Le blog du Temps de l'Immaculée.
05/10/2025
L'article pose un diagnostic sans appel : la succession rapide des gouvernements et la briÚveté du passage de M. Lecornu à Matignon témoignent d'un « vide spirituel » dans une classe politique désormais « détachée de toute dimension morale ». La politique, réduite à la « communication et à la stratégie », a perdu le sens du service.
La Foi au CĆur de l'Action Publique
L'essence de l'argumentation repose sur l'appel du Pape LĂ©on XIV aux Ă©lus français, datĂ© du 28 aoĂ»t 2025. Le Saint-PĂšre y martĂšle la nĂ©cessitĂ© d'une foi chrĂ©tienne qui ne peut ĂȘtre une simple « dĂ©votion privĂ©e », mais doit ĂȘtre une lumiĂšre qui Ă©claire la vie publique.
Pour l'auteur, en refusant cette orientation divine, la politique s'enferme dans une « logique dâefficacitĂ© sans horizon » et d'autosuffisance, devenant le symptĂŽme d'une crise bien plus « morale que gouvernementale ».
Le Double Pilier de la Vocation Chrétienne :
La CharitĂ© Politique : Le Pape insiste sur la vocation sociale de la CharitĂ©. Citant le Compendium de la Doctrine sociale de lâĂglise, l'article rappelle que la charitĂ© doit devenir « charitĂ© sociale et politique » pour « nous faire aimer le bien commun et conduire Ă chercher efficacement le bien de tous. » Gouverner est donc intrinsĂšquement liĂ© Ă l'enracinement dans le bien commun, une force que seul le sacrement du baptĂȘme, et l'union au Christ, peuvent donner.
Le Courage de la VĂ©ritĂ© : Face aux « pressions idĂ©ologiques et partisanes », LĂ©on XIV appelle Ă un « courage enracinĂ© dans la foi » : celui de dire « non, je ne peux pas ! lorsque la vĂ©ritĂ© est en jeu. » C'est une mise en garde puissante contre la faiblesse morale qui pousse le pouvoir Ă se plier Ă la « logique des intĂ©rĂȘts ou des sondages ». L'article dĂ©nonce ainsi l'impuissance des discours de « valeurs abstraites » qui sont coupĂ©es de leur source spirituelle, le Christ lui-mĂȘme.
L'Unité Intérieure : Clé d'une Politique Humaine
Le passage le plus marquant, qui donne son titre Ă l'article, est un appel Ă l'unitĂ© de l'ĂȘtre. Le Pape LĂ©on XIV affirme avec une « force rare » :
« Il nây a pas de sĂ©paration dans la personnalitĂ© dâune personne publique : il nây a pas dâun cĂŽtĂ© lâhomme politique, de lâautre le chrĂ©tien. Mais il y a lâhomme politique qui, sous le regard de Dieu et de sa conscience, vit chrĂ©tiennement ses engagements et ses responsabilitĂ©s ! »
Cette cohĂ©rence intĂ©rieure est prĂ©sentĂ©e comme la clĂ© d'une « politique vĂ©ritablement humaine » et la condition de la stabilitĂ© pour la sociĂ©tĂ© tout entiĂšre. L'article conclut en rappelant que, si l'engagement politique n'est pas l'apanage des croyants â la doctrine sociale Ă©tant « en accord avec la nature humaine, la loi naturelle que tous peuvent reconnaĂźtre » â la foi offre une lumiĂšre supĂ©rieure qui Ă©claire la raison.
En dĂ©finitive, au-delĂ de l'anecdote politique, Tribune ChrĂ©tienne (2) nous livre un puissant appel Ă la conversion personnelle et publique. La vĂ©ritable rĂ©forme de la France ne passera pas par une simple valse des ministres, mais par le retour au sens du service, du courage et de la vĂ©ritĂ© dans le cĆur de ses responsables. Un texte essentiel pour mĂ©diter sur l'articulation entre l'Ăvangile et la CitĂ©.
(1) Sébastien Lecornu a fait tout son secondaire à St Adjutor de Vernon et a confié dans une interview avoir réfléchi à une vocation monacale. Cette précision n'est pas une critique envers cet homme mais illustre bien le propos du Saint PÚre.
(2) Lien sur l'article et discours intĂ©gral du pape Ă une dĂ©lĂ©gation dâĂ©lus et de personnalitĂ©s civiles du Val-de-Marne (DiocĂšse de CrĂ©teil)
Kyrie Eleison !
05/10/2025
Vous avez probablement entendu dire quâil se passe quelque chose dâextraordinaire dans lâĂglise catholique en France.
La confĂ©rence des Ă©vĂȘques de France a annoncĂ© en avril que plus de 10 000 adultes devraient ĂȘtre baptisĂ©s en 2025, soit une augmentation de 45 % par rapport Ă l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente.
Ce ne sont pas seulement les baptĂȘmes d'adultes qui connaissent un essor remarquable. Un nombre record de 19 000 personnes , dont de nombreux jeunes, ont participĂ© au pĂšlerinage de Paris Ă Chartres cette annĂ©e . Un nombre sans prĂ©cĂ©dent de 13 500 lycĂ©ens ont participĂ© au pĂšlerinage de Lourdes FRAT 2025 , un Ă©vĂ©nement annuel majeur pour les jeunes.
Le pays connaßt également ce que les médias français appellent un « boom biblique » : une augmentation rapide des ventes de la Bible. Les librairies religieuses signalent une augmentation de 20 % des achats depuis 2024.
Il est facile d'Ă©noncer ces faits. Mais il est plus difficile d'en discerner la cause. Pourquoi les jeunes se ruent-ils vers l'Ăglise catholique plus de deux siĂšcles aprĂšs son Ă©viction brutale de la place publique pendant la RĂ©volution française ?
Les reportages, tant en France que dans le monde anglophone, n'ont fait qu'effleurer le phĂ©nomĂšne. Mais l'enquĂȘte la plus approfondie Ă ce jour vient d'ĂȘtre publiĂ©e en France. Elle s'intitule EnquĂȘte sur ces jeunes qui veulent devenir chrĂ©tiens et est rĂ©digĂ©e par Antoine Pasquier, journaliste Ă l'hebdomadaire catholique français Famille ChrĂ©tienne .
Pasquier explore ce que les jeunes adultes français en quĂȘte de baptĂȘme et de catĂ©chumĂšnes disent d'eux-mĂȘmes. Il mĂȘle leurs observations Ă sa propre vision de catĂ©chiste qui a vu la vague dĂ©ferler sur sa paroisse et l'a vue prendre des proportions vertigineuses.
La dynamique quâil dĂ©couvre est inattendue.
Par exemple, Ă travers ses entretiens avec des catĂ©chumĂšnes, Pasquier constate que la lecture de la Bible joue un rĂŽle plus fondamental dans les conversions qu'Internet et les rĂ©seaux sociaux. De plus, de nombreux jeunes en quĂȘte de foi arrivent Ă l'Ă©glise avec une vision de la religion façonnĂ©e non pas par le christianisme, mais par l'islam.
L'ouvrage, actuellement disponible uniquement en français, offre des conseils aux responsables de l'Ăglise face Ă cet afflux imprĂ©vu. Pasquier appelle Ă une transformation profonde du catholicisme français, passant d'une communautĂ© rĂ©signĂ©e au dĂ©clin Ă une « Ăglise catĂ©chumĂ©nale ». Il perçoit des signes avant-coureurs de ce changement.
Pasquier a travaillĂ© pendant dix ans comme reporter pour un hebdomadaire rĂ©gional français avant de rejoindre Famille ChrĂ©tienne en 2013. Il a coordonnĂ© les enquĂȘtes du magazine catholique sur des sujets tels que la crise des abus. MariĂ© et pĂšre de quatre enfants, il accompagne les jeunes catĂ©chumĂšnes de son Ă©glise en rĂ©gion parisienne depuis 2020.
Dans une interview avec The Pillar , il a discutĂ© de la genĂšse de son livre, de ce qui l'a surpris chez les catĂ©chumĂšnes et des leçons de l'Ăglise française pour les catholiques d'ailleurs.
Les catholiques du monde entier sont fascinés par ce qui se passe en France.
Comment expliqueriez-vous briĂšvement ce qui arrive Ă quelqu'un vivant hors de France ?
Depuis 2020, la France connaĂźt un afflux important de catĂ©chumĂšnes de tous Ăąges et de tous milieux sociaux. Les chiffres parlent d'eux-mĂȘmes : en 2025, le nombre d'adultes demandant le baptĂȘme est le plus Ă©levĂ© jamais enregistrĂ© depuis que la ConfĂ©rence des Ă©vĂȘques de France a commencĂ© Ă recenser les catĂ©chumĂšnes en 2002. Pour la premiĂšre fois, le seuil symbolique des 10 000 baptĂȘmes d'adultes a Ă©tĂ© franchi.
Sur deux ans, la croissance est remarquable : 5 463 baptĂȘmes en 2023, 7 135 en 2024 (+ 30,6 %) et 10 384 en 2025 (+ 45,5 %). Autrement dit, le nombre de baptĂȘmes dâadultes a presque doublĂ© entre 2023 et 2025 (+ 90 %).
Parmi ces 10 384 nouveaux baptisĂ©s, la tranche d'Ăąge des 18 Ă 25 ans reprĂ©sente dĂ©sormais la part la plus importante, avec environ 4 360 catĂ©chumĂšnes (42 %). Les baptĂȘmes d'adolescents (11-17 ans) connaissent Ă©galement une forte croissance. En 2025, on en comptait 7 404, contre 1 547 en 2022 (+76 %). En seulement trois ans, ces chiffres ont presque quintuplĂ©.
Paradoxalement, ce phĂ©nomĂšne survient dans un contexte ecclĂ©sial marquĂ© par la crise des abus sexuels et le dĂ©clin des vocations. Cet afflux totalement inattendu a pris les paroisses de court, les obligeant Ă s'adapter rapidement. D'abord surpris, les catholiques français cherchent aujourd'hui les meilleures façons d'accueillir et de soutenir ces personnes en quĂȘte de Dieu.
Votre livre est-il la premiĂšre exploration approfondie des raisons pour lesquelles tant de jeunes deviennent catholiques en France ?
Jusqu'Ă prĂ©sent, ce phĂ©nomĂšne n'a Ă©tĂ© analysĂ© que par les mĂ©dias, catholiques ou laĂŻcs. S'appuyant sur les statistiques publiĂ©es et interprĂ©tĂ©es chaque annĂ©e par la ConfĂ©rence des Ă©vĂȘques de France, ces mĂ©dias ont tentĂ© d'expliquer les raisons de cet afflux de catĂ©chumĂšnes. De nombreux tĂ©moignages ont Ă©galement Ă©tĂ© publiĂ©s.
Journaliste pour le magazine Famille ChrĂ©tienne, j'ai commencĂ© Ă travailler sur ce sujet il y a trois ans. Cependant, mon livre constitue la premiĂšre enquĂȘte exhaustive visant Ă analyser en profondeur les raisons qui poussent ces jeunes Ă devenir chrĂ©tiens.
J'ai volontairement privilégié la tranche d'ùge des 15-25 ans, d'abord parce qu'elle est la tranche démographique la mieux représentée (45% des catéchumÚnes français en 2025, soit plus de 8 000 jeunes), ensuite parce que leur parcours diffÚre de celui des adultes plus ùgés.
Quand avez-vous pris conscience pour la premiÚre fois de ce phénomÚne ?
Depuis 2020, j'accompagne des lycĂ©ens qui se prĂ©parent au baptĂȘme dans ma paroisse en rĂ©gion parisienne. En tant que catĂ©chiste, j'ai constatĂ© qu'un nombre croissant de jeunes de mon groupe cherchent Dieu et aspirent Ă devenir chrĂ©tiens.
