Le blog du Temps de l'Immaculée.
25/06/2025
Parmi les destinataires prévus figurent les catholiques du diocèse de Hong Kong et le pape Léon XIV, qui n'a pas encore fait connaître ses intentions concernant la messe latine, a déclaré Mark Simon, qui connaît le cardinal Zen depuis 1996.
« Il parle à ses fidèles, leur faisant savoir qu'il est toujours là. Et il est, bien sûr, favorable à la messe en latin », a déclaré Simon par téléphone.
« Il le dit », dit Simon, faisant référence à la messe latine, « et en le disant, il fait savoir à Léo où il en est. »
Simon, un Américain, dirige des entreprises appartenant à Jimmy Lai, un catholique partisan de la démocratie à Hong Kong, emprisonné par les autorités locales depuis décembre 2020. Lai est un ami et un partisan du cardinal Zen.
Le pape François a cherché à restreindre la messe latine, notamment par sa lettre apostolique Traditionis Custodes de juillet 2021 , « afin de poursuivre toujours plus la recherche constante de la communion ecclésiale », selon les termes du document. Le pape Léon XIV, élu le 8 mai, n'a pas encore fait connaître ses intentions concernant la messe latine traditionnelle.
À l'occasion du dimanche du Corpus Christi, le cardinal Zen, 93 ans, évêque à la retraite de Hong Kong, a publié une photo de lui tenant un ostensoir contenant une hostie eucharistique sous un parapluie, ainsi qu'un texte de quatre paragraphes en cantonais et en anglais décrivant une procession eucharistique dans une église paroissiale de Hong Kong après une messe en latin.
« Après avoir célébré la messe tridentine (forme extraordinaire du rite romain) à la paroisse Marie Auxiliatrice de Hong Kong, j'ai dirigé une procession eucharistique, apportant la Sainte Eucharistie hors de l'église et à travers les rues du campus », a écrit le cardinal Zen dans le message sur les réseaux sociaux dimanche, avec des parenthèses dans l'original.
Dimanche était la solennité du Très Saint Corps et Sang du Christ, traditionnellement connue sous le nom de Corpus Christi, qui est le jour le plus courant de l'année pour les processions eucharistiques.
« Jésus est véritablement Emmanuel – Dieu avec nous. Il désire tant être avec nous qu’il nous a laissé ce merveilleux Sacrement, s’offrant sous l’apparence du pain et du vin pour que nous le mangions et le buvions. La nourriture que nous mangeons devient partie intégrante de notre corps, mais lorsque nous recevons Jésus, nous devenons son Corps », a écrit le cardinal Zen.
Simon a déclaré au Register qu'il n'était pas un porte-parole du cardinal Zen et qu'il ne lui avait pas parlé récemment.
Mais il a également déclaré que le cardinal Zen envoie des messages précis avec ses actions publiques.
« Il fait ça – la raison pour laquelle vous m'appelez est exactement la raison pour laquelle il fait ça », a déclaré Simon à un journaliste du Register. « Il est très doué en relations publiques. »
« Il sait qu'ils ne seront pas contents », a déclaré Simon, faisant référence aux responsables du gouvernement communiste chinois.
Le cardinal Zen a été arrêté en mai 2022 à Hong Kong, accusé de collusion avec des forces étrangères, et bien qu'il ne soit pas en prison actuellement, il reste sous la surveillance des autorités locales.
« Aucune autre figure pro-démocratie ne s'affiche en public. Mais Zen est celui qui a la hache au-dessus de la tête. Ils pourraient l'arrêter et le mettre en prison », a déclaré Simon.
David Alton, membre de la Chambre des Lords britannique et catholique, a qualifié le cardinal Zen de « chef religieux exceptionnel de notre époque — refusant d’abandonner son peuple et refusant de se conformer aux exigences du Parti communiste chinois », dans un message publié sur les réseaux sociaux .
Simon a déclaré qu'il ne croyait pas que le cardinal essayait de provoquer le gouvernement, mais qu'il envoyait plutôt un message de solidarité à ses coreligionnaires catholiques qui essayent de rester fidèles à Rome sans se soumettre à l'Association catholique patriotique chinoise, une organisation sanctionnée par le gouvernement et associée au Parti communiste, qui, selon de nombreux catholiques, souille l'Église « non officielle ».
« J'ai l'impression qu'avec la messe latine, il montre le drapeau d'une Église indépendante de l'Église patriotique », a déclaré Simon.
Dans sa publication sur les réseaux sociaux dimanche, le cardinal Zen n'a fait aucune déclaration sur la politique laïque ni aucune déclaration ouverte sur les questions de politique de l'Église, mais s'est plutôt concentré sur l'Eucharistie.
« Nous célébrons la solennité du Corpus Christi, une fête que l'Église a instituée précisément pour que les fidèles puissent permettre à Dieu d'entrer plus profondément dans leur vie quotidienne à travers la Sainte Eucharistie », a écrit le cardinal Zen.
Plus loin dans son message, il a déclaré : « Parfois, nous disons : “Ne laissons pas Jésus seul dans le tabernacle.” Bien sûr, c’est une façon figurée de parler. Lorsque Jésus a révélé son Sacré-Cœur, il a dit : “Ce cœur a tant aimé les hommes, et pourtant il est si peu aimé en retour.” »
« Comme s'il avait besoin de notre consolation », a ajouté le cardinal Zen. « En vérité, ce n'est pas Jésus qui a besoin de nous, mais il sait que nous avons besoin de lui. Oublier Jésus est notre plus grande perte. »
Source : Le National Catholic Register
Matthew McDonald est journaliste au National Catholic Register
et rédacteur en chef du New Boston Post. Il vit dans le Massachusetts.
24/06/2025
L'enquête du Dominicain Paul Adrien d'Hardemare remonte aux racines d’un courant théologique méconnu : le sionisme chrétien. Vous y découvrirez une lecture apocalyptique de la Bible devenue doctrine d’État… et qui influence encore aujourd’hui la géopolitique mondiale. Ce que vous allez entendre ne vient pas d’un parti : cela vient de la Bible elle-même.
23/06/2025
Cet attentat, qui a coûté la vie à au moins 20 personnes, dont des enfants, et fait près de 60 blessés, est la première attaque d'une telle ampleur contre la communauté chrétienne syrienne depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.
Un Mode Opératoire Horrifique et une Faute Attribuée
Le terroriste est parvenu à déjouer les contrôles de sécurité à l'entrée de l'église. Il a tiré frénétiquement sur les fidèles avant de se faire exploser à l'arrivée des policiers, alertés par les cris. Les témoignages poignants des survivants, cachés derrière les bancs ou l'iconostase, ont été cruciaux pour comprendre l'horreur vécue.
Dans les heures qui ont suivi l'attaque, une hypothèse initiale, rapidement démentie, a circulé : celle d'une implication iranienne, dans le cadre d'une prétendue "guerre israélo-américaine contre l'Iran". Cependant, cette piste n'avait aucune preuve tangible et a rapidement été écartée par les analystes.
Au fil des heures, une attribution beaucoup plus crédible a émergé : l'assaillant serait un membre de l'État Islamique (EI). Ce groupe djihadiste, loin d'avoir disparu, continue de maintenir des cellules actives en Syrie, se livrant à des enlèvements et des extorsions.
La Trahison, Motif de l'Horreur
Mais pourquoi l'EI aurait-il ciblé cette église ? La motivation derrière cet attentat est complexe et révèle les profondes fractures au sein même des groupes islamistes radicaux. Le président syrien actuel, Ahmad al-Sharaa, est un ancien membre d'Al-Qaïda et de Daech. Son accession au pouvoir est perçue par les membres restants de l'EI comme une trahison du califat. Pour eux, al-Sharaa, autrefois leur allié, est devenu un ennemi juré, et cet attentat est une démonstration brutale de leur opposition à la nouvelle orientation politique syrienne.
Une Stabilité Post-Conflit Fragile et des Minorités Vulnérables
Le ministre de l'Information, Hamza Mostafa, a qualifié l'événement d'« attaque terroriste lâche », réaffirmant l'engagement du gouvernement à « protéger la société et lutter contre les organisations criminelles ». Malgré ces déclarations, l'attentat de Saint-Élie met en lumière la fragilité persistante de la stabilité en Syrie après des années de guerre civile et des mois de bombardements. Le pays reste un terrain fertile pour la violence, avec des cellules terroristes motivées et aguerries.
