Le blog du Temps de l'Immaculée.
25/09/2025
Par ailleurs, le fait même que ces vêtements soient sortis de l’usage profane nous invite à considérer la signification générale de l’habillement du prêtre :
Le fait que le prêtre revêt non seulement de beaux habits, mais des habits spéciaux, comme on n’en rencontre pas dans la vie ordinaire, et qui se distinguent, autant que faire se peut, par leur tissu précieux et par leur ornementation, signifie qu’il quitte le niveau de la terre pour passer dans un monde supérieur, dont un reflet transparaît dans son vêtement.
Le Lavement des mains
Pour souligner cette séparation d’avec le monde profane, le prêtre commence par se laver les mains.
Il est conforme à un instinct naturel de ne toucher à un objet précieux qu’avec des mains propres. Plus généralement, on n’aborde une action solennelle, et surtout une action sacrée, qu’après s’être purifié les des souillures des heures de travail profane, et revêtus des habits de fête. Aussi la liturgie ne fait-elle revêtir les ornements sacrés qu’après un lavement des mains.
L’amict
Le prêtre commence par le poser sur sa tête. [C’est un vestige de l’ancien usage, qui existe toujours lors de l’ordination du sous-diacre.] Le nom de l’amict dérive en effet du latin amicire, c’est-à-dire : « entourer, envelopper ». Il symbolise le « casque du salut » qui protège l’esprit des tentations du démon.
Puis le prêtre dispose l’amict autour de son cou. En lui remettant l’amict au jour de son ordination au sous-diaconat, l’évêque lui avait déclaré : « Recevez cet amict, par lequel est signifiée la discipline de la voix. ». En s’apprêtant à célébrer les Saints Mystères, le prêtre réserve sa voix pour les paroles sacrées qu’il aura à prononcer.
L’aube
La blancheur de l’aube – alba, en latin – symbolise la pureté. La prière que récite le prêtre fait référence à l’Apocalypse, [où l’on voit les élus blanchir leur vêtement dans le sang de l’Agneau].
Le sang divin de l’Agneau eucharistique purifiera et sanctifiera le prêtre et le conduira aux joies de la vision béatifique où triomphent dans la blancheur de leur éclat les messagers évangéliques de la résurrection et les martyrs qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau.
Le cordon
Le prêtre ajuste l’aube à l’aide d’un cordon, dont le symbolisme principal est celui de la chasteté, que le prêtre demande à cette occasion.
Comme selon les conceptions de l’ancien Testament, les désirs sensuels siègent surtout dans les reins, l’emploi du cordon qui les ceint provoqua tout naturellement une prière pour garder intacte la pureté symbolisée par l’aube.
On peut aussi se souvenir de cette injonction de Notre-Seigneur :
Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées. Soyez semblables, vous, à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces, pour lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera.
Le manipule
Le manipule, que le prêtre porte sur l’avant-bras gauche était vraisemblablement à l’origine un sudarium, un mouchoir qui servait à essuyer la sueur. Ainsi, « il évoque les peines et les difficultés de la vie, les durs labeurs à la sueur du front, les efforts ingrats rançon des bonnes œuvres. »
Mais le mot latin manipulum désigne également une gerbe de blé, en sorte que la joie de la récompense est également suggérée : on sème dans les peines, mais on moissonne dans la joie, en sorte que « la poignée d’épis baignée de larmes de nos peines terrestres doit devenir la gerbe d’une moisson triomphale ».
Le manipule nous rappelle que la liturgie est avant tout une action, une œuvre à accomplir pour rendre à Dieu le culte qui lui est dû.
L’étole
L’antique stola, de laquelle l’étole tire son nom et son origine, était un vêtement d’honneur, c’est pourquoi « le prêtre, en revêtant cet ornement prie le Seigneur de lui rendre le vêtement de splendeur de la grâce sanctifiante perdue par la chute de son premier père ».
La formule employée par l’évêque lorsqu’il remet l’étole au nouveau prêtre au cours de l’ordination sacerdotale suggère un symbolisme complémentaire : le joug du Seigneur, c’est-à-dire les « charges et des devoirs imposés au prêtre en vertu de son sacerdoce ».
La chasuble
La chasuble est le vêtement sacerdotal par excellence. Tandis que le sous-diacre porte également le manipule, et le diacre l’étole, la chasuble est réservée au prêtre et à l’évêque, et, à de rares exceptions près, elle est uniquement portée pendant la messe, par celui qui la célèbre.
On retrouve le symbolisme du joug du Seigneur dans la prière que le prêtre récite en revêtant enfin la chasuble. Mais la chasuble, qui recouvre tous les ornements, est avant tout le symbole de la charité « qui émine entre toutes les vertus et couvre la multitude de nos péchés », ainsi que l’indique la formule employée par l’évêque lorsqu’il remet la chasuble au nouveau prêtre au cours de l’ordination sacerdotale :
Recevez le vêtement sacerdotal, par lequel est signifiée la charité : Dieu est en effet puissant, pour augmenter en vous la charité, et rendre votre œuvre parfaite.
Cette œuvre que Dieu va rendre parfaite, c’est l’action liturgique que le prêtre va maintenant accomplir, le sacrifice qu’il s’apprête à offrir.
23/09/2025
Plus qu'une simple nostalgie, une reconstruction du lien social
Ce renouveau traditionnel n'est pas qu'un passe-temps ; il répond à un besoin de stabilité dans un « monde sans repères », où l'individu se noie dans « les sables sans cesse mouvants de la mobilité ». Cette quête est particulièrement prégnante chez « nos concitoyens parmi les plus démunis face à la mondialisation », qui recherchent ce qui est stable et authentique. Des initiatives comme la renaissance des « pardons locaux » en Bretagne ou la restauration de calvaires illustrent ce phénomène.
Ces événements, souvent adossés à la culture religieuse catholique populaire, ne rassemblent pas que des fidèles, mais aussi des habitants heureux de voir revivre une pratique communautaire. En s'attachant au patrimoine commun, ces actions permettent de « favoriser la renaissance du tissu social ». Car on ne peut aimer ce que l'on ne connaît pas ; faire connaître et aimer « des petits bouts de France » est essentiel pour renforcer l'amour du pays tout entier.
Quand la tradition s'égare... l'étonnant cas du kilt en Bretagne
Si la volonté de renouer avec le passé est positive, elle peut mener à des confusions surprenantes. L'exemple des mariages bretons est à la fois « amusant » et révélateur. On y voit des sonneurs de cornemuse, mais portant parfois des kilts — « historiquement inconnu au bataillon » en Bretagne — et jouant des airs écossais. Cette anecdote reflète une vision de l'identité qui mérite d'être interrogée. Comme le souligne Joel Hautebert dans un papier de l'Homme Nouveau (dont cet article fait la recension) avec une pointe d'ironie : « J’aime beaucoup le beau pays d’Écosse et sa boisson d'exception... Mais je ne suis pas écossais… »
Cette confusion sympathique illustre comment une quête d'identité locale peut, paradoxalement, mener à l'adoption de traditions étrangères.
Et voir des jeunes Français fraîchement mariés sortir de l’église au son de la cornemuse jouant Flowers of Scotland ou Scotland the brave est « légèrement » surprenant.
La vraie tradition exige du discernement
Derrière de sympathiques intentions peuvent se cacher de cruels mécomptes. Comme le disait Philippe le Hardi, il faut se garder « à droite » et « à gauche », car la confusion peut prendre des formes plus « préoccupantes ». Certaines démarches revendiquent une « mythique identité celte primant sur l’identité française ». D'autres flirtent avec des résurgences néo-païennes, mélangeant les saints avec les « korrigans » ou cherchant des « forces telluriques » dans les chênes.
Ces dérives sont un danger car elles s'éloignent de « l’esprit chrétien et français ». Face à elles, il faut rappeler un principe fondamental : « la vraie tradition est critique ». Ranimer le passé exige un « brin de discernement » pour protéger une identité française plurielle, mais « christianisée au fil du temps ». Le besoin d'enracinement doit « s’inscrire dans une perspective française et catholique », afin d'éviter le piège d'un « localisme perdant de vue le sens de la patrie ». Un tel localisme, en passant « directement des provinces à l’Europe », contourne la nation et sert paradoxalement la globalisation qu'il prétend combattre.
Un héritage à cultiver, pas seulement à déterrer
Le renouveau des traditions locales est une force puissante et nécessaire, capable de retisser le lien social et de redonner du sens. Toutefois, cet élan doit être guidé par la connaissance et le discernement pour ne pas sombrer dans la confusion identitaire ou la fragmentation politique.
