieux, quitte à mettre en vente le bien au privé pour lui laisser une chance de survie », suggère-t-elle.
Malgré tout, l’amoureuse des vieilles pierres veut rester « optimiste ». Pour l’heure, l’église n’a pas été désacralisée, bien que l’évêque de Versailles Mgr Crépy ait déjà donné son feu vert. De même, le permis de démolir n’a pas encore été instruit. Et quoique cette option reste privilégiée par la mairie, le maire demeure « ouvert au débat ». Il pense notamment « garder uniquement son clocher », ou bien « installer un panneau avec l’historique de l’édifice »… « Espérons que cette pétition donne de la visibilité à cette cause et réveille les consciences, lance Alexandra Sobczak-Romanski, confiante. Si personne n’avait parlé de l’incendie de Notre-Dame de Paris, on n’aurait pas récolté 1 milliard d’euros pour sa restauration ! » Et de conclure : « Chaque petite chapelle est un témoin important de notre identité chrétienne, il faut défendre ces édifices qui font partie intégrante de notre culture ».
Etiennette de La Ruffie dans Famille Chrétienne
Lien de la pétition : http://bit.ly/4lSrpAM
14/09/2025
Le mois de septembre est consacré à la compassion de Marie au pied de la croix : Notre Dame des sept douleurs. Marie ne souffrit pas seulement avec son fils crucifié, mais tout au long de sa vie, elle s’unit avec lui à la peine des hommes pour leur rédemption. Les "sept douleurs" font référence à sept événements particuliers, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus.
1
La prophétie de Syméon : le courage
Le jour de la présentation de Jésus au temple de Jérusalem, le vieillard qui le reçut dans ses bras prophétisa à sa mère : "Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction — et toi-même, un glaive te transpercera l'âme !" Par cette première douleur, le chrétien demande à Dieu la force de regarder la réalité en face sans perdre courage et de conserver la paix de l'âme dans les moments critiques.
2
La fuite en Égypte : le désir du Ciel
Marie et Joseph sont obligés de s'exiler en toute hâte pour échapper aux tueurs d'Hérode qui recherchent l'Enfant. Le fruit à demander à l'Esprit, par cette seconde douleur, est de comprendre que nous n'avons pas ici-bas de demeure permanente et que notre patrie définitive est aux cieux (Ph 3,20).
3
La perte de Jésus au Temple : la consolation
Jésus est resté à Jérusalem lors de la fête de Pâques, tandis que ses parents rentraient à Nazareth. S'apercevant de son absence dans le caravansérail des pèlerins, ils se mettent à le chercher avec une angoisse mortelle. La grâce liée à cette troisième douleur consiste dans le réconfort à demander à Marie quand notre âme est désolée de ne plus sentir la présence de Jésus en elle. La Vierge nous enseigne alors que la nuit de la foi n'est pas la perte de la grâce.
4
La rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire : la patience dans les épreuves
Le fruit de cette douleur est la patience dans les épreuves, ainsi que la pleine compréhension de notre coopération à la Rédemption du monde lorsque nous portons nos croix, grandes ou petites, héroïques ou plus ternes, en union avec Jésus.
5
La mort de Jésus : le renoncement au péché
Sur le Calvaire, Marie est clouée spirituellement à la croix avec Jésus. En la contemplant dans cet état, le croyant est appelé à s'ausculter lui-même afin de renoncer au péché qui a conduit à ce résultat paradoxal : les deux êtres les plus aimants qui parurent jamais sur terre furent aussi ceux qui souffrirent le plus de la main des hommes ! Et de cet effet pitoyable, nul ne peut se déclarer quitte.
6
Le coup de lance et la descente de la Croix : l’entrée dans le cœur de Jésus
Jésus est mort. C'est donc sa mère qui reçoit le coup de lance du soldat qui ouvre le cœur de son Fils. La douleur est pour elle. Puis, elle recueille le corps inerte de son Fils supplicié. Par cette douleur, la grâce à demander à la Vierge est de pouvoir entrer dans le Cœur de Jésus que la lance a ouvert, mais aussi la résolution de ne plus la faire souffrir par nos péchés, causes de la mort de Celui qu'elle aime plus qu'elle-même. À cet égard, on se souviendra avec profit que le Père ne refuse aucune prière formulée par la mère de son Fils au nom des douleurs qu'elle endura durant la Passion.
7
L'ensevelissement de Jésus : la force de pardonner
Jésus était toute la vie de Marie. Elle le perd. La grâce à demander par cette ultime douleur est de quitter les fausses lumières du monde pour être caché avec le Christ en Dieu. Accompagnée de Jean, Marie rentre chez elle. Là, tout lui parle de Jésus. Cependant, elle n'a pas renoncé à aimer les hommes. Dans la septième douleur, le croyant puise la foi dans le pardon de ses fautes de la part de Dieu, mais aussi la force de pardonner à son tour comme le Fils et la Mère pardonnèrent aux bourreaux du Golgotha, la force de rendre le bien pour le mal. Et enfin la certitude que la Vierge l'invite dorénavant à se confier à elle pour le conduire à son Fils, comme saint Jean la reçut pour sa mère et confidente au Calvaire.
Source : ALETEIA Jean-Michel Castaing
Stabat Mater
Debout, la mère des douleurs
Près de la croix était en pleurs
Quand son Fils pendait au bois.
Alors, son âme gémissante
Toute triste et toute dolente
Un glaive la transperça.
Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu!
Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.
Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice?
Qui pourrait dans l'indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils?
Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.
Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.
O Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.
Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu:
Que je lui plaise avec toi.
Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cur très fortement.
Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.
Pleurer en toute vérité
Comme toi près du crucifié
Au long de mon existence.
Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.
Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.
Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.
Fais que ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l'ivresse
Du sang versé par ton Fils.
Je crains les flammes éternelles;
O Vierge, assure ma tutelle
A l'heure de la justice.
O Christ, à l'heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
A la palme de la victoire.
A l'heure où mon corps va mourir,
A mon âme fais obtenir
La gloire du paradis.
14/09/2025
Le mois de septembre est consacré à la compassion de Marie au pied de la croix : Notre Dame des sept douleurs. Marie ne souffrit pas seulement avec son fils crucifié, mais tout au long de sa vie, elle s’unit avec lui à la peine des hommes pour leur rédemption. Les "sept douleurs" font référence à sept événements particuliers, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus.
1
La prophétie de Syméon : le courage
Le jour de la présentation de Jésus au temple de Jérusalem, le vieillard qui le reçut dans ses bras prophétisa à sa mère : "Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction — et toi-même, un glaive te transpercera l'âme !" Par cette première douleur, le chrétien demande à Dieu la force de regarder la réalité en face sans perdre courage et de conserver la paix de l'âme dans les moments critiques.
2
La fuite en Égypte : le désir du Ciel
Marie et Joseph sont obligés de s'exiler en toute hâte pour échapper aux tueurs d'Hérode qui recherchent l'Enfant. Le fruit à demander à l'Esprit, par cette seconde douleur, est de comprendre que nous n'avons pas ici-bas de demeure permanente et que notre patrie définitive est aux cieux (Ph 3,20).
3
La perte de Jésus au Temple : la consolation
Jésus est resté à Jérusalem lors de la fête de Pâques, tandis que ses parents rentraient à Nazareth. S'apercevant de son absence dans le caravansérail des pèlerins, ils se mettent à le chercher avec une angoisse mortelle. La grâce liée à cette troisième douleur consiste dans le réconfort à demander à Marie quand notre âme est désolée de ne plus sentir la présence de Jésus en elle. La Vierge nous enseigne alors que la nuit de la foi n'est pas la perte de la grâce.
4
La rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire : la patience dans les épreuves
Le fruit de cette douleur est la patience dans les épreuves, ainsi que la pleine compréhension de notre coopération à la Rédemption du monde lorsque nous portons nos croix, grandes ou petites, héroïques ou plus ternes, en union avec Jésus.
5
La mort de Jésus : le renoncement au péché
Sur le Calvaire, Marie est clouée spirituellement à la croix avec Jésus. En la contemplant dans cet état, le croyant est appelé à s'ausculter lui-même afin de renoncer au péché qui a conduit à ce résultat paradoxal : les deux êtres les plus aimants qui parurent jamais sur terre furent aussi ceux qui souffrirent le plus de la main des hommes ! Et de cet effet pitoyable, nul ne peut se déclarer quitte.
