Le blog du Temps de l'Immaculée.

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La paix du Christ, combat permanent

28/08/2025

La paix du Christ, combat permanent

En Inde, les violences contre les fidèles, encouragées par des responsables politiques, montrent combien la foi chrétienne est menacée. En France, les agressions et profanations d’églises se multiplient, comme une hostilité diffuse gagnant chaque jour du terrain. Partout, sous des formes diverses, les chrétiens sont frappés.

 

Le Christ lui-même nous a avertis : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Mt 10, 34). « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Lc 12, 51). Ces paroles, à rebours de nos représentations humaines, révèlent que la paix du Christ n’est pas un confort tranquille. Elle est d’une autre nature. Elle n’est pas un état figé, mais un combat permanent pour la justice.

 

Autrement dit, il n’y a pas de paix sans vérité ni sans justice. Le monde peut promettre des trêves ou des compromis ; seule la fidélité au vrai bien engendre une paix durable.

 

Une jeunesse enracinée dans la foi
Pourtant face à un monde en guerre, cette paix s’est manifestée avec éclat cet été, lors du Jubilé des jeunes à Rome. Plus d’un million de jeunes, venus de 146 pays, se sont rassemblés autour du pape Léon XIV à Saint-Pierre, au cirque Maxime puis à Tor Vergata. Ce n’était pas une parenthèse d’enthousiasme mais le signe que la jeunesse catholique, enracinée dans la foi, refuse de se résigner. Cet élan doit être accompagné avec discernement : il ne s’agit pas de s’enflammer au point de se décourager quand la difficulté surgira, ni de refroidir l’ardeur par des exigences trop lourdes dès le départ.

 

Mais quelle paix cherchons-nous réellement ? Certainement pas celle de la vengeance, ni celle de la complaisance. Les persécutions, les injustices, les insultes n’appellent pas la haine en retour. Elles sont l’occasion de manifester une autre force : celle de la charité, de la persévérance, de la fidélité.

 

Pie XI le rappelait :

 

« Il y a bien peu à attendre d’une paix artificielle et extérieure qui règle et commande les rapports réciproques des hommes comme ferait un code de politesse ; ce qu’il faut, c’est une paix qui pénètre les cœurs, les apaise et les ouvre peu à peu à des sentiments réciproques de charité fraternelle » (Ubi arcano Dei).

 

Notre refus du désordre n’est donc pas une réaction épidermique à l’inconfort ou au chaos ambiant, mais un enracinement dans la quête de justice.

Défendre la paix, c’est refuser de travestir le bien et le mal, même quand les lois deviennent schizophrènes et que la société semble préférer ses intérêts particuliers à la recherche du bien commun.

 

Une fidélité jusqu’au bout
L’exemple des martyrs de notre temps nous rappelle qu’accepter le combat pour la vérité est aussi accepter d’être rejeté.
Comme eux, nous devons recevoir ces épreuves comme une purification. Car la paix du Christ n’est pas donnée en dehors de la Croix : elle se manifeste précisément dans la fidélité jusqu’au bout, même quand tout semble s’effondrer autour de nous. « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).

 

Mais cet artisanat est exigeant : il demande de répéter inlassablement, à temps et à contre-temps, la vérité de l’Évangile, même quand nos contemporains préfèrent détourner le regard.

 

Beaucoup refusent de voir l’évidence de l’effondrement moral et culturel de notre société. L’obsession de « l’enfant parfait » en est une illustration. Des « start-up » de biotechnologie proposent déjà de sélectionner les embryons selon des critères arbitraires : beauté, performances intellectuelles, absence de fragilités… Mais ce n’est pas une raison pour se taire. Il nous revient d’être la lumière dont le monde a besoin, non pas en défendant une option parmi d’autres, mais en incarnant l’équilibre qui vient de Dieu. Être artisan de paix, c’est être témoin de la vérité, coûte que coûte, avec patience et charité.

 

Le monde est en guerre contre les disciples du Christ. Mais le chrétien n’est pas condamné à subir : il est appelé à rayonner, à manifester que la vraie paix existe déjà, même au milieu des tempêtes. Elle n’est pas une utopie mais une promesse vivante car le Christ a déjà vaincu le monde.

 

Alors ne cédons pas au découragement. N’idéalisons pas un passé révolu, ni ne rêvons d’un futur imaginaire. La paix du Christ est à accueillir et à vivre aujourd’hui comme saint Augustin nous y exhorte : « Ne dites pas que les temps sont mauvais, vous êtes les temps. Soyez bons et les temps seront bons. » (Sermon 80)


Maitena Urbistondoy

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Expériences de mort imminente, « un message d’espérance » ?

27/08/2025

Expériences de mort imminente, « un message d’espérance » ?


Le concept des expériences de mort imminente (EMI) a captivé l'imagination populaire et le monde scientifique pendant des décennies. Le Dr. Patrick Theillier, ancien directeur du Bureau des constatations médicales de Lourdes, est interrogé par Véronique Jacquier de France Catholique offre un point de vue unique. L'article se concentre sur la manière dont les EMI peuvent être interprétées à travers le prisme de la foi chrétienne, les décrivant non seulement comme des phénomènes mystérieux, mais aussi comme un message d'espoir en accord avec la doctrine de l'Église.

 

Les EMI comme message d'espoir et de réaffirmation de la foi
Selon le Dr Theillier, les EMI sont bien plus que de simples hallucinations. Il les définit comme un ensemble de visions et de sensations vécues par des personnes en état de mort clinique. Ces expériences transforment profondément les individus, les amenant à voir la mort non pas comme une fin, mais comme un simple passage. Il soutient que dans une société occidentale marquée par une "apostasie silencieuse", ces expériences agissent comme un message prophétique. Elles rappellent à l'humanité que la vie ne s'arrête pas à la mort et qu'elle est un chemin vers une autre vie remplie d'amour infini. L'article suggère que les EMI sont une manifestation de la miséricorde de Dieu, cherchant à ramener le monde à la vie divine.

 

Concordance entre EMI et doctrine chrétienne
L'un des arguments centraux de l'article est que les EMI sont en parfaite harmonie avec l'enseignement de l'Église. Le Dr Theillier affirme que leurs caractéristiques coïncident avec des doctrines chrétiennes fondamentales, telles que l'existence de la vie éternelle, la séparation de l'âme et du corps, l'immortalité de l'âme, et le jugement particulier après la mort. Il avance que les EMI apportent une confirmation tangible de l'existence d'une réalité spirituelle et de l'immortalité de l'âme, renforçant la croyance chrétienne. L'article va plus loin en citant des exemples de saints, comme Thérèse d'Avila et Mariam Baouardy, qui auraient vécu des expériences similaires, qui ont agi comme des événements fondateurs dans leurs vies.