Dans notre élan pour ranimer nos petites patries, veillons donc à restaurer les chapelles de notre héritage commun, et non les murs qui nous divisent !
23/09/2025
Pourtant, cette vision repose sur des présupposés surprenants, et souvent erronés, sur la nature même de la liberté. Un article de Frédéric Guillaud dans France Catholique du 12/09/25 propose d'explorer quelques-unes de ces idées contre-intuitives qui remettent en question ce conflit apparent.
La liberté n'est pas un point de départ, mais un aboutissement.
L'argument selon lequel il ne faudrait rien imposer aux enfants pour préserver leur libre-arbitre est une absurdité pédagogique. L'éducation consiste précisément à imposer un ensemble de contraintes : l'apprentissage de la propreté, de la lecture, de l'écriture ou de l'histoire se fait sans demander l'avis de l'enfant. C'est grâce à ce cadre initial que ce dernier peut développer ses facultés intellectuelles et volontaires, donnant une réalité concrète au mot « liberté » qui, sans cela, se confondrait avec le caprice et le babillage puéril. On observe ici que cette erreur sur la liberté a détruit l’École publique qui, en rendant l’élève constructeur de ses savoirs, lui a permis d’accéder à la libre ignorance.
Ce principe s'applique de la même manière à la sphère spirituelle. Pour qu'une personne puisse un jour choisir librement de croire ou de ne pas croire, encore faut-il qu'elle ait reçu un « contenu » à partir duquel faire ce choix. La liberté de conscience ne s'exerce pas dans le vide, mais face à une proposition intellectuelle et spirituelle concrète. Vouloir faire précéder l'apprentissage par la liberté est une erreur fondamentale : « Soumettre l’apprentissage à la liberté, c’est mettre la charrue avant les bœufs. »
On ne peut pas forcer quelqu'un à croire.
Le deuxième présupposé erroné est que le projet des écoles catholiques serait d'« inculquer de force » la foi à des esprits réticents. Il est ici crucial de distinguer deux choses : l'apprentissage du contenu de la foi (le catéchisme) et l'acte de croire. Si le premier relève d'un enseignement, le second est un acte éminemment personnel qui engage la volonté intime de l'individu. L'objectif de la transmission n'est pas de contraindre, mais de susciter un éveil spirituel et de donner les clés de compréhension nécessaires pour que les enfants puissent, le moment venu, se déterminer librement.
Saint Thomas d'Aquin formulait déjà cette impossibilité de la contrainte en matière de foi avec une clarté limpide :
On peut tout faire sans le vouloir, écrit saint Thomas d’Aquin, mais croire, seulement si on le veut. Or, la volonté ne peut pas être forcée. Donc on ne peut contraindre personne à croire, parce que croire est un acte de la volonté.
La conséquence logique est implacable. Sans une transmission initiale du contenu de la Révélaton, le prétendu « choix libre » à l'âge adulte devient illusoire. Faute de matière à examiner, la personne ne choisira rien du tout et se laissera bien plus probablement porter par la « culture des mass media ».
Le vrai débat n'est pas la liberté, mais la nature de l'homme.
L'insistance de l'État à restreindre l'enseignement religieux au sein même des établissements catholiques révèle une incohérence. Les parents y inscrivant leurs enfants sont a priori favorables à cet enseignement. L'imposer comme facultatif dans un lieu choisi précisément pour son projet éducatif chrétien est aussi absurde que d'« exiger un coin non-fumeur à l’intérieur de l’unique wagon fumeur d’un train ! ».
Cette posture suggère que le véritable enjeu n'est pas la manière dont la foi est enseignée, mais la substance même de la doctrine catholique. Ce qui dérange l'État contemporain, c'est que le contenu de la foi s'oppose frontalement à son « utopie d'autonomie totale ». La doctrine catholique affirme en effet que :
• L'individu n'a pas sa fin en lui-même.
• La nature humaine est marquée par la différence sexuelle.
• La personne humaine doit être respectée de sa conception à sa mort naturelle.
... toutes choses qui furent longtemps admises très au-delà de l’Église – mais sous son influence. Ces principes entrent en conflit avec un modèle où l'individu est perçu comme son propre créateur. Par conséquent, la simple critique de certaines lois, comme celle sur l'avortement, est de plus en plus qualifiée d'« entrave », confondant le droit de critiquer une loi avec le fait de l'enfreindre. Cela revient à exiger non plus seulement le respect de la loi, mais l'adhésion idéologique à celle-ci. Les tracasseries qui ne cessent de se multiplier contre les écoles catholiques visent à nier cette distinction, en faisant de l’État le bras séculier de la Religion progressiste. Vivement la Séparation !
Quelle liberté voulons-nous ?
Le débat sur l'enseignement de la foi révèle une fracture profonde sur notre conception de la liberté. Loin d'être une menace pour l'autonomie, la transmission d'un héritage spirituel et culturel apparaît comme la condition même d'un choix éclairé. La véritable liberté intellectuelle et spirituelle ne naît pas d'un vide culturel, mais présuppose au contraire la connaissance, l'éducation et la confrontation à des idées structurées.
En exigeant de l'école qu'elle ne transmette plus un héritage pour préserver une liberté abstraite, quelle fondation donnons-nous réellement à nos enfants pour qu'ils puissent construire leur avenir ?
22/09/2025
Jeanne d’Arc est la sainte de l’espérance. Il est donc bon que cet anniversaire ait lieu pendant le Jubilé de l’espérance. Rappelons l’énoncé de l’acte d’espérance :
« Mon Dieu, j’espère avec une ferme confiance que vous me donnerez, par les mérites de Jésus-Christ, votre grâce en ce monde et le bonheur éternel dans l’autre, parce que vous l’avez promis et que vous tenez toujours vos promesses. »
L’objet de l’espérance est donc Dieu lui-même. Mais cette vertu théologale peut s’étendre à d’autres objets en tant que reliés à Dieu, notamment sa Providence et les promesses qu’Il a faites. C’est dans notre contexte national si meurtri que ce pèlerinage prend tout son sens.
En effet, n’y a-t-il pas des analogies fortes entre la situation de la France des années 1420 et celle de notre pays aujourd’hui ? Notamment une forme de désespérance face à l’impuissance du politique à ordonner la société au bien commun ; notamment des divisions profondes et des haines tenaces. Là où tout semblait ruiné, là où Dieu semblait avoir oublié le royaume de France, une rencontre a eu lieu qui a tout changé. Écoutons Jeanne lors de son procès raconter la scène :
« Quand j’eus l’âge de treize ans, j’eus une voix de Dieu pour m’aider à me gouverner. Et la première fois, j’eus grand’ peur. Et vint cette voix environ l’heure de midi, au temps de l’été, dans le jardin de mon père. »
Un peu plus tard Jeanne répondra à ses juges qui la harcèlent :
« Ce fut saint Michel que je vis devant mes yeux, et il n’était pas seul, mais été bien accompagné d’anges du ciel. Je les vis de mes yeux corporels aussi bien que je vous vois. Et quand ils se partaient de moi, je pleurais ; j’eusse bien voulu qu’ils m’emportassent avec eux ».
Ainsi Dieu n’a pas abandonné le peuple de France, le royaume de saint Louis. Il est fidèle à ses promesses mais sa manière de les tenir est déroutante. Loin de court-circuiter les libertés humaines, Il s’appuie sur elles pour agir dans le monde et pour ce faire Il les sollicite. Et à qui Dieu décide-t-il d’envoyer son ange, celui-là même que la Tradition reconnaît comme se désignant le « chef de l’armée du Seigneur » ( Josué 5, 14) ? A une jeune fille de treize ans ! On connaît la suite…
Il est donc capital pour nous de méditer sur la manière paradoxale dont Dieu agit et manifeste sa sollicitude. Il attend des cœurs disponibles, donc humbles, capables de se mettre à son école. Saint Michel (accompagné de sainte Marguerite et de sainte Catherine) va pendant de longues années former Jeanne jusqu’au moment où elle ira voir Robert de Baudricourt à Vaucouleurs pour lui demander une escorte l’accompagnant jusqu’au roi. Voilà la manière dont Dieu agit ! Il prend le temps de former, dans le silence et le secret, des âmes intrépides qui feront usage des vertus théologales et cardinales pour agir dans le cours de l’histoire.
Certes la mission de Jeanne est unique. Mais Dieu est le même hier et aujourd’hui et face à des situations analogues nous pouvons fermement espérer que Dieu « tient ses promesses ». Certes notre pays est apostat et infidèle. Mais Dieu ne renonce pas à « donner sa grâce en ce monde ». Encore faut-il que certains soient disponibles à la recevoir ! En allant à Domrémy, ou en nous y associant par la prière, nous manifestons à Notre Seigneur notre ouverture de cœur à Le laisser agir dans notre vie en vue du bien commun temporel et éternel de notre pays.
