Le blog du Temps de l'Immaculée.
28/05/2025
Il fut un temps où le processus révolutionnaire, né hélas sur notre sol, réduisait ses effets néfastes à la sphère politique, bien qu’essayant toujours de déborder sur les autres domaines puisque l’ennemi à abattre était d’abord le vrai Dieu. Le marxisme, décliné sous toutes ses couleurs, franchit un pas supplémentaire en affirmant qu’il n’existait aucune limite à l’action révolutionnaire et que la politique absorbe la morale. Cette thèse, aussitôt mise en pratique, sera celle de Lénine et de Trotsky lorsque ce dernier écrit à la fin de sa vie, en 1938, Leur morale et la nôtre.
Changer la nature humaine
Le philosophe italien Augusto Del Noce, dans un article éclairant datant de 1969, au lendemain de Mai 1968, souligne cette nouveauté à propos du communisme soviétique qui donnera ensuite le ton à tous les mouvements révolutionnaires :
"Il n’y a pas de séparation entre les fins et les moyens, ces derniers étant organiquement subordonnés à la fin qui se déduit du devenir historique ; toute violence, tout stratagème, tout procédé illégal, toute dissimulation et toute tromperie deviennent donc licites s’ils sont considérés comme nécessaires à la fin" ("Comment se défait un monde", L’Europa, III, n°38, 1er décembre 1969).
Une telle assimilation destructrice de la morale par la politique n’est plus la chasse réservée des totalitarismes. Il est facile de repérer le même mouvement dans les régimes démocratiques qui utilisent, en tout ou en partie, des procédés identiques. La société française contemporaine est particulièrement touchée par cette distorsion. En elle se sont rencontrées toutes les énergies révolutionnaires, celles héritées du marxisme, celles léguées par le surréalisme — à partir de Sade — qui désirait remodeler l’intellect humain en s’alignant sur la doctrine communiste, celles mises en œuvre par le "wokisme" et le féminisme. Le but est toujours sculpté dans le même bois : le changement de la nature humaine. Cette nouvelle révolution copernicienne, beaucoup plus intégrale que la première, désigne toujours un unique adversaire à abattre, quelles que soient par ailleurs les divergences entre les différentes formes de révolution : la Révélation chrétienne et le "système" qui en a découlé.
Détruire les mœurs
Deux visions de l’homme et du monde s’affrontent : celle qui regarde l’évolution comme critère sacré pour atteindre la fin de la révolution ; celle qui croit en l’immutabilité de la nature humaine, uniquement sauvée par le Christ. Le régime libéral, navigant entre deux eaux, embrasse en fait les principes de la révolution lorsqu’il croit, lui aussi, que la loi morale naturelle peut être transgressée si besoin est, pour conduire l’homme vers le "progrès" : contraception, avortement, gestation par et pour autrui, manipulations génétiques, eugénisme, euthanasie etc. Ayant constaté l’échec de la transformation économique tant rêvée, les révolutionnaires — y compris ceux, bourgeois, aux méthodes plus douces — ont vite compris que les mœurs étaient le fer de lance à fragiliser et à détruire. Un manifeste du Parti communiste italien des années 1960 attaque directement la morale chrétienne en proposant Sade et Freud pour ouvrir une brèche dans le rempart chrétien et, ainsi, remplacer le christianisme par une autre doctrine et une éthique à l’inverse de ses valeurs (in Tracts surréalistes et déclarations collectives, 1922-1969, "Rupture inaugurale").
Regarder d’abord vers le ciel
Être au clair avec la conception révolutionnaire qui a imbibé toutes les mentalités et toutes les institutions — y compris, parfois inconsciemment, celles qui pensent se situer aux antipodes — permet de redonner la priorité à ce qui le mérite. Deux conceptions se font face : changer l’homme, et, par suite changer en partie le monde à travers lui ; ou bien changer le monde et, par ricochet, créer un nouvel homme. La première est chrétienne, la seconde est révolutionnaire (de couleur rouge, rose, brune ou noire). La première respecte la personne et sa liberté ; la seconde préfère les idéaux sans souci des dégâts majeurs et collatéraux. Le dernier mot pour l’homme n’est point la transformation des structures matérielles, très secondaires. Il est contenu dans l’Ascension, apothéose de la Résurrection. Seul le regard qui s’élève d’abord vers le ciel peut ensuite se poser sur les choses terrestres d’une manière juste et appropriée.
Notre époque manque de lumière car elle ne veut plus s’exposer à l’illumination, à la théophanie de ces événements de la vie du Christ. Elle choisit de se cantonner dans le monde connu, rétréci, confus et sombre. Notre mentalité révolutionnaire a décidé que nous pouvons transformer le monde, et même le monde moral. Elle a pour assise la négation : des valeurs permanentes, de la religion, de la métaphysique, de la morale, de la tradition c’est-à-dire de ce qui est transmis. Augusto Del Noce utilise là aussi le bistouri pour découvrir les ressorts d’une telle chute et ses conséquences :
"Que reste-t-il après toutes ces destructions ? L’atome social, l’homme qui est entièrement réduit à sa fonction, à un organisme à la finalité duquel il ne peut du reste participer, parce qu’elle s’épuise dans la pure activité de produire. La réification a atteint son degré le plus haut ; mieux, elle est devenue principe universel" ("La mort du sacré", L’Europa, IV, n. 22/23, 30 septembre 1970).
Consolider sa vie intérieure
Pas étonnant que le résultat soit la substitution de l’assistanat à la charité, du sexe à l’amour, de l’hédonisme à l’esprit de sacrifice, etc. Lever les yeux vers le ciel, pour se nourrir de la transcendance socle de toute la création, est un exercice devenu rare et périlleux. Les sociétés occidentales ont voulu en faire l’économie en réclamant et en déclarant leur pleine autonomie. Elles ont déraciné leur apport en oxygène. À la place du christianisme ainsi maltraité, elles ont laissé s’installer des "spiritualités" de substitution, d’origine orientale, mais aussi tous types de sorcellerie, de spiritisme, sans parler de la progression de l’islam qui s’installe là où se trouve le vide et la lâcheté. L’harmonisation de vérités partielles, de parcelles de vérité, en une synthèse supérieure, est une utopie lorsque nous sommes en présence d’un système philosophique et politique qui nie ou relativise l’apport essentiel de la Révélation chrétienne.