6
Le coup de lance et la descente de la Croix : l’entrée dans le cœur de Jésus
Jésus est mort. C'est donc sa mère qui reçoit le coup de lance du soldat qui ouvre le cœur de son Fils. La douleur est pour elle. Puis, elle recueille le corps inerte de son Fils supplicié. Par cette douleur, la grâce à demander à la Vierge est de pouvoir entrer dans le Cœur de Jésus que la lance a ouvert, mais aussi la résolution de ne plus la faire souffrir par nos péchés, causes de la mort de Celui qu'elle aime plus qu'elle-même. À cet égard, on se souviendra avec profit que le Père ne refuse aucune prière formulée par la mère de son Fils au nom des douleurs qu'elle endura durant la Passion.
7
L'ensevelissement de Jésus : la force de pardonner
Jésus était toute la vie de Marie. Elle le perd. La grâce à demander par cette ultime douleur est de quitter les fausses lumières du monde pour être caché avec le Christ en Dieu. Accompagnée de Jean, Marie rentre chez elle. Là, tout lui parle de Jésus. Cependant, elle n'a pas renoncé à aimer les hommes. Dans la septième douleur, le croyant puise la foi dans le pardon de ses fautes de la part de Dieu, mais aussi la force de pardonner à son tour comme le Fils et la Mère pardonnèrent aux bourreaux du Golgotha, la force de rendre le bien pour le mal. Et enfin la certitude que la Vierge l'invite dorénavant à se confier à elle pour le conduire à son Fils, comme saint Jean la reçut pour sa mère et confidente au Calvaire.
Source : ALETEIA Jean-Michel Castaing
14/09/2025
Le pasteur qui "réanime" la Corse
Né en Espagne et naturalisé français, François Bustillo s'est imposé comme un personnage "fédérateur" en Corse, bien au-delà des seuls fidèles. Sa popularité s'explique par sa capacité à être proche des gens et à "redynamiser" la région. Son action a des répercussions concrètes, comme l'organisation de la visite du pape François en 2024, un événement marquant pour l'île. Il a également joué un rôle de médiateur particulièrement efficace lors de manifestations étudiantes, prouvant sa capacité à apporter le calme par le dialogue, à devenir un recours dans une société à la dérive, tels les évêques de Gaule qui ont fermement tenu le pays au temps de l'effondrement de l'Empire romain.
Son approche est celle d'un "prophète", non pas pour polémiquer, mais pour construire une société différente. Dans son livre Réparation, il dénonce le "règne du soupçon" et la méfiance généralisée qui rongent nos sociétés. Pour lui, le téléphone est devenu une "arme de destruction massive", et la "hargne" médiatique peut détruire une réputation sur un simple soupçon. Son message est clair : il est urgent de sortir de cette ère pour bâtir un monde de confiance et de fraternité.
Une spiritualité ancrée
L'action du cardinal Bustillo est guidée par la spiritualité du Sacré-Cœur. Il a d'ailleurs renouvelé la consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus" dans le cadre du jubilé de l'Espérance.
Face aux "dérives" de notre époque, l'Église ne doit pas, selon lui, se contenter de "réagir". Sa sagesse séculaire lui permet de se placer "au-dessus" de l'agitation du monde. Le chrétien, inspiré par la douceur et l'humilité du Christ, est appelé à être "anticonformiste" par rapport au style du monde, qui est devenu "dur et intransigeant".
Le cardinal voit dans l'ouverture des portes de l'Église un "défi merveilleux". Il perçoit que de nombreux jeunes "ont soif d’amour, de vérité, de religion", et c'est à l'Église de répondre à cette soif. Pour Bustillo, la mission d'un pasteur est d'"animer spirituellement", de donner et de supplier, non de polémiquer. Il déplore la division entre catholiques, qu'il qualifie de "luxe" inacceptable. Pour lui, la solution réside dans la communion et le respect de la "sainte diversité", y compris pour les fidèles attachés au rite tridentin.
Les Voies de la Réparation
Au cœur de la vision du cardinal Bustillo se trouve l'idée de réparation. Dans son nouvel ouvrage du même nom, il offre des pistes concrètes pour reconstruire le "vivre ensemble" et la fraternité, qui sont en "déclin". Pour y parvenir, il nous exhorte à :
– Entreprendre un "pèlerinage vers notre intériorité" : il prône le silence et le recul comme actes de résistance face à "l'agitation contemporaine".
– Réhabiliter l'engagement politique : il dénonce le "mépris" et la "diabolisation" de l'engagement citoyen, pourtant essentiel à la démocratie.
– Pratiquer "l'amour des ennemis" : Bustillo y voit la "parole la plus puissante et la plus difficile du Christ", un chemin vers la liberté intérieure.
– Devenir des artisans de la "bénédiction" : il nous invite à "dire du bien", à reconnaître le bon et le beau dans le monde, une alternative puissante à la critique permanente.
En somme, le cardinal François Bustillo représente une Église qui vise non pas à s'opposer au monde, mais à le changer de l'intérieur. Son action et ses écrits sont un appel à l'espoir, à l'humilité et au pardon, des valeurs essentielles pour "réparer" une société blessée et la guider vers une "civilisation de l'amour".
Le cardinal Bustillo, pour la sortie de son livre "Réparation" aux éditions Fayard
13/09/2025
Des comparaisons politiquement incorrectes : avortement, idéologie du genre et nazisme
Le Cardinal Müller n'a pas hésité à établir des parallèles frappants, et bien sûr jugés controversés, entre certaines idéologies modernes et le nazisme. Il a soutenu que toutes trois partagent un même mécanisme de fond : « l'étouffement des consciences ».
S'attaquant d'abord à l'avortement, il a affirmé que les promoteurs de cette pratique agissent comme les idéologues nazis qui avaient « anesthésié leur conscience avec leur idéologie raciale ». De la même manière, a-t-il poursuivi, « les idéologues de l’avortement savent que l’enfant dans le sein maternel est un être humain qu’on n’a pas le droit de tuer. Mais pour justifier leur crime, ils prétendent que ce n’est pas encore une personne à part entière. » Le but, selon lui, est de « étouffer leurs remords » en déshumanisant la victime.
Le cardinal a également dénoncé avec la même virulence la « folie du genre » qui, selon ses termes, « convainc les adolescents qu'ils peuvent changer de genre et qui, par l'automutilation assistée, les plonge dans une misère physique et une souffrance mentale permanentes. » Il a classé cette idéologie parmi les « illusions meurtrières » au même titre que l'avortement.
Müller a d'ailleurs établi un parallèle direct entre la criminalisation de ceux qui prient devant les cliniques d'avortement et la persécution des opposants au nazisme, citant le prévôt Bernhard Lichtenberg, mort en prison pour avoir prié pour les juifs. Il a déclaré : « En Angleterre, on peut aller en prison si l’on prie devant une clinique d’avortement pour les enfants à naître, comme en Allemagne nazie le prévôt de la cathédrale de Berlin, Bernhard Lichtenberg, est mort en détention en 1943 pour avoir simplement prié pour les Juifs persécutés. »
La loi morale naturelle, fondement de la société et de l'État
Au cœur de son discours, le Cardinal Müller a souligné l'importance de la loi morale naturelle, qu'il considère comme le fondement essentiel de toute société juste. Cette loi, selon lui, est « reconnaissable comme norme morale dans la raison de toute personne consciencieuse » et permet « d'infailliblement distinguer le bien du mal ».
Il a insisté sur le fait que la coexistence des différentes religions et visions du monde dans les États modernes est rendue possible uniquement lorsque leur législation et leur jurisprudence sont guidées par cette loi morale universelle. L'Église catholique, bien qu'« absolument indépendante de tout pouvoir terrestre », peut et doit coopérer avec un État qui agit « au service du bien commun et reconnaît les droits inaliénables de la personne ».
Le prélat a également rappelé la responsabilité intégrale des catholiques, rejetant la notion d'une double conscience, où la foi est reléguée à la sphère privée. S'appuyant sur l'enseignement du Pape Léon XIV, il a martelé que « La conscience des hommes politiques catholiques ne peut pas être divisée, selon la fausse doctrine de la double vérité, en une sphère privée, où l’on obéit à Dieu, et une sphère publique, où l’on suit la logique des partis. Dans la vie privée comme dans la vie publique, nous catholiques sommes responsables devant notre conscience. »
L'avenir de la « civilisation chrétienne » en jeu
Le discours du Cardinal Müller s'est conclu par un appel vibrant et urgent aux catholiques. Il a exhorté les fidèles, notamment en Occident, à faire preuve de courage et de cohérence pour défendre ce qu'il nomme la « civilisation chrétienne ».
Il a exprimé sa gratitude envers la présidence Trump pour avoir « remis la loi morale naturelle au fondement de l’action publique » aux États-Unis, inscrivant ainsi son discours dans une perspective géopolitique. Les catholiques, a-t-il précisé, n'attendent pas que l'État promeuve le christianisme en tant que religion, mais exigent qu'il fasse de la loi morale naturelle « le fondement de toute action administrative, législative et judiciaire ».
