Le blog du Temps de l'Immaculée.
12/06/2026
Une catéchèse de pierres et de lumière
Léon XIV est venu bénir la dernière tour de la Sagrada Familia, cette flèche de 172,5 mètres qui fait désormais de l'œuvre d'Antoni Gaudí la plus haute basilique du monde. Mais le pape, avec cette sagesse qui caractérise les grands bergers, a immédiatement balayé les « classements mondains ». Si cette église s’élève si haut, ce n'est pas pour l'orgueil des records, c'est pour être un phare. Une Biblia pauperum – une bible des pauvres – faite de pierres, de couleurs et de lumière.
L'image est belle. Gaudí, ce génie « brûlant de foi » (déclaré vénérable par le pape François juste avant sa mort), a pensé ce monument comme un chantier permanent. Et le souverain pontife d'en faire une magnifique métaphore de nos propres vies : « La vie humaine reste un chantier en cours (...) où l’imperfection n’est pas un défaut. » Quel soulagement dans ces mots ! Nous sommes imparfaits, en chantier, et suivant le plan de Dieu.
La radicalité de l'Amour
J.M. Guénois a relevé un contraste saisissant au cours de cette journée catalane. Après avoir touché le ciel du regard à la Sagrada Familia, Léon XIV est descendu au plus profond de la détresse humaine en visitant une prison pour femmes.
Face à Montse, une jeune femme détenue brisée par le deuil de son fils et demandant pardon à Dieu, le pape – d'ordinaire si réservé – a brisé le protocole pour la prendre longuement dans ses bras. Un geste d'une tendresse que beaucoup ont trouvé inconvenant. Quoi qu'il en soit, ses mots résonnent comme un baume universel, bien au-delà des murs des prisons ou des églises : « Les erreurs de la vie ne déterminent pas l’identité d’une personne. » Être chrétien, ou simplement être humain, ce n'est pas ne jamais faillir, c'est avoir la force de se relever, de se corriger et de pardonner.
Déposer les armes, lever les yeux
La journée s’est achevée à l’abbaye de Montserrat, là même où saint Ignace de Loyola déposa son armure de chevalier il y a des siècles. Et là encore, Léon XIV a visé juste, au cœur de notre époque si prompte au conflit, au lynchage numérique, à la critique qui tue. Il a parlé de cette « violence cachée » que nous abritons tous, ces armures de dureté que nous revêtons pour protéger nos peurs et nos blessures. « Déposons aux pieds de Jésus les armures qui ont peu à peu endurci notre cœur. »
Le Saint-Père nous invite urgemment à la douceur et à la lucidité. Face à la laideur du monde, face à nos propres ténèbres, il nous murmure un conseil d'une simplicité désarmante, à garder précieusement pour les jours de doute :
« Lorsque la tentation vous prend de vous sentir inférieurs et que vous pensez que cela ne vaut pas la peine de continuer, levez les yeux... »
Regardons le phare. Déposons les armes. Et acceptons d'être, nous aussi, des chantiers en cours.
François Charbonnier.
11/06/2026
Au long de l’histoire, malgré l’ingratitude, l’inconscience ou l’incrédulité des hommes, le Seigneur demande toujours la même chose : « M’aimes-tu ? » Dès que la ferveur et la piété du peuple et de ses dirigeants se tournent vers le Sacré Cœur, la paix revient.
Les raisons d'y croire
Le Christ ne cesse de mettre en garde contre le mal qui progresse et il appelle à se tourner vers le Sacré Cœur. Cette demande est formulée à plusieurs reprises et avec constance au fil des siècles, en particulier en France ; différentes personnes s’en font les porte-parole, à commencer par sainte Marguerite-Marie Alacoque en 1689. Dieu ne s’impose pas, sa pédagogie est à l’œuvre ; l’histoire humaine est l’histoire du oui ou du non à Dieu.
Depuis le XVIIe siècle, les apparitions mariales sont très nombreuses en France. Elles forment une même ligne de continuité spirituelle, dont le centre n’est autre que le Cœur du Christ. À la rue du Bac , en 1830, Marie unit son Cœur immaculé au Sacré Cœur. À La Salette , en 1846, la Vierge pleure et reproche à la France son oubli de Dieu. Son cœur et celui de son fils, blessés par l’ingratitude des hommes, doivent être consolés. À Pellevoisin , en 1876, le Sacré Cœur de Jésus figure sur le scapulaire de la Vierge, etc.
On observe donc une continuité et une constance du message de révélation de l’amour miséricordieux de Jésus : Dieu offre à la France, par Marie, la grâce de revenir au Cœur de son Fils et Marie, le Cœur immaculé uni au Sacré Cœur, en est un canal.
Quand le Christ apparaît à sainte Marguerite-Marie Alacoque, il présente son Cœur comme un signe d’alliance et de protection, non seulement pour les âmes, mais aussi pour la France en tant que nation. En juin 1689, Jésus demande expressément que la France soit officiellement consacrée à son Sacré Cœur. Mais ni Louis XIV, ni Louis XV, ni Louis XVI n’accéderont à la demande de consécration au Sacré Cœur. Or exactement un siècle plus tard, en 1789, c’est la Révolution française et le trône est renversé. Dans une lecture théologique et mystique de l’Histoire, on peut lier la chute de la monarchie française et les refus répétés des rois de consacrer la France au Sacré Cœur.
Chaque fois que la France s’en remet sincèrement à Dieu, les événements prennent une tournure providentielle : le pays obtient une victoire, les peuples déclarent l’armistice… Ainsi, lors de la guerre de 1870, alors que le pays semblait perdu, la prière fervente au Sacré Cœur aboutit à un vœu et à la construction extraordinaire de la basilique de Montmartre, signe d’espérance et de relèvement spirituel.
Les malheurs du pays ne viennent pas du fait que Dieu se venge. C’est qu’en rejetant Dieu, la France se prive de la force et de la paix de Dieu. Ses messages ne sont pas des menaces de châtiments, mais plutôt les avertissements d’un père à ses enfants sur les conséquences de leur incrédulité, de leur éloignement, de leur orgueil… Dieu souhaite par-dessus tout établir une relation d’amour véritable avec les hommes, et qu’ils soient tous sauvés.
La puissance divine n’agit pas seulement au moyen des grands de ce monde, mais aussi par la foi sincère des gens ordinaires. C’est la ferveur des familles et des soldats qui opère un revirement inattendu lors de la Grande Guerre et pousse finalement le maréchal Foch à consacrer les armées au Sacré Cœur. Médailles et scapulaires sont spontanément cousus dans les vêtements militaires. Les articles des journaux relatent les témoignages de soldats protégés par le Sacré Cœur de Jésus. Parmi mille autres exemples, on lit dans L’Écho du Sacré-Cœur d’août 1917 : « J’ai cousu le Sacré-Cœur dans ma capote, je n’ai pas été touché quand mes camarades tombaient autour de moi. » Ou encore : « Un soldat remercie le Sacré Cœur d’avoir été sauvé d’une balle, la médaille ayant arrêté l’impact. »
En savoir plus
En juin 1689, sœur Marguerite-Marie Alacoque, future sainte de Paray-le-Monial, adresse une lettre à sa supérieure :
« Faites savoir au fils aîné de mon Sacré Cœur (le roi de France) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’il fera de lui-même à mon Cœur adorable, qui veut triompher de son cœur, et par son moyen, de ceux des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé sur ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds les têtes orgueilleuses et superbes, afin de le rendre triomphant de tous les ennemis de la sainte Église. »
La mère supérieure remet la lettre au père de La Chaise, confesseur du roi. Louis XIV prend bien connaissance de cette missive, dont les demandes et promesses sont claires : que le roi consacre la France à son Sacré Cœur, qu’il fasse apposer l’image du Sacré Cœur sur ses étendards et qu’il construise un édifice public en l’honneur de ce Cœur divin. Le but ? Obtenir la protection divine sur le royaume, rétablir la paix intérieure, garantir la prospérité et la victoire sur les ennemis. Louis XIV a donc bien été informé de ces révélations, mais il choisit de les considérer comme de la piété privée, peu compatible avec sa politique. Il craint également de heurter certains courants jansénistes, qui critiquent déjà le Sacré Cœur comme une dévotion « trop sentimentale ».
Ses successeurs ne donnent également pas suite à cette demande. Louis XV est adepte d’une religiosité plus « rationnelle », alors que Louis XVI, qui est pourtant personnellement attaché au Sacré Cœur (il portait un scapulaire les dernières années de sa vie), ne mettra jamais en œuvre cette consécration publique officielle en tant que roi. Il projette de le faire en 1792, mais c’est trop tard. Ainsi, peut-on dire que la France des rois refuse de se laisser sauver par le Christ, malgré ses demandes insistantes. À ce propos, sœur Lucie , voyante des apparitions à Fatima en 1931, rapporte par ailleurs que lorsque le Christ lui demande avec insistance de convaincre Rome de consacrer la Russie au Cœur immaculé de Marie, il ajoute : « Ses ministres [de Rome], en retardant l’exécution de mes demandes, suivront l’exemple du roi de France, et ils le suivront dans le malheur. »
Mais le Seigneur n’est jamais avare de son aide, et, même dans les malheurs de la fin du XIXe siècle, il ne cesse de se pencher sur la France. À la mystique Marie-Julie Jahenny, il dit en 1874 : « Mon divin Cœur veut sauver la France, mais elle doit se confier à lui et se placer sous sa garde. » La voyante Estelle Faguette, à Pellevoisin, reçoit la visite de la Sainte Vierge portant le Sacré Cœur sur sa poitrine. Elle dit avec insistance : « J’aime cette dévotion », en montrant le cœur de Jésus, et en demandant la confiance de la France. En outre, de nombreux prêtres prêchent la dévotion nationale au Cœur Sacré, comme le père Ramière, jésuite, vers 1860, ou bien l’abbé Languet, en pleine guerre contre la Prusse.
En 1871, deux laïcs, Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury, font le vœu suivant : « En reconnaissance des miséricordes infinies du Sacré Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ envers la France, et pour obtenir son pardon, nous promettons de construire à Paris un sanctuaire qui lui soit consacré. » Ce vœu est signé dans une chapelle, puis partagé à des évêques et des prêtres qui l’approuvent. Une souscription populaire est lancée, pour « expiation et réparation » au Sacré Cœur. Alors, enfin, comme un miracle, en 1873, au moment où la France se relève lourdement, meurtrie par la défaite de 1870 et par les événements clivants de la Commune, l’Assemblée nationale autorise la construction d’une basilique dédiée au Sacré Cœur, sur la butte de Montmartre. Le lieu est choisi à la fois pour sa hauteur, surplombant Paris, et son symbolisme religieux (le martyre de saint Denis). Ainsi se concrétise le vœu national, alors que beaucoup de catholiques voient dans cette défaite et dans l’état de meurtrissure de la France une conséquence de son manque de foi (révolutions, persécutions religieuses, laïcisme outrancier). C’est un miracle pour la France : l’élan de foi est relancé contre toute attente. La France veut se convertir, se consacrer au Sacré Cœur et réparer ses péchés. On pose la première pierre en 1875 et la construction durera jusqu’en 1914 (consécration en 1919, après la guerre).