Si saint Luc, dans les Actes des Apôtres, insiste sur le regard des disciples fixé sur les nuées au sein desquelles le Maître venait de disparaître, ce n’est pas hasard d’écriture. Il connaît l’opposition du monde à la vérité, et il montre ainsi que tout chrétien doit prioritairement consolider sa vie intérieure par la contemplation du surnaturel, avant de pouvoir, à l’invitation des anges, se détacher pour envisager, dans un second temps, l’action concrète et terrestre. Que nous le voulions ou non, nous sommes des citoyens du ciel, et non point des "citoyens du monde" anonymes et interchangeables, chair à canon de toutes les révolutions.
27/05/2025
Une Transgression Éthique Inacceptable
Ce 27 mai 2025 restera sans doute dans l’histoire comme le jour où la République a légalisé l’irréparable. Pour la première fois, la ligne rouge fondatrice du droit : « Tu ne tueras point » est effacée par un vote parlementaire. C'est une transgression éthique majeure, une violation du principe fondamental de non-malfaisance qui est au cœur même de la médecine et de la philosophie du soin. Nous assistons à une rupture flagrante avec les lois Leonetti et Claeys-Leonetti, qui, malgré leurs nuances, privilégiaient l'éthique du soin, de l'accompagnement et du soulagement de la souffrance sans jamais induire la mort.
Quand les Mots Masquent la Réalité
Le langage utilisé pour défendre cette loi est symptomatique d'une tentative de masquer la réalité. Parler d'« aide à mourir » est un euphémisme glaçant, un terme anesthésiant qui cherche à dédouaner une décision aux conséquences irréversibles. Derrière ces mots, il y a la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie, des actes qui, jusqu'à présent, étaient considérés comme des interdits éthiques fondamentaux.
Le Paravent des Soins Palliatifs : Un Cynisme ?
Il est d'autant plus insupportable de constater que le vote quasi unanime (560 voix) en faveur du renforcement des soins palliatifs ait servi de caution morale à cette loi sur la mort provoquée. Comme l'a si bien dit Patrick Hetzel (LR) : « Le soutien aux soins palliatifs ne doit pas devenir la caution pour légitimer une mort provoquée. » Ce soutien, nécessaire et vital, ne doit en aucun cas être instrumentalisé pour justifier une loi qui va à l'encontre même de l'esprit du soin.
Des Garanties Insuffisantes, des Dérives Annoncées
Ce texte, présenté comme « encadré », reste d’une imprécision redoutable. Des notions comme « affection grave », « souffrance psychique » ou « volonté exprimée librement » sont d'une ambiguïté qui ouvre la voie à des interprétations laxistes et à des abus irréversibles. Le collectif Soins de Vie a d'ailleurs dénoncé « l’une des lois les plus permissives au monde », affirmant que cette loi n'est pas là pour répondre à quelques cas extrêmes, mais pour instaurer une nouvelle norme sociétale.
Le Médecin, Instrument de Mort ?
Cette loi opère une transformation radicale et tragique du rôle du médecin. Jusqu'à présent, le serment d'Hippocrate engageait le praticien à préserver la vie et à soulager la souffrance. Désormais, il pourrait devenir un « instrument de mort », un rôle incompatible avec l'éthique médicale fondamentale. La question que posait le député Philippe Juvin (LR) résonne avec force : « Qui n’a jamais voulu mourir un jour, et vivre deux jours après ? » La notion de choix libre dans de telles circonstances est illusoire.
Le Déni de l'Espérance : Un Dégât Collatéral
Comble de la perversité législative : le vote a également instauré un délit d’entrave à l’aide à mourir, passible de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. Ainsi, la compassion, le soutien, l’appel à l’espérance deviennent juridiquement suspects. C'est une criminalisation de la bienveillance, une défaite du lien social qui vise à isoler encore davantage ceux qui pourraient être tentés par cette issue fatale.
La République, par ce texte, ne libère pas, elle abandonne. Elle renonce à protéger les plus fragiles, elle choisit de transformer un acte de soin en un acte létal. Ce n’est pas une avancée. C’est une défaite. Et que dire du cynisme de ceux qui, comme le député Olivier Falorni, ont salué une « loi d’humanité » ?
Ce que l’on célèbre ici, ce n’est pas la vie rendue plus digne, mais la mort rendue disponible. Il viendra un jour où la France pleurera d’avoir cru qu’en supprimant la souffrance, on pouvait supprimer le souffrant. L'espoir que le Sénat rejette cette loi est mince, mais l'histoire se souviendra de ce 27 mai 2025 comme d'une date où la dignité de la vie a été sacrifiée sur l'autel d'une fausse compassion.
En 2008, Vincent Peillon, ancien ministre a écrit que la Révolution française n'était pas terminée. Ce vote lui donne raison.
Kyrie Eleison !
27/05/2025
La Conférence des évêques de France (CEF) salue le vote de la proposition de loi sur « l’accompagnement et les soins palliatifs » ; elle en suivra avec attention la mise en application. Elle redit sa vive inquiétude concernant le vote de la loi sur le « droit à l’aide à mourir ».
La CEF continuera de contribuer à ce débat de société majeur tout au long du processus législatif qui va se poursuivre.
Dans la poursuite du travail qu’elle a initié dès septembre 2022, la CEF entend en particulier apporter aux sénateurs, puis en seconde lecture à nouveau aux députés, comme à l’ensemble des citoyens français, tout élément utile pour leur permettre d’éclairer leur discernement, concernant ce sujet infiniment grave, complexe voire intimidant, qu’est l’accompagnement de la fin de vie.
Pour ce faire, l’Église catholique se fonde notamment sur l’expérience des 800 aumôniers et 1 500 bénévoles présents au sein des hôpitaux, ainsi que des 5 000 visiteurs à domicile et en EHPAD, mobilisés chaque jour au chevet des malades, auxquels s’ajoutent les milliers de prêtres, diacres, consacrés et laïcs engagés dans l’accompagnement des personnes en deuil à l’occasion des obsèques, dans les 94 diocèses que compte l’Eglise en France.