Ils venaient souvent en groupe, souvent avec des amis. Nous avons aussi commencĂ© Ă les remarquer plus souvent et en plus grand nombre aux messes dominicales, s'approchant pendant la communion, les bras croisĂ©s, pour recevoir la bĂ©nĂ©diction du prĂȘtre.
Cette observation personnelle a été reprise par d'autres catéchistes de différentes paroisses et villes. AprÚs quelques recherches, cette fois en tant que journaliste, j'ai rapidement compris que ce phénomÚne était national et totalement inédit.
De nombreux rapports soulignent le rÎle d'Internet dans la nouvelle vague de conversions. Mais vous avez découvert que la Bible joue un rÎle encore plus important.
Pouvez-vous expliquer pourquoi câest le cas ?
La génération Z grandit sur les réseaux sociaux. Sur ces plateformes, les influenceurs partagent des contenus de plus en plus pointus et bien conçus, créés par des influenceurs chrétiens, qui apportent des réponses à leurs questions existentielles et spirituelles.
Mais ces réseaux ne sont pas le lieu de leur conversion. La conversion se produit plus tÎt, de maniÚre naturelle, je dirais. Les réseaux sociaux et Internet complÚtent et soutiennent cette conversion.
La Bible, en revanche, intervient bien plus tĂŽt dans leur cheminement. DĂšs qu'ils dĂ©cident d'approfondir leur recherche spirituelle au sein de la foi chrĂ©tienne, elle devient essentielle. Presque tous les jeunes que j'accompagne ou que j'ai interviewĂ©s me disent avoir achetĂ©, ouvert et lu la Bible avant d'entreprendre toute dĂ©marche officielle auprĂšs de l'Ăglise.
Aux cĂŽtĂ©s de l'Ă©glise et de la messe, la Bible est pour eux une rĂ©fĂ©rence fiable et facilement identifiable. Ils se demandent : « Je veux ĂȘtre chrĂ©tien, comment faire ? » Et la rĂ©ponse leur saute aux yeux : « Il faut que je lise la Bible et que j'aille Ă la messe. » La forte croissance des ventes de Bibles, en France comme Ă l'Ă©tranger, tĂ©moigne de ce nouvel engouement.
Vous constatez que beaucoup de jeunes Français qui s'approchent de l'Ăglise catholique viennent avec une idĂ©e de la religion façonnĂ©e par l'islam, avec son insistance sur les pratiques de jeĂ»ne, etc.
Pourquoi en est-il ainsi et quels défis cela entraßne-t-il ?
C'est avant tout l'expression publique et explicite de l'islam qui les interpelle. Certains de leurs amis musulmans adhĂšrent ouvertement Ă leur foi et Ă leur identitĂ© religieuse, sans rĂ©serve. Cela incite nos jeunes Ă manifester eux aussi leur foi chrĂ©tienne grandissante. Cela se manifeste par le port d'un collier avec croix, parfois d'un voile de chapelle pour les jeunes filles, ou par l'observation des pratiques des diffĂ©rents temps liturgiques, notamment le CarĂȘme.
Le CarĂȘme, par sa radicalitĂ©, attire ces jeunes en quĂȘte d'orientation et de sens. Ils ont parfois tendance Ă considĂ©rer cette pĂ©riode comme un « Ramadan chrĂ©tien ». Les catĂ©chistes doivent veiller Ă bien expliquer les diffĂ©rences et Ă leur rappeler que le christianisme n'est pas avant tout une religion d'observance, mais de conversion personnelle et intĂ©rieure.
Quâest-ce qui vous a le plus surpris dans le fait que les jeunes deviennent catholiques ?
Leur dĂ©termination et leur patience. Certains ont voyagĂ© pendant des annĂ©es, cachĂ©s, par peur d'ĂȘtre mal compris par leurs proches.
Je pense Ă une jeune femme qui a attendu neuf ans entre sa premiĂšre entrĂ©e Ă l'Ă©glise et sa demande officielle de baptĂȘme. Une autre a attendu trois ans entre sa premiĂšre lecture de l'Ăvangile, seule dans sa chambre, et sa premiĂšre messe avec une amie. Leur foi est dĂ©jĂ si forte qu'elles n'ont pas peur d'attendre aussi longtemps pour recevoir le baptĂȘme.
Vous appelez Ă la transformation de l'Ăglise de France en « Ăglise catĂ©chumĂ©nale ». Ă quoi cela ressemblerait-il ?
L'Ăglise primitive, l'Ăglise apostolique, Ă©tait par nature une Ăglise catĂ©chumĂ©nale. Lorsque les ApĂŽtres et la Vierge Marie reçurent l'Esprit Saint le jour de la PentecĂŽte, ils quittĂšrent aussitĂŽt le CĂ©nacle pour proclamer la Bonne Nouvelle du Christ et accomplir les premiers baptĂȘmes ( Actes 2,41 ).
Dans les premiĂšres communautĂ©s, les chrĂ©tiens â donc nĂ©ophytes â Ă©coutaient les enseignements des ApĂŽtres. Cet enseignement Ă©tait centrĂ© sur la proclamation du kĂ©rygme , cĆur de la foi chrĂ©tienne. Ces communautĂ©s Ă©taient Ă©galement attentives au salut des autres et Ă l'Ćuvre du Saint-Esprit parmi elles.
Une Ăglise catĂ©chumĂ©nale est une Ăglise attentive Ă l'annonce du kĂ©rygme, au salut de chacun et Ă l'Ă©coute de l'Esprit Saint. Ces dispositions aideront notre Ăglise aujourd'hui Ă ĂȘtre toujours plus attractive et ouverte Ă ceux qui cherchent Dieu.
Y a-t-il quelque chose que les autres pays qui connaissent Ă©galement un boom des baptĂȘmes dâadultes pourraient apprendre de lâĂglise en France ?
L'Ăglise de France prend peu Ă peu conscience de la situation. Je ne suis pas sĂ»r qu'elle ait beaucoup de leçons Ă donner aux autres Ăglises.
Les premiers à comprendre la situation furent les catéchistes, les plus proches du terrain. Ils réagirent rapidement et prirent des mesures pour faire face à cette vague inattendue. S'il y a une leçon à tirer de l'expérience française, c'est cette capacité d'adaptation sur le terrain.
L'Ăglise doit veiller Ă ne pas rester prisonniĂšre de schĂ©mas ou de rĂ©flexes dĂ©passĂ©s. L'idĂ©e du « On a toujours fait comme ça ! » n'est plus tenable (ndlr : ça dĂ©pend pourquoi ...!). Sans perdre son essence, l'Ăglise doit s'adapter Ă ces nouveaux chrĂ©tiens, en rĂ©pondant Ă leurs questions, Ă leurs attentes et Ă leur soif.
Le pape LĂ©on XIV lui-mĂȘme l'exprime avec justesse : « La crise de la foi et de sa transmission, ainsi que les difficultĂ©s liĂ©es Ă l'appartenance et Ă la pratique ecclĂ©siales, nous invitent Ă redĂ©couvrir la passion et le courage d'une nouvelle annonce de l'Ăvangile. ParallĂšlement, des personnes apparemment Ă©loignĂ©es de la foi reviennent souvent frapper aux portes de l'Ăglise ou s'ouvrent Ă une nouvelle quĂȘte de spiritualitĂ©, qui parfois ne trouve pas le langage et les formes adĂ©quats dans les propositions pastorales habituelles. »
04/10/2025
03/10/2025
DOMRĂMY-LA-PUCELLE, France â Il y a six siĂšcles, Ă l'Ă©tĂ© 1425, saint Michel Archange descendit sur le paisible village français de DomrĂ©my, apparaissant Ă une jeune paysanne nommĂ©e Jeanne d'Arc.
Elle n'avait que 12 ou 13 ans, dans le jardin de son pĂšre, lorsqu'elle le vit pour la premiĂšre fois. Il Ă©tait accompagnĂ© des anges du paradis, sainte Catherine et sainte Marguerite, qui l'appelaient Ă ĂȘtre une « bonne et sainte fille », Ă respecter la « volontĂ© de Dieu » et Ă rechercher le salut de son Ăąme. Se prĂ©sentant comme « Michel, protecteur de la France », il confia Ă Jeanne une mission qui transcenderait son Ăąge et son rang. Ces apparitions, rĂ©pĂ©tĂ©es pendant la guerre de Cent Ans, lui inspirĂšrent du courage et mĂȘme la conception de la banniĂšre â portant les noms de JĂ©sus et de Marie â sous laquelle elle combattit, ce qui la conduisit Ă lever le siĂšge d'OrlĂ©ans et Ă accompagner le roi Charles VII Ă son couronnement Ă Reims en 1429.
Pour commĂ©morer cet anniversaire dĂ©cisif, l'Association universelle des Amis de Jeanne d'Arc a organisĂ© le « PĂšlerinage de l'EspĂ©rance » sur deux jours, les 27 et 28 septembre. Cette initiative a rassemblĂ© prĂšs de 2 000 fidĂšles en Lorraine, dans le nord-est de la France, pour un week-end de priĂšre, de musique et de cĂ©lĂ©brations, le tout marquĂ© par le contexte plus large de l'AnnĂ©e jubilaire 2025 de l'Ăglise catholique, sur le thĂšme « PĂšlerins de l'EspĂ©rance », et par un appel particulier Ă prier pour la France et l'Ăglise universelle.
« Le 600e anniversaire a été un moment providentiel que nous ne pouvions pas laisser passer sous silence », a déclaré au Register Aymeric de Maleissye, président de l'association organisatrice. « Nous voulions faire connaßtre, aimer et honorer Jeanne d'Arc. »

Des pÚlerins marchent ensemble pour commémorer le 600ᔠanniversaire des apparitions en France. (Photo : Photo de courtoisie/Ingrid Hoffmann)
Un pĂšlerinage-festival Ă la carte
Le pÚlerinage avait pour but d'allier priÚre et festivités de maniÚre originale. « C'était un pÚlerinage-festival, avec un itinéraire que chacun pouvait organiser librement, avec de nombreuses activités tout autour. Il pouvait passer de l'un à l'autre dans l'ordre qu'il souhaitait. Et cette flexibilité a été trÚs appréciée », a déclaré de Maleissye.
Des concerts, une reprĂ©sentation théùtrale, des temps d'adoration en la basilique Sainte-Jeanne d'Arc de DomrĂ©my-la-Pucelle, ainsi que des vĂȘpres dirigĂ©es par Harpa Dei, ensemble vocal catholique allemand composĂ© de quatre frĂšres et sĆurs et mondialement connu pour sa polyphonie sacrĂ©e et ses chants grĂ©goriens, ont rythmĂ© l'Ă©vĂ©nement.
Clarisse Chabut, une jeune pÚlerine, se souvient avec émotion de cette performance :
Entendre les chants célestes de Harpa Dei dans la basilique a touché l'ùme de nombreux participants. Ils nous ont véritablement conduits à la priÚre, et j'ai été particuliÚrement frappé par la pureté du son.
« Vivre ne serait-ce que 24 heures dans le village de Joan, en marchant lĂ oĂč elle marchait », a-t-elle dĂ©clarĂ©, « m'a donnĂ© un sentiment de renouveau que j'avais rarement ressenti auparavant. »
En coulisses, l'organisation du pĂšlerinage Ă©tait en elle-mĂȘme un tĂ©moignage de foi et de dĂ©vouement. Ă DomrĂ©my-la-Pucelle et Ă Greux (lieu de naissance de Jeanne), des dizaines de bĂ©nĂ©voles ont travaillĂ© main dans la main avec les autoritĂ©s locales, l'Ordre de Malte et les communautĂ©s paroissiales pour accueillir la foule. ĂvĂȘques, prĂȘtres et religieux ont accompagnĂ© les fidĂšles non seulement lors des liturgies, mais aussi en partageant le rythme quotidien du pĂšlerinage, en marchant aux cĂŽtĂ©s de la foule et en Ă©tant prĂ©sents tout au long du week-end pour laisser une trace durable. Pendant deux jours, ces petits villages lorrains sont devenus le cĆur battant de la France catholique.
