Le blog du Temps de l'Immaculée.
21/05/2025
Le 17 mai 1925, Thérèse de l’Enfant-Jésus était canonisée par Pie XI. Cent ans plus tard, la « petite voie » qu’elle a tracée continue d’éclairer les âmes en quête de sainteté. L’extrait que nous présentons ici est l’un des plus célèbres et les plus bouleversants de son message spirituel. Il est tiré du manuscrit C, adressé à Mère Marie de Gonzague, et devenu accessible au monde entier grâce à la publication de l’Histoire d’une âme.
Ce texte capital n’aurait peut-être jamais été connu sans l’initiative audacieuse de Mère Agnès de Jésus, sœur aînée de Thérèse et figure influente du Carmel de Lisieux. Le 10 octobre 1898 (selon les actes du Procès de béatification), un an après la mort de Thérèse, Mère Agnès et Mère Marie de Gonzague prennent la décision de remplacer la traditionnelle circulaire nécrologique destinée aux carmels par un ouvrage exceptionnel de 476 pages. Ce texte, envoyé à toutes les communautés, contenait bien plus qu’un simple hommage : c’était un témoignage spirituel structuré, publié sous un titre appelé à devenir universellement célèbre : Histoire d’une âme.
Pour cette publication, Mère Agnès rassemble et édite les trois manuscrits spirituels confiés par Thérèse sous obéissance (désignés plus tard par les lettres A, B et C), auxquels elle ajoute quelques poésies, prières et lettres. Elle corrige les fautes d’orthographe, supprime certains passages, effectue des transitions et divise l’ensemble en chapitres afin d’en faire une œuvre cohérente, accessible et profondément marquante.
C’est dans ce travail que se trouve inséré le passage suivant, aujourd’hui mondialement connu :
« Vous le savez, ma Mère, j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé aux pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : Le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle.
Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection.
Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de La Sagesse éternelle : Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi. Alors je suis venue, devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel j’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : – Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. » [ Ms C 2 ]
20/05/2025
Ses prêches emportent l’adhésion de ceux qui l’écoutent, souvent des foules très nombreuses. Il parvient ainsi à ramener sincèrement à Dieu ses contemporains. En 1450, le pape Nicolas V le présente en modèle de sainteté à tous. Il est fêté le 20 mai.
Les raisons d'y croire
Quand une épidémie de peste frappe la ville de Sienne, dans les dernières années du XIVe siècle, Bernardin se consacre au service des malades, assumant la charge complète de l’hôpital siennois Santa Maria della Scala. Il n’a alors pas vingt ans et, bien que cet engagement héroïque affecte durablement sa santé, il se montre à la hauteur de la tâche. Cela fait alors plusieurs années que Bernardin est engagé dans la Confraternité de Notre-Dame, rattachée à l’hôpital.
Il entre chez les Franciscains, religieux mendiants, et prononce sa profession religieuse en 1403, par laquelle il s’engage à se donner à Dieu tout entier et pour toute sa vie, en suivant les conseils évangéliques de chasteté parfaite, de pauvreté et d’obéissance aux supérieurs légitimes.
Bernardin, issu d’une illustre famille siennoise, les Albizeschi, a auparavant distribué son patrimoine à tous ceux qui lui semblaient manquer du nécessaire. Le renoncement de Bernardin – son dépouillement personnel – est au bénéfice du prochain, qu’il comble par charité de ses propres biens.
Après son ordination sacerdotale, à vingt-cinq ans, Bernardin commence les prédications apostoliques, par lesquelles il accomplira tant de bien autour de lui et qui le rendront célèbre. Il prêche d’abord près du couvent. Puis, soutenu par ses frères en religion, qui ont perçu son talent et comprennent que ce dernier est appelé à être mis au service de Dieu, Bernardin prêche dans de nombreuses villes italiennes. C’est le début d’un périple apostolique dédié à la prédication populaire – art dans lequel Bernardin excelle par son parler simple, par l’emploi courant des images qui frappent les esprits et par son sens de l’humour.
Les premières années du XVe siècle sont celles de la première Renaissance, qui initia une déchéance de la piété et de la morale chrétiennes. La tentation de l’hédonisme a remplacé la méditation des grandes vérités de l’Évangile et les inspirations surnaturelles qui en sont le fruit. Aussi, la parole de Bernardin, qui prêche le plus souvent sur les places de marchés, où son audience atteint parfois les trente mille auditeurs, est-elle un apostolat de purification. Peu à peu, sous son influence, les mœurs turbulentes et luxurieuses des villes italiennes se rangent : ce sont les riformazioni di frate Bernardino. En vingt à trente ans, la société des cités italiennes se trouve heureusement régénérée.
Dans chaque ville, Bernardin est d’une telle efficacité que des bûchers de « vanités » accompagnent fréquemment la prédication du religieux : les auditeurs finissent par y jeter miroirs, parfums, perruques, jeux, bijoux, dés, qui étaient devenus des symboles d’une vie frivole et vaine.
Les succès de Bernardin comme prédicateur sont obtenus grâce aux dons de la nature, que tous constatent avec plaisir en l’écoutant, mais ce sont surtout des succès voulus par la grâce divine, c’est-à-dire avec l’aide puissante de Dieu, qui surélève les capacités naturelles de Bernardin afin d’y parvenir. Ces succès sont d’ailleurs confirmés publiquement par le pouvoir séculier lorsque, le 16 mai 1421, le duc de Milan Philippe Marie Visconti lui remet la chapelle ducale de Saint-Jacques de Pavie, puis l’église Sant’Angelo de Milan, qu’il donne toutes deux à la congrégation de l’Observance.
Prédicateur itinérant et mendiant, Bernardin semble prendre la relève de saint Vincent Ferrier, mort deux ans plus tôt, en 1419. De fait, il marche sur ses traces, sans toutefois s’éloigner de l’Italie centrale et du nord.
En 1411, quand Bernardin contracte la peste à Sienne, tous témoignent que c’est avec une fermeté sereine et avec une conscience claire de la pureté de sa vie qu’il affronte la situation et se prépare à la mort : c’est en s’appuyant sur la foi chrétienne, profonde et solide, qu’il a su rester fort et confiant. Les trois années de maladie sont pour lui l’occasion de faire silence en son âme, pour mieux chercher Dieu.