 

La résurrection de la chair à la lumière des EMI
L'article aborde également la question complexe de la résurrection de la chair. Se référant à des théologiens comme les Pères François Varillon et Jean-Marc Bot, le Dr Theillier propose une interprétation selon laquelle l'âme séparée du corps après la mort conserve une "mémoire du corps". Cela signifie que notre identité, y compris notre histoire et notre personnalité, est préservée. Les témoignages de ceux qui ont vécu des EMI, et qui disent avoir rencontré des êtres chers défunts "rajeunis et transfigurés", sont cités comme preuve. L'article soutient que la résurrection de la chair est un processus qui commence dès notre conception et se poursuit tout au long de notre vie dans l'au-delà, en particulier après notre baptême. Les EMI, selon lui, corroborent cette vision de notre destinée.

 

Conséquences éthiques : les EMI et le débat sur l'euthanasie
L'article conclut en évoquant l'importance des EMI dans le débat sur l'euthanasie. En soulignant l'existence de la vie après la mort, les EMI offrent une perspective qui contredit l'idée que la vie physique est la seule réalité. Selon le Dr Theillier, la connaissance de ces expériences peut nous détourner de l'euthanasie et du suicide assisté. Elles rappellent que la mort n'est pas la fin, mais une transition. Le langage utilisé, comme "fin de vie" au lieu d'euthanasie, est perçu comme une négation de cette réalité spirituelle, renforçant l'argument selon lequel ces expériences sont une expression de la miséricorde divine pour un monde désorienté.

La prière ou le don des larmes : savoir pleurer !

26/08/2025

La prière ou le don des larmes : savoir pleurer !

Si (sou)rire est le propre de l’homme (1), pleurer certainement aussi. Non les larmes de crocodile ou celles, indignes, du lâche et du pleutre ! Mais celles, authentiques, d’émerveillement ou de chagrin, qui montent aux yeux de l’animal spirituel en certaines occasions, comme une prière (2). Larmes indissociables de désolation et de consolation, les premières appelant les secondes (3). Elles le renvoient alors à sa dimension d’être vulnérable, précaire, blessé par le péché originel, capable d’une pieuse émotion dans ses bonheurs et ses malheurs terrestres ainsi assumés. Charles Baudelaire lui-même le reconnaît de cette manière édifiante :

« Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
« Que nous puissions donner de notre dignité
« Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge
« Et vient mourir au bord de votre éternité ! »
(Les Fleurs du Mal, “Les Phares”)

 

Les larmes des hommes touchent le Cœur de Dieu, dont le nom est Miséricorde, car elles lui appartiennent, commente le père Jean-François Thomas (dans Aleteia). On évoque justement le mot qu’Ernest Hello attribue à sainte Rose de Lima : « Les larmes sont à Dieu, et quiconque les verse sans songer à lui, les lui vole » (Paroles de Dieu, “Les larmes dans l’Écriture”). « La Providence est un Pactole de larmes », qui pèse sans mesure dans « la balance du Juge des douleurs humaines », traduit autrement Léon Bloy …

 

Dans ces véritables moments d’exception, ne retiens pas tes larmes par fausse pudeur ou respect humain ! C’est en effet une force, dont se prive l’orgueil, de bien vouloir admettre qu’on a besoin d’être consolé par un Amour supérieur. Les larmes ne sont pas l’apanage des femmes. Jésus lui-même, à plusieurs reprises, nous en a donné l’exemple. Et Il nous a confié cette béatitude révélatrice, qui arrose en quelque sorte toutes les autres en cette vallée de larmes baignée par son amour rédempteur : – Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés !

 

– Ne pleure pas (Lc 7, 13), anticipe pour ainsi dire Notre Seigneur à la vue de la veuve de Naïn, en deuil de son fils unique qu’Il ressuscite et « remet à sa mère », touché de compassion pour elle ; comme Il le sera aussi pour Jaïre implorant la guérison de sa fille (Lc 8, 40-56). « Dans notre exil, nous soupirons, mais nous rencontrons parfois des compagnons qui ont vu la cité sainte (où Dieu essuiera toute larme, il n’y aura plus ni deuil, ni plainte, ni fatigue : Ap 21,4) et qui nous invitent à y courir », explique pour sa part saint Augustin.

 

« Celui qui sème dans les larmes récoltera dans la joie », nous prévenait déjà le psaume 125. Saint Pierre en a fait l’expérience singulière dans sa déloyauté même, à la différence de Judas. En entendant le chant du coq, il a eu honte et s’est repenti aussitôt : la source de ses larmes jaillit d’un cœur de chair broyé mais déjà pardonné, réconcilié au Cœur transpercé de Jésus. Qui donnera le premier chef de l’Eglise et le martyr que l’on sait.

 

On pourrait dire de ce don des larmes ce que nous disions du don des mérites dans la communion des saints (cf. Europa Scouts n° 156) : comme aucun de nos sacrifices, aucune de ces larmes précieuses (qu’elle soit versée pour une souffrance crucifiante ou pour une joie illuminée) n’est perdue ni perdante. « Elle est recueillie et versée dans le calice du Sang du Maître comme cette goutte d’eau de l’offertoire qui nous rend participants à la divinité de Celui qui a épousé notre humanité » (P. Thomas). Mystérieuse confraternité des larmes !

 

Paradoxalement, au lieu de nous rebeller ou de nous désespérer, ces sanglots libérateurs qui nous échappent parfois des entrailles peuvent apaiser et purifier notre cœur de pierre bien friable, dans une étonnante correspondance tant immanente que transcendante. Ces larmes nous font redevenir comme des petits enfants fragiles et transparents, ces “tout-petits” au sens évangélique du terme, confiants et dépendants dans leur affection, pleins d’abandon et d’humilité. Elles expriment une compréhension imperceptible, une intuition indicible aussi fugitive soit-elle, comme une conscience infuse, du lien intime de nos amours terrestres avec ce souverain Bien trinitaire : Père maternel, Verbe fraternel et Esprit consolateur, cet Amour infini, personnel et créateur, qui nous a aimés le premier (I Jn 4,19). Comme un morceau angélique de très belle musique, ces larmes adoucissent nos trop dures et parodiques mœurs humaines. Le don des larmes est une grâce. Une grâce de communion. Un échange de dons…

 

Une école de conversion

Des lamentations des psaumes aux larmes de Notre Dame dans ses apparitions, en passant par les pleurs des plus grands saints (de Marie-Madeleine à Monique sans oublier François et Dominique…), les larmes douces ou amères, de peine ou de joie, de déréliction ou de contemplation (devant la beauté de la créature ou de l’œuvre d’art), de nostalgie ou de retrouvailles, de componction ou de contrition… sont une école de conversion. Comme « il est nécessaire de faire l’éducation de nos sourires » (Clément d’Alexandrie), il faut faire celle de nos larmes. Apprendre à pleurer, c’est quelque part apprendre à mourir, se convertir, « mouiller à la grâce » (Péguy), c’est-à-dire se disposer à bien rencontrer notre Rédempteur.