La loi de séparation de l’Église et de l’État en 1905 divise également les Français. On éjecte toute dévotion ou piété de la sphère publique. L’été 1914 se termine avec la déclaration de guerre de l’Allemagne contre la France dans un contexte social brisé. Mais l’entrée dans ce conflit réunit les Français sous les drapeaux : on proclame l’Union sacrée, on oublie un temps les antagonismes sous le feu des bombes. La conférence des évêques de France décide de consacrer solennellement le pays au Sacré Cœur le 11 juin 1915. On récite dans toutes les paroisses le texte de « l’Amende honorable et consécration », mais pas le gouvernement. La France de Raymond Poincaré cueille ce fruit spirituel si bénéfique pour ses troupes, mais elle n’a pas le courage de l’élever au fronton républicain. Cependant, en mars 1917, l’issue de la guerre est encore incertaine, et les souffrances au front sont immenses. Le président Poincaré reçoit une lettre d’une certaine Claire Ferchaud : « Monsieur le Président, Jésus veut sauver la France ; mais il demande qu’elle se place sous sa protection, et qu’elle porte le Sacré Cœur sur ses drapeaux. C’est là le moyen de hâter la victoire et d’arrêter tant de sang versé. » Très rapidement, elle est reçue à l’Élysée, le 21 avril de cette même année. Elle raconte : « Je lui ai exposé la volonté de Notre Seigneur : il faut faire figurer l’image du Sacré Cœur sur le drapeau français. Sans cela, les malheurs continueront. » Le président du conseil l’écoute poliment, mais ne fait rien.
Il faudrait transmettre au maréchal Foch. Une entrevue ne paraît pas possible ; alors la vaillante Claire ne se démonte pas, et lui écrit cette lettre à l’été 1917 : « Mon général, Dieu me charge de vous dire que la victoire de la France viendra si vous placez le Sacré Cœur sur vos drapeaux et que vous vous consacrez à lui. C’est la condition du triomphe. » La lit-il en personne ? L’histoire ne le dit pas. En revanche, des témoignages confirment que cette dernière a bien été transmise. Alors que la tête louvoie, le corps prend un cap clair. La Ligue du Sacré-Cœur, fondée en 1914, diffusait déjà des médailles et des scapulaires aux soldats. Ils sont cousus dans les vareuses. Le Sacré Cœur est brodé sur les drapeaux nationaux. Une véritable ferveur envahit les tranchées. L’homme du peuple, perclus de souffrance, se tourne vers son seul et unique roi. Les articles dans les journaux, comme L’Action catholique, La Croix, L’Écho du Sacré-Cœur, relatent des témoignages de soldats protégés par le Sacré Cœur de Jésus. Parmi mille autres exemples, on lit dans L’Écho du Sacré-Cœur d’août 1917 : « J’ai cousu le Sacré Cœur dans ma capote, je n’ai pas été touché quand mes camarades tombaient autour de moi. » Ou encore : « Un soldat remercie le Sacré Cœur d’avoir été sauvé d’une balle, la médaille ayant arrêté l’impact. »
Même si le général Foch ne suit pas à la lettre la demande de broder le Sacré Cœur sur les drapeaux, il lui consacre solennellement les armées lors d’une cérémonie privée en juillet 1918. Ce geste est interprété comme un accomplissement partiel du message transmis par Claire Ferchaud. Et la ferveur des soldats semble combler ce manquement du haut commandement. Juillet 1918 marque le tournant du conflit. L’offensive majeure des Allemands en Champagne est brisée nette, tandis que, de Soissons, les Alliés lancent la contre-offensive, que plus rien n’arrête. Dès le 18 juillet, la victoire de Villers-Cotterêts revêt une importance capitale : 28 000 prisonniers, 612 canons et 3 300 mitrailleuses sont pris, ce qui n’est pas négligeable, mais, stratégiquement, les Allemands n’ont plus l’initiative, et surtout, moralement, l’impact sur l’armée française est immense. Entre août et novembre, la Triplice s’effondre, l’Allemagne quitte le sol national français l’épée collée aux reins. La paix est enfin signée le 18 novembre.
Élisabeth de Sansal, diplômée de bioéthique à l’université pontificale Regina Apostolorum, à Rome. Article écrit grâce au travail de recherche de Christophe de Sansal, auteur de romans historiques.
Au delà
Texte de « l’Amende honorable et consécration au Sacré Cœur de Jésus » en 1915 : « Ô Cœur de Jésus, notre souverain et notre Roi, notre salut et notre résurrection, nous vous offrons l’hommage le plus profond de nos cœurs, et nous reconnaissons que c’est par votre bonté que nous sommes conservés dans l’existence. Ô Cœur de Jésus, pour réparer l’ingratitude de nos cœurs, nous vous offrons les nôtres. Pour réparer l’indifférence de notre Patrie à votre égard, nous nous offrons et nous consacrons à vous. Pour réparer les outrages dont vous êtes l’objet, nous vous offrons l’hommage le plus filial de nos cœurs. Nous nous prosternons devant vous, reconnaissant en vous le Dieu de nos pères, le Dieu de l’univers, le seul qui puisse nous rendre la paix. Ô Cœur de Jésus, nous vous offrons et nous vous consacrons notre patrie, avec tous ses biens, toutes ses familles et toutes ses institutions. Nous vous offrons et nous vous consacrons tous ceux qui vous servent et tous ceux qui vous offensent. Nous vous offrons et nous vous consacrons les cœurs de tous nos compatriotes. Ô Cœur de Jésus, pour réparer toutes les offenses que vous avez reçues en ces derniers jours, nous vous offrons notre amour et notre fidélité, et nous vous demandons d’agréer notre consécration. Nous nous offrons à vous, ô Cœur de Jésus, nous vous consacrons notre patrie, et nous vous demandons, par votre sang, de nous délivrer du fléau de la guerre, de nous rendre la paix, de nous conserver la foi et de nous sauver. Ainsi soit-il. »
Aller plus loin
Jean-Baptiste-Henri de Montaud, Le Sacré Cœur et la France, le culte du Sacré Cœur de Jésus dans l’histoire de France, 1930.
En complément
Livres :
Patrick Sbalchiero, La Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre : une épopée incroyable au cœur de l’histoire de France, Artège, 18 novembre 2020.
Ivan Gobry, Sainte Marguerite-Marie, la messagère du Sacré Cœur, éditions Téqui, 1989
Henru Bourcier, Marie-Julie Jahenny (1850 – 1941), la stigmatisée de La Fraudais, 1927.
Estelle Faguette, 1876, Les Apparitions de Pellevoisin, éditions Téqui 1979.
René Bazin, Claire Ferchaud et le Sacré Cœur, 1917.
Jean de Viguerie, La Stigmatisée de Loublande, 2007.
Jacques Benoist, Le Sacré-Cœur de Montmartre, de 1870 à nos jours, Atelier, 1992
Archives :
Carmel de Coimbra ;
Paray-le-Monial (lieu central du culte du Sacré Cœur) ;
Diocèse aux armées françaises ;
Service historique de la Défense (SHD), à Vincennes ;
Entrevue avec Poincaré : La Croix, avril-mai 1917, La Vérité, journal catholique de l’Ouest (1917) ;
Bulletin de L’Œuvre du Sacré-Cœur (1917–1918), mentionnant la diffusion de scapulaires et de drapeaux ;
La Croix, avril 1917 : mention de la venue de Claire Ferchaud à l’Élysée ;
La Croix, juillet 1918 : consécration des armées par Foch ;
Témoignages de soldats : revue L’Écho du Sacré-Cœur (1914–1919), L’Action Catholique (septembre 1918).
Source : 1000 raisons de croire
11/06/2026
De Marc McGinness sur le Catholic Herald :
Aujourd'hui, 10 juin, pour le centenaire de la mort d'Antoni Gaudí, le pape Léon XIV a célébré une messe solennelle et consacré la tour de Jésus-Christ, la dernière et la plus haute des 18 tours alvéolées de la basilique. Avec ses 172,5 mètres, elle fait de la Sagrada Família l'église la plus haute du monde.
Le plus grand élément restant à réaliser est la Façade de la Gloire, qui racontera l'histoire de la Résurrection à travers 100 figures sculptées. Sa réalisation pourrait prendre jusqu'en 2035.
Lors d'une messe célébrée un dimanche de 2023, Peter Stanford décrit la scène comme « baignée de couleurs, qui déferlaient de toutes parts… À l'est, où se dresse la façade de la Nativité, le vert symbolise la fertilité et le bleu la lumière du matin. À l'ouest, autour de la façade de la Passion, les teintes orangées et dorées sont traversées par le rouge du sang versé par Jésus… Et de la façade de la Gloire, encore inachevée, derrière nous, au sud de la nef, un blanc éclatant vient s'ajouter à cette palette. »
Il avait résisté à toutes les tentatives de l'enrôler dans le processus politique, malgré de nombreuses provocations. Il parvint néanmoins à se faire arrêter – une fois – en septembre 1924. Alors qu'il se rendait à la messe commémorative des Catalans tués lors du siège de Barcelone (1713-1714), il fut interpellé par la Guardia Civil. Interrogé en espagnol, il répondit en catalan. On lui proposa la liberté s'il parlait espagnol, mais il refusa. C'est ainsi que cet homme de 72 ans fut arrêté. Il fut libéré à midi après que Mgr Gil Parés, de l'église, eut payé l'amende. Comme le dit Stanford, il n'en sortit pas victorieux. Il était anéanti.
L'église avait été épargnée par les manifestants et les émeutiers durant les décennies troubles précédentes, mais en juin 1936, la foule l'envahit, « détruisant les maquettes de Gaudí et brûlant le moindre morceau de papier ». Se tournant ensuite vers la crypte, ils ouvrirent et dispersèrent les restes de l'esprit originel à l'origine de la future basilique, José María Bocabella. Puis ils renversèrent la pierre tombale de Gaudí. Par chance, son cercueil resta intact.
Qui était cet homme que l'on qualifie aujourd'hui de star de l'architecture ? Né le 25 juin 1852 à Reus ou Riudoms, dans le quartier de Baix Camp, il était le benjamin des cinq enfants de Francesc Gaudí i Serra, chaudronnier, et de son épouse, Antònia Cornet i Bertran. Le lendemain, il fut baptisé Antoni Plàcid Guillem Gaudí i Cornet.
La maladie lui fit perdre son enfance et, même après ses études, il passa la majeure partie de son service militaire en congé maladie. Cela lui permit néanmoins de poursuivre ses études. Il obtint son diplôme d'architecture en 1878. À l'Exposition universelle de Paris de la même année, il réalisa une vitrine pour le fabricant de gants Comella, qui impressionna tellement l'entrepreneur catalan Eusebi Güell que celui-ci lui commanda certaines de ses œuvres les plus remarquables : des caves à vin, un pavillon, le palais et le parc Güell, ainsi que la crypte de l'église de la Colònia Güell.