Oui, sainte Jeanne intercède pour nous et saint Michel est plus que jamais le destinataire de cette belle prière de Léon XIII :
« Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon. Que Dieu exerce sur lui son empire, nous vous le demandons en suppliant. Et vous, prince de la Milice Céleste, repoussez en enfer par la force divine Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes. »
Source : La Salon Beige
21/09/2025
Et l’on pourrait tirer ainsi sur le fil de l’Histoire, remonter jusqu’à aujourd’hui, pour se rendre compte, abasourdi, combien les actes manqués et les cuisantes désillusions se bousculent.
L’affaire du drapeau blanc en 1873, qui vit l’échec de la restauration monarchique, alors que la chambre était majoritairement catholique et royaliste. Faute d’un désherbant fleurdelysé, les idéaux de la Révolution finirent par prendre racine dans le sol en friche du doux royaume de France.
Une longue liste de déboires
Les années 1880-1882 qui virent l’avènement de Jules l’Imposteur – pour reprendre le titre de l’ouvrage rédigé par François Brigneau sur Jules Ferry –, principal artisan de la laïcisation de l’éducation. Ces lois ne visaient pas autre chose qu’à saper l’influence de l’Église. Elles conduiront de fait au renvoi pur et simple des congrégations religieuses, à la suppression des aumôneries dans les hôpitaux et à la nationalisation des biens du clergé
On ne peut omettre d’évoquer dans cette liste de déboires la condamnation de L’Action Française par le pape Pie XI en 1926, avant la levée de l’interdit par Pie XII en 1939. Il ne s’agit pas tant ici de commenter cavalièrement l’opportunité de cette sanction romaine que de constater combien cette décision a durablement divisé les catholiques en France.
Comme défaite, comment ne pas noter aussi la laïcité de la Constitution de la Ve République en 1958, véritable rampe de lancement d’une suicidaire tournure d’esprit : l’impiété filiale. Dans cette veine, Jacques Chirac pouvait aisément refuser en 2004 que soient inscrites dans le projet de Constitution de l’Union européenne la reconnaissance des racines chrétiennes de l’Europe.
Mai 1968 et la décontraction morale des seventies s’accompagnaient de lois sociétales libéralisant la contraception, l’avortement, le divorce. La fin de vie, la PMA… et demain une GPA « éthique » comme l’a proposé cet été l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, n’en sont que le développement logique.
Face à ces bouleversements anthropologiques, même les meilleures de nos résistances donnent le sentiment de déculottées : de La Manif pour Tous de 2013 aux déconvenues électorales de 2017 ou de 2022, la droite catho, la droite Trocadéro, désespère de croire en la victoire.
L’institution ecclésiale
Et si nous voulions nous rassurer en regardant l’institution ecclésiale, nous voici plongés en plein ciel breton : quand enfin un rayon de soleil apparaît, à peine goûtons-nous ce regain de chaleur, que, hop, il semble fuir à nouveau, derrière des nuages plus ou moins sombres.
En 2005, Benoît XVI est élu. En 2013, il annonce sa renonciation. Summorum Pontificum est publié en 2007, la messe traditionnelle retrouve ses pleins droits et bénéficie d’une notabilité bienvenue. Puis surgit Traditionis Custodes en 2021, et la voilà à nouveau frappée de suspicion, priée de disparaître et sommée, en attendant, de se cantonner à une réserve d’Indiens… Ô mystère !
Après avoir écrit tout cela, vive apparaît la tentation de croire impossible tout redressement. Et pourtant, il faut l’affirmer tout net et clairement : Dieu donnera la victoire ! Cette conviction intime qu’un jour les bons seront récompensés et les mauvais condamnés, n’est pas seulement une question de foi et de justice, elle constitue le socle même de l’espérance chrétienne. À l’âme, elle procure un authentique réconfort.
Et quand on y réfléchit, nous distinguons en effet que par sa toute-puissance, par la sainteté de son Église et par le choix de l’avoir comme général dans notre combat spirituel, Dieu nous assure de sa victoire. Rien ne peine certainement autant Notre-Seigneur que de sentir un relent de défiance dans un cœur qui prétend vouloir le suivre.
Selon la formule du père Sertillanges, « Notre civilisation est une nappe d’eau dont la surface montre une triste écume et qui aura toujours ses bas-fonds ; mais entre les deux, un courant pur et fort circule, formé des hautes consciences chrétiennes façonnées par l’Église et des héritiers peut-être inconscients du passé chrétien.»
À l’heure de la rentrée, bien que la période des bains soit terminée, il nous appartient de nous plonger dans ce courant. Et de croire en ses vertus. Toujours.
20/09/2025
Il exprime son désir de relancer le dialogue autour de la messe tridentine, un sujet qui divise l'Église depuis des années, et de dépasser la "polarisation" qui l'entoure.
Dans cette interview, le pape Léon XIV aborde la question épineuse de la messe tridentine. Cet ancien rite en latin, qui comme nous le savons fut remplacé après le Concile Vatican II, est au cœur de tensions depuis que le pape François en a restreint la célébration en 2021.
Léon XIV ne cache pas la complexité du dossier, mais souhaite malgré tout relancer la discussion. Il affirme que le sujet est devenu "un outil politique" et qu'il est souvent utilisé comme "prétexte pour promouvoir d’autres thèmes." Selon lui, cette instrumentalisation a conduit à une forte polarisation, où les fidèles et les évêques ne parviennent plus à dialoguer. Le pape déplore cet état de fait, notant que "les gens ne sont souvent pas disposés à s’écouter les uns et les autres."
Le souverain pontife se montre compréhensif envers ceux qui, par le passé, ont été marqués par les "abus liturgiques" et qui ont cherché dans la messe tridentine "une expérience plus profonde de la prière, un contact avec le mystère de la foi." Il propose d'aborder la question "peut-être dans le cadre de la synodalité," afin d'instaurer un véritable dialogue.
Le pape Léon XIV s'inquiète de voir la liturgie glisser du domaine spirituel à celui de l'idéologie. Il résume sa pensée en affirmant que "nous sommes désormais dans l’idéologie, et non plus dans l’expérience de la communion de l’Église." Cette déclaration forte souligne son intention de ramener la question de la messe tridentine sur le terrain de la foi et de la communauté, et non plus sur celui des batailles politiques.
Le Saint Père gagnerait à être bien informé ; l'idéologie n'est pas dominante dans cette affaire. Il y a dans l'Église catholique une trentaine de rites différents. Pourquoi pourchasse-t-on depuis presque 60 ans ceux qui veulent conserver ce rite tridentin, multiséculaire et particulièrement celui-ci ? N'y a-t-il-t-il pas une raison qui échapperait à l'Eglise ?
Dans un autre domaine et à titre d'llustration, il fut un temps où les Scouts d'Europe n'étaient pas les bienvenus dans les églises (votre webmestre est bien placé pour le savoir). Qui peut contester aujourd'hui que ce mouvement en pleine expansion donne à l'Église la majorité de ses vocations ?
Laissons l'Esprit Saint gérer cette ce conflit et prions pour notre aimé Saint Père !
19/09/2025
Dans cette première vidéo, nous découvrons le lieu sacré, écrin de la sainte liturgie : l’église. Maison de Dieu, temple où se renouvellent les mystères, l’église est souvent construite suivant des codes précis, riches en symboles et qui constituent en eux-même une introduction au catéchisme qu’est la messe, trésor de la foi.
En entrant dans l’édifice sacré, après avoir accompli les gestes qui y introduisent (eau bénite, génuflexion), nous découvrirons ses différentes parties, avant de nous approcher du chœur. Nous monterons même à l’autel, dont nous soulèverons les nappes, pour comprendre ce que représente le point focal de l’église et de la liturgie qu’on y célèbre. Nous verrons aussi quels sont les objets et mobiliers sacrés qui l’ornent et ceux qui servent pour accomplir les rites de la messe.
Pour aller plus loin, vous pourrez retrouver notre article détaillé sur notre site de formation https://claves.org/leglise-maison-de-.... Si la vidéo vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner, à liker, partager, et à activer la cloche pour découvrir notre futur contenu !
Nous vous remercions particulièrement pour votre soutien.
Nous remercions aussi et surtout :
Alexandre Manzaroli et Aurélien Fillola pour le conseil, le tournage et la réalisation de l’ensemble des vidéos de la série.
