Le blog du Temps de l'Immaculée.

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Rome sous le signe de la Tradition : la FSSPX mobilise des milliers de pèlerins pour le Jubilé

22/08/2025

Rome sous le signe de la Tradition :  la FSSPX mobilise des milliers de pèlerins pour le Jubilé

Un pèlerinage impressionnant
Selon divers articles de presse dont Tribune Chrétienne et Aleteia, 7 200 pèlerins de la FSSPX, venus de 44 pays, ont convergé vers la Ville éternelle. Accompagnés de près de 680 prêtres et religieux, ils ont défilé en procession, prié dans plusieurs basiliques et participé à une messe solennelle à la basilique Saint-Pierre. Ce rassemblement a triplé en taille par rapport au dernier Jubilé de l'an 2000, ce qui démontre une vitalité et une capacité de mobilisation impressionnantes.

 

Des relations toujours complexes avec Rome
Le pèlerinage, conduit par l'abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la FSSPX, a souligné la relation délicate qui existe entre la Fraternité et le Vatican. Comme vous le savez, fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, la FSSPX s'est retrouvée en rupture avec Rome suite aux ordinations épiscopales de 1988, qui ont entraîné l'excommunication de ses évêques. Bien que le pape Benoît XVI ait levé ces sanctions et que le pape François ait reconnu la validité des confessions et mariages de la Fraternité, cette dernière n'est toujours pas officiellement réintégrée à l'Église. Le fait que les pèlerins de la FSSPX n'aient pas marché derrière la croix jubilaire à Saint-Pierre et que la mention de leur pèlerinage ait été retirée du site officiel du Jubilé italien en sont des signes clairs.

 

Un signe pour l'avenir
Au-delà des questions de reconnaissance canonique, ce pèlerinage est une déclaration de force. La FSSPX, qui ne compte plus que deux évêques en activité, se trouve à un moment crucial de son histoire, confrontée à la nécessité de nouvelles consécrations. Le rassemblement de milliers de fidèles attachés à la messe traditionnelle est donc un message adressé à Rome : la Fraternité est une réalité vivante, sa voix est influente, et elle reste fidèle à ce qu'elle considère être la tradition de l'Église. 

 

En définitive, ce pèlerinage n'est pas seulement un événement spirituel, c'est un acte politique qui met en lumière les tensions et les espoirs qui animent les relations entre le Vatican et les défenseurs de la tradition en matière liturgique mais aussi et surtout doctrinale. Il restera sans doute l'un des moments les plus mémorables et les plus symboliques du Jubilé 2025.

Prions pour l'Eglise ! Ave Maria !

22 août – Fête du Cœur Immaculé de la bienheureuse Vierge Marie

22/08/2025

22 août – Fête du Cœur Immaculé de la bienheureuse Vierge Marie

Lecture du livre de l'Écclésiastique
Si 24,23-31


Comme la vigne j’ai poussé des fleurs d’une agréable odeur, et mes fleurs donnent des fruits de gloire et d’abondance. Je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la science et de la sainte espérance. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité ; en moi est toute l’espérance de la vie et de la vertu. Venez à moi, vous tous qui me désirez, et rassasiez-vous de mes fruits ; car mon esprit est plus doux que le miel, et mon héritage plus suave que le rayon de miel. Ma mémoire passera dans la suite des siècles. Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif. Celui qui m’écoute ne sera pas confondu, et ceux qui agissent par moi ne pécheront point. Ceux qui me mettent en lumière auront la vie éternelle.

 

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Le culte liturgique, par lequel on rend un juste honneur au Cœur Immaculé de la Vierge Marie, et auquel de nombreux saints et saintes ont préparé la voie, fut approuvé tout d’abord par le Siège Apostolique au début du dix-neuvième siècle, lorsque le Pape Pie VII institua la fête du Cœur Très Pur de la Vierge Marie, pour être pieusement et saintement célébrée par tous les diocèses et les familles religieuses qui en avaient fait la demande ; fête que bientôt le Pape Pie IX enrichit d’un office et d’une messe propres. Ce culte ardent et souhaité, né au dix-neuvième siècle, et grandissant de jour en jour, fut accueilli avec bienveillance par le Souverain Pontife Pie XII, qui voulut l’étendre à l’Église entière, en donnant à cette fête une plus grande solennité.

 

L’an 1942, tandis qu’une guerre très cruelle accablait presque toute la terre, ce pape, plein de pitié pour les épreuves infinies des populations, en raison de sa piété et de sa confiance envers la Mère céleste, confia ardemment le genre humain tout entier, par une prière solennelle, à ce Cœur très doux ; et il établit la célébration universelle et perpétuelle d’une fête avec Office et Messe propres en l’honneur de ce Cœur Immaculé (1944).

St Thomas d'Aquin : de l'intérêt de visiter les tombes de nos anciens

21/08/2025

St Thomas d'Aquin : de l'intérêt de visiter les tombes de nos anciens

Ce podcast dont l'auteur est inconnu explore en profondeur la perspective de Saint Thomas d'Aquin sur la signification des visites aux tombes, en s'appuyant sur ses enseignements tirés notamment de la "Somme Théologique". Il met en lumière la richesse de la compréhension catholique de la mort, de l'au-delà et du lien indéfectible entre les vivants et les morts.

 

L'auteur commence par poser une question existentielle commune : Si l'âme quitte le corps au moment de la mort, pourquoi continuons-nous à visiter les tombes de nos défunts ? Cette interrogation, qui a "troublé même les plus grands théologiens", est abordée par Saint Thomas d'Aquin, "ce géant de la pensée chrétienne". Sa réponse, décrite comme "aussi profonde que lumineuse, aussi complexe que consolante", vise à "transformer à jamais votre compréhension de la mort, de l'au-delà et du lien sacré qui unit les vivants et les morts."

 

Pour comprendre Saint Thomas, il est crucial de saisir sa distinction entre le corps et l'âme. Contrairement à une vision qui séparerait radicalement ces deux entités, la tradition catholique, telle qu'articulée par Thomas d'Aquin, enseigne que "l'être humain n'est pas simplement un corps qui possède une âme, ni une âme emprisonnée dans un corps. Nous sommes l'union sacrée des deux, une union voulue par Dieu dès notre création." La séparation de l'âme et du corps au moment de la mort n'est pas l'état naturel voulu par Dieu, mais une conséquence du péché originel. Le plan divin prévoit la réunion de l'âme et du corps lors de la résurrection finale, comme le proclame le Credo : "Je crois à la résurrection de la chair".

 

La pratique de visiter les tombes s'éclaire à la lumière de cette doctrine. En se recueillant devant la sépulture, on honore "non pas un simple réceptacle abandonné, mais une partie essentielle de la personne que nous avons aimé." Ce corps, "aujourd'hui en repos, est destiné à la gloire de la résurrection." L'attachement au corps des défunts n'est pas une faiblesse, mais "une intuition profondément chrétienne ancrée dans notre foi en l'incarnation du Christ et en la résurrection de la chair." L'exemple des femmes fidèles allant embaumer le corps de Jésus au matin de Pâques est cité comme preuve de la justesse de cet amour et respect du corps. Dieu a récompensé celles qui ont "montré leur amour à travers le soin du corps."

 

Saint Thomas d'Aquin approfondit cette compréhension en abordant la doctrine de la Communion des Saints. Cette doctrine "fondamentale de notre foi" enseigne que "tous les croyants, ceux qui sont encore sur terre, ceux qui sont purifiés au purgatoire et ceux qui jouissent déjà de la vision béatifique au paradis forment une seule église, un seul corps mystique du Christ." Cette communion "transcende les barrières du temps et de l'espace" et "dépasse même la frontière entre la vie et la mort."

 

La visite des tombes est une manifestation concrète de cette communion : "Nous affirmons que la mort n'a pas rompu le lien qui nous unit à nos proches décédés." De plus, nos prières et actes de dévotion pour les défunts peuvent "véritablement les aider dans leur cheminement vers Dieu", notamment en "alléger leur souffrance au purgatoire et hâter leur entrée dans la gloire céleste." L'auteur insiste sur l'efficacité spirituelle réelle de ces actes, contrastant avec une vision moderne qui verrait la mort comme une fin définitive et les rituels comme de simples traditions culturelles.

 


Il existe plusieurs raisons complémentaires pour lesquelles la visite des tombes est une pratique significative :


Honorer la mémoire des défunts : C'est un "acte de charité chrétienne" qui reconnaît la "valeur unique de chaque vie humaine créée à l'image et à la ressemblance de Dieu."