 

Même s’ils ne se distribuent pas de la même manière et à égalité, les deux (sourires et larmes) sont au reste du même genre de “discipline”, d’ascèse et de spiritualité, par leur vertu d’apaisement et de calme, de force et de douceur. Dans leur volonté d’apporter le Christ, les « porteurs de sourire » (Guy de Larigaudie) ne tardent jamais à être de vrais porteurs de larmes et inversement. Leur bonheur a inévitablement une croix. Pensons notamment à notre petite sœur louvette Anne-Gabrielle Caron (morte d’un cancer osseux), dont le sourire radieux et légendaire répondait à combien de larmes versées sur fond de joie chrétienne. « Seule une larme coule au moment où elle quitte ce monde. Une larme de joie ? En voyant le Ciel, sublime fin de son calvaire offert avec tant de charité et de courage », a écrit Daniel-Ange.

 

« Un jour, alors qu’elle contemple une image du Christ en croix, elle s’écrit : “Non, c’est trop !” Sa maman, croyant qu’elle a un accès de douleur, s’approche. Mais Anne-Gabrielle lève alors la tête, des larmes pleins les yeux et la regarde avec détresse, elle explicite : “Jésus. Il a trop souffert.”(…)

Quand, la voyant si malheureuse de perdre ses cheveux, je lui dis : “Très sincèrement, ma chérie, si je pouvais perdre mes cheveux à ta place, je le ferais tout de suite”, elle sourit, touchée. Honnêtement, je continuai : “Je ne peux pas dire que je voudrais être malade à ta place car je ne sais pas si je pourrais supporter tout ce que tu supportes (surtout, ce que je ne lui dis pas, c’est que j’étais sûre, moi, de ne pas être prête du tout à paraître devant Dieu – contrairement à elle).” Elle sourit encore.

“ Mais cela me rend vraiment malheureuse de voir que l’on ne peut rien faire pour toi.

Mais vous faîtes déjà beaucoup.
Que fait-on, ma chérie ?
Vous m’aimez. » (…)
Les derniers jours, elle est paralysée, ne peut plus bouger, ni voir. Elle ne peut même plus sourire complètement. Son plus grand regret est de “ne plus pouvoir faire de vrais baisers”. Quand elle se croit seule : “Jésus, Jésus, j’ai mal partout.” Elle appelle Jésus à son secours, doucement, comme un ami. »

(D’après le journal intime de ses parents)

 

Sans en abuser dans un sentimentalisme, un romantisme ou un misérabilisme de mauvais aloi, apprenons donc à pleurer sincèrement quand les larmes montent aux yeux (fenêtres) de l’âme et viennent comme une prière et une offrande spirituelle. Si la guide ou le scout peuvent être des « semeurs de joie » (Larigaudie), c’est parce qu’ils donnent et se donnent en souriant mais aussi, quelque fois et plus rarement, en pleurant hardiment.

 

Hermine (Rémi Fontaine)

 

(1)« Semer du sourire » dans Parole de scout, éditions Sainte-Madeleine, p. 133.

 

(2)Dans Une larme m’a sauvée (Les Arènes), Angèle Lieby témoigne comment une larme précisément peut témoigner de la dignité inamissible de l’être humain, fut-il plongé dans un état comatique prétendument “végétatif ”.

 

(3)« Seigneur, je pleure très souvent. Est-ce de tristesse en songeant à ce que je souffre ? Est-ce de joie en me souvenant de vous ? Comment démêler cela et comment ne pas pleurer en essayant de le démêler ? » Léon Bloy.

Philippe de Villiers raconte St Louis

25/08/2025

Philippe de Villiers raconte St Louis

25 Août - Saint Louis, roi de France

25/08/2025

25 Août - Saint Louis, roi de France

Roi de France durant plus de quarante ans, il incarna à la fois l’autorité royale et la fidélité chrétienne, laissant une empreinte durable dans la mémoire nationale et ecclésiale.Grâce aux récits de son ami et conseiller Jean de Joinville, l’histoire a retenu l’image emblématique d’un souverain rendant la justice à l’ombre d’un chêne, près du château de Vincennes. Cette scène, devenue légendaire, reflète le sens aigu de la justice de Louis IX, mais aussi son désir de proximité avec son peuple. Il fut reconnu comme un homme de prière, de charité et de simplicité, autant que comme un monarque puissant et respecté.

 

Né à Poissy en 1214 (ou 1215), Louis devint roi de France en 1226, à l’âge de douze ans, sous la régence de sa mère Blanche de Castille. À vingt ans, il épousa Marguerite de Provence, avec qui il partagea un lien conjugal profond et fidèle. Leur union fut féconde : ils eurent ensemble huit enfants qu’ils élevèrent dans la foi.Louis IX ne sépara jamais sa mission royale de sa vocation chrétienne. Il soutint les pauvres, visita les malades, fonda des hôpitaux et encouragea la vie religieuse. Sa générosité se traduisit également par un immense projet architectural et spirituel : la construction de la Sainte-Chapelle, véritable écrin de lumière destiné à abriter la Couronne d’épines et d’autres reliques de la Passion.

 

Animé d’un ardent désir de protéger la Terre Sainte, Louis IX prit la croix et s’embarqua en 1248 pour l’Orient. Fait prisonnier à Mansourah en Égypte, il fut libéré avant de regagner son royaume. Loin de se laisser décourager, il poursuivit son idéal de réconciliation et de paix, réformant le royaume et interdisant notamment le duel judiciaire.Ses contemporains soulignèrent sa sagesse politique. En 1258, il mit fin à un conflit séculaire entre la France et l’Angleterre par le traité de Paris. Sa renommée était telle que des souverains étrangers sollicitaient son arbitrage. Pourtant, son désir demeurait de reprendre la route de la croisade. Ce rêve ultime l’amena en 1270 jusqu’à Tunis, où la maladie eut raison de lui. Il mourut le 25 août dans son camp militaire, confiant son âme à Dieu.


Canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII,
Louis IX est le seul roi de France élevé à la gloire des autels

 

Il est devenu patron des tertiaires franciscains, mais aussi de nombreuses professions, allant des coiffeurs aux ouvriers du bâtiment. Sa mémoire demeure vivante dans l’art, la liturgie et la culture populaire.

 

Saint Louis fut aussi un protecteur des savoirs : il fonda en 1257, avec Robert de Sorbon, la future Sorbonne, et soutint les grands théologiens de son temps tels que saint Bonaventure et saint Thomas d’Aquin. Il suivit avec attention l’édification de Notre-Dame de Paris, en particulier ses rosaces monumentales.Les diocèses français rappellent encore aujourd’hui son rôle décisif dans l’histoire nationale : en Saintonge, lors de la bataille de Taillebourg en 1242 ; à Vincennes, par l’image du roi-juge ; à Longchamp, où sa sœur Isabelle, future bienheureuse, fonda une abbaye franciscaine grâce à son soutien.

 

Les paroles rapportées par Joinville révèlent son sens chrétien de la royauté :

« Si je dépense beaucoup d’argent quelquefois, j’aime mieux le faire en aumônes faites pour l’amour de Dieu que pour frivolités et choses mondaines. Dieu m’a tout donné ce que j’ai. Ce que je dépense ainsi est bien dépensé. »

 

Louis IX rappelle ainsi que l’autorité politique peut se vivre comme un service, enraciné dans le baptême et orienté vers le bien commun. Son témoignage continue d’inspirer l’Église et les fidèles, sept siècles après sa mort, comme modèle de gouvernant chrétien uni à Dieu, humble devant son peuple et juste généreux envers les pauvres.

 

Avec Nominis

« Le manque de prêtres en France, dans le monde, est un grand malheur ! »

25/08/2025

« Le manque de prêtres en France, dans le monde, est un grand malheur ! »

[…]

Et l’Église, de génération en génération, garde soigneusement mémoire de la mort et de la résurrection du Seigneur dont elle est témoin, comme son trésor le plus précieux. Elle la garde et la transmet en célébrant l’Eucharistie que vous avez la joie et l’honneur de servir. L’Eucharistie est le Trésor de l’Église, le Trésor des Trésors. Dès le premier jour de son existence, et ensuite pendant des siècles, l’Église a célébré la Messe, de dimanche en dimanche, pour se souvenir de ce que son Seigneur a fait pour elle. Entre les mains du prêtre et à ses paroles, “ceci est mon Corps, ceci est mon Sang”, Jésus donne encore sa vie sur l’Autel, Il verse encore son Sang pour nous aujourd’hui. Chers Servants d’Autel, la célébration de la Messe, nous sauve aujourd’hui ! Elle sauve le monde aujourd’hui ! Elle est l’événement le plus important de la vie du chrétien et de la vie de l’Église, car elle est le rendez-vous où Dieu se donne à nous par amour, encore et encore. Le chrétien ne va pas à la Messe par devoir, mais parce qu’il en a besoin, absolument !; le besoin de la vie de Dieu qui se donne sans retour !

 

Chers amis, je vous remercie de votre engagement : il est un très grand et généreux service que vous rendez à votre paroisse, et je vous encourage à persévérer fidèlement. Lorsque vous approchez de l’Autel, ayez toujours à l’esprit la grandeur et la sainteté de ce qui est célébré. La Messe est un moment de fête et de joie. Comment, en effet, ne pas avoir le cœur dans la joie en présence de Jésus ? Mais la Messe est, en même temps, un moment sérieux, solennel, empreint de gravité. Puissent votre attitude, votre silence, la dignité de votre service, la beauté liturgique, l’ordre et la majesté des gestes, faire entrer les fidèles dans la grandeur sacrée du Mystère.

 

Je forme aussi le vœu que vous soyez attentifs à l’appel que Jésus pourrait vous adresser à le suivre de plus près dans le sacerdoce. Je m’adresse à vos consciences de jeunes, enthousiastes et généreux, et je vais vous dire une chose que vous devez entendre, même si elle doit vous inquiéter un peu : le manque de prêtres en France, dans le monde, est un grand malheur ! Un malheur pour l’Église. Puissiez-vous, peu à peu, de dimanche en dimanche, découvrir la beauté, le bonheur et la nécessité d’une telle vocation. Quelle vie merveilleuse que celle du prêtre qui, au cœur de chacune de ses journées, rencontre Jésus d’une manière tellement exceptionnelle et le donne au monde ! […]

22 août – Fête du Cœur Immaculé de la bienheureuse Vierge Marie

22/08/2025

22 août – Fête du Cœur Immaculé de la bienheureuse Vierge Marie

Lecture du livre de l'Écclésiastique
Si 24,23-31


Comme la vigne j’ai poussé des fleurs d’une agréable odeur, et mes fleurs donnent des fruits de gloire et d’abondance. Je suis la mère du bel amour, de la crainte, de la science et de la sainte espérance. En moi est toute la grâce de la voie et de la vérité ; en moi est toute l’espérance de la vie et de la vertu. Venez à moi, vous tous qui me désirez, et rassasiez-vous de mes fruits ; car mon esprit est plus doux que le miel, et mon héritage plus suave que le rayon de miel. Ma mémoire passera dans la suite des siècles. Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif. Celui qui m’écoute ne sera pas confondu, et ceux qui agissent par moi ne pécheront point. Ceux qui me mettent en lumière auront la vie éternelle.

 

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Le culte liturgique, par lequel on rend un juste honneur au Cœur Immaculé de la Vierge Marie, et auquel de nombreux saints et saintes ont préparé la voie, fut approuvé tout d’abord par le Siège Apostolique au début du dix-neuvième siècle, lorsque le Pape Pie VII institua la fête du Cœur Très Pur de la Vierge Marie, pour être pieusement et saintement célébrée par tous les diocèses et les familles religieuses qui en avaient fait la demande ; fête que bientôt le Pape Pie IX enrichit d’un office et d’une messe propres. Ce culte ardent et souhaité, né au dix-neuvième siècle, et grandissant de jour en jour, fut accueilli avec bienveillance par le Souverain Pontife Pie XII, qui voulut l’étendre à l’Église entière, en donnant à cette fête une plus grande solennité.