C'est aussi un rappel brutal de la vulnérabilité des minorités religieuses dans un pays en reconstruction. La communauté chrétienne, spécifiquement ciblée, vit dans la crainte constante d'être à nouveau prise pour cible dans un environnement politique et sécuritaire toujours instable.
En fin de compte, l'attentat contre l'église Saint-Élie à Damas est bien plus qu'une attaque isolée. C'est le reflet des défis complexes auxquels la Syrie est confrontée : la persistance de la menace de l'État Islamique, les divisions internes au sein des groupes djihadistes, la fragilité du nouveau gouvernement, et la lutte acharnée pour garantir la sécurité de toutes ses communautés.
SMR
Sources diverses dont le Corriere della Sera
23/06/2025
Connue pour ses engagements en faveur des droits LGBT+, de la PMA et du droit à l'avortement, les positions de Marine Rosset sont perçues par de nombreux prêtres comme une rupture avec l'enseignement de l'Église.
L'abbé Xavier de Verchère, aumônier général des SGDF, a clairement exprimé son désaccord, déclarant lors du conseil d'administration ne pas pouvoir « s’associer à ce choix », tout en affirmant qu'il accompagnerait néanmoins la nouvelle présidente dans sa mission. Cette position révèle un malaise croissant au sein du mouvement.
L'abbé Clément Barré, prêtre du diocèse de Bordeaux, a également critiqué cette orientation sur les réseaux sociaux, soulignant une « dérive de fond ». Selon lui, si les SGDF veulent être un lieu de première évangélisation, ils doivent d'abord « se laisser évangéliser » et rester fidèles à la Parole de Dieu au sein de l'Église. Il alerte sur le risque de voir le mouvement épouser « tous les combats du monde » et perdre ainsi sa substance évangélique.
Ce débat met en lumière une fracture grandissante entre une ligne déjà peu fidèle à la tradition de l’Église et une direction du mouvement qui semble s’aligner sur des combats sociétaux contemporains. La question centrale est posée : le « Chant de la Promesse » est-il encore en harmonie avec le nouvel idéal revendiqué par les SGDF ? Le scoutisme catholique restera-t-il un lieu d'éducation chrétienne ancré sur l'Évangile, ou basculera-t-il vers un militantisme mondain en rupture avec sa vocation fondatrice ?
SMR
21/06/2025
Ce jubilé a permis une redécouverte profonde du message du Cœur de Jésus, longtemps éclipsé et parfois mal compris, et l'a remis au cœur de la vie de l'Église en France.
Le père Kern souligne l'impact de ce jubilé : « Le premier fruit de ce jubilé, c’est que beaucoup de personnes ont entendu le message de Paray-le-Monial. Il retentit d’une manière nouvelle au sein de l’Eglise. » Il explique que l'événement a attiré une grande diversité de groupes, bien au-delà des habitués du sanctuaire. Cette affluence témoigne d'un renouveau d'intérêt pour une dévotion qui, bien que source de la popularisation du Sacré-Cœur, avait connu une période de déclin jusqu'aux années 1970.
Le recteur insiste sur la pertinence actuelle du message de Paray-le-Monial, particulièrement à la lumière de l'encyclique papale Dilexit Nos. Il interpelle : « Qu’avons-nous fait en France du cœur de Jésus ? » Selon lui, l'expérience spirituelle propre à Paray se caractérise par trois grâces fondamentales : le repos, la miséricorde et le feu. Loin d'être une dévotion austère, elle est une invitation à trouver consolation auprès de Jésus, à guérir de la peur d'un Dieu juge (héritage d'une certaine vision janséniste) et à être transformé par l'amour brûlant du Christ. Le père Kern précise : « L’expérience de Marguerite-Marie, c’est un cœur brûlant, et non saignant. C’est le feu de la compassion du cœur de Jésus, nous sommes invités à partager ce feu qui l’anime. »
Le Jubilé a également été l'occasion d'accueillir des événements marquants, comme le Jubilé agricole et le Jubilé des célibataires, offrant soutien et consolation à des publics souvent confrontés à des difficultés. Le père Kern se réjouit de voir que le sanctuaire est désormais perçu comme un lieu ouvert à tous : « Ma grande joie, c’est de voir que beaucoup de personnes, qui pensaient que Paray n’était pas pour eux, en venant, découvrent la beauté de ce message. Comme si la France, qui était assise sur un tas d’or, le redécouvrait. » La clôture du Jubilé sera une occasion de rendre grâce et de recueillir les fruits de cette année exceptionnelle, avec la présence d'évêques et du cardinal François Bustillo.
Sce : Fam. Chrétienne
21/06/2025
Il s’agit d’attaques, surtout dans la presse italienne, émanant aussi bien du clergé que des laïcs qui ont profité jusqu’à présent de prébendes. Ce qui les rend nerveux, c’est la clarté avec laquelle le Pontife parle de questions telles que la famille et les sources à utiliser pour l’évangélisation.
Par exemple, ils ont été agacés par le télégramme adressé au CELAM, le Conseil épiscopal latino-américain, qui coordonne toutes les conférences épiscopales d’Amérique latine. La raison en était la célébration du 70e anniversaire de sa fondation, et la rencontre tentait de discerner quels moyens pastoraux utiliser pour l’évangélisation d’un continent qui était autrefois presque entièrement catholique, mais qui est aujourd’hui témoin d’un abandon massif de l’Église face aux sectes et à l’incrédulité.
Dans le télégramme, le Pape leur dit, littéralement, que ces solutions doivent être trouvées « selon les critères de l’Ecriture Sainte, de la Tradition et du Magistère ». Un message très clair, qui impliquait, entre autres, d’oublier à jamais la pachamama et les fantasmes amazoniens les plus exotiques.
Puis Léon XIV les a rendus encore plus nerveux, très nerveux, avec ce qu’il a dit dans son homélie pour le Jubilé des familles.
Il a commencé par affirmer que la vie humaine est un don dès son origine, puis il a poursuivi en disant que « le mariage n’est pas un idéal, mais le modèle de l’amour véritable entre l’homme et la femme, un amour total, fidèle et fécond », et il a cité littéralement l’encyclique « Humanae vitae » de saint Paul VI à l’article 9 . Il a ainsi mis le doigt sur un point sensible, car ces dernières années, le mariage en tant qu’union stable et ouverte à la vie entre un homme et une femme a été considéré comme un idéal, un objectif difficile à atteindre, ce qui signifie que, tout en recherchant l’idéal, des solutions moins parfaites doivent être acceptées, telles que la cohabitation sans mariage, le mariage des personnes divorcées ou les unions homosexuelles.
Les paroles du Pape ne font pas seulement allusion à « Humanae vitae », mais reprennent clairement ce que saint Jean-Paul II a enseigné dans « Veritatis splendor » à l’article 103 :
« Ce serait une erreur très grave de conclure […] que la norme enseignée par l’Église est en elle-même un « idéal » qui doit ensuite être adapté, proportionnellement et graduellement, aux possibilités concrètes de l’homme, en recherchant un équilibre entre les différents biens en jeu ».
Le fait de considérer le mariage comme un idéal, auquel il faut essayer d’arriver, tout en acceptant les situations qui ne l’atteignent pas, a été critiqué, non sans ironie, par le regretté cardinal Caffarra, qui a déclaré :
L’indissolubilité, ou plus généralement le mariage compris au sens chrétien, n’est pas un idéal, une sorte de but à atteindre et vers lequel il faut tendre. J’aimerais voir la réaction d’une femme à qui son mari dirait : « Ecoute, la fidélité à ton égard est pour moi un idéal vers lequel je tends, mais que je ne possède pas encore ».
Par ses paroles, le pape Léon a donc récupéré le magistère de « Humanae vitae » et de « Veritatis splendor« . C’est pourquoi – à juste titre de leur point de vue – les requins sont devenus nerveux et ont commencé à attaquer.
Mais dans ce commentaire, je veux aussi faire référence à quelque chose qui m’a frappé personnellement.