En 1883, il fut chargé de la construction d'une église à Barcelone : le Temple Expiatori de la Sagrada Família (« Temple expiatoire de la Sainte Famille »). À son arrivée, il n'hérita que d'une crypte à moitié achevée et des plans de Francisco de Paula del Villar pour une grande église néo-gothique sans grand intérêt architectural. En 1887, la crypte était terminée et ouverte à la messe quotidienne. En 1914, le nonce apostolique Francesco Ragonesi vint visiter Gaudí et son église et la qualifia de « magnifique poème sculpté dans la pierre ». Gaudí répondit avec lyrisme : « Quel homme ne se sentirait pas poète avec l'église à ses côtés ? »
Son travail sur la façade de la Nativité semble puiser son inspiration non seulement dans le modernisme – la version catalane de l'Art nouveau – mais aussi dans des éléments classiques, gothiques et baroques. Le souci du détail est extraordinaire : le veilleur de nuit, Josep, est inspiré de Judas Iscariote ; Ponce Pilate, d'un chevrier du coin ; la Vierge Marie, de la sœur d'un maçon. La même attention est portée aux figures animales. Gaudí confia à son premier biographe, Joan Bergós : « Chacun trouvera quelque chose dans l'église. Les paysans y voient des coqs et des poules, les scientifiques les signes du zodiaque, les théologiens la généalogie de Jésus, mais l'explication, la raison d'être de tout cela, seuls les érudits la connaîtront, et elle ne doit pas être divulguée. »
Dans les années qui suivirent la fin de la Première Guerre mondiale, la principale contribution de Gaudí – outre la façade de la Nativité – fut la réalisation de maquettes complexes indiquant à quoi ressemblerait la basilique une fois achevée. À l'échelle 1/10 et 1/25, deux maquettes en plâtre furent finalement achevées à sa satisfaction en 1923. Les fonds arrivèrent toujours trop lentement pour concrétiser ses ambitions – jusqu'aux années 1980, où des financements internationaux, notamment japonais, commencèrent à affluer. Dès 1926, la construction fut confrontée à de graves difficultés financières.
Lorsqu'on lui demandait une date d'achèvement, Gaudí répondait : « Dieu est mon client et Il n'est pas pressé. » Pourtant, comme le souligne Stanford, Gaudí « croyait qu'il était voué à échouer au critère de perfection divin, de la même manière que Job… était condamné à souffrir tout au long de sa vie, quels que soient ses efforts, car il était mis à l'épreuve par son Seigneur, ne connaissant l'amour divin qu'au moment de rencontrer son créateur ».
Et il connaissait la souffrance. Le jeune homme qui avait perdu sa mère et ses frères et sœurs survivants avant l'âge de vingt ans ; l'adulte qui ne s'était jamais marié ni n'avait connu de relation intime (son unique amour, Pepeta Moreu, avait rejeté le jeune Gaudí après qu'il eut finalement tenté de lui déclarer sa flamme par l'intermédiaire d'une tierce personne). Comme l'ajoute Stanford : « Il se brouillait régulièrement avec ses mécènes ; il était obsessionnel et intransigeant dans le monde de son imagination débordante, cherchant à satisfaire un Dieu exigeant. »
Stanford brosse un tableau saisissant des derniers jours de Gaudí. Il partait chaque soir de son atelier (qui devint plus tard son domicile) près de la basilique. Jadis élégant, il portait désormais des vêtements usés, « à la fois négligés et délibérés ». Il enfilait de vieilles vestes, souvent rapiécées ou déchirées, les poches pleines de chapelets et de raisins secs ; ses chaussures étaient souvent rafistolées avec de la colle ou de la ficelle.
Il se rendait à l'oratoire Saint-Philippe-Néri, près de la cathédrale gothique de Barcelone. Il devait assister à un office, puis passer un moment avec son confesseur, le père Lluís Maria de Valls i Riera, avant de retourner à son atelier et de se coucher. Le tramway numéro 30 vrombissait et tintait, s'éloignant de l'Arc de Triomf vers la Plaça de Catalunya. On disait que Gaudí pensait que les tramways devaient céder le passage aux piétons. Il s'est engagé sur sa voie et a perdu connaissance.
Le conducteur du tramway crut avoir heurté un clochard et s'enfuit. Les trois premiers taxis hélés firent de même. Finalement, un quatrième le conduisit à l'hôpital, passant devant deux de ses créations, la Casa Milà et la Casa Batlló. Le patient inconnu reçut l'extrême-onction. Les jours suivants, entouré de son cousin Josep, de son ami le docteur Alfonso Trias et de quelques collègues de la Sagrada Família, il pouvait à peine parler, mais murmurait parfois : « Jésus, Déu meu . »
Il mourut à 20h05 le 10 juin 1926 et fut enterré dans la crypte de son magnifique chef-d'œuvre inachevé, la Cathédrale des Mendiants.
Un siècle plus tard, sa cathédrale est presque achevée. C'est presque miraculeux.
10/06/2026
Il y avait à cela à l’époque quelques raisons respectables : refus de l’Église et de la monarchie restaurée de rouvrir les blessures d’un passé sanglant, souci de réconciliation nationale et de réparation d’un tissu social en lambeaux, désir de pardon qui interdisait de stigmatiser les descendants des bourreaux en leur faisant supporter le poids de crimes dont ils étaient innocents, souci de ne pas étaler aux yeux de la catholicité entière des abominations susceptibles de nuire à la réputation de la France et des Français en révélant au monde jusqu’à quels abîmes de violence avait sombré le pays le plus civilisé du monde …
Tout cela partait d’excellentes intentions mais reposait sur une erreur d’analyse irréparable: l’illusion que le camp opposé accepterait une politique d’oubli et de pardon qui lui était odieuse. En fait, il fut aisé aux ennemis de l’Église, lorsque, dans les années 1850, les témoins oculaires des crimes révolutionnaires eurent disparu, d’imposer un récit des événements où les catholiques massacrés allaient redevenir des « fanatiques » opposés aux Lumières qui avaient donc bien mérité leur sort et que l’on pourrait désormais présenter en bourreaux et non plus en victimes. Dans ce contexte, il allait devenir de plus en plus difficile d’ouvrir la cause de martyrs de la Révolution, d’autant que l’instauration de la 3e République et le Ralliement interdisaient de se mettre le pouvoir français à dos.
Les quelques causes qui surnageraient, hormis le cas des martyrs de septembre 1792 à Paris, horriblement trucidés dans les prisons parisiennes pour le seul crime d’être prêtres ou évêques, voire simples séminaristes, coupables de n’avoir pas prêté le serment schismatique à la constitution civile du clergé, ou les vieux prêtres lavallois, seraient celles des religieuses d’Orange, de Valenciennes ou de Compiègne que l’on affirmerait, un peu vite d’ailleurs, étrangères aux querelles politiques. Car il conviendrait de démontrer que les suppliciés avaient bien été mis à mort in odium fidei et non en raison de leurs engagements royalistes, gageure car les deux étaient pour les contemporains inextricablement liés. On le verrait bien en 1984 avec les dossiers des martyrs d’Avrillé près d’Angers, en plein Ouest insurgé donc, où l’on s’échinerait à prouver que les suppliciés n’avaient été ni de près ni de loin mêlés à l’insurrection, ce qui ferait repousser l‘essentiel des noms.
Dans ces conditions, rouvrir la cause de Madame Élisabeth, sœur cadette de Louis XVI guillotinée le 10 mai 1794, coupable de sa seule naissance, risquait d’être difficile. Ouverte dans les années 1930, refermée en raison de l’Occupation et jamais reprise car trop en décalage avec les orientations ecclésiologiques de l’après-guerre et de l’après-concile, elle n’intéressait plus, tant une certaine littérature édifiante avait réussi à métamorphoser cette jeune fille qui mourut à tout juste trente ans, scientifique de haut niveau et cavalière redoutable, en « pieuse vieille fille » et en religieuse ratée, bien que, de son propre aveu, elle n’ait jamais eu la vocation, ce qui rendait sa personnalité difficile à saisir au XIXe siècle. La conférence épiscopale comme l’opinion pouvaient se demander en quoi elle nous concernait ; pis encore, l’on soupçonnait les milieux royalistes d’être en embuscade derrière la cause de la sœur de Louis XVI, et, horresco referens, l’extrême droite avec eux. Ce fut donc une « divine surprise » au sens propre du terme qu’une assez stupéfiante majorité de l’épiscopat français ait acté la réouverture de la cause, ce alors que le gouvernement socialiste venait d’ostensiblement bouder la canonisation du premier saint martyr de la Révolution, le frère Salomon Leclercq qui avait eu la bonne idée d’opérer un miracle en Amérique du Sud …
Après presque dix ans, le dossier de Madame Élisabeth part pour Rome. On a fait en sorte de gommer autant que possible son appartenance à la famille royale, ses engagements politiques, solides et revendiqués pourtant. On a renoncé à en faire une martyre puisque d’autres raisons expliquaient sa condamnation à mort et qu’elle périssait non pas en haine de la foi mais en haine de « la tyrannie ». Tout cela, disons-le, est un peu hypocrite, tout comme de mettre en avant l’exemple qu’elle pourrait être, en raison de son dévouement aux siens, pour toutes celles contraintes à un célibat non choisi. L’on trouverait aisément, surtout dans le contexte actuel, d’autres raisons de prendre la princesse pour modèle …
Mais au fond, qu’importe si jamais la cause aboutit et si quelque miracle conduisait à sa béatification ? Élisabeth de France a maintes leçons à dispenser !
Anne Bernet, Madame Elisabeth, Livres en Famille
09/06/2026
C’est donc l’Espagne, terre de vives tensions séculières, que Léon XIV a choisie pour clarifier sa vision du monde et de l'Église. Depuis son élection en mai 2024, le souverain pontife ne s'était jamais montré aussi explicite. À travers l'analyse fine qu'en fait Jean-Marie Guénois, on comprend que ce voyage n'était pas une simple visite de courtoisie, mais un véritable manifeste politique, anthropologique et ecclésial.
Un repositionnement politique : la dignité humaine au-dessus des majorités
Devant les parlementaires espagnols, Léon XIV a choisi d'aller à contre-courant des consensus mous. Reprenant une thèse chère à Benoît XVI, il a rappelé que la dignité humaine n'est pas une concession de l'État, négociable au gré des majorités politiques ou des modes sociétales.
Pour le pape, l'action législative doit être soumise au service de la personne. C'est ce message de fermeté qui, paradoxalement, a bouleversé l'hémicycle espagnol, déclenchant huit minutes d'applaudissements.
Dans son discours, le souverain pontife a articulé sa vision autour de six alertes majeures lancées aux démocraties occidentales :
La défense absolue de la vie : Érigée en « objectif de civilisation », elle doit être protégée de la conception au déclin naturel.
Le bien commun : Qui ne saurait être réduit à une simple somme d'intérêts particuliers.
La famille : Qualifiée de « première école d'humanité » et de pilier de la stabilité des nations.
L'éducation : Avec un rappel du droit inaliénable des parents à choisir la formation de leurs enfants.
Les migrations : Une approche nuancée exigeant des voies d'accueil sûres, mais aussi le « droit de rester sur sa propre terre » en réglant les causes de l'exil.
La paix : Une critique frontale du réarmement mondial actuel, rappelant que la guerre est toujours l'aveu d'une défaite.
Le coup d'éclat : la défense du secret de la confession
L'un des moments les plus inattendus de ce discours reste la défense vibrante du secret de la confession. Alors que l'Église espagnole et mondiale est ébranlée par les crises d'abus sexuels, poussant certains politiques à vouloir lever ce secret, Léon XIV a pris le problème à bras-le-corps.
Loin de reculer, il a placé le secret sacramentel sur le terrain des libertés démocratiques fondamentales : celle de la conscience et de la sphère intime. Pour le pape, protéger juridiquement cet espace sacré est le devoir de tout État authentiquement libre.
Fin des « périphéries », retour au centre : le recadrage des évêques
Après les politiques, le pape s'est adressé à la Conférence épiscopale espagnole. C'est ici que la démarcation avec son prédécesseur, le pape François, devient la plus nette.
Jean-Marie Guénois résume parfaitement la situation : Léon XIV s’attache à remettre « l’Église au milieu du village », contrastant avec François qui, lui, la voulait « aux périphéries ».
Sans condamner le pontificat précédent, Léon XIV opère plusieurs glissements sémantiques majeurs :
Du synode au pèlerinage : Le pape préfère l'image du pèlerinage nourri par l'Eucharistie et la Parole à celle de la discussion synodale.