En cas de conflit entre les lois humaines et la loi divine, la primauté est claire : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5,29). Le Cardinal Müller a conclu en affirmant que l'avenir de la civilisation chrétienne dépendra du « courage de cette cohérence intégrale entre foi et vie publique ». Son message est un rappel puissant de la primauté de la conscience et de l'urgence de l'engagement pour défendre des valeurs qu'il considère comme universelles et fondamentales.
Ce que notre cher cardinal ne dit qu'en filigrane, c'est qu'il appartient en premier à nos évêques de nous montrer le chemin du courage ! Je pense au titre de JM Guénois qui a dressé un tableau du cardinal Bustillo cette semaine dans le Figaro : "Les églises sont pleines dès qu'il est là !" Tout est dit ...
Messeigneurs, parlez-nous de Dieu encore et encore et dressez-vous pour nous défendre, même si cela vous coûte votre Légion d'Honneur ! Nous avons besoin de vous, nous vous aimons !
Ave Maria !
Source d'étude : Kath.net, Tribune Chrétienne et Le Figaro
13/09/2025
Au début de son discours, M. Duffy a évoqué les décisions spontanées qu'il avait prises dans sa vie et les gratifications qu'elles lui avaient apportées, en disant aux diplômés : « Dites oui à l'aventure. Petite ou grande. Quand j'avais votre âge, on m'a proposé de participer à une émission de téléréalité. J'ai dit oui. »
M. Duffy a ensuite conseillé à la promotion 2025 « d'arrêter de faire défiler vos écrans et de commencer à vivre » [....]Netflix et DoorDash seul un vendredi soir ne valent pas une soirée entre amis ou avec la fille à qui vous avez trouvé le courage de demander de sortir. »
Vers la fin de son discours, M. Duffy a mis l'accent sur la foi, déclarant : « Il y a deux types de personnes dans la vie : celles qui croient en Dieu et celles qui se prennent pour Dieu. » Il a ajouté : « Il y a quelque chose de beau, d'humble et d'ordonné chez un homme et une femme qui comprennent qu'il existe une puissance supérieure à eux-mêmes. Que tout n'est pas sous leur contrôle. Et qu'ils sont les enfants bien-aimés d'un Dieu miséricordieux qui entend leurs prières. »
En conclusion de son discours, M. Duffy a raconté une histoire qui pouvait trouver un écho chez des aspirants officiers de la marine : « Au Moyen Âge, les marins priaient la Vierge Marie, qu'ils appelaient “Stella Maris” parce qu'elle était leur étoile polaire qui les guidait vers Dieu, leur père, leur protecteur et leur destination spirituelle.
Personne ne connaît mieux que les marins l'imprévisibilité et les tempêtes de la nature et de la vie. Un bon marin sait qu'au final, seul Dieu peut calmer la mer et les ramener à bon port. Regardez cette étoile polaire. » Puis de conclure : « Restez fidèles et ne sous-estimez jamais le pouvoir de la prière. »
Tom Arends, 26 juin 2025, The Christian Tribune via 1 mn. avec Marie
12/09/2025
[…]
C’est une guerre qui nous est menée : certains veulent abattre l’enseignement catholique. Derrière des formulations vagues et des témoignages subjectifs, le rapport de l’inspection ne révèle pas de manquements réels au contrat d’association mais témoigne du refus d’accepter la spécificité de l’enseignement catholique, pourtant garantie par la loi. Or nous sommes souvent trop tièdes. Nous sommes à la remorque de ce que décident les « laïcistes » au mépris du « caractère propre » de nos établissements. Quand Vincent Peillon [ancien ministre de l’Éducation nationale, NDLR] publie sa Charte de la laïcité en 2013, le Secrétariat général de l’Enseignement catholique lui emboîte le pas et diffuse aussitôt un texte de la même eau… Nous adoptons leur conception quasi religieuse de la laïcité. Or la laïcité n’est pas une religion de substitution. J’espère que le nouveau secrétaire général mènera le combat qu’on nous impose. Le bon combat. Il est temps de rappeler l’enseignement de l’Église en matière d’éducation, d’ailleurs fondé sur une longue expérience
.
Que faut-il faire pour endiguer cette offensive ?
Au niveau local, ne nous laissons pas intimider par des inspecteurs dont certains outrepassent leurs pouvoirs. Osons, au contraire, des propositions pastorales audacieuses, comme nous y invite Mgr Aillet dans son dernier livre, L’Église face au monde moderne. L’école catholique n’est pas une école comme les autres, mais un lieu où l’Évangile est proposé comme une lumière. Il ne nous est pas permis de la mettre sous le boisseau. Ce qui suppose aussi que l’équipe éducative soit cohérente, et les enseignants convaincus de leur mission. La formation des maîtres, et celle des chefs d’établissements, méritent d’être réformées.
Au niveau national, le Secrétariat général devrait rappeler clairement que la loi garantit le caractère propre de l’école catholique. Cette offensive met en danger le pluralisme scolaire. Il faut s’armer pour y répondre. Ce qui passe par la mise en place d’une veille juridique pour livrer les combats que certains veulent nous imposer. Que peut-on faire dans le cadre de la loi ? Comment garantir la liberté d’enseignement qui a valeur constitutionnelle ? Cela suppose aussi que les chefs d’établissement indûment attaqués bénéficient d’une assistance juridique : c’est notre liberté qui est en cause. Et notre dignité. Le jugement rendu à Pau rappelle que la justice demeure une garantie essentielle contre les attaques infondées. Loin d’être un instrument idéologique, la laïcité est confirmée par le tribunal comme un principe d’équilibre et de liberté que certains voudraient travestir en dogme d’exclusion.
Qu’attendez-vous des évêques ?
Mgr Aillet, l’évêque de Bayonne, ne m’a jamais lâché. J’aurais aimé que la Conférence des évêques de France monte elle aussi au créneau. Nous avons besoin de l’assistance juridique du Secrétariat général, et du soutien spirituel de nos évêques. Je veux aussi remercier le sénateur Max Brisson, ancien inspecteur général, qui a pris la parole au risque de déplaire, en restant fidèle à une certaine idée de l’école et de la liberté d’enseignement.
11/09/2025
Fraternité, prière et liturgie au cœur de la vocation
L'étude d'Isabelle Jonveaux, menée en France, en Suisse et en Autriche, nous éclaire sur les parcours de 157 jeunes ayant fait le choix de la vie religieuse. Les chiffres sont sans appel et dessinent un profil type bien précis : 85 % d'entre eux ont été baptisés avant l'âge de 3 ans, 67 % ont été confirmés avant 16 ans, et une écrasante majorité, 76 %, a toujours accompagné ses parents à la messe dominicale.
Mais ce qui est encore plus frappant, c'est leur engagement précoce dans des mouvements catholiques. L'article nous révèle que "la moitié des sondés ont appartenu à un mouvement de scoutisme, principalement les Scouts et Guides d’Europe, tandis que 57% des hommes et 28% des femmes ont été servants de messe". Ce dernier point révèle quand-même une petite lacune dans l'étude. Néanmoins, on retiendra que ces activités, et particulièrement le scoutisme chez les Scouts d'Europe qui prônent la fraternité, la discipline et la prière, ont joué un rôle déterminant dans leur cheminement.
L'étude met en évidence un autre point crucial : la vie religieuse a su se réinventer pour répondre à l'aspiration spirituelle de ces jeunes, qui ne se contentent plus d'une foi tiède. Ils sont à la recherche d'une vie de prière intense, d'une liturgie soignée et d'une communauté forte. Le texte insiste sur le fait que cette nouvelle approche est une réponse à "un fort besoin de spiritualité exprimé par ces nouvelles générations." ... Bah oui ...
La vie religieuse, une nouvelle voie pour une foi ancrée
En conclusion, l'étude d'Isabelle Jonveaux, relayée par La Croix et Famille Chrétienne dresse un portrait loin des idées reçues des jeunes qui s'engagent dans la vie religieuse aujourd'hui. Ils ne sont pas des marginaux cherchant un refuge, mais des jeunes issus de milieux catholiques pratiquants, déjà très investis dans leur foi avant de faire ce choix radical. Leur parcours, souvent jalonné par le scoutisme ou le service de l'autel, témoigne d'une foi profonde et d'un besoin de cohérence entre leurs convictions et leur mode de vie.
Cette étude suggère que les vocations de demain naîtront probablement d'un terreau familial et communautaire fertile, où la pratique religieuse et l'engagement sont des valeurs centrales. Elle invite à reconsidérer la vie religieuse non pas comme une voie de fuite, mais comme l'aboutissement naturel d'un chemin de foi ancré et exigeant !