La paix est aussi un mot d’ordre pour saint Bernardin. Il suit en cela le modèle du Christ : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20,19 et 21). Guelfes et gibelins (c’est-à-dire partisans du pape et partisans de l’empereur du Saint-Empire romain germanique) s’opposent et les cités italiennes se déchirent : Bernardin engage les deux partis à décrocher les armoiries des factions des murs des églises et des palais, et à inscrire à la place les lettres IHS, qui forment le début imparfaitement décalqué, en grec, du nom Iesus. Ces lettres sont aussi l’acronyme de l’expression Iesus hominum Salvator (« Jésus Sauveur des hommes »). Bernardin porte lui-même ce monogramme quand il prêche pour inviter le peuple à vénérer le nom de l’homme-Dieu venu sauver les hommes.
Quand Bernardin meurt à L’Aquila, en 1444, les notables de la ville refusent que la dépouille soit ramenée à Sienne. Ils organisent des funérailles splendides, puis l’ensevelissent dans l’église des conventuels. Tous prient alors le saint et les miracles se multiplient. Dans sa Vita sancti Bernardini, saint Jean de Capistran, son premier biographe et contemporain, parle d’une « forêt de miracles » : entre ceux réalisés de son vivant et ceux à titre posthume, l’auteur lui attribue plus de deux mille cinq cents guérisons miraculeuses de 1424 à 1455.
Auteur : Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.
19/05/2025
Qui est-il exactement ? Quels sont les défis auxquels il va être confronté ? Pourra-t-il restaurer l’unité et la paix dans l’Église ?
Ce sont ces questions, et bien d’autres, que les membres du Club des Hommes en noir réunis autour de Philippe Maxence abordent dans cette nouvelle émission, avec la participation des abbés Hervé Benoît, Marc Guelfucci, Grégoire Célier et Jeanne Smits, notre laïque de l’étape.
Nous vous remercions de regarder et de suivre le Club des Hommes en noir. Comme vous le savez, le Club des Hommes en noir est un espace de libres propos et il a besoin de votre soutien pour continuer à donner la parole à d’autres sons de cloches, d’autres analyses, d’autres perceptions que l’unanimisme qui règne même jusque dans l’Église.
Cette quête de vérité ne peut se faire sans vous.
19/05/2025
Données et tendances récentes
Facteurs explicatifs
Le phénomène est désormais bien documenté : les églises catholiques britanniques connaissent depuis 2024 une affluence en hausse, portée par les jeunes générations et de nouveaux convertis, dans un contexte de quête de sens, de renouveau spirituel et d’influence numérique.
Les invisibles mais réelles conversions des musulmans très nombreux en grande Bretagne ne sont pas pris en compte dans cette étude.
Sources : Cath.ch, Zenit, FSSPX news et La Croix
18/05/2025
Puis l’abbé Michel Viot, prêtre du diocèse de Blois, revient sur la discussion parlementaire en cours sur l’euthanasie, suggérant que l’Eglise interdise les funérailles chrétiennes pour les promoteurs de cette loi et ceux qui pratiqueront l’euthanasie et invitant les évêques à parler avec le courage de Mgr von Galen qui s’était opposé à l’Aktion T4 dans l’Allemagne nazie.
17/05/2025
Et il les a gratifiés ainsi d’un des premiers grands discours de son pontificat, dont on peut tirer plusieurs leçons. La plus importante, la plus remarquable est sa profondeur spirituelle. On perçoit une grande présence des mots proprement catholiques. Le Christ au centre et le salut comme horizon…
« Combien il est important de redécouvrir, même dans l’Occident chrétien, le sens de la primauté de Dieu, la valeur de la mystagogie, de l’intercession incessante, de la pénitence, du jeûne, des larmes pour ses propres péchés et pour ceux de toute l’humanité (penthos), si typiques des spiritualités orientales ! », a dit Léon XIV aux religieux de tout rang et aux simples catholiques de rite oriental qu’il recevait en audience. Pleurer ses péchés, prier pour ceux du monde pour obtenir le pardon…
Pleurer ses péchés et ceux du monde
Le mot grec « penthos » fait référence à la doctrine de la componction, cette profonde conscience du péché qui envahit le chrétien lorsqu’il comprend que ses propres péchés le coupent de la plénitude de la présence divine. C’est le don des larmes, dont on emprunta le nom à la divinité grecque Πενθος qui personnifiait le chagrin et le deuil. C’est la sagesse de ceux qui savent que Dieu aime tous les hommes, et veut leur bien, mais que le péché commis exige repentir et réparation, tels que les incarnaient sainte Marie-Madeleine une fois relevée par le Christ.
« Vos spiritualités, anciennes et toujours nouvelles, sont un remède. Le sens dramatique de la misère humaine s’y confond avec l’émerveillement devant la miséricorde divine, de sorte que nos bassesses ne provoquent pas le désespoir mais invitent à accueillir la grâce d’être des créatures guéries, divinisées et élevées aux hauteurs célestes. Nous devons louer et remercier sans cesse le Seigneur pour cela », poursuivait le pape.
Le discours de Léon XIV aux catholiques Orient rappelle notre vocation de « divinisés »
« Divinisées » ! Le texte de l’offertoire de la messe latine traditionnelle le rappelle aussi : « Donnez-nous, par le mystère de cette eau et de ce vin, d’avoir part à la divinité de celui qui a daigné partager notre humanité. » Saint Thomas d’Aquin (après bien d’autres, en Orient comme en Occident) l’a dit à sa façon : « La grâce n’est pas autre chose qu’une certaine ressemblance de la nature divine reçue en participation. » L’homme ne l’atteint pas par soi-même, au titre de son humanité, par l’immanentisme du divin. La divinisation, il la reçoit par la grâce – celle du baptême d’abord, qui fait habiter la Sainte Trinité dans l’âme, puis par la miséricorde offerte au pécheur qui reconnaît et pleure ses fautes et demande l’absolution. Une miséricorde que l’Eglise demande d’ailleurs par le sacrifice de la messe, « pour notre salut et celui du monde entier ».