Nourrir l'espérance en la résurrection : Les tombes sont des "signes d'espérance", rappelant que "la mort n'a pas le dernier mot", à l'instar du tombeau vide du Christ.

 

Cultiver les vertus chrétiennes : Ces visites invitent à "l'humilité" face à notre mortalité, à la "charité" en priant pour les défunts, et fortifient la foi et l'espérance.


Résister au matérialisme et à l'hédonisme : Les cimetières rappellent la "vanité" des quêtes matérielles et aident à orienter la vie vers "l'amour de Dieu et du prochain, la croissance dans les vertus, la préparation à notre propre rencontre avec le Seigneur."


Participer à l'œuvre de rédemption du Christ : Par nos prières, nous collaborons à la "libération des âmes du purgatoire", s'inscrivant dans le "grand mystère de la rédemption opérée par le Christ."



Saint Thomas d'Aquin adopte une approche nuancée concernant les apparitions ou phénomènes spirituels dans les cimetières. Il reconnaît la "possibilité que Dieu permette dans certaines circonstances exceptionnelles qu'une âme défunte se manifeste au vivant" pour des raisons précises (avertir, demander des prières, témoigner de la miséricorde divine). Ces manifestations, si authentiques, "ne contredisent pas la doctrine catholique sur l'au-delà" mais illustrent la communion des saints. Cependant, Thomas invite à la "prudence et au discernement", rappelant que l'ennemi peut aussi tromper.


L'enseignement de Thomas d'Aquin promeut une "compréhension profondément incarnée de notre foi." Contrairement aux spiritualités qui dévalorisent le corps, le christianisme "honore l'unité de la personne humaine, corps et âme." Dieu s'est fait chair en Jésus, qui a pleuré devant la tombe de Lazare et est ressuscité avec un corps glorieux. Notre rapport aux tombes reflète cette "piété pleinement humaine qui honore le corps comme temple de l'Esprit Saint et comme destiné à la résurrection." Les rituels funéraires et la bénédiction des sépultures ne sont pas de simples "concessions à la faiblesse humaine" mais l'expression d'une "théologie profonde de l'incarnation et de la résurrection."

De plus, Thomas reconnaît que certains lieux peuvent acquérir une "signification spirituelle particulière." Une tombe est un "lieu sanctifié par les prières de l'Église," un "lieu témoin de la douleur et de l'amour des proches," et peut être comparée à un "mini pèlerinage."

 


La vision thomiste va au-delà des visites occasionnelles et invite à "intégrer la mémoire de nos morts dans notre vie quotidienne de prière et de foi." Ils sont considérés comme "des compagnons invisibles dans notre cheminement vers Dieu." Il est mentionné la pratique de garder des photos de défunts ou de faire célébrer des messes. La messe est particulièrement soulignée comme "l'aide la plus puissante que nous puissions leur apporter." Saint Thomas écrit : "une seule messe offerte pour un défunt a plus de valeur que toutes les autres prières et bonnes œuvres."

 


En somme, Saint Thomas d'Aquin certifie une "richesse et une profondeur extraordinaire" à la question de la visite des tombes. Cette pratique n'est pas une "erreur théologique" ou une "concession à la faiblesse humaine", mais un "acte profondément chrétien qui relie le ciel et la terre." Elle incarne l'honneur de l'unité corps-âme, la foi en la résurrection de la chair, la manifestation concrète de la communion des saints et la collaboration à l'œuvre rédemptrice du Christ.

Cette compréhension transforme le deuil en une "expérience du deuil et notre relation au défunt" où la mort n'est plus un "mur infranchissable" mais un "voile temporaire" à travers lequel la communion persiste. Les tombes deviennent "des signes d'espérance," et les prières des "actes efficaces de charité chrétienne." Le podcast conclut en invitant le public à laisser cet enseignement "transformer votre expérience de ce moment sacré" et à partager cette "vérité oubliée" pour consoler ceux qui souffrent d'une vision appauvrie de la mort.

 

 

 

Les Routiers Scouts d'Europe à Vézelay sur les pas de St Bernard de Clairvaux (1090-1153)

20/08/2025

Les Routiers Scouts d'Europe à Vézelay sur les pas de St Bernard de Clairvaux (1090-1153)

Entré à l’abbaye de Cîteaux, Bernard reçut en 1115 la mission de fonder un nouveau monastère à Clairvaux, dont il demeura abbé jusqu’à sa mort. Infatigable fondateur, sa santé fragile ne l’empêcha pas de parcourir l’Europe, chevauchant sa mule pour prêcher, conseiller, écrire et soutenir la réforme de l’Église. À sa mort, pas moins de 343 abbayes cisterciennes s’étaient développées sous son impulsion.Bernard ne fut pas un moine enfermé dans son cloître. Sa vaste correspondance avec des princes, des clercs et des jeunes en quête de conseil témoigne d’une âme tournée à la fois vers la contemplation et vers l’action. Il intervint dans les grands débats ecclésiaux de son temps, s’opposant à l’hérésie cathare, défendant les juifs contre la montée de l’antisémitisme, et appelant à la fidélité à la règle bénédictine face aux excès perçus dans l’ordre de Cluny. Sa prédication de la deuxième croisade, à Vézelay, illustre aussi son rôle d’arbitre moral et spirituel pour l’Europe chrétienne.

 

Le pape Benoît XVI a rappelé en 2009 combien saint Bernard fut un théologien contemplatif plus qu’un spéculatif. Sa théologie, centrée sur le Christ et Marie, insistait sur l’expérience personnelle de l’amour de Dieu. Pour lui, la connaissance de Dieu n’était pas un exercice purement intellectuel mais une rencontre vivante avec le Christ. Il montra aussi la place unique de la Vierge Marie dans l’économie du salut, insistant sur sa participation au sacrifice de son Fils.Saint Bernard reste un guide intemporel. Sa vie rappelle que la vraie réforme de l’Église ne vient pas des calculs politiques mais de la sainteté et de la fidélité à l’Évangile. Sa parole, toujours actuelle, met en garde contre la tentation de réduire la foi à une idéologie ou à une pure spéculation rationnelle. Pour lui, seule une foi vivante, nourrie de prière et de contemplation, pouvait conduire à la véritable sagesse, celle des saints.

 

Saint Bernard mourut en 1153, épuisé par le service de l’Église et des âmes, laissant un héritage spirituel immense. Canonisé en 1174 et proclamé docteur de l’Église en 1830, il demeure pour l’histoire « la conscience de l’Église de son temps » et un phare pour les générations chrétiennes.

 

Source : Nominis

 

 

Les Routiers Scouts d'Europe à Vézelay sur les pas de St Bernard

 

 

L'escalier miraculeux de Santa Fe

19/08/2025

L'escalier miraculeux de Santa Fe

Monseigneur de Kerimel a-t-il raison ? Quand la miséricorde choque mais demeure évangélique

18/08/2025

Monseigneur de Kerimel a-t-il raison ? Quand la miséricorde choque mais demeure évangélique

En ces temps où les institutions sont scrutées à la loupe, le cas du père Dominique Spina, un prêtre condamné pour abus sexuels, a soulevé une vague de colère et d'incompréhension dans l'Église de France. La récente nomination de ce dernier à un poste de chancelier a été perçue par beaucoup comme une provocation. Mais l'archevêque de Toulouse, Mgr Guy de Kerimel, désavoué publiquement par la Conférence des evêques de France, prend la parole pour rappeler une vérité qui, bien que mal reçue par le public, est au cœur de l'Évangile : la miséricorde n'est pas l'ennemie de la justice. L'article de Tribune Chrétienne  de Philippe Marie nous invite à réfléchir sur un choix difficile : succomber à la logique de la société moderne qui veut que ce qui choque soit banni, ou rester fidèle à une foi qui, depuis ses origines, prêche la transformation de l'homme, même des plus grands pécheurs.

 

Une Justice qui ne nie pas la Miséricorde
L'article s'appuie sur la position de Mgr de Kerimel pour distinguer la justice humaine de la justice divine. Il ne s'agit pas de nier la légitimité de la colère des victimes ni la gravité des actes commis. La souffrance est réelle et doit être reconnue. Cependant, l'Église, selon l'archevêque, ne peut se laisser guider par la seule émotion collective. Le cœur du message chrétien repose sur le pardon, un pardon offert à tous, y compris aux auteurs des crimes les plus graves. Le texte cite Mgr de Kerimel qui précise que la justice ne cherche pas à rendre le mal pour le mal (« œil pour œil »), mais à poser une limite à l'exclusion, sauf dans les cas de danger avéré. L'article souligne que refuser toute possibilité de rédemption reviendrait à trahir l'Évangile.