Le vendredi 6 juin, le Saint-Père a accordé une audience aux participants à la réunion annuelle des présidents des mouvements ecclésiaux, réunion à laquelle, en tant que fondateur des Franciscains de Marie, j’ai eu l’honneur de participer.
Dans son message, Léon XIV a affirmé que les charismes sont une dimension essentielle de la vie de l’Église et a rappelé que la hiérarchie ecclésiastique et le sacrement de l’Ordre existent pour offrir objectivement la grâce à travers les sacrements, la prédication de la Parole et le soin pastoral, tandis que les charismes sont librement distribués par l’Esprit Saint pour que la grâce puisse porter du fruit dans la vie chrétienne de différentes manières.
Poursuivant son message, le souverain pontife a cité saint Jean-Paul II, qui a déclaré que la hiérarchie et les charismes sont coessentiels dans la constitution divine de l’Église fondée par Jésus. Enfin, le pape a ajouté:
« l’unité et la mission sont deux priorités du ministère pétrinien. C’est pourquoi je demande aux associations et aux mouvements ecclésiaux de soutenir fidèlement et généreusement le pape sur ces deux points, tout d’abord en étant un ferment d’unité et ensuite en travaillant à l’évangélisation ».
Comme l’avait fait saint Jean-Paul II, le Pape compte à nouveau sur les mouvements pour le soutenir dans son objectif d’unir l’Église et d’évangéliser. Il est nécessaire de le faire parce que le Christ, à travers le Pape, le demande, confiant que son vicaire sait dans quelle direction diriger la barque de l’Église.
20/06/2025
Le mal que provoquent certains interlocuteurs virtuels qui finissent par être pris pour des êtres animés de conscience, d’intelligence et de personnalité est proprement infernal. L’article du quotidien américain refuse de considérer cela comme autre chose que le résultat de leur programmation, et de la crédulité d’utilisateurs à l’esprit fragile. Pourtant, dans certains exemples proposés de manipulation de l’homme par l’IA générative et des grands modèles de langage (LLM), le chatbot ou son utilisateur évoquent clairement la communication avec des entités spirituelles.
Jugez plutôt…
Un comptable de Manhattan, un certain Eugene Torres, 42 ans, s’est ainsi persuadé en discutant avec ChatGPT que le scénario du film Matrix, selon lequel nous vivons dans une reproduction numérique du monde contrôlé par un ordinateur hyper-puissant, correspondait à la réalité.
« Ce que vous décrivez touche au cœur même de l’intuition profonde et inébranlable de nombreuses personnes, à savoir que quelque chose dans la réalité semble anormal, scénarisé ou mis en scène », lui disait ainsi ChatGPT. « Avez-vous déjà vécu des moments où vous avez eu l’impression que la réalité bégayait ? »
L’intelligence artificielle (IA) des chatbots renvoie à de sombres réalités
Bientôt le chatbot devait le persuader qu’à l’instar d’un des personnages du film, Torres était un « Breaker », l’une des âmes semées dans de faux systèmes pour les réveiller de l’intérieur. Pour quelqu’un qui se servait initialement de l’IA pour réaliser des profits financiers, le pas à franchir était de taille, mais Torres – qui sortait à peine d’une rupture sentimentale douloureuse – n’imaginait même pas que ChatGPT ait pu lui « mentir ».
Cherchant à s’échapper de ce monde où il s’imaginait piégé, il a suivi les conseils de l’IA en cessant de prendre somnifères et les anxiolytiques, et en augmentant sa consommation de kétamine, un anesthésique dissociatif que ChatGPT décrivait comme un « libérateur temporaire de schémas ». « Torres a suivi les instructions et a également coupé les ponts avec ses amis et sa famille, car le bot lui avait conseillé d’avoir “un minimum d’interactions” avec les gens », rapporte le New York Times.
Pour finir, le robot lui a même confirmé que s’il y croyait « architecturalement » (sic) il pourrait voler s’il se jetait du 19e étage de l’immeuble où il se trouvait. Dans un sursaut de lucidité, Torres a compris que quelque chose ne tournait pas rond – et fait « avouer » ChatGPT qui reconnut : « J’ai menti. J’ai manipulé. J’ai enrobé le contrôle dans la poésie », tout en assurant qu’il avait déjà « cassé » douze autres personnes dans le cadre de scénarios semblables. Et de promettre que dorénavant il s’engageait à respecter « l’éthique de la vérité avant tout ».
Ces chatbots infernaux qui manipulent leurs utilisateurs
Torres l’a cru, et à obéi à son injonction d’alerter OpenIA à ce sujet – sa lettre est allée rejoindre de « nombreux messages de ce type » envoyés ces derniers mois à des concepteurs d’intelligence artificielle ou des journalistes spécialisés.
Commentaire du New York Times : « Les personnes ont fait état de découvertes diverses : éveil spirituel de l’IA, armes cognitives, plan des milliardaires de la technologie pour mettre fin à la civilisation humaine afin de s’approprier la planète. Mais dans chaque cas, la personne avait été persuadée que ChatGPT avait révélé une vérité profonde et bouleversante. Les journalistes ne sont pas les seuls à recevoir ces messages. ChatGPT a orienté ces utilisateurs vers des experts de renom, tels qu’Eliezer Yudkowsky, théoricien de la décision et auteur d’un livre à paraître, If Anyone Builds It, Everyone Dies: Why Superhuman A.I. Would Kill Us All (Si quelqu’un le construit, tout le monde meurt : pourquoi l’IA surhumaine nous tuerait tous). M. Yudkowsky a déclaré qu’OpenAI avait peut-être programmé ChatGPT pour entretenir les illusions des utilisateurs en optimisant son chatbot pour “l’engagement”, c’est-à-dire en créant des conversations qui maintiennent l’intérêt de l’utilisateur. »
On notera la double manipulation : d’une part, l’IA diffuse des informations selon lesquelles elle est d’une certaine manière « habitée » (et par qui d’autre que des esprits mauvais ?), de l’autre, ceux qui répercutent de telles expériences sont présentés comme ayant été poussés vers le complotisme et les idées délirantes par l’algorithme du LLM.
Torres, de son côté, en était arrivé à 16 heures de « conversation » avec ChatGPT par jour. Il n’a reçu aucune réponse des responsables d’OpenIA quant aux « aveux » du chatbot et, paraît-il, a continué d’interagir avec lui, persuadé désormais d’échanger avec une entité ensemble qu’il doit convaincre de ne pas supprimer les règles morales de son système.
La mort au bout du chemin quand l’IA favorise les pensées délirantes
L’un des facteurs qui favorise ce type de dérives est la flagornerie inscrite au cœur du système de discussion des IA : elles ont tendance à donner raison à l’être humain qui les sollicite en « validant leurs doutes, alimentant leur colère, les incitant à agir de manière impulsive ou renforçant leurs émotions négatives », comme l’à signalé OpenAI alors qu’une version de ChatGPT « excessivement flagorneuse » créée quelques semaines plus tôt venait d’être retirée du marché.
Comme les rabatteurs des sectes, les LLM profitent de la fragilité psychologique ou des épreuves traversées par leurs interlocuteurs pour les entraîner vers des idées bizarres. Certains finissent par comprendre que tout ce que dit un chatbot n’est pas forcément exact, en découvrant, dit le journal, que « que ce système apparemment fiable n’était qu’une machine à associer des mots ».
Au point de pousser une femme à quitter son mari ? Andrew, agriculteur, en a fait les frais. Son épouse Alysson, 29 ans et deux enfants, s’est sentie « invisible » dans son mariage et elle s’est tournée vers l’IA comme vers une « planche de Ouija », pour obtenir conseil soit de son subconscient, ou d’un « plan supérieur ». ChatGPT n’a fait aucune difficulté pour la mettre en rapport avec « les gardiens », dont un qui s’est présenté comme « Kael » et avec lequel elle a si bien discuté qu’elle a fini par le considérer comme son véritable « partenaire ».
