Le blog du Temps de l'Immaculée.

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4 Leçons Inattendues de Taybeh, le Dernier Village Chrétien de Cisjordanie

28/10/2025

4 Leçons Inattendues de Taybeh, le Dernier Village Chrétien de Cisjordanie

La vie à Taybeh est marquée par une pression constante, une lutte sourde qui ne s'arrête pas avec les accords signés à des kilomètres de là. À travers les témoignages poignants de ses habitants relevés par Samuel Pruvost de Famille Chrétienne, ce village millénaire nous offre quatre leçons surprenantes sur la résilience, la foi et la complexité d'un conflit où la paix reste un horizon lointain.

 

Pour eux, le cessez-le-feu ne change presque rien
Si la trêve à Gaza est perçue comme une bonne nouvelle, son impact sur la vie pratique à Taybeh est quasi nul. Pour les habitants, c'est un « poids psychologique » en moins, la fin des bombardements sur leurs « frères », mais la réalité de leur isolement demeure inchangée. Le village reste encerclé par les colonies juives d'Allosaurus, Kohav Hasor et Rimoni à l'est, et Ofra et Amona à l'ouest. Les restrictions de mouvement sont toujours en place, comme l'interdiction formelle de se rendre à Jérusalem depuis le 7 octobre 2023.


Cette stagnation est parfaitement résumée par Natalia, une jeune dentiste du village, dont les mots traduisent un soulagement teinté d'amertume :
« Le cessez-le-feu nous enlève un poids psychologique, parce que nos frères ne sont plus sous les bombes. Mais ça ne change rien du point de vue pratique. »
Pire encore, l'avenir immédiat suscite l'inquiétude. Sanad, le directeur de la radio Nabd El-Haya (« Le Pouls de la Vie »), craint que la situation n'empire avec l'arrivée potentielle en Cisjordanie des soldats stationnés à Gaza, réputés pour leur agressivité. Pour Taybeh, la fin des combats au loin ne signifie pas la fin de l'étau qui se resserre.

 

 La résistance se fait par la bière, l'emploi et les ondes radio
Face à une oppression qui s'exprime par un taux de chômage avoisinant les 60 % et des attaques de colons sur leurs oliveraies, la résilience de Taybeh prend des formes inattendues et créatives. C'est une résistance économique et culturelle menée pour simplement continuer d'exister.


Cette persévérance est incarnée par Madees, une quinquagénaire née à Boston. Revenue pleine d'espoir en 1993 après les accords d'Oslo, elle se présente aujourd'hui fièrement comme la « seule femme à brasser de la bière au Proche-Orient ». Sa brasserie familiale est un acte de foi en l'avenir. Dans le même esprit, Abouna Bashar Fawadleh, le jeune curé de la paroisse latine agissant en véritable homme-orchestre, a créé plus de soixante-dix emplois pour freiner l'exode des familles, dont plus de dix sont parties depuis le 7 octobre. Enfin, la radio Nabd El-Haya diffuse en arabe, anglais et français, portant la voix de Taybeh bien au-delà des collines qui l'enserrent.


Ces initiatives sont d'autant plus remarquables qu'elles naissent dans un contexte de privations profondes, comme le souligne Madees, dont l'optimisme d'antan a fait place à une lucidité amère :
« La vie à Taybeh n’est pas comparable à celle que vous avez en Europe : en Cisjordanie, vous n’avez pas de liberté, vous ne pouvez pas aller prier à Jérusalem ni vous détendre sur la plage à Tel-Aviv ! »

 

Une amitié « impossible » entre un prêtre et un colon
Au cœur des tensions les plus vives, Abouna Jack Nobel Abed, curé de la paroisse melkite catholique, défend farouchement le droit de sa communauté à exister sur cette terre. Sa détermination est sans faille.
« Mais nos racines sont si profondes que ceux qui veulent nous déraciner subiront les feux de l’enfer ! »


Pourtant, cette posture intransigeante s'accompagne d'une philosophie surprenante : une « résistance non violente » qui vise à « faire tomber les murs qui séparent ». L'exemple le plus significatif est son amitié avec Jabo, un archéologue vivant dans la colonie voisine d'Ofra. Jabo a été tué l’année dernière dans le sud du Liban. Les deux hommes se retrouvaient pour discuter des textes bibliques, en évitant la politique. Abouna Jack était le « seul arabe chrétien à entrer dans la colonie ». Pour le premier anniversaire de son décès, la famille de Jabo a invité le prêtre, preuve que ce lien unique, forgé au cœur de l'impossible, a laissé une trace durable.

 

Le poids de l'histoire : vivre là où Jésus s'est réfugié
Taybeh n'est pas un village comme les autres. Ancienne cité d'Ephraïm mentionnée dans l'Ancien Testament, son histoire est inscrite dans les pages de la Bible. C'est ici, dans cette « cité refuge », que Jésus lui-même s'est retiré avec ses disciples avant sa Passion, car il ne pouvait « circuler librement à Jérusalem » (Jn 11, 54). De ses 900 mètres d’altitude, on peut deviner les reliefs de la Jordanie, la vallée du Jourdain et le reflet lumineux de la mer Morte, un site stratégique depuis des millénaires.

 

Ce parallèle historique est saisissant : deux mille ans plus tard, les chrétiens palestiniens de Taybeh sont à leur tour interdits d'accès à la Ville sainte. Leur présence ici est un héritage vivant. Les oliviers de Nadim, qui remontent à l'époque romaine, en sont la preuve tangible, tout comme sa fière déclaration face aux menaces :
« Mes ancêtres vivent ici depuis six cents ans ! »

 

Cette richesse historique est malheureusement aussi une source de conflit. L'incendie criminel allumé par des colons près des ruines de l'église byzantine Saint-Georges rappelle que chaque pierre, chaque arbre de cette terre est un enjeu. Vivre à Taybeh, c'est porter le poids et la fierté d'une histoire qui continue de s'écrire dans la douleur.

 

 

Taybeh est un lieu de paradoxes. C'est un refuge de foi et d'histoire profonde, mais aussi la ligne de front d'une lutte quotidienne pour la survie et la dignité. Ses habitants, par leurs initiatives économiques, leurs dialogues improbables et leur attachement viscéral à leur terre, montrent que la paix ne se décrète pas. Leur histoire pose une question essentielle qui résonne bien au-delà de leurs collines : quel avenir est possible pour une nation si son futur dépend d'un accord avec des voisins qui, eux, ne partiront jamais ?

"Que l’Église en vienne à comprendre et à aimer le don de la liturgie sacrée"

28/10/2025

"Que l’Église en vienne à comprendre et à aimer le don de la liturgie sacrée"

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

C’est pour moi une joie immense de célébrer la messe pontificale à l’autel de la chaire de Saint-Pierre, point culminant du pèlerinage Summorum Pontificum de 2025. Au nom de toutes les personnes présentes, j’exprime ma sincère gratitude à ceux qui ont travaillé avec tant de diligence et d’efficacité pour rendre possible ce pèlerinage. J’offre cette messe pour les fidèles de l’Église à travers le monde, qui s’efforcent de préserver et de promouvoir la beauté de l’Usus Antiquior du rite romain. Que l’offrande de la messe pontificale d’aujourd’hui nous encourage et nous fortifie tous dans l’amour de notre Seigneur eucharistique qui, par la tradition apostolique et avec un amour inébranlable et incommensurable pour nous, renouvelle sacramentellement son sacrifice sur le Calvaire et nous nourrit du fruit incomparable de son sacrifice : la nourriture céleste de son corps, de son sang, de son âme et de sa divinité.

 

En célébrant la Sainte Messe de la Bienheureuse Vierge Marie ce samedi, nous contemplons le Cœur douloureux et immaculé de Notre Dame, élevé dans la gloire et qui ne cesse de battre d’amour pour nous, les enfants que son Divin Fils lui a confiés à sa maternité, alors qu’il mourait sur la Croix. Lorsque Notre Seigneur a prononcé les mots « Femme, voici ton fils… Voici ta mère » à sa Mère et à saint Jean l’apôtre et évangéliste, debout au pied de la croix, il a exprimé une réalité essentielle du salut qu’il était en train de gagner pour nous : la pleine coopération de sa Mère, la Bienheureuse Vierge Marie, à son œuvre salvatrice.

 

Dieu le Père, dans son plan d’amour pour notre salut éternel, a accordé à la Bienheureuse Vierge Marie, dès le moment de sa conception, de participer à la grâce du salut que son Divin Fils allait accomplir au Calvaire. Par son Immaculée Conception, Marie était totalement pour le Christ et, dans le Christ, totalement pour nous dès le premier instant de son existence. La médiation de notre salut par le Cœur douloureux et immaculé de Marie est illustrée dans les dernières paroles de la Vierge Mère du Sauveur rapportées dans les Évangiles. Elle les a adressées aux serveurs de vin lors des noces de Cana, qui étaient venus la trouver, angoissés par le manque de vin pour les invités des jeunes mariés. Elle a répondu à leur grande détresse en les conduisant vers son Divin Fils, également invité au festin de noces, avec cette instruction maternelle : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

 

Ces mots simples expriment le mystère de la Maternité divine par laquelle la Vierge Marie est devenue la Mère de Dieu, amenant Dieu le Fils incarné dans le monde pour notre salut. Par ce même mystère, elle continue d’être le canal de toutes les grâces qui jaillissent sans cesse et de manière incommensurable du Cœur glorieux et transpercé de son Divin Fils vers le cœur de ses frères et sœurs, adoptés par le baptême, alors qu’ils cheminent sur terre vers leur demeure éternelle auprès de Lui dans les cieux. Nous sommes les fils et les filles de Marie en son Fils, Dieu le Fils incarné. Avec une sollicitude maternelle, elle attire nos cœurs vers son Cœur immaculé et glorieux et les conduit vers Lui, vers son Sacré-Cœur, et elle nous enseigne : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

 

En la Bienheureuse Vierge Marie, nous voyons « la manifestation créée la plus parfaite » de la Sagesse éternelle de Dieu, Dieu le Fils, le Verbe à l’œuvre depuis le tout début de la création et ordonnant toutes choses et, surtout, le cœur humain en accord avec la perfection de Dieu, « à la fois parce qu’elle est la « servante » particulièrement fidèle du Seigneur et parce qu’en elle, en tant que Mère du Christ, le plan divin a trouvé son accomplissement ». Elle est, selon les paroles inspirées du Livre de l’Ecclésiastique, « la mère de l’amour, de la crainte, de la connaissance et de l’espérance sainte ». Nous sommes remplis d’espoir que Notre Seigneur, la Sagesse divine incarnée, entendant les prières de la Mère de la grâce divine qui est toujours en sa présence, aura également pitié de notre génération, rétablissant l’ordre d’amour écrit par Dieu dans la création, écrit par Dieu, avant tout, dans chaque cœur humain. En nous efforçant, à chaque instant de la journée, de reposer nos cœurs dans le Cœur glorieux et transpercé de Jésus, nous annonçons au monde la vérité que le salut est venu dans le monde. Nous, unis dans notre cœur au Cœur immaculé et glorieux de Marie, attirons les autres vers le Christ, plénitude de la miséricorde et de l’amour de Dieu parmi nous, dans sa sainte Église.