Le monastère Notre-Dame de l’Annonciation (Le Barroux) pour la possibilité d’utiliser ses magnifiques mélodies grégoriennes.
La chorale de la Basilique Notre-Dame de Fribourg pour ses enregistrements de grande qualité.
Bon visionnage et à très vite, pour une nouvelle vidéo de “La Messe, trésor de la foi”.
18/09/2025
L’influence numérique, un leurre ?
L’auteur prend pour point de départ deux figures catholiques bien connues sur les réseaux sociaux : le père Matthieu Jasseron et le frère Paul-Adrien. Le premier a quitté le sacerdoce pour se reconvertir en consultant, un parcours qui, pour l’auteur, met en lumière une confusion entre « exposition médiatique et appel sacerdotal ». Le second, malgré un fondement doctrinal solide, s’égare parfois dans des effets de langage pour se faire entendre des jeunes, risquant de passer du statut de figure d’autorité religieuse à celui d’« influenceur idéologique ».
Philippe Marie souligne ainsi une tension fondamentale : la quête d’audience peut compromettre le message. Il va plus loin en affirmant que l'audience ne garantit pas la conversion. L’article critique l’idée que les « milliers de vues, de likes et d’abonnés » se traduisent par une réelle transformation spirituelle. Le numérique peut susciter un frisson, une émotion passagère, mais il peine à engendrer l’engagement durable, celui qui mène un fidèle à « franchir ensuite la porte d’une église ». Le risque est de voir l’Évangile réduit à un simple « produit spirituel de plus dans un supermarché de divertissements ».
L’auteur met également en garde contre la logique même des plateformes, qui nivellent tout. Sur un smartphone, « une homélie d’un cardinal, la réflexion d’un théologien, le témoignage d’un simple fidèle ou l’opinion d’un laïc apparaissent identiques ». Cette uniformisation du contenu risque d’écraser la substance du message et de le soumettre aux lois de l’algorithme, de la popularité et du zapping.
De la passivité du clic à l’incarnation du sacrement
Pour Philippe Marie, l’acte de foi est une démarche active et personnelle, une réponse volontaire qui contraste avec la réception passive du contenu numérique. Il oppose cette logique du clic et du zapping à la « logique sacramentelle [qui est] à l’opposé, lente, incarnée, exigeante ». La messe, la confession, l’adoration eucharistique demandent une présence physique, un effort, une humilité qui échappent aux lois de l’écran.
L’auteur est catégorique : « une homélie sur Instagram, aussi brillante soit-elle, ne remplace pas la participation au Sacrifice eucharistique ». Le numérique ne peut être qu’un tremplin, un outil pour éveiller et interpeller. Sa seule utilité est d’être un « doigt qui montre le Tabernacle ». S’il devient une fin en soi, il se réduit alors à une agitation virtuelle, un feu de paille qui s’éteint sitôt l’écran verrouillé.
Retour à l’essentiel
Dans un monde saturé d’écrans, l’Église est appelée à être autre chose qu’un simple acteur de plus dans le grand spectacle numérique. L’auteur conclut avec force qu'au-delà des vidéos, les fidèles ont besoin de pasteurs, de sacrements, d’une vie paroissiale incarnée. L’Église doit être une porte ouverte vers le silence et la rencontre vivante avec le Christ réellement présent dans l’Eucharistie. Car, comme le résume l’article, « si l’écran captive un instant, seul le Saint-Sacrement sauve pour l’éternité ».
16/09/2025
Dans les heures suivant sa mort, le monde entier a pu découvrir à quel point ce jeune homme de 31 ans était puissant. Ceux qui ne le connaissaient pas, les plus âgés notamment, ont pu comprendre la place qu’avait prise, peut-être à leur insu, ce genre de stratégie socio-politique. Son assassinat laisse toute une génération endeuillée, un peu égarée, hésitante entre deux voies : laisser libre court à la colère et à la guerre culturelle déjà entamée, puisque le dialogue qu’essaya d’instaurer Charlie Kirk avec les libéraux n’a pas fonctionné, ou bien perpétuer son héritage avec persévérance, résignation et charité. Face à ce défi, la décision que prendra la génération Z dans les prochains mois changera véritablement la face des États-Unis et du monde entier.
Dès l’annonce médiatique de coups de feu tirés contre Charlie Kirk dans une université de l’Utah, déjà les chaînes libérales se vautrent dans les bourdes les plus effarantes. Sur MSNBC, la chaîne la plus à gauche de la télévision mainstream américaine, le commentateur Matthew Dowd affirme que les tirs proviennent peut-être d’un « supporter » de Charlie Kirk, ayant tiré de manière « festive. » L’absurdité du commentaire, et le tollé qu’il provoque, vaut à Dowd d’être renvoyé de MSNBC dans les heures suivantes. Beaucoup d’autres employés perdront leur emploi dans les jours suivants, pour des commentaires déplacés du même genre. Sur les réseaux sociaux, des milliers de jeunes gauchistes se réjouissent publiquement de l’assassinat sanglant de l’homme qui leur a fait perdre deux élections en 2016 et en 2024. Même en Angleterre, le président élu de l’Oxford Union, la très réputée société de débat de l’université d’Oxford, George Abaraonye, se réjouit sur Instagram : « Charlie Kirk got shot, let’s f* go. » Il avait débattu contre Charlie Kirk quelques mois auparavant. L’indignité de ces réjouissances morbides contraste avec la réaction exemplaire de sa veuve.
Il n’est pas impossible qu’Erika Kirk devienne une des figures politiques les plus importantes de l’Occident dans les mois à venir, en portant l’héritage de son mari. Lors de sa première apparition publique après l’assassinat de son mari, elle se présente, avec la dignité d’une veuve de guerre, dans le studio du podcast The Charlie Kirk Show, pour prononcer un discours de 16 minutes. Debout à un pupitre, la main sur le fauteuil depuis lequel son mari galvanisait ses troupes au micro de son podcast, l’ancienne Miss Arizona, élégamment maquillée et coiffée, annonce la suite du programme : « Bonsoir. Mon nom est Erika Kirk. Je suis la femme de Charlie Kirk. » Dans la première moitié du discours, elle partage avec émotion quelques souvenirs joyeux de son mari. Sa voix se brise en racontant comment elle a annoncé la nouvelle à ses deux enfants, désormais orphelins de père. Au milieu du discours, son visage change radicalement ; il se fait déterminé, ferme et glacial, pour annoncer :
« Les monstres responsables de l’assassinat de mon mari n’ont aucune idée de ce qu’ils viennent de faire. Ils ont tué Charlie car il portait le message du patriotisme, de la foi, et de l’amour miséricordieux de Dieu. Il faut qu’ils sachent cela : si vous pensiez que la mission de mon mari était déjà puissante avant sa mort, vous n’avez aucune idée de ce que vous venez de déchaîner dans le pays entier, dans le monde entier. Vous n’avez aucune idée du feu que vous avez allumé dans cette femme. Les pleurs de cette veuve résonneront dans le monde entier comme un cri de bataille. À tous ceux qui écoutent ce message : le mouvement bâti par mon mari ne mourra pas. »
Dans les heures suivantes, Erika Kirk marque le paysage médiatique avec quelques images publiées sur ses réseaux sociaux : elle brandit le collier et la croix de son mari à travers la fenêtre de sa berline ; elle descend d’Air Force 2 avec JD et Usha Vance pour assister au débarquement du cercueil ; elle tient la main figée du corps de Charlie avant la mise en bière. Les images sont crues : l’ère des réseaux sociaux ne fait pas dans la nuance. Mais elles affirment une chose : Erika Kirk appelle à continuer l’œuvre de son mari, sans changer de cap.