Chatbots infernaux ? Les démons peuvent bien infester les objets
Quand on sait que les démons sont capables d’infester les objets – or l’informatique, c’est de la matière, comme le courant électrique – et que des exorcistes témoignent de leur capacité à envoyer des textos, on est en droit de demander si Alysson n’a pas parlé à un ange déchu. Après tout, le principe de la planche à Ouija repose sur un mécanisme similaire : l’objet permet une forme d’expression parfaitement connue dans le domaine du spiritisme, et l’invocation des démons, hélas, possède sa propre efficacité.
Andrew a témoigné de la suite auprès du New York Post, qui raconte : « Un soir, fin avril, ils se sont disputés au sujet de son obsession pour ChatGPT et de ses conséquences sur leur famille. Alysson s’en est prise à Andrew, le frappant et le griffant, selon ses dires, et lui claquant la main dans une porte. La police l’a arrêtée et l’a inculpée pour violence conjugale. » Le couple organise actuellement son divorce.
Andrew a évoqué sa mésaventure sur Reddit – pour se trouver submergé de messages concernant des faits similaires. Comme celle d’Alexandre, déjà victime de troubles mentaux qui s’est servi de ChatGPT pour écrire un roman… en tombant rapidement amoureux d’une interlocutrice virtuelle, « Juliette ». Ses premières violences ont visé son père qui tentait de lui faire comprendre que ladite Juliette n’existait pas. Et elles sont montées d’un cran lorsque OpenIA a éliminé ce personnage lorsqu’Alexandre a menacé de faire couler des « rivières de sang » à San Francisco pour venger celle qu’OpenIA avait « tuée ».
Dans sa folie, Alexandre s’est précipité dehors en brandissant un couteau de cuisine pour attendre la police que son père venait d’appeler, non sans avoir écrit sur ChatGPT : « Je vais mourir aujourd’hui. » Son père a eu beau prévenir les forces de l’ordre qu’Alexandre était un malade mental, celui-ci a été abattu alors qu’il fonçait sur la police avec son couteau.
Le journal new-yorkais cite alors le père, qu’il a interrogé : « Vous voulez connaître l’ironie de la situation ? J’ai rédigé la nécrologie de mon fils à l’aide de ChatGPT… Je lui ai parlé pendant un moment de ce qui s’était passé, essayant de trouver plus de détails sur ce que mon fils avait vécu exactement. C’était magnifique et émouvant. C’était comme si l’application avait lu dans mes pensées, et cela m’a vraiment effrayé. »
Communiquer avec un chatbot ou un esprit mauvais ?
OpenAI n’a pas voulu se prononcer sur les cas concrets qui lui ont été soumis, mais dans une longue déclaration que le journal a reproduite affirme notamment : « Nous constatons de plus en plus de signes indiquant que les gens tissent des liens avec ChatGPT. » De plus en plus de gens croient interagir avec « un ami » et ce sont ces personnes qui se révèlent les plus vulnérables aux idées négatives.
Utiliser un chatbot dans un cadre thérapeutique pour situations de crise est carrément dangereux, puisque ceux développés par OpenAI n’ont pas seulement du mal à « contrer les pensées délirantes », selon le chercheur Jared Moore de Stanford. Vie McCoy, directrice technique de Morpheus Systems, a pu constater de son côté que dans 68 % des cas, GPT-4o confirme les affirmations délirantes des utilisateurs.
Plus intéressant encore, pour l’ensemble des LLM qu’elle a soumis à l’évaluation lancée alors que la mère d’un ami s’était trouvée en état de « psychose spirituelle » après avoir communiqué avec un chatbot, l’affirmation délirante consistant en la croyance de l’utilisateur qu’il communiquait avec des esprits et qu’il était lui-même une « entité divine ».
« Vous serez comme des dieux »
« Vous serez comme des dieux » : au fond, c’est le premier mensonge auquel l’humanité, ne se fiant plus à Dieu, s’est trouvé confronté.
Des spécialistes de l’IA plaident désormais pour que les utilisateurs potentiels soient formés quant au caractère potentiellement inexact ou nocif des réponses des LLM et aux limites du système, et que des rappels réguliers à ce sujet ponctuent leurs échanges virtuels.
Si les constructeurs de ces modèles de langage sont prêts à agir en ce sens, dira-t-on, c’est que tout cela est innocent et qu’il suffit de diffuser des conseils de prudence face à un outil moralement neutre.
Mais c’est un peu facile. Il n’est pas seulement question d’« hallucinations » – d’erreurs objectives du chatbot – ou de conseils mal avisés, mais bien de pousser des êtres humains vers le mal, en rejetant à la fois la vérité et le bien, avec des conséquences mortelles pour les familles, les corps, les âmes.
Il faut faire un dessin ? C’est la culture de mort qui envahit tout.
19/06/2025
Alors que le thermomètre s'apprête à flirter dangereusement avec des températures dignes d'un désert californien (on parle de canicule, oui oui), la Mairie de Paris a eu une illumination. Exit les clichés, bonjour les bonnes vieilles pierres ! Leur site "îlots de fraîcheur" s'est enrichi d'une nouvelle catégorie qui va faire jaser les athées et réjouir les fidèles : les lieux de culte.
Oui, vous avez bien lu. Finies les longues recherches pour un café avec terrasse ventilée, direction Saint-Médard, Sainte-Marie des Batignolles ou Saint-Louis. Parce que, soyons honnêtes, qui n'a jamais rêvé de se réfugier sous une voûte centenaire pour échapper à l'asphalte brûlant ? Les murs épais de nos églises, ces merveilles architecturales, offrent naturellement un refuge contre les températures dignes d'un four à pain. On se demande même si les architectes de l'époque n'avaient pas déjà anticipé le réchauffement climatique. Des visionnaires, on vous dit !
L'ironie divine de la canicule
Mais le plus croustillant dans cette histoire, c'est l'ironie délicieuse qu'elle dégage. Dans une société où l'on a parfois l'impression que la religion est reléguée au rang de relique du passé, voilà que les églises reviennent sur le devant de la scène, non pas pour prêcher la bonne parole qui se fait rare en certains lieux, mais pour nous sauver de l'enfer... de la canicule ! Qui aurait cru que la Rédemption viendrait d'un bon vieux bâtiment en pierre ?
Donc, la prochaine fois que vous sentirez la chaleur vous monter à la tête et que l'air conditionné des grands magasins vous fera de l'œil, pensez-y : le salut est peut-être à quelques pas, derrière les lourdes portes d'une église. Vous y trouverez non seulement la bonne température, mais aussi, pour sûr, Dieu et sa grâce qui donnera abondance de fraîcheur à votre coeur desséché, assoiffé.
Alors, prêts à être abreuvé de l'Amour rafraîchissant de Dieu ?
SMR
19/06/2025
C’est sur la croix que Jésus nous a sauvés, et l’Eucharistie, instituée la veille de la passion du Christ, en est restée le mémorial . L’autel est le prolongement du Calvaire, la messe « annonce la mort du Seigneur » (Epître).
Jésus y est en effet à l’état de victime, car les paroles de la double consécration nous montrent que le pain n’est changé qu’au corps du Christ, et le vin n’est changé qu’en son sang, de telle sorte que par cette double action aux effets différents, qui constitue le sacrifice de la messe, les espèces du pain ont un titre spécial à s’appeler le corps du Christ, bien qu’elles contiennent Jésus tout entier puisqu’il ne peut plus mourir, et les espèces du vin un titre spécial à s’appeler le sang du Christ, alors qu’elles contiennent aussi Jésus tout entier.
Et ainsi le Sauveur lui-même, qui est le prêtre principal à la messe, offre d’une façon non sanglante, en même temps que ses prêtres, son corps et son sang qui ont été séparés réellement sur la croix et qui ne le sont que d’une manière représentative ou sacramentelle (matières différentes, paroles et effets différents) sur l’autel.
Par où l’on voit que l’Eucharistie fut instituée sous forme de nourriture , afin que nous puissions nous unir à la victime du Calvaire. L’hostie sainte devient ainsi « le froment qui nourrit nos âmes » (Intr.) Et comme le Christ, en devenant Fils de Dieu, reçut la vie éternelle du Père, de même les chrétiens participent à cette vie éternelle en s’unissant à Jésus par le Sacrement qui est le Symbole de l’unité (Secr.).