 

Le rappel des figures bibliques, comme Pierre le renégat, Matthieu le collecteur d’impôts, ou Marie-Madeleine la pécheresse, sert à illustrer le fait que la grâce de Dieu est plus forte que n'importe quel passé. L'Église se doit d'être un lieu de conversion, où le cœur de l'homme peut être changé. L'article pose alors une question cruciale : croyons-nous encore à la capacité du Christ de transformer un criminel en apôtre ? Ou avons-nous réduit la foi à une simple morale sociale et sécuritaire ? L'Église n'a pas pour mission de se conformer aux attentes de la société, mais de proclamer la vérité de l'Évangile, même si elle dérange.

 

L'Église du Christ ou une Institution Morale ?
La conclusion de l'article de Tribune Chrétienne est un appel à la lucidité. À l'ère où l'émotion est érigée en critère de vérité, l'Église ne peut se soumettre à une telle logique sans perdre son âme. Le Christ lui-même n'a pas craint le scandale en pardonnant aux pécheurs notoires. L'article nous invite à considérer si l'Église veut être une institution morale de plus, se pliant aux humeurs du moment, ou si elle veut rester l'Église du Christ, celle qui ose proclamer la vérité de la grâce, même lorsque celle-ci est impopulaire.  En fin de compte, l'affaire Spina met l'Église au pied du mur, l'obligeant à choisir entre la sécurité d'une morale sociale et le risque d'une miséricorde sans mesure. Le chemin de l'Évangile est le second.
Reste qu'on aura compris que Mgr de Kérimel a choisi de garder ce prêtre au chaud à l'évêché pour éviter les tentations ; le choix d'un poste un peu moins voyant eut peut-être été plus habile ... 

 

 

Le conflit en Terre Sainte : au-delà de la politique, une lutte spirituelle

16/08/2025

Le conflit en Terre Sainte : au-delà de la politique, une lutte spirituelle

 

Dans une homélie prononcée à l'occasion de la Solennité de l'Assomption, le Cardinal Pierbattista Pizzaballa a proposé une lecture profonde et spirituelle du conflit qui déchire la Terre Sainte. Selon lui, la violence, notamment à Gaza, est l'expression du désir de Satan de s'imposer précisément dans la région où s'est accompli le salut.

 

Le Patriarche souligne que la Terre Sainte, unique pour avoir été le lieu de la naissance, de la mort et de la résurrection du Christ, est aussi le théâtre d'une bataille spirituelle intense. « Il semble vraiment que cette Terre Sainte, qui garde la plus haute révélation et manifestation de Dieu, soit aussi le lieu de la plus grande manifestation du pouvoir de Satan. » Cette coexistence entre le sacré et le mal s’explique, selon le Cardinal, par le fait que cette terre « garde le cœur de l’histoire du salut », ce qui en fait la cible privilégiée de l'Ancien Adversaire.

 

Le Cardinal Pizzaballa nous invite à dépasser une vision purement politique des événements, en reconnaissant la dimension spirituelle du conflit. « Le dragon, Satan, ne cessera jamais de s’affirmer et de dévaster le monde, en particulier contre ceux qui gardent les commandements de Dieu et maintiennent le témoignage de Jésus. » Il rappelle que l'Église, et par extension les chrétiens, est appelée à rester un signe de vie et de résistance spirituelle. « Le mal continuera de s’exprimer, mais nous serons le lieu, la présence que le dragon ne peut vaincre : une semence de vie. »

 

Malgré l'ampleur des souffrances, le message du Cardinal est empreint d'une espérance chrétienne indéfectible. Il rappelle que le mal n’a pas le dernier mot et que « le pouvoir du dragon ne peut pas prévaloir face à une naissance, face à une mère qui met au monde, qui engendre la vie. » Il conclut en soulignant que les souffrances vécues sont unies à la Rédemption du Christ. « Le sang causé par tout ce mal, en toute partie du monde, coule sous l’autel, mêlé au sang de l’Agneau, participant aussi à l’œuvre de rédemption à laquelle nous sommes associés. »

 

En définitive, le Cardinal Pizzaballa offre une perspective de foi sur une réalité complexe, rappelant que même au cœur du chaos et de la violence, la vie et l’amour de Dieu l'emportent. « En nous levant aujourd’hui de la table eucharistique, nous emportons avec nous la certitude de la victoire du Christ sur la mort. »

 

François Charbonnier

15 Août : Sainte Marie, Mère de Dieu

14/08/2025

15 Août : Sainte Marie, Mère de Dieu

Sainte Marie, Mère de Dieu,
Gardez-moi un cœur d’enfant,
pur et transparent comme une source.

 

Obtenez-moi un cœur simple,
qui ne savoure pas les tristesses,
un cœur magnifique à se donner,
tendre à la compassion,
un cœur fidèle et généreux,
qui n’oublie aucun bien
et ne tienne rancune d’aucun mal.

 

Faites-moi un cœur doux et humble,
aimant sans demander de retour,
joyeux de s’effacer dans un autre Cœur,
devant votre divin Fils.

 

Un cœur grand et indomptable,
qu’aucune ingratitude ne ferme,
qu’aucune indifférence ne lasse,
un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ,
blessé de son Amour,
et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.

 

 

Père Léonce de Grandmaison, jésuite

S’engager au service du Christ-Roi

13/08/2025

S’engager au service du Christ-Roi

Dans cet épisode, Philippe Darantière, président de l’association, revient sur l’appel fondamental du pèlerinage: œuvrer pour le règne du Christ, sur la terre comme au ciel, par un engagement chrétien dans la cité.

Une invitation claire: mettez vos talents au service du bien commun et de la royauté sociale du Christ.

 

 

 

15 août : Trump rencontrera Poutine le jour de l’Assomption de la Vierge Marie

12/08/2025

15 août : Trump rencontrera Poutine le jour de l’Assomption de la Vierge Marie

Parfois il y a des ratés ou des contradictions : alors que la plupart des médias assurent que le président Zelensky se voit ainsi court-circuiter par un président américain prêt à vendre les intérêts de l’Ukraine à Moscou en servant les objectifs de la Russie, et que, quant à lui, il n’est prêt à rien lâcher, le Telegraph de Londres dit le contraire. Zelensky serait prêt selon cet article (évidemment repris avec gourmandise dans les médias du Kremlin) à donner à Poutine le contrôle de facto des territoires ukrainiens actuellement occupés par la Russie en échange de la fin des combats et d’une possibilité d’aller vers l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN.

 

Tout cela sur fond de déclarations de Trump sur sa volonté d’obtenir un « deal » qui permette à l’Ukraine de récupérer une partie de son territoire, et de promesses de ne pas parler avec Poutine sans échanger ensuite avec Zelensky, sans oublier les leaders de l’UE qui se lamentent de leur mise à l’écart des pourparlers de paix…

 

Trump voit Poutine après l’avoir menacé
Il y a eu ces paroles, mais aussi des actes. Il n’est pas certain que Poutine ait accepté de revoir Trump pour la première fois depuis 2019 parce qu’il le considère comme favorable à ses ambitions de récupération du territoire ou de la sphère d’influence de l’ex-URSS. En permettant à son ex-Premier ministre, Dimitri Medvedev, aujourd’hui à la tête du Conseil de sécurité russe de brandir la menace nucléaire sur les réseaux sociaux (où aujourd’hui se joue le jeu public de la politique mondiale), Poutine n’avait peut-être pas imaginé que Trump partirait au quart de tour.

 

Donald Trump avait aussitôt annoncé que deux sous-marins nucléaires américains allaient être positionnés près de la Russie et menaçait celle-ci de sanctions renforcées si Poutine ne devait pas accepter un cessez-le-feu au plus tard au 8 août. Il est notable que ce dernier ait accepté le principe d’une rencontre précisément à cette date.

 

Le 6 août, Trump venait d’ailleurs, par décret présidentiel, d’imposer des droits de douane supplémentaires de 25 % à l’Inde au 27 août, pour punir celle-ci de son soutien effectif à la Russie via l’achat de pétrole dont elle revend, selon la Maison Blanche, une partie sur le marché mondial, court-circuitant ainsi les sanctions qui frappent Moscou au portefeuille. Le message était clairement exprimé : il s’agit de dissuader tout partenaire de la Russie d’en faire autant.

Alors, Trump est-il vraiment « au service » de Poutine ? Au-delà des fluctuations des prises de position somme toute normales de la part d’un négociateur – d’un faiseur de « deals » – de sa trempe, on peut en douter.