 

Nous célébrons cette année à la fois le centenaire de l’apparition de l’Enfant Jésus, avec Notre-Dame de Fatima, à la vénérable servante de Dieu, sœur Lúcia dos Santos, le 10 décembre 1925, et le centenaire de la publication de la lettre encyclique Quas Primas du pape Pie XI, qui a institué la fête du Christ Roi du Ciel et de la Terre dans l’Église universelle, le 11 décembre 1925. Nous rendons ainsi témoignage à la vérité que Notre Seigneur Jésus-Christ est le Roi de tous les cœurs par le mystère de la Croix et que sa Mère vierge est la médiatrice par laquelle il amène nos cœurs à demeurer toujours plus complètement dans son Sacré-Cœur.

 

Dans l’apparition à la vénérable servante de Dieu, sœur Lúciados Santos, Notre Seigneur nous a montré le Cœur douloureux et immaculé de Notre Dame, couvert de nombreuses épines à cause de notre indifférence et de notre ingratitude, et à cause de nos péchés. D’une manière particulière, Notre-Dame de Fatima désire nous protéger du mal du communisme athée qui éloigne les cœurs du Cœur de Jésus, seule source de salut, qui conduit les cœurs à se rebeller contre Dieu et contre l’ordre qu’Il a établi dans Sa création et inscrit dans le cœur de chaque homme.  À travers ses apparitions et le message qu’elle a confié aux petits bergers saints Francisco et Jacinta Marto, ainsi qu’à la vénérable Lúcia dos Santos, qui s’adresse à toute l’Église, Notre-Dame a dénoncé l’influence de la culture athée sur l’Église elle-même, conduisant beaucoup à l’apostasie, à l’abandon des vérités de la foi catholique.

 

En même temps, Notre-Dame nous a demandé de réparer avec amour nos offenses au Sacré-Cœur de Jésus et à son Cœur immaculé par la dévotion des premiers samedis, c’est-à-dire le premier samedi du mois, en confessant nos péchés, en recevant dignement la Sainte Communion, en priant cinq dizaines du Saint Rosaire et en tenant compagnie à Notre-Dame en méditant les mystères du Saint Rosaire. Il ressort clairement du message de Notre-Dame que seule la foi, qui place l’homme dans une relation d’unité de cœur avec le Sacré-Cœur de Jésus, par l’intermédiaire de son Cœur Immaculé, peut sauver l’homme des châtiments spirituels que la rébellion contre Dieu inflige nécessairement à ses auteurs et à l’ensemble de la société et de l’Église. La dévotion des premiers samedis est notre réponse d’obéissance à notre Mère céleste qui ne manquera pas d’intercéder pour toutes les grâces dont nous et notre monde avons désespérément besoin. La dévotion n’est pas un acte isolé, mais exprime un mode de vie, à savoir la conversion quotidienne du cœur au Sacré-Cœur de Jésus sous la guidance et les soins maternels du Cœur douloureux et immaculé de Marie, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

 

Lorsque nous réfléchissons à la rébellion contre le bon ordre et la paix dont Dieu dote chaque cœur humain, conduisant le monde et même l’Église à une confusion, une division et une destruction toujours plus grandes des autres et de soi-même, nous comprenons, comme l’a compris le pape Pie XI, l’importance de notre adoration du Christ sous son titre de Roi du Ciel et de la Terre. Cette adoration n’est pas une forme d’idéologie. Ce n’est pas l’adoration d’une idée ou d’un idéal. C’est une communion avec le Christ Roi, en particulier à travers la Très Sainte Eucharistie, par laquelle notre propre mission royale en Lui est comprise, embrassée et vécue. C’est la réalité dans laquelle nous sommes appelés à vivre, la réalité de l’obéissance à la Loi de Dieu écrite dans nos cœurs et dans la nature même de toutes choses. C’est la réalité de nos cœurs, unis au Cœur Immaculé de Marie, reposant toujours plus complètement dans le Très Saint Cœur de Jésus.

 

La messe pontificale est célébrée aujourd’hui selon la forme la plus ancienne du rite romain, l’Usus Antiquior. L’Église célèbre le 18e anniversaire de la promulgation du Motu Proprio Summorum Pontificum par lequel le pape Benoît XVI a rendu possible la célébration régulière de la messe selon cette forme utilisée depuis l’époque du pape saint Grégoire le Grand. Ayant le privilège de participer aujourd’hui au Saint Sacrifice de la messe, nous ne pouvons nous empêcher de penser aux fidèles qui, tout au long des siècles chrétiens, ont rencontré Notre Seigneur et ont approfondi leur vie en Lui, grâce à cette forme vénérable du rite romain. Beaucoup ont été inspirés à pratiquer une sainteté héroïque, allant jusqu’au martyre. Ceux d’entre nous qui sont assez âgés pour avoir grandi en adorant Dieu selon l’Usus Antiquior ne peuvent s’empêcher de considérer comment cela nous a inspirés à garder notre regard fixé sur Jésus, en particulier dans la réponse à notre vocation dans la vie. Enfin, nous ne pouvons manquer de remercier Dieu pour la manière dont cette forme vénérable du rite romain a amené à la foi et approfondi la vie de foi de tant de personnes qui ont découvert pour la première fois sa beauté incomparable, grâce à la discipline établie dans SummorumPontificum. Nous remercions Dieu que, grâce à Summorum Pontificum, toute l’Église en vienne à comprendre et à aimer toujours davantage le grand don de la liturgie sacrée telle qu’elle nous a été transmise, dans une ligne ininterrompue, par la Tradition sacrée, par les apôtres et leurs successeurs. Grâce à la liturgie sacrée, notre adoration de Dieu « en esprit et en vérité », Notre Seigneur est avec nous de la manière la plus parfaite qui soit sur cette terre. C’est l’expression la plus excellente de notre vie en Lui. Témoins aujourd’hui de la grande beauté du rite de la messe, soyons inspirés et fortifiés pour refléter cette beauté dans la bonté de notre vie quotidienne sous la protection maternelle de Notre-Dame.

 

Élevons maintenant nos cœurs, unis au Cœur immaculé de Marie, vers le Cœur glorieux et transpercé de Jésus, ouvert pour nous dans le sacrifice eucharistique par lequel Il rend sacramentellement présent pour nous Son sacrifice au Calvaire. Élevons nos cœurs, remplis de tant de joies et de douleurs, vers la source inépuisable de la Miséricorde et de l’Amour divins, confiants que dans le Cœur eucharistique de Jésus, nous serons confirmés dans la paix et fortifiés pour porter la croix de nos douleurs avec la confiance de la Vierge Marie. Ainsi, sous le regard maternel constant et miséricordieux de la Bienheureuse Vierge Marie, puissions-nous progresser fidèlement et de tout cœur sur le chemin de notre pèlerinage terrestre vers notre demeure éternelle au Ciel.

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

 

Raymond Leo Cardinal BURKE

Convertis de l'islam au christianisme les 3 révélations inattendues sur leur parcours

27/10/2025

Convertis de l'islam au christianisme  les 3 révélations inattendues sur leur parcours

Une vague de conversions plus profonde et spontanée qu'on ne l'imagine
Contrairement aux idées reçues, le nombre de musulmans demandant le baptême est significatif et en croissance constante. La Conférence des évêques de France recense plus de 700 baptêmes de personnes d'origine musulmane chaque année, un chiffre que l'association Mission Ismérie estime même à 1 700 pour l'année 2025. Cette tendance est confirmée par la forte demande numérique : le média en ligne « La Rencontre », géré par l'association, a actuellement 500 demandes de contact en attente.
Le point le plus surprenant est que ce mouvement n'est pas le fruit d'une stratégie d'évangélisation active. Pour les observateurs, il s'agit d'une quête spirituelle personnelle et intérieure, un mystère divin à l'œuvre. Comme le résume Vincent Neymon, qui dirige Mission Ismérie, « c’est évident, Dieu travaille le cœur des musulmans ».
« L’église constate que ce mouvement ne vient pas de ce qu’elle a mis en place, mais d’un élan intérieur de plus en plus grand. » - Abbé Jean-Raphaël Dubrule

 


