Notre église 

 

11/06/24

Le Rassemblement national arbore les mines réjouies des grands jours : la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron est clairement perçue par ses dirigeants comme une occasion de croissance : arrivé en tête dans la plupart des communes de la quasi-totalité des départements, il se voit massivement représenté au Palais-Bourbon le 7 juillet et pourquoi pas chargé de former un gouvernement de cohabitation. Alors… alléluia ? Le redressement intellectuel et moral de la France, son redressement spirituel même seraient-ils en vue ? L’espoir humain est-il permis ? Et l’espérance, alors, qui est d’ordre surnaturel ?

Pauline Mille nous dit par ailleurs les risques et les écueils d’une situation préparée, voire organisée par ce « maître d’échecs » autant que des horloges qu’est Emmanuel Macron. Ce promoteur inlassable de la culture de mort – qui a fait « constitutionnaliser » l’avortement, qui a participé au démantèlement de la politique familiale, qui a fait piétiner les libertés au moment de la crise du covid ; qui soutient, aussi, les « droits LGBT », pensez à la PMA pour les lesbiennes légalisée en 2021 et au bouleversement de la filiation consécutif à la révision des lois bioéthiques ; qui manque de peu la réalisation de son vœu urgent de faire légaliser l’euthanasie – n’attend sans doute pas de changement sur ce front-là.

 

La dissolution de l’Assemblée ne la rendra pas forcément meilleure


Emmanuel Macron n’a pas pris toutes ces décisions délétères seul : il les a encouragées, il y a présidé, il les a entérinées par sa signature. Le Parlement a participé à la funeste aventure. Et l’Assemblée nationale au premier chef, souvent grâce à l’indifférence voire à la complicité du Rassemblement national dont la « dédiabolisation » est sous ce rapport une contradiction dans les termes, puisqu’il ne s’est pas dressé contre les succès d’une politique proprement infernale, en ce qu’elle rejette frontalement la loi de Dieu.

La France sera-t-elle sauvée par le changement espéré le 7 juillet prochain ? Il en faudra plus, certainement, qu’une nouvelle majorité qui marquera un possible réaménagement des lignes au sein de l’hémicycle, mais pas l’avènement d’une ligne radicalement contre-révolutionnaire. Cet espoir-là ne nous est pas permis, puisqu’il n’a pas été rempli depuis le vote de 2022, ne serait-ce qu’en raison du manque de combativité collective de ceux que l’on désigne comme « l’extrême-droite ». Le discours du RN a d’ailleurs bien souvent des relents socialistes.

La seule consolation en l’état est le coup de frein brutal mis au débat sur la « fin de vie » ; c’est un répit, peut-être même une occasion de se ressaisir… Car contrairement à l’espoir, généralement compris comme un sentiment aux fondements très humains, l’espérance repose sur le roc inébranlable de la certitude du rôle de Dieu dans l’histoire, Lui qui en est le véritable maître et qui promet à l’homme le triomphe final du Bien. Oui, mais quand, Seigneur…

 

L’espoir de la France passe aussi par l’œuvre des hommes


Sans doute, quand la maison brûle, l’urgence est-elle d’éteindre l’incendie. Aucun pompier n’est alors de trop. Aujourd’hui la lutte contre de grands maux que les partis dits d’« extrême-droite » veulent combattre, la politique d’immigration et sa sœur jumelle, la destruction des souverainetés nationales, les deux passant (notamment) par le truchement de l’Union européenne, est en effet une nécessité – d’aucuns parleront de « politique d’abord ».

Mais il reste que Dieu n’est pas propice à ce et à ceux qui Le rejettent, qui négligent sa loi, qui moquent sa volonté. La France, fille aînée de l’Eglise, a à cet égard des devoirs particuliers, une responsabilité venue des grâces insignes qu’elle reçut avec l’eau qui coula sur son front de première nation baptisée. Comme les « recommençants » retrouvant le chemin de la pratique religieuse, il lui faudra bien retrouver le Christ-Roi – c’est-à-dire la juste hiérarchie des pouvoirs et des devoirs – dans une conversion, une renonciation à l’apostasie collective.