Recentrage doctrinal : Face aux polarisations, il exige des évêques et des prêtres une doctrine solide et une vie sacramentelle stricte, plutôt qu'une quête de séduction médiatique.
Ce qu'il faut en retenir
Comme le souligne Jean-Marie Guénois, il ne s'agit pas d'une « restauration conservatrice » aveugle, mais d'un retour franc et net aux fondamentaux.
Léon XIV réussit une synthèse complexe : être intransigeant sur la doctrine catholique (famille, vie, sacrements) tout en restant profondément connecté aux drames du siècle (guerre, pauvreté, migrations). La suite de son voyage, notamment son passage aux îles Canaries pour aborder la crise migratoire, confirmera si ce style direct et théologique parvient à redéfinir durablement l'influence de l'Église dans le débat public mondial.
08/06/2026
Ah, Paris ! Sa tour Eiffel, ses croissants, et ses polémiques culturelles dont elle seule a le secret. Mais cette fois-ci, la traditionnelle « Nuit Blanche » a réussi un exploit inédit : faire trembler les piliers des églises, et pas seulement à cause des basses des systèmes sonores.
Mettons tout de suite les pieds dans le bénitier. Que s'est-il passé ? À la chapelle de l’hôpital Tenon, l’ambiance était plutôt aux rituels d'ailleurs, avec une exposition de masques et d'objets franchement inspirés du vaudou. Un peu plus loin, à l’église Saint-Laurent, l’atmosphère tenait plus du film à suspense que de la veillée de prière : pénombre totale, voix désincarnées et messages diffusés jusque dans les confessionnaux. Bref, un grand moment de malaise pour les fidèles venus chercher la paix de l'âme, et qui sont repartis avec une sacrée migraine.
Depuis, le jeu de l'oie des responsabilités bat son plein. On pointe du doigt l'artiste Barbara Butch, les créateurs ou la mairie de Paris. Soyons sérieux deux minutes : reprocher à la mairie de Paris de faire du contemporain décalé ou à des artistes d'avant-garde d'être... d'avant-garde, c'est comme s'étonner qu'il pleuve en Normandie. Tout cela était parfaitement prévisible. Reste que dépenser 1.5 million d'euros pour tout ce chambard, ça reste en travers de la gorge.
La vraie question, celle qui brûle les lèvres et qui ne manque pas de sel, est beaucoup plus simple : mais qui diable, si j'ose dire, a ouvert les portes ?
Alors certes, les curés des paroisses concernées ont tourné la clé dans la serrure et portent une responsabilité évidente. Cependant, un prêtre n’est pas un électron libre à la tête d’une franchise paroissiale autonome. Ils obéissent à une hiérarchie. Et au sommet de la pyramide parisienne se trouve Monseigneur Laurent Ulrich, l’archevêque de Paris. Oui, vous savez, c'est celui qui refuse les pèlerins de Chartres à Notre-Dame ! En tant que garant de l'unité et de la sacralité des lieux, il est difficile pour lui de jouer les abonnés absents ou de feindre la surprise.
Car une église, jusqu'à preuve du contraire, n'est pas un centre culturel de quartier ni un espace de coworking pour performances artistiques. C'est la maison de Dieu, un lieu de recueillement et de silence. Face à l'incompréhension générale, le diocèse a choisi de répondre par une arme redoutable : un silence de cathédrale. Aucune explication n'a été fournie pour nous dire en quoi des incantations vaudou aidaient à l'évangélisation des masses.
Hasard du calendrier (ou de la Providence), Monseigneur Ulrich atteindra l’âge canonique de 75 ans le 7 septembre prochain. S'il est acquis qu'il sera sur son 31 pour accueillir le pape Léon XIV lors de sa visite historique à Paris en septembre, la suite reste très ouverte. Après les paillettes de la visite papale, ne serait-ce pas le moment idéal pour une retraite bien méritée ? Une sortie élégante permettrait de tourner la page et d'offrir un nouveau souffle à un diocèse qui en a bien besoin.
Monseigneur Ulrich doit-il démissionner comme certains le souhaitent ? Le débat est ouvert. Mais une chose est sûre : quand le berger laisse entrer les loups (ou du moins les performeurs) dans la bergerie, c'est toute sa gouvernance qui est remise en question. Et ça, ce n'est pas de l'art contemporain, c'est juste de la politique ecclésiastique.
Allons, j'ai choisi l'humour pour masquer mon incompréhension, et pour tout dire, ma grogne !
Notre hiérarchie que nous aimons malgré tout, a besoin de nos prières, n'en soyons pas avares !
07/06/2026
Les raisons d'y croire
C’est à l’âge de quinze ans qu’apparaissent chez elle les premiers troubles de la coordination, ainsi qu’unefatigue anormale. Après une batterie de tests rigoureux incluant des ponctions lombaires, une « sclérose en plaques progressive » est diagnostiquée de manière formelle en 1978 à la Mayo Clinic de Rochester. La maladie évoluait alors depuis déjà seize ans. Son chirurgien, le docteur Harold Adolph, a témoigné de l’extrême gravité de son état en la décrivant comme l’une des patientes les plus « désespérément malades » qu’il ait jamais rencontrées.
À la veille de sa guérison, l’état physique de Barbara était devenu catastrophique, car ses fonctions vitales les plus basiques ne répondaient plus. Elle ne voit presque plus rien et la maladie a tellement contracté ses membres qu’elle reste en « position fœtale » permanente. Comme elle ne peut plus respirer normalement à cause d’un poumon affaissé, elle dépend d’un tube dans la gorge et d’un apport constant d’oxygène. Son système digestif et ses intestins sont eux aussi totalement à l’arrêt, ce qui oblige les médecins à utiliser des sondes et des poches extérieures pour la maintenir en vie.
Le médecin qui suit Barbara, le docteur Thomas Marshall, est absolument convaincu que sa mort est imminente : elle est considérée « en fin de vie ». Il a d’ailleurs prévenu sa famille que la plus petite infection suffira à l’emporter – raison pour laquelle tout le monde a accepté de signer une consigne de « non-réanimation » pour ne pas prolonger ses souffrances inutilement. C’est ce même docteur qui témoignera plus tard de son choc total en la revoyant : « J’ai cru voir une apparition ! Voici ma patiente, qui n’était pas censée vivre une semaine de plus, totalement guérie. »
Le dimanche de la Pentecôte, le 7 juin 1981, deux amies viennent au chevet de Barbara pour lui lire une pile de courriers de soutien. Ces centaines de lettres ont été envoyées par des auditeurs après qu’une station de radio locale, WMBI, a diffusé un message demandant aux gens de prier pour elle. C’est durant ce moment de partage que Barbara raconte avoir entendu une voix masculine, venant de derrière son épaule, lui donner un ordre très simple : « Mon enfant : lève-toi et marche. » À cet instant, elle déclare à ses proches présents : « Dieu vient de me dire de me lever et de marcher. »
À la suite de cet événement, Barbara se lève sans aide, retrouve la vue et peut respirer profondément sans assistance. Dès le lendemain, les examens cliniques confirment objectivement ce changement radical : les radiographies montrent que le poumon auparavant affaissé est « entièrement réinflé » et que ses diaphragmes fonctionnent à nouveau normalement. Le docteur Adolph note que la patiente ne présente désormais plus « aucun des signes de la sclérose en plaques ».
Le docteur Marshall a exprimé son incrédulité devant une restauration si complète, qu’il jugeait scientifiquement impossible. Lors de sa consultation, il déclare à Barbara : « Je serai le premier à vous le dire : vous êtes complètement guérie. Je peux aussi vous dire que c’est médicalement impossible. » Il conclura plus tard avoir eu le « rare privilège d’observer la main de Dieu accomplir un véritable miracle ».
La dimension la plus inexplicable du cas réside dans le caractère global et coordonné de la guérison. En un seul instant, quatre systèmes vitaux profondément atteints (neurologique, respiratoire, digestif et visuel) ont retrouvé un fonctionnement parfait. Une telle restauration simultanée de plusieurs organes défaillants dépasse totalement les mécanismes habituels de rémission observés en médecine.
Durant quarante ans, Barbara a conservé une santé parfaite, sans aucune rechute neurologique. Preuve de sa vitalité, elle a entrepris des études pour devenir technicienne chirurgicale et a même assisté le docteur Adolph lors de nombreuses interventions, travaillant ainsi durant des décennies dans le milieu médical qui l’avait autrefois condamnée.
En savoir plus
La trajectoire de Barbara Snyder, avant le miracle de juin 1981, est celle d’un long combat de seize années contre une déchéance que rien ne semblait pouvoir freiner. Née en 1950 à Berwyn, dans l’Illinois, elle grandit à Wheaton dans un environnement familial stable. Très active durant sa jeunesse comme gymnaste et musicienne, elle voit sa vie basculer pendant l’adolescence. Entre quinze ans et trente et un ans, on estime qu’elle a passé près de 75 % de son existence en milieu hospitalier, passant du statut d’adolescente sportive à celui de patiente lourdement appareillée. Cette épreuve prolongée a été rigoureusement documentée par les services de neurologie de la Mayo Clinic et par les dossiers de soins palliatifs du comté de DuPage.
L’impact de sa guérison a rapidement dépassé le cadre de sa chambre de malade pour toucher toute la communauté de Wheaton, une ville fortement marquée par sa culture chrétienne. L’appel à la prière, diffusé sur les ondes de la station de radio WMBI dans l’émission « Cup of Cold Water », avait suscité un élan de solidarité rare, matérialisé par l’envoi de centaines de lettres, dont la lecture a accompagné les premiers instants de son rétablissement.
Sur le plan personnel, Barbara a choisi de consacrer sa nouvelle vie au milieu médical qui l’avait autrefois condamnée. Dès 1982, elle a entrepris des études pour devenir technicienne chirurgicale, transformant ainsi son expérience de la maladie en une vocation de service. Elle a par la suite mené une existence familiale épanouie, se mariant avec un pasteur et s’installant en Floride, où elle a poursuivi sa carrière jusqu’à sa retraite.
Au-delà du récit personnel, le cas a fait l’objet de plusieurs enquêtes de la part de chercheurs et de journalistes, dont Craig Keener, qui a recueilli les témoignages directs des médecins impliqués trente ans après les faits. Si des hypothèses naturelles – comme le trouble de la conversion – ont parfois été évoquées pour expliquer la paralysie, elles se heurtent systématiquement à la réalité physique des lésions organiques, notamment la paralysie diaphragmatique et le collapsus pulmonaire, confirmés par imagerie. Ce dossier reste aujourd’hui un point de référence pour ceux qui étudient les limites de la science face aux guérisons dites inexpliquées.
Antoine de Montalivet a étudié la philosophie et la théologie au séminaire diocésain de Fréjus-Toulon.
Aller plus loin
Craig S. Keener, Miracles : The Credibility of the New Testament Accounts, Grand Rapids, Baker Academic, 2011, 2 vol. Cet ouvrage de référence, rédigé par un chercheur de renommée mondiale, analyse rigoureusement de nombreux cas de guérisons inexpliquées, y compris celui de Barbara Snyder.
05/06/2026
À travers cet échange, découvrez les enjeux théologiques, historiques et spirituels qui divisent encore aujourd’hui. Entre fidélité à la tradition, interprétation du Concile Vatican II et volonté d’unité, ce dialogue soulève des questions essentielles pour l’avenir de l’Église.
Une discussion éclairante pour mieux comprendre les tensions, les espoirs et les blocages autour de cette situation complexe.