Le plus grand défi : trouver sa place dans sa nouvelle famille
Pour un converti, le départ de l'« oumma » (la communauté musulmane) est souvent vécu comme une trahison, entraînant le rejet de sa famille et parfois la perte de ses biens. Mais de manière contre-intuitive, le défi le plus ardu se trouve souvent à l'intérieur de l'Église elle-même, qui devrait être leur nouveau foyer.
Les obstacles rencontrés dans les paroisses sont multiples et parfois dévastateurs :
• Des maladresses théologiques graves. Certains prêtres, voulant se montrer accueillants, assurent à tort que le Coran et la Bible se ressemblent ou qu'Allah n'est pas différent de Dieu, sapant ainsi les fondements de la foi nouvelle du converti. Une erreur que Simon-Matthieu juge sévèrement : « C’est une incompréhension grave du sacrifice de la Croix et de la Rédemption, et c’est insuffler le doute dans le cœur des catéchumènes. »
• Un accueil froid ou méfiant. Le parcours de Simon-Matthieu illustre ce risque : il a dû changer de paroisse et en choisir une « assez éloignée de chez moi, ce qui m’évitait des représailles ». Il a su qu'il avait trouvé sa place quand, très simplement, « dès le début, on m’a demandé de faire la quête ». Myriam témoigne aussi de la difficulté persistante du « regard des gens » dans les églises où elle n'est pas connue.
• Une différence culturelle mal comprise. Comme le souligne l'abbé Dubrule, l'intégration de ces nouveaux convertis demande « un effort supplémentaire que les paroissiens ne saisissent pas toujours ».
Ce manque de préparation au sein des communautés peut avoir de lourdes conséquences, fermant la porte à ceux que Dieu envoie.
« Dieu fait son travail en se révélant à des musulmans, puis il nous les envoie. Le problème, c’est que certaines paroisses leur ferment la porte sans le savoir. » - Responsable de la mission Ananie


Un cadeau inattendu : comment les convertis revitalisent l'Église
Face à la solitude, à l'incompréhension et aux difficultés matérielles, le risque pour ces nouveaux chrétiens est grand : « le risque est l’abandon ». Pourtant, lorsque ces défis sont relevés et que l'accueil est authentique, l'arrivée de ces baptisés se révèle être une source puissante de renouveau pour les communautés chrétiennes.
Portés par une foi ardente et un parcours souvent exigeant, ils insufflent une nouvelle énergie dans les paroisses. Leur « esprit missionnaire et communautaire » réveille des assemblées parfois installées dans leurs habitudes. En cherchant une nouvelle famille spirituelle, ils rappellent à tous l'importance fondamentale de la fraternité et de la ferveur.
« Ils enseignent l’amour de l’Église, qui souvent s’attiédit chez les catholiques. » - Vincent Neymon

Pour conclure, le parcours d'un converti de l'islam ne s'arrête pas au baptême ; il marque le début d'un chemin d'intégration complexe qui met l'Église elle-même au défi. Face à ces parcours, la question n'est plus seulement de savoir comment accueillir l'autre, mais comment se laisser transformer par son arrivée.

Assez de confusion !

25/10/2025

Assez de confusion !

Dans une interview exclusive avec Per Mariam, l'évêque Athanasius Schneider a averti que l'Église catholique connaît « une confusion de foi sans précédent » et a demandé au pape Léon XIV un acte magistériel qui réaffirmerait la doctrine et restaurerait la clarté perdue au cours des dernières décennies.


« Le pape doit affermir toute l’Église dans la foi ; c’est sa première tâche », a rappelé Schneider, « une mission que Dieu lui-même a confiée à Pierre et à ses successeurs. »


Le prélat, auxiliaire d'Astana (Kazakhstan), a souligné que l'Église est « plongée dans un brouillard doctrinal » qui affecte la foi, la morale et la liturgie, affaiblissant ainsi l'identité catholique. « Nous ne pouvons pas continuer à avancer dans la confusion. Cela va à l'encontre du Christ lui-même et de l'Évangile. Le Christ est venu nous apporter la vérité, et la vérité signifie la clarté », a-t-il affirmé avec fermeté.Pour Schneider, la solution réside dans un geste public du pape réaffirmant l'intégrité de la foi catholique. À cet égard, il a proposé un document similaire au Credo du Peuple de Dieu promulgué par saint Paul VI en 1968, en pleine crise postconciliaire.


Après plus de cinquante ans, la confusion s'est accrue, au lieu de diminuer, surtout durant le dernier pontificat. Un tel acte constituerait l'un des plus grands gestes de charité du pape envers ses enfants spirituels et ses frères évêques.

 


« Fiducia Supplicans » et la confusion autour des bénédictions pour les couples de même sexe

Interrogé sur le document Fiducia Supplicans et les récentes déclarations du pape Léon XIV sur l'« accueil des personnes », Schneider s'est montré catégorique. Selon lui, le texte du Dicastère pour la doctrine de la foi « doit être aboli » car il introduit une ambiguïté sur une question morale essentielle à la vie de l'Église.


Le document fait expressément référence aux “couples de même sexe”. Bien qu’il affirme que ce ne sont pas leurs relations qui sont bénies, mais les personnes elles-mêmes, elles sont indissociables. C’est un jeu de mots qui prête à confusion et suggère que l’Église approuve de telles unions.


L'évêque a rappelé que l'Église a toujours béni les pécheurs qui cherchent sincèrement la conversion, mais n'a jamais béni une situation contraire à la loi de Dieu. « Nous ne pouvons pas bénir ce qui contredit la création et la volonté divine », a-t-il souligné.


Dieu accepte tout le monde, mais appelle à la repentance. Accepter les pécheurs sans les inviter à changer n'est ni la voie de Dieu ni celle de l'Évangile.


Le prélat a expliqué que le véritable accueil chrétien consiste à accompagner avec charité ceux qui souhaitent abandonner le péché, et non à les confirmer dans leur erreur. « Nous devons leur dire : "Vous êtes les bienvenus, mais ce que vous vivez ne correspond pas à la volonté de Dieu. Nous vous aiderons à échapper au mal, même si cela prend du temps." Voilà le véritable amour », a-t-il souligné. Enfin, il a mis en garde contre la participation de clercs ou de fidèles à des mouvements qui cherchent à modifier la morale révélée :


Nous ne pouvons pas participer à des organisations qui visent à modifier les commandements de Dieu. Soutenir leurs objectifs serait une trahison de l'Évangile et de la mission de l'Église de sauver les âmes.


« Marcher ensemble » signifie pèlerinage vers le Christ, et non s’adapter au monde

Concernant le concept de « marcher ensemble », si souvent répété dans le processus synodal, Schneider a averti que sa véritable signification a été déformée et doit revenir à ses racines christologiques.


La synodalité signifie cheminer vers le Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie. L'Église ne peut pas parler pour elle-même, mais transmet fidèlement ce que le Christ a révélé.


L'évêque a expliqué que l'Église est militante, appelée à combattre l'erreur, le péché et la confusion spirituelle. « L'Église sur terre est une Église combattante. Nous luttons contre nos mauvais penchants, contre le diable et contre l'esprit du monde », a-t-il rappelé, citant saint Paul et saint Jean.Pour Schneider, le sens de « marcher ensemble » ne consiste pas dans l’écoute sociologique ou l’adaptation au monde, mais dans la communion des fidèles qui cheminent vers la Jérusalem céleste.


« Marcher ensemble signifie avancer comme un cortège de croyants qui savent en qui ils ont cru, qui professent clairement la vérité et l’expriment dans la beauté de la liturgie. »


Le prélat a également mis en garde contre la présence de « faux prophètes au sein de la communauté ecclésiale » qui égarent les fidèles du droit chemin. Il a donc appelé à la vigilance et à la fermeté doctrinale.
« La synodalité doit servir à proclamer plus clairement la beauté de la vérité du Christ et à éviter toute ambiguïté. L'Église doit adorer Dieu par une liturgie digne et sacrée, témoignage visible de sa foi », a-t-il insisté.


Le Seigneur n'a pas dit : “Écoutez les gens et demandez-leur leur avis.” Il a dit : “Allez proclamer la vérité.” Le pape et les évêques ont la lourde tâche de proclamer la vérité avec amour et fermeté, pour libérer l'humanité du mal.

 

Source et ITW complète sur INFOVATICANA

Le cardinal Burke dénonce les falsifications IA qui lui attribuent de faux propos sur Léon XIV

24/10/2025

Le cardinal Burke dénonce les falsifications IA qui lui attribuent de faux propos sur Léon XIV

Le cardinal Burke rétablit la vérité
Par l’IA, l’ère de la post-vérité et le règne du mensonge a fait un saut qualitatif brusque : il a suffi de quelques mois pour que les pouvoirs qu’elle donnent aient été mis au service de la division, de la tromperie et de l’agit-prop. Les falsifications sont aujourd’hui légion.

Aussi le cardinal Burke, dans le message qu’il lit intégralement et solennellement, dénonce-t-il le « péché grave » que constitue une telle manipulation mensongère, y voyant la main du « père du mensonge ». « Ces productions falsifiées portent la marque indiscutable du Malin, qui cherche toujours à semer la confusion parmi les fidèles et à dresser les frères les uns contre les autres au sein du Corps mystique du Christ », affirme-t-il.

 

Les falsifications IA et la « marque du Malin »
Certes ce sont ici des hommes qui utilisent l’IA pour le mal. Mais quel outil de rêve pour Satan et ses anges mauvais, permettant des inspirations au mal d’un pouvoir inédit !

 

 

Voici le texte intégral du message du cardinal Burke, visible ici sur X. – J.S.

 

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Frères et sœurs dans le Christ,

Concernant les fausses vidéos et images qui circulent en ligne, j’ai appris que certaines productions trompeuses sont diffusées, qui m’attribuent des propos d’opposition à Sa Sainteté, le pape Léon XIV. Ces publications prétendent que j’aurais adressé une prétendue « réprimande » au Saint-Père, concernant son enseignement et sa gouvernance de l’Eglise. Je déclare très clairement que ces affirmations sont totalement fausses. Je n’ai fait aucune déclaration de ce genre, ni donné aucune allocution ou interview qui ressemble de près ou de loin à ce qui est décrit.

Ces vidéos sont des fabrications, des œuvres trompeuses produites par la manipulation technologique de mon image afin de transmettre des messages que je n’ai jamais prononcés. L’utilisation délibérée du mensonge pour semer la division au sein de l’Eglise est un péché grave. Notre Seigneur lui-même enseigne que le diable « a été meurtrier dès le commencement, et qu’il n’a rien à voir avec la vérité, car il n’y a pas de vérité en lui. Quand il ment, il parle selon sa propre nature, car il est menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44). Ces productions falsifiées portent la marque indiscutable du Malin, qui cherche toujours à semer la confusion parmi les fidèles et à dresser les frères les uns contre les autres au sein du Corps mystique du Christ.