Dans un discours qui rappelle les divers martyres auxquels ont été et sont toujours soumis les chrétientés d’Orient, le pape a également souligné : « C’est un don à demander que de voir la certitude de Pâques dans chaque épreuve de la vie et de ne pas perdre courage en se rappelant, comme l’écrivait un autre Père oriental, que “le plus grand péché est de ne pas croire aux énergies de la Résurrection” (Saint Isaac De Ninive, Sermons ascétiques, I, 5). »
Cette citation est significative d’un nouveau style. Le discours du pape se révèlent ponctués de nombreuses références aux Pères de l’Eglise comme aux papes ; dans celui-ci, c’est Léon XIII qui a fourni les longues références à travers sa Lettre apostolique Orientalium dignitas de 1894.
Là aussi se trouvait une leçon dont on espère qu’elle sera significative du pontificat qui commence : celle de l’importance de la liturgie. Ce fut un plaidoyer pour les liturgies orientales traditionnelles, dont certaines « utilisent encore la langue du Seigneur Jésus ».
Léon XIV souligne le trésor liturgique des catholiques d’Orient
« Le Pape Léon XIII lança un appel émouvant afin que “la légitime diversité de la liturgie et de la discipline orientales […] redonne […] une grande dignité et une grande valeur à l’Eglise” (Lett. ap. Orientalium dignitas). Sa préoccupation d’alors est très actuelle, car aujourd’hui, beaucoup de nos frères et sœurs orientaux, dont plusieurs d’entre vous, contraints de fuir leur terre d’origine à cause de la guerre et des persécutions, de l’instabilité et de la pauvreté, risquent, en arrivant en Occident, de perdre, outre leur patrie, leur identité religieuse. »
Voilà des paroles qui résonnent parmi les catholiques qui ont la conviction qu’ils perdraient leur identité religieuse en perdant la liturgie latine traditionnelle. Leur espoir aimerait se renforcer en écoutant la suite :
« Il y a plus d’un siècle, Léon XIII remarquait que “la conservation des rites orientaux est plus importante qu’on ne le croit” et, à cette fin, il prescrivait même que “tout missionnaire latin, du clergé séculier ou régulier, qui, par ses conseils ou son aide, attirait un Oriental vers le rite latin” serait “destitué et exclu de sa charge” (ibid.). Nous accueillons l’appel à préserver et à promouvoir l’Orient chrétien, en particulier dans la diaspora, où il y est nécessaire de sensibiliser les Latins ; en plus de la création, lorsque cela est possible et opportun, de circonscriptions orientales. En ce sens, je demande au Dicastère pour les Eglises Orientales, que je remercie pour son travail, de m’aider à définir des principes, des normes, des lignes directrices grâce auxquels les Pasteurs latins pourront concrètement soutenir les catholiques orientaux de la diaspora afin de préserver leurs traditions vivantes et d’enrichir par leur spécificité le contexte dans lequel ils vivent. »
M’est avis qu’il sera bientôt temps d’adresser au saint-père une supplique pour qu’il nous rende la messe !
On retiendra en particulier sa conclusion : « Et merci, merci à vous, chers frères et sœurs d’Orient, où est né Jésus, Soleil de justice, d’être “lumières du monde” (cf. Mt 5, 14). Continuez à briller par la foi, l’espérance et la charité, et par rien d’autre. Que vos Eglises soient un exemple, et que les Pasteurs promeuvent avec droiture la communion, surtout dans les Synodes des Evêques, afin qu’ils soient des lieux de collégialité et d’authentique coresponsabilité. Veillez à la transparence dans la gestion des biens, témoignez d’un dévouement humble et total au saint peuple de Dieu, sans attachement aux honneurs, aux pouvoirs du monde et à votre propre image. » Parce qu’il faut d’abord se tourner vers ce « Soleil de justice ».
On pourra dire que sans doute, le pape dispose de collaborateurs et que les mots ne sont peut-être pas exactement de lui. C’est possible. Cela voudrait dire à tout le moins que ses collaborateurs sont à la hauteur ; et forcément, ils travaillent selon ses indications. Ce n’est sans doute pas un hasard si on découvre une élégance dans l’expression, quelque peu oubliée ces derniers temps. Et des mots solennels : Léon XIV ne demande pas simplement à son auditoire de prier pour lui, mais préfère clore son allocution avec ces mots : « Je vous bénis de tout cœur, en vous demandant de prier pour l’Eglise et d’élever vos puissantes prières d’intercession pour mon ministère. »
Léon XIV, ou la possibilité du bien.
Jeanne Smits sur RITV
17/05/2025
A partir son apparition du 13 juillet 1917 à Fatima, puis lors d'une autre manifestation le 10 décembre 1925 à Pontevedra, la Vierge Marie a recommandé la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois en proposant, pendant au moins 5 premiers samedis de suite, de se confesser (le jour même ou dans la semaine qui suit), de recevoir la sainte eucharistie, de prier le chapelet, et de lui tenir compagnie pendant 15 minutes, en prière avec elle en esprit de réparation, en méditant les mystères du Rosaire. La prière de cette "lettre à Marie" qui a été conçue tout à fait dans cet esprit, peut aider à se recueillir ainsi avec la Vierge Marie.
"Ô Marie, ma Mère,
Comme je comprends les douleurs de ton Cœur, et ta profonde solitude devant les agissements des hommes !
Souvent, l’on rend grâce pour ta présence et ton aide mais il y a tant de souffrances en ton Cœur Marie.
Sans cesse tu intercède pour nous ; bien des grâces sont obtenues par tes prières et une fois la grâce obtenue nous t’oublions.
Tu es une mère avec un cœur rempli de tendresse et ta royauté n’enlève rien n’a ta sensibilité.
Qui pense à essuyer tes larmes ?
Qui pense à consoler ton cœur ?
Tu as reçu toutes les grâces, mais aussi celle de t’offrir aux côtés de ton Fils.
Qui embrasse ton cœur pour en effacer les brûlures ?
Sans cesse, entre nous les humains et les beautés du Royaume, tu essaies de toucher nos cœurs fermés et endurcis. Tu combats pour nous, et nous demandons toujours plus.
Qui se soucie de tes demandes ?