Profondément inquiets des conséquences pour la société française et des perspectives alarmantes auxquels un « droit à mourir » exposerait en particulier les Français les plus vulnérables, les évêques réaffirment leur détermination à porter la voix d’une société juste et fraternelle, qui protège les plus vulnérables ; et redisent leur plein soutien à la loi Claeys-Leonetti de 2016 actuellement en vigueur mais encore très largement inappliquée, avec plus de 20% des départements français dépourvus de soins palliatifs (soit 1/5).
Enfin, la CEF tient à adresser un message de soutien aux innombrables soignants, psychologues, psychiatres et psychothérapeutes, éthiciens, juristes, haut-fonctionnaires, et tant d’autres acteurs de la société civile, qui s’élèvent depuis maintenant plus de deux ans et demi, contre un texte législatif qui mettrait profondément à mal le pacte social et le modèle de soins français, jusqu’à présents salués et reconnus partout dans le monde.
27/05/2025
Deux religieuses s'avançaient dans le couloir de l'avion, vêtues de simples habits blancs bordés de bleu. Je reconnus aussitôt le visage familier de l'une d'elles, à la peau toute ridée, les yeux d'une chaleureuse intensité. Ce visage, je l'avais vu sur la couverture du Time magazine. Les deux religieuses s'arrêtèrent, et je réalisai que mon voisin de siège allait être Mère Teresa.
Comme les derniers passagers s'installaient, Mère Teresa et sa compagne de voyage sortirent leurs chapelets. Je remarquai que chaque dizaine était formée de grains de couleurs différentes. Mère Teresa m’expliqua par la suite que les dizaines représentaient différentes parties du monde. Elle ajouta : « Je prie pour les pauvres et les mourants sur chaque continent. »
Les deux femmes se mirent à prier de façon presque audible, comme un murmure. Bien que je me considère comme un catholique peu religieux, pratiquant plus par habitude, je me joignis à cette prière presque sans m'en rendre compte. Mère Teresa se tourna vers moi, et à ce moment son regard m'envahit d'un sentiment de paix. « Jeune homme, » demanda-t-elle, « vous récitez souvent le chapelet ? » « Non, pas vraiment », avouai-je. Elle me prit la main, tout en me scrutant des yeux. Puis elle me sourit. « Eh bien, vous le ferez maintenant. » Et elle déposa son chapelet dans mes mains.
Depuis cette rencontre inattendue dans l'avion, ma vie a changé. J'essaie maintenant de me souvenir de ce qui compte vraiment—ce n'est pas l'argent, ni les titres ou les biens, mais la façon dont on aime les autres.
Une minute avec Marie - Jim Dennison, U.S.A., 1981
26/05/2025
Festival de Cannes oblige, parlons cinéma. Ben-Hur en 1960. Spartacus en 1961. Les Canons de Navarone en 1962. Lawrence d’Arabie en 1963. Le cinquième film à recevoir le Golden Globe du meilleur film dramatique au début de ces années 60 n’a pas bénéficié, hélas, de la même postérité. Trop oublié aujourd’hui, il s’agit pourtant de l’adaptation du célèbre roman éponyme d’Henry Morton Robinson : Le Cardinal, fresque cinématographique de quasiment trois heures. Des Etats-Unis à l’Autriche gagnée par le nazisme, en passant par le Vatican de l’époque du pape Pie XII, le spectateur suit le destin d’un prêtre américain, brillant et charismatique, tout dévoué à son ministère pourtant traversé d’épreuves et de doutes notables, jusqu’à son élévation au cardinalat. Au-delà de l’intrigue et de l’intérêt psychologique du film, il n’y aurait qu’à revoir, ou découvrir, Le Cardinal pour mesurer ce que put proposer l’Eglise d’il y a soixante en matière de piété, de liturgie, de faste et de décorum.
Polémique et vieille dentelle ?
Pourquoi ces lignes ? Tout simplement parce qu’une petite polémique, comme seuls les réseaux sociaux savent les générer, a surgi il y a quelques jours à propos de Léon XIV. En visite le 20 mai dernier à la basilique Saint-Paul-hors-les Murs, auprès du tombeau de l’Apôtre des Nations, le pape y délivrait un message des plus catholiques – qui s’en étonnerait ? – sur la nature exigeante du salut, fondé notamment sur le combat spirituel, l’obéissance et la fidélité à la grâce. Loin du « On ira tous au paradis » de Polnareff, le successeur de Pierre préférait indiquer à son auditoire que « le salut ne vient pas par enchantement ». Mais ce qui mit le feu aux poudres chez certains, fut une photographie du nouveau pontife prise à l’occasion de cet événement. Installé sur le trône papal, vêtu de sa mosette rouge et de l’étole brodée d’or représentant saint Pierre et saint Paul, le Souverain Pontife offre le sentiment d’être isolé et de régner en majesté. Suffisant pour taxer Léon XIV de rupture avec son prédécesseur.
Ane portant les reliques
Dans un long et intéressant post sur X intitulé Le pape Léon XIV offre une formidable leçon d’humilité, le journaliste Paul Sugy soulignait le paradoxe de la situation. La verticalité manifeste du décorum pontifical n’est pas incompatible avec une sobriété du cœur. On reçoit la tradition en s’abstenant de s’en faire le juge. Cette « simplicité du cœur », on peut la résumer comme le « consentement à se fondre dans quelque chose de plus grand que soi et qui n’est plus à sa mesure ». A cet égard, il y a davantage de prétention à vouloir réformer les formes et les usages, au prétexte de les épurer au nom d’une modestie d’apparat, que de les accepter humblement comme un héritage qu’il s’agira de transmettre intact. On connaît la formule de Thibon : « Vouloir être de son temps, c’est déjà être démodé ». Dit autrement, une Eglise qui épouserait son époque est assurée de devenir veuve à la suivante.