A l’heure où la France est prise dans une gangue de peurs qui lui sont infligées pour mieux la soumettre – Emmanuel Macron les a brandies dimanche soir lors de son insolite « adresse aux Français » post-électorale, évoquant les « dangers extérieurs » (comme la guerre en Ukraine) et le « dérèglement climatique » qui sert de prétexte à tant de contraintes néfastes – il faut sans doute se battre politiquement, mais sans oublier ce combat spirituel qui concerne assurément aussi les nations.

 

Rendre l’espérance à la France, une œuvre spirituelle


La Vierge de Fatima avait averti en 1917 que la Russie répandrait ses erreurs à travers le monde faute de consacrer celle-ci à son Cœur Immaculé ; Jésus dit par la suite à sœur Lucie, qui rapporta cela dans une lettre de 1936, que ce serait fait par le Saint-Père, mais « bien tard ». Ces erreurs, comment ne pas y voir l’apostasie généralisée et, au-delà des révolutions communistes visibles, le « marxisme culturel » si visiblement à l’œuvre dans le monde entier ?

Au fond, quel espoir entretenir quand on ne met pas en œuvre les exigences de la véritable espérance, conditionnée par la foi ? C’est l’intuition de l’invocation du P. Emmanuel du Mesnil-Saint-Loup : « Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous. » Il faut se tourner vers Dieu – il faut la grâce d’une conversion à Dieu – pour que l’espérance soit possible, pour qu’elle nous remplisse, pour croire aux heureuses issues que Dieu-même promet sans l’ombre d’un doute. Depuis le salut éternel des âmes rachetées jusqu’au triomphe du Cœur Immaculé de Marie.

 

Marie, espérance des patries charnelles


Marie, cette mère qui prend soin aussi des patries charnelles et de nos besoins d’ici-bas… Marie qui disait à Guadalupe à son petit « Juan Diegotzin », interpellé comme un petit enfant chéri : « Mets bien ceci dans ton cœur : ce qui t’afflige, ce qui t’effraye n’est rien. Que ton visage ne se trouble aucunement, non plus que ton cœur. Ne crains pas cette maladie ni aucune autre épreuve, n’aie nulle angoisse, nulle peine. Ne suis-je pas là, moi qui suis ta mère ? N’es-tu pas sous mon ombre, sous ma protection ? N’est-ce pas moi qui suis ta santé ? N’es-tu pas au creux de mon manteau, dans mon giron ? Que te faut-il de plus ? »

 

Confiance et docilité à la volonté divine sont les ressorts de cette espérance ; on peut dire que les politiques français n’en prennent pas le chemin et les paroles du Christ à sœur Lucie de Fatima, au printemps de 1931, l’illustrent hélas de manière saisissante. Il parlait du refus de Pie XI de consacrer la Russie, de la négligence des fidèles à pratiquer la dévotion de la communion réparatrice des cinq premiers samedis du mois : « Fais savoir à mes Ministres (le Pape et les Evêques ndlr), étant donné qu’ils suivent l’exemple du Roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. »

Il n’est jamais trop tard dans ce bas monde pour se retourner vers Dieu. « Aux armes, citoyens ! », dit la Révolution. Vos armes sont vos chapelets, dit Notre Dame de Fatima aux sujets bien-aimés du Roi du Ciel et de l’Univers que nous sommes. Et Il peut tout utiliser, même une élection anticipée ou un changement de gouvernement, pour que son règne arrive.

 

Jeanne Smits sur RITV

 

Horaires de cette semaine
dans notre église 

Messes de rite tridentin

Lundi 17 à jeudi 20 juin,
Messe à 9h30

suivie de l'Adoration Eucharistique 
et confessions de 10h15 à 12h.

 

 Vendredi 21 juin

Messe à 19h

Adoration Eucharistique 
et confessions de 19h45 à 22h.