 

Une rencontre le jour de l’Assomption de la Vierge Marie : un signe ?
Mais ce qui frappe, c’est tout de même la date choisie pour la rencontre entre les deux chefs d’Etat. Lorsque Poutine aura traversé les quelques dizaines de kilomètres qui séparent les USA et la Russie pour rejoindre l’Alaska – en traversant la ligne internationale de changement de date qui passe par le détroit de Behring – il arrivera au lieu dont l’emplacement reste pour l’heure secret le 15 août, la fête mariale par excellence. Et il arrivera, quelque part, en infériorité face à Trump qui a dicté le tempo de cette réunion.

 

Serait-ce un signe du ciel, où Marie, Mère de Dieu, présente corps et âme, règne, couronnée, sur l’univers tout entier ? Sinon un signe, du moins un appel…

 

Trump parlera en ce jour avec Poutine, sans que nous puissions mesurer les intentions de l’un ou de l’autre ; mais n’oublions surtout pas que Poutine est l’héritier du système communiste qui repose essentiellement sur le mensonge dans sa praxis qui autorise et justifie tout ce qui sert la cause de la Révolution.

 

Mais Marie, elle, est Reine de la Paix. Elle seule peut obtenir à l’humanité cette paix qui sera scellée par le règne promis de son Cœur Immaculé sur notre monde brisé par la révolte contre Dieu. Et elle pourra le faire advenir en utilisant des instruments imparfaits… Mais non sans l’implication des serviteurs inutiles que nous sommes tous : il est l’heure de prier pour la paix, qui ne consiste pas seulement en la fin du fracas des armes, mais en la reconnaissance de la souveraineté de Dieu et de sa loi.

 

 

Jeanne Smits dans RITV

Marie Immaculée, victorieuse de « Fat Man »

08/08/2025

Marie Immaculée, victorieuse de « Fat Man »

... Ce couvent, situé sur les pentes du mont Hikosan, à l’écart du centre-ville et protégé par la montagne, est épargné par l’explosion. Alors que la ville de Nagasaki et sa communauté catholique sont dévastées, le couvent franciscain et les frères qui l’occupent sont épargnés, avec pour seuls dégâts quelques vitres brisées. C’est le choix éclairé du saint concernant l’emplacement du monastère qui permit de préserver la vie des religieux. Nombreux sont ceux qui attribuent cela à la protection divine, et en particulier à celle de la Sainte Vierge, à qui le couvent est dédié.

 

Les raisons d'y croire

En 1931, Maximilien Kolbe choisit délibérément un emplacement isolé derrière une montagne pour sa « Cité de l’Immaculée », allant contre les conseils locaux qui préconisent un site plus proche de la ville. « Il avait eu une vision selon laquelle Urakami [quartier du nord de la ville de Nagasaki, où la bombe atomique a explosé] serait bientôt détruite par une grande boule de feu. »

 

Le choix de Kolbe pour la localisation du couvent est le fruit d’une providence divine anticipée. L’emplacement du couvent sauve les franciscains du souffle de l’explosion de la bombe et des fortes doses de radiations, la montagne ayant servi de bouclier naturel face à l’explosion. De plus, le relatif éloignement du couvent ne le rend pas inaccessible : il n’a pas empêché les religieux de rejoindre rapidement l’épicentre de l’explosion pour apporter leur aide.

 

Les récits et témoignages soulignent que, après la guerre, les frères franciscains ont mené des vies relativement longues et saines, sans développer les maladies typiques des hibakusha (survivants des bombes atomiques). Cette absence significative de symptômes graves liés à l’irradiation n’est pas explicable scientifiquement, comme l’indique la Radiation Effects Research Foundation (RERF).

 

Les franciscains attribuent ces grâces à la Vierge Marie Immaculée qu’ils priaient lors de l’explosion. En effet, la « Cité de l’Immaculée » est entièrement consacrée à la Vierge Marie : l’activité principale des religieux est de publier et de diffuser le plus largement possible la revue mariale Le Chevalier de l’Immaculée, poursuivant ainsi la mission d’évangélisation et de promotion de la dévotion mariale initiée par leur fondateur.

 

La survie de ce lieu de prière offre un puissant symbole d’espérance et montre que Dieu peut faire surgir le bien en toute chose. Au milieu de la dévastation, ce lieu devient un refuge spirituel et matériel pour les survivants et les orphelins, et les frères qui ont été épargnés peuvent être présents et disponibles pour venir en aide à tous, ce qui aurait été impossible si le site avait été touché.

 

Plusieurs faits montrent encore combien la Sainte Vierge protège ceux qui aiment son Fils Jésus : alors que le docteur Nagai est mourant et dans le coma, après avoir été gravement blessé lors de l’explosion, une voix l’incite à prier le père Kolbe pour sa guérison. Personne au Japon ne sait que ce dernier est déjà mort, et encore moins martyr, mais Takashi Nagai s’exécute. Peu après, il sort du coma, et la blessure qui mettait sa vie en danger est inexplicablement guérie. Ses collègues médecins disent que c’est un miracle. Toute sa vie, ce médecin converti n’aura de cesse de témoigner, par sa foi exemplaire, de ne pas avoir peur de tourner les yeux vers le Ciel – en somme, de croire en Dieu.

 

Urakami, le quartier où la bombe explose, est le quartier chrétien. La communauté chrétienne de Nagasaki a su véhiculer, au cœur de cette catastrophe nucléaire et malgré la douleur, un message de paix et d’espérance.

 

En savoir plus sur 1000 Raisons de croire

 

 

Notre Dame également victorieuse de "Little Boy" à Hiroshima

 

On ne peut passer sous silence l'explosion d'Hiroshima qui eut lieu trois jours avant Nagasaki

De nombreux récits de l'événement font état de la présence de huit prêtres jésuites (ou missionnaires), qui se trouvaient à huit pâtés de maisons du point zéro. John Hersey , dans son récit contemporain de 1946 sur Hiroshima , cite quatre prêtres jésuites (le père supérieur LaSalle, le père Wilhelm Kleinsorge, le père Cieslik et le père Schiffer) et les situe à 1 300 mètres du centre. Schiffer lui-même affirme qu'il y avait quatre prêtres jésuites — « le père Hugo Lassalle , supérieur de toute la mission jésuite au Japon, et les pères Kleinsorge, Cieslik et Schiffer » — et décrit sa propre localisation comme « dans un rayon d'un mile, le plus dangereux ». Schiffer mentionne également le nom de leur église — « l'église jésuite de Notre-Dame de l'Assomption ».

 

Explosion


Selon le récit de 1946 du père jésuite John Siemes, qui se trouvait à la périphérie de la ville :

Ils se trouvaient dans leurs chambres à la maison paroissiale – il était huit heures et quart, exactement à l'heure où nous avions entendu l'explosion à Nagatsuke – lorsqu'une lumière intense s'est abattue sur eux, suivie immédiatement du bruit des vitres, des murs et des meubles brisés. Ils ont été couverts d'éclats de verre et de débris. Le Père Schiffer a été enseveli sous un pan de mur et a subi une grave blessure à la tête. Le Père Supérieur a reçu la plupart des éclats au dos et aux membres inférieurs, ce qui l'a fait saigner abondamment. Tout a été projeté dans les chambres, mais la charpente en bois de la maison est restée intacte.

Le propre récit de Schiffer décrit l'explosion : "Soudain, une terrible explosion emplit l'air d'un coup de tonnerre. Une force invisible me souleva de ma chaise, me projeta dans les airs, me secoua, me frappa, me fit tournoyer comme une feuille dans une rafale de vent d'automne."

 

Survivants


Les quatre prêtres jésuites survécurent à l'explosion. Cité en 1950, Schiffer déclara : « Sur 14 prêtres et laïcs, nous n'en avons perdu qu'un, un Japonais. » Les jésuites se trouvaient dans un bâtiment plus résistant que la plupart des bâtiments environnants, comme le notent respectivement Hersey et Siemes : "[Le Père Kleinsorge a vu] que tous les bâtiments environnants étaient tombés, à l'exception de la maison de mission des Jésuites, qui avait été longtemps auparavant renforcée et doublement renforcée par un prêtre nommé Gropper, qui était terrifié par les tremblements de terre. La solidité de la structure, œuvre du frère Gropper, a de nouveau brillé."

Ils n'étaient pas les seuls survivants à proximité de Ground Zero ; on estime que 14 % des personnes se trouvant à moins d'un kilomètre de Ground Zero ont survécu à l'explosion mais pas ultérieurement à cause des radiations.

 

Aspects religieux


La survie des prêtres a parfois été qualifiée de miracle . En 1951, Schiffer déclarait :

"Je n’appellerai pas cela un miracle exactement, mais je pense que nous étions sous la protection spéciale de Dieu. "
Mais pas seulement car ils priaient tous les jours le Rosaire ...