L’humilité, les maîtres spirituels l’enseignent, ne consiste pas à “faire petit”, ou encore à “se faire petit”, mais bien plus profondément à “se savoir petit”. « Ombre et poussière » dira Proximo à Maximus dans Gladiator. L’âne de la fable, portant des reliques et croyant que les coups d’encensoir lui reviennent, n’est pas humble mais sot. De même, un monarque le serait tout autant s’il refusait les marques d’honneur dues à sa fonction en pensant qu’on les lui adresse à son nom propre. « L’habitude moderne de faire les choses cérémonielles sans cérémonie n’est pas une preuve d’humilité, écrit Clive Staples Lewis ; elle prouve plutôt l’incapacité du contrevenant à s’oublier dans le rite, et son empressement à gâcher pour tous les autres le plaisir propre du rituel ». A fortiori pour un rituel patiné par des siècles de prières et de sainteté.
« Il n’y a pas plus de présidence normale qui tienne que de pontificat horizontal qui vaille. »
A chaque messe, le pauvre prêtre que je suis reçoit dans la sainte liturgie des marques de révérence que nul dans le monde ne saurait plus bénéficier. Agissant in persona Christi, je peux témoigner combien ces usages liturgiques réclament, justement, pour le célébrant de s’oublier et de s’effacer derrière l’action sacrée. Disons-le, il n’y a pas plus de présidence normale qui tienne que de pontificat horizontal qui vaille. Jean-Pierre Denis, ancien rédacteur en chef de La Vie et dont on peut saluer la liberté de parole, analysait les premiers gestes de Léon XIV de la façon suivante :
« La papauté est obligée de reprendre un peu de distance, de remettre de la verticalité et même, horreur, de la subtilité. Elle doit opposer de la ritualité à la viralité, de la sacralité à la banalité, de la méditation à la transgression. »
L’hypocrisie des mondains rend aveugle. La véritable incohérence m’apparaît ailleurs. Sur la croisette, l’ascension des marches du tapis rouge du Festival de Cannes charrie chaque année son lot de robes de haute-couture, plus ou moins réussie. L’argent comme le champagne coulent à flots. Blin-bling et faste se tiennent la main. On prend la pose et l’on guette les flashs. Les tenues se différencient entre le jeudi et le samedi. Les marques se disputent les originalités, quand ce ne sont pas les outrances. Qui donc pour fustiger une telle mauvaise foi ? Décidément, les tartuffes ont changé de robe.
Ne représentant qu’eux-mêmes, professionnels du cinéma se permettent piqures de moraline et leçons politiques quand le public ne demande qu’à être ému par le septième art. A l’image du peuple des fidèles qui ne demande qu’à se laisser saisir par les signes et les symboles : une pompe liturgique au service des yeux, du cœur et de l’âme.
26/05/2025
La liturgie en Occident est devenue "horizontale, bavarde, presque mondaine". Cette évolution a éclipsé le mystère, le silence et la beauté intrinsèques à la liturgie, éléments pourtant essentiels pour une rencontre authentique avec le divin. Le Pape suggère que la liturgie contemporaine et la spiritualité sont devenues trop centrées sur l’homme, au détriment de la primauté de Dieu.
Le Modèle Oriental : Un Appel à l'Imitation
Le contraste avec les liturgies orientales est frappant. « Vos liturgies engagent l’être humain dans toute sa personne, elles chantent la beauté du salut et éveillent l’émerveillement. ». Le Pape insiste sur la nécessité pour les Églises orientales de "conserver vos traditions sans les atténuer." Il invite l'Occident à s'inspirer de cette richesse, où "l’on chante la beauté du salut et où l’émerveillement s'éveille."
Redéfinir la Participation
La notion de "participation" est également revisitée. Il ne s'agit pas de simplement "meubler les silences ou multiplier les interventions", mais plutôt "d'entrer dans le mystère". Le vrai culte est alors défini comme "l’abandon, l’adoration, la prosternation". La messe devient ainsi un lieu de guérison, de divinisation et d'élévation vers le ciel, et non un simple lieu d'échange ou de convivialité."
Le Discours Jubilaire : Un Moment Clé
Le discours du 14 mai a été l'occasion pour le Pape de rappeler : "Nous avons un grand besoin de retrouver le sens du mystère qui reste vivant dans vos liturgies." et "L’Église a besoin de vous". Il souligne l'importance de redécouvrir des pratiques spirituelles en Occident, telles que "le sens de la primauté de Dieu, l’importance de la mystagogie (*), la pénitence, le jeûne et les larmes pour les péchés."
Le Pape cite saint Syméon le Nouveau Théologien : "De même que celui qui jette de la poussière sur une flamme l’éteint, les soucis de cette vie et les attachements aux choses vaines détruisent la chaleur du cœur." Cette image illustre comment une liturgie trop axée sur le quotidien peut éteindre la "flamme" spirituelle.
La liturgie doit être un lieu où le "drame de notre misère humaine" rencontre “l'émerveillement devant la miséricorde divine". Ce drame (le péché) et cette miséricorde (le Christ présent) doivent se conjuguer pour une expérience liturgique profonde.
Le Pape ne s’oppose pas frontalement aux réformes liturgiques, mais il en "dévoile les limites." Il ne juge pas les intentions, mais "redresse l’orientation." Il ne condamne pas les efforts pastoraux, mais "recentre sur Dieu." Son rappel est un "contrepoint salvateur" face aux appels à la répression des formes liturgiques anciennes.
Lorsque la liturgie "redevient une rencontre avec Dieu", les "cœurs se convertissent, les vocations renaissent, et la foi refleurit." L'appel du Pape Léon XIV est donc un appel à revitaliser la liturgie, pour qu'elle redevienne une source de transformation spirituelle et de renouveau pour l'Église.
(*) l’initiation aux mystères de la foi.
François Charbonnier pour Eglise de Rolleboise
25/05/2025
Cette interview de Thibault de Montbrial sur Europe 1 aborde plusieurs enjeux de sécurité intérieure en France. Il commence par analyser les actes de sabotage récents qui ont coupé l'électricité dans le sud-est, les qualifiant d'actes de pré-guérilla et soulignant la vulnérabilité de la société moderne dépendante de l'électricité.