 

L’an 1942, tandis qu’une guerre très cruelle accablait presque toute la terre, ce pape, plein de pitié pour les épreuves infinies des populations, en raison de sa piété et de sa confiance envers la Mère céleste, confia ardemment le genre humain tout entier, par une prière solennelle, à ce Cœur très doux ; et il établit la célébration universelle et perpétuelle d’une fête avec Office et Messe propres en l’honneur de ce Cœur Immaculé (1944).

Rome sous le signe de la Tradition : la FSSPX mobilise des milliers de pèlerins pour le Jubilé

22/08/2025

Rome sous le signe de la Tradition :  la FSSPX mobilise des milliers de pèlerins pour le Jubilé

Un pèlerinage impressionnant
Selon divers articles de presse dont Tribune Chrétienne et Aleteia, 7 200 pèlerins de la FSSPX, venus de 44 pays, ont convergé vers la Ville éternelle. Accompagnés de près de 680 prêtres et religieux, ils ont défilé en procession, prié dans plusieurs basiliques et participé à une messe solennelle à la basilique Saint-Pierre. Ce rassemblement a triplé en taille par rapport au dernier Jubilé de l'an 2000, ce qui démontre une vitalité et une capacité de mobilisation impressionnantes.

 

Des relations toujours complexes avec Rome
Le pèlerinage, conduit par l'abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la FSSPX, a souligné la relation délicate qui existe entre la Fraternité et le Vatican. Comme vous le savez, fondée en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, la FSSPX s'est retrouvée en rupture avec Rome suite aux ordinations épiscopales de 1988, qui ont entraîné l'excommunication de ses évêques. Bien que le pape Benoît XVI ait levé ces sanctions et que le pape François ait reconnu la validité des confessions et mariages de la Fraternité, cette dernière n'est toujours pas officiellement réintégrée à l'Église. Le fait que les pèlerins de la FSSPX n'aient pas marché derrière la croix jubilaire à Saint-Pierre et que la mention de leur pèlerinage ait été retirée du site officiel du Jubilé italien en sont des signes clairs.

 

Un signe pour l'avenir
Au-delà des questions de reconnaissance canonique, ce pèlerinage est une déclaration de force. La FSSPX, qui ne compte plus que deux évêques en activité, se trouve à un moment crucial de son histoire, confrontée à la nécessité de nouvelles consécrations. Le rassemblement de milliers de fidèles attachés à la messe traditionnelle est donc un message adressé à Rome : la Fraternité est une réalité vivante, sa voix est influente, et elle reste fidèle à ce qu'elle considère être la tradition de l'Église. 

 

En définitive, ce pèlerinage n'est pas seulement un événement spirituel, c'est un acte politique qui met en lumière les tensions et les espoirs qui animent les relations entre le Vatican et les défenseurs de la tradition en matière liturgique mais aussi et surtout doctrinale. Il restera sans doute l'un des moments les plus mémorables et les plus symboliques du Jubilé 2025.

Prions pour l'Eglise ! Ave Maria !

St Thomas d'Aquin : de l'intérêt de visiter les tombes de nos anciens

21/08/2025

St Thomas d'Aquin : de l'intérêt de visiter les tombes de nos anciens

Ce podcast dont l'auteur est inconnu explore en profondeur la perspective de Saint Thomas d'Aquin sur la signification des visites aux tombes, en s'appuyant sur ses enseignements tirés notamment de la "Somme Théologique". Il met en lumière la richesse de la compréhension catholique de la mort, de l'au-delà et du lien indéfectible entre les vivants et les morts.

 

L'auteur commence par poser une question existentielle commune : Si l'âme quitte le corps au moment de la mort, pourquoi continuons-nous à visiter les tombes de nos défunts ? Cette interrogation, qui a "troublé même les plus grands théologiens", est abordée par Saint Thomas d'Aquin, "ce géant de la pensée chrétienne". Sa réponse, décrite comme "aussi profonde que lumineuse, aussi complexe que consolante", vise à "transformer à jamais votre compréhension de la mort, de l'au-delà et du lien sacré qui unit les vivants et les morts."

 

Pour comprendre Saint Thomas, il est crucial de saisir sa distinction entre le corps et l'âme. Contrairement à une vision qui séparerait radicalement ces deux entités, la tradition catholique, telle qu'articulée par Thomas d'Aquin, enseigne que "l'être humain n'est pas simplement un corps qui possède une âme, ni une âme emprisonnée dans un corps. Nous sommes l'union sacrée des deux, une union voulue par Dieu dès notre création." La séparation de l'âme et du corps au moment de la mort n'est pas l'état naturel voulu par Dieu, mais une conséquence du péché originel. Le plan divin prévoit la réunion de l'âme et du corps lors de la résurrection finale, comme le proclame le Credo : "Je crois à la résurrection de la chair".

 

La pratique de visiter les tombes s'éclaire à la lumière de cette doctrine. En se recueillant devant la sépulture, on honore "non pas un simple réceptacle abandonné, mais une partie essentielle de la personne que nous avons aimé." Ce corps, "aujourd'hui en repos, est destiné à la gloire de la résurrection." L'attachement au corps des défunts n'est pas une faiblesse, mais "une intuition profondément chrétienne ancrée dans notre foi en l'incarnation du Christ et en la résurrection de la chair." L'exemple des femmes fidèles allant embaumer le corps de Jésus au matin de Pâques est cité comme preuve de la justesse de cet amour et respect du corps. Dieu a récompensé celles qui ont "montré leur amour à travers le soin du corps."

 

Saint Thomas d'Aquin approfondit cette compréhension en abordant la doctrine de la Communion des Saints. Cette doctrine "fondamentale de notre foi" enseigne que "tous les croyants, ceux qui sont encore sur terre, ceux qui sont purifiés au purgatoire et ceux qui jouissent déjà de la vision béatifique au paradis forment une seule église, un seul corps mystique du Christ." Cette communion "transcende les barrières du temps et de l'espace" et "dépasse même la frontière entre la vie et la mort."

 

La visite des tombes est une manifestation concrète de cette communion : "Nous affirmons que la mort n'a pas rompu le lien qui nous unit à nos proches décédés." De plus, nos prières et actes de dévotion pour les défunts peuvent "véritablement les aider dans leur cheminement vers Dieu", notamment en "alléger leur souffrance au purgatoire et hâter leur entrée dans la gloire céleste." L'auteur insiste sur l'efficacité spirituelle réelle de ces actes, contrastant avec une vision moderne qui verrait la mort comme une fin définitive et les rituels comme de simples traditions culturelles.