Marie, aujourd’hui je te prie pour que l’ingratitude soit chassée de tous les cœurs, et que nous apprenions à découvrir combien Dieu nous aime. À travers toi, à travers Jésus, à travers sa création et tous les saints du Ciel, mais aussi à travers tous les êtres placés sur notre route.
Marie, apprend-moi à consoler ton Coeur immaculé. À me soucier de ce que tu attends de chacun de nous. À compatir par mes larmes versées à toutes celles que tu verses pour nous. Et à offrir chaque souffrance pour apaiser les tiennes.
Amen !"
Source : Marie de Nazareth
17/05/2025
La béatification de Camille Costa de Beauregard, prêtre et fondateur de l’Orphelinat du Bocage, aura lieu à 15h, en présence du nonce apostolique en France, Mgr Celestino Migliore, qui présidera la célébration au nom du nouveau pape Léon XIV.Initialement prévue avant la mort du pape François, la cérémonie avait été suspendue à la suite de son décès le 21 avril dernier. Le nouveau souverain pontife, Robert Francis Prevost, élu Léon XIV le 8 mai après deux jours de conclave, a tenu à confirmer l’acte par l’un de ses premiers gestes de gouvernement spirituel. À 69 ans, le pape a ainsi validé la béatification du prêtre français, en digne héritier de Léon XIII, le « pape des ouvriers ».
Né le 17 février 1841 à Chambéry, capitale du Royaume de Sardaigne, Camille Costa de Beauregard grandit dans une famille noble et croyante. Son père, le marquis Pantaléon, est parlementaire à Turin, et sa mère, Marthe de Veyrac, transmet à ses neuf enfants une foi vive nourrie par l’expérience de la perte. Son frère Charles-Albert deviendra historien et écrivain reconnu.
Après une jeunesse marquée par la maladie et la recherche spirituelle, Camille entre en 1863 au Séminaire français de Rome. Il est ordonné prêtre à Saint-Jean-de-Latran le 26 mai 1866. Refusant une carrière diplomatique promise par l’Académie des Nobles Ecclésiastiques, il rentre en Savoie et devient vicaire à la cathédrale de Chambéry.
En 1867, une épidémie de choléra frappe durement la ville. Camille ouvre sa maison pour accueillir les enfants devenus orphelins. Grâce au soutien du comte Ernest de Boigne, il fonde en 1868 l’Orphelinat du Bocage, qui comptera rapidement plus d’une centaine de pensionnaires.Camille ne se contente pas d’abriter les enfants : il fonde un véritable modèle éducatif, enraciné dans la foi et le travail. Il s’entoure des Frères des Écoles chrétiennes, puis des Salésiens de Don Bosco, et refuse à deux reprises l’épiscopat. Il construit une chapelle, agrandit les bâtiments, et forme des générations d’orphelins à l’horticulture, à la prière et à la vie fraternelle.
L’un des premiers pensionnaires, Victor Berthollier, deviendra chef de culture et bras droit du fondateur. Camille meurt le 25 mars 1910, après avoir consacré sa vie entière à l’enfance abandonnée.
Aujourd’hui, l’œuvre fondée par Camille perdure grâce à la Fondation du Bocage, confiée en 1954 aux Salésiens de Don Bosco. La fondation accueille environ 200 élèves au lycée agricole Costa de Beauregard, et soutient près de 200 jeunes dans le cadre de la protection de l’enfance. Elle œuvre aussi dans l’insertion sociale, la formation professionnelle et l’accompagnement éducatif.
La béatification de Camille Costa de Beauregard repose sur un miracle attribué à son intercession. En 2015, un jeune garçon gravement blessé à l’œil est guéri après que son œil ait été essuyé avec un mouchoir lui ayant appartenu. Ce geste, fait par une infirmière, a entraîné une guérison inexpliquée, alors que le pronostic médical était sans espoir.
Le procès de béatification avait été ouvert en 1926, relancé en 1961, et les vertus héroïques de Camille ont été reconnues par Jean-Paul II en 1991. Le 14 mars 2024, le pape François signe le décret reconnaissant ce miracle. Léon XIV, en confirmant la cérémonie, a ainsi permis qu’elle ait lieu aujourd’hui.
« Camille est un exemple d’humilité et de charité active, un éducateur selon le cœur du Christ », déclare Mgr Thibault Verny, qui concélébrera la messe cet après-midi. « Il n’a pas seulement accueilli des orphelins : il leur a donné une famille, un avenir et la foi. »
La messe de béatification débutera à 15h à la cathédrale de Chambéry, retransmise en direct sur les réseaux du diocèse. Un documentaire sur sa vie sera également prochainement diffusé.
16/05/2025
16/05/2025
Ordonné prêtre à cinquante ans, il évangélise les agnostiques qu’il côtoie dans son quartier populaire, mais soutient aussi les milieux intellectuels catholiques. Revenu en Roumanie et accusé d’espionnage pour le compte du Vatican en 1948, il est maltraité en prison, où il meurt d’épuisement en 1954.
Les raisons d'y croire
Auteur : Docteur en philosophie, Vincent-Marie Thomas est prêtre.
15/05/2025
Avec des mots clairs et directs, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun, SDB [ndt: Salésiens de Don Bosco – Société de Saint François de Sales] a pris la parole lors des congrégations générales préparatoires au Conclave, dans la nouvelle salle du synode, pour dresser une analyse sévère mais lucide de la direction prise par le processus synodal sous le pontificat du pape François.
Dans un discours qui a frappé par sa franchise et sa profondeur, le cardinal a rappelé la nécessité de regarder le passé pour s’orienter dans l’avenir, sans céder à la tentation de se conformer à « l’esprit du monde ».
« Sans s’arrêter aux cas (incompréhensiblement tolérés) du cardinal McCarrick, du prêtre Rupnik et de certains ecclésiastiques reconnus coupables par la justice séculière, on ne peut que constater une tentative malavisée de se conformer à l’esprit du monde au lieu de le combattre vigoureusement. C’est une accusation très grave, mais la réalité semble s’imposer en examinant le sort récent des Synodes d’évêques, notamment dans l’histoire pas encore conclue du Synode sur la synodalité. »
Zen a commencé son discours en rappelant la valeur authentique et traditionnelle des Synodes – ou des Conciles, comme il l’a précisé – instruments avec lesquels l’Esprit Saint a toujours garanti la continuité de la Tradition sacrée dans l’Église.