Ensuite, l'interview s'attarde sur un cas de violence extrême impliquant des mineurs, la mort d'Elias, et dénonce l'ensauvagement de la société et l'impuissance de la réponse judiciaire.
Enfin, le débat se focalise sur le risque posé par les Frères musulmans et les Salafistes, décrivant leur stratégie d'entrisme et d'islamisation et la nécessité d'un réveil de la société face à ce danger.
24/05/2025
Ô Cœur saint et Immaculé de Marie, si plein de Miséricorde, soyez touché de l'aveuglement et de la profonde misère des Musulmans et de ceux qui ne vous connaissent pas encore.
Vous, la Mère de Dieu fait homme, obtenez leur la reconnaissance de notre sainte religion, la grâce de l'embrasser et de la pratiquer fidèlement, afin que, par votre puissante intercession, nous soyons tous réunis dans la même Foi, la même Espérance et le même Amour de Votre divin Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ qui a été crucifié et qui est mort pour le salut de tous les hommes, et qui, ressuscité plein de gloire, règne en l’unité du Père et du Saint-Esprit, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il
Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! (x3)
Ô Notre-Dame d'Afrique, priez pour nous pour les Musulmans, pour les Juifs et tous les autres infidèles, pour toutes les âmes égarées, tous les pécheurs.
Ô Consolatrice des affligés, priez pour nous !
Ainsi soit-il.
24/05/2025
"Il prend cela comme un jeu qui l’amuse", confie la mère du jeune champion de France des jeux mathématiques et logiques. C’est justement le but de la Fédération Française des jeux mathématiques qui organise chaque année un championnat au niveau international visant à "développer le goût des mathématiques par le jeu". Alors que la finale nationale se déroulait ce samedi 17 mai dans plusieurs villes de France, c’est Pierre Vissière, 11 ans, en classe de CM2 dans l'école Saint-Joseph l’Espérance, à Vernon, qui est arrivé premier de la catégorie CM, regroupant les CM1 et les CM2, en résolvant huit énigmes en 56 minutes. "Il aime les jeux mathématiques, cela le motive, il est très concentré quand il décide de s’y mettre et c’est une autre façon de faire des mathématiques", explique sa mère, qui décrit son fils comme étant "assez carré", "à l’aise avec les règles", "détestant l’injustice", "fiable" et ayant "de l’humour parfois un peu taquin".
Une grande fierté pour le jeune garçon, qui est également amateur de tennis, de ping-pong et de ski en compétition, mais aussi pour ses parents, son école et son entraîneur. C’est à l’initiative de son école que s’est montée, au rythme d’une heure par semaine pour les CE et les CM, une préparation aux jeux mathématiques, proposée aux élèves de Saint-Joseph l'Espérance mais aussi à tous les écoliers de la ville de Vernon. Sous la houlette de Jean-Noël Chopinet, un retraité passionné de mathématiques qui a entraîné ses petits-enfants avant de partager ses compétences avec les petits Vernonnais, les jeunes écoliers se sont entraînés chaque semaine à résoudre des séries d’énigmes mathématiques en vue du championnat.
21.000 participants
Cette année, 21.000 amateurs de jeux mathématiques ont participé aux quarts de finale, 3.900 à la demi-finale, et 640 étaient qualifiés pour la finale nationale du samedi 17 mai, dont trois élèves de Jean-Noël Chopinet (parmi lesquels deux élèves de l’école Saint-Joseph l’Espérance) pour le niveau CM. Pierre est donc arrivé premier Français de sa catégorie. Le championnat prend désormais pour lui une dimension internationale puisque la finale se déroulera fin août en Tunisie. Nul doute que Pierre porte haut les couleurs du club de Mathématiques de l'école Saint-Joseph l'Espérance !
Mathilde de Robien dans ALETEIA
24/05/2025
Hildebrand (tel était le nom de famille de Grégoire VII) eut pour père un charpentier de Toscane. Il était encore enfant, sans aucune connaissance des lettres, lorsque, jouant dans l'atelier de son père, il forma avec des débris de bois ces mots du Psalmiste, présage de l'autorité que plus tard il devait exercer dans le monde: Dominabitur a mare usque ad mare: "Sa domination s'étendra d'un océan à l'autre."
Après une première éducation chrétienne, le jeune Hildebrand acheva de se former et de se préparer à la mission que Dieu lui réservait, dans le célèbre monastère de Cluny, foyer de sainteté et de science qui fournit alors tant de grands hommes.
Le courage avec lequel, simple moine, il osa dire au Pape Léon IX que son élection n'était pas canonique fut l'occasion de son élévation aux plus hautes dignités de l'Église. Ce saint Pape avait été élu par l'empereur d'Allemagne; mais son élection fut ratifiée ensuite par le clergé et le peuple de Rome. Charmé de la franchise d'Hildebrand, il le fit venir près de lui et le regarda comme son meilleur conseiller. Après la mort de Léon IX, quatre Papes successifs lui conservèrent une pleine confiance.
Lui-même, enfin, malgré ses angoisses, dut plier devant la Volonté de Dieu et accepter le souverain pontificat. C'est alors que brillèrent plus que jamais en lui les vertus qui font les saints et le zèle qui fait tout céder devant les intérêts de Dieu et de l'Église. Malgré d'innombrables occupations, il était toujours l'homme de la prière, et ses larmes manifestaient les attendrissements de son coeur.
Grégoire VII fut atteint d'une maladie qui le réduisit à la dernière extrémité. La Sainte Vierge lui apparut et lui demanda s'il avait assez souffert: "Glorieuse Dame, répondit-il, c'est à Vous d'en juger." La Vierge le toucha de la main et disparut. Le Pontife était guéri et pu célébrer la Sainte Messe le lendemain en présence de tout le peuple consolé.
Grégoire, un an avant sa mort, dut fuir en exil à Salerne; il prédit le triomphe de son Église et rendit son âme à Dieu, le 25 mai 1085, en prononçant ces mots: "J'ai aimé la justice et j'ai haï l'iniquité; c'est pour cela que je meurs en exil."