00:00 - Présentation des invités
00:59 - Les ordinations d'évêques sans l'accord de Rome
02:30 - L'absence de dialogue avec le Vatican
05:14 - Le risque d'excommunication des évêques
06:49 - Qu'est-ce que "l'état de nécessité" ?
07:26 - Le débat sur le salut dans les paroisses ordinaires
11:41 - Le flou doctrinal et l'accès à la communion
14:36 - Peut-on critiquer l'Église de l'intérieur ?
15:22 - Prolongation du débat (Version YouTube)
16:45 - Qui est responsable de la rupture avec Rome ?
20:46 - Les objections contre le Concile Vatican II
21:52 - La baisse de la foi en la présence réelle
23:08 - Les critiques contre la messe de Paul VI
25:51 - La situation difficile des communautés traditionnelles
30:54 - La soif de sacré chez les jeunes catholiques
36:57 - La figure du Pape et l'unité de l'Église
39:37 - L'exemple d'obéissance de Padre Pio
44:53 - Débat sur la liberté religieuse (Dignitatis Humanae)
47:45 - La place de la religion dans la société
49:40 - Débat sur le dialogue interreligieux (Nostra Aetate)
54:24 - Le salut pour les non-catholiques
55:42 - Conclusion de l'échange
04/06/2026
Au micro d’Adrian Milag, Mgr Athanasius Schneider a expliqué, en évoquant son livre Fuyez l’hérésie, quel est le rôle d’un évêque pour protéger les fidèles : « Des laïcs m’ont demandé de réaliser une synthèse des erreurs les plus répandues de notre époque. J’ai donc écrit cet ouvrage comme une aide pour les fidèles. Vous savez, lorsqu’une maladie se propage, lorsqu’une épidémie survient et que des virus se répandent partout, un bon médecin doit fournir aux personnes des remèdes capables de les guérir. Il doit aussi les avertir en leur disant : “N’allez pas là-bas” ou “Soyez vigilants”. Il en va de même pour un évêque. Il est le père spirituel des fidèles.
Un évêque est également un médecin spirituel, un docteur des âmes, chargé de procurer la santé spirituelle. Ce livre se veut donc un avertissement contre des virus spirituels dangereux. Il a été écrit avec une intention de véritable charité pastorale, de véritable amour du prochain. Lorsque j’aime les personnes et les âmes, je ne peux pas les laisser dans une situation de confusion. Je ne peux pas les laisser dans une situation où se répandent des virus spirituels. C’est pourquoi je considère cet ouvrage, cet avertissement contre les hérésies, comme un acte éminent d’amour du prochain. »
« Le véritable Philippin est catholique »
Revenant sur son voyage aux Philippines, Mgr Schneider explique ce qui caractérise, selon lui, le peuple philippin : « J’ai découvert que Dieu a accordé au peuple philippin un don particulier. Vous possédez, d’une certaine manière, un don naturel pour la foi catholique. Le véritable Philippin est catholique. Il ne peut pas ne pas être catholique. Cela est profondément enraciné dans le dessein de la Providence divine à l’égard du peuple philippin et dans toute l’histoire des Philippines. L’amour de la foi catholique, la profondeur de la dévotion, tout cela est remarquable.
J’ai également constaté l’amour particulier que vous portez à Notre-Seigneur, spécialement à Notre-Seigneur souffrant, ainsi qu’à sa Très Sainte Mère. J’ai aussi observé que le peuple philippin se distingue, je crois, de tous les autres pays catholiques du monde par son amour de l’Enfant Jésus. Cette dévotion à l’Enfant Jésus est quelque chose de très particulier aux Philippines. Elle manifeste la simplicité de la foi, la confiance filiale et l’amour profond que le peuple philippin porte à Notre-Seigneur dès son enfance. »
« Conservez cette messe, développez-la, faites-la renaître »
Plus loin, après avoir expliqué la vie qu’il a connue derrière le rideau de fer, Mgr Athanasius Schneider encourage les Philippins à garder et répandre la messe traditionnelle : « Mais aujourd’hui la situation est différente. À l’époque communiste, nous étions persécutés par des ennemis extérieurs à l’Église. De nos jours, nous sommes confrontés à la confusion à l’intérieur même de l’Église. Certains fidèles et certains prêtres sont, d’une certaine manière, persécutés, humiliés ou marginalisés par des membres du haut clergé qui détiennent l’autorité dans l’Église et qui empêchent des prêtres ou des évêques d’exprimer pleinement la foi catholique. Voilà la situation actuelle. Mais malgré cela, nous devons continuer à proclamer la vérité avec charité, mais aussi avec clarté. La charité et la clarté. Sans ambiguïté.
Nous devons annoncer la foi catholique traditionnelle et immuable de tous les temps. Nous devons faire connaître la beauté de la liturgie de tous les temps, celle qu’ont connue nos saints. Cette messe traditionnelle latine, je l’appelle la messe des Philippins. Car quelle fut la première messe célébrée aux Philippines ? C’était la messe traditionnelle latine.
À Mazaua, en 1521. C’était exactement la même messe, ce que l’on appelle aujourd’hui la messe traditionnelle latine. C’est donc la messe fondatrice des Philippines. C’est la messe qui est à l’origine même de l’histoire catholique des Philippines. C’est pourquoi je vous en prie : conservez cette messe. Développez-la. Faites-la renaître. Répandez-la à nouveau dans tout le pays. Vous pouvez dire qu’elle est la messe de vos origines. »
La franc-maçonnerie et les racines de la crise actuelle
Adrian Milag a ensuite interrogé le prélat au sujet du catéchisme qu’il a publié : « Là encore, ce n’était pas mon idée. À vrai dire, presque tous les livres que j’ai écrits ne sont pas nés de mes propres initiatives. On me les a demandés. Pour Credo, c’est un père de famille nombreuse des États-Unis qui m’a demandé de le faire. J’ai considéré que cette demande d’un père de famille était, en réalité, un appel que Dieu m’adressait. Je ne pouvais pas le refuser. En tant qu’évêque et pasteur, je me devais d’y répondre. Avec l’aide de plusieurs théologiens, j’ai donc travaillé pendant plus d’un an à l’élaboration de cet ouvrage intitulé Credo. »
Cet ouvrage catéchétique, sous forme traditionnelle de questions et réponses, a ceci de spécifique qu’il consacre plusieurs questions à des sujets actuels ou inhabituels, notamment la franc-maçonnerie : « J’aborde notamment la question de l’idéologie du genre. J’ai également consacré un chapitre à la franc-maçonnerie, ce qui n’est généralement pas le cas dans les autres catéchismes. C’est un sujet important. Nous devons en parler. Je n’y fais que citer le magistère de l’Église, non mes propres opinions. J’ai même cité les francs-maçons eux-mêmes, à partir de leurs propres déclarations. Il ne s’agit donc nullement d’une théorie du complot. J’ai simplement repris les sources provenant des francs-maçons eux-mêmes, telles qu’ils se définissent. Il faut savoir qu’il s’agit d’une organisation très dangereuse, l’une des sectes secrètes les plus dangereuses, une secte à caractère religieux qui constitue une forme de gnose, de gnosticisme. Aux degrés les plus élevés, elle tend toujours davantage, selon moi, vers une forme de culte satanique.
Le dogme fondamental de la franc-maçonnerie est le relativisme. Le relativisme. Il n’existe aucune vérité religieuse objective. Toutes les religions sont égales et chacun peut choisir son propre dieu, pour ainsi dire, et lui rendre un culte. Voilà le premier dogme. Le second, plus profond encore, est l’anthropocentrisme : l’homme doit être au centre de tout. Non plus Dieu. Mais l’homme.
Et le plus grand obstacle à cette idéologie maçonnique est Jésus-Christ, Dieu incarné. Pour eux, c’est l’obstacle principal. Ce qu’ils rejettent le plus, c’est précisément l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ et l’unicité de Jésus-Christ. C’est ce qui est le plus opposé à tout l’édifice spirituel de la franc-maçonnerie. Par conséquent, la foi catholique intégrale et la véritable Église catholique constituent naturellement, à leurs yeux, leur principal adversaire. C’est pourquoi, depuis toujours, la franc-maçonnerie cherche à marginaliser la foi catholique et à la combattre. »
Mgr Schneider explique qu’à ses yeux la crise de l’Église est due en grande partie à l’infiltration des idées maçonniques dans le corps ecclésial : « Aujourd’hui, elle aurait changé de tactique. Au lieu de combattre directement la foi catholique, elle chercherait à s’infiltrer dans l’Église afin de la corrompre par des idées de relativisme, de naturalisme et d’anthropocentrisme. Selon moi, c’est là l’une des racines de la crise actuelle de l’Église depuis le concile Vatican II. Nous pouvons l’observer. Je ne dis pas que cette crise est l’œuvre des francs-maçons. Non. Mais les similitudes sont réellement frappantes.
Depuis le Concile, depuis environ soixante ans, l’une des caractéristiques majeures de la crise est précisément la primauté accordée au relativisme. Par le biais de ce qu’on appelle l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, l’unicité de Jésus-Christ se trouve comme diluée parmi les autres religions. Le second phénomène que l’on constate dans l’Église catholique depuis le Concile est la tendance à placer l’homme au centre de tout. Dans la liturgie également. Le Christ est relégué à l’arrière-plan. Même dans les églises, la Sainte Eucharistie — le Christ vivant, Dieu incarné vivant — est souvent placée dans un coin, tandis que le prêtre occupe le centre sur son siège. C’est, selon moi, une approche profondément anthropocentrique.
De même, célébrer la messe face au peuple, dans une sorte de cercle fermé autour de l’autel, transforme progressivement l’autel en table. Le centre visible devient alors le prêtre plutôt que le Christ. On affirme en théorie que le Christ demeure au centre. Mais, dans la pratique, l’impression donnée est souvent différente. Voilà une autre caractéristique fondamentale de la crise actuelle de l’Église catholique, laquelle présente, selon moi, certaines analogies avec l’idéologie maçonnique. Autrement dit, on en vient à accorder la primauté à la nature, à la vie présente, aux réalités terrestres, au détriment des vérités éternelles, de la grâce et de la vie spirituelle en Dieu. C’est là notre crise. »
« Nous devons remettre le Christ au centre »
La réponse à cette infiltration idéologique est, comme le voulait saint Pie X, la restauration de toutes choses en Jésus-Christ : « Nous devons remettre le Christ au centre. Le Christ doit être le centre de tout. Son unicité doit être proclamée à nouveau. Nous devons l’annoncer avec un nouvel élan missionnaire, prêts à donner notre vie, comme les Apôtres, pour proclamer qu’il n’existe pas d’autre voie de salut. Pour personne. Ni pour les musulmans, ni pour les juifs, ni pour les bouddhistes, ni pour les hindous. Pour personne. On ne peut être sauvé sans Jésus-Christ, sans croire en Jésus-Christ. Nous devons l’affirmer de nouveau avec amour et avec clarté. Proclamer le Christ comme l’unique chemin. Puis remettre l’Incarnation de Dieu au centre de notre culte et de nos églises. Placer le tabernacle au centre. Accorder au Dieu incarné vivant dans l’Eucharistie les plus grands honneurs dont nous sommes capables. Tourner à nouveau le prêtre et les fidèles vers Lui, vers le tabernacle, durant la sainte Messe. Se tourner vers Lui. C’est Lui qui compte.