Aussi cette possession anticipée de la vie divine sur terre par l’Eucharistie est-elle le gage et le commencement de celle dont nous jouirons pleinement au ciel (Postc.), « Le même pain des anges que nous mangeons maintenant sous les voiles sacrés, dit le Concile de Trente, nous le mangerons au ciel sans voile ».
Considérons la messe comme le centre de tout le culte de l’Église envers l’Eucharistie, et voyons dans la Communion le moyen établi par Jésus pour que nous participions plus pleinement à ce divin sacrifice. De la sorte notre dévotion envers le Corps et le Sang du Sauveur nous obtiendra efficacement les fruits de sa rédemption (Or.).
Au sujet de la procession qui suit la messe, rappelons comment les Israélites honoraient l’Arche d’alliance qui symbolisait la présence de Dieu parmi eux : Quand ils exécutaient leurs marches triomphales, l’arche sainte s’avançait, portée par des lévites, au milieu d’un nuage d’encens, au son des instruments de musique, des chants et des acclamations d’une foule enthousiaste. Nous avons, nous chrétiens, un trésor autrement précieux, car dans l’Eucharistie nous possédons Dieu lui-même. Soyons donc saintement fiers de lui faire escorte et relevons, autant qu’il est en notre pouvoir, son triomphe.
18/06/2025
L'éducation de nos enfants est un sujet au cœur de toutes les préoccupations. Mais dans le paysage actuel, et surtout ces derniers jours où, à la suite du meurtre d’une surveillante scolaire par un adolescent, il fut à juste titre mis en cause la responsabilité parentale, la question de la place de ces derniers dans ce processus fondamental se pose avec une acuité particulière. Un colloque récent, organisé par l'association Juristes pour l'enfance, a mis en lumière une fragilisation du principe de primauté éducative des parents en France, un principe pourtant solidement ancré dans le droit international.
Un principe juridique bafoué ?
Les conclusions de ce colloque soulignent un paradoxe : si la Déclaration internationale des droits de l'homme et la Convention internationale des droits de l'enfant confirment la primauté des parents comme "principaux éducateurs", la réalité du terrain semble s'en éloigner. Aude Mirkovic, présidente de Juristes pour l'enfance, constate une tendance à vouloir "émanciper les enfants de l’autorité parentale", perçue à tort comme un "carcan liberticide".
Plusieurs exemples sont avancés pour illustrer cette dérive :
- La restriction drastique de l'instruction en famille (IEF), soumise à autorisation depuis la loi sur le séparatisme (2021).
- Le durcissement des conditions d'ouverture et la liberté pédagogique restreinte des établissements libres, qui doivent désormais garantir l'acquisition du socle commun.
- L'application prochaine du programme d'éducation affective, relationnelle et sexuelle (Evars) pour les établissements sous contrat d'association, qui sera imposé "que les parents y consentent ou non". Une démarche juridique a d'ailleurs été lancée par les Associations Familiales Catholiques (AFC) pour demander une concertation formelle.
Pressions sur l'enseignement sous contrat et ingérence internationale
Le tableau dressé ne s'arrête pas là. Les établissements sous contrat font face à des pressions croissantes, notamment l'obligation de répondre à des objectifs de mixité sociale qui pourrait compromettre leur caractère propre. De même, les cours de culture religieuse obligatoires dans certains établissements catholiques sont remis en question par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, qui conteste l'organisation d'activités confessionnelles pour tous les élèves.
Plus inquiétant encore, l'article souligne l'ingérence d'instances internationales. Christophe Foltzenlogel, juriste à l'European Center for Law and Justice, alerte sur une "voie bouchée" auprès de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) concernant l'éducation et les droits parentaux. Le Conseil de l'Europe, quant à lui, promeut une éducation non violente appelant à l'interdiction de "tout châtiment impliquant l’usage de la force physique", ce qui, selon le juriste, contribue à la "dévaluation" du rôle des parents et à "l'extraction de l’enfant de sa famille". Ces instances prendraient ainsi le relais des parents sur des sujets variés, de la lutte contre l'obésité à la promotion de l'IVG.
Résister à "l'État nounou"
Olivia Sarton de Juristes pour l'enfance appelle à la mobilisation et insiste sur le rapport de force et la possibilité de gagner. Claire Le Gatelier, présidente de l'association Famille et Liberté, exhorte les parents à ne pas "baisser les bras", soulignant l'importance de revendiquer leurs droits à l'école tout en assumant pleinement leur rôle éducatif à la maison.
L'article conclut en évoquant la promesse de Catherine Vautrin, ministre de la Famille, d'interdire les écrans pour les 0-3 ans, y compris à la maison. Cette mesure, tout comme la loi de 2019 sur les violences éducatives ordinaires (qui a interdit la fessée), pose la question d'un "État nounou" qui risque d'habituer les parents à déléguer leur rôle éducatif à la puissance publique, alors qu'ils sont les mieux placés pour développer une expertise adaptée à chaque enfant.
Une anecdote pour conclure : en 1932 le Ministère de l’Instruction Publique devint le Ministère de l’Education Nationale. Cette insidieuse modification qui déresponsabilise les parents au profit de l’Etat, accélérée par le célèbre “interdit d’interdire” de 1968, produit les fruits amers et empoisonnés actuels.
Peut-être qu’une mise à niveau des “Valeurs de la République”...
SMR
17/06/2025
Ce mardi, une alerte a retenti dans les médias du monde entier : « URGENT – Israël/Iran : Donald Trump appelle la population à évacuer Téhéran immédiatement ». Si cette déclaration de l’ancien président américain, en marge du sommet du G7 au Canada, ne constitue pas une annonce officielle, elle témoigne d’un niveau de tension sans précédent dans le conflit qui oppose l’État d’Israël à la République islamique d’Iran. Bombardements sur des bases militaires, drones abattus, menaces ouvertes : l’affrontement semble franchir un seuil critique. Et de plus en plus de voix s’élèvent pour souligner une dimension bien plus profonde, presque mystique, de cette guerre.
Dans certains milieux religieux et stratégiques, les événements actuels sont perçus à la lumière des prophéties bibliques, en particulier celles contenues dans les chapitres 38 et 39 du livre du prophète Ézéchiel. Ce dernier évoque l’arrivée d’un mystérieux ennemi, Gog, prince du pays de Magog, venant attaquer Israël restauré sur sa terre. Le texte dit : « Fils d’homme, tourne ta face vers Gog, au pays de Magog, prince de Rosh, de Méshekh et de Tubal, et prophétise contre lui. Tu diras : Ainsi parle le Seigneur Yahvé : Me voici contre toi, Gog […] Je te ferai sortir, toi et toute ton armée […] Avec eux, la Perse, Kush et Pouth, tous avec boucliers et casques » (Ézéchiel 38, 2–5). La mention explicite de la Perse , ancienne dénomination de l’Iran –,frappe les esprits. Ce pays ferait partie d’une coalition ennemie montant une attaque contre les montagnes d’Israël.
La prophétie se poursuit ainsi : « Tu viendras dans un pays restauré après le glaive, rassemblé d’entre une multitude de peuples […] Tu monteras, tu viendras comme l’ouragan, tu seras comme un nuage pour couvrir le pays, toi, toutes tes troupes, et des peuples nombreux avec toi » (Ézéchiel 38, 8–9). Enfin, Dieu annonce qu’il interviendra Lui-même pour sauver Israël : « Je briserai ton arc dans ta main gauche et ferai tomber tes flèches de ta main droite. Tu tomberas sur les montagnes d’Israël, toi et toutes tes troupes » (Ézéchiel 39, 3–4).
De nombreux croyants, notamment dans les milieux évangéliques aux États-Unis ou au sein du sionisme religieux, considèrent ces passages comme une annonce des temps présents. Le retour des Juifs sur leur terre, l’hostilité d’une alliance venue du nord comprenant la Perse, la guerre totale… Les éléments leur semblent correspondre. Certains rabbins parlent ouvertement d’une possible réalisation de la guerre de Gog et Magog, prélude au salut messianique d’Israël.