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950
24/05/2025
Voilà près de deux mois que, fourbu de fatigue, les yeux encore pleins de visions de guerre, de spectacles affreux, il a débarqué dans la grande ville de Lyon.
Ce départ dans la nuit, ce wagon à bestiaux, où les Boches les avaient parqués, lui et tant d’autres de Grandpré, les coups de crosse, les injures en allemand, et cette angoisse : « Partira-t-on ? Ne partira-t-on pas ? » Quel cauchemar !
De la grande famille dont il faisait partie : le père, la mère, les six enfants, ils ne restaient que deux, lui, le petit, et la maman. Ah ! les bandits, tous les autres, ils les avaient tués !…
Tué le père, Louis Aubray, pris comme otage et qui, Français avant tout, avait refusé de déclarer la cachette où se trouvait l’or du village ; tués les deux aînés là-bas sur le front, petits fantassins anonymes tombés on ne sait où ; tuées ses deux sœurs, égorgées par les rustres parce qu’elles ne voulaient pas travailler pour eux ; tuée la benjamine, sa jumelle, pauvre petite déjà bien frêle qui n’avait pu résister au régime de terreur et de restriction ; tuée enfin la grande vieille maison, sa maison. Glorieusement blessée de tous côtés, elle résistait encore, mais, un jour, un obus assassin était venu l’atteindre en plein cœur, et tout avait croulé.
Et puis, un soir d’automne, la seule qui lui restait de toute la famille, celle qui disait avec une profonde aversion en parlant des Allemands, en voyant passer des prisonniers :
— Jean, souviens-toi. Ce sont ceux-là qui ont égorgé ceux de chez nous ; ce sont ceux-là qui ont brûlé nos récoltes, abattu nos grands arbres… Ah ! plus tard, quand tu seras grand, souviens-toi !… Souviens-toi !… Tu dois être le vengeur de notre maison assassinée ; cette mère que la douleur avait rendue avide de vengeance, celle-là aussi était morte. La lame avait usé le fourreau ; les chagrins, loin de l’abattre, avaient exaspéré sa flamme patriotique, elle était certaine de la défaite des Boches, et ardemment elle souhaitait voir le jour de la victoire.
Hélas ! les privations endurées avaient achevé cette constitution délicate, et, un beau jour, elle était allée rejoindre les autres là-haut, le laissant seul survivant des Aubray.
Seul, il était donc seul, à quatorze ans, sans soutien, sans amis, dans un pays qui n’était pas le sien, perdu dans la grande cité. Il n’avait donc personne à qui confier sa peine… Mais si, il a encore quelqu’un, quelqu’un de chez lui, quelqu’un qui personnifie la vieille maison écroulée, et de sa poche, avec vénération, il sort une statuette de la Vierge.
Il revoit l’emplacement de cette statue. Placée dans une niche au-dessus de la porte d’entrée, elle semblait dire au passant :
— Ici, c’est ma maison ; ces enfants qui jouent devant le perron, ce sont les miens ; je les aime, je les protège ; ils me prient pour que je continue à les aider dans la vie.
Et, dans le fracas de la bataille, dans le désarroi du départ, au milieu des blocs calcinés, Jean n’avait eu qu’un but : chercher la Vierge. Grâce à Dieu, malgré l’obscurité, il l’avait trouvée couchée entre deux pierres, et, sur son cœur, en quittant le pays, il avait emporté l’âme de la maison !
Ce matin, dans sa petite mansarde noire, enfumée, il l’a sortie de la cassette aux souvenirs, il l’a placée sur l’appui de la fenêtre et, suivant son habitude, il s’est mis à genoux pour faire sa prière : pieusement, ardemment, il supplie la bonne Vierge pour la France, sa grande patrie, et aussi pour son pays mutilé et souffrant, petite patrie où, dans un coin de terre, reposent les chers disparus…
Un grand désir s’empare de son esprit : revoir son village, sa maison en ruines ; passer dans les petits chemins à travers champs dont chaque détour lui est connu, revivre dans leur cadre tous les chers souvenirs, combien ce lui serait doux Là, près du ruisseau jaseur, ils sont venus souvent l’été avec ses frères et sœurs en gardant le troupeau. Ils pêchaient, barbotaient, riaient, contents de tout et de rien ; du soleil, de la verdure, des fleurs. Le soir, au crépuscule, ils revenaient par les sentes embaumées, chantant à pleins paumons, tandis que les grands bœufs rentraient lentement en faisant tinter leurs clochettes. Oh ! la nostalgie du pays natal… Contempler de nouveau son village, les doux horizons de chez lui, devient une idée fixe, une obsession.
Hanté par ce rêve, il a travaillé dur. Employé comme chasseur dans une grande maison de nouveautés, toujours empressé, aimable, il ne ménageait pas sa peine. Parfois la mine avenante, l’air déluré du gamin intéressaient les clients ; accompagnée d’une bonne parole, quelque petite pièce glissait dans sa main. Il remerciait gentiment, et lorsqu’au soir, vers les 7 heures, il remontait près de sa mère il y avait un peu de joie là-haut. Les gros sous et les billets s’entassaient, et on comptait le petit trésor qui permettrait le retour :
— 90 francs par personne, avait-on dit ; vous êtes deux, il vous faut donc 180 francs avant de songer à repartir là-bas.
Et depuis, incessamment, il avait travaillé. Son triste deuil lui avait occasionné des frais, et, bien que seul maintenant, il lui manquait encore 10 francs pour obtenir le billet désiré.
Un grand découragement l’envahit ; il réfléchit. Une fois à Grandpré, que fera-t-il dans un pays dévasté, livré uniquement à ses forces d’enfant, sans maison, sans appui ? Ne serait-il pas plus raisonnable de rester ici, seul il est vrai, mais avec un gagne-pain assuré ? Plus fort que tout, l’idée obsédante revient :
— Je veux revoir mon pays.
Le lendemain, il part à la gare s’enquérir des trains et du prix exact du trajet. Au guichet, d’une voix nette, il demande
— Quel train dois-je prendre pour aller à Grandpré et quel est le prix des troisièmes ?