 


Il existe plusieurs raisons complémentaires pour lesquelles la visite des tombes est une pratique significative :


Honorer la mémoire des défunts : C'est un "acte de charité chrétienne" qui reconnaît la "valeur unique de chaque vie humaine créée à l'image et à la ressemblance de Dieu."


Nourrir l'espérance en la résurrection : Les tombes sont des "signes d'espérance", rappelant que "la mort n'a pas le dernier mot", à l'instar du tombeau vide du Christ.

 

Cultiver les vertus chrétiennes : Ces visites invitent à "l'humilité" face à notre mortalité, à la "charité" en priant pour les défunts, et fortifient la foi et l'espérance.


Résister au matérialisme et à l'hédonisme : Les cimetières rappellent la "vanité" des quêtes matérielles et aident à orienter la vie vers "l'amour de Dieu et du prochain, la croissance dans les vertus, la préparation à notre propre rencontre avec le Seigneur."


Participer à l'œuvre de rédemption du Christ : Par nos prières, nous collaborons à la "libération des âmes du purgatoire", s'inscrivant dans le "grand mystère de la rédemption opérée par le Christ."



Saint Thomas d'Aquin adopte une approche nuancée concernant les apparitions ou phénomènes spirituels dans les cimetières. Il reconnaît la "possibilité que Dieu permette dans certaines circonstances exceptionnelles qu'une âme défunte se manifeste au vivant" pour des raisons précises (avertir, demander des prières, témoigner de la miséricorde divine). Ces manifestations, si authentiques, "ne contredisent pas la doctrine catholique sur l'au-delà" mais illustrent la communion des saints. Cependant, Thomas invite à la "prudence et au discernement", rappelant que l'ennemi peut aussi tromper.


L'enseignement de Thomas d'Aquin promeut une "compréhension profondément incarnée de notre foi." Contrairement aux spiritualités qui dévalorisent le corps, le christianisme "honore l'unité de la personne humaine, corps et âme." Dieu s'est fait chair en Jésus, qui a pleuré devant la tombe de Lazare et est ressuscité avec un corps glorieux. Notre rapport aux tombes reflète cette "piété pleinement humaine qui honore le corps comme temple de l'Esprit Saint et comme destiné à la résurrection." Les rituels funéraires et la bénédiction des sépultures ne sont pas de simples "concessions à la faiblesse humaine" mais l'expression d'une "théologie profonde de l'incarnation et de la résurrection."

De plus, Thomas reconnaît que certains lieux peuvent acquérir une "signification spirituelle particulière." Une tombe est un "lieu sanctifié par les prières de l'Église," un "lieu témoin de la douleur et de l'amour des proches," et peut être comparée à un "mini pèlerinage."

 


La vision thomiste va au-delà des visites occasionnelles et invite à "intégrer la mémoire de nos morts dans notre vie quotidienne de prière et de foi." Ils sont considérés comme "des compagnons invisibles dans notre cheminement vers Dieu." Il est mentionné la pratique de garder des photos de défunts ou de faire célébrer des messes. La messe est particulièrement soulignée comme "l'aide la plus puissante que nous puissions leur apporter." Saint Thomas écrit : "une seule messe offerte pour un défunt a plus de valeur que toutes les autres prières et bonnes œuvres."

 


En somme, Saint Thomas d'Aquin certifie une "richesse et une profondeur extraordinaire" à la question de la visite des tombes. Cette pratique n'est pas une "erreur théologique" ou une "concession à la faiblesse humaine", mais un "acte profondément chrétien qui relie le ciel et la terre." Elle incarne l'honneur de l'unité corps-âme, la foi en la résurrection de la chair, la manifestation concrète de la communion des saints et la collaboration à l'œuvre rédemptrice du Christ.

Cette compréhension transforme le deuil en une "expérience du deuil et notre relation au défunt" où la mort n'est plus un "mur infranchissable" mais un "voile temporaire" à travers lequel la communion persiste. Les tombes deviennent "des signes d'espérance," et les prières des "actes efficaces de charité chrétienne." Le podcast conclut en invitant le public à laisser cet enseignement "transformer votre expérience de ce moment sacré" et à partager cette "vérité oubliée" pour consoler ceux qui souffrent d'une vision appauvrie de la mort.

 

 

 

Les Routiers Scouts d'Europe à Vézelay sur les pas de St Bernard de Clairvaux (1090-1153)

20/08/2025

Les Routiers Scouts d'Europe à Vézelay sur les pas de St Bernard de Clairvaux (1090-1153)

Entré à l’abbaye de Cîteaux, Bernard reçut en 1115 la mission de fonder un nouveau monastère à Clairvaux, dont il demeura abbé jusqu’à sa mort. Infatigable fondateur, sa santé fragile ne l’empêcha pas de parcourir l’Europe, chevauchant sa mule pour prêcher, conseiller, écrire et soutenir la réforme de l’Église. À sa mort, pas moins de 343 abbayes cisterciennes s’étaient développées sous son impulsion.Bernard ne fut pas un moine enfermé dans son cloître. Sa vaste correspondance avec des princes, des clercs et des jeunes en quête de conseil témoigne d’une âme tournée à la fois vers la contemplation et vers l’action. Il intervint dans les grands débats ecclésiaux de son temps, s’opposant à l’hérésie cathare, défendant les juifs contre la montée de l’antisémitisme, et appelant à la fidélité à la règle bénédictine face aux excès perçus dans l’ordre de Cluny. Sa prédication de la deuxième croisade, à Vézelay, illustre aussi son rôle d’arbitre moral et spirituel pour l’Europe chrétienne.

 

Le pape Benoît XVI a rappelé en 2009 combien saint Bernard fut un théologien contemplatif plus qu’un spéculatif. Sa théologie, centrée sur le Christ et Marie, insistait sur l’expérience personnelle de l’amour de Dieu. Pour lui, la connaissance de Dieu n’était pas un exercice purement intellectuel mais une rencontre vivante avec le Christ. Il montra aussi la place unique de la Vierge Marie dans l’économie du salut, insistant sur sa participation au sacrifice de son Fils.Saint Bernard reste un guide intemporel. Sa vie rappelle que la vraie réforme de l’Église ne vient pas des calculs politiques mais de la sainteté et de la fidélité à l’Évangile. Sa parole, toujours actuelle, met en garde contre la tentation de réduire la foi à une idéologie ou à une pure spéculation rationnelle. Pour lui, seule une foi vivante, nourrie de prière et de contemplation, pouvait conduire à la véritable sagesse, celle des saints.