Se référant au motu proprio « Apostolica sollecitudo » de saint Paul VI, le cardinal a reconnu l’intention originelle de maintenir une certaine continuité avec le Concile Vatican II, en exerçant la collégialité épiscopale comme un soutien autorisé au Pontife romain. Il a également rappelé les fruits de cette époque : Evangelii nuntiandi, Catechesi Tradendae, Sacramentum caritatis, Verbum Domini.
Cependant, a-t-il poursuivi, l’approche a radicalement changé avec le pape François. Avec la constitution apostolique Episcopalis communio, « quatre fois plus longue » que le document de Paul VI, le pontife a abrogé la législation précédente, transformant de manière significative la composition, les objectifs et les procédures du Synode. « Mais le dernier Synode est allé au-delà d’Episcopalis communio elle-même », a souligné le cardinal.
Le cardinal Zen s’est concentré en particulier sur les nouveaux objectifs du Synode, soulignant que l’accent était passé de la sauvegarde de la foi et de la discipline ecclésiastique à la simple « évangélisation du monde d’aujourd’hui », comme le stipule la nouvelle constitution.
Il a cité le canon 342 du code de droit canonique, qui définit le synode comme un lieu de conseil et de soutien au pape, dans la fidélité à la doctrine et aux coutumes de l’Église. Mais aujourd’hui, a-t-il dénoncé, il y a seulement une insistance sur le « changement ».
« Dans les synodes dirigés par le pape François, la volonté a été de changer, changer, changer. On l’a vu avec celui sur la famille (communion aux divorcés remariés), avec celui sur les jeunes (où la confusion a été encouragée), avec le synode amazonien (viri probati et attaque contre le célibat des prêtres). Et maintenant avec celui sur la synodalité : morale sexuelle, LGBTQ, structure du pouvoir, diaconat des femmes, autonomie doctrinale des conférences épiscopales, Eglise synodale… ».
Le cardinal a également critiqué les procédures adoptées, en particulier la « conversation dans l’Esprit », la décrivant comme une méthode jésuitique canadienne plus utile pour calmer les esprits que pour favoriser un véritable discernement.
« Attendre les surprises de l’Esprit ? L’Esprit va-t-il venir vous dire qu’il s’est trompé pendant vingt siècles et vous dire maintenant la vérité ? »
Puis, évoquant l’état actuel du Synode sur la synodalité, il note que, bien qu’il ait commencé en 2021 et semble s’être achevé, il se poursuit en réalité, sans que l’on sache clairement qui a rédigé le document final et comment les changements proposés ont été évalués.
« Cependant, il a été accepté par le Pape et présenté comme faisant partie de son magistère. L’ordre est de l’étudier et de commencer à le mettre en pratique sous une forme expérimentale. Les résultats seront évalués par le Pape lors des visites ad limina. Cette procédure risque de nous rapprocher de la pratique anglicane. Sera-t-il possible de revenir en arrière après des années d’expérimentation ? Comment l’unité de l’Eglise catholique sera-t-elle sauvegardée ? »
Enfin, un avertissement direct aux cardinaux électeurs du prochain conclave :
« Les électeurs du futur pape doivent être conscients qu’il aura la responsabilité soit de permettre la poursuite du processus synodal, soit de l’interrompre de manière décisive. Il en va de la vie ou de la mort de l’Église fondée par Jésus ».
Le cardinal Zen, évêque émérite de Hong Kong, a ainsi exprimé une préoccupation profonde partagée par de nombreux membres du Collège des cardinaux : la synodalité, si elle est détachée de la Tradition et de la fidélité au dépôt de la foi, pourrait devenir un instrument de désintégration au lieu de communion. Ses paroles, pleines d’amour pour l’Église et de sens des responsabilités, resteront certainement un point fixe dans le débat qui précédera le prochain conclave.
silerenonpossum.com/it/versoilconclave-cardinalezenintervento/
Traduit par Benoit et Moi
15/05/2025
Chiffres clés et tendances récentes
Facteurs aggravants et conséquences
Groupes les plus touchés
Pour conclure, la santé mentale des jeunes en France s’est nettement dégradée depuis la fin des années 2010, avec une accélération depuis la crise du Covid-19. Cette augmentation touche particulièrement les troubles anxieux, dépressifs et suicidaires, notamment chez les adolescentes et les jeunes adultes. L’accès aux soins reste un défi majeur, alors que la demande ne cesse de croître.
François Charbonnier
Sources : Ameli, Santé Publique France, Fondation FondaMental
14/05/2025
Les principales mesures annoncées
Renforcement de tous les types de visas : Les conditions pour obtenir un visa de travail, de regroupement familial ou d’études seront rendues plus strictes. Le gouvernement souhaite mieux contrôler et limiter l’accès à ces visas.
Obtention du statut de résident permanent : La durée de présence nécessaire pour demander la résidence permanente passe de 5 à 10 ans, sauf pour certains profils jugés essentiels à l’économie (infirmières, médecins, ingénieurs, spécialistes IA).
Exigences linguistiques accrues : Tous les adultes dépendants d’un titulaire de visa devront désormais prouver un niveau d’anglais suffisant, ce qui vise à réduire le nombre de visas familiaux et à favoriser l’intégration.
Restrictions sectorielles : Certains secteurs, comme les maisons de soins, qui dépendent fortement de la main-d’œuvre étrangère, verront leurs possibilités de recrutement international limitées.
Visas restreints pour certaines nationalités : Des restrictions spécifiques sont prévues pour les ressortissants de pays comme le Pakistan, le Nigeria ou le Sri Lanka, qui déposent de nombreuses demandes d’asile.
Réduction de la durée de séjour post-études : Les étudiants étrangers pourront rester moins longtemps au Royaume-Uni après la fin de leurs études.
Expulsions facilitées : Le gouvernement veut accélérer les procédures d’expulsion pour les étrangers condamnés pour des crimes.
Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de « reprendre le contrôle des frontières » et de répondre à la montée des préoccupations électorales sur l’immigration, notamment après la progression du parti anti-immigration Reform UK lors des élections locales. L’immigration nette a atteint 728 000 personnes entre juin 2023 et juin 2024, un niveau jugé trop élevé par l’exécutif, qui promet une baisse significative d’ici les prochaines élections législatives.
Le Royaume-Uni ne ferme donc pas totalement ses portes à l’immigration, mais il met en place un système beaucoup plus sélectif, strict et contrôlé, avec des critères durcis pour tous les types de visas et une volonté affichée de réduire fortement l’immigration nette dans les années à venir.
14/05/2025
Cet article de Famille Chrétienne décrit une manifestation en France contre le projet de loi sur la fin de vie, organisée par Alliance Vita. Des centaines de personnes se sont rassemblées, à Paris et dans une cinquantaine d'autres villes, pour dénoncer l'euthanasie et le suicide assisté.
Les participants ont mis en scène un "hôpital de fortune" pour critiquer les insuffisances du système de santé et des soins palliatifs, arguant que la priorité devrait être de améliorer les soins plutôt que de légaliser l'aide à mourir.
Des témoignages de manifestants soulignent leurs inquiétudes concernant la dignité humaine, les inégalités potentielles et l'impact sur les personnes vulnérables. Bien que la mobilisation de masse soit incertaine, les organisateurs insistent sur l'importance de la diversité des voix dans le débat et appellent à une action résolue contre le projet de loi.
13/05/2025
Riche en ressources naturelles, ce vaste pays d’Afrique centrale est ravagé depuis des décennies par une violence endémique et une instabilité chronique, particulièrement dans sa région orientale.
Une terre de richesses ensanglantée par les conflits
La RDC, affaiblie et gangrenée par la corruption, se montre incapable de protéger sa population. Plus de 200 groupes armés opèrent aujourd’hui sur le territoire. Parmi eux, deux factions se démarquent par leur violence et leur influence : les ADF (Allied Democratic Forces), affiliés à l’État islamique, et le M23 (Mouvement du 23 mars), soutenu par le Rwanda.
Les origines du conflit sont complexes et profondément enracinées. Héritées des guerres régionales des années 1990, elles mêlent luttes pour le contrôle des ressources, rivalités ethniques et tensions géopolitiques avec les pays voisins. Les conséquences du génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda en 1994 se ressentent encore aujourd’hui.
Une crise humanitaire et religieuse majeure
Les exactions commises par ces groupes armés ont causé depuis janvier 2025, la mort d’au moins 7.000 personnes, le déplacement de 700.000 personnes, et des violences sexuelles d’une ampleur dramatique (un enfant en est victime toutes les 30 minutes).
Loin d’être uniquement politique ou ethnique, cette violence revêt aussi une dimension religieuse. Les chrétiens sont spécifiquement ciblés. En février 2025, les ADF ont décapité 70 chrétiens dans une église protestante de Kasenga (Nord-Kivu). Un massacre atroce dont l’ECLJ s’est saisi pour alerter les institutions internationales.
Cette réalité a été reconnue officiellement par le Parlement européen dans une résolution adoptée le 3 avril 2025 (2025/2612(RSP)), qui demande la mise en place de sanctions ciblées pour défendre la liberté de religion et la sécurité. Comme le rappelle à juste titre le docteur Mukwege : « Le silence est l’arme des bourreaux. » L’Union européenne ne peut plus se contenter d’observer. L’heure est à l’action.
L’action de l’ECLJ sur le terrain et dans les institutions internationales
Face à cette urgence, le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) a pris des mesures concrètes. Nous avons invité Camille et Esther Ntoto, fondateurs de l’ONG congolaise Un Jour Nouveau, à venir témoigner en Europe. Basés à Goma, en plein cœur de la zone de conflit, ils œuvrent à briser le cycle de la violence, de la pauvreté et des inégalités par l’éducation, le développement économique et l’émancipation des femmes.
Leur témoignage et les données collectées sur le terrain ont permis à l’ECLJ de rédiger une contribution officielle à destination de la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les personnes déplacées internes, en amont de sa mission en RDC prévue du 19 au 30 mai 2025.
Notre rapport dresse un constat alarmant : près de 7,3 millions de personnes déplacées à l’intérieur de la RDC, des persécutions religieuses documentées, dont des massacres de chrétiens par les ADF, et une explosion des violences sexuelles (en janvier et en février 2025, l’Unicef dit en avoir enregistré plus de 10 000 cas). Une impunité généralisée règne dans le pays. L’ECLJ a également formulé des recommandations concrètes pour renforcer l’aide humanitaire locale et faciliter les enquêtes internationales sur le terrain.
Poursuivre le plaidoyer en Europe pour les chrétiens congolais
Après une première mission de sensibilisation aux États-Unis, les époux Ntoto poursuivent leur mobilisation sur le continent européen. Du 14 au 16 mai 2025, l’ECLJ sera à Bruxelles pour rencontrer des responsables politiques, notamment des eurodéputés membres de l’intergroupe « Liberté de religion », ainsi que des membres de la sous-commission des droits de l’homme, mais aussi des officiels du Service européen pour l'action extérieure (le service diplomatique de l'UE).
L’objectif est clair : faire entendre la voix des victimes congolaises et transformer la récente résolution du Parlement européen en actions concrètes et durables.
Seigneur, prions pour le peuple congolais. Tu vois les larmes des mères, les cris des enfants, la détresse des familles déplacées. Viens consoler ceux qui pleurent, protéger ceux qui fuient, relever ceux qui tombent. Mets fin à la violence, aux massacres et aux viols. Désarme les bourreaux, fortifie les artisans de paix. Ouvre le cœur des dirigeants politiques. Et que ton Église se lève, ferme et douce, pour être signe d’espérance au cœur du chaos.
13/05/2025
La première apparition du pape Léon XIV au balcon de Saint-Pierre, après la proclamation de l’Habemus papam, nous a d’abord convaincu d’une chose, presque surprenante : nous avons un pape ! Le cardinal Robert Prevost s’est coulé dans la fonction – une fonction restaurée – avec une gravité empreinte de bienveillance, habillé comme un pape, parlant comme un pape, et ouvrant son discours par ces mots qui renvoient immédiatement au Christ : « La paix soit avec vous. » Notre Seigneur n’a-t-il pas envoyé ses disciples en mission en leur enjoignant de dire, dans quelque maison qu’ils visitent : « La paix soit sur cette maison » ? Et ce sont les premiers mots que Jésus a prononcés – comme l’a aussitôt rappelé Léon XIV – lui, le Bon Pasteur après sa résurrection.