Lorsque nous recommencerons à vénérer et à honorer le Christ au centre, comme Il le mérite en tant que Dieu véritablement incarné, alors seulement l’Église sera renouvelée. Il n’y aura pas de véritable renouveau de l’Église sans un renouveau de la vénération eucharistique. Sans un renouveau du respect manifesté envers l’Eucharistie, notamment lors de la réception de la sainte Communion. Nous devons nous agenouiller. C’est notre loi. S’agenouiller, et non rester debout. Pourquoi rester debout ? Ouvrez la bouche comme un enfant. Jésus a dit : “Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume.” Agenouillez-vous donc et ouvrez la bouche comme les enfants. Alors le prêtre vous donnera le Corps du Christ avec toute la révérence, toute l’attention et tout le soin qui Lui sont dus.
Nous devons retrouver cela. Nous devons aussi retrouver la beauté du mariage chrétien, la beauté des familles catholiques, la chasteté de la jeunesse, la sainteté du sacerdoce. Nous avons besoin d’une nouvelle génération de saints prêtres, de prêtres animés d’un zèle apostolique ardent, ainsi que d’évêques partageant ce même esprit. Voilà l’avenir de l’Église. Et cet avenir viendra. Il est déjà en train de naître. Je le vois ici, chez vous, dans ces magnifiques jeunes familles, dans ces bonnes initiatives qui existent partout dans le monde, comme la vôtre, Adrian, et comme tant d’autres qui annoncent et défendent la foi catholique. »
Le document d’Abou Dhabi : « C’est une hérésie »
Interrogé dans le registre de l’indifférentisme religieux au sujet du document d’Abou Dhabi, l’évêque répond : « Malheureusement, un document a été signé à Abou Dhabi en 2019 par le pape François et des représentants musulmans. Il traitait de la fraternité humaine et de la coexistence pacifique. Nous n’avons évidemment rien contre la fraternité humaine ni contre la paix entre les hommes. Tout cela est bon.
Mais dans ce document se trouvait, selon moi, un véritable poison. Un poison qui, fondamentalement, contredit l’Évangile. Je vais citer la phrase en question. Le document affirme que “la diversité des sexes, la diversité des nations, la diversité des langues, des cultures et des religions” est une expression de la sage volonté de Dieu Créateur. Cela est impossible. C’est une hérésie. Comment Dieu pourrait-Il vouloir la diversité des religions de la même manière qu’Il veut la diversité des sexes, homme et femme, qui fonde le mariage ? Il est impossible de placer ces réalités sur le même plan et de les présenter comme étant également voulues par Dieu, puisqu’elles sont simplement énumérées dans une même phrase.
Or Dieu ne veut pas l’idolâtrie. Il la condamne et la punit. Le premier commandement est clair : “Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face.” Le premier commandement exclut précisément les faux cultes. Notre-Seigneur Lui-même a déclaré : “Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.” Et saint Pierre, premier pape, a proclamé au monde le jour de la Pentecôte : “Il n’a été donné sous le ciel aucun autre nom par lequel nous devions être sauvés que celui de Notre-Seigneur Jésus-Christ.” Cette phrase du document d’Abou Dhabi, telle qu’elle est rédigée, revient de fait à nier l’Évangile et le premier commandement de Dieu. Nous devons le dire. Nous ne pouvons pas l’accepter. Nous devons continuer à proclamer l’unicité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »
« L’œuvre de Mgr Lefebvre est une grande œuvre pour toute l’Église »
Adrian Milag emmène ensuite son invité sur le sujet très actuel des consécrations épiscopales prévues par la Fraternité Saint-Pie X le 1er juillet prochain, il explique comment il a connu cette œuvre sacerdotale et prend sa défense : « Je connais bien cette Fraternité. Il y a plus de dix ans, le pape François m’a envoyé, avec trois autres évêques, comme visiteur apostolique auprès de la Fraternité Saint-Pie X. J’ai donc pu acquérir une connaissance interne de cette œuvre. À l’époque, les quatre évêques chargés de cette visite ont remis au pape François un rapport fondamentalement positif. Je pense que c’est notamment à la suite de ce rapport favorable que le pape François a accordé aux prêtres de la Fraternité les facultés pour entendre les confessions, facultés qui demeurent valides aujourd’hui. Il leur a également accordé la possibilité d’assister officiellement aux mariages.
J’ai lu leurs documents, étudié leur vie et les écrits de Mgr Lefebvre. Et plus je les étudie, plus je suis convaincu que l’œuvre de Mgr Lefebvre est une grande œuvre pour toute l’Église. L’histoire le reconnaîtra. Bien sûr, comme toute communauté présente sur cette terre, elle possède ses limites et ses défauts. C’est normal. Mais ce n’est pas là la question essentielle. Il faut regarder ce qui constitue le cœur de cette œuvre. La Fraternité Saint-Pie X ne fait rien d’autre que transmettre et enseigner la même foi que celle qu’enseignaient les saints jusqu’au Concile. C’est la même foi que l’Église a toujours demandé d’enseigner. Elle n’a rien inventé de nouveau. Lorsqu’elle proclame la même foi que les saints et les papes du passé, il n’y a là rien de répréhensible.
Elle célèbre également la même sainte Messe, la même liturgie que celle qui a été célébrée pendant des siècles. Lorsque saint Pie V a codifié cette liturgie, il ne l’a pas inventée. Il ne l’a pas réformée. Il a simplement recueilli le rite romain traditionnel tel qu’il existait depuis des siècles avant le Concile de Trente et l’a donné à toute l’Église latine comme modèle, comme la manière la plus sûre de célébrer le saint sacrifice de la Messe. La plus sûre. C’est précisément ce que continue de faire la Fraternité Saint-Pie X.
La formation des séminaristes suit également les normes que le Saint-Siège a données pendant des siècles. Elle ne suit pas ses propres normes particulières. Elle suit celles que le Saint-Siège lui-même a prescrites. Elle utilise les mêmes catéchismes que ceux qu’ont connus nos grands-parents partout dans le monde : le catéchisme de saint Pie X et d’autres catéchismes traditionnels. La foi catholique n’a pas changé avant le Concile ni après le Concile. La Fraternité continue simplement à transmettre cette même foi. Pour cette raison, nous devons lui être reconnaissants de conserver et de transmettre la foi de nos pères, la foi des papes au cours des siècles, la liturgie des saints, la formation traditionnelle des prêtres et des fidèles, et ainsi de suite. »
« L’aspect juridique est secondaire »
Il explique ensuite pourquoi, tant que Rome veut imposer certaines nouvelles doctrines erronées ou ambiguës de Vatican II, l’accord est impossible : « Le problème est essentiellement d’ordre juridique. Il s’agit d’une question canonique : la Fraternité ne bénéficie pas encore d’une pleine reconnaissance juridique de la part du Saint-Siège. Mais, dans le contexte actuel, cet aspect juridique est secondaire. Il est secondaire en raison de la confusion manifeste et de la situation d’urgence qui règnent dans l’Église. Le Saint-Siège ne garantit pas toujours pleinement, aujourd’hui, le maintien intégral de la foi catholique dans toute sa pureté.
Par ailleurs, le Saint-Siège demande à la Fraternité Saint-Pie X, comme condition préalable à toute reconnaissance canonique et à toute permission concernant les consécrations épiscopales ou d’autres questions, d’accepter certaines affirmations du Concile qui demeurent ambiguës. Il lui est demandé d’accepter certaines méthodes œcuméniques qui, selon moi, sont ambiguës et tendent à relativiser l’unicité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il en va de même pour certaines formes de dialogue interreligieux. On lui demande également d’accepter certaines conceptions nouvelles de la collégialité épiscopale permanente, telles qu’elles ont été formulées par le concile Vatican II. Or cette compréhension de la collégialité n’existait pas auparavant sous cette forme dans l’histoire de l’Église.
Ainsi, dans la pratique, l’épiscopat tend parfois à devenir, à travers les conférences épiscopales, une sorte d’organe démocratique qui étouffe parfois l’autorité propre de l’évêque diocésain. Or l’évêque diocésain est de droit divin. Il est le successeur des Apôtres. La conférence épiscopale, en revanche, n’est pas de droit divin ; c’est une institution créée à notre époque. Voilà l’une des principales difficultés entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. La Fraternité affirme : “Nous ne pouvons pas accepter ce qui demeure ambigu.” Le Saint-Siège répond : “Vous devez accepter les nouvelles méthodes de l’œcuménisme, de la liberté religieuse, etc., ainsi que la nouvelle messe qui contient certains éléments du nouvel Ordo Missæ qui, au moins sur le plan doctrinal, ne sont pas toujours suffisamment clairs.” Vous voyez donc où se situe le problème. »
Un nouvel appel au pape Léon XIV
C’est pourquoi, inlassablement, Mgr Schneider interpelle le Saint-Père afin qu’il agisse en faveur de la Fraternité Saint-Pie X, qu’il fasse au moins preuve de réalisme pastoral devant tant de catholiques qui demandent à bon droit la Tradition intégrale : « C’est pourquoi j’ai lancé cet appel : Très Saint-Père, soyez un bon pasteur, un pasteur généreux. Ces fidèles sont aussi vos enfants. Il y a environ un demi-million de catholiques de la Fraternité Saint-Pie X à travers le monde, plus de huit cents prêtres, religieux, religieuses et séminaristes. Ils vous aiment sincèrement. Ils prient chaque jour pour vous à la messe. Ils vous reconnaissent comme pape ainsi que leurs évêques diocésains.
Pourquoi ne pourriez-vous pas leur accorder une exception ? Alors même que vous faites preuve d’une grande générosité envers d’autres confessions, recevant par exemple l’archevêque anglican de Cantorbéry, rencontrant des représentants d’autres religions ou visitant des mosquées. Pourquoi ne pourriez-vous pas faire un geste envers vos propres enfants ? Pourquoi ne pas leur accorder, de manière exceptionnelle, la permission de consacrer des évêques qui vous aimeront et prieront pour vous ? Ensuite, avec le temps, vous pourrez trouver une solution durable avec eux. Cela demande du temps. J’en appelle donc une nouvelle fois à vous, Très Saint-Père. »
Et l’évêque conclut son propos par un encouragement au pape à dépasser les pressions : « Vous pouvez éviter cette blessure faite d’excommunications et d’anathèmes par un geste pastoral généreux. Tel est mon appel, ainsi que celui de nombreux fidèles.
Très Saint-Père, soyez un père. Soyez un fils de saint Augustin qui œuvre pour la paix. Laissez parler votre cœur, et non votre entourage qui pourrait vous influencer et vous conseiller de les excommunier. Je vous en prie, agissez comme un véritable fils de saint Augustin. Écoutez votre cœur. Évitez cette blessure de la séparation. Vous pouvez le faire. Vous êtes le père de tous. »
Source : Adrian Milag TV ci-dessous
03/06/2026
En l’an 1263, un prêtre de Bohême, Pierre de Prague, assailli de doutes sur la présence réelle dans l’Eucharistie, effectue un pèlerinage à Rome : il désire prier sur les tombeaux des apôtres Pierre et Paul pour leur demander d’être libéré de ses doutes. De passage à Bolsena, au nord de Rome, il célèbre la messe dans l’église Sainte-Christine et prononce les paroles de la consécration, quand soudain, alors qu’il tient l’hostie au-dessus du calice, elle devient une chair vivante d’où s’écoule du sang, tachant le linge placé sur l’autel – le corporal. Curieusement, la petite partie de l’hostie qu’il tient entre ses doigts conserve quant à elle l’apparence du pain : il ne peut plus douter de la double nature de l’Eucharistie, la vraie chair et le vrai sang du Christ présents sous l’apparence du pain et du vin.