 

 

Vie ultérieure


Schiffer rencontra le pilote et le copilote du B-29 qui bombarda Hiroshima, l' Enola Gay .

À New York en 1951, Schiffer rencontra le copilote Robert A. Lewis . Schiffer invita Lewis à se rendre à Hiroshima en août 1952 pour l'inauguration d'un « palais de prière », ce que Lewis accepta. Cependant, aucune trace d'une telle visite n'existe. Ils apparurent également ensemble à l'université Fordham en 1957 (photo), à l'occasion du douzième anniversaire du bombardement, et Schiffer nota qu'ils étaient devenus « des amis très proches ». Schiffer rencontra plus tard le pilote Paul Tibbets à Dallas en 1975.

Schiffer, qui avait obtenu une licence au Japon, a obtenu une maîtrise de l'Université Fordham en 1952 et un doctorat en 1958. Dans les années 1960, Schiffer a travaillé comme professeur associé d'économie au St. Joseph's College de Philadelphie et a écrit un livre sur le système bancaire japonais.

 

 

 

 

 

Montée du sentiment anti-UE en Europe

07/08/2025

Montée du sentiment anti-UE en Europe

I. L'Allemagne : L'AfD en fer de lance de la contestation


Le document souligne une montée significative du sentiment anti-UE en Allemagne, incarnée par la position résolue de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).

 

Clarté de la position de l'AfD : La présidente de l'AfD, Alice Weidel, est plus claire que jamais quant à sa volonté de "défoncer l'Union européenne" et d'en "sortir", ainsi que de "sortir de l'euro".

 

Contexte de l'intensification : Cette tendance est liée à l'accord commercial Trump-Von der Leyen et fait suite à des préoccupations déjà exprimées par les PME allemandes désireuses de quitter l'UE.


Poids politique de l'AfD : Si l'AfD, du fait de l'alliance CDU/CSU, n'est actuellement pas le parti en tête des intentions de vote en Allemagne,  il compte néanmoins 152 députés au Bundestag et progresse régulièrement .


Critiques acerbes de l'UE et de ses dirigeants : Corruption et intérêts personnels : Alice Weidel accuse explicitement Ursula von der Leyen de corruption. Elle déclare : "Tout le système, l'écosystème des apparatchiks des oligarques européistes est corrompu." Elle ajoute que "Ces gens ne travaillent que pour leur propre poche... Ils ne sont pas honnêtes. Ils mentent au peuple. Ils ruinent notre économie. Ils nuisent aux pays européens."


Destruction de l'industrie : L'UE est perçue comme un facteur de ruine industrielle. Weidel affirme que "L'Union européenne détruit notre industrie." Elle cite l'exemple de "L'industrie automobile, par exemple allemande est en ruine... Toutes les mauvaises réglementations proviennent de l'Union européenne." L'exemple donné est la restriction de la flotte en 2018 qui a "pratiquement expulsé les moteurs thermiques du marché".


Bureaucratie excessive et inutile : L'UE est dépeinte comme "un système plein de bureaucrates dont personne n'a besoin, qui cause des troubles et des problèmes partout qui sont surpayés et qui promulguent des règlements dont personne ne veut."


Atteinte à la démocratie et ingérence : Weidel dénonce l'ingérence de l'UE dans les affaires internes des États membres. Elle prend l'exemple de la Hongrie, accusant l'UE de "construire un opposant à Victor Orban" en la personne de Péter Magyar, qu'elle qualifie de "créature artificielle... poussée en avant par Bruxelles". Concernant l'Allemagne, elle accuse les institutions européennes et leurs alliés de "faire tout ce qu'ils peuvent pour nous faire tomber", y compris l'espionnage et l'incitation des médias contre l'AfD.


Critique de l'euro : Weidel attribue le déclin du niveau de vie des Allemands à l'abandon du Deutschmark. Elle déclare que "les Allemands vivaient vivent bien moins bien que par le passé. Et l'une des principales raisons de cela est qu'ils ont abandonné leur propre monnaie." Elle décrit l'euro comme ayant "créé un système global de faiblesse et un système inflationniste."


Opposition à la guerre en Ukraine et à l'achat d'armes américaines : L'AfD critique l'obligation d'acheter des armes américaines pour "une guerre qu'on ne veut pas", jugeant cela "absurde".


Appel clair à la sortie de l'UE : Alice Weidel conclut sans équivoque : "Nous devons quitter l'Union européenne. Elle ne représente pas les États-nations ni les peuples souverains."


II. L'Irlande : L'affaire de l'asile et l'appel à l'IReXit


Elon Musk s'invite dans le débat sur l'UE en Irlande, suite à une décision de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) concernant l'asile en ce pays.

 

Intervention d'Elon Musk : Le 1er août, Elon Musk, via un tweet sur son compte X, a déclaré : "L'Irlande devrait quitter l'Union européenne." Il a ajouté, élargissant sa position : "tous les pays devraient le faire. D'ailleurs, à mon avis, l'Union européenne détruit la démocratie en Europe."


Contexte de la réaction de Musk : Sa réaction est motivée par une décision de la CJUE contredisant les tribunaux irlandais, qui impose à l'Irlande (et à tous les pays européens) "d'accorder un logement à tous les demandeurs d'asile sans exception, y compris ceux dont le dossier va être refusé."


Montée de l'appel à l'IRX : Cette décision a fait émerger des voix en Irlande appelant à l' "IRX", la sortie de l'Irlande de l'Union européenne.


III. L'Italie : La souveraineté nationale et la gestion migratoire


L'Italie est également le théâtre de tensions croissantes avec l'UE, notamment en ce qui concerne la gestion de l'immigration.

 

Projet migratoire bloqué : L'accord de Giorgia Meloni avec l'Albanie pour le traitement des demandes d'asile en dehors du territoire italien a été "démoli intégralement" par la justice européenne.


Réaction de Meloni : La Première ministre italienne s'est dite étonnée de cette décision, déclarant qu'elle "réduit encore davantage la marge de manœuvre déjà limitée des gouvernements et des parlements en matière de régulation et de gestion des migrations." Elle ajoute que la décision "affaibli les politiques de lutte contre l'immigration clandestine massive et de protection des frontières nationales."


Débat sur la primauté du droit national : En réponse à cette situation, un sénateur allié de Meloni, Claudio Borg, a tweeté qu'il "convient en effet d'établir définitivement la primauté du droit national sur le droit européen." Ce débat, en cours au Sénat italien, met en lumière la question fondamentale de la "souveraineté nationale".


IV. Une alarme partagée même par la presse européiste


La presse pro-européenne s'inquiète de la situation.

"Un été catastrophique" : Euronews a titré un article du 2 août "Un été cruel pour le second mandat d'Ursula von der Leyen", reconnaissant que les événements des cinq dernières semaines, mélange puissant de querelles internes, de troubles mondiaux et d'attaques contre sa personne, fissure l'image étroitement contrôlée de la présidente de la Commission européenne et la rend vulnérable à une sorte de critique qu'elle avait jusqu'ici évité. Cette observation met en évidence une remise en question globale et croissante de l'Union européenne.


En somme, les sources étudiées révèlent une intensification du sentiment anti-UE en Europe, portée par des acteurs politiques influents comme l'AfD en Allemagne et des personnalités mondiales comme Elon Musk, et exacerbée par des décisions de la CJUE perçues comme une atteinte à la souveraineté nationale et aux intérêts économiques des États membres. Les critiques se concentrent sur la corruption, la bureaucratie excessive, l'ingérence dans les affaires nationales, l'impact négatif sur l'économie et la perte de souveraineté. L'Europe est en roue libre ...

 

François Charbonnier

Un état juif en Palestine? « Non possumus », disait St Pie X.

07/08/2025

Un état juif en Palestine? « Non possumus », disait St Pie X.

Un État juif en Palestine?
Quand Pie X répondit à Herlz : « Non possumus ».



 

Le 26 janvier 1904, Theodor Herzl, père du sionisme et fondateur du mouvement sioniste pour le droit des Juifs à fonder un État juif, fut reçu en audience par le pape Pie X au Vatican. L’objectif était d’obtenir le soutien du souverain pontife pour la création d’un État juif en Palestine.

 

À cette époque, Herzl (qui mourra en 1904, justement, le 3 juillet, à l’âge de quarante-quatre ans) se trouvait également en Italie pour rencontrer le roi Victor Emmanuel III, toujours dans le but d’obtenir un soutien politique au projet sioniste.

 

Herzl voyait dans le sionisme l’instrument permettant de réaliser le projet d’autodétermination juive, mais le résultat de la rencontre avec Pie X ne fut pas celui qu’il espérait.