Communion dans la diversité
Le point culminant du pÚlerinage a été la liturgie, surtout parce que les formes ordinaires et extraordinaires du rite romain ont été célébrées cÎte à cÎte, permettant à toute l'assemblée de se réunir dans la priÚre et le culte.
Samedi soir, une grande messe pontificale en l'honneur de sainte Jeanne d'Arc a été célébrée en plein air devant la basilique, accompagnée de chants solennels et d'un jeu de lumiÚre qui a baigné l'édifice sacré d'une atmosphÚre de priÚre. De Maleissye a déclaré avoir reçu des commentaires qualifiant ce moment de « moment de grùce extraordinaire ».
Dimanche, une messe traditionnelle latine dĂ©diĂ©e Ă saint Michel a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e par le pĂšre Emmanuel-Marie LefĂ©bure, abbĂ© de l'abbaye romane de Lagrasse, dans le sud de la France. Les prĂȘtres des deux congrĂ©gations ont assistĂ© aux liturgies de l'autre, distribuant la communion et entendant les confessions.

Des milliers de personnes se rassemblent pour la messe pendant les festivités. (Photo : Ingrid Hoffmann)
« Tous les pĂšlerins ont profondĂ©ment apprĂ©ciĂ© que les deux rites puissent ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ©s ensemble Ă DomrĂ©my », a dĂ©clarĂ© Mgr de Maleissye. « Ce fut un vĂ©ritable moment d'unitĂ© ecclĂ©siale. »
L'Ăglise de France est encore marquĂ©e par les tensions liĂ©es au motu proprio Traditionis Custodes de 2021. Cette coexistence pacifique des deux formes offrait donc un puissant symbole d'unitĂ©. Cette atmosphĂšre contrastait avec les tensions liturgiques apparues plus tĂŽt cette annĂ©e lors du traditionnel pĂšlerinage de la PentecĂŽte Ă Chartres.
Un autre Ă©vĂ©nement marquant fut la rĂ©union sans prĂ©cĂ©dent de reliques Ă DomrĂ©my. Pour la premiĂšre fois dans l'histoire, l'anneau de Jeanne d'Arc (prĂȘt du Puy du Fou) et une lettre de sa main furent exposĂ©s aux cĂŽtĂ©s des reliques de sainte ThĂ©rĂšse de Lisieux. Les pĂšlerins se rendirent Ă pied Ă la chapelle Notre-Dame de Bermont pour les vĂ©nĂ©rer.
« Pour la premiÚre fois, les reliques de Jeanne et de ThérÚse ont été réunies. Ce spectacle a attiré une foule immense et a donné aux pÚlerins une idée concrÚte du patrimoine spirituel de la France », a déclaré M. de Maleissye.
Le pÚlerinage comprenait également une procession d'entrée solennelle avec 80 banniÚres des saints de France, un rappel vivant que la foi de la nation est soutenue par le témoignage d'innombrables saints et saintes.
Un pont entre l'Ancien et le Nouveau Monde
Bien qu'ancrĂ© dans l'histoire de la France, le pĂšlerinage cherchait Ă porter un message au-delĂ de ses frontiĂšres. De petits groupes venus de l'Ă©tranger se sont joints aux cĂ©lĂ©brations, parmi lesquels des fidĂšles sri-lankais vivant en France, signe que le tĂ©moignage de Jeanne continue de toucher les communautĂ©s les plus diverses. « Il est rare dans l'histoire qu'une intervention divine se soit manifestĂ©e aussi directement pour un pays », a dĂ©clarĂ© de Maleissye, rappelant comment saint Michel s'est rĂ©vĂ©lĂ© comme le protecteur Ă©ternel de la France. Six cents ans plus tard, cet appel Ă l'espĂ©rance rĂ©sonne encore non seulement en France, mais aussi dans toute l'Ăglise.
Mgr François Gourdon, Ă©vĂȘque du diocĂšse local de Saint-DiĂ©, rappelant dans sa lettre d'invitation que cet anniversaire coĂŻncide avec l'AnnĂ©e jubilaire plus large proclamĂ©e par le pape François, a liĂ© la mission de Jeanne aux dĂ©fis d'aujourd'hui : « Son tĂ©moignage reste actuel : Dieu doit en effet ĂȘtre servi en premier, et nous sommes appelĂ©s Ă ĂȘtre, comme elle, des signes d'espĂ©rance. »
Dans son homélie lors de la messe du soir du 27 septembre en l'honneur de sainte Jeanne d'Arc, Mgr Gourdon a rappelé aux pÚlerins qu'ils étaient des « chercheurs de Dieu », de véritables « signes d'espérance pour notre temps », les invitant à considérer la Pucelle d'Orléans comme un « modÚle de foi et d'espérance » gardant Dieu comme point de référence.
Alors que les cĂ©lĂ©brations de Jeanne dâArc se dĂ©roulent jusquâen 2031 â 600e anniversaire de son martyre â DomrĂ©my reste un sanctuaire vivant, ouvert Ă lâensemble du monde chrĂ©tien.
Jeanne a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme un pont entre lâAncien et le Nouveau Monde, une figure qui inspire les croyants de tous les coins du monde par son courage face aux Ă©preuves, son pouvoir dâunir au-delĂ des divisions et sa fidĂ©litĂ© inĂ©branlable Ă lâappel de Dieu.
Six siÚcles aprÚs que l'archange eut parlé pour la premiÚre fois à la jeune sainte à Domrémy, le pÚlerinage a rappelé que la mission de Jeanne n'est pas une histoire du passé, mais un appel vivant et vibrant qui continue de guider les nouvelles générations de chrétiens.
SolĂšne TadiĂ© est correspondante Europe du National Catholic Register. Franco-suisse, elle a grandi Ă Paris. AprĂšs avoir obtenu une licence de journalisme Ă l'UniversitĂ© Rome III, elle a commencĂ© Ă couvrir Rome et le Vatican pour Aleteia. Elle a rejoint L'Osservatore Romano en 2015, oĂč elle a collaborĂ© successivement Ă la rubrique française et aux pages culturelles du quotidien italien. Elle a Ă©galement collaborĂ© avec plusieurs mĂ©dias catholiques francophones. SolĂšne est titulaire d'une licence de philosophie de l'UniversitĂ© pontificale Saint-Thomas d'Aquin et a rĂ©cemment traduit en français (aux Ăditions Salvator) « DĂ©fendre le libre marchĂ© : l'argument moral pour une Ă©conomie libre » du PĂšre Robert Sirico de l'Acton Institute.
Source : NATIONAL CATHOLIC REGISTER Denver USA
Présence du groupe Harpa Dei au pÚlerinage
Ici Le Graduel « Nova bella elegit Dominus » de la Messe de Sainte Jeanne dâArc
Nova bella elegit Dominus, et portas hostium ipse subvertit.
Le Seigneur a choisi de nouveaux combats, et Il renverse Lui-mĂȘme les portes des ennemis
V/. Ubi collisi sunt currus, et hostium suffocatus est exercitus, ibi narrentur justitiÊ Domini, et clementia in fortes Israël
V/. Quâau lieu oĂč les chars ont Ă©tĂ© brisĂ©s, lâarmĂ©e des ennemis taillĂ©e en piĂšces, on publie la justice du Seigneur et Sa clĂ©mence envers les braves dâIsraĂ«l.
02/10/2025
FSE : âRod Dreher, vous ĂȘtes aussi un ami de JD Vance. Comment lâavez-vous rencontrĂ© et quelle a Ă©tĂ© votre influence sur sa conversion en 2019 ?
RD : Câest une histoire assez incroyable, presque un petit miracle. Ă lâĂ©tĂ© 2016, son livre Hillbilly Elegy venait de paraĂźtre.
Ă ce moment-lĂ , JD Ă©tait totalement inconnu et les ventes du livre restaient modestes. Une lectrice de mon blog â une femme plutĂŽt progressiste â savait que je mâintĂ©ressais Ă la vie dans lâAmĂ©rique rurale. Elle mâa dit : « Vous devriez lire ce livre. Personne nâen parle encore, mais je suis sĂ»re quâil vous plairait. »
Elle mâa envoyĂ© une version Ă©lectronique de Hillbilly Elegy. Je lâai lu dâune traite dans lâavion qui mâemmenait Ă Boston. Jâai Ă©tĂ© immĂ©diatement conquis. Jâai pensĂ© : « VoilĂ un livre essentiel pour comprendre la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine. »
Jâai alors contactĂ© JD via Twitter â il Ă©tait en vacances en Angleterre â pour lui proposer une interview. Il a acceptĂ©. Jâai publiĂ© cet entretien sur mon blog un vendredi aprĂšs-midi. DĂšs le lundi, il avait fait le tour du pays : lâarticle Ă©tait devenu viral, au point de faire planter le serveur du magazine trois fois en deux semaines.
En quelques jours, le livre de JD Vance est passĂ© numĂ©ro un des ventes aux Ătats-Unis. Il a Ă©tĂ© invitĂ© sur toutes les grandes chaĂźnes dâinformation et sa carriĂšre Ă©tait lancĂ©e.
MalgrĂ© ce succĂšs fulgurant, JD est restĂ© simple et nous sommes devenus amis. Je me suis replongĂ© rĂ©cemment dans les e-mails quâil mâenvoyait Ă lâĂ©poque : il nâarrĂȘtait pas de rĂ©pĂ©ter quâil voulait mettre cette notoriĂ©tĂ© au service de Dieu et de sa famille.
Un jour, il mâa confiĂ© son dĂ©sir de devenir catholique. Je lui ai alors prĂ©sentĂ© un prĂȘtre dominicain Ă Washington D.C., oĂč il vivait. JD mâa invitĂ© Ă ĂȘtre prĂ©sent dans le petit cercle dâamis rĂ©unis lorsquâil a Ă©tĂ© reçu dans lâĂglise en 2019.
Ce fut un moment de grĂące. Jâai encore les photos de sa premiĂšre communion. Ce fut un grand tournant pour lui et sa famille, mais aussi â nous ne le savions pas encore â peut-ĂȘtre un grand moment pour lâAmĂ©rique. Car si, comme je le crois, JD devient un jour prĂ©sident des Ătats-Unis, alors ce pays aura Ă sa tĂȘte un vĂ©ritable catholique, un homme qui connaĂźt sa foi, qui va Ă la messe et qui y croit profondĂ©ment.â
â° Timeline :
00:00 : "Visages de l'Ăglise"
00:10 : Rod Dreher
00:50 : Introduction
01:24 : La conversion
08:01 : JD Vance
11:27 : L'occultisme : un nouveau défi pour le XXIe siÚcle
14:25 : Chartres, symbole d'une nouvelle génération de chrétiens
17:39 : "Le Pari Bénédictin" : rester chrétiens dans le monde
23:29 : Transhumanisme et Intelligence Artificielle (IA)
30:18 : Le défi des dirigeants chrétiens face à l'IA
38:57 : Réflexions et conseils aux jeunes catholiques
45:55 : Conclusion : le pÚlerinage de Chartres, source d'espérance
Source : Fraternité St Ephrem via Le Salon Beige
01/10/2025
Charlie Kirk, un homme dâinfluence
A 32 ans, Charlie Kirk avait Ă©tĂ© un des artisans de la victoire de Donald Trump lors des derniĂšres Ă©lections prĂ©sidentielles. Personnage charismatique et fervent protestant Ă©vangĂ©lique, il sâĂ©tait donnĂ© pour mission, dans le cadre de son association Turning Point USA créée en 2012, de convertir la jeunesse amĂ©ricaine, en particulier les jeunes hommes, aux idĂ©es socialement conservatrices et religieusement chrĂ©tiennes qui Ă©taient les siennes. Homme de mĂ©dias, il multipliait les Ă©missions de tĂ©lĂ©vision, les podcasts et surtout menait avec brio de trĂšs suivis dĂ©bats contradictoires dans les universitĂ©s amĂ©ricaines. Câest Ă lâoccasion de lâun de ces dĂ©bats sur le campus de lâuniversitĂ© dâUtah Valley, Ă Orem, dans lâĂtat de lâUtah, quâil a Ă©tĂ© assassinĂ©, le 10 septembre, par un tireur, a priori isolĂ©, Tyler Robinson, militant « des droits des homosexuels et des transgenres ». LâĂ©motion suscitĂ©e aux USA et dans le monde a Ă©tĂ© considĂ©rable avec comme point dâorgue la cĂ©rĂ©monie dâhommage, Ă©poustouflant show Ă lâamĂ©ricaine dâune durĂ©e de cinq heures, le 21 septembre au State Farm Stadium, Ă Glendale (Arizona), en prĂ©sence du prĂ©sident Trump, du vice-prĂ©sident Vance et de 70 000 personnes.