Alors que le prêtre, honteux de ses doutes, et désirant cacher le miracle, veut ranger le corporal dans le tabernacle, le sang se met à déborder du calice, au point que des gouttes tombent sur le dallage en marbre. Aussitôt, la nouvelle se répand.
Thomas d’Aquin et Bonaventure
Le prêtre se rend immédiatement auprès du pape Urbain IV. Celui-ci réside à cette époque à Orvieto, près de Bolsena. Pierre de Prague lui avoue ses doutes et l’événement extraordinaire qui vient de se produire. Le pape convoque saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure, présents également à Orvieto, et les envoie enquêter à Bolsena. Après la reconnaissance du miracle, l’hostie miraculeuse et le corporal taché sont transportés en grande pompe jusqu’à la cathédrale de Sainte-Marie d’Orvieto.
C’est suite à ce miracle que, le 8 septembre 1264, le Souverain pontife établit la fête du Très Saint-Sacrement – Fête-Dieu – dans toute l’Église, pour célébrer la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie. Et demande à Bonaventure et Thomas d’Aquin de composer un office pour cette solennité. Thomas est le premier à lire sa composition. Elle est si belle que Bonaventure déchire humblement ce qu’il a écrit en disant : « Très Saint Père, en écoutant frère Thomas j’ai cru entendre le Saint-Esprit… Comment opposer mon humble travail à celui-là ? Voici d’ailleurs tout ce qu’il m’en reste… »
Voici un extrait du Pange lingua de saint Thomas : « Chante, ô ma langue, le mystère de ce corps très glorieux, Et de ce sang si précieux que le Roi des nations, Issu d’une noble lignée versa pour le prix de ce monde (…). »
Aujourd’hui, la précieuse relique du corporal taché de sang est toujours vénérée dans le tabernacle placé sur l’autel de la chapelle du Sacré-Corporal, dans la cathédrale d’Orvieto. À Bolsena, les dalles tachées par le précieux sang ont été enchâssées dans des reliquaires muraux qu’on peut toujours voir également dans l’église où a eu lieu le miracle.
02/06/2026
Comment une stratège issue d’un milieu autrefois fustigé par le Vatican se retrouve-t-elle aujourd'hui à diriger sa voix officielle ? C’est tout l’enjeu de ce que les observateurs qualifient déjà de « Realpolitik vaticane ».
Une « Première » historique : au-delà du cléricalisme
La nomination de Maria Montserrat Alvarado brise un véritable plafond de marbre. Si le pape François avait initié une féminisation de la Curie avec des figures comme sœur Simona Brambilla ou Raffaella Petrini, Léon XIV franchit une barrière supplémentaire. Alvarado est, en effet, la première femme laïque non religieuse — n’ayant jamais prononcé de vœux — à être nommée préfète d'un dicastère.
Née à Mexico et formée aux États-Unis (Florida International University et George Washington University), cette experte d’une quarantaine d’années succède à Paolo Ruffini, qui fut le premier laïc masculin à occuper ce poste. En confiant les clés de la communication à une laïque « séculière », Léon XIV confirme que la direction des affaires de l’Église n'est plus la chasse gardée du clergé, tout en misant sur une compétence forgée au cœur des réalités médiatiques mondiales.
De l’opposition à l’institution : l’intégration du facteur EWTN
Le profil d’Alvarado est d’autant plus frappant qu’elle occupait jusqu’ici le poste de présidente et directrice des opérations d’EWTN News. Sous le pontificat précédent, ce réseau médiatique conservateur américain entretenait des relations d’une hostilité rare avec le Saint-Siège. La rupture était telle que le pape François avait déclaré en 2021, devant des jésuites slovaques :
« Il y a, par exemple, une grande chaîne de télévision catholique qui n'hésite pas à dire continuellement du mal du pape... Ils sont l'œuvre du diable. »
En nommant aujourd’hui la figure de proue de ce réseau, Léon XIV pose selon certains un acte de réconciliation politique d'une grande finesse. Ce choix permet de tendre la main à un univers catholique conservateur qui s’était senti marginalisé, tout en transformant une plateforme de critiques potentielles en un allié institutionnel. Comme l’espèrent certaines sources progressistes, la pression sera inversée : EWTN et ses satellites devront « faire le ménage » dans leurs propres rangs, notamment vis-à-vis des “dérives partisanes” de leur antenne, sous peine de discréditer leur ancienne dirigeante.
Une stratège de Washington dans le labyrinthe romain
Loin d’être une simple bureaucrate, Alvarado apporte une expertise de « stratège » rodée aux batailles juridiques et politiques de Washington. Durant quatorze ans au Becket Fund for Religious Liberty, elle n’a pas seulement plaidé pour la liberté religieuse ; elle a dirigé des opérations de communication de crise et de lobbying sur des dossiers explosifs devant la Cour suprême, tels que :
Les Petites Sœurs des pauvres : la lutte contre l'obligation de contraception liée à l'Obamacare.
Hobby Lobby : la défense de l'autonomie des entreprises confessionnelles.
Les agences de placement familial : le droit de suivre ses convictions religieuses en matière d'adoption.
Ce profil de « combattante » est précisément ce que le Collège des cardinaux réclamait pour moderniser un appareil médiatique jugé inefficace ou déconnecté. Alvarado est perçue comme la figure capable de sortir Radio Vatican, L'Osservatore Romano et la Salle de presse de leur torpeur pour les engager pleinement dans l’ère numérique et la défense stratégique des intérêts de l’Église.
Tourner la page Ruffini et clore l’ère des scandales
Le départ de Paolo Ruffini, atteint par la limite d'âge de 70 ans, permet d’évacuer une gestion souvent jugée maladroite des crises internes. Le mandat de Ruffini restera marqué par ses déclarations polémiques lors de l’affaire Marko Rupnik, l’ancien jésuite accusé d’abus sexuels. Confronté à l’indignation des victimes sur l’utilisation persistante de l’art de Rupnik par les médias officiels, Ruffini avait rétorqué : « Je pense que vous avez tort », estimant que le retrait des œuvres n’était pas un acte de « civilisation ».
Si le nettoyage iconographique a discrètement commencé dès juin 2025 avec le retrait des œuvres de Rupnik des sites web du Vatican — signalant une transition déjà en marche — l’arrivée d’Alvarado marque une rupture de ton. Sa compétence en gestion de crise est attendue pour restaurer la crédibilité d’un département qui a trop longtemps semblé sur la défensive.
Conclusion : La voix du Pape à l'épreuve du professionnalisme
« Bien que cette nomination ait été inattendue, je la reçois avec un désir sincère de servir le Saint-Père », a déclaré Alvarado suite à l'annonce de sa prise de fonction fixée au 1er novembre 2026. Ce choix de Léon XIV est une fusion audacieuse entre le professionnalisme médiatique nord-américain et la diplomatie millénaire de la Curie.
Le défi reste herculéen : Alvarado pourra-t-elle unifier une communication vaticane structurellement fragmentée tout en naviguant dans une Église de plus en plus polarisée ? En invitant son ancienne critique à sa table de travail, Léon XIV a-t-il neutralisé une opposition gênante ou a-t-il ouvert la voie à une transformation radicale du message de l'Église ? L'avenir de ce pontificat dépendra de la capacité de cette stratège à traduire la parole du Successeur de Pierre pour un monde qui ne l'écoute plus toujours.
Sources : La Croix , The Pillar, National Catholic Register
01/06/2026
Le 2 juin, l’Église commémore les saints Blandine et Pothin ainsi que leurs quarante-six compagnons, martyrisés à Lyon en l’an 177 sous le règne de l’empereur Marc Aurèle. Leur témoignage, transmis par une lettre adressée par les Églises de Lyon et de Vienne aux communautés chrétiennes d’Asie Mineure, constitue l’un des récits les plus anciens et les plus précieux de l’histoire du christianisme en Gaule. La persécution fut d’une rare violence. Le texte conservé par l’historien ecclésiastique Eusèbe de Césarée s’ouvre par ces mots saisissants : « La violence de la persécution a été telle, la fureur des païens contre les saints et les souffrances endurées par les bienheureux martyrs ont été si véhémentes que nous ne saurions les décrire complètement. »
Dans une société romaine où les chrétiens étaient souvent perçus avec méfiance, les fidèles de Lyon et de Vienne furent arrêtés, emprisonnés et soumis à de nombreuses tortures. Parmi eux se trouvaient Pothin, premier évêque de Lyon, le diacre Sanctus, le néophyte Maturus, Attale de Pergame, le jeune Pontique et une humble esclave nommée Blandine.
Originaire d’Orient et disciple de saint Polycarpe, lui-même disciple de l’apôtre saint Jean, Pothin était arrivé à Lyon vers le milieu du IIe siècle. Il avait fondé la première communauté chrétienne de la ville et en était devenu le premier évêque. Âgé de plus de quatre-vingt-dix ans au moment de son arrestation, il fut conduit devant le tribunal, frappé puis jeté en prison. Il y mourut peu après des suites des mauvais traitements subis.Parmi tous les martyrs lyonnais, la figure de Blandine demeure particulièrement marquante. Malgré sa condition d’esclave et sa fragilité apparente, elle impressionna ses bourreaux par son endurance et sa foi. Soumise aux fouets, exposée aux bêtes sauvages, placée sur un gril puis livrée à un taureau dans l’amphithéâtre, elle continua de proclamer sa fidélité au Christ. Le récit rapporte qu’au milieu des supplices, elle demeurait soutenue par son espérance chrétienne et son union au Seigneur.
La lettre des Églises de Lyon souligne également un épisode singulier. Certains chrétiens, sous la pression des tortures, avaient d’abord renié leur foi. Mais le courage de leurs compagnons les conduisit à revenir sur leur reniement. Touchés par l’exemple des martyrs, ils confessèrent de nouveau le Christ et acceptèrent à leur tour de subir la mort.Les exécutions se déroulèrent devant une foule rassemblée dans l’amphithéâtre de Lyon. Les citoyens romains furent décapités, tandis que les autres furent livrés aux bêtes. Après leur mort, les corps furent exposés plusieurs jours puis brûlés. Les cendres furent finalement dispersées dans le Rhône afin d’empêcher les chrétiens de recueillir leurs reliques.
Malgré cette volonté d’effacer toute trace de leur existence, le souvenir de ces martyrs traversa les siècles. Leur témoignage marqua profondément l’histoire du christianisme naissant en Gaule. Saint Irénée, successeur de Pothin sur le siège épiscopal de Lyon et l’un des plus grands théologiens de l’Église ancienne, contribua à transmettre leur mémoire.
Près de dix-huit siècles après leur mort, Blandine, Pothin et leurs compagnons demeurent ainsi les figures emblématiques d’une foi vécue avec courage au milieu de l’épreuve, au point que leur témoignage est souvent présenté comme le fondement spirituel de l’Église de Lyon et, plus largement, de l’Église de France.
Avec Nominis
29/05/2026
Dans cet entretien puissant, il explique pourquoi des milliers de Français, malgré les 35 °C de chaleur, ont marché pour leur foi. Il aborde sans filtre :
La chrétienté comme horizon politique des catholiques et des patriotes ;
Le lien indissociable entre foi et identité ;
Pourquoi l’homogénéité ethnique est nécessaire à une société harmonieuse ;
La remigration comme impératif absolu.
Un témoignage fort qui montre l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes catholiques, à la fois croyants et conscients des réalités identitaires de la France.
Je ne suis pas vraiment en accord avec sa proposition de remigration que je trouve utopique.