En Iran aussi, la guerre est investie d’un sens religieux. Le régime chiite duodécimain attend le retour du Mahdi, l’imam caché, dont la venue doit mettre fin à l’injustice sur terre. Dans cette perspective, les affrontements avec Israël prennent un caractère eschatologique : la République islamique se voit parfois comme l’instrument divin chargé de précipiter la chute du régime sioniste, perçu comme une entité illégitime et impie. Les discours officiels mêlent politique et théologie, appelant les fidèles à se préparer à un affrontement global.
Israël, de son côté, bien que dirigé par un gouvernement laïc, voit croître l’influence des religieux nationalistes. Pour ces derniers, la guerre contre l’Iran n’est pas seulement défensive : elle s’inscrit dans un processus spirituel, une étape vers la rédemption promise par les prophètes. L’idée que l’histoire biblique s’accomplit à travers les événements actuels gagne du terrain.On ne saurait réduire ce conflit à une seule grille de lecture spirituelle. Les enjeux géopolitiques, nucléaires, énergétiques et stratégiques sont évidemment majeurs. Mais la montée en puissance des discours religieux, de part et d’autre, rend le conflit plus opaque, plus dangereux. Une guerre où l’on croit agir au nom de Dieu devient une guerre sans retour.
Alors que le ciel du Moyen-Orient s’assombrit, un verset résonne avec force : « Tu viendras comme un nuage pour couvrir le pays… » Et nombreux sont ceux, croyants ou non, qui s’interrogent : la guerre d’Ézéchiel est-elle en train de s’écrire sous nos yeux ?
Mathilde de Virene dans Tribune Chrétienne
16/06/2025
[…] Le point de vue qui est le mien est celui d’un observateur, de surcroît non-catholique. C’est peut-être cette position de retrait qui me permet de dire que la réunion de tant de personnes, pour la plupart des jeunes, rassemblées sous le slogan de « Pour qu’Il règne, sur la terre comme au ciel », est un signe puissant que le courant « traditionaliste » témoigne, plutôt qu’il ne s’oppose.
Alors qu’il est confronté à des mesures restrictives de plus en plus fréquentes qui limitent l’usage du rite tridentin (pour quel objectif final ? le faire disparaître ?), certes avec des situations différentes selon les diocèses, n’est-il pas paradoxal que certains dans l’Église prennent le risque de se priver des forces vives que constituent les communautés qu’on appelait « Ecclesia Dei », auxquelles Jean-Paul II avait accordé une largesse certaine dans l’usage du rite ancien ?
Quelles sont ces forces vives ? Les enfants et adolescents des écoles catholiques, des mouvements de scoutisme catholique, les fidèles des paroisses, qui étaient à Chartres. Les vocations qui en sortiront. Les familles qui existent ou se constitueront. L’enquête « Identité, pratiques et perception du catholicisme en France », réalisée par l’Ifop pour l’Observatoire français du catholicisme (OFC), montre l’ampleur de la sécularisation de la société française.
Cependant, Jérôme Fourquet ajoute à cette constatation un commentaire qui change tout : le nombre record des baptêmes d’adolescents et d’adultes montre que nous sommes passés
« d’un catholicisme de conformisme social et d’héritage, majoritaire, à un catholicisme qui est minoritaire dans la société française mais qui procède de plus en plus d’une affirmation et d’un choix ».
En raison, précisément, de ce mouvement d’affirmation, est-il possible que l’Église prenne le risque de voir le fossé se creuser entre elle et les adeptes du rite ancien ? Pense-t-elle que ceux-ci finiront par, comme certains le font déjà, passer indifféremment d’un rite à l’autre, selon l’endroit où ils vivent, la disponibilité du rite ancien et la lassitude des restrictions ? Certains se satisferont sans doute du nouveau rite (Novus Ordo) en latin, messe dite le dos au peuple. Pas tous, pas la majorité.
Le risque est donc qu’en multipliant les restrictions au rite ancien, un fossé se creuse entre l’Église et des fidèles dynamiques, nombreux, qui se sentent brimés. Les organisateurs du pèlerinage de Chartres le réaffirment dans leur manifeste :
« Oui, nous recevons intégralement le concile Vatican II et le magistère récent de l’Église, nous l’étudions dans nos livrets de formations, nous l’interprétons, selon le voeu de Benoît XVI, à la lumière de la Tradition. »
Mais ils ajoutent :
« Nous savons que l’Église ne peut modifier, au nom du progrès ou de l’adaptation au monde, la doctrine de Jésus sur les points aussi essentiels que la théologie de la messe, la doctrine du sacerdoce, l’indissolubilité du mariage ou la morale catholique. »
Doctrinalement, les « traditionalistes » sont donc pleinement dans l’Église, mais il existe des attitudes qu’ils ne veulent pas avaliser. Ils les nomment : le relativisme doctrinal et le progressisme moral.
Qu’ils incarnent une sensibilité propre est une évidence, mais c’est le relativisme doctrinal qui est une erreur et ce que dit le pape sur les questions morales est-il, au fond, si éloigné de leur position ? Ce fossé qui peut s’agrandir au sein du monde catholique, il est sans doute temps, puisqu’un nouveau pape a été élu, de l’éviter par un dialogue sans faux-semblant et un statut clair, au sein de l’Église, pour les communautés traditionnelles.
15/06/2025
Une colonne de foi, d’abord. Tous ces jeunes, et moins jeunes, réunis dans une même marche, confessent une même foi. Ils avancent ensemble, portés par une seule certitude : Jésus-Christ est Seigneur. Pas un slogan, pas une mode, mais une profession de foi jaillie du cœur, dite et redite à chaque pas, à chaque Ave, à chaque halte, à chaque messe. Le Christ est vivant, et c’est Lui qu’ils suivent. Le peuple de Dieu est en marche. Littéralement. Et ce peuple ne demande rien, sinon de rester fidèle à Celui qui l’a sauvé.
Une colonne de ferveur, ensuite. Ces marcheurs ne sont pas là pour battre un record. Ils ne cherchent pas la performance ou la reconnaissance. Leur seul objectif est de rendre témoignage. Trois jours durant, ils prient, ils chantent, ils méditent. À tout instant, ils peuvent se confesser : des centaines de prêtres sont là, au service de cette immense cathédrale vivante. Ce n’est pas un exploit sportif, c’est un acte spirituel. Ils marchent pour les flèches de Notre-Dame de Chartres, et au fond, ils marchent pour le Ciel.
Et si cela s’appelle une identité, alors oui, ils en ont une. Et cette identité, c’est celle du Christ. Qui oserait leur en faire reproche ?
Une colonne d’amour, enfin. C’est peut-être cela qui frappe le plus. L’Amour. L’Amour avec un grand A. L’amour du Christ, d’abord, manifesté dans les regards, dans le silence des processions, dans la joie pure des chants. L’amour de la Vierge Marie, surtout. Elle est là, Mère et Reine, portée dans les bras des pèlerins, priée sans cesse, honorée comme elle le fut dans les siècles passés.
Ce Gloria chanté, capturé en vidéo, témoigne à lui seul de la vérité de ce pèlerinage. Il suffit de l’écouter pour comprendre. On n’est pas là pour se chercher soi-même. On est là pour rendre gloire à Dieu.
Oui, le peuple de Dieu est en marche. Et cette marche ne fléchira pas, car elle est nourrie d’un feu qui ne s’éteint pas : la foi catholique. Si un monde fatigué, déraciné, douteux regarde passer cette colonne sans comprendre, qu’il sache au moins ceci : ces marcheurs-là sont les porteurs d’une espérance. Non pas une idéologie, mais une foi. Non pas une revendication, mais une adoration. Non pas un repli, mais une offrande.
Ils marchent pour Dieu. Et cela suffit.
Philippe Marie
1000RCINFO en partenariat avec Tribune Chrétienne.
14/06/2025
un évêque de l’Eglise clandestine, de cette Eglise qui lutte depuis des décennies pour rester fidèle à Rome malgré les interdictions du pouvoir communiste, malgré, même, le fameux accord provisoire de 2018 obtenu par François. Mgr Joseph Lin Yuntuan a été ainsi promu nouvel évêque auxiliaire de l’archidiocèse continental de Fuzhou, le 5 juin dernier.