D’un ton rogue, en toisant avec dédain ce marmouset, l’employé répond :
— Grandpré, 9 h 30 du matin… 89 fr 65.
Intimidé par cette grosse voix, le gamin poursuit :
— Je n’ai que quatorze ans, vous ne faites pas de diminution pour les enfants ? Je tiendrai si peu de place !
Impassible, l’homme de la compagnie reprend en écho :
— Pas de diminution, le règlement est là… Avec des sanglots dans la voix, Jean supplie, disant toutes les raisons pour lesquelles il veut retourner là-bas, essayant d’attendrir le fonctionnaire, il ne lui manque que 10 francs… Peine perdue…
— Allons, le mioche, pas tant d’histoires, il n’y a pas que toi ici. Allez, file ! et laisse passer cette dame.
Machinalement, le petit se retourne, et les yeux pleins de larmes, chargés d’angoisse, rencontrent ceux de sa voisine. Des yeux d’enfants… quelle puissance charmeuse ils ont, comme leur regard est limpide, comme il est vrai ! Celui de Jean a bouleversé la dame et, révoltée de l’indifférence brutale de l’employé, elle interpelle :
— Quoi ! Vous renvoyez ce petit avec cette rudesse !… Je comprends que vous ne puissiez prendre la responsabilité de baisser le tarif pour lui, mais vos supérieurs sont là, ils peuvent examiner le cas. Quoi qu’il en soit, il est révoltant de voir traiter un enfant de cette façon !…
Et comme l’homme, honteux, grommelait une excuse, la dame, d’un ton bref, lui coupa la parole :
— Assez causé. Moi aussi, je vais à Grandpré. Donnez-moi deux places de premières.
Et, prenant Jean par la main, elle passe sur le quai.
Maintenant, assis en face de la dame qui, affectueusement, lui tient les deux mains, Jean raconte son histoire, et, tandis qu’il parle, de grosses larmes coulent le long des joues de Mme Scève.
— Pauvre petit, murmure-t-elle, comment as-tu pu résister à tant de malheurs, et que veux-tu faire maintenant tout seul là-bas ?
Jean, d’un air décidé, redresse la tête :
— Je retourne à Grandpré pour travailler et reconstruire notre maison ; d’ailleurs, je ne suis pas seul, j’ai une amie de chez nous.
Marie, notre maman du ciel
— Une amie ? Où est-elle ?
— La voici.
Et, entre ses deux mains, il élève la statuette de la Vierge.
Émue plus qu’elle ne peut le dire, Mme Scève écoute les confidences de l’enfant. Quelle foi profonde en Marie, sa Mère !… Avec admiration, elle contemple le visage rayonnant, les yeux attendris et brillante du petit regardent Notre-Dame, et tout à coup elle-même est éclairée d’une lumière subite :
— Pauvre enfant, tu as bien souffert ! Moi aussi, je connais les larmes. Vois, je suis en deuil : j’étais veuve, et mes deux fils ont été tués à la guerre ; moi aussi, je suis seule dans la vie… Petit, veux-tu que je sois ta mère ?
Avec reconnaissance, pieusement, Jean a baisé les pieds de Marie.
— Oh ! bonne Vierge, vous exaucez ma prière. Merci !… Merci !… Puis, d’un élan passionné, il se jette dans les bras de Mme Scève, s’y blottit, et, l’embrassent bien fort, il murmure :
— Maman…
M.-J. Vachon
23/05/2025
Ils montrent que tous les témoins directs de l'époque (Romains, juifs et chrétiens) s'accordent sur la réalité de la crucifixion. Même le Talmud juif reconnaît que Jésus a été pendu pour s’être présenté comme Dieu, preuve que la mort du Christ était bel et bien un fait notoire.
Mais plus encore, ils mettent en lumière les conséquences absurdes de la théorie islamique : Dieu y apparait comme un Dieu trompeur, ayant laissé croire au monde entier que Jésus était mort et ressuscité, tandis que Jésus lui-même aurait participé à cette mascarade, feignant les stigmates de la croix sans jamais révéler la vérité. Une telle vision fait de Dieu un manipulateur et de Jésus un menteur, ce qui contredit à la fois la sainteté de Dieu et l’intégrité parfaite du Christ, reconnu dans le Coran lui-même comme sans péché.
Olivier et Bruno rappellent aussi que les apôtres, bouleversés par la Passion, ont été transformés par la résurrection. Ayant vu le Ressuscité, ils sont partis annoncer cette vérité jusqu’au martyre. On ne donne pas sa vie pour une supercherie : leur témoignage est celui de la vérité, transmise jusqu’à nous.
23/05/2025
Mais il y a déjà des actes et des paroles, comme nous l’avons répété sur RITV ; ainsi, lors de sa visite à la basilique papale de Saint-Paul-hors-les-Murs, mardi, il a évoqué la justification : ce qui permet à l’homme d’accéder au paradis.
L’homme ne peut de lui-même acquérir ce salut éternel, le péché originel ayant opéré une fracture radicale entre Dieu et sa créature ; il lui faut être racheté par le Christ. A l’heure du relativisme religieux et de l’oubli de la nécessité de la grâce, les paroles de Léon XIV sont significatives.