10/09/2025
La question du pèlerinage LGBT à Rome, organisé à l’occasion du Jubilé, ne peut être abordée à la légère. Elle touche des réalités profondes de la foi, de l’Église, de la personne humaine et de la vérité évangélique. En réalité, la vraie question n’est pas simplement de savoir s’il faut être « pour » ou « contre » un tel événement. Il faut d’abord discerner ce que cet acte signifie, ce qu’il engage, et à quelle logique il obéit. C’est une question de fidélité à la Croix du Christ et non de stratégie pastorale ou de pression médiatique.
Deux chemins, deux visions, il faut d’emblée distinguer deux démarches radicalement différentes : D’une part, il y a la personne homosexuelle, sincère dans sa foi, qui reconnaît ses combats intérieurs, ses fragilités, mais qui choisit le Christ, avec ses exigences et sa Croix. Cette personne ne se définit pas d’abord par son orientation sexuelle, mais par son baptême. Elle ne réduit pas son identité à une étiquette, elle avance humblement dans un chemin de conversion. Elle peut souffrir, lutter, mais elle sait que le Christ seul libère.
D’autre part, il y a ceux qui se réclament de l’idéologie LGBTQIA+, une construction sociopolitique aux racines clairement marxistes, comme l’ont démontré de nombreux chercheurs. Cette idéologie vise à renverser les repères traditionnels, notamment dans la morale, la famille, l’anthropologie. Elle ne cherche pas la conversion, mais la validation, voire la réécriture des fondements chrétiens, jusqu’à exiger que l’Église modifie son enseignement.
Le danger ne vient pas des personnes, mais de cette confusion profonde entre accueil et approbation, entre amour et tolérance passive. Or, comme le rappelait saint Jean-Paul II : « L’amour vrai est toujours exigeant. » La tolérance, si elle n’est pas éclairée par la vérité, peut devenir une chaîne d’acceptations mécaniques sans questionnements, et un refus habile de débattre en tranchant tout à trac. La tolérance n’ira jamais aussi loin que l’amour, car elle n’implique pas d’exigence, ni de souffle réel. Si André Frossard notait à bon droit « Amour, pour te dire, l’éternité sera courte », comment concevoir qu’une mouvance (LGBT) privatise d’un claquement de doigts les destinées de ce saint mot, Amour, en le réduisant pour toujours à l’équation obtuse : « Amour = tolérance »
Il est fondamental de bien comprendre que l’Église ne rejette personne, mais elle n’a jamais enseigné une inclusion inconditionnelle, sans appel à la conversion. Le catéchisme n’est pas optionnel aux pèlerins de l’Inconditionnel. L’Évangile lui-même ne donne aucun exemple de ce type d’inclusion « TTC ». La femme adultère elle-même, libérée, est sommée de ne plus « pécher » à l’avenir. Le Christ a accueilli les pécheurs, mais jamais sans leur dire : « Va, et ne pèche plus ».
De fait, le concept moderne d’ »inclusion » est souvent utilisé pour faire pression sur l’Église afin qu’elle infléchisse sa doctrine. Mais l’Église n’est pas une ONG. Elle n’a pas le droit de modifier ce qu’elle a reçu du Christ. Le véritable accueil, c’est celui qui accompagne la personne dans un chemin de vérité, qui la respecte dans sa liberté, mais ne ment pas sur ce qui conduit à la vie éternelle.
La vie chrétienne ne repose pas sur des slogans, mais sur un mouvement intérieur profond : la metanoia, ce retournement du cœur que l’on appelle le plus souvent la conversion, pousseà devenir une créature nouvelle. Ce changement n’est pas une simple amélioration morale, mais une transformation radicale opérée par la grâce.
C’est pourquoi, participer à un pèlerinage en se revendiquant de l’étiquette politico-sociétale LGBT, dans une logique d’affirmation identitaire et politique, n’est pas neutre, à tout le moins abusif et maladroit. Cela revient à mettre l’idéologie avant la foi, à imposer un cadre militant à une démarche spirituelle. Or, le vrai pèlerinage est une marche vers Dieu, un dépouillement, pas une revendication. Il n’y a plus ni hommes, ni femmes, ni esclaves… nous rappelle l’écho de Saint Paul : comment s’agirait-il de réintroduire du L, du G, du B ou du T là où nous ne sommes plus qu’un, dépouillés de nos identités temporelles, étriquées ?
Le fait que le Pape Léon XIV n’ait pas participé à cet événement n’est pas anodin. Selon des sources romaines fiables, il a consciemment choisi de ne pas s’associer à une initiative dont les objectifs sont ambigus, et parfois clairement opposés à la doctrine. Nul agenda ne saurait prévaloir sur celui du Christ, lorsque l’on se présent croyant. Cela ne signifie certes pas que le combat du respect et des droits humains soit à mettre au rebut, mais on ne saurait se présenter de façon double devant la Croix, objectif naturel du pèlerinage.
Certains, comme le père James Martin, portent ce projet avec ferveur, mais dans une logique d’instrumentalisation maladroite de l’Église pour faire évoluer sa doctrine. Le problème n’est pas sa personne, mais la portée de ses engagements publics, qui induisent en erreur beaucoup d’âmes sincères, qui méritent mieux : elles méritent la vérité !
Car ce qui est en jeu ici, ce n’est pas une reconnaissance sociale, mais le salut éternel des personnes. Aimer vraiment quelqu’un, ce n’est pas lui dire ce qu’il veut entendre, mais ce dont il a besoin pour vivre en vérité devant Dieu. Rien de nouveau sous le soleil !
À la maladresse peut aussi se substituer le cynisme, chez certains : il est profondément malhonnête de manipuler la Parole de Dieu pour lui faire dire ce qu’elle ne dit pas. Ceux que l’on pourrait qualifier de véritables « faussaires de Dieu » s’obstinent à tordre le sens des Écritures au profit de leurs intérêts idéologiques, en s’appuyant sur une herméneutique douteuse, souvent déconnectée du contexte historique, linguistique et théologique des textes bibliques.
À ce sujet, le travail du théologien Robert A. J. Gagnon est une référence incontournable. Dans son ouvrage majeur, The Bible and Homosexual Practice : Texts and Hermeneutics, Gagnon mène une analyse rigoureuse, fondée à la fois sur les textes originaux (hébreu et grec), le contexte culturel du Proche-Orient ancien, et les données exégétiques les plus solides. Il démontre de manière méthodique et scientifiquement étayée que la Bible interdit sans équivoque les actes homosexuels, et ce, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament.
Contrairement aux interprétations révisionnistes popularisées par des auteurs comme Daniel Helminiak ou James Alison qui prétendent que les textes bibliques ne viseraient pas les pratiques homosexuelles contemporaines mais uniquement certaines formes d’excès ou de débauche dans l’Antiquité, Gagnon prouve que cette lecture repose sur des biais méthodologiques flagrants et une volonté manifeste de relecture idéologique. Ces approches ne tiennent pas devant une lecture critique sérieuse ni devant les principes fondamentaux de l’exégèse historique. Par ailleurs, comment imaginer que la sévérité bien connue de la Bible vis-à-vis de la morale sexuelle imposée aux auditoires hétérosexuels soit, soudainement et providentiellement, abolie en ce qui concerne la vie sexuelle des personnes homosensibles ?
Nous avons d’ailleurs déjà publié une recension critique de l’ouvrage controversé de Helminiak (Ce que la Bible dit vraiment de l’homosexualité), dans laquelle nous montrions les limites méthodologiques, les contresens exégétiques et l’absence de cohérence théologique de son propos. Il ne s’agit pas ici d’ostraciser des personnes, mais de respecter l’intégrité du texte biblique, sans pour autant se montrer « dur » ou « conservateur ». Toute lecture sérieuse de la Bible se doit d’honorer son message dans son entièreté, sans le déformer pour l’adapter à l’air du temps. C’est la base de la déontologie. C’est là une exigence de vérité intellectuelle, de probité théologique, et de fidélité à la Parole de Dieu.
Comme le disait Benoît XVI : « Sans vérité, la charité devient sentimentalisme. » Et sans charité, la vérité devient violence. L’Église doit tenir les deux : accueillir les personnes avec une infinie tendresse, mais leur dire, avec une même tendresse, que la voie du Christ est étroite, qu’elle passe par la Croix, par le renoncement, par une transformation intérieure radicale.
Oui, il y a une place pour chaque personne dans l’Église. Mais cette place ne peut être fondée que sur l’adhésion au Christ, à son Évangile, et à l’enseignement constant de l’Église. Ce n’est pas là une quelconque exclusion, mais une invitation à quelque chose de plus grand : la sainteté.