Arbitre des Ă©lĂ©gances et des convenances mondaines, Le Monde a immĂ©diatement dĂ©noncĂ© dans cet hommage public un insupportable « mĂ©lange des genres ». Câest-Ă -dire, concrĂštement, que le politique et le religieux aient Ă©tĂ© mĂȘlĂ©s dans cet Ă©vĂ©nement. Quâun homme politique tĂ©moigne publiquement de sa foi et de ce quâelle reprĂ©sente dans son engagement est insupportable pour ce quâil Ă©tait convenu de qualifier de « quotidien de rĂ©fĂ©rence ». La philosophie des lumiĂšres, puis la RĂ©volution française et enfin le vaste mouvement de laĂŻcisation de la sociĂ©tĂ© française, accĂ©lĂ©rĂ© Ă partir de la fin du XIXĂšme siĂšcle ont conduit les Français Ă devoir intĂ©rioriser leurs convictions religieuses. Quand Christine Boutin, alors dĂ©putĂ©, le 9 octobre 1998, Ă lâoccasion des dĂ©bats sur le PACS brandit une Bible Ă lâAssemblĂ©e nationale, lâensemble de la classe mĂ©diatico-mĂ©diatique sâĂ©trangla. Aux USA ce comportement serait dâune grande banalitĂ©. La libertĂ© dâexpression nâest pas toujours oĂč on le croirait ! Lâadage est connu : « Pas de libertĂ© pour les ennemis de la libertĂ© », phrase attribuĂ©e Ă Saint-Just qui nâest pas un saint du calendrier mais un des complices de Robespierre dans la mise en Ćuvre du rĂ©gime de la Terreur en 1793-1794. Concept actualisĂ© par les violences rĂ©currentes des militants dits antifas et/ou LFI contre leurs opposants et conceptualisĂ© par le dĂ©putĂ© socialiste Jean-Christophe CambadĂ©lis appelant au « harcĂšlement dĂ©mocratique » contre le Front national ou le journaliste Ă MĂ©diapart Geoffroy de Lagasnerie distinguant ce qui est « dicible » de ce qui ne lâest pas : « Jâassume quâil faut reproduire un certain nombre de censures dans lâespace public, pour reproduire un espace oĂč les opinions justes prennent le pouvoir sur les opinions injustes. »
Le pardon dâErika Kirk
Le sommet de ce prĂ©tendu mĂ©lange des genres fut sans conteste la prise de parole, bouleversante, dâErika Kirk, lâĂ©pouse de Charlie depuis 2021. Cette ancienne Miss Arizona, catholique et mĂšre de deux enfants, a prononcĂ© un discours, empreint dâĂ©motion et dâespĂ©rance, qui devrait se lire Ă genoux. Se dĂ©finissant comme mĂšre au foyer elle a tĂ©moignĂ© que le seul but de sa vie, comme celui de son mari Ă©tait de faire la volontĂ© de Dieu, de contribuer Ă une renaissance de la foi et de revitaliser la famille amĂ©ricaine. Elle a appelĂ© les femmes amĂ©ricaines Ă ĂȘtre les gardiennes de leur foyer et les hommes Ă ĂȘtre forts et courageux au service de leurs familles et de leurs Ă©pouses. Cependant lâacmĂ© de cette intervention fut sans conteste le pardon que dâune voix brisĂ©e par lâeffort et lâĂ©motion elle accorda Ă lâassassin de son mari :
« Sur la croix, notre Sauveur a dit : « PĂšre, pardonne-leur cat ils ne savent pas ce quâils font ». Cet homme, ce jeune homme, je lui pardonne. Je lui pardonne, car câest ce que le Christ a fait dans sa vie. Ce que Charlie aurait fait. La rĂ©ponse Ă la haine nâest pas la haine. La rĂ©ponse que nous donne lâEvangile est lâamour. Lâamour pour nos ennemis et lâamour pour ceux qui nous persĂ©cutent ».
On sent que les mots ont du mal Ă venir. La nature rĂ©siste Ă la grĂące mais la grĂące lâemporte. La foule un instant suspendue aux paroles qui ne franchissent pas les lĂšvres dâErika Ă©clate en applaudissements. Moment inoubliable de pardon et de communion de cette foule rassemblĂ©e au pied de la croix du Christ que porte fiĂšrement Ă son cou la toute jeune veuve qui sâengage Ă poursuivre le combat de son mari et exhorte les personnes prĂ©sentes :
« Choisissez la priĂšre. Choisissez le courage. Choisissez la beautĂ©. Choisissez lâaventure. Choisissez la famille. Choisissez une vie de foi. Et surtout, choisissez le Christ (âŠ) Que Dieu vous bĂ©nisse. Que Dieu bĂ©nisse lâAmĂ©rique ».
La puissance de la grĂące
En France, les chacals se sont dĂ©chaĂźnĂ©s, en particulier sur les mĂ©dias du service public. Lâancienne dĂ©putĂ© et ministre de la culture AurĂ©lie Filipetti a fait part de son « dĂ©goĂ»t et de sa crainte », la journaliste de Radio France, Judith Perignon a vu lĂ un « rassemblement nazi », un internaute dĂ©nonce « une foi hypocrite et dĂ©goulinante (qui) fait entrevoir le fascisme implacable en gestation ». La reductio ad hitlerum nâa rien perdu de son actualitĂ© mĂȘme si elle fonctionne de moins en moins.
Ces tragiques Ă©vĂ©nements sont, malgrĂ© tout, porteurs dâespĂ©rance. Tout dâabord, la preuve est faite, si cela Ă©tait encore nĂ©cessaire, que la grĂące divine agit toujours et nâa rien perdu de sa force. Le pardon dâErika Ă lâassassin de son mari nâest pas un acte de la nature : il est un don de Dieu, un fruit de la grĂące. Ensuite, la situation amĂ©ricaine nous rappelle que le mouvement dâintĂ©riorisation de la religion si puissant et prĂ©gnant en France nâest pas une fatalitĂ© irrĂ©versible. Le cĂ©lĂšbre journaliste Tucker Carlson synthĂ©tisait ainsi lâengagement de Charlie Kirk « Charlie savait que la politique nâĂ©tait pas lâultime solution, lâultime solution câest le Christ ». Ce qui a permis au cardinal Muller, ancien prĂ©fet de la CongrĂ©gation pour la doctrine de la foi, dâaffirmer que Charlie Kirk Ă©tait mort en « martyr de JĂ©sus-Christ ». Ce tĂ©moignage christique dâun laĂŻc est aussi particuliĂšrement prĂ©cieux aujourdâhui alors que trop de clercs ont renoncĂ© Ă prĂȘcher publiquement « JĂ©sus-Christ et JĂ©sus-Christ crucifiĂ© » (1 Cor 2,2). VĂ©ritĂ© parfois oubliĂ©e Ă lâoccasion des Ă©ternels dĂ©bats sur le caractĂšre confessionnel ou aconfessionnel que doit revĂȘtir le combat pour la dĂ©fense de la vie humaine innocente. Enfin, quel rĂ©confort que de se sentir dans une communion si « pleine » de foi et dâespĂ©rance avec une jeune femme Ă©prouvĂ©e certes, mais Ă©galement si confiante en la bontĂ© de Dieu. En ce jour, nous pouvons, enfin, en toute confiance et libertĂ© affirmer : « Je suis Charlie » conjuguĂ© à « God bless America ».
Jean-Pierre Maugendre
01/10/2025
01/10/2025
Si les dĂ©mons, en lĂ©gions innombrables, rĂŽdent autour de nous comme des lions prĂȘts Ă nous dĂ©vorer, selon la parole de saint Pierre, il est consolant pour nous de songer que Dieu nous a donnĂ© des dĂ©fenseurs plus nombreux et plus puissants que les dĂ©mons. Câest au plus tard dĂšs sa naissance que tout homme venant au monde est confiĂ© Ă la garde dâun esprit cĂ©leste; les paĂŻens, les hĂ©rĂ©tiques, les pĂ©cheurs eux-mĂȘmes, ne sont pas privĂ©s de ce bienfait de Dieu. Il est mĂȘme certain que divers personnages, en raison de leur situation, comme les rois, les pontifes, ou en raison des vues spĂ©ciales de Dieu sur eux, comme nombre de saints, ont parfois plusieurs Anges gardiens. Il semble indubitable que non seulement les individus, mais les sociĂ©tĂ©s et les institutions, sont confiĂ©es aussi spĂ©cialement Ă la garde des Anges; lâĂglise, les royaumes, les provinces, les diocĂšses, les paroisses, les familles, les ordres religieux, les communautĂ©s, ont leurs angĂ©liques protecteurs.
Les Anges nous prĂ©servent dâune foule de maux et de dangers, ils Ă©loignent de nous les occasions du pĂ©chĂ©; ils nous inspirent de saintes pensĂ©es et nous portent Ă la vertu, nous soutiennent dans les tentations, nous fortifient dans nos faiblesses, nous animent dans nos dĂ©couragements, nous consolent dans nos afflictions. Ils combattent avec nous contre le dĂ©mon et nous prĂ©munissent contre ses piĂšges; si nous tombons, par fragilitĂ© ou par malice, ils nous relĂšvent par le remords, par les pensĂ©es de la foi, par la crainte des jugements de Dieu, et nous procurent divers moyens de conversion: ils portent nos bonnes oeuvres et nos priĂšres Ă Dieu, rĂ©parent nos fautes, intercĂšdent pour nous auprĂšs de la divine misĂ©ricorde, suspendent la vengeance cĂ©leste au-dessus de nos tĂȘtes; enfin ils nous Ă©clairent et nous soutiennent dans la maladie et Ă lâheure de la mort, nous assistent au jugement de Dieu, visitent les Ăąmes du purgatoire.
Saint Bernard résume nos devoirs en trois mots: « Quel respect, quel amour, quelle confiance de notre part ne méritent pas les anges! Respect pour leur présence, amour à cause de leur bienveillance, confiance en leur protection. » Ajoutons un quatriÚme devoir, la docilité à leurs bonnes inspirations.
30/09/2025
Il montra dĂšs lâabord toutes les vertus des grands pontifes. Les miracles relevĂšrent encore lâĂ©clat de sa saintetĂ©: pendant ses repas, les oiseaux venaient prendre du pain dans ses mains; il guĂ©rit un aveugle possĂ©dĂ© du dĂ©mon; il remplit de vin, par le signe de la Croix, un vase presque vide; il Ă©teignit, par sa seule prĂ©sence, un terrible incendie; il dĂ©livra du dĂ©mon une jeune fille que saint BenoĂźt nâavait pu dĂ©livrer.