Les jours suivant l’assassinat voient des réactions toutes plus disproportionnées les unes que les autres. Seule Erika Kirk semble marquer la ligne de crête. Mais à sa droite comme à sa gauche, les foules se déchainent et redoublent d’inventivité pour exploiter au maximum l’évènement le plus important de l’année 2025. Sans étonnement, on voit proliférer les publicités pour le t-shirt blanc marqué « Freedom » que portait Charlie Kirk au moment de l’assassinat, appelé à venir renforcer la garde-robe MAGA. Plus problématique, nombre de chrétiens publient des images sulpiciennes générées par l’Intelligence Artificielle, représentant Charlie Kirk dans les bras de Jésus au Ciel, ou même déguisé en saint martyr des premiers siècles. Partout, on voit son visage rond affublé d’auréoles, ou entouré de légions d’anges, dans un festival de mauvais goût inégalé. Le prêtre anglo-catholique, réformé, Calvin Robinson, publie sur son compte Instagram une icône générée par IA représentant Charlie Kirk avec la légende : « On peut avancer un argument en faveur de la canonisation. Je ne crois pas que l’Église catholique ait jamais officiellement canonisé quelqu’un en dehors des Églises catholique ou orthodoxe. Mais c’est techniquement possible. » On notera que ce « prêtre » n’est pas en communion avec l’Église catholique. Cependant, son commentaire, vu par ses 67 000 « followers », est symptomatique de la vague de chrétiens qualifiant Charlie Kirk, plus ou moins légitimement, de « martyr » in odium fidei. En France, sur CNews, Philippe de Villiers qualifie Charlie Kirk de « premier martyr du wokisme en Occident. »
Michael Knowles, l’un des podcasters catholiques conservateurs les plus suivis au monde (The Michael Knowles Show, sur le Daily Wire), écrit un pamphlet qui nous semble d’une importance capitale pour comprendre le défi qui attend les catholiques occidentaux :
« À la suite de l’assassinat de Charlie, beaucoup de gens demandent que nous redoublions notre dévouement au « libre marché des idées ». À première vue, cet appel semble courageux et noble. En réalité, il est imprudent et irréaliste. Nous avions un marché ouvert des idées ; la gauche l’a détruit. Non seulement les extrémistes de gauche ont recours à la violence dans ce marché des idées, mais, plus scandaleusement encore, les voix de la gauche mainstream ont applaudi et pris cette violence à la légère. Dans de telles conditions, il ne peut y avoir de marché ouvert des idées, ni de marché ouvert tout court. Les marchés nécessitent des règles, de la confiance et des moyens d’échange communs. En d’autres termes, ils nécessitent de l’ordre. La liberté requiert de l’ordre. Concrètement, cela signifie que nous devons stigmatiser certaines idées et comportements mauvais, et ostraciser ceux qui y persistent. Plus concrètement encore, les personnes qui entretiennent un tel désordre devraient perdre leur statut social. Dans certains cas, elles devraient perdre leur emploi. Il doit y avoir des conséquences. […] Les offenses qui méritent un tel ostracisme doivent être particulièrement choquantes. Un bon point de départ serait ceux qui célèbrent le meurtre d’un homme innocent. »
Derrière ce texte, l’orientation possible de toute une génération se dessine. Michael Knowles, résolument post-libéral et opposé à la liberté d’expression telle que la comprend le modernisme, prend ici le parti de la coercition. Il s’oppose ici à la droite traditionnelle qui appelle, partout dans le monde (y compris en France), au respect de la liberté d’expression, et se place dans une logique encore plus traditionaliste : l’erreur n’a aucun droit, pas seulement philosophiquement mais aussi très concrètement dans la société. Il demande à la société de déclarer la guerre au gauchisme, pour le restreindre et l’empêcher de faire de nouveaux martyrs.
Sur les campus et les podcasts, les débats de Charlie Kirk, fervent chrétien évangélique, sont non seulement politiques, mais aussi apologétiques. Il y défend la foi chrétienne face aux pires ennemis qu’elle puisse connaître au XXIe siècle : les étudiants des universités publiques américaines. Avec sa verve passive-agressive, il réfute les arguments pro-choix, démocrates, socialistes, libéraux, athées. Il profite de son influence considérable pour appeler les jeunes hommes et les jeunes femmes à se marier, à fonder des familles, à suivre le Christ. Sur le podcast libéral Whatever, il rencontre de jeunes actrices pornographiques pour leur prêcher, avec toute la charité que la pitié commande, la beauté du mariage chrétien et monogame, et les quatre amours : eros, storge, philia et agape. Sur un autre podcast, on lui demande comment il aimerait qu’on se souvienne de lui, il répond : « J’aimerais qu’on se rappelle de moi pour le courage de ma foi. C’est la chose la plus importante. La chose la plus importante est ma foi. » Il accuse les protestants de « ne pas assez vénérer Marie », qu’il présente comme le remède au féminisme radical. À une foule de supporters, il déclare un jour : « Engagez-vous, faites confiance à Dieu et agissez avec obéissance » avant de citer le verset de Romains 12 :2 : « Et ne vous conformez pas au siècle présent, mais transformez-vous par le renouvellement de l’esprit, afin que vous éprouviez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. »
C’est à la lumière de ce verset de saint Paul, cité par la voix affirmée de Charlie Kirk, que devra être menée la suite du « combat » (2 Timothée 4 :7). Quel est le « siècle présent » auquel nous ne devons pas nous conformer ? Charlie Kirk voulait sûrement marquer ici l’importance de ne pas se conformer à la bien-pensance libérale du mandat Biden-Harris. Et si la nouvelle bien-pensance des années à venir était marquée par l’extrême opposé, une folie conservatrice, dont la colère, attisée par de tels assassinats politiques, irait à l’encontre des commandements de Notre Seigneur ? Saint Paul, cité par Charlie Kirk, nous appelle à suivre inébranlablement « la volonté de Dieu. » On connaît l’anecdote de saint Dominique Savio qui, entraîné par ses camarades vers une foire, s’arrête et leur déclare simplement : « Cela ne plaît pas à Dieu » et refuse avec une grande simplicité d’avancer. En parallèle, on sait que les saints des premiers siècles allaient en chantant au martyre. Le péché (ce qui déplaît à Dieu) doit nous faire horreur et nous arrêter net dans notre course, à l’exemple de saint Dominique Savio ; mais la persécution, elle, ne doit susciter en nous qu’une sainte résignation et une action de grâce pour endurer ce que Notre Seigneur a enduré. Cette vertu est résumée par le mot célèbre de la reine Blanche de Castille à son fils saint Louis : « Mon fils, j’aimerais mieux vous voir mort que coupable d’un seul péché mortel. » Face au chaos que l’assassinat de Charlie Kirk a déclenché, le catholique est appelé à se mettre à l’école des saints, images de Notre Seigneur Jésus Christ. Il est trop facile d’ériger Charlie Kirk en saint martyr, et d’appeler ensuite à la vengeance, à « se faire justice soi-même » et à la guerre civile. La vengeance, froide ou chaude, n’est pas un plat chrétien.
L’Évangile vient déranger notre bien-pensance, de gauche ou de droite, c’est-à-dire nos pensées héritées du monde. Mais le catholique ne doit pas avoir peur d’être dérangé par l’Évangile, il est appelé à tout offrir à Dieu, et à conformer ses opinions et ses affections à l’exemple et aux commandements de Notre Seigneur. Ils ne peuvent pas être plus clair. Matthieu 5 :44-48 :
« Et moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin que vous deveniez enfants de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et descendre la pluie sur les justes et sur les injustes. Si en effet vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
Luc 23 :33-34 : « Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, ils l’y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche. Et Jésus disait : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Contemplons l’attitude de Notre Seigneur sur la Croix. Appelle-t-il à l’insurrection de ses cinq mille disciples (le même nombre que les partisans de Charlie Kirk sur ce campus de l’Utah) présents lors de la multiplication des pains ? Demande-t-il à saint Jean de le venger ? Longin le Centurion, face au Christ en Croix, ou saint Paul, face à saint Etienne lapidé, se convertissent-il sous la menace de l’ostracisme ? Non. Notre Seigneur nous prévient seulement à travers les mots de son apôtre (2 Tim. 3 :12) : « Tous ceux qui veulent vivre avec piété dans le Christ Jésus auront à souffrir persécution. »
Augustin Marie Bréchard
Fraternité Saint-Ephrem
in Le Salon Beige
Prise de parole d'Eika Kirk (Doublée en français)
16/09/2025
Le programme EVARS (« Éduquer à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité ») est imposé depuis la rentrée 2025. Il est obligatoire, et les parents ne peuvent pas demander de dispense pour leurs enfants, ni avoir accès au contenu précis des cours. Le programme est soutenu par des associations de défense des droits LGBT et le Planning familial, ainsi que par les syndicats d'enseignants.
Les associations opposées au programme, dont le Syndicat de la famille, Juristes pour l'enfance et SOS Éducation, ont déposé un recours devant le Conseil d'État, qui l'a rejeté. Elles considèrent que le programme est contraire au principe de la « primauté éducative des parents » et au « principe de neutralité du service public ». Elles critiquent notamment la présentation de l'homoparentalité et la distinction entre sexe et genre, qui est enseignée dès la cinquième. Selon l'article, Élisabeth Borne, alors ministre de l'Éducation nationale, a insisté sur le caractère non négociable du programme.