À Rome ou ailleurs, tout pèlerinage véritable est une montée vers Dieu. Il ne peut être le lieu de revendications politiques, mais de conversions intérieures. Car ce qui se joue là, c’est bien plus qu’un débat : c’est la vie éternelle !
09/09/2025
L'article de messainlatino.it, source de cette information, met en lumière l'importance de l'événement :
« Une grande nouvelle : le cardinal Burke célébrera la Sainte Messe à Saint-Pierre lors du prochain pèlerinage Summorum Pontificum ! (Rome, 24-26 octobre 2025) »
L'autorisation papale d'une messe tridentine à Saint-Pierre prend une forte portée symbolique, offrant aux communautés « tradi » un signe clair que Rome ne les exclut plus. Alors que la décision de Traditionis custodes avait entraîné des restrictions sévères et une marginalisation pour ces fidèles, notamment en France, le geste du pape Léon XIV offre un contraste saisissant. Il témoigne d'une volonté d'apaisement et d'unité, rappelant que la beauté de la liturgie est un facteur de rassemblement. La célébration d'octobre 2025 sera scrutée comme un « moment de vérité », permettant de mesurer la capacité de l'Église à concilier la diversité des sensibilités liturgiques avec la fidélité à Rome.
08/09/2025
La voyante, qui prendra ensuite le nom de Marie France en devenant vierge consacrée dans la Pieuse Union des Adoratrices du Cœur de Jésus qu’elle créa, a transmis une prière à réciter pour la France : « Mon Fils, pardonnez-lui, elle vous aime toujours puisqu'elle n'a jamais cessé de m'aimer... » et une belle promesse de la part de la Vierge :
« Si, en union avec mon Divin Fils, j'aime toutes les nations qu'Il a rachetées de Son Sang, vois comme je chéris tout particulièrement ta chère Patrie... Mon Fils désire que l'on fasse des images et des statues me représentant ainsi et que l'on m'invoque sous le vocable de Notre Dame de France. Si l'on répond à ce nouveau désir de Son Divin Cœur, la France reviendra tout particulièrement mienne, je la prendrai à jamais sous ma maternelle protection et mon Fils se plaira à répandre sur elle d'abondantes bénédictions ».
Mgr Roland Gosselin, évêque de Versailles de 1931 à 1952, approuva officiellement la Pieuse union des Adoratrices du Sacré-Cœur et permit d’imprimer l’image de « Marie Reine de France » ainsi que la prière révélée au cours des apparitions, mais il n’y eut jamais de jugement canonique définitif sur ces faits qui sont un peu oubliés aujourd’hui.
D’après Les Apparitions de Versailles – Marie, Reine de France, Jésus, Roi de France, par Jean Robin, Editions Pierre Téqui
08/09/2025
Cette aventure spirituelle a été rendue possible par une série de circonstances providentielles : la conversion bouleversante d’Edmond Fricoteaux, la redécouverte de la statue monumentale de Notre-Dame de France, des inspirations reçues à Lisieux et ailleurs. Grâce à l’engagement d’innombrables bénévoles et à une organisation née littéralement de rien, ce mouvement prend une ampleur inattendue, accompagné par une succession de signes du Ciel. Dans la continuité de cet élan, l’Association Marie de Nazareth est fondée. Elle portera à son tour de nombreuses initiatives, parmi lesquelles, aujourd’hui, le projet des 1 000 raisons de croire.
Les raisons d'y croire
Au moment exact du lancement de la cérémonie de bénédiction des Vierges pèlerines, au milieu d’une journée prévue pour être entièrement pluvieuse, une éclaircie étonnante se produit au Puy-en-Velay. C’est le dernier des clins d’œil du Ciel donnés pour cette action, mais il y en a eu bien d’autres et de nature très différente.
La conversion d’Edmond Fricoteaux à Rome, à l’écoute de paroles anodines du cardinal Gantin, et les circonstances de la naissance de son engagement marial sont aussi certainement providentielles.
Edmond conçoit ensuite avec l’aide du père Laurentin le projet d’un cadeau de remerciement à la Vierge Marie sous forme d’une statue de sept mètres, portant l’Enfant Jésus, couronnée de douze étoiles, afin de l’installer sur une colline proche de Paris. Antoine Legrand, rencontré « par hasard », lui révèle qu’en fait cette statue existe déjà. Celle-ci peut finalement être retrouvée et installée, cinquante ans après le vœu du cardinal Verdier, qui demandait exactement cela pour « faire pendant au Sacré-Cœur de Montmartre ». Cette série de coïncidences est tout à fait étonnante.
Le projet des Vierges pèlerines est né de manière tout aussi étonnante de la convergence de deux signaux. D’abord, le rêve puissant d’un jeune homme de Douai, qui voit Notre-Dame de France avec, à ses pieds, une foule immense, et des statues venues de toute la France. Puis une intuition qui naît dans l’oraison priante de trois amis au carmel de Lisieux. C’est en fait le même appel, mais qui prend des voies différentes.
La Providence permet par la suite les rencontres nécessaires pour que le projet corresponde exactement à la demande de l’Église de l’époque, qu’il se concrétise et qu’il se mette en place.
Paulette Leconte, mère de famille de treize enfants, est sollicitée au dernier moment pour sculpter une nouvelle statue de Notre-Dame de France, en des traits plus humains que celle de Baillet-en-France, et la réalisation se révélera aussi exceptionnelle, si bien que plus de 15 000 statues pourront être dupliquées et envoyées partout dans le monde.
La mise en place en un temps record – et avant Internet ! – d’un réseau de bénévoles dans toutes les régions, départements, cantons et villages de France est aussi un accomplissement surprenant.
Les nombreuses rencontres de « Marie aux 108 noms » avec les personnes spécialement touchées par la Vierge venue les visiter sont autant de fruits extraordinaires : cette histoire est donc ainsi jalonnée d’innombrables fioretti.
En savoir plus
Ce 8 septembre 1995, il y a trente ans, nous étions quelques milliers de bénévoles mobilisés pour la bénédiction et le lancement de 108 statues et icônes de la Mère de Dieu. Elles allaient devenir ces « Vierges pèlerines » qui sillonneraient la France pendant un an, dans 108 petites remorques blanches confectionnées par le CAT de Chinon, tirées par des Peugeot 106 mises à disposition en location dans le cadre d’un gros contrat d’un an avec Peugeot Neubauer. Le temps est couvert, la matinée est pluvieuse, et, lors de la conférence de presse, vers onze heures, les journalistes me demandent si nous ne sommes pas trop déçus de ce temps tristounet. Je me souviens leur avoir répondu que c’était un peu dommage, mais qu’il y avait tant à faire pour préparer le lancement à quinze heures qu’on n’avait pas le temps d’y penser beaucoup. Les choses s’enchaînent ensuite jusqu’à ce moment tant attendu où nous nous retrouvons au sommet de la colline sur laquelle a été installée la statue monumentale de Notre-Dame de France du Puy-en-Velay. Mais juste avant que je prenne le micro pour lancer les choses, mon père m’interpelle : « As-tu vu les nuages ? » Sans que nous nous en rendions compte, une grande éclaircie était apparue et, à quinze heures pile, le ciel est entièrement bleu au-dessus de nos têtes, les nuages formant comme une couronne régulière, dans toutes les directions, loin de nous, à plusieurs kilomètres de distance. Un spectacle étonnant qui restera gravé dans ma mémoire et, depuis, je suis très attentif aux « miracles météorologiques » qui sont en réalité bien plus courants que ce que l’on peut imaginer. Quelques minutes après, les nuages reprendront le dessus, mais on aura encore droit à un rayon de soleil magnifique et puissant au moment de l’élévation eucharistique, lors de la messe. Mais ce petit clin d’œil, qui nous a réconfortés et réjouis sur le moment, n’était en fait qu’un petit élément d’une histoire tissée d’événements providentiels nombreux, depuis de longues années.
Un fil de grâces
Tout commence par une conversion, en apparence anodine, qui deviendra l’étincelle d’une aventure nationale, puis mondiale. En avril 1984, à Rome, Edmond Fricoteaux – notaire à Saint-Denis, venu surtout accompagner son épouse et un groupe d’élèves – est saisi au cœur par quelques mots du cardinal Bernardin Gantin à Sainte-Marie-Majeure. Il se confesse, ressort « assoiffé de Dieu » et, de retour en France, se met à lire, prier, chercher. À La Courneuve, sur la tombe du père Jean-Édouard Lamy, il implore un « amour immodéré » pour la Vierge : la grâce arrive, irrésistible. En quelques semaines, Edmond change de cap : il parle de Dieu à ses clients, entraîne des centaines de personnes en pèlerinage, entre dans la spiritualité de saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Ce basculement intérieur – discret sur le moment –apparaît comme une première action de la Providence : Dieu prépare un cœur.