Samedi 22 juin
Adoration eucharistique à 10h

Messe à 11h

Dimanche 23 juin, 
5e dim. ap. la Pentecôte 

Messe chantée à 10h30


À retenir :

Fête paroissiale le 30 juin

 

 

 

 

AYMERIC POURBAIX - LA FRANCE CATHOLIQUE

 

8/06/24

 

La France est décidément un pays étrange. En 1873, moins d’un siècle après la Révolution où l’Église a failli être balayée, l’Assemblée nationale vote une loi d’utilité publique pour construire un sanctuaire, afin d’obtenir « l’infinie miséricorde du Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ », et faire « cesser les malheurs de la France » après la défaite de 1870 (texte du Vœu national).

Le 31 mai 1940, à la veille de la guerre contre l’Allemagne, du haut de cette même basilique de Montmartre, la France est consacrée au Sacré-Cœur en présence du gouvernement, et c’est le général de Castelnau, fondateur de La France Catholique, qui prononce le discours.

 

Blessure et désamour

Alors que les électeurs des 27 pays européens s’apprêtent à élire leurs représentants au Parlement de Strasbourg, c’est dire combien la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus a partie liée avec l’histoire, non seulement religieuse, mais aussi politique.

 

Pour beaucoup, le refus d’inscrire les racines chrétiennes de l’Europe dans le préambule de la Constitution européenne, en 2004 – à l’instigation de Jacques Chirac –, reste une blessure et a révélé un désamour vis-à-vis du projet européen. Robert Schuman, un des pères de l’Europe, avait pourtant prévenu : « Il […] est impossible d’accepter que l’État ignore systématiquement le fait religieux, qu’il lui oppose un parti pris qui frise l’hostilité ou le mépris. » Non seulement par principe, mais également par réalisme politique, de par « l’extraordinaire efficacité de l’inspiration religieuse (…) contre les forces de la désagrégation sociale ».

 

Aujourd’hui, qui ne constate l’inquiétante progression de cette désagrégation, en France et en Europe, que révèle notamment l’importation du conflit israélo-palestinien sur notre sol ? À cet égard, le témoignage du maire de Montfermeil est édifiant par son courage et son constat de la paix, relative, apportée à sa commune qu’il a consacrée au Sacré-Cœur.

 

À l’autre bout du monde, au Salvador, pays consacré au Sacré-Cœur en 2006 après avoir été la proie des gangs et de la guerre civile, aucune législation ne vient attenter à la loi naturelle, au début comme à la fin de la vie… Cette paix civile, toujours fragile, est un des fruits visibles de la nécessité pour des communautés, des villes, et des pays de se placer sous la protection de ce divin Cœur.

C’est pourquoi, en définitive, le meilleur programme politique n’est pas celui des partis, qui promettent monts et merveilles sans aucune certitude de pouvoir tenir leurs promesses. Mais bien plutôt celui du Christ, qui en apparence n’est pas le plus enthousiasmant, car il passe par la Croix : « Ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront » (Mc 10, 33-34). Sauf que trois jours plus tard, la Résurrection constitue la plus éclatante des victoires !

 

À sa suite, Jeanne d’Arc, dont on prépare le sixième centenaire, peut être appelée la sainte de l’espérance politique, la vraie, celle qui n’inverse pas la hiérarchie entre Dieu et César et assure la Royauté du Christ. Jeanne aussi est passée par la croix, avant d’être réhabilitée, canonisée et nommée patronne secondaire de la France, pour avoir suivi une loi intangible : « Messire Dieu premier servi ! »

 

 

 

 

 

 

1er juin 2024

C’est une réflexion qui nous vient d’Argentine, et qui interpelle directement les Français, écrit en Français sur le blog du vaticaniste italien Marco Tosatti et reproduit par Benoit et Moi.
L’auteur, Bernardino Montejano est professeur de philosophie du droit à l’université catholique pontificale Santa Maria de Buenos Aires.