S’appuyant sur saint Paul et sur son bien-aimé saint Augustin, le pape a rappelé la triple nécessité de « la grâce, la foi et la justice ». La grâce est décrite dans son homélie avec les mots de saint Augustin à travers « l’amour prévenant » de Dieu : « Que pouvons-nous choisir, si nous n’avons pas d’abord été choisis ? En effet, si nous n’avons pas d’abord été aimés, nous ne pouvons même pas aimer. » Léon XIV ajoute : « A la racine de toute vocation, il y a Dieu : sa miséricorde, sa bonté généreuse comme celle d’une mère (cf. Is 66, 12-14) qui, naturellement, nourrit son enfant à travers son propre corps lorsqu’il est encore incapable de se nourrir seul (cf. St. Augustin, Commentaire du Ps 130, 9). »
Léon XIV évoque la nécessaire grâce de Dieu
C’est donc un amour gratuit, sans aucun mérite de la part de l’homme, mais que l’homme doit accueillir et accepter : c’est « l’obéissance de la foi » dont parle saint Paul et que Léon XIV met aussitôt en évidence :
« En effet, le Seigneur, en lui apparaissant sur le chemin de Damas (cf. Ac 9, 1-30), ne l’a pas privé de sa liberté, mais lui a laissé la possibilité d’un choix, d’une obéissance fruit d’efforts, de luttes intérieures et extérieures, qu’il a accepté d’affronter. Le salut ne vient pas par enchantement, mais par un mystère de grâce et de foi, d’amour prévenant de Dieu et d’adhésion confiante et libre de la part de l’homme. »
Autrement dit : l’homme a la capacité de refuser ce salut qui est donné par Dieu seul. Ces vérités avaient tendance à être diluées dans le discours moderne de l’Eglise ; elles reviennent désormais avec insistance dans les prises de parole du pape. Le salut est un travail, accompli par le Christ pour l’homme ; mais il ne lui est pas imposé par quelque formule magique universellement efficace !
Le cardinal Müller voit l’action du Saint-Esprit dans la rapidité de l’élection
L’un des cardinaux qui a été le plus ouvert dans sa dénonciation de la confusion doctrinale émanant de Rome sous le pontificat de François est bien l’ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Gerhard Müller. Celui-ci a donné un entretien exclusif à Andreas Wailzer pour LifeSiteNews ; il y assure penser que l’élection de Léon XIV est l’œuvre du Saint-Esprit :
« En dépit des luttes partisanes annoncées, tout s’est fait en 24 heures ? Cela montre qu’il y a eu une importante unanimité, qu’il n’a pas été possible de pousser un candidat en avant, alors qu’une personne relativement inconnue du public était élue aussi rapidement. On peut seulement vraiment comprendre cela si on est croyant et chrétien, que l’on croit en l’Esprit-Saint, c’est-à-dire au travail de la grâce. »
Ce sont l’hétérogénéité et le manque de familiarité mutuelle entre les cardinaux qui ont convaincu le cardinal Müller de cette action du Saint-Esprit : leur accord rapide a de fait surpris :
« Après tout, le Collège des cardinaux a été constitué de manière si hétérogène par la volonté du pape François que toutes les nations et toutes les langues – certains ne parlaient pas italien, ni même anglais – étaient représentées. On peut donc se demander comment une telle décision a pu émerger si rapidement d’un collège aussi hétérogène. C’est parce que nous pensons comme des catholiques ; nous pensons au bien de l’Eglise. »
Léon XIV, le pape de l’unité ?
La formule, convenons-en, est optimiste. Mais on peut prendre note de cette prédiction du cardinal : « Léon XIV contribuera certainement à l’établissement d’une plus grande unité et à réduire des conflits inutiles. »
Au nombre de ces derniers, le cardinal Müller a explicitement désigné les restrictions mises par Traditionis custodes sur le recours à la liturgie traditionnelle de la messe.
« Il faut également être sage sur le plan pastoral en cherchant à s’adapter à la situation et à la mentalité des gens. Je crois qu’il apporte cette clairvoyance à la table, que l’accent est mis sur ce qui est primordial, mais qu’il n’y a pas de tensions ou de divisions quant aux questions secondaires », a conclu le cardinal.
Celui-ci n’a pas semble-t-il évoqué la question de la « synodalité » allemande, en rupture sur de nombreuses questions, principales et secondaires…
22/05/2025
00:00 : Introduction
04:19 : Le nouveau Pape
06:24 : La médiation du prêtre
21:45 : L'importance de la musique
28:36 : Le célibat du prêtre
44:32 : Saint Maximilien-Marie Kolbe
1:01:56 : Le renouveau spirituel
1:09:22 : La vraie grandeur
1:12:17 : Le départ de Marseille
1:15:20 : Prière finale
21/05/2025
L’impact est particulièrement marqué lorsque la séparation survient à un âge clé du développement (petite enfance ou début de l’adolescence). Les garçons semblent plus affectés que les filles en matière de rendement scolaire lorsque la séparation intervient à l’aube de l’adolescence.
Effets sur la trajectoire d’entrée dans l’âge adulte
Une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) souligne que les jeunes adultes issus de parents séparés sont moins souvent en études et atteignent un niveau de diplôme inférieur à ceux dont les parents sont restés ensemble. Ils quittent plus fréquemment le domicile parental, se projettent moins loin dans leurs études, et bénéficient généralement d’un soutien parental plus limité, souvent uniquement de la mère.
Répercussions économiques et sociales
La séparation parentale expose les enfants à un risque accru de pauvreté, qui persiste plusieurs années après la rupture. Même cinq ans après la séparation, le niveau de vie des enfants demeure inférieur à celui observé avant la séparation, avec un rattrapage progressif mais incomplet. Ce contexte économique plus difficile peut influencer durablement leur trajectoire sociale.
Impact sur la santé mentale et les relations à l’âge adulte
Des conséquences psychologiques sont également documentées : le divorce parental peut entraîner des perturbations émotionnelles durables, une remise en question de la fiabilité des relations, et influencer la stabilité personnelle et la santé mentale à l’âge adulte. Les enfants de parents divorcés peuvent développer des difficultés dans leurs propres relations de couples, une moindre estime de soi, et parfois des troubles du comportement ou de l’adaptation sociale.
Témoignages et analyses qualitatives
Des articles et analyses soulignent que même à l’âge adulte, le divorce des parents peut être vécu comme un cataclysme, provoquant un sentiment de perte ou de déstabilisation identitaire. Les effets varient selon l’âge de l’enfant au moment de la séparation, la qualité des relations parentales post-divorce, et les ressources disponibles dans l’environnement familial.
En résumé, de nombreuses études françaises et internationales confirment que les conséquences du divorce parental sur les enfants dépassent largement l’enfance et l’adolescence, affectant leur réussite scolaire, leur trajectoire professionnelle, leur situation économique, leur santé mentale et leur vie relationnelle à l’âge adulte.
F. Charbonnier
21/05/2025