« Notre-Dame de France » : la statue qui existait déjà
De cette conversion naît un désir : offrir à Marie une grande statue visible par tous, au bord d’un axe routier. Là encore, la Providence « devance » Edmond : en avion, il est assis à côté du père René Laurentin, qui lui trace le cap : l’accord de l’évêque du lieu, le soutien d’une congrégation, et surtout une Vierge portant l’Enfant. Edmond imagine alors une figure de sept mètres, coiffée des douze étoiles de la Rue du Bac… quand un « hasard » de carnet d’adresses le met en relation avec Antoine Legrand. Celui-ci lui révèle que la statue rêvée existe déjà : « Notre-Dame de France », œuvre de Roger de Villiers et de Raymond Subes, qui avait couronné le pavillon pontifical de l’Exposition universelle de 1937, puis sommeillait depuis des années, démontée, oubliée. S’ouvre une traque patiente : les archives, Amiens, l’église Saint-Honoré, le zoo (où la statue passa par l’enclos des girafes !), puis les sous-sols municipaux. Viennent 2 000 heures de restauration par un maître-serrurier, des soutiens multipliés, une souscription populaire (25 000 donateurs) et, le 15 octobre 1988 – exactement cinquante ans après le vœu du cardinal Verdier de voir cette statue « faire pendant au Sacré-Cœur de Montmartre » –, l’élévation à Baillet-en-France et la bénédiction par le cardinal Lustiger, sept évêques et le nonce, devant 52 000 personnes. Comme un premier sceau céleste, une grande foule se rassemble ; des conversions s’ensuivent. Beaucoup pensaient : « Mission accomplie. » En réalité, la Providence venait d’installer le tremplin.
Deux signes fondateurs : un rêve, une intuition
À peine la statue remise « sur sa colline », deux signaux convergents arrivent. D’abord, la lettre d’un jeune homme de Douai : un rêve puissant,au cours duquel il voit Notre-Dame de France, avec à ses pieds une foule immense, et des statues venues de toute la France. Puis la visite de monsieur Flichy et de trois amis, priants du carmel de Lisieux : dans leur oraison s’impose l’idée que des statues mariales – venues des diocèses – pourraient devenir pèlerines, de village en village, pour offrir des veillées de prière à Jésus et Marie, et « labourer » le pays. Deux « petits » faits subjectifs ? Ou, plus profondément, le même appel qui se précise par voies différentes : la Vierge, moins visitée, viendra visiter son peuple.
Dans la prière du chapelet et la méditation, Edmond reçoit et affine l’intuition : lancer un pèlerinage d’environ cent statues, ambassadrices des diocèses de France (et déjà l’horizon des cinq continents affleure). Le nom n’est pas encore fixé, mais l’élan, lui, l’est : les « Vierges pèlerines » sont conçues.
La maturation prudente (1989-1994) : « Visitation de Marie »
Reste à faire… l’impossible : convaincre, coordonner, financer, concrétiser. De 1989 à 1994, Edmond entreprend une tournée d’écoute et de propositions : cardinaux, archevêques, évêques – en France, en Europe, au-delà – reçoivent l’explication de ce projet de « Visitation de Marie ». On améliore, on reformule, on peaufine. Cette phase, souvent invisible, est capitale : elle enracine l’œuvre dans l’Église, assainit les écueils... Elle est aussi un temps où la Providence prépare et ajuste les personnes impliquées.
La rencontre qui a changé mon parcours (Pentecôte 1994)
À la Pentecôte 1994, alors que je demande depuis des mois à la Vierge Marie de me trouver une activité professionnelle plus compatible avec ma conversion, je suis pour la première fois en train de déjeuner avec celle qui deviendra un an plus tard mon épouse. Elle me présente ses parents, qui deviendront donc plus tard ma belle-famille, lorsque sœur Jeannine-Marie, de l’abbaye Notre-Dame de l’Ouÿe, à Dourdan, m’appelle en me disant de venir tout de suite parce qu’il y a chez eux en ce moment une personne qui parle merveilleusement de la Sainte Vierge. Je lui explique d’abord que ce n’est pas possible, mais elle insiste tellement que je finis par y aller, après le déjeuner : c’est là que je rencontre pour la première fois Edmond Fricoteaux ; il me décrit dans les moindres détails le projet des « Vierges pèlerines » qu’il a en tête : une première année de prières en France, qui se finit dans le « Champ des bergers », à Bethléem, en passant par cette grande prière qu’il veut organiser dans tous les pays du monde. À l’époque, je faisais des études de théologie et je lui réponds que son idée correspond parfaitement à ce que demande le pape Jean-Paul II, qui engage à se mettre en prière autour de Marie pour préparer le grand Jubilé de l’an 2000 « comme dans un Nouvel Avent ». Je me mets donc à sa disposition pour un an et il me charge de l’organisation, du maillage du territoire et de la constitution des équipes de bénévoles avec des responsables régionaux, départementaux, cantonaux et au niveau de chaque village. Edmond avait eu du mal à quitter sa famille et à faire quelques heures de route pour aller parler de la Mère de Dieu en ce dimanche de Pentecôte, mais il dira ensuite qu’il a été bien récompensé.
Le consensus ecclésial : liberté des laïcs, encouragement des pasteurs
Au printemps 1995, les choses s’accélèrent. Tous les évêques de France reçoivent un courrier présentant le projet et proposant une rencontre. Plus d’une trentaine d’entre eux sont visités ; les remarques sont intégrées, les formulations ajustées. Le 13 mai 1995, Mgr Duval, archevêque de Rouen et président de la Conférence épiscopale, fixe le cadre : initiative privée, portée par des laïcs, encouragée par plusieurs évêques responsables de grands sanctuaires marials. La formule est décisive : « On n’arrête pas une prière. » Elle garantit la liberté d’un élan venu d’en bas, tout en le cadrant dans la communion de l’Église. Le 24 juin 1995, dernier samedi avant les vacances, 500 délégués venus de tous les départements se rassemblent à Saint-Denis pour la révélation du projet. C’est la fête de la Saint-Jean-Baptiste et du Cœur Immaculé de Marie : « préparer les chemins du Seigneur ».
Les « impossibles » logistiques : une chaîne de dons et d’ingéniosité
Reste à résoudre l’insoluble matériel : en quelques semaines, l’infrastructure d’un mouvement national est montée. Les 108 statues et icônes sont reproduites, ainsi qu’une nouvelle image de Notre-Dame de France, sculptée à ma demande par madame Paulette Leconte. Une statue magnifique, qui sera finalement dupliquée et diffusée à plus de 15 000 exemplaires, dans le monde entier, et qui servira aussi au « M » de Marie. Le 13 juillet, 110 remorques (dont deux de secours) sont commandées dans le Nord. Un marché est conclu avec le CAT de Chinon (90 personnes en situation de handicap) pour transformer ces remorques en « Maisons de Marie », chapelles vitrées et moquettées, que la presse baptisera « mamamobiles ». Un contrat parallèle avec Peugeot et un loueur met à disposition 108 voitures blanches type 106. Un total de 370 000 livrets bleus sont édités et diffusés partout : ils déclenchent un flot de courrier, de dons, de propositions d’accueil, de chauffeurs bénévoles.
Le choix du Puy-en-Velay, antique sanctuaire au cœur de la France
Il fallait un starting-block qui soit un signe. Le Puy-en-Velay est le plus ancien sanctuaire marial d’Europe, capitale mariale dominée par une statue monumentale de la Vierge… nommée, elle aussi, « Notre-Dame de France », et son évêque, Mgr Henri Brincard, évêque du Puy, est très marial et nous accueille avec joie. Le 7 septembre au soir, 108 remorques et 108 images convergent de tous les départements vers la ville. Le lendemain, 8 septembre 1995 – fête de la Nativité de la Vierge –, la ville est pavoisée aux couleurs de Marie. Les statues prennent place sur les marches de la cathédrale, face à la foule ; les images font le tour du pays ; la télévision relaie partout un étonnement bienveillant. À quinze heures, sous un ciel qui se dégage, le pèlerinage se lance et, pendant la messe, un peu plus tard, Mgr Brincard, Mgr Gaidon, évêque de Cahors, et Mgr Van Thuan, venu spécialement de Rome, bénissent « Marie aux 108 noms », ambassadrices des diocèses. La foule répond : « Priez pour nous », comme un même chœur de provinces. Plus de 4 000 personnes communient à ce départ. Sept autres évêques – gardiens de grands sanctuaires – avaient écrit pour soutenir l’œuvre (Le Puy, Chartres, Le Laus, Pellevoisin, La Garde, Rocamadour, Liesse).