Lâhistoire de sainte Clotilde nous apprend comment Clovis se tourna vers le Dieu des chrĂ©tiens, Ă la bataille de Tolbiac, et remporta la victoire. Ce fut saint RĂ©mi qui acheva dâinstruire le prince. Comme il lui racontait, dâune maniĂšre touchante, la Passion du Sauveur: âAh! sâĂ©cria le guerrier, que nâĂ©tais-je lĂ avec mes Francs pour Le dĂ©livrer!â La nuit avant le baptĂȘme, saint RĂ©mi alla chercher le roi, la reine et leur suite dans le palais, et les conduisit Ă lâĂ©glise, oĂč il leur fit un Ă©loquent discours sur la vanitĂ© des faux dieux et les grands mystĂšres de la religion chrĂ©tienne. Alors lâĂ©glise se remplit dâune lumiĂšre et dâune odeur cĂ©lestes, et lâon entendit une voix qui disait: âLa paix soit avec vous!â Le Saint prĂ©dit Ă Clovis et Ă Clotilde les grandeurs futures des rois de France, sâils restaient fidĂšles Ă Dieu et Ă lâĂglise. Quand fut venu le moment du baptĂȘme, il dit au roi: âCourbe la tĂȘte, fier Sicambre; adore ce que tu as brĂ»lĂ©, et brĂ»le ce que tu as adorĂ©.â Au moment de faire lâonction du Saint ChrĂȘme, le pontife, sâapercevant que lâhuile manquait, leva les yeux au Ciel et pria Dieu dây pourvoir. Tout Ă coup, on aperçut une blanche colombe descendre dâen haut, portant une fiole pleine dâun baume miraculeux; le saint prĂ©lat la prit, et fit lâonction sur le front du prince.
Cette fiole, appelĂ©e dans lâhistoire la sainte Ampoule, exista jusquâen 1793, Ă©poque oĂč elle fut brisĂ©e par les rĂ©volutionnaires. Outre lâonction du baptĂȘme, saint RĂ©mi avait confĂ©rĂ© au roi Clovis lâonction royale. Deux soeurs du roi, trois mille seigneurs, une foule de soldats, de femmes et dâenfants furent baptisĂ©s le mĂȘme jour. Saint RĂ©mi devint aveugle dans sa vieillesse. Ayant recouvrĂ© la vue par miracle, il cĂ©lĂ©bra une derniĂšre fois le Saint Sacrifice et sâĂ©teignit, ĂągĂ© de quatre-vingt-seize ans.
PriÚre à St Rémi
Glorieux Saint Remi,
que le Christ RĂ©dempteur, dĂ©sirĂ© des nations et Roi des rois, a choisi de toute Ă©ternitĂ© pour conduire le peuple Franc vers la lumiĂšre de la Foi vĂ©ritable, et pour consacrer par lâonction sainte dâun chrĂȘme miraculeux venu du ciel Clovis, le premier de nos rois, regardez aujourdâhui le peuple de France tombĂ© aux mains de chefs illĂ©gitimes et pervers qui lâentraĂźnent dans lâapostasie et lâenchaĂźnent Ă de nouveaux paganismes : du haut du ciel regardez-nous, ayez pitiĂ© de nous, et priez pour nous !
Vous qui avez Ă©tĂ© autrefois et demeurez Ă jamais lâapĂŽtre des Francs, intercĂ©dez sans relĂąche devant le trĂŽne de la divine MajestĂ© pour que se renouvellent les prodiges de grĂące de jadis et que lâillumination surnaturelle mette fin Ă la cĂ©citĂ© spirituelle des Français dâaujourdâhui, que la voix cĂ©leste rompe leur surditĂ© et les attire au seul vĂ©ritable Sauveur,
que les tĂ©nĂšbres qui enveloppent leurs cĆurs soient dissipĂ©es, et quâils trouvent la force pour triompher des ennemis de leur salut et du salut de leur patrie !
Les ennemis du Christ et de la Sainte Eglise, tous ceux qui rejettent les intangibles Lois divines et veulent les extirper pour toujours du cĆur des Français, Ćuvrent sans relĂąche dans lâombre et le secret des loges et des sectes pour mettre en Ă©chec le plan salvifique de Dieu par le moyen de la France : ils ont usurpĂ© le trĂŽne du Fils aĂźnĂ© de la Sainte Eglise, ils ont perverti le pouvoir et corrompu lâautoritĂ©, ils ont Ă©bloui tant dâesprits par ces fallacieuses lumiĂšres allumĂ©es aux flammes de lâenferâŠ
Saint RĂ©mi, notre pĂšre, suscitez aujourdâhui de nouveaux apĂŽtres, animĂ©s de ce zĂšle infatigable et de la sagesse conquĂ©rante qui brillaient en vous, pour quâils arrachent la France et les Français aux griffes de lâennemi du genre humain, et quâils reconquiĂšrent au Christ-Roi les intelligences, les esprits et les cĆurs !
Puisse la France, par votre intercession, trouver la force de rejeter les faux prophĂštes dâune fausse libertĂ©, dâune menteuse Ă©galitĂ© et dâune spĂ©cieuse fraternitĂ©, et de se prĂ©cipiter aux pieds de JĂ©sus et de Marie, sa Reine misĂ©ricordieuse : obtenez Ă tout son peuple un repentir sincĂšre et le pardon de ses pĂ©chĂ©s, pour quâil restaure lâalliance avec la Sagesse Eternelle conclue dans les fonts baptismaux de Reims, grĂące Ă votre prĂ©cieux ministĂšre, et quâil se fasse Ă nouveau une gloire de proclamer : « Vive le Christ qui aime les Francs ! »
Saint Remi, apĂŽtre des Francs, priez pour nous, et priez pour la France !
Ainsi soit-il !
(PriĂšre composĂ©e par FrĂšre Maximilien-Marie du SacrĂ©-CĆur)
29/09/2025
Le Renouveau de la PriĂšre
Ce renouveau n'est pas qu'une intuition. L'article le prouve par des exemples concrets :
L'immense succÚs de la neuvaine à saint Michel, protecteur de la France, qui a rassemblé plus de 120 000 inscrits.
L'appel des Ă©vĂȘques de France Ă prier pour l'accueil et le respect de la vie face au dĂ©clin dĂ©mographique.
Des événements marquants comme la messe d'action de grùce à Notre-Dame pour les carmélites de CompiÚgne, martyres de la Révolution.
Pour l'auteur, ces signaux montrent que face aux "nuages qui sâamoncellent", les Français redĂ©couvrent la priĂšre comme une rĂ©ponse concrĂšte et essentielle.
Les Fondements : De la Bible Ă l'Histoire
L'article rappelle que prier pour son pays est une injonction solidement enracinée.
Fondements bibliques : L'auteur cite le prophĂšte ĂzĂ©chiel (22, 30), oĂč Dieu se dĂ©sole de ne trouver personne pour intercĂ©der et dĂ©fendre le pays. La priĂšre est prĂ©sentĂ©e comme le seul acte efficace pour obtenir la clĂ©mence. De mĂȘme, saint Paul exhorte (1 Tm 2, 1-2) Ă prier pour les autoritĂ©s afin de mener une vie paisible.
Ancrage historique français : L'histoire de France abonde en exemples, du vĆu de Clovis Ă Tolbiac au cĂ©lĂšbre VĆu national de pĂ©nitence qui a donnĂ© naissance au SacrĂ©-CĆur de Montmartre aprĂšs la dĂ©faite de 1870. Cette priĂšre prend souvent la forme d'une rĂ©paration pour l'Ă©tat de pĂ©chĂ© du pays.
Face Ă l'Apostasie Silencieuse
L'article ne s'arrĂȘte pas aux ricanements des sceptiques. Il insiste sur la notion d'interventions providentielles dans l'histoire française, citant par exemple la fin de la Terreur peu aprĂšs le martyre des carmĂ©lites de CompiĂšgne ou lâinterruption de l'offensive prussienne aprĂšs lâapparition de Pontmain.
Il met en garde contre l'"apostasie silencieuse", un terme popularisĂ© par Jean-Paul II, qui dĂ©nonce l'abandon de Dieu et du Christ dans la culture. Pour l'auteur, le marasme actuel en est peut-ĂȘtre le fruit. Se priver aujourd'hui des secours de la Providence relĂšverait du "dĂ©sespoir et du suicide".
En conclusion, l'article souligne l'heure Ă l'espĂ©rance, en s'appuyant sur les appels des papes (de Pie XII Ă LĂ©on XIV) qui exhortent la France, "fille aĂźnĂ©e de l'Ăglise", Ă retrouver sa vocation par la puissance de la priĂšre.
En bref : L'article est un rappel puissant que la priĂšre pour la France n'est pas une relique du passĂ©, mais un devoir spirituel et civique qui puise sa lĂ©gitimitĂ© dans les Ăcritures, l'histoire nationale et les dĂ©fis contemporains.
Haut les cĆurs !
28/09/2025
Saint Michel et Clovis
Ce patronage remonte Ă lâorigine du royaume franc comme fille ainĂ©e de lâEglise. A la bataille de Tolbiac, Clovis appela Ă son secours le Dieu de Clotilde qui lui donna la victoire sur les Alamans. Ce secours serait parvenu au Francs par lâintermĂ©diaire de saint Michel. Ce qui se traduisit ensuite par lâinvocation particuliĂšre de saint Michel pour la bĂ©nĂ©diction de la banniĂšre royale.
Le Pape Anastase et Clovis
AprĂšs la conversion de Clovis, le pape Anastase Ă©crivit aux souverains, Clovis et sainte Clotilde, oĂč il reconnaissait saint Michel, comme Prince du peuple Franc et demandait Ă ce protecteur cĂ©leste de garder les Francs et de les secourir dans les combats. On peut y voir une ratification du patronage du Prince de la milice cĂ©leste sur la France.
En 708 ou 709 saint Michel apparut au Mont Tombe, aujourdâhui le Mont Saint-Michel, pour demander lâĂ©rection dâun oratoire ; de cette maniĂšre il donnait Ă entendre aux Francs quâils devaient compter sur sa prĂ©sence et sa protection.
Ainsi les guerriers, comme Charles Martel, venaient dĂ©poser leurs Ă©pĂ©es sur un autel dĂ©diĂ© Ă lâArchange afin de les y faire bĂ©nir. Il faut voir dans les victoires de Si Charles Martel sur les Sarrasins, un secours de saint Michel Archange.
Sainte Jeanne dâArc et saint Michel
Qui ne sait que parmi les voix que sainte Jeanne dâArc entendit Ă DomrĂ©my, il y avait celle de saint Michel qui se prĂ©senta comme le protecteur du royaume de France. Ce tĂ©moignage est prĂ©cieux, car câest une ratification, venue du ciel, du rĂŽle de protecteur attribuĂ© Ă saint Michel sur la France.
En 1594, lors de la cĂ©rĂ©monie du sacre dâHenri IV, saint Michel apparaĂźt au roi et Ă toute lâaudience sous la forme dâun jeune enfant vĂȘtu de blanc. Cette apparition fut une nouvelle preuve de la protection de lâArchange, ainsi quâun manifestation de la sincĂ©ritĂ© de la conversion du roi Henri IV au catholicisme.
LâEglise de France consacre solennellement son pays Ă saint Michel
En le 19 mai 1912, Ă la veille de la premiĂšre guerre mondiale, les Ă©vĂȘques consacrent solennellement la France Ă lâArchange. Voici le texte de cette consĂ©cration.
Ă glorieux saint Michel, permettez que nous vous apportions lâhommage de notre reconnaissance, de notre vĂ©nĂ©ration, de notre amour. Commis par lâEternel Ă la garde du droit, vous avez rejetĂ© dans les abĂźmes Satan et ses suppĂŽts, inclinant votre Ă©pĂ©e devant le Dieu-fait-Homme et la Vierge qui devait enfanter et devenir la Reine des Anges.