 

Saint Bernard mourut en 1153, épuisé par le service de l’Église et des âmes, laissant un héritage spirituel immense. Canonisé en 1174 et proclamé docteur de l’Église en 1830, il demeure pour l’histoire « la conscience de l’Église de son temps » et un phare pour les générations chrétiennes.

 

Source : Nominis

 

 

Les Routiers Scouts d'Europe à Vézelay sur les pas de St Bernard

 

 

L'escalier miraculeux de Santa Fe

19/08/2025

L'escalier miraculeux de Santa Fe

Monseigneur de Kerimel a-t-il raison ? Quand la miséricorde choque mais demeure évangélique

18/08/2025

Monseigneur de Kerimel a-t-il raison ? Quand la miséricorde choque mais demeure évangélique

En ces temps où les institutions sont scrutées à la loupe, le cas du père Dominique Spina, un prêtre condamné pour abus sexuels, a soulevé une vague de colère et d'incompréhension dans l'Église de France. La récente nomination de ce dernier à un poste de chancelier a été perçue par beaucoup comme une provocation. Mais l'archevêque de Toulouse, Mgr Guy de Kerimel, désavoué publiquement par la Conférence des evêques de France, prend la parole pour rappeler une vérité qui, bien que mal reçue par le public, est au cœur de l'Évangile : la miséricorde n'est pas l'ennemie de la justice. L'article de Tribune Chrétienne  de Philippe Marie nous invite à réfléchir sur un choix difficile : succomber à la logique de la société moderne qui veut que ce qui choque soit banni, ou rester fidèle à une foi qui, depuis ses origines, prêche la transformation de l'homme, même des plus grands pécheurs.

 

Une Justice qui ne nie pas la Miséricorde
L'article s'appuie sur la position de Mgr de Kerimel pour distinguer la justice humaine de la justice divine. Il ne s'agit pas de nier la légitimité de la colère des victimes ni la gravité des actes commis. La souffrance est réelle et doit être reconnue. Cependant, l'Église, selon l'archevêque, ne peut se laisser guider par la seule émotion collective. Le cœur du message chrétien repose sur le pardon, un pardon offert à tous, y compris aux auteurs des crimes les plus graves. Le texte cite Mgr de Kerimel qui précise que la justice ne cherche pas à rendre le mal pour le mal (« œil pour œil »), mais à poser une limite à l'exclusion, sauf dans les cas de danger avéré. L'article souligne que refuser toute possibilité de rédemption reviendrait à trahir l'Évangile.

 

Le rappel des figures bibliques, comme Pierre le renégat, Matthieu le collecteur d’impôts, ou Marie-Madeleine la pécheresse, sert à illustrer le fait que la grâce de Dieu est plus forte que n'importe quel passé. L'Église se doit d'être un lieu de conversion, où le cœur de l'homme peut être changé. L'article pose alors une question cruciale : croyons-nous encore à la capacité du Christ de transformer un criminel en apôtre ? Ou avons-nous réduit la foi à une simple morale sociale et sécuritaire ? L'Église n'a pas pour mission de se conformer aux attentes de la société, mais de proclamer la vérité de l'Évangile, même si elle dérange.

 

L'Église du Christ ou une Institution Morale ?
La conclusion de l'article de Tribune Chrétienne est un appel à la lucidité. À l'ère où l'émotion est érigée en critère de vérité, l'Église ne peut se soumettre à une telle logique sans perdre son âme. Le Christ lui-même n'a pas craint le scandale en pardonnant aux pécheurs notoires. L'article nous invite à considérer si l'Église veut être une institution morale de plus, se pliant aux humeurs du moment, ou si elle veut rester l'Église du Christ, celle qui ose proclamer la vérité de la grâce, même lorsque celle-ci est impopulaire.  En fin de compte, l'affaire Spina met l'Église au pied du mur, l'obligeant à choisir entre la sécurité d'une morale sociale et le risque d'une miséricorde sans mesure. Le chemin de l'Évangile est le second.
Reste qu'on aura compris que Mgr de Kérimel a choisi de garder ce prêtre au chaud à l'évêché pour éviter les tentations ; le choix d'un poste un peu moins voyant eut peut-être été plus habile ... 

 

 

Le conflit en Terre Sainte : au-delà de la politique, une lutte spirituelle

16/08/2025

Le conflit en Terre Sainte : au-delà de la politique, une lutte spirituelle

 

Dans une homélie prononcée à l'occasion de la Solennité de l'Assomption, le Cardinal Pierbattista Pizzaballa a proposé une lecture profonde et spirituelle du conflit qui déchire la Terre Sainte. Selon lui, la violence, notamment à Gaza, est l'expression du désir de Satan de s'imposer précisément dans la région où s'est accompli le salut.

 

Le Patriarche souligne que la Terre Sainte, unique pour avoir été le lieu de la naissance, de la mort et de la résurrection du Christ, est aussi le théâtre d'une bataille spirituelle intense. « Il semble vraiment que cette Terre Sainte, qui garde la plus haute révélation et manifestation de Dieu, soit aussi le lieu de la plus grande manifestation du pouvoir de Satan. » Cette coexistence entre le sacré et le mal s’explique, selon le Cardinal, par le fait que cette terre « garde le cœur de l’histoire du salut », ce qui en fait la cible privilégiée de l'Ancien Adversaire.

 

Le Cardinal Pizzaballa nous invite à dépasser une vision purement politique des événements, en reconnaissant la dimension spirituelle du conflit. « Le dragon, Satan, ne cessera jamais de s’affirmer et de dévaster le monde, en particulier contre ceux qui gardent les commandements de Dieu et maintiennent le témoignage de Jésus. » Il rappelle que l'Église, et par extension les chrétiens, est appelée à rester un signe de vie et de résistance spirituelle. « Le mal continuera de s’exprimer, mais nous serons le lieu, la présence que le dragon ne peut vaincre : une semence de vie. »

 

Malgré l'ampleur des souffrances, le message du Cardinal est empreint d'une espérance chrétienne indéfectible. Il rappelle que le mal n’a pas le dernier mot et que « le pouvoir du dragon ne peut pas prévaloir face à une naissance, face à une mère qui met au monde, qui engendre la vie. » Il conclut en soulignant que les souffrances vécues sont unies à la Rédemption du Christ. « Le sang causé par tout ce mal, en toute partie du monde, coule sous l’autel, mêlé au sang de l’Agneau, participant aussi à l’œuvre de rédemption à laquelle nous sommes associés. »

 

En définitive, le Cardinal Pizzaballa offre une perspective de foi sur une réalité complexe, rappelant que même au cœur du chaos et de la violence, la vie et l’amour de Dieu l'emportent. « En nous levant aujourd’hui de la table eucharistique, nous emportons avec nous la certitude de la victoire du Christ sur la mort. »

 

François Charbonnier

15 Août : Sainte Marie, Mère de Dieu

14/08/2025

15 Août : Sainte Marie, Mère de Dieu

Sainte Marie, Mère de Dieu,
Gardez-moi un cœur d’enfant,
pur et transparent comme une source.