Après quelques considérations peu amènes sur Emmanuel Macron qui pour lui est “la pire chose pour la France, peut-être une punition divine pour l’infidélité d’une nation, autrefois connue comme “la fille aînée de l’Eglise””. Et de rappeler en parallèle que notre président, le 23 novembre 2023, lors de sa visite au Grand Orient de France, a prononcé une ode à la franc-maçonnerie, « fille aînée des Lumières », dont l’œuvre apporte « une parole de raison, porteuse de progrès dans une époque d’irrationalité ».

Quel rapport avec St Louis ? Bien sûr, vous devinez la réponse !
L’auteur met ici en balance la politique du président Français avec celle de St Louis qui a suivi scrupuleusement les conseils testamentaires de sa mère Blanche de Castille.

 

Voici ce magnifique texte qui a traversé les siècles sans la moindre ride :

 

« Mon très cher fils, la première chose que je veux t’apprendre, c’est d’aimer Dieu de tout ton cœur : sans cela, personne ne peut être sauvé.
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Garde-toi de faire quoi que ce soit qui déplaise à Dieu, c’est-à-dire le péché mortel. Au contraire, tu dois être prêt à souffrir toutes sortes de martyres avant de commettre un péché mortel.
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Si Dieu t’envoie des adversités, supporte-les avec patience et remercie Dieu. Pense que tu l’as mérité et que tout sera pour ton bien.
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S’il t’accorde la prospérité, tu dois l’en remercier humblement, et prendre garde à ce que ce ne soit pas à ton détriment, par vaine gloire ou pour toute autre raison ; car c’est un très grand péché de guerroyer Notre Seigneur de ses dons.
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Confesse-toi souvent et choisis un confesseur sage qui saura t’enseigner ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter. Avec le confesseur et tes conseillers, comporte-toi de telle sorte qu’ils soient encouragés à corriger tes fautes.
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Assiste volontiers et avec dévotion au service de la sainte Église, en particulier à la messe.
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Aie le cœur doux et compatissant pour les pauvres, les malheureux et les affligés ; aide-les et réconforte-les selon tes capacités.
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Garde les bonnes coutumes du royaume et lutte contre les mauvaises. Ne convoite pas ton peuple et garde-toi d’impôts excessifs.
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Si ton cœur est troublé, confie-toi à ton confesseur ou à un sage et tu seras soulagé.
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Recherche des compagnons prudents et loyaux, religieux ou laïcs, et évite les mauvaises fréquentations.
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Écoute volontiers la parole de Dieu et garde-la dans votre cœur. Demande des prières et des indulgences. Aime ce qui est utile et bon, déteste le mal, où qu’il se trouve. Ne permets pas que l’on prononce en ta présence des paroles dissolues, des calomnies ou des blasphèmes.
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Rends grâce à Dieu pour tous ses bienfaits, et tu seras ainsi digne d’en recevoir de plus grands.
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A l’égard de tes sujets, agis en toute droiture et justice, sans te tourner ni à droite ni à gauche.
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Sois toujours plus du côté des pauvres que de celui des riches, jusqu’à ce que tu saches quel est le bon côté.
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Veille avec la plus grande diligence à ce que tous vivent dans la paix et la justice.
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Honore et aime tous les membres de la Sainte Église, et ne regarde pas leurs fautes. Accorde les bénéfices ecclésiastiques à des personnes honnêtes et capables.
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Honore et révère ton père et ta mère, et suis leurs conseils.
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Tâche d’éviter toute guerre ; et si tu es obligé de faire la guerre, réduis-en les dommages autant que possible. S’il y a des querelles ou des guerres entre tes vassaux, éteins-les le plus tôt possible.
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Veille à avoir de bons magistrats, contrôle-les souvent, et contrôle aussi le personnel de votre palais. Vois s’ils sont tentés par la corruption, le mensonge ou la fraude. Ajuste les dépenses de ton palais pour qu’elles ne dépassent pas le raisonnable.
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Bannis de ton royaume toute méchanceté, tout parjure et toute hérésie…. ».

Adapté de :     https://www.benoit-et-moi.fr/2020/2024/05/30/de-saint-louis-a-macron/
  

 

 

Brèves de parvis