Malgré le rejet de leur recours, les opposants ne comptent pas s'arrêter là. Le Syndicat de la famille a distribué des tracts pour inciter les familles à protester contre le programme. De son côté, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a lancé une pétition et prévoit de saisir le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies pour défendre le droit des parents à éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions. L'ECLJ estime que le programme est une « promotion de la sexualité précoce » qui impose le « questionnement de genre » et des « stéréotypes féministes ».
En somme, l'article met en lumière les tensions entre l'État et certaines associations de parents concernant le programme Evars. L'opposition repose sur une divergence de fond sur le rôle de l'État et celui des parents dans l'éducation des enfants. Le programme est perçu comme une ingérence dans la sphère privée et une remise en cause de l'autorité parentale, d'où leur détermination à continuer de s'y opposer par des voies juridiques et des actions militantes, malgré les décisions de justice actuelles.
Dans cet article, une question reste sans réponse concernant le privé sous contrat : où sont les évêques ?
Ont-ils peur de la rupture du contrat avec l'État ? On rappelle à cet effet que selon les données de la Cour des comptes et du ministère de l'Éducation nationale, à la rentrée 2022, plus de 2 millions d'élèves étaient scolarisés dans l'enseignement privé sous contrat. Cela représentait environ 17,6 % des effectifs scolarisés en France. L'enseignement catholique est très majoritaire dans ce secteur, regroupant près de 96 % des élèves du privé sous contrat et l'État n'a pas les moyens de se priver de ces structures d'enseignement. Nos pasteurs, comme dirait Trump, ont des cartes en mains. Alors pourquoi seulement de molles protestations ressemblant à des consentements ? Pas question ici de critique malsaine, simplement une incompréhension douloureuse.
15/09/2025
Le conseil municipal a tranché. La chapelle Saint-Pierre de Notre-Dame-de-la-Mer (Yvelines) sera démolie mi-septembre. Le 30 août dernier, invoquant l’absence de financements suffisants pour sa restauration, les élus ont voté en faveur de sa destruction. « L’état de cet édifice est très détérioré tant sur sa structure extérieure que sur sa charpente », déplore le maire Jean-Luc Mailloc. Les travaux de restauration ont été estimés à 600.000 euros. Pour cette petite commune de 700 âmes, impossible d’envisager de verser une telle somme.
Or, la chapelle est nichée au bord d’une route départementale qui relie la commune yvelinoise à la Normandie, représentant ainsi un réel péril pour la circulation. Ces dernières années, son état de délabrement s’est dangereusement aggravé, de sorte que l’édifice menace actuellement de s’effondrer. « Le trafic sur la RD 915 est d’environ 90.000 véhicules mensuels », précise le maire Jean-Luc Mailloc. « En dehors du montant de l’investissement, le manque de stationnement et son accès pour les piétons sont difficiles ».
« On peut très bien lancer un chantier bénévole »
« C’est un prétexte, rétorque la fondatrice d'Urgences Patrimoine Alexandra Sobczak-Romanski, à l’origine d’une pétition pour sauver l’édifice, chaque problème a sa solution ». Elle souhaite demander au maire d’étudier le devis des travaux afin de le revoir à la baisse, et plaide notamment pour de simples travaux d’urgence qui coûteraient bien moins chers à la commune. « C’est essentiellement la toiture qui est abîmée, on peut très bien lancer un chantier bénévole encadré par des professionnels ou bien trouver des matériaux de seconde main », suggère-t-elle. Grande habituée du patrimoine, Alexandra Sobczak-Romanski a déjà sollicité son réseau afin de lancer « une restauration à moindre coût ».
Cette sauvegarde est d’autant plus urgente que l’église de style roman date du XIIe siècle. « C’est une première, s’indigne la présidente d'Urgences Patrimoine, jusque-là, la majorité des églises démolies étaient des édifices du XIXe ou du XXe siècle, désormais ce sont des édifices très anciens qui sont menacés ». La chapelle Saint-Pierre constitue un repère historique et architectural pour les habitants des environs. Chaque année, plus d’un millier de pèlerins foulent les routes de la commune, depuis la collégiale de Mantes-la-Jolie jusqu’à l’église paroissiale de Notre-Dame-de-la-Mer pour remercier la Vierge d’avoir sauvé la France de l’invasion normande au IXe siècle. « Si la chapelle Saint-Pierre était opérationnelle, on pourrait y accueillir beaucoup plus de pèlerins que dans l’église paroissiale qui n’a que quarante places, souffle le curé. Mais elle n’a jamais été entretenue, à présent, il faudrait gagner au loto pour pouvoir la racheter ». Restaurée dans les années 20, l’édifice est fermé au public depuis 1955. Peu à peu, son mobilier a été transféré au musée d’Évreux.
Chaque petite chapelle est un témoin important de notre identité chrétienne
La paroisse de Bonnières qui dessert la commune a bel et bien donné son avis en faveur de la réhabilitation de l’édifice. « Hélas, un désir ne suffit pas, la mairie en dispose comme il le veut », murmure le prêtre. Car, loi de 1905 oblige, les édifices religieux sont désormais à la seule charge de l’État qui en dispose à son gré. « À partir du moment où une église appartient à la commune, celle-ci a le devoir de l’entretenir », martèle Alexandra Sobczak-Romanski. « Il faudrait se pencher sur une proposition de loi pour interdire la démolition du patrimoine religieux, quitte à mettre en vente le bien au privé pour lui laisser une chance de survie », suggère-t-elle.
Malgré tout, l’amoureuse des vieilles pierres veut rester « optimiste ». Pour l’heure, l’église n’a pas été désacralisée, bien que l’évêque de Versailles Mgr Crépy ait déjà donné son feu vert. De même, le permis de démolir n’a pas encore été instruit. Et quoique cette option reste privilégiée par la mairie, le maire demeure « ouvert au débat ». Il pense notamment « garder uniquement son clocher », ou bien « installer un panneau avec l’historique de l’édifice »… « Espérons que cette pétition donne de la visibilité à cette cause et réveille les consciences, lance Alexandra Sobczak-Romanski, confiante. Si personne n’avait parlé de l’incendie de Notre-Dame de Paris, on n’aurait pas récolté 1 milliard d’euros pour sa restauration ! » Et de conclure : « Chaque petite chapelle est un témoin important de notre identité chrétienne, il faut défendre ces édifices qui font partie intégrante de notre culture ».
Etiennette de La Ruffie dans Famille Chrétienne
Lien de la pétition : http://bit.ly/4lSrpAM
14/09/2025
Le mois de septembre est consacré à la compassion de Marie au pied de la croix : Notre Dame des sept douleurs. Marie ne souffrit pas seulement avec son fils crucifié, mais tout au long de sa vie, elle s’unit avec lui à la peine des hommes pour leur rédemption. Les "sept douleurs" font référence à sept événements particuliers, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus.
1
La prophétie de Syméon : le courage
Le jour de la présentation de Jésus au temple de Jérusalem, le vieillard qui le reçut dans ses bras prophétisa à sa mère : "Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction — et toi-même, un glaive te transpercera l'âme !" Par cette première douleur, le chrétien demande à Dieu la force de regarder la réalité en face sans perdre courage et de conserver la paix de l'âme dans les moments critiques.
2
La fuite en Égypte : le désir du Ciel
Marie et Joseph sont obligés de s'exiler en toute hâte pour échapper aux tueurs d'Hérode qui recherchent l'Enfant. Le fruit à demander à l'Esprit, par cette seconde douleur, est de comprendre que nous n'avons pas ici-bas de demeure permanente et que notre patrie définitive est aux cieux (Ph 3,20).
3
La perte de Jésus au Temple : la consolation
Jésus est resté à Jérusalem lors de la fête de Pâques, tandis que ses parents rentraient à Nazareth. S'apercevant de son absence dans le caravansérail des pèlerins, ils se mettent à le chercher avec une angoisse mortelle. La grâce liée à cette troisième douleur consiste dans le réconfort à demander à Marie quand notre âme est désolée de ne plus sentir la présence de Jésus en elle. La Vierge nous enseigne alors que la nuit de la foi n'est pas la perte de la grâce.
4
La rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire : la patience dans les épreuves
Le fruit de cette douleur est la patience dans les épreuves, ainsi que la pleine compréhension de notre coopération à la Rédemption du monde lorsque nous portons nos croix, grandes ou petites, héroïques ou plus ternes, en union avec Jésus.