Léon XIV a aussi rappelé que « l’humanité a besoin de Lui comme le pont qui lui permet d’être atteinte par Dieu et par son amour ». Lui, le Christ, le Dieu fait homme, est en effet en tant qu’homme « l’unique médiateur » entre Dieu et l’humanité. Il n’y en a pas d’autre. Il n’y a pas d’autre religion qui puisse ainsi relier l’homme à Dieu.
Léon XIV marque de nombreuses ruptures avec le pontificat précédent
Du cardinal Robert Prevost on a dit beaucoup de choses. Il était classé plutôt parmi les bergogliens, apprécié des progressistes, présenté comme préoccupé par le réchauffement climatique ou le sort des migrants. Sur ce dernier point, on peut noter en effet qu’en tant que missionnaire au Pérou envoyé par son ordre des Augustins, puis évêque de Chiclayo dans le même pays, il y a été confronté très directement. Entre 2016 et 2023, le Pérou a connu l’afflux de plus d’un million et demi de réfugiés depuis le Venezuela. Des réfugiés de culture chrétienne et catholique, des gens acculés au départ par la misère chaviste, ce communisme à la mode sud-américaine. Robert Prevost a surtout œuvré à ce qu’ils puissent vivre du fruit de leur travail, et non des subventions publiques, et c’est aussi un point important.
Est-il le pape de la « synodalité » ? Le mot a fait surface pendant sa première allocution. Mais n’oublions pas que ce mot offre l’avantage de n’avoir jamais été vraiment défini, même pendant les deux synodes qui l’ont promu. Le tout nouveau pape l’a situé dans un registre précis (après avoir déclaré à la suite de saint Augustin : « Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque ») : « Nous pouvons marcher tous ensemble vers la patrie que Dieu nous a préparée. » Cette idée de chemin vers l’éternité, véritable but de l’existence, commence déjà à être un leitmotiv des interventions du nouveau souverain pontife.
Comme ses prédécesseurs – y compris, contrairement à une fausse information qui circule, Jean-Paul II, Benoît XVI et François – Léon XIV a donné en latin la bénédiction Urbi et Orbi assortie de l’indulgence plénière. Il la prononça avec assurance et recueillement, avec une solennité qu’on avait oubliée depuis Benoît XVI, et surtout en inclinant la tête en prononçant le saint Nom de Jésus. C’est un signe qui s’ajoute à d’autres signes : la vêture, la promptitude à bénir, le retour dans les appartements pontificaux… Le matériel renvoie ici et souligne de diverses manières la tournure spirituelle que le nouveau pape a déjà donnée au pontificat.
Léon XIV, un pape qui apparaît comme pape
Cette tournure, il l’a aussi donnée en paroles, apparaissant comme un homme de Dieu, un homme de foi. Le pape François aimait à parler du Dieu des surprises, celle de son successeur, élu par un conclave à 80 % composé de cardinaux qu’il avait lui-même créés et qu’on supposait à son image, n’est pas des moindres. Le casse-tête était de taille. Le cardinal Parolin partait favori, mais sans pouvoir compter sur quelque soutien des plus « conservateurs », et moins souhaité par la « gauche » qu’un Tagle. On ne pouvait guère rêver l’élection d’un Sarah ou d’un Burke. Mais il se chuchote sérieusement à Rome que ce dernier est considéré depuis le 8 mai comme étant au nombre des « faiseurs de Pape » – avec en l’occurrence le cardinal de New York Timothy Dolan. Le fait est que dans la modération de son apparence et de sa prise de parole, le cardinal Prevost – jadis élu à la tête de son ordre des Pères Augustins en 20 minutes, du jamais vu – semble capable de confirmer l’adhésion qui lui a été donnée, et de rétablir l’ordre après les années de confusion et d’arbitraire qui ont marqué le pontificat du pape François. La confusion introduite dans le « magistère ordinaire » surtout : la langue de Léon XIV est précise, directe ; il est vrai qu’il a une réputation de bonne doctrine.
Et cela est plus important aujourd’hui que ses éventuels penchants politiques. Ils sont secondaires, vue la focalisation « Christo-centrée » des prises de parole de Léon XIV à ce jour, car le monde a d’abord besoin du Christ et de son royaume. Tout le reste sera donné par surcroît.
L’homélie donnée par le nouveau pape lors de sa première messe célébrée en la chapelle Sixtine le vendredi matin, 9 mai, a sonné à cet égard comme une rupture totalement inattendue vis-à-vis du discours naturaliste largement installé dans l’Eglise, qui regarde le monde avec tout l’optimisme de Vatican II et ne perçoit plus guère le caractère totalement indispensable du sacrifice rédempteur de Notre Seigneur pour refaire le lien entre l’homme et Dieu. L’homme des francs-maçons fait son propre salut ; l’homme abîmé par la faute originelle a besoin de la grâce.
Léon XIV ne sème pas la confusion du naturalisme
Voici ce qu’en a dit Léon XIV lors de cette première homélie :
« Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, c’est-à-dire l’unique Sauveur et le révélateur du visage du Père.