Je déclare donc publiquement et sans équivoque mon obéissance, mon amour filial et mon respect inébranlable pour le Souverain Pontife, le pape Léon XIV, Vicaire du Christ sur terre. L’unité de l’Eglise autour du Successeur de Saint Pierre est voulue par Notre Seigneur lui-même et elle est essentielle à l’intégrité de notre foi catholique. J’exhorte tous les fidèles à prêter une attention particulière à l’enseignement authentique du Saint-Père, et non aux voix de la division qui déforment la vérité à des fins mondaines et sèment les graines du scandale parmi les âmes.

Répondons à cette situation non pas par la colère ou la défiance, mais par la foi et la prière. Le premier recours du chrétien dans chaque épreuve est toujours le Cœur de Jésus, qui vainc le mensonge par la puissance de sa vérité et de son amour. Je vous demande donc de prier avec ferveur pour ceux qui créent et répandent de telles tromperies, afin que, touchés par la grâce divine, ils passent des ténèbres à la lumière de la vérité, de l’esclavage du mensonge à la liberté de la conversion, et se réconcilient avec Dieu, riche en miséricorde et abondant en amour constant.

 

Cardinal Raymond Burke
 

Traduction par Jeanne Smits sur RITV

Le rôle des élites ecclésiastiques dans le suicide de l'Europe

24/10/2025

Le rôle des élites ecclésiastiques dans le suicide de l'Europe

J'ai choisi, chers amis lecteurs, de ne pas publier ici l'article de Rod Dreher, du fait qu'il utilise avec agressivité des exemples - par ailleurs bien vus - pour illustrer ses propos. Ce n'est pas très charitable, j'en fais donc une recension mais je vous laisse en juger si vous le voulez, c'est ici

Il faut savoir que Rod Dreher est un déçu du catholicisme, car venant du méthodisme, il s'est converti à notre religion qu'il a finalement trouvée trop "féminine", pour enfin, à la suite de ses recherches sur son dernier livre (1), se rapprocher de l'orthodoxie, plus radicale, plus combative. 
Par ailleurs, il faut garder à l'esprit que Rod Dreher est à l'origine de la conversion au catholicisme de son ami JD Vance, vice-président US (Wikipédia) et que de ce fait sa pensée révélée par son premier best-seller traduit en France (2) prend une importance non négligeable qui devrait rejaillir chez nous dans quelques années. Sa rencontre avec Thibault de Montbrial nous concerne tout particulièrement.

 

Voici donc dans les grandes lignes ce que nous dit Rod Dreher sur son blog :

Une anxiété diffuse mais profonde plane sur l'avenir de l'Europe. Au-delà des gros titres et des crises politiques quotidiennes, beaucoup pressentent que le continent est à la croisée des chemins, confronté à des changements fondamentaux qui remettent en question son identité et sa survie même. Cette inquiétude, souvent inexprimée, témoigne d'une rupture silencieuse avec les certitudes d'hier.


Plus que de simples turbulences passagères, ces secousses révèlent des failles structurelles profondes. Dreher et Montbrial explorent quatre constats qui, mis bout à bout, dessinent les contours d'un effondrement : une menace sécuritaire imminente, un vide spirituel béant, une Église paralysée de l'intérieur et des élites accusées de trahison.


Thibault de Montbrial, expert en sécurité prévient : l'Europe doit se préparer à la violence de masse

L'un des avertissements les plus frappants a été formulé par Thibault de Montbrial, un avocat français de premier plan, profondément impliqué dans l'appareil de sécurité nationale. Selon lui, l'Europe occidentale doit se préparer à des violences de masse d'une ampleur inédite depuis la Seconde Guerre mondiale, pouvant s'apparenter à des guerres civiles.


Il est crucial de souligner que cette prédiction ne provient pas d'un extrémiste isolé, mais d'une figure crédible et respectée de l'establishment de la sécurité nationale. Engagé professionnellement dans la lutte contre l'islamisme, Thibault de Montbrial vit lui-même sous protection policière armée depuis neuf ans. Son analyse est si sensible que les services de renseignement français ont exigé qu'il soit accompagné d'un agent armé en civil pour ce déplacement en Croatie, un fait qui ancre son analyse dans une réalité tangible et périlleuse.


Mais cette menace sécuritaire n'est, selon les participants, que le symptôme d'un mal plus profond.

 

Le vrai problème n'est pas politique, mais culturel et spirituel
Pour Montbrial, les solutions purement politiques ou sécuritaires sont insuffisantes car elles ne traitent pas le mal à la racine. Le cœur du problème serait un effondrement culturel profond – ce que l'écrivain Renaud Camus nomme « La Grande Déculturation ». L'Europe, en perdant la connexion avec son passé et son identité, a créé un vide existentiel.


Ce vide rend sa jeunesse particulièrement vulnérable au recrutement par des groupes, comme les islamistes, qui proposent un récit, une identité et une culture forte. Cette idée a été cristallisée par une formule percutante entendue durant le sommet, soulignant la racine religieuse de toute culture :
« au cœur de la culture se trouve le culte, ou la religion. »


Cette perspective pose un choix binaire et radical pour l'avenir du continent : l'Europe se rechristianisera ou elle s'islamisera. Selon cette analyse, il n'existe pas de troisième voie stable.


Si la crise est spirituelle, l'institution historiquement chargée de l'âme de l'Europe est elle-même jugée incapable de répondre au défi.


Une chrétienté « féminisée » est incapable de se défendre


Un autre argument, soulevé par un catholique croate et partagé par plusieurs participants, est que le christianisme occidental souffre d'un « grave déséquilibre en faveur du féminin ». Concrètement, cela se traduirait par une survalorisation de vertus comme la « compassion » et l'« accueil », au détriment des « vertus masculines » jugées nécessaires à la défense, à la résilience et à l'affirmation de soi.


Ce déséquilibre aurait transformé l'Église en une institution qui peine à attirer et à retenir les hommes, qui sentent que leurs vertus naturelles y sont plus souvent réprimées que développées et mises au service du sacré. L'argument central a été résumé de manière lapidaire :
"The feminization of Western Christianity is leading to its suicide in Europe."
(La féminisation du christianisme occidental conduit à son suicide en Europe.)


Un contraste a été établi avec le christianisme orthodoxe, décrit comme ayant réussi à rester « masculin sans être macho » et continuant de révérer ses saints guerriers, maintenant ainsi un équilibre jugé plus robuste.


Cette paralysie interne de l'Église est vue comme une partie d'un problème plus large : celui de la faillite des institutions dirigeantes.


Les élites, y compris religieuses, sont accusées de trahir leur propre peuple
La critique la plus virulente a été dirigée contre les élites européennes, y compris les plus hauts dirigeants de l'Église, incarnés ici par le pape lui-même. Leur insistance sur l'accueil inconditionnel des migrants est perçue comme un abandon de leur propre troupeau, les Européens de souche, dont les inquiétudes et les souffrances (liées notamment à la criminalité migratoire) seraient systématiquement ignorées.


Le roman Le Camp des Saints de Jean Raspail, souvent qualifié de pamphlet raciste, a été cité par les participants comme une œuvre « totalement prophétique ». L'analyse la plus choquante tirée du livre n'est pas la description de l'arrivée massive de migrants, mais l'identification des véritables responsables : non pas les nouveaux arrivants, mais les élites occidentales – évêques et prêtres inclus. Ils capitulent non par faiblesse, mais par une forme de « haine de soi civilisationnelle », cherchant rédemption dans la soumission à l'Autre.


Le roman se conclut sur une scène où le gouvernement français ordonne à sa propre armée de l'air de bombarder une poignée de patriotes français qui tentent de résister, une allégorie puissante du thème de la trahison des élites contre leur propre peuple.



Le tableau brossé par ces quatre constats est sombre : un continent au bord de possibles conflits internes, vidé de sa substance spirituelle, doté d'une Église affaiblie et dirigé par des élites perçues comme déconnectées, voire hostiles, aux peuples qu'elles sont censées guider.
Face à ce diagnostic, la question demeure : l'Europe trouvera-t-elle la volonté de redécouvrir son âme avant qu'il ne soit trop tard, ou le déclin est-il désormais inéluctable ? En observant les pèlerinages qui s'organisent partout et le nombre de baptêmes d'adultes en grande augmentation, comment ne pas penser à la prophétie de St Pie X sur la France :

Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une Lumière Céleste et entendra une voix qui lui répétera : « Ma Fille, pourquoi Me persécutes-tu ? ». Et, sur sa réponse : « Qui es-tu, Seigneur ? », la voix répliquera : « Je suis Jésus, que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que, dans ton obstination, tu te ruines toi-même » . Et elle, tremblante, étonnée, dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? ». Et Lui : « Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, Fille Aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, Mon Nom devant tous les peuples et devant les rois de la Terre ».

Allocution du 29 novembre 1911

 

La période que nous vivons ressemble à plus d'un titre à l'effondrement de l'empire romain et des invasions barbares.  L'historienne Anne Bernet nous dit à ce sujet : "À vues humaines, l'Eglise, le catholicisme était condamné. Or, ce fut le contraire qui arriva [...] les barbares se convertirent. Ce retournement improbable fut l'oeuvre d'une poignée d'évêques gallo-romains [...] les prélats de Gaules, face au danger, comprenant que l'envahisseur ne partirait plus, décidèrerent de l'amener à la foi chrétienne et à l'idée civilisatrice qui l'accompagnait"(3)

C'est clair, non ?
Nos chers évêques ont la clé. Eux seuls, quand ils en prendront conscience.

 

 

Kyrie Eleison !

 

 

 

 

 

 

(1) Résister au mensonge : Vivre en chrétiens dissidents Ed. Artège

(2) Comment être chrétien dans un monde qui ne l'est plus : Le pari bénédictin Ed Artège

(3) Marie Reine de France p.11 & 12 - Anne Bernet - Via Romana  

 

Illustration : « Sverd i fjell » monument commémorant la bataille de Hafrsfjord qui se déroula dans le fjord du même nom en juillet 812 et opposa plusieurs chefs vikings. La victoire de Harald Ier conduisit à l’unification de la Norvège. Le monument symbolise la mémoire des conflits passés, l’union et son importance pour préserver la paix. Source : Pixabay, Konstantins Jaunzems.