5
La mort de Jésus : le renoncement au péché
Sur le Calvaire, Marie est clouée spirituellement à la croix avec Jésus. En la contemplant dans cet état, le croyant est appelé à s'ausculter lui-même afin de renoncer au péché qui a conduit à ce résultat paradoxal : les deux êtres les plus aimants qui parurent jamais sur terre furent aussi ceux qui souffrirent le plus de la main des hommes ! Et de cet effet pitoyable, nul ne peut se déclarer quitte.
6
Le coup de lance et la descente de la Croix : l’entrée dans le cœur de Jésus
Jésus est mort. C'est donc sa mère qui reçoit le coup de lance du soldat qui ouvre le cœur de son Fils. La douleur est pour elle. Puis, elle recueille le corps inerte de son Fils supplicié. Par cette douleur, la grâce à demander à la Vierge est de pouvoir entrer dans le Cœur de Jésus que la lance a ouvert, mais aussi la résolution de ne plus la faire souffrir par nos péchés, causes de la mort de Celui qu'elle aime plus qu'elle-même. À cet égard, on se souviendra avec profit que le Père ne refuse aucune prière formulée par la mère de son Fils au nom des douleurs qu'elle endura durant la Passion.
7
L'ensevelissement de Jésus : la force de pardonner
Jésus était toute la vie de Marie. Elle le perd. La grâce à demander par cette ultime douleur est de quitter les fausses lumières du monde pour être caché avec le Christ en Dieu. Accompagnée de Jean, Marie rentre chez elle. Là, tout lui parle de Jésus. Cependant, elle n'a pas renoncé à aimer les hommes. Dans la septième douleur, le croyant puise la foi dans le pardon de ses fautes de la part de Dieu, mais aussi la force de pardonner à son tour comme le Fils et la Mère pardonnèrent aux bourreaux du Golgotha, la force de rendre le bien pour le mal. Et enfin la certitude que la Vierge l'invite dorénavant à se confier à elle pour le conduire à son Fils, comme saint Jean la reçut pour sa mère et confidente au Calvaire.
Source : ALETEIA Jean-Michel Castaing
Stabat Mater
Debout, la mère des douleurs
Près de la croix était en pleurs
Quand son Fils pendait au bois.
Alors, son âme gémissante
Toute triste et toute dolente
Un glaive la transperça.
Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu!
Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.
Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice?
Qui pourrait dans l'indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils?
Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.
Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.
O Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.
Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu:
Que je lui plaise avec toi.
Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cur très fortement.
Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.
Pleurer en toute vérité
Comme toi près du crucifié
Au long de mon existence.
Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.
Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.
Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.
Fais que ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l'ivresse
Du sang versé par ton Fils.
Je crains les flammes éternelles;
O Vierge, assure ma tutelle
A l'heure de la justice.
O Christ, à l'heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
A la palme de la victoire.
A l'heure où mon corps va mourir,
A mon âme fais obtenir
La gloire du paradis.
14/09/2025
Le mois de septembre est consacré à la compassion de Marie au pied de la croix : Notre Dame des sept douleurs. Marie ne souffrit pas seulement avec son fils crucifié, mais tout au long de sa vie, elle s’unit avec lui à la peine des hommes pour leur rédemption. Les "sept douleurs" font référence à sept événements particuliers, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus.
1
La prophétie de Syméon : le courage
Le jour de la présentation de Jésus au temple de Jérusalem, le vieillard qui le reçut dans ses bras prophétisa à sa mère : "Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction — et toi-même, un glaive te transpercera l'âme !" Par cette première douleur, le chrétien demande à Dieu la force de regarder la réalité en face sans perdre courage et de conserver la paix de l'âme dans les moments critiques.
2
La fuite en Égypte : le désir du Ciel
Marie et Joseph sont obligés de s'exiler en toute hâte pour échapper aux tueurs d'Hérode qui recherchent l'Enfant. Le fruit à demander à l'Esprit, par cette seconde douleur, est de comprendre que nous n'avons pas ici-bas de demeure permanente et que notre patrie définitive est aux cieux (Ph 3,20).
3
La perte de Jésus au Temple : la consolation
Jésus est resté à Jérusalem lors de la fête de Pâques, tandis que ses parents rentraient à Nazareth. S'apercevant de son absence dans le caravansérail des pèlerins, ils se mettent à le chercher avec une angoisse mortelle. La grâce liée à cette troisième douleur consiste dans le réconfort à demander à Marie quand notre âme est désolée de ne plus sentir la présence de Jésus en elle. La Vierge nous enseigne alors que la nuit de la foi n'est pas la perte de la grâce.
4
La rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire : la patience dans les épreuves
Le fruit de cette douleur est la patience dans les épreuves, ainsi que la pleine compréhension de notre coopération à la Rédemption du monde lorsque nous portons nos croix, grandes ou petites, héroïques ou plus ternes, en union avec Jésus.
5
La mort de Jésus : le renoncement au péché
Sur le Calvaire, Marie est clouée spirituellement à la croix avec Jésus. En la contemplant dans cet état, le croyant est appelé à s'ausculter lui-même afin de renoncer au péché qui a conduit à ce résultat paradoxal : les deux êtres les plus aimants qui parurent jamais sur terre furent aussi ceux qui souffrirent le plus de la main des hommes ! Et de cet effet pitoyable, nul ne peut se déclarer quitte.
6
Le coup de lance et la descente de la Croix : l’entrée dans le cœur de Jésus
Jésus est mort. C'est donc sa mère qui reçoit le coup de lance du soldat qui ouvre le cœur de son Fils. La douleur est pour elle. Puis, elle recueille le corps inerte de son Fils supplicié. Par cette douleur, la grâce à demander à la Vierge est de pouvoir entrer dans le Cœur de Jésus que la lance a ouvert, mais aussi la résolution de ne plus la faire souffrir par nos péchés, causes de la mort de Celui qu'elle aime plus qu'elle-même. À cet égard, on se souviendra avec profit que le Père ne refuse aucune prière formulée par la mère de son Fils au nom des douleurs qu'elle endura durant la Passion.
7
L'ensevelissement de Jésus : la force de pardonner
Jésus était toute la vie de Marie. Elle le perd. La grâce à demander par cette ultime douleur est de quitter les fausses lumières du monde pour être caché avec le Christ en Dieu. Accompagnée de Jean, Marie rentre chez elle. Là, tout lui parle de Jésus. Cependant, elle n'a pas renoncé à aimer les hommes. Dans la septième douleur, le croyant puise la foi dans le pardon de ses fautes de la part de Dieu, mais aussi la force de pardonner à son tour comme le Fils et la Mère pardonnèrent aux bourreaux du Golgotha, la force de rendre le bien pour le mal. Et enfin la certitude que la Vierge l'invite dorénavant à se confier à elle pour le conduire à son Fils, comme saint Jean la reçut pour sa mère et confidente au Calvaire.
Source : ALETEIA Jean-Michel Castaing
14/09/2025
Le pasteur qui "réanime" la Corse
Né en Espagne et naturalisé français, François Bustillo s'est imposé comme un personnage "fédérateur" en Corse, bien au-delà des seuls fidèles. Sa popularité s'explique par sa capacité à être proche des gens et à "redynamiser" la région. Son action a des répercussions concrètes, comme l'organisation de la visite du pape François en 2024, un événement marquant pour l'île. Il a également joué un rôle de médiateur particulièrement efficace lors de manifestations étudiantes, prouvant sa capacité à apporter le calme par le dialogue, à devenir un recours dans une société à la dérive, tels les évêques de Gaule qui ont fermement tenu le pays au temps de l'effondrement de l'Empire romain.
Son approche est celle d'un "prophète", non pas pour polémiquer, mais pour construire une société différente. Dans son livre Réparation, il dénonce le "règne du soupçon" et la méfiance généralisée qui rongent nos sociétés. Pour lui, le téléphone est devenu une "arme de destruction massive", et la "hargne" médiatique peut détruire une réputation sur un simple soupçon. Son message est clair : il est urgent de sortir de cette ère pour bâtir un monde de confiance et de fraternité.
Une spiritualité ancrée
L'action du cardinal Bustillo est guidée par la spiritualité du Sacré-Cœur. Il a d'ailleurs renouvelé la consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus" dans le cadre du jubilé de l'Espérance.
Face aux "dérives" de notre époque, l'Église ne doit pas, selon lui, se contenter de "réagir". Sa sagesse séculaire lui permet de se placer "au-dessus" de l'agitation du monde. Le chrétien, inspiré par la douceur et l'humilité du Christ, est appelé à être "anticonformiste" par rapport au style du monde, qui est devenu "dur et intransigeant".