 

Obtenez-moi un cœur simple,
qui ne savoure pas les tristesses,
un cœur magnifique à se donner,
tendre à la compassion,
un cœur fidèle et généreux,
qui n’oublie aucun bien
et ne tienne rancune d’aucun mal.

 

Faites-moi un cœur doux et humble,
aimant sans demander de retour,
joyeux de s’effacer dans un autre Cœur,
devant votre divin Fils.

 

Un cœur grand et indomptable,
qu’aucune ingratitude ne ferme,
qu’aucune indifférence ne lasse,
un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ,
blessé de son Amour,
et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.

 

 

Père Léonce de Grandmaison, jésuite

S’engager au service du Christ-Roi

13/08/2025

S’engager au service du Christ-Roi

Dans cet épisode, Philippe Darantière, président de l’association, revient sur l’appel fondamental du pèlerinage: œuvrer pour le règne du Christ, sur la terre comme au ciel, par un engagement chrétien dans la cité.

Une invitation claire: mettez vos talents au service du bien commun et de la royauté sociale du Christ.

 

 

 

15 août : Trump rencontrera Poutine le jour de l’Assomption de la Vierge Marie

12/08/2025

15 août : Trump rencontrera Poutine le jour de l’Assomption de la Vierge Marie

Parfois il y a des ratés ou des contradictions : alors que la plupart des médias assurent que le président Zelensky se voit ainsi court-circuiter par un président américain prêt à vendre les intérêts de l’Ukraine à Moscou en servant les objectifs de la Russie, et que, quant à lui, il n’est prêt à rien lâcher, le Telegraph de Londres dit le contraire. Zelensky serait prêt selon cet article (évidemment repris avec gourmandise dans les médias du Kremlin) à donner à Poutine le contrôle de facto des territoires ukrainiens actuellement occupés par la Russie en échange de la fin des combats et d’une possibilité d’aller vers l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN.

 

Tout cela sur fond de déclarations de Trump sur sa volonté d’obtenir un « deal » qui permette à l’Ukraine de récupérer une partie de son territoire, et de promesses de ne pas parler avec Poutine sans échanger ensuite avec Zelensky, sans oublier les leaders de l’UE qui se lamentent de leur mise à l’écart des pourparlers de paix…

 

Trump voit Poutine après l’avoir menacé
Il y a eu ces paroles, mais aussi des actes. Il n’est pas certain que Poutine ait accepté de revoir Trump pour la première fois depuis 2019 parce qu’il le considère comme favorable à ses ambitions de récupération du territoire ou de la sphère d’influence de l’ex-URSS. En permettant à son ex-Premier ministre, Dimitri Medvedev, aujourd’hui à la tête du Conseil de sécurité russe de brandir la menace nucléaire sur les réseaux sociaux (où aujourd’hui se joue le jeu public de la politique mondiale), Poutine n’avait peut-être pas imaginé que Trump partirait au quart de tour.

 

Donald Trump avait aussitôt annoncé que deux sous-marins nucléaires américains allaient être positionnés près de la Russie et menaçait celle-ci de sanctions renforcées si Poutine ne devait pas accepter un cessez-le-feu au plus tard au 8 août. Il est notable que ce dernier ait accepté le principe d’une rencontre précisément à cette date.

 

Le 6 août, Trump venait d’ailleurs, par décret présidentiel, d’imposer des droits de douane supplémentaires de 25 % à l’Inde au 27 août, pour punir celle-ci de son soutien effectif à la Russie via l’achat de pétrole dont elle revend, selon la Maison Blanche, une partie sur le marché mondial, court-circuitant ainsi les sanctions qui frappent Moscou au portefeuille. Le message était clairement exprimé : il s’agit de dissuader tout partenaire de la Russie d’en faire autant.

Alors, Trump est-il vraiment « au service » de Poutine ? Au-delà des fluctuations des prises de position somme toute normales de la part d’un négociateur – d’un faiseur de « deals » – de sa trempe, on peut en douter.

 

Une rencontre le jour de l’Assomption de la Vierge Marie : un signe ?
Mais ce qui frappe, c’est tout de même la date choisie pour la rencontre entre les deux chefs d’Etat. Lorsque Poutine aura traversé les quelques dizaines de kilomètres qui séparent les USA et la Russie pour rejoindre l’Alaska – en traversant la ligne internationale de changement de date qui passe par le détroit de Behring – il arrivera au lieu dont l’emplacement reste pour l’heure secret le 15 août, la fête mariale par excellence. Et il arrivera, quelque part, en infériorité face à Trump qui a dicté le tempo de cette réunion.

 

Serait-ce un signe du ciel, où Marie, Mère de Dieu, présente corps et âme, règne, couronnée, sur l’univers tout entier ? Sinon un signe, du moins un appel…

 

Trump parlera en ce jour avec Poutine, sans que nous puissions mesurer les intentions de l’un ou de l’autre ; mais n’oublions surtout pas que Poutine est l’héritier du système communiste qui repose essentiellement sur le mensonge dans sa praxis qui autorise et justifie tout ce qui sert la cause de la Révolution.

 

Mais Marie, elle, est Reine de la Paix. Elle seule peut obtenir à l’humanité cette paix qui sera scellée par le règne promis de son Cœur Immaculé sur notre monde brisé par la révolte contre Dieu. Et elle pourra le faire advenir en utilisant des instruments imparfaits… Mais non sans l’implication des serviteurs inutiles que nous sommes tous : il est l’heure de prier pour la paix, qui ne consiste pas seulement en la fin du fracas des armes, mais en la reconnaissance de la souveraineté de Dieu et de sa loi.

 

 

Jeanne Smits dans RITV