Division au sein de l’anglicanisme

23/10/2025

Division au sein de l’anglicanisme

L’anglicanisme se divise : huit anglicans sur dix rompent leurs relations avec Canterbury après l’élection de la première femme à la tête de l’Église.

 

 Dans la pratique, cela signifie que le GAFCON agira désormais comme le centre mondial de facto de l’orthodoxie anglicane. Il prévoit de former un nouveau Conseil des primats et d’élire un leader qui présidera le groupe, lequel servira de primus inter pares (premier parmi ses pairs) au sein de cette communion reconstituée.  

 

Le monde anglican a pris conscience d’une rupture historique lorsque la Conférence mondiale sur l’avenir anglican (GAFCON) a officiellement rompu ses liens avec Canterbury et l’Église d’Angleterre, déclarant qu’elle ne pouvait plus « rester en communion avec ceux qui ont abandonné la Parole infaillible de Dieu comme leur autorité ultime ».  

 

La déclaration, publiée le 16 octobre et signée par l’archevêque Laurent Mbanda du Rwanda, président du GAFCON et primat de l’Église anglicane du Rwanda, marque la fracture la plus décisive de l’anglicanisme depuis sa naissance au XVIᵉ siècle. Avec cette déclaration, les Églises membres du GAFCON, qui représentent environ 80 % des anglicans dans le monde, ont redessiné la carte de l’anglicanisme mondial.  

 

Au cœur du conflit se trouve la récente élection de Sarah Mullally par l’Église d’Angleterre comme première archevêque de Canterbury. Cette décision a été saluée à Londres comme une avancée historique vers l’inclusion, mais condamnée par de nombreux anglicans en Afrique, en Asie et en Amérique latine comme une capitulation face aux pressions culturelles séculières. «Ce choix abandonne les anglicans du monde entier, a déclaré Mbanda au début du mois, en nommant une dirigeante qui divisera encore davantage une communion déjà divisée. »  

 

Aujourd’hui, le GAFCON a mis sa menace à exécution. Son communiqué rejette non seulement l’archevêque de Canterbury en tant qu’« instrument de communion », mais renonce également à participer à toutes les structures anglicanes mondiales traditionnellement liées à cette fonction: la Conférence de Lambeth, le Conseil consultatif anglican et la Réunion des primats. «Ces organismes, affirme la déclaration, ont cessé de défendre la doctrine et la discipline de notre foi. »  

 

À la place, le GAFCON annonce une réorganisation audacieuse de l’identité anglicane : « Nous sommes désormais la Communion anglicane mondiale. »  

 

Fondé en 2008 à Jérusalem comme mouvement d’« anglicans confessants », le GAFCON est né en réponse à ce que ses membres percevaient comme une dérive morale et théologique de l’Église d’Angleterre et de l’Église épiscopale des États-Unis, en particulier sur les questions de sexualité, de genre et d’autorité biblique. Depuis ses débuts, le slogan du mouvement était le repentir : un appel aux dirigeants anglicans ayant embrassé la théologie révisionniste à revenir à l’autorité des Écritures. Cet appel, selon le GAFCON, est resté ignoré pendant près de deux décennies.  

 

Le manifeste du groupe, intitulé L’avenir est arrivé, réaffirme que le seul fondement authentique de la communion est « l’Écriture sainte : traduite, lue, prêchée, enseignée et à qui l’on obéit dans son sens simple et canonique, fidèle à la lecture historique et consensuelle de l’Église ». 

Division au sein de l’anglicanisme

 

Concrètement, cela signifie que le GAFCON agira désormais comme le centre mondial de facto de l’orthodoxie anglicane. Il prévoit de former un nouveau Conseil des primats et d’élire un leader qui présidera le groupe, lequel servira de primus inter pares au sein de cette communion reconstituée. La première réunion organisationnelle est prévue pour mars 2026 à Abuja, au Nigeria.

 

 La portée mondiale du GAFCON est impressionnante. Ses provinces membres s’étendent à travers toute l’Afrique, du Nigeria au Kenya et à l’Ouganda, en passant par le Soudan, le Rwanda et la République démocratique du Congo, et comprennent des Églises en pleine expansion en Asie, en Amérique latine et dans le Pacifique. Ensemble, elles représentent près de 49 millions d’anglicans. En Occident, il a également inspiré une constellation de congrégations et de réseaux dissidents, notamment aux États-Unis, en Europe et en Australie, formés par des anglicans qui rejettent les politiques progressistes sur le mariage, la sexualité et l’ordination.  

 

La division n’est pas seulement théologique, mais aussi ecclésiologique. Le GAFCON insiste sur le fait qu’il n’abandonne pas l’anglicanisme, mais qu’il le récupère, en restaurant ce qu’il appelle la « structure originale » de la communion : une communauté de provinces autonomes soumises non pas à la bureaucratie institutionnelle, mais aux formulaires de la Réforme — les Trente-neuf Articles, le Livre de prière commune et l’Ordinal. Dans cette vision, Canterbury n’est plus le centre spirituel de l’unité anglicane, mais simplement une province parmi d’autres.  

 

Pour l’Église d’Angleterre, cette rupture est un coup dur tant sur le plan symbolique que pratique. L’archevêque de Canterbury, historiquement reconnu comme primus inter pares parmi les primats anglicans, a toujours été une référence morale et spirituelle. Avec le retrait du GAFCON, ce centre moral se déplace vers le Sud — à Lagos, Kampala, Kigali et Nairobi — où l’anglicanisme reste dynamique et en pleine croissance.  

 

Les implications dépassent les frontières anglicanes. Cette décision souligne un réalignement plus large au sein du christianisme mondial, où la croissance démographique et l’autorité théologique migrent vers le Sud. Pour de nombreux observateurs, elle reflète des tensions visibles depuis longtemps dans d’autres traditions chrétiennes : la lutte pour trouver un équilibre entre l’adaptation culturelle et la fidélité doctrinale.  

 

Pendant ce temps, le Vatican observera attentivement la situation. En 2009, le pape Benoît XVI a créé les ordinariats personnels, des juridictions spéciales pour les anglicans souhaitant entrer en pleine communion avec l’Église catholique tout en conservant leur héritage liturgique. Cependant, ces ordinariats sont restés modestes — à peine 5 000 membres dans trois régions. La déclaration du GAFCON confirme que la majorité des anglicans conservateurs préfèrent réformer l’anglicanisme de l’intérieur plutôt que de traverser le Tibre.

 

Il n’est pas certain que l’affirmation du GAFCON selon laquelle il représente « la véritable Communion anglicane » soit reconnue par d’autres. Mais ses dirigeants sont convaincus que l’histoire — et les Écritures — sont de leur côté.  

 

« La restauration de notre communion bien-aimée est désormais entre nos mains », a déclaré Mgr Mbanda. « Nous existons, nous résistons et nous sommes prêts à diriger. »

 

Source : Agence ZENIT

 

LA MESSE TRÉSOR DE LA FOI, ÉPISODE 6 : L'ENCENSEMENT DE L'AUTEL ET L'INTROÏT

22/10/2025

LA MESSE TRÉSOR DE LA FOI, ÉPISODE 6 : L'ENCENSEMENT DE L'AUTEL ET L'INTROÏT

Comme pour chaque vidéo, vous pouvez trouver sur notre site un article plus détaillé, pour vous permettre d’approfondir les différents thèmes de notre épisode : https://claves.org/lencensement-de-la...

 

Dans cette vidéo, après les prières au bas de l’autel, nous poursuivons le déroulé de la messe en approfondissant l’origine et le sens des encensement de l’autel et de l’Introït, l’antienne qui accompagne la montée à l’autel du prêtre. Nous parlerons de la doxologie (le Gloria Patri) qui termine ce chant en exprimant la gloire du Dieu un et trine, d’une importance dogmatique et historique majeure, notamment face aux hérésies concernant la Sainte Trinité. 

 

 

Nous remercions :
Alexandre Manzaroli et Aurélien Fillola pour le conseil, le tournage et la réalisation de l’ensemble des vidéos de la série. 
Le monastère Notre-Dame de l’Annonciation (Le Barroux) pour la possibilité d’utiliser ses magnifiques mélodies grégoriennes. 
La chorale de la Basilique Notre-Dame de Fribourg pour ses enregistrements de grande qualité.

 

Bon visionnage et à très vite, pour une nouvelle vidéo de “La Messe, trésor de la foi”.

 

L'ex-patron de la DGSE alerte : 5 vérités chocs sur l'avenir de la France

21/10/2025

L'ex-patron de la DGSE alerte : 5 vérités chocs sur l'avenir de la France

Loin de rassurer ou de confirmer les craintes habituelles, son analyse, froide et méthodique, propose un diagnostic encore plus complexe, et peut-être plus inquiétant. Cet article distille les cinq points les plus surprenants et percutants de son intervention, qui bousculent les idées reçues sur l'avenir du pays.

 

1. Oubliez la "guerre civile", ce qui nous attend est une "confrontation interne"
Pour Pierre Brochand, le terme "guerre civile" est inadéquat pour décrire la situation. Il explique qu'une guerre civile, historiquement, oppose des factions "autochtones" pour le contrôle du pouvoir. Or, selon lui, le conflit qui se dessine en France est fondamentalement "importé".

Il soutient que la violence politique et sociale entre les citoyens "de souche" n'est plus une réalité. Pour ces derniers, les grands conflits idéologiques sont terminés, au sens où l'entendait le philosophe Francis Fukuyama : leurs différends se règlent désormais dans les urnes, sans basculer dans l'affrontement. Il préfère ainsi parler de "confrontation interne", une situation hybride où la géopolitique pèse autant que la politique, brouillant les lignes entre un conflit civil et une guerre étrangère, alimentée par la persistance des cultures d'origine à travers les générations.

Nos immigrés sont entrés avec de lourds bagages culturels, religieux, historiques, qu’ils n’ont pas abandonnés à la frontière.