 

La version de la rencontre, consignée dans le journal de Herzl, permet de bien comprendre la position du pape.

Le Lippay auquel Herzl fait référence est le comte Berthold Dominik Lippay, un portraitiste autrichien que Herzl avait rencontré à Venise et qui avait organisé l’audience avec le pape.

 

. . . .

 

J’étais avec le pape hier. Le parcours m’était déjà familier, car j’avais rencontré Lippay à plusieurs reprises. J’ai croisé des laquais suisses, qui ressemblaient à des ecclésiastiques, et des ecclésiastiques qui ressemblaient à des laquais, des fonctionnaires papaux et des chambellans.

 

Je suis arrivé dix minutes à l’avance et je n’ai même pas eu besoin d’attendre. Le pape m’a fait traverser plusieurs petites salles de réception.

 

Il m’a reçu debout et m’a tendu la main, que je n’ai pas baisée. Lippay m’avait dit que je devais le faire, mais je ne l’ai pas fait. Je pense que j’ai encouru son mécontentement, car tous ceux qui le rencontrent s’agenouillent et lui baisent au moins la main.

 

Ce baciamo m’avait causé pas mal d’inquétude et j’ai été très content quand ce fut fini.

Il s’est assis dans un fauteuil, un trône pour les occasions mineures. Il m’a ensuite invité à m’asseoir à ses côtés et m’a souri, comme s’il s’agissait d’une attente amicale.

 

J’ai commencé par dire : “Ringrazio Vostra Santità per il favore di m’aver accordato quest’udienza” [Je remercie Votre Sainteté pour la faveur qu’elle m’a faite en m’accordant cette audience – en italien dans le texte].

« C’est un plaisir », a-t-il dit avec une désapprobation polie.

 

Je me suis excusé pour mon italien pitoyable, mais il m’a répondu : « Non, vous parlez très bien, Monsieur le Commendatore« .

 

Comme je portais pour la première fois mon ruban Mejidiyye [honneur militaire et chevaleresque de l’Empire ottoman], sur les conseils de Lippay, le pape s’est donc toujours adressé à moi en m’appelant Commendatore.

 

Lui est un bon curé de campagne, rude, pour qui le christianisme est resté vivant même au Vatican.

 

Je lui ai présenté brièvement ma demande. Mais, peut-être agacé par mon refus de lui baiser la main, il me répondit d’un ton sévère et résolu :

 

« Nous ne pouvons pas favoriser ce mouvement. Nous ne pouvons pas empêcher les Juifs d’aller à Jérusalem, mais nous ne pourrons jamais le favoriser. La terre de Jérusalem, si elle n’a pas toujours été sainte, a été sanctifiée par la vie de Jésus Christ. En tant que chef de l’Eglise, je ne peux pas vous en dire plus. Les Juifs n’ont pas reconnu notre Seigneur, donc nous ne pouvons pas reconnaître le peuple juif ».

 

Le conflit entre Rome, représentée par lui, et Jérusalem, représentée par moi, était donc à nouveau ouvert.

 

Au début, bien sûr, j’ai essayé d’être conciliant. J’ai récité mon petit texte sur l’extraterritorialité, res sacrae extra commercium [«chose sacrée en dehors de commerce»]. Mais cela n’a pas fait grande impression. Jérusalem, a-t-il dit, ne doit pas finir entre les mains des Juifs.

 

« Et son état actuel, Saint-Père ? »

« Je sais, il n’est pas agréable de voir les Turcs en possession de nos lieux saints. Nous devons simplement nous y faire. Mais soutenir les Juifs dans l’acquisition des Lieux Saints, nous ne pouvons pas le faire ».

J’ai dit que notre point de départ était uniquement la souffrance des Juifs et que nous voulions éviter les problèmes religieux.

 

« Oui, mais nous, et moi en tant que chef de l’Église, ne pouvons pas faire cela. Il y a deux possibilités. Soit les Juifs s’accrochent à leur foi et continuent d’attendre le Messie qui, pour nous, est déjà venu. Dans ce cas, ils ne feront que nier la divinité de Jésus et nous ne pourrons pas les aider. Ou bien ils y vont sans aucune religion, et alors nous pouvons être encore moins favorables à leur égard. La religion juive est le fondement de la nôtre, mais elle a été supplantée par les enseignements du Christ et nous ne pouvons plus lui accorder de validité. Les Juifs, qui auraient dû être les premiers à reconnaître Jésus-Christ, ne l’ont pas fait jusqu’à présent ».

 

J’avais sur le bout de la langue : « C’est ce qui se passe dans toutes les familles. Personne ne croit en ses proches ». Mais j’ai dit au contraire : « La terreur et la persécution n’étaient peut-être pas le bon moyen d’ouvrir les yeux des Juifs ».

 

Mais il a répondu, et cette fois, il était magnifique dans sa simplicité :

 

« Notre Seigneur est venu sans pouvoir. Il était pauvre. Il est venu en paix. Il n’a persécuté personne. Il a été persécuté. Il a été abandonné même par ses apôtres. Ce n’est que plus tard que sa stature a pris de l’importance. L’Église a mis trois siècles à évoluer. Les juifs ont alors eu le temps de reconnaître sa divinité, sans aucune pression. Mais ils ne l’ont pas fait jusqu’à aujourd’hui ».

 

« Mais, Saint-Père, les Juifs sont dans une situation désespérée. Je ne sais pas si Votre Sainteté est consciente de l’ampleur de cette triste situation. Nous avons besoin d’une terre pour ces personnes persécutées ».

« Faut-il que ce soit Jérusalem ? »

« Nous ne demandons pas Jérusalem, mais la Palestine, juste la terre séculaire. »

« Nous ne pouvons pas être en faveur de cela ».

« Votre Sainteté connaît-elle la situation des Juifs ? »

 

« Oui, depuis l’époque où j’étais à Mantoue. Il y a des juifs qui vivent là-bas et j’ai toujours été en bons termes avec les juifs. L’autre soir encore, deux juifs sont venus me rendre visite. Après tout, il y a d’autres liens que ceux de la religion : la courtoisie et la philanthropie. Nous ne les refusons pas aux Juifs. En fait, nous prions aussi pour eux, afin que leur esprit soit éclairé. L’Église célèbre aujourd’hui la fête d’un incroyant qui, sur le chemin de Damas, a été miraculeusement converti à la vraie foi. Ainsi, si vous allez en Palestine et que vous y installez votre peuple, nous devrons avoir des églises et des prêtres prêts à vous baptiser tous ».

 

Le comte Lippay s’est fait annoncer. Le pape lui a permis d’entrer. Le comte s’est agenouillé, lui a baisé la main, puis s’est joint à la conversation, racontant notre rencontre « miraculeuse » au Bauer’s Beer Hall de Venise. Le miracle tenait en ce qu’il avait d’abord prévu de passer la nuit à Padoue. Il se trouve que j’avais exprimé le souhait de pouvoir baciare i piedi du Saint-Père.

 

Le visage du pape s’est alors assombri, car je ne lui avais même pas baisé la main. Lippay a poursuivi en disant que j’avais exprimé mon appréciation des nobles qualités de Jésus-Christ. Le pape écoutait, prenait parfois une pincée de tabac et éternuait dans un grand mouchoir de coton rouge. Ce sont d’ailleurs ces touches paysannes qui me plaisent le plus chez lui et qui motivent mon respect.

 

Lippay voulait ainsi expliquer pourquoi il m’avait présenté, peut-être pour s’excuser. Mais le pape a dit :  ; « Au contraire, je suis heureux que vous m’ayez amené le Commendatore« .

 

Quant au problème proprement dit, il a répété ce qu’il m’avait dit:  ; « Non possumus  ; [Nous ne pouvons pas] ! »

Jusqu’au moment de prendre congé, Lippay a passé son temps à genoux devant lui et ne semblait pas se lasser de lui baiser la main. J’ai alors compris que le pape appréciait cela. Mais même lors des adieux, je me suis contenté de lui donner une poignée de main chaleureuse et de le saluer.

 

Durée de l’audience : environ vingt-cinq minutes.

 

Dans les Salles de Raphaël, où j’ai passé l’heure suivante, j’ai vu un tableau représentant un empereur s’agenouillant pour permettre au pape assis de placer la couronne sur sa tête. C’est ainsi que Rome veut que les choses se passent.

 

Note d’AMV
La tombe de Herzl se trouve à Jérusalem depuis 1950, sur une colline qui a été nommée Mont Herzl en son honneur. Lors du dernier voyage du pape François en Israël, la tombe de Herzl a été visitée pour la première fois par un pontife.