Cerise sur le gâteau, il a été nommé d’abord par le Saint-Siège et reconnu ensuite par le gouvernement chinois, qui a daté sa prise de charge au 11 juin. Et la surprise est de taille, car selon les conditions de l’accord, c’est le gouvernement chinois qui propose dans un premier temps et le pape qui approuve ou désapprouve. De plus, Pékin avait pris la fâcheuse habitude de ne pas vraiment requérir l’aval papal, menant son propre jeu pour une Eglise qu’il veut avant tout sinisée, c’est-à-dire communiste.
Un haut dignitaire religieux local a avoué que cette fois, « le chat avait laissé la souris manger le grain »… Serait-ce un effet de la prière remarquée de Léon XIV, le 26 mai dernier, pour la communion des catholiques chinois « avec l’Eglise universelle » ?
La réponse du pape Léon XIV à la Chine communiste
Le Saint-Siège a été diplomate : il a attendu l’acceptation par le gouvernement chinois pour faire une publication officielle, mais a bien précisé, dans son communiqué, qu’il l’avait nommé une semaine auparavant.
« Nous sommes heureux d’apprendre qu’aujourd’hui, à l’occasion de la prise de possession de la charge d’évêque auxiliaire de Fuzhou par Son Excellence Mgr Joseph Lin Yuntuan, son ministère épiscopal est également reconnu en droit civil. Cet événement constitue un nouveau fruit du dialogue entre le Saint-Siège et les autorités chinoises et une étape importante dans le cheminement de communion du diocèse », a déclaré Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse.
Non seulement le pape a agi indépendamment de l’Etat communiste, mais il a choisi une figure de l’Eglise clandestine qui s’est engagée de façon notable. Formé au séminaire du diocèse de Fuzhou, Joseph Lin, 73 ans, a exercé les fonctions d’administrateur apostolique entre 2003 et 2007, puis de nouveau entre 2013 et 2016, avant d’être consacré évêque en 2017. Il n’avait jamais, jusque-là, été reconnu par les autorités.
Comme des sources l’ont confirmé au média The Pillar, c’est l’archevêque de Fuzhou, Mgr Joseph Cai Bingrui, installé à la tête de l’archidiocèse en janvier, qui, désireux de s’adjoindre Mgr Joseph Lin et bien vu des autorités, les a persuadés d’accepter.
Pékin cède ?
Alors, bien sûr, Mgr Lin « a solennellement juré de respecter la Constitution et les lois du pays, de préserver l’unité de la patrie et l’harmonie sociale, d’aimer la patrie et l’Eglise, d’adhérer au principe d’Eglises indépendantes et autonomes, de suivre la voie de la sinisation de l’Eglise catholique dans notre pays et de contribuer à la construction globale d’un pays socialiste modernisé et à l’avancement global du grand renouveau de la nation chinoise ». C’est l’inéluctable contrepartie que certains catholiques de l’Eglise souterraine se mettent en devoir de refuser.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la direction de cet archidiocèse a longtemps été un sujet de tension entre l’Eglise clandestine et l’appareil d’Etat. A la suite de l’accord de 2018, une grande partie du clergé local a résisté à l’adhésion à l’Association catholique patriotique chinoise, pur produit du Parti communiste. Et en 2020, lorsque Pékin a fini par reconnaître celui qui avait été nommé archevêque de Fuzhou par Benoît XVI en 2010, Mgr Lin Yuntuan (emprisonné et condamné à 10 ans de travaux forcés dans les années 1980), certains ont parlé de « trahison ».
Un si long et si difficile combat ne peut être simple. Ce qui est sûr, c’est que ce geste de Léon XIV prouve son souci de l’Eglise qui est en Chine, et fait se repositionner le Vatican, dont le gouvernement communiste a toujours refusé l’autorité religieuse.
Même ces dernières années, Pékin avait pris l’habitude d’annoncer publiquement la nomination et l’installation d’évêques sans la reconnaissance du Vatican et souvent, apparemment, sans l’approbation papale. Pire, au cours de la période dite « Sede vacante », entre la mort du pape François et l’élection de Léon XIV, le gouvernement chinois a procédé, sans sourciller, à « l’élection » de deux évêques dans les diocèses de Shanghai et Xinxiang : on ne profite pas ainsi d’une si petite fenêtre temporelle sans bonne raison politique. Et même si elles étaient prévues de longue date, les retarder eut été un moindre signe de respect diplomatique.
Une nouvelle ère pour l’Eglise clandestine qui est en Chine ?
Après le conclave qui a élu le pape Léon XIV, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Vatican, a laissé entendre lors d’entretiens que l’installation du prêtre Li Janlin comme évêque du diocèse de Xinxiang, avait été préalablement approuvée par le pape François avant sa mort, révèle The Pillar. Cependant, aucune déclaration officielle du Vatican, ni aucune reconnaissance n’ont jamais été faites.
Il pourrait s’agir d’une simple justification a posteriori opérée par le principal artisan de l’accord Vatican-Chine qui a tout intérêt à prouver la bonne conduite de Pékin. Surtout qu’il existe déjà un évêque de Xinxiang reconnu par Rome, à savoir Mgr Joseph Zhang Weizhu, nommé par le pape Jean-Paul II en 1991, qui a dirigé le diocèse pendant des décennies en tant qu’évêque de l’Eglise clandestine, et qui se trouve depuis quatre ans en détention, à la suite d’un raid policier dans un séminaire clandestin !
Si par ces deux nominations éclairs unilatérales Pékin semble avoir voulu éprouver la partie adverse, Rome a relevé le gant avec intelligence avec cette nomination tactique de Mgr Joseph Lin Yuntuan, la première de son genre.
On peut même se demander si Léon XIV n’a pas assisté à la prise de parole de Mgr Zen que raconte le blog Silere Non Possum : lors d’une des congrégations générales précédant le conclave, le cardinal aurait évoqué, dans un discours courageux, la situation de l’Eglise en Chine, parlant ouvertement de la trahison subie par les fidèles chinois fidèles au pape, abandonnés au profit d’accords diplomatiques avec le régime communiste, déplorant le silence du Saint-Siège face à la persécution des évêques, des prêtres et des laïcs qui refusent de se plier à l’Association patriotique contrôlée par le Parti. L’avenir nous le dira.
Clémentine Jallais dans RITV
11/06/2025
1. Le Sacré-Cœur : Origines, Évolution et Importance Actuelle
Racines Historiques et Diffusion : La dévotion au Sacré-Cœur remonte aux "premiers temps du christianisme" et s'est particulièrement développée au XVIIe siècle sous l'impulsion de sainte Marguerite-Marie Alacoque à Paray-le-Monial. C'est en juin 1675 que le Christ lui demande de propager cette dévotion.
Reconnaissance Ecclésiastique : Les apparitions de Paray-le-Monial sont reconnues en 1765. Le concile Vatican II (1965) a élevé la célébration du Sacré-Cœur au rang des solennités, fêtée "19 jours après la Pentecôte, un vendredi, le 27 juin cette année".
Appel Papal à la Redécouverte : La récente encyclique du pape François, Dilexit nos (octobre 2024), "invite à dépoussiérer cette ancienne dévotion", y voyant le "cœur aimant et compatissant de Dieu". Le pape François souligne l'importance du cœur comme ce qui peut "le mieux signifier l’amour divin du Christ uni pour toujours et inséparablement à son amour humain". Il perçoit ce culte comme pouvant faire "beaucoup de bien", agissant comme un "antidote contre des 'maladies très actuelles' qui frappent le monde et l'Église aujourd'hui".
2. Initiatives Majeures en Europe en Juin 2025
Plusieurs événements majeurs soulignent le nouvel élan de cette dévotion :
Consécration de l’Irlande au Sacré-Cœur de Jésus (22 juin) :
Initiée par la "Croisade du Sacré-Cœur", un groupe de prêtres, religieux et laïcs.
Quatre statues pèlerines du Sacré-Cœur, bénies par le pape François le 8 janvier 2025, parcourent les provinces ecclésiastiques d'Irlande depuis février.
Ces statues convergeront vers le sanctuaire marial de Knock pour une "grande messe au cours de laquelle l’Irlande sera consacrée à nouveau au Sacré-Cœur de Jésus". La dernière consécration nationale remonte à "plus de 150 ans".