Le peuple Ă©lu vous vit Ă sa tĂȘte lorsquâil errait dans le dĂ©sert, et vous fĂ»tes, dans son exil, son espoir et sa force. Sur le berceau de lâEglise, hĂ©ritiĂšre de la Synagogue, tendrement vous avez veillĂ©. Votre devise devint sa devise et depuis deux mille ans, rien de grand ne sâest opĂ©rĂ© dans son sein en dehors de votre intervention fĂ©conde.
BaptisĂ©e la premiĂšre des nations, dans le Sang du Christ, la France vous aima la premiĂšre. Aussi vous ĂȘtes-vous ingĂ©niĂ© Ă faire dâelle, Ă votre image et Ă votre exemple, le bon sergent de Dieu. Des champs de Tolbiac aux sommets du Mont Tombe ; des sommets du Mont Tombe aux vallons de DomrĂ©my.
Des siĂšcles reculĂ©s au temps oĂč languit notre vie, vous avez Ă©crit les meilleures pages de notre histoire. NaguĂšre encore dans lâĂ©clat de la piĂ©tĂ© de votre XIIe centenaire, sur ce coin immaculĂ© de terre française oĂč la foi vous Ă©leva votre temple, le plus merveilleux et le plus cĂ©lĂšbre, qui donc nâa reconnu votre si douce intervention ?
Ajoutez encore Ă vos bienfaits, ĂŽ bon et puissant Archange, prenez sous votre garde tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes, nos personnes et nos biens, nos familles et nos paroisses, nos Ă©vĂȘques et nos prĂȘtres.
Cette consĂ©cration solennelle, nous la voulons nationale, et nous renouvelons, autant quâil est en nous, le pacte sĂ©culaire qui lie la France au Prince des Anges. Nous vous saluons, nous vous bĂ©nissons, nous vous acclamons, mais de grĂące, dĂ©fendez-nous dans le combat !
Les tĂ©nĂšbres du doute et de lâerreur nous envahissent de toutes parts : Archange de lumiĂšre, dissipez nos tĂ©nĂšbres ! Les volontĂ©s flĂ©chissent et les courages chancellent : Archange victorieux, ranimez nos ardeurs et communiquez-nous la flamme qui fait les Ăąmes justes et les peuples vaillants !
Les cĆurs sâattachent Ă la chair et au sang : ĂŽ SĂ©raphin sublime, arrachez-nous Ă la fange et portez-nous Ă Dieu ! Veillez tout spĂ©cialement sur nos foyers, oĂč la foi et lâinnocence subissent de si rudes assauts, et commandez Ă Satan dây respecter la paix et la vertu.
Ă saint Michel, gardez lâEglise et son chef admirable ; sauvez notre patrie bien-aimĂ©e, protĂ©gez son clergĂ© et ses fidĂšles, convertissez ses fils Ă©garĂ©s. Que le CĆur SacrĂ© de JĂ©sus, que Marie ImmaculĂ©e vous envoient vers nous, avec la bienheureuse Jeanne dâArc.
Et que le rĂšgne de Dieu sâĂ©tablisse sur nous et sur le monde, pour quâĂ jamais, ĂŽ grand PrĂ©vĂŽt du Paradis, nous soyons associĂ©s Ă vos triomphes. Ainsi soit-il !
28/09/2025
Le paradoxe financier : 50% moins cher pour le contribuable, mais un risque d'élitisme
Le premier chiffre avancĂ© par Guillaume PrĂ©vost est percutant : un Ă©lĂšve du catholique coĂ»te 50% moins cher Ă la collectivitĂ©. Loin d'en faire un simple argument budgĂ©taire, il articule ensuite un paradoxe saisissant : moins l'Ătat finance l'enseignement catholique, plus celui-ci est contraint d'augmenter ses frais de scolaritĂ© pour fonctionner. Cette situation, loin de favoriser la mixitĂ© sociale, rĂ©serve de fait l'accĂšs aux Ă©tablissements aux familles les plus aisĂ©es. Ce faisant, M. PrĂ©vost dĂ©place habilement le dĂ©bat : la question n'est plus celle du privilĂšge de l'Ă©cole privĂ©e, mais celle des consĂ©quences d'une politique de financement public.
« Un Ă©lĂšve de lâEnseignement catholique coĂ»te 50 % moins cher au contribuable quâun Ă©lĂšve du public. Mais moins la puissance publique finance lâEnseignement catholique, plus celui-ci est de facto rĂ©servĂ© aux riches. »
2. La laïcité clarifiée : des enseignants non-neutres, et c'est assumé
Sur le terrain sensible de la laĂŻcitĂ©, Guillaume PrĂ©vost opĂšre une clarification stratĂ©gique. Il rappelle que les enseignants du privĂ© sous contrat, bien qu'agents publics de l'Ătat, ne sont pas fonctionnaires et, Ă ce titre, ne sont pas soumis au mĂȘme principe de neutralitĂ©. Ils peuvent donc tĂ©moigner de leur foi, Ă condition de ne pas faire de prosĂ©lytisme, et mĂȘme, lance-t-il de maniĂšre provocatrice, « faire des maths chrĂ©tiennes en convoquant la mĂ©taphysique dâAristote ! ».
Pour souligner l'incohĂ©rence qu'il y aurait Ă choisir un Ă©tablissement pour son projet spĂ©cifique tout en lui demandant d'ĂȘtre neutre, il emploie une analogie volontairement triviale :
« Allez-vous dans un resto chinois pour commander des pizzas ? »
Cette clarification positionne l'Ă©cole catholique non pas comme une entorse Ă la laĂŻcitĂ©, mais comme une offre Ă©ducative distincte, oĂč la dimension spirituelle fait partie intĂ©grante du « contrat de confiance » passĂ© avec les familles.
3. L'attractivité au collÚge : un "choix" massif, pas une "fuite"
Guillaume PrĂ©vost ancre le succĂšs de son rĂ©seau sur un pilier central : la confiance des familles. « LâEnseignement catholique est un collectif qui va bien et mĂȘme trĂšs bien et dont la singularitĂ© repose sur la confiance », affirme-t-il. La preuve la plus spectaculaire de ce dynamisme se manifeste au moment de l'entrĂ©e en 6Ăšme, une Ă©tape dĂ©licate oĂč les effectifs de l'enseignement catholique augmentent de 50%.
En requalifiant ce phénomÚne de « choix » plutÎt que de « fuite », il s'oppose directement au narratif de la « sécession scolaire » souvent évoqué dans les médias. Il s'agit, selon lui, d'une adhésion délibérée à un projet éducatif spécifique.
« Les familles nous font confiance, particuliĂšrement au moment dĂ©licat de lâentrĂ©e en 6e, oĂč nos effectifs augmentent de 50 %. Ce nâest pas une fuite du public mais bel et bien un choix. Celui de la proximitĂ©, de structures Ă taille humaine qui valorisent la relation ainsi que lâalliance avec les familles. »
Au final, une question de liberté
Ces trois axes â le paradoxe du coĂ»t qui dĂ©place le dĂ©bat sur le financement, une vision assumĂ©e de la laĂŻcitĂ© comme contrat de confiance et une attractivitĂ© interprĂ©tĂ©e comme un choix positif â offrent une perspective renouvelĂ©e sur l'enseignement catholique. Ils montrent que l'enjeu dĂ©passe largement les statistiques et les polĂ©miques. Il touche au cĆur de la libertĂ© Ă©ducative, de la libertĂ© de conscience et de la richesse que reprĂ©sente la diversitĂ© des projets pĂ©dagogiques pour la sociĂ©tĂ© française.
Au-delà des polémiques, et si la véritable force du systÚme éducatif français résidait justement dans cette diversité d'approches et la liberté de choix qu'elle permet ?
Pourquoi les laĂŻcs sont-ils les seuls Ă se battre face aux adversaires de l'Ăcole catholique ?
Vidéo de la conférence de presse
25/09/2025
Il y a quelques annĂ©es, sans doute en 2017, je suis passĂ© dans lâĂ©mission de Tucker Carlson sur Fox pour parler de je ne sais plus trop quoi. AprĂšs lâĂ©mission, une personne dont je connaissais Ă peine le nom mâa envoyĂ© un message privĂ© sur Twitter pour me dire que jâavais fait du bon travail. CâĂ©tait Charlie Kirk, et ce petit geste de gentillesse a marquĂ© le dĂ©but dâune amitiĂ© qui a durĂ© jusquâĂ aujourdâhui.
Charlie Ă©tait passionnĂ© par les idĂ©es, toujours prĂȘt Ă apprendre et Ă changer dâavis. Comme moi, il Ă©tait sceptique Ă propos de Donald Trump en 2016. Comme moi, il a fini par voir en Trump la seule figure capable de dĂ©tourner la politique amĂ©ricaine du globalisme qui avait dominĂ© toute notre vie. Quand les autres avaient raison, il apprenait dâeux. Quand câĂ©tait lui qui avait raison â ce qui arrivait souvent â il se montrait gĂ©nĂ©reux. Avec Charlie, ce nâĂ©tait jamais : « Je vous lâavais bien dit. » Mais plutĂŽt : « Bienvenue. »
Charlie fut lâune des premiĂšres personnes que jâai appelĂ©es quand jâai envisagĂ© de me prĂ©senter au SĂ©nat dĂ©but 2021. JâĂ©tais intĂ©ressĂ© mais sceptique sur mes chances. Nous avons parlĂ© de tout : de la stratĂ©gie, du financement, des rĂ©seaux militants quâil connaissait si bien. Il mâa prĂ©sentĂ© Ă certaines des personnes qui allaient diriger ma campagne, et aussi Ă Donald Trump Jr. « Comme son pĂšre, il est mal compris. Il est extrĂȘmement intelligent, et trĂšs proche de notre vision », mâavait-il dit. Don a pris mon appel parce que Charlie le lui avait demandĂ©.
Bien avant que je ne me dĂ©cide â mĂȘme dans mon for intĂ©rieur â Ă me lancer, Charlie mâavait invitĂ© Ă parler Ă ses donateurs lors dâun Ă©vĂ©nement de TPUSA. Il mâa prĂ©sentĂ© autour de lui, mâa donnĂ© un retour sincĂšre sur mon discours. Il nâavait aucune raison de le faire, aucune attente particuliĂšre : Ă lâĂ©poque, je plafonnais Ă moins de 5 % dans les sondages. Il lâa fait parce que nous Ă©tions amis, et parce que câĂ©tait un homme bon.
Quand je suis devenu candidat Ă la vice-prĂ©sidence â chose que Charlie dĂ©fendait autant en privĂ© quâen public â il Ă©tait lĂ pour moi. JâĂ©tais heureux de rejoindre lâĂ©quipe du prĂ©sident, mais jâai Ă©tĂ© surpris, je lâavoue, par lâimpact que cela a eu sur notre famille. Nos enfants, surtout lâaĂźnĂ©, ont eu du mal avec lâattention et la prĂ©sence constante de la protection rapprochĂ©e. Jâai ressenti une forme de culpabilitĂ© aiguĂ«, comme si jâavais imposĂ© cette vie Ă mes enfants sans leur demander leur avis. Et Charlie, inlassablement, appelait et envoyait des messages, prenait de nos nouvelles, offrait ses conseils et ses priĂšres.
Certains de nos plus grands rassemblements nâĂ©taient mĂȘme pas organisĂ©s par la campagne, mais par TPUSA. Charlie nâĂ©tait pas seulement un penseur, câĂ©tait un homme dâaction. Il transformait de grandes idĂ©es en Ă©vĂ©nements encore plus grands, rĂ©unissant des milliers de militants. Et aprĂšs chaque Ă©vĂ©nement, il me serrait dans ses bras, me disait quâil priait pour moi, et me demandait ce quâil pouvait faire de plus. « Concentre-toi sur le Wisconsin », me lançait-il. « LâArizona est dĂ©jĂ dans la poche. » Et il avait raison.