Le cardinal voit dans l'ouverture des portes de l'Église un "défi merveilleux". Il perçoit que de nombreux jeunes "ont soif d’amour, de vérité, de religion", et c'est à l'Église de répondre à cette soif. Pour Bustillo, la mission d'un pasteur est d'"animer spirituellement", de donner et de supplier, non de polémiquer. Il déplore la division entre catholiques, qu'il qualifie de "luxe" inacceptable. Pour lui, la solution réside dans la communion et le respect de la "sainte diversité", y compris pour les fidèles attachés au rite tridentin.
Les Voies de la Réparation
Au cœur de la vision du cardinal Bustillo se trouve l'idée de réparation. Dans son nouvel ouvrage du même nom, il offre des pistes concrètes pour reconstruire le "vivre ensemble" et la fraternité, qui sont en "déclin". Pour y parvenir, il nous exhorte à :
– Entreprendre un "pèlerinage vers notre intériorité" : il prône le silence et le recul comme actes de résistance face à "l'agitation contemporaine".
– Réhabiliter l'engagement politique : il dénonce le "mépris" et la "diabolisation" de l'engagement citoyen, pourtant essentiel à la démocratie.
– Pratiquer "l'amour des ennemis" : Bustillo y voit la "parole la plus puissante et la plus difficile du Christ", un chemin vers la liberté intérieure.
– Devenir des artisans de la "bénédiction" : il nous invite à "dire du bien", à reconnaître le bon et le beau dans le monde, une alternative puissante à la critique permanente.
En somme, le cardinal François Bustillo représente une Église qui vise non pas à s'opposer au monde, mais à le changer de l'intérieur. Son action et ses écrits sont un appel à l'espoir, à l'humilité et au pardon, des valeurs essentielles pour "réparer" une société blessée et la guider vers une "civilisation de l'amour".
Le cardinal Bustillo, pour la sortie de son livre "Réparation" aux éditions Fayard
13/09/2025
Des comparaisons politiquement incorrectes : avortement, idéologie du genre et nazisme
Le Cardinal Müller n'a pas hésité à établir des parallèles frappants, et bien sûr jugés controversés, entre certaines idéologies modernes et le nazisme. Il a soutenu que toutes trois partagent un même mécanisme de fond : « l'étouffement des consciences ».
S'attaquant d'abord à l'avortement, il a affirmé que les promoteurs de cette pratique agissent comme les idéologues nazis qui avaient « anesthésié leur conscience avec leur idéologie raciale ». De la même manière, a-t-il poursuivi, « les idéologues de l’avortement savent que l’enfant dans le sein maternel est un être humain qu’on n’a pas le droit de tuer. Mais pour justifier leur crime, ils prétendent que ce n’est pas encore une personne à part entière. » Le but, selon lui, est de « étouffer leurs remords » en déshumanisant la victime.
Le cardinal a également dénoncé avec la même virulence la « folie du genre » qui, selon ses termes, « convainc les adolescents qu'ils peuvent changer de genre et qui, par l'automutilation assistée, les plonge dans une misère physique et une souffrance mentale permanentes. » Il a classé cette idéologie parmi les « illusions meurtrières » au même titre que l'avortement.
Müller a d'ailleurs établi un parallèle direct entre la criminalisation de ceux qui prient devant les cliniques d'avortement et la persécution des opposants au nazisme, citant le prévôt Bernhard Lichtenberg, mort en prison pour avoir prié pour les juifs. Il a déclaré : « En Angleterre, on peut aller en prison si l’on prie devant une clinique d’avortement pour les enfants à naître, comme en Allemagne nazie le prévôt de la cathédrale de Berlin, Bernhard Lichtenberg, est mort en détention en 1943 pour avoir simplement prié pour les Juifs persécutés. »
La loi morale naturelle, fondement de la société et de l'État
Au cœur de son discours, le Cardinal Müller a souligné l'importance de la loi morale naturelle, qu'il considère comme le fondement essentiel de toute société juste. Cette loi, selon lui, est « reconnaissable comme norme morale dans la raison de toute personne consciencieuse » et permet « d'infailliblement distinguer le bien du mal ».
Il a insisté sur le fait que la coexistence des différentes religions et visions du monde dans les États modernes est rendue possible uniquement lorsque leur législation et leur jurisprudence sont guidées par cette loi morale universelle. L'Église catholique, bien qu'« absolument indépendante de tout pouvoir terrestre », peut et doit coopérer avec un État qui agit « au service du bien commun et reconnaît les droits inaliénables de la personne ».
Le prélat a également rappelé la responsabilité intégrale des catholiques, rejetant la notion d'une double conscience, où la foi est reléguée à la sphère privée. S'appuyant sur l'enseignement du Pape Léon XIV, il a martelé que « La conscience des hommes politiques catholiques ne peut pas être divisée, selon la fausse doctrine de la double vérité, en une sphère privée, où l’on obéit à Dieu, et une sphère publique, où l’on suit la logique des partis. Dans la vie privée comme dans la vie publique, nous catholiques sommes responsables devant notre conscience. »
L'avenir de la « civilisation chrétienne » en jeu
Le discours du Cardinal Müller s'est conclu par un appel vibrant et urgent aux catholiques. Il a exhorté les fidèles, notamment en Occident, à faire preuve de courage et de cohérence pour défendre ce qu'il nomme la « civilisation chrétienne ».
Il a exprimé sa gratitude envers la présidence Trump pour avoir « remis la loi morale naturelle au fondement de l’action publique » aux États-Unis, inscrivant ainsi son discours dans une perspective géopolitique. Les catholiques, a-t-il précisé, n'attendent pas que l'État promeuve le christianisme en tant que religion, mais exigent qu'il fasse de la loi morale naturelle « le fondement de toute action administrative, législative et judiciaire ».
En cas de conflit entre les lois humaines et la loi divine, la primauté est claire : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5,29). Le Cardinal Müller a conclu en affirmant que l'avenir de la civilisation chrétienne dépendra du « courage de cette cohérence intégrale entre foi et vie publique ». Son message est un rappel puissant de la primauté de la conscience et de l'urgence de l'engagement pour défendre des valeurs qu'il considère comme universelles et fondamentales.
Ce que notre cher cardinal ne dit qu'en filigrane, c'est qu'il appartient en premier à nos évêques de nous montrer le chemin du courage ! Je pense au titre de JM Guénois qui a dressé un tableau du cardinal Bustillo cette semaine dans le Figaro : "Les églises sont pleines dès qu'il est là !" Tout est dit ...
Messeigneurs, parlez-nous de Dieu encore et encore et dressez-vous pour nous défendre, même si cela vous coûte votre Légion d'Honneur ! Nous avons besoin de vous, nous vous aimons !
Ave Maria !
Source d'étude : Kath.net, Tribune Chrétienne et Le Figaro
13/09/2025
Au début de son discours, M. Duffy a évoqué les décisions spontanées qu'il avait prises dans sa vie et les gratifications qu'elles lui avaient apportées, en disant aux diplômés : « Dites oui à l'aventure. Petite ou grande. Quand j'avais votre âge, on m'a proposé de participer à une émission de téléréalité. J'ai dit oui. »
M. Duffy a ensuite conseillé à la promotion 2025 « d'arrêter de faire défiler vos écrans et de commencer à vivre » [....]Netflix et DoorDash seul un vendredi soir ne valent pas une soirée entre amis ou avec la fille à qui vous avez trouvé le courage de demander de sortir. »
Vers la fin de son discours, M. Duffy a mis l'accent sur la foi, déclarant : « Il y a deux types de personnes dans la vie : celles qui croient en Dieu et celles qui se prennent pour Dieu. » Il a ajouté : « Il y a quelque chose de beau, d'humble et d'ordonné chez un homme et une femme qui comprennent qu'il existe une puissance supérieure à eux-mêmes. Que tout n'est pas sous leur contrôle. Et qu'ils sont les enfants bien-aimés d'un Dieu miséricordieux qui entend leurs prières. »
En conclusion de son discours, M. Duffy a raconté une histoire qui pouvait trouver un écho chez des aspirants officiers de la marine : « Au Moyen Âge, les marins priaient la Vierge Marie, qu'ils appelaient “Stella Maris” parce qu'elle était leur étoile polaire qui les guidait vers Dieu, leur père, leur protecteur et leur destination spirituelle.
Personne ne connaît mieux que les marins l'imprévisibilité et les tempêtes de la nature et de la vie. Un bon marin sait qu'au final, seul Dieu peut calmer la mer et les ramener à bon port. Regardez cette étoile polaire. » Puis de conclure : « Restez fidèles et ne sous-estimez jamais le pouvoir de la prière. »
Tom Arends, 26 juin 2025, The Christian Tribune via 1 mn. avec Marie