Un « Nouvel Avent » vers l’an 2000
L’élan ne vient pas de nulle part : Jean-Paul II a demandé que le Jubilé de l’an 2000 soit préparé, avec Marie, comme un « nouvel Avent ». Les Vierges pèlerines donnent un visage concret à cet appel. En un an (1995-1996), elles proposeront 40 000 veillées de prière, partout en France. Puis, en 1996, la dynamique s’ouvre au monde : bénédiction à Rome le 8 décembre ; visite au patriarche Bartholomée Ier, à Constantinople, le 14 décembre ; extension sur quatre ans à 120 pays ; et, le 24 décembre 1999, « point d’orgue » à Bethléem, avec 82 nationalités et douze Églises chrétiennes réunies pour la nuit de Noël. À l’arrière-plan, la même logique : Marie visite, réunit, prépare les cœurs.
Une œuvre de peuple : dons, talents, épreuves et fruits
La réussite tient à une alchimie très simple. Une idée humble, claire, portée par la prière ; un cadre ecclésial juste (initiative laïque, encouragement des pasteurs) ; et une masse de petites générosités qui composent un grand fleuve : des sculpteurs (91 au total), un mouleur (Hervé Capelli), des carrossiers, des imprimeurs, des chauffeurs bénévoles, des équipes diocésaines, des municipalités parfois inattendues, des médias souvent étonnamment ouverts. Il y a des épreuves, des critiques, des impondérables ; elles sont assumées avec patience et persévérance. Et des fruits en foule : retours à Dieu, conversions, guérisons, fioretti, au détour d’un village, d’une nationale, ou même, plus tard, sur une route de Bagdad ou dans le Kurdistan. Les « mamamobiles » étonnent, mais elles rassemblent.
Le 8 septembre 1995 : pourquoi ce jour est la « preuve »
Si l’on cherche le moment où tous les fils se nouent, c’est ce 8 septembre, au Puy. Tout y converge : la date liturgique (naissance de Marie), le lieu matriciel (le plus ancien sanctuaire marial d’Europe), le nom (Notre-Dame de France), la bénédiction d’un évêque gardien des lieux, la présence et la faveur de plusieurs pasteurs, l’adhésion populaire, la météo elle-même qui « s’ouvre ». Mais, derrière l’événement, on lit le patient tissage : une conversion (1984), une statue retrouvée (1988), deux signes concordants (rêve et intuition), des années d’enracinement (1989-1994), une rencontre charismatique et organisatrice (Pentecôte 1994), un cadre ecclésial sage (mai 1995), une date-signal (24 juin 1995), un miracle logistique (juillet-août 1995). Autrement dit : rien n’était « automatique », tout a été donné à point nommé. C’est précisément ce que l’on nomme, en langage croyant, la Providence.
Après le départ : une fécondité en cascade
Le « oui » du 8 septembre ne fut pas un feu de paille. En sept ans, le mouvement devient l’un des plus grands pèlerinages jamais organisés : des millions de chapelets distribués, des millions de kilomètres parcourus, près de 120 pays touchés, plus de 10 000 statues et icônes finalement envoyées dans le monde. Le projet « Marie de Nazareth » naîtra de cette sève (un centre spirituel à Nazareth) et la veillée de Bethléem, au deux millième Noël, scellera symboliquement l’intuition de départ : faire de Marie la pédagogue d’un « Avent » contemporain.
Le style d’Edmond : une foi qui rend tout possible
Reste la figure d’Edmond Fricoteaux, sans laquelle on ne comprend pas l’unité du récit. Sa foi, née en 1984, n’a jamais été une exaltation fugace : elle s’est traduite par de l’audace, de la ténacité, une capacité à « déplacer des montagnes » en associant des compétences extrêmement diverses. Il a reçu, discerné, consulté, rectifié, recommencé. Et, quand l’Église a dit : « initiative privée, encouragée », il a su rester à sa place – celle d’un laïc évangélisateur – en laissant la place aux pasteurs. C’est cette humilité efficace qui a permis au dessein de Marie de passer du « rêve » à la route.
Conclusion : la logique de la Providence
Regarder le 8 septembre 1995 comme un pur exploit d’organisation, ce serait manquer l’essentiel. Ce jour-là couronne un chapelet de « hasards » trop ajustés pour être de simples coïncidences : une parole qui transperce à Rome, une statue rêvée qui existe déjà, une trouvaille improbable dans les caves d’une mairie, un peuple qui souscrit, une foule qui se rassemble, un rêve et une intuition concordants, une rencontre de Pentecôte qui apporte la compétence pratique, des évêques qui cadrent sans étouffer, une date de la Saint-Jean-Baptiste et du Cœur Immaculé pour lancer le mouvement, des remorques livrées à temps et transformées par des mains souvent fragiles, des voitures blanches qui apparaissent quand il le faut, un livret bleu qui réveille la ferveur, un sanctuaire millénaire qui ouvre ses marches, un ciel qui s’éclaircit à l’heure précise.
La Providence n’abolit pas l’effort humain ; elle l’aimante et l’orchestre. Au Puy, le 8 septembre 1995, la France a vu une idée spirituelle devenir un fait : 108 Vierges pèlerines, « Marie aux 108 noms », partant bénies pour 40 000 veillées en un an. Il ne restait plus qu’à suivre – et à prier. C’est ce que fit une multitude ; et c’est pourquoi, longtemps après, on peut relire ce départ non comme un souvenir mais comme un signe : quand Marie veut visiter ses enfants, Dieu prépare les chemins.
Olivier Bonnassies
Olivier Bonnassies, est ancien élève de l’École Polytechnique (X86), diplômé de l’Institut HEC start up et de l’Institut Catholique de Paris (licence en théologie).
Entrepreneur, il a créé plusieurs sociétés. Non croyant jusqu’à l’âge de 20 ans, il est auteur d’une vingtaine de livres et de vidéos et de quelques spectacles, scénarios, articles, newsletters et sites Internet comme Marie de Nazareth sur des sujets souvent liés à la rationalité de la foi.
Au delà
Prenez Marie chez vous ! Des statues de Notre-Dame de France de 90 ou 45 centimètres peuvent être acquises facilement. À l’image de Joseph ( Mt 1,20 ) ou de Jean ( Jn 19,27 ), prendre ainsi Marie « chez soi » est un acte de foi par lequel nous accueillons au cœur de nos vies la Vierge, qui vient avec Jésus, doux et humble de cœur, offrir toute sa protection et sa tendresse.
Aller plus loin
Le magnifique documentaire de Pierre Barnérias qui retrace en image l’ensemble de l’aventure des Vierges pèlerines.
En complément
Le mouvement de prière des Vierges pèlerines raconté dans « Notre Histoire avec Marie »
L’histoire de la statue monumentale de Notre-Dame de France , d’ Edmond Fricoteaux et du pèlerinage de Notre-Dame de France racontée sur le site de la confrérie Notre-Dame de France
Le livre Notre-Dame de France en images (tome 1), Téqui, 1999.
Source : 1000 raisons de croire
07/09/2025
Le pape a souligné dans son homélie l'importance de ne pas "gaspiller sa vie en dehors du projet de Dieu", un message qui résonne avec force dans notre société moderne. La sainteté, loin d'être un idéal lointain, est présentée comme un chemin concret, celui du détachement de soi pour adhérer à la volonté divine.
Dans ce contexte, le pape Léon XIV a mis en parallèle les vies de ces deux nouveaux saints, les présentant comme des modèles pour la jeunesse d'aujourd'hui :
Pier Giorgio Frassati : cet étudiant du XXe siècle, dont la joie de vivre et la charité lui ont valu le surnom d'« entreprise de transport Frassati », a montré qu'une foi authentique se traduit par une action sociale et politique courageuse.
Carlo Acutis : cet adolescent du XXIe siècle, passionné d'informatique, a su allier ferveur eucharistique et culture numérique. Il a laissé un héritage puissant, montrant que la sainteté peut s'épanouir au cœur de la vie quotidienne. "Devant le soleil, on se bronze. Devant l’Eucharistie, on devient saint", disait-il.
Le pape a également utilisé l'exemple de Carlo Acutis pour mettre en évidence la force de l'Eucharistie face aux critiques et aux remises en question. On pense à ce propos à la polémique récente avec le théologien Andrea Grillo, qui a qualifié la piété eucharistique de Carlo Acutis d'« obsessionnelle » et de « dépassée ».