Charlie croyait profondĂ©ment en JĂ©sus-Christ. Sa foi Ă©tait authentique. Nous avions lâhabitude de dĂ©battre du catholicisme et du protestantisme, et de qui avait raison sur tel ou tel point doctrinal mineur. Parce quâil aimait Dieu, il voulait le comprendre. Quelquâun a dit que Charlie Ă©tait mort en faisant ce quâil aimait : discuter dâidĂ©es. CâĂ©tait vrai. Il entrait dans des salles hostiles et rĂ©pondait aux questions. Dans une salle acquise, si un progressiste posait une question et se faisait huer, il calmait la foule et rappelait que tout le monde devait pouvoir sâexprimer. Il incarnait une vertu fondamentale de notre RĂ©publique : la volontĂ© de parler ouvertement et de dĂ©battre des idĂ©es.
Charlie avait un instinct incroyable pour savoir quand bousculer les lignes et quand se montrer plus conventionnel. On lâa attaquĂ© pendant des annĂ©es sur telle ou telle position publique, sans comprendre quâen coulisses, il travaillait Ă Ă©largir le champ du dĂ©bat acceptable.
Il Ă©tait aussi un grand homme de famille. Aujourdâhui, dans le Bureau ovale, le prĂ©sident Trump mâa dit : « Je sais quâil Ă©tait un trĂšs bon ami pour toi. » Jâai hochĂ© la tĂȘte en silence. Puis le prĂ©sident a ajoutĂ© que Charlie aimait vraiment sa famille. Il avait raison. Charlie Ă©tait tellement fier dâErika et de leurs deux enfants. Il Ă©tait si heureux dâĂȘtre pĂšre, et si reconnaissant dâavoir trouvĂ© une femme de foi avec qui construire une famille.
Charlie Kirk Ă©tait un vĂ©ritable ami. Du genre Ă qui lâon peut tout confier, en sachant que cela restera entre vous. Je fais partie de plusieurs groupes de discussion avec Charlie et des personnes quâil mâavait prĂ©sentĂ©es. Nous y cĂ©lĂ©brons des mariages, des naissances, nous nous taquinons, nous pleurons des proches disparus. Nous parlons politique, stratĂ©gie, sport, vie quotidienne. Ces conversations incluent des gens du plus haut niveau de notre gouvernement. Ils lui faisaient confiance, lâaimaient et savaient quâil serait toujours lĂ pour eux. Et parce quâil Ă©tait un vĂ©ritable ami, vous pouviez faire confiance aux gens quâil vous prĂ©sentait.
Une grande partie du succĂšs de cette administration est directement liĂ©e Ă la capacitĂ© de Charlie Ă organiser et Ă rassembler. Il nâa pas seulement aidĂ© Ă gagner en 2024, il a aussi contribuĂ© Ă constituer lâĂ©quipe qui gouverne aujourdâhui.
JâĂ©tais en rĂ©union Ă la Maison-Blanche quand ces groupes de discussion ont commencĂ© Ă sâenflammer : tout le monde Ă©crivait quâil priait pour Charlie. Câest ainsi que jâai appris que mon ami avait Ă©tĂ© touchĂ©. Jâai beaucoup priĂ© dans lâheure qui a suivi, alors que circulaient dâabord de bonnes nouvelles, puis de mauvaises. Dieu nâa pas rĂ©pondu Ă ces priĂšres, et câest ainsi. Il avait dâautres plans.
Aujourdâhui, Charlie est au ciel. Et je lui demanderai dâintercĂ©der directement auprĂšs du TrĂšs-Haut pour sa famille, ses amis et ce pays quâil aimait tant.
Tu as couru une belle course, mon ami. Nous prenons la relĂšve.
24/09/2025
Par ailleurs, le fait mĂȘme que ces vĂȘtements soient sortis de lâusage profane nous invite Ă considĂ©rer la signification gĂ©nĂ©rale de lâhabillement du prĂȘtre :
Le fait que le prĂȘtre revĂȘt non seulement de beaux habits, mais des habits spĂ©ciaux, comme on nâen rencontre pas dans la vie ordinaire, et qui se distinguent, autant que faire se peut, par leur tissu prĂ©cieux et par leur ornementation, signifie quâil quitte le niveau de la terre pour passer dans un monde supĂ©rieur, dont un reflet transparaĂźt dans son vĂȘtement.
Le Lavement des mains
Pour souligner cette sĂ©paration dâavec le monde profane, le prĂȘtre commence par se laver les mains.
Il est conforme Ă un instinct naturel de ne toucher Ă un objet prĂ©cieux quâavec des mains propres. Plus gĂ©nĂ©ralement, on nâaborde une action solennelle, et surtout une action sacrĂ©e, quâaprĂšs sâĂȘtre purifiĂ© les des souillures des heures de travail profane, et revĂȘtus des habits de fĂȘte. Aussi la liturgie ne fait-elle revĂȘtir les ornements sacrĂ©s quâaprĂšs un lavement des mains.
Lâamict
Le prĂȘtre commence par le poser sur sa tĂȘte. [Câest un vestige de lâancien usage, qui existe toujours lors de lâordination du sous-diacre.] Le nom de lâamict dĂ©rive en effet du latin amicire, câest-Ă -dire : « entourer, envelopper ». Il symbolise le « casque du salut » qui protĂšge lâesprit des tentations du dĂ©mon.
Puis le prĂȘtre dispose lâamict autour de son cou. En lui remettant lâamict au jour de son ordination au sous-diaconat, lâĂ©vĂȘque lui avait dĂ©clarĂ© : « Recevez cet amict, par lequel est signifiĂ©e la discipline de la voix. ». En sâapprĂȘtant Ă cĂ©lĂ©brer les Saints MystĂšres, le prĂȘtre rĂ©serve sa voix pour les paroles sacrĂ©es quâil aura Ă prononcer.
Lâaube
La blancheur de lâaube â alba, en latin â symbolise la puretĂ©. La priĂšre que rĂ©cite le prĂȘtre fait rĂ©fĂ©rence Ă lâApocalypse, [oĂč lâon voit les Ă©lus blanchir leur vĂȘtement dans le sang de lâAgneau].
Le sang divin de lâAgneau eucharistique purifiera et sanctifiera le prĂȘtre et le conduira aux joies de la vision bĂ©atifique oĂč triomphent dans la blancheur de leur Ă©clat les messagers Ă©vangĂ©liques de la rĂ©surrection et les martyrs qui ont lavĂ© leur robe dans le sang de lâAgneau.
Le cordon
Le prĂȘtre ajuste lâaube Ă lâaide dâun cordon, dont le symbolisme principal est celui de la chastetĂ©, que le prĂȘtre demande Ă cette occasion.
Comme selon les conceptions de lâancien Testament, les dĂ©sirs sensuels siĂšgent surtout dans les reins, lâemploi du cordon qui les ceint provoqua tout naturellement une priĂšre pour garder intacte la puretĂ© symbolisĂ©e par lâaube.
On peut aussi se souvenir de cette injonction de Notre-Seigneur :
Que vos reins soient ceints et vos lampes allumĂ©es. Soyez semblables, vous, Ă des gens qui attendent leur maĂźtre Ă son retour de noces, pour lui ouvrir dĂšs quâil viendra et frappera.
Le manipule
Le manipule, que le prĂȘtre porte sur lâavant-bras gauche Ă©tait vraisemblablement Ă lâorigine un sudarium, un mouchoir qui servait Ă essuyer la sueur. Ainsi, « il Ă©voque les peines et les difficultĂ©s de la vie, les durs labeurs Ă la sueur du front, les efforts ingrats rançon des bonnes Ćuvres. »
Mais le mot latin manipulum dĂ©signe Ă©galement une gerbe de blĂ©, en sorte que la joie de la rĂ©compense est Ă©galement suggĂ©rĂ©e : on sĂšme dans les peines, mais on moissonne dans la joie, en sorte que « la poignĂ©e dâĂ©pis baignĂ©e de larmes de nos peines terrestres doit devenir la gerbe dâune moisson triomphale ».
Le manipule nous rappelle que la liturgie est avant tout une action, une Ćuvre Ă accomplir pour rendre Ă Dieu le culte qui lui est dĂ».
LâĂ©tole
Lâantique stola, de laquelle lâĂ©tole tire son nom et son origine, Ă©tait un vĂȘtement dâhonneur, câest pourquoi « le prĂȘtre, en revĂȘtant cet ornement prie le Seigneur de lui rendre le vĂȘtement de splendeur de la grĂące sanctifiante perdue par la chute de son premier pĂšre ».
La formule employĂ©e par lâĂ©vĂȘque lorsquâil remet lâĂ©tole au nouveau prĂȘtre au cours de lâordination sacerdotale suggĂšre un symbolisme complĂ©mentaire : le joug du Seigneur, câest-Ă -dire les « charges et des devoirs imposĂ©s au prĂȘtre en vertu de son sacerdoce ».
La chasuble
La chasuble est le vĂȘtement sacerdotal par excellence. Tandis que le sous-diacre porte Ă©galement le manipule, et le diacre lâĂ©tole, la chasuble est rĂ©servĂ©e au prĂȘtre et Ă lâĂ©vĂȘque, et, Ă de rares exceptions prĂšs, elle est uniquement portĂ©e pendant la messe, par celui qui la cĂ©lĂšbre.
On retrouve le symbolisme du joug du Seigneur dans la priĂšre que le prĂȘtre rĂ©cite en revĂȘtant enfin la chasuble. Mais la chasuble, qui recouvre tous les ornements, est avant tout le symbole de la charitĂ© « qui Ă©mine entre toutes les vertus et couvre la multitude de nos pĂ©chĂ©s », ainsi que lâindique la formule employĂ©e par lâĂ©vĂȘque lorsquâil remet la chasuble au nouveau prĂȘtre au cours de lâordination sacerdotale :
Recevez le vĂȘtement sacerdotal, par lequel est signifiĂ©e la charitĂ© : Dieu est en effet puissant, pour augmenter en vous la charitĂ©, et rendre votre Ćuvre parfaite.
Cette Ćuvre que Dieu va rendre parfaite, câest lâaction liturgique que le prĂȘtre va maintenant accomplir, le sacrifice quâil sâapprĂȘte Ă offrir.
24/09/2025
Trump y articule une critique virulente de l'ONU, la qualifiant d'inefficace et de complice dans les crises migratoires. Il redéfinit la pandémie de COVID-19 comme le résultat de recherches sur des "armes biologiques" et annonce son intention de créer une convention internationale à ce sujet. Le discours s'attaque frontalement à la politique migratoire, accusant l'ONU de financer des "invasions" qui menacent de "détruire" les pays occidentaux, notamment l'Europe. Il dénonce l'agenda écologiste comme une "supercherie", qualifiant le changement climatique de "plus grande escroquerie de l'histoire", et prÎne un abandon des énergies renouvelables au profit des énergies traditionnelles. Enfin, il formalise une rupture avec le libre-échange en faveur d'un protectionnisme basé sur les droits de douane. L'antidote à ces menaces, selon Trump, réside dans un retour sans compromis à la souveraineté nationale, à la défense des frontiÚres, des cultures et des traditions propres à chaque nation.
Contexte du Discours
Le 23 septembre 2025, lors d'une intervention prévue pour durer 10 minutes à la tribune de l'ONU, Donald Trump a prononcé un discours qui s'est étendu sur une heure. Le lendemain, sur France Info, des journalistes ont décrit l'événement comme un "discours qui a sidéré tout l'auditoire, un discours sidérant". Cette intervention a été marquée par une série de déclarations frontales contre les institutions et les idéologies mondialistes.