« En Lui, Dieu, pour se faire proche et accessible aux hommes, s’est révélé à nous dans les yeux confiants d’un enfant, dans l’esprit éveillé d’un adolescent, dans les traits mûrs d’un homme (cf. Conc. Vat. II, Const. Past. Gaudium et spes, n. 22), jusqu’à apparaître aux siens, après sa résurrection, dans son corps glorieux. Il nous a ainsi montré un modèle d’humanité sainte que nous pouvons tous imiter, avec la promesse d’une destinée éternelle qui dépasse toutes nos limites et toutes nos capacités. »
D’ailleurs ce monde, Léon XIV l’a alors présenté comme plongé dans la « nuit ». L’Eglise, dont il se veut le « fidèle administrateur au profit de tout le Corps mystique » (encore une expression un peu oubliée, remplacée par « le peuple de Dieu » depuis bien des années), il la voit comme « la ville placée sur la montagne, l’arche du salut qui navigue sur les flots de l’histoire, phare qui éclaire la nuit du monde ». Il prêche Jésus le Christ Sauveur, mettant en garde contre la tentation du monde qui soit s’en moque, soit le réduit à « une sorte de leader charismatique ou de super homme, et cela non seulement chez les non-croyants, mais aussi chez nombre de baptisés qui finissent ainsi par vivre, à ce niveau, dans un athéisme de fait ». Toute cette homélie est à lire, couronnée à la fin par une référence au martyre de saint Ignace d’Antioche, par la citation de ce dernier : « Alors je serai vraiment disciple de Jésus-Christ, quand le monde ne verra plus mon corps. » Ignace faisait référence au fait qu’il allait être dévoré par les bêtes. Le pape Léon XIV ajoute : « Ses paroles renvoient de manière plus générale à un engagement inconditionnel pour quiconque exerce un ministère d’autorité dans l’Eglise : disparaître pour que le Christ demeure, se faire petit pour qu’Il soit connu et glorifié (cf. Jn 3, 30), se dépenser jusqu’au bout pour que personne ne manque l’occasion de Le connaître et de L’aimer. »
Robert Prevost invitait les confirmands au martyre
Tel est le sens de la mission. Et ces paroles ne sont pas neuves dans la bouche du nouveau pape. On trouve sur Internet une vidéo de l’homélie qu’il prononça lors d’une cérémonie de confirmation en espagnol, devant tout un parterre de jeunes très sérieux où il leur parle de la persécution qu’ils auront peut-être à endurer. « Non pas, probablement », la persécution sanglante, mais une de ces autres formes très nombreuses de persécution qui vont de la moquerie à l’accusation : « Les catholiques sont tous des corrompus… pourquoi perdre ton temps à croire en Dieu quand tu pourrais avoir une vie confortable, tranquille, avec beaucoup de plaisirs, en allant où tu veux et en faisant ce que tu veux ? » Il leur rappelle qu’ils sont prêts à vivre en proclamant leur foi, prêts à vivre et à mourir joyeusement dans leur vocation chrétienne. « Tous, dès le baptême, nous avons une vocation, dans la vie chrétienne, à être fidèles, à vouloir suivre Jésus-Christ, à vouloir parvenir à la vie éternelle », disait-il.
Ailleurs, on voit celui qui était encore évêque de Chiclayo prendre congé de son diocèse pour aller Rome, où le pape François venait de l’appeler à rejoindre le Dicastère pour les évêques. Il expliquait à ses confrères, au lendemain des 10 ans du pontificat, qu’il avait rencontré à plusieurs reprises Jorge Mario Bergoglio alors que celui-ci était encore archevêque de Buenos Aires et qu’il était lui-même général des Augustins :
« Quand il a été élu, j’ai dit à quelques frères : “Bien, c’est très bien, et grâce à Dieu je ne serai jamais évêque.” Je ne vais pas vous raconter la raison, mais disons que toutes les rencontres avec le cardinal Bergoglio n’ont pas été des moments de grand accord entre nous. »
La rupture de Léon XIV par rapport à François : pas tout à fait une nouveauté
Par la suite, le P. Prévost raconte avoir invité François à assister au chapitre général des Augustins à Rome, ce qu’il fit à la surprise générale en présidant la messe à Saint-Augustin (où le P. Prévost a confié se rendre chaque fois qu’il allait à Rome pour se recueillir sur la tombe de sainte Monique). Le pape lui dit, à la fin de la cérémonie, de se « reposer maintenant ». Quelques mois plus tard, il était nommé évêque de Chiclayo… Où il aurait bien aimé rester. « Mais on doit obéir à tous les âges de la vie », concluait-il.
Bergoglien ? Pas complètement donc, et en tout cas il ne s’est pas senti obligé de se montrer fidèle au style pontifical de François, ni en actes ni en paroles… De telle sorte que ce lundi, après avoir reçu les représentants de la presse internationale qui l’ont reçu avec une ovation debout, souriante, applaudissant à tout rompre, il ne s’est pas contenté de leur dire : « Que Dieu vous bénisse. » Non, il leur a adressé une bénédiction pontificale, en latin.
Au Regina caeli de dimanche midi, le pape Léon avait déjà surpris en chantant l’hymne solennellement, en entraînant la foule à la chanter avec lui. Pour les fidèles de la liturgie traditionnelle, c’est une première indication, sans être une promesse de « paix liturgique ».
Il a expliqué le choix de son nom de pape dans son discours à la Curie, samedi matin :
« Il y a plusieurs raisons, mais principalement parce que le Pape Léon XIII, avec l’encyclique historique Rerum novarum, a abordé la question sociale dans le contexte de la première grande révolution industrielle ; et aujourd’hui l’Eglise offre à tous son héritage de doctrine sociale pour répondre à une autre révolution industrielle et aux développements de l’intelligence artificielle, qui posent de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail. »
Léon XIV : les rerum novarum d’aujourd’hui concernent l’IA
Voilà un pape qui parle de l’intelligence artificielle et de la menace qu’elle représente. Il a ainsi pointé d’emblée l’une des principales questions de notre temps.
Le nouveau pape a placé son pontificat sous la protection de la Vierge Marie, en invoquant tout spécialement la Madone de Pompéi que l’on fête le 8 mai, jour de son élection ; c’est Notre Dame du Rosaire, à laquelle un avocat anticlérical et ancien prêtre sataniste, converti par une apparition de la Vierge, érigea le sanctuaire qui l’honore en ce lieu. Le décret de canonisation du bienheureux Bartolo Longo, « l’apôtre du Rosaire » (comme Léon XIII dont il était proche, était appelé « pape du Rosaire ») a été signé en février dernier par le pape François…
Léon XIV a voulu dès samedi après-midi se rendre à la basilique des Pères Augustins à Genazzano, à une cinquantaine de kilomètres de Rome, pour y prier Notre Dame du Bon Conseil qui y est honorée. Son blason pontifical porte le lys blanc de la Vierge Immaculée. Ce sont des signes, là aussi. Des signes d’espérance. Il nous reste à prier pour ce père… retrouvé.