En réaffirmant que « la tristesse, c’est le regard tourné vers soi-même, le bonheur, c’est le regard tourné vers Dieu », Léon XIV a rappelé l'importance de se tourner vers le Christ pour trouver le bonheur.
Un appel direct à la jeunesse
Cette double canonisation est une exhortation pour la jeunesse à ne pas avoir peur de la radicalité de l'Évangile. Pour le pape, la vie doit être un chef-d'œuvre. Cet appel fort reprend d'ailleurs la devise de Frassati, "Verso l'alto, vers le sommet", et invite chacun, croyant ou non, à orienter sa vie vers le haut.
Ces deux nouveaux saints, l'un du début du XXe siècle et l'autre du début du XXIe, incarnent, chacun à leur manière, la vocation de tout baptisé à la plénitude de la vie chrétienne. Ils illustrent, avec éloquence, que la jeunesse n'est pas une période d'attente, mais un moment de floraison de la sainteté.
06/09/2025
L'article s'ouvre sur un constat sombre : la persécution des chrétiens se multiplie à travers le monde, que ce soit en République démocratique du Congo, en Inde ou même en France. Cette réalité fait écho aux paroles du Christ lui-même, citées par l'auteure, qui affirment ne pas être venu apporter la paix, mais le "glaive" et la "division" (Matthieu 10, 34 et Luc 12, 51). Ces paroles, paradoxales pour une vision humaine de la paix, sont la clé pour comprendre que la paix du Christ ne s'obtient pas par des compromis ou des trêves artificielles, mais par une fidélité inébranlable au "vrai bien".
Une jeunesse enracinée et fidèle 🙏
Maitena Urbistondoy souligne un signe d'espoir au milieu de ce chaos : le Jubilé des jeunes à Rome. Cet événement, qui a rassemblé des millions de jeunes catholiques, n'est pas vu comme une simple parenthèse d'enthousiasme, mais comme la preuve qu'une jeunesse enracinée dans la foi refuse de se résigner. L'auteur met en garde contre deux extrêmes : s'enflammer au point de se décourager ou, au contraire, refroidir l'ardeur par des exigences trop lourdes. L'idée est plutôt de cultiver une paix intérieure qui n'est ni vengeance, ni complaisance, mais une force qui se manifeste à travers la charité et la persévérance.
L'article insiste sur l'importance de l'exemple des martyrs de notre temps, qui nous enseignent que "la paix du Christ n'est pas donnée en dehors de la Croix". Accepter le combat pour la vérité, c'est aussi accepter d'être rejeté et de faire face à l'inconfort. La paix chrétienne se manifeste "dans la fidélité jusqu'au bout, même quand tout semble s'effondrer autour de nous". L'auteur conclut cette section en citant Pie XI, qui rappelait la nécessité d'une paix qui pénètre les cœurs, loin d'une paix "artificielle et extérieure".
Être artisans de paix aujourd'hui ✨
L'éditorial aborde ensuite les défis de notre époque, marquée par un "effondrement moral et culturel". Face à des dérives telles que la sélection d'embryons selon des critères arbitraires, le chrétien n'est pas appelé à "subir" mais à "rayonner". Ce rayonnement est une manifestation de la vraie paix qui existe déjà, "même au milieu des tempêtes".
L'auteur le résume bien :
« Il nous revient d’être la lumière dont le monde a besoin en incarnant l’équilibre qui vient de Dieu. »
Cet appel à être un "artisan de paix" est exigeant. Il nous demande de défendre inlassablement la vérité de l'Évangile, non pas comme une option parmi d'autres, mais comme le témoignage d'un bien supérieur. La conclusion de l'article est un véritable appel à l'action. Loin de s'idéaliser un passé révolu ou un futur imaginaire, Maitena Urbistondoy nous invite à vivre la paix du Christ dans le présent, en écho à la célèbre exhortation de Saint A
ugustin :
« Ne dites pas que les temps sont mauvais, vous êtes les temps. Soyez bons et les temps seront bons. »
En somme, cet éditorial nous rappelle que la paix du Christ n'est pas une passivité, mais une force active et vivante, un combat pour la justice qui nous transforme nous-mêmes et le monde qui nous entoure.
05/09/2025
Une joie qui se nourrit de la souffrance
Alors que la tuberculose la consume et que ses jours sont comptés, Thérèse de Lisieux choisit de ne pas s'enfermer dans l'amertume. Loin d'être un hymne à la douleur, son poème « Ma joie » est une offrande, un acte d'amour qui transforme l'épreuve en un chemin d'union avec Dieu.
Elle ose affirmer : « Vraiment je suis par trop heureuse, / Je fais toujours ma volonté…. / Pourrais-je n’être pas joyeuse / Et ne pas montrer ma gaîté ?… ».
Cette joie ne se nourrit pas d'une absence de souffrance, mais de l'acceptation de celle-ci, comme le révèlent ces vers saisissants : « Ma joie, c’est d’aimer la souffrance, / Je souris en versant des pleurs / J’accepte avec reconnaissance / Les épines mêlées aux fleurs. ».
Thérèse de Lisieux ne fuit pas l'épreuve, elle l'accueille comme une participation au mystère de la croix, une manière de s'unir à la Passion du Christ. C'est en se faisant toute petite qu'elle trouve une force inépuisable : « Ma joie, c’est de rester petite / Aussi quand je tombe en chemin / Je puis me relever bien vite / Et Jésus me prend par la main ».
Un message intemporel de résilience et d'amour
À notre époque, où la douleur est souvent perçue comme un obstacle à éliminer, le poème de Thérèse de Lisieux est une véritable provocation. Il nous invite à changer de perspective et à voir la souffrance non pas comme une fatalité, mais comme une opportunité de croissance et de liberté intérieure.
« Je veux bien souffrir sans le dire / Pour que Jésus soit consolé / Ma joie, c’est de le voir sourire / Lorsque mon cœur est exilé…. ».
Pour Thérèse, la joie n'est pas un simple sentiment éphémère, mais un état d'être profondément enraciné dans l'amour. Cet amour la pousse à affirmer que même dans l'adversité, sa seule joie est de pouvoir faire plaisir à Dieu : « Ma seule joie sur cette terre / C’est de pouvoir te réjouir. ».
En nous montrant comment transformer les épreuves en une offrande d'amour, Thérèse de Lisieux nous livre une clé précieuse pour affronter la dureté de la vie. Son poème est un rappel puissant que, même au cœur de l'ombre, une joie profonde et inaltérable peut naître et tout transfigurer.
« Ma joie » (PN 45, 21 janvier 1897)
« Il est des âmes sur la terre
Qui cherchent en vain le bonheur
Mais pour moi, c’est tout le contraire
La joie se trouve dans mon cœur
Cette joie n’est pas éphémère
Je la possède sans retour
Comme une rose printanière
Elle me sourit chaque jour.
Vraiment je suis par trop heureuse,
Je fais toujours ma volonté….
Pourrais-je n’être pas joyeuse
Et ne pas montrer ma gaîté ?…
Ma joie, c’est d’aimer la souffrance,
Je souris en versant des pleurs
J’accepte avec reconnaissance
Les épines mêlées aux fleurs.
Lorsque le Ciel bleu devient sombre
Et qu’il semble me délaisser,
Ma joie, c’est de rester dans l’ombre
De me cacher, de m’abaisser.
Ma joie, c’est la Volonté Sainte
De Jésus mon unique amour
Ainsi je vis sans nulle crainte
J’aime autant la nuit que le jour.
Ma joie, c’est de rester petite
Aussi quand je tombe en chemin
Je puis me relever bien vite
Et Jésus me prend par la main
Alors le comblant de caresses
Je Lui dis qu’Il est tout pour moi
Et je redouble de tendresses
Lorsqu’Il se dérobe à ma foi.
Si parfois je verse des larmes
Ma joie, c’est de les bien cacher
Oh ! que la souffrance a de charmes
Quand de fleurs on sait la voiler !
Je veux bien souffrir sans le dire
Pour que Jésus soit consolé
Ma joie, c’est de le voir sourire
Lorsque mon cœur est exilé….
Ma joie, c’est de lutter sans cesse
Afin d’enfanter des élus.
C’est le cœur brûlant de tendresse
De souvent redire à Jésus :
« Pour toi, mon Divin petit Frère
Je suis heureuse de souffrir
Ma seule joie sur cette terre
C’est de pouvoir te réjouir.»
« Longtemps encor je veux bien vivre
Seigneur, si c’est là ton désir
Dans le Ciel je voudrais te suivre
Si cela te faisait plaisir.
L’amour, ce feu de la Patrie
Ne cesse de me consumer
Que me font la mort ou la vie?
Jésus, ma joie, c’est de t’aimer! »
D'après Tribune Chrétienne