ThÚmes Principaux et Déclarations Clés
1. Critique Virulente des Nations Unies (ONU)
Trump a initié son discours par une critique directe et sans concession de l'ONU, la jugeant incompétente et inactive.
âą InefficacitĂ© OpĂ©rationnelle : Il a soulignĂ© des dĂ©faillances logistiques concrĂštes, notant qu'Ă son arrivĂ©e "les escalators et le tĂ©lĂ©prompteur ne fonctionne mĂȘme pas".
⹠Absence dans la Résolution de Conflits : Il a affirmé le manque de soutien de l'organisation dans les affaires géopolitiques majeures avec une citation directe :
⹠Conclusion : Sa critique se résume à une formule lapidaire : "L'ONU ne fait rien".
2. La Pandémie de COVID-19 et les Armes Biologiques
Abordant la crise sanitaire mondiale, Trump a explicitement requalifié la pandémie, l'associant à des activités de recherche militaire et proposant une action internationale.
⹠Origine de la Pandémie : Il a attribué la pandémie à des recherches menées de maniÚre irresponsable.
⹠Menace Actuelle : Il a averti que ces activités dangereuses se poursuivent.
⹠Proposition de Convention : En réponse, il a annoncé une initiative de son administration pour réguler ce domaine.
3. Migration, Souveraineté et Destruction de l'Europe
Le thÚme de la migration a été traité comme une attaque orchestrée contre les nations occidentales, avec la complicité active de l'ONU.
⹠RÎle de l'ONU dans la Migration : Trump accuse l'organisation de faciliter et financer l'immigration illégale.
⊠Il affirme que "L'ONU finance des attaques qui visent les pays occidentaux, qui visent les frontiÚres."
⊠Il cite un exemple prĂ©cis : "En 2024, quelques 350 millions de dollars ont Ă©tĂ© apportĂ©s par l'ONU pour permettre Ă des centaines de milliers de migrants de se rendre illĂ©galement aux Ătats-Unis."
⊠Sa conclusion est sans appel : "L'ONU produit et finance les invasions au lieu de les combattre."
⹠Avertissement à l'Europe : Il a spécifiquement ciblé les pays de l'Union européenne, les décrivant comme étant au bord de l'effondrement.
⹠Données sur la Criminalité : Pour étayer son propos, il a cité des statistiques attribuées au Conseil de l'Europe pour l'année 2024 concernant la part des migrants dans la population carcérale de trois pays européens.
Pays
Pourcentage de migrants parmi les prisonniers
Allemagne 50 %
Autriche 53 %
GrĂšce 54 %
⹠Appel à la Souveraineté : Le contrÎle des frontiÚres est présenté comme un pilier essentiel de la souveraineté nationale.
4. L'Attaque contre le Mondialisme
Le discours identifie le "mondialisme" comme l'ennemi principal, l'associant à des activités criminelles graves.
⹠Trafic d'Enfants, des milliers de disparitions : Trump a formulé une accusation directe et grave contre les "mondialistes"
⹠Lutte contre les Cartels : Il a également mentionné son action contre d'autres réseaux criminels : "J'ai ciblé les cartels de mort, les cartels de drogue, les cartels barbares."
5. Ănergie et RĂ©futation de l'Agenda Ăcologiste
Trump a consacré une partie importante de son discours à démanteler ce qu'il nomme l'"agenda écologiste", le distinguant de la véritable écologie.
âą Rejet des Ănergies Renouvelables : Il a qualifiĂ© les Ă©nergies renouvelables de fausse solution.
⹠Le Changement Climatique comme "Escroquerie" : Il a qualifié le discours sur le changement climatique de fraude historique, s'appuyant sur des prédictions passées non réalisées.
⊠Années 1920-1930 : Crainte d'un "refroidissement climatique".
⊠1982 : Le PNUE prédisait une "apocalypse nucléaire" pour l'an 2000 à cause du climat.
⊠1999 : Prédiction que des pays seraient "rayés de la carte" en 20 ans.
⊠Sa conclusion est nette : "C'est la plus grande escroquerie de l'histoire de l'humanité. Toutes les prévisions se sont révélées fausses."
âą ConsĂ©quences Ăconomiques pour l'Europe : Il a dĂ©noncĂ© l'impact de la politique environnementale europĂ©enne, la jugeant contre-productive.
⊠Il note que l'Europe a réduit son empreinte carbone de 37 % au prix de nombreux emplois et usines.
⊠Pendant ce temps, "les émissions ont augmenté de 50 % à cause de la Chine".
⊠Conclusion : "On n'a pas amélioré l'environnement, on a juste déplacé l'industrie manufacturiÚre."
6. Rupture avec le Libre-Ăchange : Pour le Protectionnisme
Sur le plan commercial, le discours acte une rupture avec le dogme du libre-échange au profit d'une politique protectionniste.
âą Critique du Libre-Ăchange : Il le dĂ©crit comme un systĂšme de pillage.
âą Ăloge des Droits de Douane : Il prĂ©sente les tarifs douaniers comme un outil de souverainetĂ© et de sĂ©curitĂ©.
Conclusion du Discours : un appel à la souveraineté nationale
La conclusion du discours est un appel aux nations du monde à se réapproprier leur destin en réaffirmant leurs identités et leur souveraineté.
⹠Défense des Nations : Il a exhorté les dirigeants à protéger leurs spécificités.
⹠Célébration de la Diversité Nationale : Il a opposé l'uniformité mondialiste à la richesse des nations distinctes.
âą Appel Final : Il a conclu en rappelant le sacrifice des ancĂȘtres et la nĂ©cessitĂ© de prĂ©server leur hĂ©ritage.
Ce discours, qualifié de "direct" et "clair", c'est le moins que l'on puisse dire, est interprété comme une "déclaration de guerre au mondialisme" et un appel à suivre une "autre voie".
Source du Figaro via YouTube : l'intégralité de son discours traduit en français
22/09/2025
Pourtant, cette vision repose sur des prĂ©supposĂ©s surprenants, et souvent erronĂ©s, sur la nature mĂȘme de la libertĂ©. Un article de FrĂ©dĂ©ric Guillaud dans France Catholique du 12/09/25 propose d'explorer quelques-unes de ces idĂ©es contre-intuitives qui remettent en question ce conflit apparent.
La liberté n'est pas un point de départ, mais un aboutissement.
L'argument selon lequel il ne faudrait rien imposer aux enfants pour prĂ©server leur libre-arbitre est une absurditĂ© pĂ©dagogique. L'Ă©ducation consiste prĂ©cisĂ©ment Ă imposer un ensemble de contraintes : l'apprentissage de la propretĂ©, de la lecture, de l'Ă©criture ou de l'histoire se fait sans demander l'avis de l'enfant. C'est grĂące Ă ce cadre initial que ce dernier peut dĂ©velopper ses facultĂ©s intellectuelles et volontaires, donnant une rĂ©alitĂ© concrĂšte au mot « libertĂ© » qui, sans cela, se confondrait avec le caprice et le babillage puĂ©ril. On observe ici que cette erreur sur la libertĂ© a dĂ©truit lâĂcole publique qui, en rendant lâĂ©lĂšve constructeur de ses savoirs, lui a permis dâaccĂ©der Ă la libre ignorance.
Ce principe s'applique de la mĂȘme maniĂšre Ă la sphĂšre spirituelle. Pour qu'une personne puisse un jour choisir librement de croire ou de ne pas croire, encore faut-il qu'elle ait reçu un « contenu » Ă partir duquel faire ce choix. La libertĂ© de conscience ne s'exerce pas dans le vide, mais face Ă une proposition intellectuelle et spirituelle concrĂšte. Vouloir faire prĂ©cĂ©der l'apprentissage par la libertĂ© est une erreur fondamentale : « Soumettre lâapprentissage Ă la libertĂ©, câest mettre la charrue avant les bĆufs. »
On ne peut pas forcer quelqu'un Ă croire.
Le deuxiÚme présupposé erroné est que le projet des écoles catholiques serait d'« inculquer de force » la foi à des esprits réticents. Il est ici crucial de distinguer deux choses : l'apprentissage du contenu de la foi (le catéchisme) et l'acte de croire. Si le premier relÚve d'un enseignement, le second est un acte éminemment personnel qui engage la volonté intime de l'individu. L'objectif de la transmission n'est pas de contraindre, mais de susciter un éveil spirituel et de donner les clés de compréhension nécessaires pour que les enfants puissent, le moment venu, se déterminer librement.
Saint Thomas d'Aquin formulait déjà cette impossibilité de la contrainte en matiÚre de foi avec une clarté limpide :
On peut tout faire sans le vouloir, Ă©crit saint Thomas dâAquin, mais croire, seulement si on le veut. Or, la volontĂ© ne peut pas ĂȘtre forcĂ©e. Donc on ne peut contraindre personne Ă croire, parce que croire est un acte de la volontĂ©.
La conséquence logique est implacable. Sans une transmission initiale du contenu de la Révélaton, le prétendu « choix libre » à l'ùge adulte devient illusoire. Faute de matiÚre à examiner, la personne ne choisira rien du tout et se laissera bien plus probablement porter par la « culture des mass media ».
Le vrai débat n'est pas la liberté, mais la nature de l'homme.
L'insistance de l'Ătat Ă restreindre l'enseignement religieux au sein mĂȘme des Ă©tablissements catholiques rĂ©vĂšle une incohĂ©rence. Les parents y inscrivant leurs enfants sont a priori favorables Ă cet enseignement. L'imposer comme facultatif dans un lieu choisi prĂ©cisĂ©ment pour son projet Ă©ducatif chrĂ©tien est aussi absurde que d'« exiger un coin non-fumeur Ă lâintĂ©rieur de lâunique wagon fumeur dâun train ! ».
Cette posture suggĂšre que le vĂ©ritable enjeu n'est pas la maniĂšre dont la foi est enseignĂ©e, mais la substance mĂȘme de la doctrine catholique. Ce qui dĂ©range l'Ătat contemporain, c'est que le contenu de la foi s'oppose frontalement Ă son « utopie d'autonomie totale ». La doctrine catholique affirme en effet que :
âą L'individu n'a pas sa fin en lui-mĂȘme.
⹠La nature humaine est marquée par la différence sexuelle.
âą La personne humaine doit ĂȘtre respectĂ©e de sa conception Ă sa mort naturelle.
... toutes choses qui furent longtemps admises trĂšs au-delĂ de lâĂglise â mais sous son influence. Ces principes entrent en conflit avec un modĂšle oĂč l'individu est perçu comme son propre crĂ©ateur. Par consĂ©quent, la simple critique de certaines lois, comme celle sur l'avortement, est de plus en plus qualifiĂ©e d'« entrave », confondant le droit de critiquer une loi avec le fait de l'enfreindre. Cela revient Ă exiger non plus seulement le respect de la loi, mais l'adhĂ©sion idĂ©ologique Ă celle-ci. Les tracasseries qui ne cessent de se multiplier contre les Ă©coles catholiques visent Ă nier cette distinction, en faisant de lâĂtat le bras sĂ©culier de la Religion progressiste. Vivement la SĂ©paration !
Quelle liberté voulons-nous ?
Le dĂ©bat sur l'enseignement de la foi rĂ©vĂšle une fracture profonde sur notre conception de la libertĂ©. Loin d'ĂȘtre une menace pour l'autonomie, la transmission d'un hĂ©ritage spirituel et culturel apparaĂźt comme la condition mĂȘme d'un choix Ă©clairĂ©. La vĂ©ritable libertĂ© intellectuelle et spirituelle ne naĂźt pas d'un vide culturel, mais prĂ©suppose au contraire la connaissance, l'Ă©ducation et la confrontation Ă des idĂ©es structurĂ©es.
En exigeant de l'école qu'elle ne transmette plus un héritage pour préserver une liberté abstraite, quelle fondation donnons-nous réellement à nos enfants pour qu'ils puissent construire leur avenir ?