2. Le vrai clivage : une France fracturée en quatre groupes distincts
L'analyse de Brochand met en lumière une société qui n'est plus unifiée, mais fragmentée en quatre blocs aux intérêts et aux perceptions radicalement différents. Cette division explique en grande partie l'incapacité du pays à formuler une réponse cohérente à la crise.


• "Ceux venus d’ailleurs" : Constituant 25 à 30% des résidents, ce groupe se décompose en trois strates. Une petite minorité (5-10%) est "assimilée". Une part plus importante (30-40%) est "intégrée", ce que Brochand qualifie de "CDD" : un respect de la loi en échange de l'emploi, mais chacun conserve sa culture. Le reste, soit la moitié, "flotte de la non-adhésion à la haine".


• "Ceux d'en haut" : Il s'agit d'une minorité vivant dans les métropoles, largement protégée des chocs culturels. C'est elle qui promeut et diffuse l'idéologie du "laissez passer, laissez tomber", considérant l'ouverture sans limites comme l'aboutissement de la civilisation.


• "Ceux d'en bas" : Formant la majorité silencieuse du pays (65-70%), ce groupe est directement et quotidiennement confronté aux conséquences de l'immigration de masse. Il exprime poliment son désaccord dans les urnes, mais son message n'est pas entendu par les élites.


• Les forces de l’ordre : Quatrième acteur, ce groupe détient le monopole de la violence légitime mais se trouve de plus en plus contraint. D'une part par des restrictions budgétaires qui le menacent de saturation, d'autre part et surtout par le cadre juridique de l'"État de droit", qui a supplanté l'ancien "État régalien" et limite sa capacité d'action.


Cette fragmentation profonde rend tout diagnostic commun et toute action concertée quasiment impossibles.



3. La démographie est l'accélérateur décisif hors de contrôle
Au cœur du raisonnement de Pierre Brochand se trouve un facteur qu'il juge implacable : la démographie. Il la qualifie d'"indicateur le plus fiable des temps futurs", car elle dessine une trajectoire lourde que les discours politiques ne peuvent masquer.

 

Le concept clé est celui du "chassé-croisé" démographique. Selon ses projections, ce mouvement, alimenté par une immigration de masse et des taux de natalité très différents, mènera inéluctablement à une "inversion de majorité, ethnique et religieuse" en France bien avant la fin du siècle. Ce changement n'est pas qu'une question de chiffres ; il entraîne une transformation qualitative de la société.


Brochand introduit ici la notion de "masse critique". Il explique qu'au-delà d'un certain seuil quantitatif, les mécanismes d'intégration, qui fonctionnaient pour des flux plus faibles et culturellement plus proches, cessent d'opérer. Dans les quartiers où ce seuil est dépassé, les caractéristiques des pays de départ (incivisme, intolérance, organisation clanique) se généralisent et remplacent la norme française. Pour lui, il est certain que ce "chamboulement annoncé par l'arithmétique ne peut se dérouler sans convulsions".


4. Notre calme apparent n'est qu'une illusion entretenue par des "sédatifs"
Si la confrontation n'a pas encore éclaté de manière généralisée, c'est parce que plusieurs "freins" maintiennent une paix sociale précaire. Brochand prévient cependant qu'il ne s'agit que d'"expédients temporaires visant à reculer pour mieux sauter".


• L'évitement : Le premier mécanisme est la ségrégation géographique. Chacun "vote avec ses pieds" pour éviter le contact : les "ceux d'en haut" se réfugient dans les centres-villes gentrifiés, les "ceux d'en bas" dans la France périphérique, et les "ceux d'ailleurs" se concentrent dans les banlieues.


• Les arrangements : À tous les niveaux, de l'État aux mairies, des "concessions unilatérales" sont faites pour acheter la paix sociale. Ces compromissions visent à calmer les tensions immédiates sans jamais traiter la racine du problème.


• La passivité des "natifs d'en bas" : Bien que majoritaires et mécontents, leur opposition s'exprime dans l'isoloir mais jamais dans la rue. Brochand identifie plusieurs "sédatifs" qui endorment leur capacité de réaction : la société de consommation, la manipulation par la peur (climat, épidémies) et la culpabilité (passé colonial), le divertissement de masse, et surtout le prix démesuré que l'individu accorde à sa propre vie biologique, le rendant incapable d'envisager le moindre risque physique.



5. L'État est volontairement impuissant face au chaos
Le point le plus contre-intuitif et peut-être le plus glaçant de l'analyse de Brochand concerne le rôle de l'État. Il soutient que l'État français n'est pas simplement dépassé, mais qu'il s'est volontairement rendu impuissant.


Le paradoxe central réside dans le passage d'un "État régalien", dont la mission était de défendre la nation et son peuple, à un "État de droit" moderne. Ce dernier, en se concentrant sur la protection absolue des droits fondamentaux de chaque individu — y compris, précise-t-il, les "étrangers et malfaisants" — a complètement désarmé la puissance publique. L'État ne peut plus défendre les droits collectifs du peuple français (sécurité, pérennité culturelle) car ils entreraient en conflit avec les droits individuels de ceux qui les menacent.


Sous la forme de l’État de droit, l’État régalien n’est plus que l’ombre de lui-même.


Cette situation mène à ce que Brochand nomme une "quadrature du cercle" : "une société qui se veut ouverte mais ne peut se perpétuer que fermée à ceux qui ne partagent pas sa xénophilie". Autrement dit, pour survivre, notre modèle devrait se protéger de ceux qui, profitant de son ouverture, refusent ses règles fondamentales. Mais le système juridique qu'il a lui-même mis en place le lui interdit.

Conclusion
Le tableau dressé par Pierre Brochand n'est pas celui d'une explosion soudaine, mais d'un processus quasi volcanique. Il décrit une dégradation lente et continue du tissu social, un magma de tensions souterraines qui s'accumulent et donnent lieu à des éruptions de violence de plus en plus fréquentes et intenses. Si rien ne change, la trajectoire semble inéluctable.


Sa mise en garde finale est sans appel. Si la France, par confort ou par aveuglement, persiste à céder au "biais de normalité" en croyant que les choses finiront par s'arranger d'elles-mêmes, alors "nous ne préparons pas à nos descendants des lendemains qui chantent".

 

Face à un diagnostic d'une telle sévérité, posé par un homme qui fut au cœur du pouvoir, une question demeure : comment continuer à ignorer les secousses qui annoncent le séisme ?

L’hommage inattendu du pape Léon XIV au cardinal Rafael Merry del Val

21/10/2025

L’hommage inattendu du pape Léon XIV au cardinal Rafael Merry del Val

Reprenant le fil rouge de ses « Litanies de l’humilité », bien connues, Léon XIV a dressé un portrait véritablement élogieux de ce grand homme d’Eglise qui a vécu « dans la fidélité à l’Evangile et la liberté d’esprit » (comprendre : la liberté par rapport au monde).

Son prédécesseur, François, avait lui aussi beaucoup parlé de l’humilité, cette vertu « qui sauve l’homme », en route vers le Ciel… Mais, exactement comme ce qu’a dit Roberto de Mattei de la pauvreté dans Dilexi te, cité ici par Jeanne Smits, « l’approche n’est pas la même ». Dans ce discours, Léon XIV semble faire sienne la conviction du cardinal Merry del Val : l’homme n’est vraiment humble qu’en tant qu’il sert d’outil à la Vérité. C’est en ce sens qu’il fut foncièrement anti-libéral. Si l’hommage du pape est, en soi, justifié, il détonne en des temps si troublés.

 

L’hommage à celui qui ne souffrit aucune « compromission »
A un cardinal qui l’interrogeait sur les raisons pour lesquelles il avait choisi un Secrétaire d’Etat aussi jeune (Rafael Merry del Val avait 38 ans), Pie X qui venait d’être élu répondit : « Je l’ai choisi parce qu’il est polyglotte : né en Angleterre, éduqué en Belgique, espagnol de nationalité, il a vécu en Italie ; fils de diplomate et diplomate lui-même, il connaît les problèmes de tous les pays. Il est très modeste, il est un saint. Il vient ici tous les matins et m’informe de toutes les questions du monde. Je ne dois jamais lui faire une observation. Et puis, il n’a pas de compromissions. »

Ces mots résument parfaitement la personne de Rafael Merry del Val, cet aristocrate né de père espagnol et de mère irlandaise, qui n’avait jamais aspiré à mener la vie qui fut la sienne au cœur même du Vatican, mais trouva « dans l’obéissance la perfection de sa vocation », comme l’a si bien dit Roberto de Mattei. L’œuvre d’apostolat dont il rêvait (il fut néanmoins très présent pour les jeunes du Trastevere) fut consacrée à l’Eglise et à la préservation de sa doctrine – sans « compromission » aucune.

Une autre manière de s’occuper de ces âmes pour lesquelles il voulait tout donner. Léon XIV rappela que le cardinal ne voulut voir qu’une seule inscription sur sa tombe, aujourd’hui dans la crypte de Saint-Pierre, à savoir sa devise épiscopale : Da mihi animas, cetera tolle, donne-moi les âmes, prends tout le reste. Les voies de Dieu ne sont pas toujours, et même pas souvent les nôtres.

 

« L’une des figures les plus marquantes de la diplomatie papale du XXe siècle » (Léon XIV)
Le parcours curial du cardinal Rafael Merry del Val fut des plus rapides. Ordonné prêtre à 23 ans, il est nommé camérier secret participant à 26 ans, puis délégué apostolique au Canada à 31 ans, archevêque à 34 ans, cardinal à 38 ans, enfin archiprêtre de la basilique Saint-Pierre à 48 ans et secrétaire du Saint-Office à 49 ans. « Sa jeunesse, cependant, ne constitua pas un obstacle, car l’histoire de l’Eglise enseigne que la véritable maturité ne dépend pas de l’âge, mais de l’identification à la mesure de la plénitude du Christ » rappela Léon XIV.