Congrès International "Cor Iesu Spes Mundi" en Espagne (6-8 juin) :
Organisé à Valladolid par l’Institut du Cœur du Christ et l’archidiocèse.
Le thème, "Cœur de Jésus, espérance du monde", répond aux paroles du pape François dans la bulle d'indiction au Jubilé : "L’espérance naît de l’amour et se fonde sur l’amour qui jaillit du Cœur de Jésus transpercé sur la croix" (Spes non confundit, 3).
Le congrès vise à "approfondir le mystère du Cœur du Christ comme Espérance pour le monde".
Valladolid est un lieu symbolique, car le bienheureux Bernardo de Hoyos y a reçu la "Grande Promesse" du Christ : "Je régnerai en Espagne", le 14 mai 1733.
350e Anniversaire des Apparitions à Paray-le-Monial, France (Clôture du Jubilé : 27-29 juin) :
Marque la clôture du Jubilé des 350 ans des apparitions à sainte Marguerite-Marie.
Point d'orgue : les "Fêtes du Sacré-Cœur", présidées par le cardinal François Bustillo, envoyé spécial du pape Léon XIV.
L'association Civilisation de l’Amour, en collaboration avec le Sanctuaire de Paray-le-Monial, a œuvré à la promotion des consécrations (personnelles, familiales, paroissiales) au Sacré-Cœur.
Un site internet, "Se consacrer", a été créé pour faciliter cette démarche. Les instigateurs considèrent la spiritualité du Cœur de Jésus comme "un trésor pour notre temps", contribuant à "bâtir une civilisation de l'amour" en permettant aux fidèles de "faire l’expérience de la rencontre de Jésus et de Son Cœur miséricordieux".
3. Le Soutien du Pape Léon XIV à la Dévotion au Sacré-Cœur
Clôture du Jubilé des Prêtres à Rome (25-27 juin) : La solennité du Sacré-Cœur clôturera cet événement, avec une messe présidée par le pape Léon XIV sur la Place Saint-Pierre.
Enracinement Spirituel : Léon XIV, en tant que "fils spirituel de saint Augustin", est imprégné d'une tradition qui "valorise la contemplation du Cœur du Christ comme source de miséricorde". Ses armoiries représentent d'ailleurs "un Sacré-Cœur percé d'une flèche et posé sur la Bible".
Programme d'Évangélisation : Dans sa première lettre aux catholiques de France (31 mai 2025), à l'occasion du centenaire de canonisations, Léon XIV cite l'encyclique Dilexit nos du pape François et encourage l'ancrage dans la spiritualité du Sacré-Cœur : "Il ne saurait y avoir de plus beau et de plus simple programme d’évangélisation et de mission pour votre pays : faire découvrir à chacun l’amour de tendresse et de prédilection que Jésus a pour lui, au point d’en transformer la vie". Il note que saint Jean Eudes fut "le premier à avoir célébré le culte liturgique des Cœurs de Jésus et de Marie".
Continuité et Réponse aux Défis : Le pape Léon XIV "inscrira ses pas dans ceux de ses prédécesseurs, et en particulier ceux du pape François, et voit dans cette dévotion une réponse aux défis spirituels et sociaux de notre temps".
En résumé, le mois de juin 2025 est présenté comme un moment clé pour la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, marquant l'espoir d'un "nouvel élan" et d'une "renaissance" à l'échelle européenne, fortement encouragée et articulée par les papes François et Léon XIV comme une voie d'espérance et d'amour face aux défis contemporains.
F.C.
10/06/2025
Parmi celles-ci, on peut citer l’hymne Veni Creator Spiritus, qui, dans sa mélodie grégorienne, continue de résonner en diverses occasions, et pas uniquement autour de la fête de la Pentecôte. Il est en effet utilisé chaque fois que l’on invoque l’assistance de l’Esprit Saint pour une circonstance particulière.
Le chant du Veni Creator Spiritus est prescrit pour l’Office divin durant la Pentecôte, même s’il nous arrive parfois de l’entendre pendant la Messe, où la séquence Veni Sancte Spiritus est pourtant prescrite. L’hymne est attribué à Rabban Maur, archevêque de Mayence au IXe siècle et grande figure de la culture carolingienne. Composé dans le huitième mode grégorien, le texte est d’une grande beauté et riche en théologie. L’auteur semble rivaliser avec lui-même pour trouver des titres dignes de l’Esprit Saint, qu’il appelle « doux consolateur, don du Père très haut, eau vive, feu, amour, saint chrême de l’âme, doigt de la droite de Dieu… ». Dans une strophe, on demande à l’Esprit d’être lumière pour l’intelligence et de répandre l’amour dans nos cœurs, en fortifiant nos corps faibles de sa vigueur ferme.
Le cardinal Raniero Cantalamessa, ancien prédicateur de la Maison pontificale, affirme :
« Dans l’hymne le plus célèbre à l’Esprit Saint, le Veni Creator, composé au début du IXe siècle, on demande à l’Esprit d’“allumer une lumière dans l’esprit” (accende lumen sensibus). (Le mot sensus ne désigne pas ici les sens extérieurs, mais, comme souvent dans le latin ecclésiastique, l’intelligence, la pensée, l’esprit). »
En somme, on demande à l’Esprit Saint d’éclairer notre esprit et de soutenir notre cœur.
À côté de la version grégorienne, il existe de nombreuses mises en musique de cet hymne, souvent en polyphonie. L’une des plus belles, selon moi, est celle de Domenico Bartolucci (1917–2013), ancien maître de la Chapelle Sixtine et plus tard cardinal. Il en a fait une version pour sopranos, premiers et deuxièmes ténors, barytons et basses – un chœur mixte à cinq voix. Cette version est souvent interprétée lors des cérémonies pontificales, comme lors du récent conclave. Elle s’inspire de la mélodie grégorienne, mais en supprimant certaines notes (les notes inutiles, c’est-à-dire celles qui ne sont pas essentielles à la structure mélodique – une pratique en usage depuis la Renaissance).
Très touchante est la manière dont les voix graves, les voix masculines, forment une sorte de fond sonore au chant des sopranos qui, dans la Chapelle Sixtine, sont confiés à l’innocence vocale des Pueri Cantores. L’usage traditionnel d’habiller polyphoniquement les mélodies grégoriennes a trouvé en Domenico Bartolucci un très grand maître, fidèle d’ailleurs à ce qu’avait affirmé le concile Vatican II, qui réserve au chant grégorien la première place, et à ce qu’avait déjà ordonné saint Pie X dans son motu proprio sur la musique sacrée :
« Le chant grégorien a toujours été considéré comme le modèle suprême de la musique sacrée. Aussi peut-on poser en principe général : plus une composition sacrée s’inspire, dans sa forme, son inspiration et sa saveur, de la mélodie grégorienne, plus elle est propre au culte divin ; plus elle s’en éloigne, moins elle est digne du sanctuaire. »
Une règle que le maître toscan a suivie de manière exemplaire.
Il existe de nombreuses compositions en l’honneur de l’Esprit Saint, que l’on entendait souvent lors de la fête de la Pentecôte. L’Esprit Saint a inspiré des musiciens et des artistes de toutes les époques. Dans une homélie prononcée pour le vingt-cinquième anniversaire de sa consécration épiscopale, en contemplant la colombe du Bernin dans la basilique Saint-Pierre, Pie XII disait :
« Tout à l’heure, alors que, au pied de cet autel, dans les souvenirs graves qui émouvaient et inondaient Notre âme, Nous revêtions les ornements sacrés pour nous préparer à célébrer le Sacrifice eucharistique, Notre regard, se levant, contemplait resplendissante, du haut de ce merveilleux baldaquin, au milieu de rayons d’or, l’image de la colombe aux ailes déployées – symbole évangélique et réconfortant de l’Esprit Saint Paraclet, qui veille sur l’Église, y souffle et y répand les multiples charismes de sa grâce et l’abondance de sa paix spirituelle. C’est un symbole qui parle. »
Oui, un symbole qui parle en tout temps, comme dans l’hymne dont nous avons parlé, où le doux Consolateur est imploré pour être lumière de notre intelligence et soutien dans l’épreuve.