La Journée Herzl est une fête nationale dans l’État d’Israël. Elle a lieu le dixième jour du mois juif d’Iyar pour commémorer la vie et la pensée du leader sioniste.

 

Aldo Maria Valli via Benoit et moi
23 juillet 2025

Appel à la paix en Palestine

05/08/2025

Appel à la paix en Palestine

Ce qui se passe à Gaza depuis le 7 octobre 2023 représente l’une des urgences humanitaires les plus préoccupantes de l’histoire récente. Cette tragédie ne peut nous laisser indifférents et interpelle tout particulièrement notre conscience de chrétiens. Face à la mort de milliers d’innocents, due non seulement à des actes de guerre mais aussi à la famine, il ne peut y avoir d’excuses.

 

Le soutien et l’aide à tous les civils, aux populations qui souffrent, et en particulier aux chrétiens qui vivent en Terre Sainte, ont également été demandés par le patriarche de Jérusalem, le cardinal Pizzaballa, et par le nouveau souverain pontife, le pape Léon XIV.

 

Nous savons que dans une partie de l’opinion publique, le fait de se prononcer en faveur de la cessation des actes de violence et du siège de Gaza déclenche des réactions contradictoires, parfois désordonnées et agressives, avec en premier lieu l’accusation de sympathiser avec les terroristes du Hamas. Cette accusation doit être résolument rejetée.

Les habitants de Gaza, mais aussi de Cisjordanie, et tous ceux qui vivent en Terre sainte sont des êtres humains qui ont droit au respect de leur vie et de leur dignité.

 

C’est ce qui nous motive : aucune connivence avec le terrorisme. Cependant, on ne peut pas occulter les violations des droits de l’homme commises par l’actuel gouvernement israélien, dirigé par un personnage controversé et contestable comme Benjamin Netanyhau et composé également d’individus déclarés indésirables pour leurs positions racistes et violentes et leur incitation expresse au nettoyage ethnique, qui ne représente d’ailleurs qu’une partie de la population. En effet, de nombreux Juifs en Israël et dans le monde entier appellent à une résolution pacifique de ce conflit.

 

L’autre accusation honteuse portée à l’encontre de ceux qui réclament le respect du peuple de Terre Sainte est celle d’antisémitisme. Nous tenons à rappeler avec force que critiquer l’actuel gouvernement israélien ne signifie pas avoir des sentiments hostiles à l’égard du peuple juif.

 

Dans le contexte actuel, le terme « antisémite » est surréaliste, puisque les Palestiniens – en tant qu’Arabes – sont également des Sémites. Quiconque offense ou commet des violences à l’encontre d’un Palestinien est antisémite.

 

En tant que Comitato Liberi in Veritate, nous appelons par la présente à soutenir inconditionnellement – sans si et sans mais – la position du Patriarcat de Jérusalem et de la diplomatie pontificale, invitant tous les chrétiens, tant individuellement qu’en association, à se joindre à toutes les initiatives visant à aider le peuple souffrant de Gaza et les chrétiens vivant en Terre Sainte, et à soutenir les manifestations de solidarité avec eux et les demandes adressées aux dirigeants.

 

Enfin, nous appelons à prier pour la conversion afin que la Terre Sainte, où s’est accomplie l’histoire du salut pour tous, connaisse la paix.

 

www.paologulisano.com/appello-per-la-pace-in-palestina

De Rome à la France, une jeunesse catholique de plus en plus décomplexée

04/08/2025

De Rome à la France, une jeunesse catholique de plus en plus décomplexée

 

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ! » Par ces paroles chaleureuses et engageantes, tirées de l’Evangile, le pape Léon XIV a tenu à rappeler aux centaines de milliers de jeunes, venus à Rome bénéficier des grâces du Jubilé, que l’Eglise toute entière comptait sur eux. Le nouveau Souverain Pontife sait que l’avenir du catholicisme se trouve entre leurs mains et il ne peut ignorer les grands défis qui les attendent. L’univers postmoderne, plein de lui-même et désabonné de Dieu, s’attache volontairement à faire fi detoutes réalités surnaturelles. L’influence de l’Eglise ne cesse de s’étioler tandis que le nombre de catéchisés s’effondre. Jamais en Occident la culture chrétienne n’avait semblé aussi fragile. Qui connaît encore la signification de la fête du 15 août à venir, jour de l’Assomption de Notre Dame au Ciel ? Dans une société davantage préoccupée par la vie économique que par la vie mystique, il n’y a pas que le trou de la dette qui continue de se creuser, les âmes elles-mêmes sont reléguées aux catacombes.

 

Une jeunesse « vide et avide »

 

De cet impensé existentiel, il en ressort une jeunesse certes déboussolée mais aussi assoiffée. Comment combler son appétit d’infini ? Orpheline de repères, analphabète desprincipes religieux, l’écrasante majorité des jeunes s’interroge sur cette verticalité qui leur fait défaut et qu’on ne leur a pas transmise. « Vide et avide » résumera un prêtre parisien pour qualifier ces étudiants en quête de sens et qui n’hésitent plus à franchir les portes des églises. C’est que la foi chrétienne, désormais minoritaire dans son expression authentique, recèle plus que jamais une dimension transgressive. A l’heure de Tik-Tok, de la téléréalité et du wokisme lancinant, le message de l’Evangile dénote franchement. Suivre le Christ n’est pas tant has been que punk pour cette jeunesse décomplexée.

 

Hier soir, dans la banlieue de Rome, à Tor Vergata, Léon XIV s’est appuyé lors de sa prise de parole avant l’adoration eucharistique sur la vie de saint Augustin qui, après avoir mené une jeunesse dissolue, a découvert le grand bonheur de l’amitié avec Dieu. Cette rencontre décisive possède son capital d’absolu. Saint Augustin « cherchait la vérité qui ne déçoit pas, la beauté qui ne passe pas » et les a trouvées « en rencontrant celui qui le cherchait déjà : Jésus-Christ ». A un jeune qui lui partageait ses difficultés à croire en la présence de Dieu « au milieu des épreuves et des incertitudes », le pape lui indiquera un chemin tout intérieur : « Adorez le Christ dans le Saint Sacrement [l’adoration de l’hostie consacrée, présence réelle du Seigneur Jésus sous les apparences du pain], source de la vie éternelle. » Au milieu du vacarme du monde, le pape invitait non pas la jeunesse à faire davantage de bruit mais, au contraire, à gagner en intériorité.

 

Les Troubadours de la miséricorde : des jeunes audacieux, comédiens et apôtres

 

Cet appel au silence et à la vie spirituelle, de plus en plus de jeunes s’en font l’écho. A 1300 km de là, une joyeuse bande de 25 jeunes comédiens volontaires écume durant ce début du mois d’août les parvis des églises, de Vannes à Carnac en passant par Josselin. A l’image des multiples initiatives missionnaires qui existent en France durant la période estivale,afin de porter le Christ aux inconnus, la troupe des Troubadours de la miséricorde organise des spectacles gratuits et ouverts à tous. Lancée lors des JMJ à Lisbonne en 2023, ces jeunes témoignent de leur foi en proposant aux badauds des scénettes spirituelles où s’alternent dialogues aux messages évangéliques, chants sacrés, sons d’instruments, danses médiévales et tapements de mains, le tout dans une ambiance bon enfant. Directement inspirés des “Mystères” du Moyen-Âge – pièces de théâtre religieux qui cherchaient à toucher et catéchiser un public plus large – les Troubadours de la Miséricorde vont ainsi aux périphéries prêcher la bonne parole. En s’adressant aux vacanciers, davantage à la recherche de glaces ou de cartes postales que d’aventures spirituelles, ils souhaitent, aidés par leur insolente jeunesse,rappeler plaisamment à tous et chacun que « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4). Après un premier spectacle sur Jeanne d’Arc puis un autre sur le bon larron, cet été c’est la vie de François d’Assise qui ambitionne d’édifier le public. Au fur et à mesure de la représentation, les passants s’arrêtent, les enfants s’asseyent, l’assistance écoute, la musique interprétée par la troupe fait le reste.

 

Ces comédiens amateurs touchent par leur enthousiasme et leur élan. Ils sont à l’image de la jeunesse catholique française : sans peur et sans complexe. A la fin du spectacle, tout le parvis est invité à entrer dans l’église attenante. Un temps d’adoration silencieuse les attend et des prêtres se tiennent à leur disposition pour échanger, discuter ou leur offrir le pardon divin dans la confession. Les larmes coulent souvent, les mains se joignent parfois et, toujours, Dieu seul distingue ce qui se trame dans les cœurs.