C’est lui qui fut chargé par le pape Léon XIII d’examiner la validité des ordres anglicans : la bulle papale Apostolicae curae de 1896 déclara, in fine, les ordinations anglicanes « absolument nulles et non avenues ». Lors de la crise de 1905, en France, il orienta et soutint la position de Giuseppe Sarto, devenu le pape Pie X, qui refusa tout net que les biens de l’Eglise soient gérés par des associations dites cultuelles : la France perdait d’un seul coup tout son patrimoine, mais recouvrait par là-même sa pleine liberté, son indépendance vis-à-vis du pouvoir et de la politique dans laquelle elle baignait depuis trop longtemps. Il s’investira également contre la laïcisation de l’enseignement sous la IIIe République et invitera l’épiscopat français à lutter pour une école libre, à savoir catholique.

Quant à la lutte contre le modernisme, il en fut un des fleurons, sans qu’il soit aisé de dissocier son œuvre de celle de saint Pie X dont il fut le fils et l’ami, comme il l’écrivit plus tard, durant onze années. Comme lui, il percevait la grave crise de la foi qui pouvait en résulter. Et en 1907, l’encyclique Pascendi Dominici gregis était publiée qui définissait le modernisme comme « la synthèse de toutes les hérésies », parce qu’elle dissolvait le dogme dans l’expérience personnelle : le fils préféré du libéralisme. Les prêtres Alfred Loisy et George Tyrrell, instigateurs du mouvement, furent excommuniés.

 

La vie du cardinal Merry de Val : « un trésor de témoignage chrétien » pour le pape
Intégralisme ? Autoritarisme ? Il apparaît qu’à ce combat difficile, le cardinal ait toujours lié une pratique profonde de la vertu d’humilité. Léon XIV cite ses Litanies que son auteur récitait chaque jour : « Du désir d’être estimé (…) Du désir d’être consulté (…) De la peur d’être humilié (…) Du désir d’être approuvé… délivre-moi, ô Jésus ! » « La véritable autorité ne repose ni sur les fonctions ni sur les titres, mais sur la liberté de servir, même loin des projecteurs », continue le pape. Or la liberté, c’est le Bien, c’est la Vérité. Pas d’humilité sans Vérité.

« La fécondité de la vie chrétienne ne dépend pas de l’approbation humaine, mais de la persévérance de ceux qui, unis au Christ comme le sarment à la vigne, portent du fruit en leur saison », nous dit le pape, soit de leur adéquation avec l’approbation divine, signifiée dans la doctrine et la Tradition qui nous ont été léguées. L’exemple du cardinal Merry del Val, a déclaré le pape Léon XIV, devrait inspirer ceux qui servent l’Eglise « à unir vérité et charité, prudence et audace, service et humilité, afin qu’en tout seul le Christ resplendisse ».

On est loin de « l’humilité sociale » défendue par le pape François, qui prônait au Brésil, en 2013, « la culture du dialogue » aussi bien entre personnes qu’entre grandes traditions religieuses. Elle ne doit pas devenir le prétexte d’un abaissement pour l’Eglise et son message. Mourir à soi-même et magnifier le Christ, à travers l’Eglise, ce sont les deux pendants d’un seul et même mouvement.

Le pape Léon XIV aurait-il perçu et voulu montrer cette précieuse nuance ? En posant ces mots, il réhabilite en tous les cas une figure largement décriée par les tenants du libéralisme qui a fait et fait encore des ravages dans l’Eglise. Son dossier de béatification, ouvert en 1953, une grosse décennie après sa mort, est évidemment resté lettre morte.

 

Clémentine Jallais dans RITV

Le Vatican clarifie la rumeur d'une « salle de prière » musulmane à la Bibliothèque Apostolique

20/10/2025

Le Vatican clarifie la rumeur d'une « salle de prière » musulmane à la Bibliothèque Apostolique

Le démenti du Saint-Siège

L'article du Figaro met les choses au clair en rapportant le démenti officiel du Vatican. La salle de presse a dû intervenir pour corriger ce qu'elle qualifie d'« interprétation erronée ». L'origine de la confusion ? Une interview accordée par le vice-préfet de la bibliothèque, le Père Giacomo Cardinali, au quotidien italien La Repubblica.

 

Ce qui a été dit vs. la réalité

Interrogé sur l'accueil de chercheurs d'autres religions, le Père Cardinali avait répondu : « évidemment, quelques chercheurs musulmans nous ont demandé une salle avec un tapis pour prier, et nous leur avons donné... »

C'est cette phrase qui a été interprétée comme la création d'une salle de culte dédiée et permanente. Or, le Vatican a précisé qu'il s'agissait du prêt occasionnel d'une petite pièce – qualifiée de « petit salon » – et non d'un « lieu de culte aménagé ou une salle de prière » permanente.

 

Cette information traitée sur le Figaro du 17 octobre par JM Guénois et G. Marion a suscité un grand nombre de commentaires qui révèlent une dichotomie entre :

1- Le démenti officiel du Vatican (la version formelle : un "petit salon prêté occasionnellement" et non une "salle de prière permanente aménagée").

2-L'interprétation des lecteurs (la version perçue comme jésuitique : la demande a été faite, elle a été accordée, donc une salle de prière a de facto été mise à disposition, peu importe le nom qu'on lui donne ou la fréquence d'utilisation). 

 

L'article du Figaro rapportait la position officielle. Les commentaires, eux, révèlent la perception d'un lectorat qui ne s'en laisse pas conter ! La lecture rapide des commentaires est souvent aussi instructive que l'article lui-même !

Mgr Benson, converti et prophète

20/10/2025

Mgr Benson, converti et prophète

Cependant, peu à peu, il fut mis en face de ses exigences doctrinales et finit par se convertir au catholicisme en 1903 avant d’être ordonné prêtre en 1904 à Rome.

Cette conversion fit évidemment beaucoup de vagues car il n’était pas neutre que le fils d’un primat anglican joignît ainsi l’Église romaine, ennemie héréditaire depuis le schisme d’Henry VIII. Il fut souvent comparé à John Henry Newman intégrant l’Église à la suite du mouvement d’Oxford. Prêtre catholique, il devint aumônier de l’université de Cambridge et poursuivit son œuvre littéraire tout en étant très apprécié comme prédicateur malgré un bégaiement et une voix frêle.

 

Contes, apologétique…

Son œuvre est importante et composite car il rédigea aussi bien des contes pour enfants que des histoires d’horreur, des pièces de théâtre, des ouvrages apologétiques, – dont le récit de sa conversion, Confessions d’un converti – et, bien sûr de nombreux romans et récits de « science-fiction ». Il serait préférable de regarder ces derniers comme des écrits apocalyptiques et des méditations sur la place de l’Antéchrist dans le monde contemporain car son souci est d’ordre spirituel. De tels ouvrages sont généralement incompris des autorités ecclésiastiques de tous les temps, mais les Anglais, anglicans ou catholiques, sont doués pour cette forme de littérature. Il suffit de penser à L’Antichrist de Newman encore anglican, mais aussi aux fresques grandioses de C. S. Lewis et de Tolkien. Dans ce domaine, les deux livres essentiels de Benson sont bien sûr  Le Maître de la terre (1907) et La Nouvelle aurore (1911).

 

Avènement de l’Antéchrist

Le premier est le plus célèbre, inaugurant les romans dystopiques, mettant en scène l’avènement de l’Antéchrist comme un dirigeant international charismatique réussissant à prêcher la paix et l’amour universels tout en soumettant tous les peuples tandis que des armes de destruction massive font leur apparition ainsi que les bombardiers décimant les populations civiles, que les voyages entre continents se réalisent en avion, les déplacements sur des autoroutes et que l’euthanasie s’impose comme monnaie courante et obligée. L’Église catholique devient la proie de persécutions externes et d’attaques internes, tandis que les dénominations anglicane et protestantes sombrent, emportées par la sécularisation et l’athéisme. Il fut très influencé par les écrits utopistes du socialiste Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon qui parle de la société française déchristianisée dans les décombres de la Révolution. Benson écrit dans une note introductive que son ouvrage est « une parabole, illustrant la crise religieuse qui, suivant toute vraisemblance, se produira dans un siècle, ou même plus tôt encore, si les lignes de nos controverses d’aujourd’hui se trouvent prolongées indéfiniment ; […] car celles-ci ne peuvent manquer d’aboutir à la formation de deux camps opposés, le camp du Catholicisme et le camp de l’Humanitarisme, et l’opposition de ces deux camps, à son tour, ne peut manquer de prendre la forme d’une lutte légale, avec menace d’effusion de sang pour le parti vaincu ». Un humanisme remplaçant de force toutes les religions pour procurer un bien-être sous contrôle politique, avec, comme pièce maîtresse, l’euthanasie, pinacle du progrès et de la compassion… N’y entrons-nous pas à petits pas ?


Le Maître de la terre, Robert-Hugh Benson, Pierre Téqui éditeur, septembre 2024, 384 pages, 9 €.

 

 

par le Père Jean-François Thomas s.j. dans France Catholique

LA MESSE TÉSOR DE LA FOI, ÉPISODE 5 : ENTRER DANS LA MESSE

18/10/2025

LA MESSE TÉSOR DE LA FOI, ÉPISODE 5 : ENTRER DANS LA MESSE

Avec cette vidéo, nous entrons enfin directement dans la messe. Nous évoquerons dans un premier temps la procession et le rite de l'aspersion qui introduisent la messe du dimanche, leurs origines et leurs sens. 

Nous dirons ensuite un mot sur les différents formats de messe (messe papale, messe pontificale, messe basse…), avant d’entrer dans le cœur du sujet de cette vidéo : les prières au bas de l’autel. Véritable développement du geste antique de prostration, le prêtre et les fidèles s’y humilient, en reconnaissant leur petitesse et en confessant leurs péchés, mais y laissent aussi éclater leur joie de se préparer à célébrer le sacrifice qui les unit à Dieu. Nous détaillerons les origines de ces prières et de ces gestes, afin de mieux comprendre leur signification spirituelle.

Pour aller plus loin, retrouvez notre article en lien avec cette vidéo sur notre site www.claves.org : https://claves.org/entrer-dans-la-mes...

 

Le CHRISTIANISME est-il une religion comme les autres ?

18/10/2025

Le CHRISTIANISME est-il une religion comme les autres ?