 

De Rome aux provinces de France, la jeunesse catholique reste, pour reprendre la formule du pape Léon XIV, « le signe qu’un monde différent est possible ». Raison de plus pour l’écouter et lui donner une place de choix.

Aspirez à la sainteté !

03/08/2025

Aspirez à la sainteté !

Très chers jeunes,

 

Après la Veillée vécue ensemble hier soir (NDLR : vidéo ci-dessous), nous nous retrouvons aujourd’hui pour célébrer l’Eucharistie, sacrement du don total de Soi que le Seigneur a fait pour nous. Nous pouvons imaginer revivre, dans cette expérience, le chemin parcouru le soir de Pâques par les disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35) : d’abord, ils s’éloignaient de Jérusalem, effrayés et déçus ; ils partaient convaincus qu’après la mort de Jésus, il n’y avait plus rien à attendre, plus rien à espérer. Et pourtant, ils l’ont précisément rencontré, ils l’ont accueilli comme compagnon de voyage, ils l’ont écouté pendant qu’il leur expliquait les Écritures, et enfin ils l’ont reconnu à la fraction du pain. Alors leurs yeux se sont ouverts et l’annonce joyeuse de Pâques a trouvé place dans leur cœur.

 

La liturgie d’aujourd’hui ne nous parle pas directement de cet épisode, mais elle nous aide à réfléchir sur ce qu’il raconte : la rencontre avec le Ressuscité qui change notre existence, qui éclaire nos affections, nos désirs, nos pensées.

La première lecture, tirée du Livre de Qohelet, nous invite à faire, comme les deux disciples dont nous avons parlé, l’expérience de notre limite, de la finitude des choses qui passent (cf. Qo 1, 2 ; 2, 21-23) ; et le psaume responsorial, qui lui fait écho, nous propose l’image d’une     « herbe changeante : elle fleurit le matin, elle change ; le soir, elle est fanée, desséchée » (Ps 90, 5-6). Ce sont deux rappels forts, peut-être un peu choquants, mais qui ne doivent pas nous effrayer, comme s’il s’agissait de sujets “tabous” à éviter. La fragilité dont ils nous parlent fait en effet partie de la merveille que nous sommes. Pensons au symbole de l’herbe : n’est-ce pas magnifique, un pré en fleurs ? Certes, elles sont délicates, faites de tiges fines, vulnérables, susceptibles de se dessécher, de se plier, de se briser, mais en même temps, elles sont immédiatement remplacées par d’autres qui poussent après elles, et dont les premières deviennent généreusement nutriments et servent d’engrais, en se consumant sur le sol. C’est ainsi que vit le champ, se renouvelant continuellement, et même pendant les mois froids d’hiver, quand tout semble silencieux, son énergie frémit sous terre et se prépare à exploser, au printemps, en mille couleurs.

 

Nous aussi, chers amis, nous sommes ainsi faits : nous sommes faits pour cela. Non pour une vie où tout est acquis et immobile, mais pour une existence qui se régénère constamment dans le don, dans l’amour. Et ainsi, nous aspirons continuellement à un “plus” qu’aucune réalité créée ne peut nous donner ; nous ressentons une soif si grande et si brûlante qu’aucune boisson de ce monde ne peut l’étancher. Face à cette soif, ne trompons pas notre cœur en essayant de l’apaiser avec des substituts inefficaces ! Écoutons-la plutôt ! Faisons-en un tabouret sur lequel nous pouvons monter pour nous pencher, comme des enfants, sur la pointe des pieds, à la fenêtre de la rencontre avec Dieu. Nous nous trouverons face à Lui, qui nous attend, qui frappe même gentiment à la vitre de notre âme (cf. Ap 3, 20). Et il est beau, même à vingt ans, de Lui ouvrir grandement notre cœur, de le laisser y entrer, pour ensuite nous aventurer avec Lui vers les espaces éternels de l’infini.

 

Saint Augustin, parlant de sa recherche intense de Dieu, se demandait : « Quel est donc l’objet de notre espérance […] ? Est-ce la terre ? Non. Est-ce quelque chose qui vient de la terre, comme l’or, l’argent, l’arbre, la moisson, l’eau […] ? Ces choses plaisent, elles sont belles, elles sont bonnes » (Sermon 313/F, 3). Et il concluait : « Cherche celui qui les a faites, c’est Lui ton espérance » (ibid.). Puis, repensant au chemin qu’il avait parcouru, il priait en disant : « Tu [Seigneur] étais au-dedans, et moi au-dehors et c’est là que je te cherchais […]. Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi j’ai goûté [cf. Ps 33, 9 ; 1 P 2, 3] et j’ai faim et j’ai soif [cf. Mt 5, 6 ; 1 Co 4, 11] ; tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix » (Confessions, 10, 27).

 

Frères et sœurs, ce sont de très belles paroles, qui rappellent ce que le Pape François disait à Lisbonne, lors de la Journée Mondiale de la Jeunesse, à d’autres jeunes comme vous : « Chacun est appelé à se confronter à de grandes questions qui n’ont pas […] une réponse simpliste ou immédiate, mais qui invitent à accomplir un voyage, à se dépasser, à aller plus loin […], à un décollage sans lequel il n’y a pas de vol. Ne nous alarmons pas alors si nous nous trouvons assoiffés de l’intérieur, inquiets, inachevés, avides de sens et d’avenir […]. Ne soyons pas malades, soyons vivants ! » (Discours pour la rencontre avec les jeunes universitaires, 3 août 2023).

 

Il y a une question importante dans notre cœur, un besoin de vérité que nous ne pouvons ignorer, qui nous amène à nous      demander : qu’est-ce vraiment que le bonheur ? Quel est le véritable goût de la vie ? Qu’est-ce qui nous libère des marécages de l’absurdité, de l’ennui, de la médiocrité ?

 

Ces derniers jours, vous avez vécu de nombreuses expériences enrichissantes. Vous avez rencontré des jeunes de votre âge, venus de différentes parties du monde et appartenant à différentes cultures. Vous avez échangé vos connaissances, partagé vos attentes, dialogué avec la ville à travers l’art, la musique, l’informatique, le sport. Au Circo Massimo, vous vous êtes approchés du sacrement de la pénitence, vous avez reçu le pardon de Dieu et vous avez demandé son aide pour mener une vie bonne.

 

Dans tout cela, vous pouvez trouver une réponse importante : la plénitude de notre existence ne dépend pas de ce que nous accumulons ni, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, de ce que nous possédons (cf. Lc 12, 13-21). Elle est plutôt liée à ce que nous savons accueillir et partager avec joie (cf. Mt 10, 8-10 ; Jn 6, 1-13). Acheter, accumuler, consommer ne suffit pas. Nous avons besoin de lever les yeux, de regarder vers le haut, vers « les réalités d’en haut » (Col 3, 2), pour nous rendre compte que tout a un sens, parmi les réalités du monde, dans la mesure où cela sert à nous unir à Dieu et à nos frères dans la charité, en faisant grandir en nous « des sentiments de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur » (Col 3, 12), de pardon (cf. ibid., v. 13), de paix (cf. Jn 14, 27), comme ceux du Christ (cf. Ph 2, 5). Et dans cette perspective, nous comprendrons toujours mieux ce que signifie « l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5).

 

Très chers jeunes, notre espérance, c’est Jésus. C’est Lui, comme le disait saint Jean-Paul II, « qui suscite en vous le désir de faire de votre vie quelque chose de grand, […] pour vous rendre meilleurs, pour améliorer la société, en la rendant plus humaine et plus fraternelle » (XVe Journée mondiale de la Jeunesse, Veillée de prière, 19 août 2000). Restons unis à Lui, restons dans son amitié, toujours, en la cultivant par la prière, l’adoration, la communion eucharistique, la confession fréquente, la charité généreuse, comme nous l’ont enseigné les bienheureux Piergiorgio Frassati et Carlo Acutis, qui seront bientôt proclamés saints. Aspirez à de grandes choses, à la sainteté, où que vous soyez. Ne vous contentez pas de moins. Vous verrez alors grandir chaque jour, en vous et autour de vous, la lumière de l’Évangile.

 

Je vous confie à Marie, la Vierge de l’espérance. Avec son aide, en retournant dans les prochains jours dans vos pays, dans toutes les parties du monde, continuez à marcher avec joie sur les traces du Sauveur, et contaminez tous ceux que vous rencontrez avec votre enthousiasme et le témoignage de votre foi ! Bonne route !

 

 

Source : Le Saint Siège

 

 

 

Veillée de prière, et échange avec le Pape Léon XIV
pour le jubilé des jeunes, 02 aout 2025