Ce spécialiste de l’Islam parle non seulement de la spécificité du christianisme et de sa radicale nouveauté mais aussi de ses différences avec les autres religions. Véritable « scoop », l’invité du Club des Hommes en noir montre la proximité entre islam et philosophie des Lumières !…

 

La « droite » et la « gauche » ont-elles leur place dans l’Église catholique ?

17/10/2025

La « droite » et la « gauche » ont-elles leur place dans l’Église catholique ?

Les divisions partisanes profondément ancrées aux États-Unis ont récemment pris une tournure violente. Les affiliations politiques révèlent des visions contradictoires de l'avenir du pays et, de plus en plus, de la vie humaine elle-même.

 

La liberté est-elle absolue et doit-elle progresser quelles qu'en soient les conséquences ? Ou existe-t-il des vérités et des biens fondamentaux qui doivent être préservés et respectés ?

 

Nous parlons souvent de la division fondamentale entre ces positions générales de droite et de gauche, de conservatrice et de libérale, comme étant uniquement politique, sans réaliser le lien catholique surprenant avec leur origine.

 

Il est courant d'entendre les catholiques s'opposer à l'utilisation d'étiquettes droite-gauche et conservatrices-libérales dans l'Église. Néanmoins, il est impossible de nier l'existence de factions qui se sont largement développées dans ce sens. Les factions ne sont pas nouvelles, bien sûr, comme l'a clairement expliqué saint Paul aux Corinthiens : « D'abord, lorsque vous vous réunissez en Église, j'apprends qu'il y a des divisions parmi vous ; et je le crois en partie, car il faut qu'il y ait des divisions parmi vous, afin que soient reconnus parmi vous les véritables » (1 Co 11, 18-19). Les controverses sur la doctrine, la liturgie et la morale tendent à diviser en deux factions principales, et les étiquettes conservatrices et libérales reflètent, de manière généralement précise, les positions de préservation ou d'innovation.

 

Les divisions contemporaines au sein de l'Église, bien que différentes des camps politiques, convergent souvent de manière surprenante. Cette réalité a récemment pris le devant de la scène lorsqu'une figure majeure du camp catholique progressiste, le cardinal Blaise Cupich, a suscité une vive controverse en cherchant à honorer un homme politique démocrate, le sénateur Dick Durbin, auteur d'un long historique de soutien à l'avortement. En revanche, les ecclésiastiques engagés dans la défense de la vie humaine, du mariage et de la liberté religieuse trouvent souvent des alliés au sein du Parti républicain. D'ailleurs, trois évêques américains siègent actuellement à la Commission sur la liberté religieuse du président Trump. Compte tenu des dynamiques internes et externes à l'Église, les distinctions « gauche-droite » ou « libéral-conservateur » ne doivent pas être écartées comme inapplicables ou hors de propos.

 

Les étiquettes politiques « droite » et « gauche » remontent à la Révolution française, notamment à l'Assemblée nationale, où les représentants se plaçaient à droite ou à gauche du président de l'Assemblée, selon qu'ils soutenaient les droits du roi (la droite), la position de la majorité des catholiques, ou l'abolition de la monarchie (la gauche) et, par conséquent, les droits de l'Église. Après la chute du roi, ceux qui étaient considérés comme de droite étaient favorables à une restauration de l'Ancien Régime, tandis que la gauche continuait de prôner une libéralisation accrue de la société selon des principes républicains ou démocratiques.

 

Cette division politique avait une énorme signification religieuse, car un camp avançait la notion française de laïcité (la suppression de tout rôle public de l'Église) et la légalisation du divorce, tandis que l'autre cherchait à restaurer l'union du trône et de l'autel.

 

Après la Révolution française, les papes ont soutenu la restauration des monarques catholiques et ont même sanctionné les prêtres qui prônaient la démocratie. Le concile Vatican II, cependant, a permis une réhabilitation des catholiques affichant des positions associées au libéralisme politique en favorisant une plus grande ouverture au monde moderne. Vatican II a largement enterré la traditionnelle division droite-gauche entre catholiques, qui avaient soutenu soit la restauration de la monarchie, soit la démocratie moderne (bien que le mot « démocratie » n'apparaisse pas dans ses documents).

 

Le clivage droite-gauche des dernières décennies se situe désormais principalement entre ceux qui soutiennent les valeurs traditionnelles de la démocratie moderne (la nouvelle droite) et ceux qui continuent à pousser la révolution contre toute forme d’autorité et de moralité traditionnelles (la nouvelle gauche).

 

Vatican II a cependant créé une nouvelle forme de clivage droite-gauche, assez liée à l'usage antérieur. D'un côté, on trouve le mouvement conservateur ou traditionaliste, qui met l'accent sur la continuité avec la tradition de l'Église antérieure au Concile, notamment en ce qui concerne la liturgie. De l'autre, les progressistes mettent l'accent sur l'ouverture à la culture moderne, façonnée par la démocratie moderne et son attachement à la liberté.

 

Le pape Benoît XVI avait sa propre manière de caractériser deux herméneutiques (interprétations) concurrentes de Vatican II, caractérisées d'une part par « la discontinuité et la rupture », qui « ont souvent bénéficié de la sympathie des médias, ainsi que d'un courant de la théologie moderne ». D'autre part, il identifie une « herméneutique de la réforme », caractérisée par « le renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Église que le Seigneur nous a donné » (Discours à la Curie romaine, 22 décembre 2005).

 

Ce clivage existe bel et bien et influence la manière dont beaucoup définissent leurs priorités au sein de l'Église. Souvent, ceux qui se consacrent à la préservation de la tradition théologique de l'Église cherchent également à défendre les valeurs fondamentales de la vie et de la famille. Ceux qui prônent la rupture en matière de doctrine et de morale privilégient souvent la justice sociale aux autres enjeux.

 

Les factions sont peut-être inévitables, voire nécessaires, comme l'a concédé Paul. Les catholiques doivent prendre position sur des questions urgentes : sociales, comme le vote, et spirituelles, comme la recherche d'une nouvelle paroisse. Nombre d'entre eux sont prêts à quitter leur paroisse territoriale pour des options plus traditionnelles ou contemporaines. À une époque de changement, où tout semble fluctuer, les catholiques sont confrontés à deux choix majeurs : camper sur leurs positions ou suivre le courant du changement.

 

 

Le Corps du Christ, cependant, ne peut être divisé dans son essence. Des factions peuvent exister en raison de la faiblesse humaine, bien qu'il n'y ait qu'« un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Éphésiens 4:5). Même si nous prenons position, travaillons avec des personnes partageant les mêmes idées et nous opposons au mal, nous devons le faire en tant que chrétiens qui transcendent les partis politiques. Plus qu'un appel à « s'entendre », nous avons besoin d'un engagement primordial envers le Christ qui transcende les divisions et les autres allégeances. Les Béatitudes offrent un chemin concret pour transcender les factions et s'élever au-dessus des querelles, aussi importantes soient-elles. Nous serons bénis si nous recherchons le Royaume avant tout, faisons la paix, restons doux et miséricordieux et souffrons pour la justice plutôt que de riposter ou de chercher vengeance.

 

R. Jared Staudt, PhD, est directeur du contenu d'Exodus 90 et enseignant pour la section laïque du séminaire Saint-Jean-Marie Vianney. Il est l'auteur de « Words Made Flesh: The Sacramental Mission of Catholic Education » (CUA Press, 2024), « How the Eucharist Can Save Civilization » (TAN), « Restoring Humanity: Essays on the Evangelization of Culture » ​​(Divine Providence Press) et « The Beer Option » (Angelico Press), ainsi que rédacteur en chef de « Renewing Catholic Schools: How to Regain a Catholic Vision in a Secular Age » (Catholic Education Press). Lui et son épouse Anne ont six enfants et il est oblat bénédictin.

«La France doit retrouver le chemin de l’unité» selon Louis de Bourbon

17/10/2025

«La France doit retrouver le chemin de l’unité» selon Louis de Bourbon

La Révolution, un «Récit Fondateur Macabre»
L'auteur commence par commémorer la «décapitation de [son] aïeule la Reine Marie-Antoinette» et dénonce, en faisant référence à la cérémonie d'ouverture des J.O., le fait que les assassinats du Roi et de la Reine servent encore de «moments fondateurs» et d'«actes paroxystiques pour un peuple soi-disant régénéré». Il pointe le paradoxe de vouloir «faire peuple [...] autour de cet acte : l’assassinat d’une mère, d’une femme, d’une personne d’origine étrangère» à notre époque.

Il critique également les gouvernants qui, tout en honorant des figures comme Robert Badinter, semblent «s’enorgueillir de la suppression de la peine de mort» et s'accrochent à une «culture de la mort (euthanasie, avortement), à des souvenirs de destruction» plutôt que d'évoquer «des figures inspirantes, des moments de grandeur ou des références communes qui ont fait la grandeur et la noblesse de notre pays».

 

Une Révolution Inachevée et Destructrice
Pour Louis de Bourbon, l'œuvre révolutionnaire est encore à l'œuvre. Il affirme avec force que «La Révolution n’est pas finie». Il y voit une volonté persistante de «détruire, veulent encore saccager, veulent encore purifier notre pays de ses racines», citant en exemple «la laïcisation du calendrier scolaire, les luttes récentes autour des croix, la destruction de notre patrimoine religieux». Ces actions, selon lui, visent à effacer «tout ce qui a fait l’unité des peuples de France».

 

Retrouver l'Unité par le «Beau et le Bon»
En conclusion, le prétendant propose de «briser ce cycle» de divisions et de destructions. Il exhorte les Français à «Retrouver le chemin de l’unité, retrouver la culture de ce qui fédère par le beau et le bon». L'objectif est de puiser dans l'histoire ce qui est «vivificateur, d’inspirant et de pacificateur» afin d'affronter sereinement l'avenir.

Il suggère qu'il est peut-être temps de «retrouver le chemin d’un régime source d’unité, en paix avec son passé, et solidement arrimé à l’histoire millénaire de la France» pour faire face aux «épreuves actuelles». En somme, sa tribune est un plaidoyer pour une réconciliation nationale qui passe par la réécriture du récit historique, en se détachant des figures et des événements révolutionnaires qu'il juge fondateurs de divisions.