Seule, la conversion au christianisme par l'exemple et non la force permettra le retour à une société harmonieuse. C'est ce qui s'est produit en Gaule dans les premiers siècles de notre ère. Reste que le propos de Jean-Eudes mérite notre attention. P.O.
28/05/2026
Alors que l'époque consacre le droit absolu de chacun à revendiquer ses particularismes et ses racines, le christianisme semble faire l'objet d'un traitement d'exception, sommé de s'effacer ou de s'excuser d'exister. Par la clarté de son analyse, le père Humbrecht démonte les rouages de cette asymétrie idéologique et invite à un sursaut de cohérence intellectuelle.
Une réponse au Père Benoît de Sinéty ! (voir notre article du 21/05)
Le paradoxe de l'exclusion identitaire
Le cœur de la réflexion du père Humbrecht repose sur le constat d'une profonde injustice culturelle : le pluralisme moderne s'arrête là où commence le fait chrétien. Notre époque universalise le concept d'identité, érigeant en dogme le respect des minorités, des mémoires blessées et des affinités individuelles. Pourtant, dès qu'il s'agit de l'héritage chrétien, la sémantique s'inverse ; ce qui est jugé légitime et émancipateur chez les autres devient suspect, hégémonique ou rétrograde chez les catholiques. Le théologien récuse avec fermeté cette indignation à géométrie variable. Selon lui, interdire aux chrétiens de nommer et de défendre ce qui les constitue revient à instaurer une forme d'exclusion idéologique qui contredit les principes mêmes de la démocratie et de la tolérance dont se réclame la modernité.
L'effacement de la nature humaine et le culte des idoles
Au-delà de la simple posture politique, le père Humbrecht décèle dans ce procès fait à l'identité chrétienne une crise anthropologique beaucoup plus profonde. En cherchant à déraciner le christianisme du paysage mental occidental, la société contemporaine ne se libère pas, elle s'égare. En rompant avec l'idée d'une nature humaine objective, reçue de Dieu, l'homme moderne s'illusionne en pensant pouvoir s'autocréer de toutes pièces. Faute de s'ancrer dans une transcendance, l'époque ne supprime pas le besoin d'adoration mais déplace ses ferveurs vers de nouvelles idoles, souvent façonnées à sa propre image. Le dominicain rappelle ainsi avec une force toute philosophique que l'érosion de la foi chrétienne ne laisse pas la place à un espace neutre et pacifié, mais à un vide spirituel que la technique et le relativisme peinent à combler, fragilisant par là même la liberté humaine.
La nécessité d'un sursaut intellectuel
Face à cette entreprise d'ensablement culturel, la réponse des chrétiens ne saurait être le repli frileux ni la plainte stérile. Le père Humbrecht exhorte les croyants, et en particulier les jeunes générations, à une véritable reconquête de l'intelligence.
Pour opposer une résistance féconde à la disqualification ambiante, il convient de maîtriser de nouveau les concepts, l'histoire et la théologie.
N’est-ce pas le travail de la hiérarchie de l’Eglise ?
L'urgence n'est pas d'inventer une foi de circonstance pour plaire au monde, mais de redécouvrir et de transmettre la richesse d'un patrimoine intellectuel capable de soutenir le débat public.
N’est-ce pas le travail de la hiérarchie de l’Eglise ?
C'est par la compétence, la rigueur et la clarté de l'argumentation que l'identité chrétienne retrouvera sa juste place : celle d'une voix légitime, historique et constructive au sein de la cité.
N’est-ce pas le travail de la hiérarchie de l’Eglise ?
En définitive, ce qu'il faut retenir de cet entretien, c'est que la crise actuelle de l'identité chrétienne n'est pas le produit d'un excès de présence, mais bien le symptôme d'un déficit de transmission et de courage intellectuel. Le père Humbrecht nous rappelle que l'identité n'est pas un repli agressif, mais le socle nécessaire à toute parole authentique. Demander le droit d’exister, pour le christianisme, n'est pas une revendication d'un autre âge, c'est une exigence de justice pour l'avenir de notre civilisation commune.
26/05/2026
Il existe une vieille chanson de Simon & Garfunkel intitulée « The Sound of Silence ». Beaucoup d’entre vous la connaissent. L’une des phrases dit : « Des gens qui parlent sans s’exprimer, des gens qui entendent sans écouter. » Ces mots résonnent dans mon esprit à l’approche de la Pentecôte.
Car nous vivons à une époque où règne le bruit. Des discours sans fin. Des commentaires sans fin. Des déclarations sans fin. Des réunions sans fin. Des documents sans fin. Des discussions sans fin. Et pourtant, sous tout ce bruit, un terrible silence s’installe dans le monde et même au sein de certaines parties de l’Église.
Ce n’est pas le silence sacré de la prière. Ce n’est pas le silence d’une âme agenouillée devant le Saint-Sacrement. Ce n’est pas le silence des moines ou des religieux cloîtrés à l’écoute du murmure de Dieu. Mais le silence qui s’installe lorsque les hommes cessent d’écouter le Saint-Esprit.
Ce dimanche, nous célébrons la Pentecôte, lorsque le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres sous forme de langues de feu. Ces hommes effrayés, qui se cachaient derrière des portes verrouillées, sont devenus des témoins intrépides de Jésus-Christ. Ils ne sont pas sortis de la chambre haute dans l’incertitude. Ils ne sont pas sortis en tenant des propos ambigus. Ils ne sont pas sortis en essayant de s’adapter à l’esprit du temps. Ils sont sortis pour proclamer la vérité avec audace, même si cela devait leur coûter la vie.
C’est cela, la Pentecôte.
Le Saint-Esprit n’est pas l’esprit de confusion. Il est l’Esprit de vérité.
Notre Seigneur a dit dans l’Évangile selon saint Jean : « Mais quand il viendra, l’Esprit de vérité, il vous enseignera toute la vérité… » (Jean 16, 13).
Le Saint-Esprit ne contredit pas Jésus-Christ. Le Saint-Esprit ne renverse pas la révélation divine. Le Saint-Esprit n’efface pas les Saintes Écritures. Le Saint-Esprit ne bénit pas ce que Dieu a qualifié de péché. Le Saint-Esprit ne passe pas deux mille ans à enseigner une chose par l’intermédiaire de l’Église pour ensuite, soudainement, inspirer le contraire à l’époque moderne.
Et pourtant, nous vivons actuellement un moment dans l’Église où la confusion se répand depuis des lieux chargés de garder le dépôt de la foi lui-même.
Nous voyons aujourd’hui émerger du Vatican des débats et des groupes d’étude qui abordent l’homosexualité d’une manière qui sème une grave confusion parmi les fidèles. Mgr Athanasius Schneider a récemment qualifié certaines de ces propositions d’hérésie. Ce mot devrait nous secouer. L’hérésie n’est pas un simple désaccord. L’hérésie est la corruption de la vérité révélée.
Et les fidèles ont le droit de demander : comment ces choses peuvent-elles même être discutées au sein de l’Église fondée par Jésus-Christ ? Comment la confusion au sujet du péché grave peut-elle devenir normale ? Comment l’ambiguïté peut-elle remplacer la clarté ? Comment les pasteurs peuvent-ils parler sans fin d’inclusion tout en gardant un silence étrange sur la repentance, la conversion, la sainteté, le jugement et le salut ?
Frères et sœurs, ces choses ne pourraient pas se produire si les hommes écoutaient véritablement le Saint-Esprit.
La tragédie de notre époque n’est pas que le Saint-Esprit ait cessé de parler. La tragédie est que beaucoup ne souhaitent plus L’entendre.
Saint Paul nous a clairement mis en garde : « N’éteignez pas l’Esprit » (1 Thessaloniciens 5, 19).
Mais cela fait des décennies que nous éteignons l’Esprit de multiples façons. Nous éteignons l’Esprit lorsque la vérité est édulcorée pour ne pas choquer le monde. Nous éteignons l’Esprit lorsque les pasteurs craignent davantage les gros titres que Dieu. Nous éteignons l’Esprit lorsque le péché est rebaptisé « accompagnement ». Nous éteignons l’Esprit lorsque l’identité catholique est sacrifiée au profit de l’approbation du monde. Nous éteignons l’Esprit lorsque le silence s’installe là où un avertissement devrait retentir.
Et ce silence a des conséquences.
Car si les hommes résistent continuellement à la voix de Dieu, leur conscience s’engourdit. Les cœurs s’endurcissent. Les âmes deviennent sourdes. Le monde loue cette surdité comme de la tolérance ou du progrès, mais spirituellement, c’est une catastrophe.
Le silence auquel nous sommes confrontés aujourd’hui n’est pas un silence paisible. C’est le silence d’une conscience compromise. C’est le silence de bergers qui ont peur de parler clairement. C’est le silence qui s’installe lorsque l’esprit du monde devient plus fort que l’Esprit de Dieu.
Et nulle part ce conflit n’est plus visible que dans les attaques contre la tradition catholique elle-même.
Nous entendons aujourd’hui de plus en plus de menaces et de pressions concernant la Fraternité Saint-Pie X, la FSSPX, et la messe traditionnelle en latin. Réfléchissez bien à ce que cela signifie. Les catholiques qui restent attachés à la liturgie ancienne, au respect, à la doctrine et à la continuité avec le passé sont traités comme dangereux ou choquants, tandis que les voix qui remettent ouvertement en cause l’enseignement moral établi sont accueillies dans le dialogue et occupent des postes d’influence.
À quel genre d’inversion avons-nous affaire ?
Les fidèles assistent à ce dénouement avec confusion et tristesse. Ceux qui sont attachés à la tradition sont scrutés à la loupe. Ceux qui sèment la confusion doctrinale sont célébrés comme des pasteurs. Ceux qui défendent ce que les catholiques ont toujours cru sont qualifiés de rigides. Ceux qui adaptent la foi à la culture moderne sont loués comme des prophètes.
Cela ressemble-t-il à la Pentecôte ? Cela ressemble-t-il aux apôtres remplis du feu du Saint-Esprit ? Ou cela ressemble-t-il à une Église de plus en plus effrayée de proclamer des vérités difficiles ?
Lors de la première Pentecôte, saint Pierre s’est tenu devant la foule et a appelé les pécheurs à la repentance. Il ne s’est pas excusé pour la vérité. Il n’a pas édulcoré la révélation divine. Il n’a pas cherché à harmoniser le christianisme avec la culture païenne. Fort de l’Esprit Saint, il a prêché le Christ crucifié et ressuscité.
Et quel en a été le résultat ?
Trois mille âmes se sont converties.
Le monde moderne nous dit que la clarté éloigne les gens. La Pentecôte prouve le contraire. La vérité prononcée dans l’Esprit Saint transperce les cœurs.
L’Église n’a pas besoin de moins de vérité aujourd’hui. Elle a besoin de plus de saints prêts à la proclamer avec courage et charité.
Il existe aujourd’hui un autre type de silence qui s’installe. C’est le silence des catholiques qui savent que quelque chose ne va vraiment pas, mais qui ont peur de le dire. De nombreux prêtres fidèles gardent le silence parce qu’ils craignent des sanctions. De nombreux évêques gardent le silence parce qu’ils craignent l’isolement. De nombreux laïcs catholiques gardent le silence parce qu’ils craignent d’être ridiculisés. Les parents gardent le silence tandis que leurs enfants sont endoctrinés par le monde. Des hommes de bien gardent le silence tandis que les loups rôdent librement parmi le troupeau.
Mais le silence face à la confusion n’est pas de la charité. Il y a des moments dans l’histoire où le silence devient collaboration. Et nous vivons un de ces moments.
Sainte Catherine de Sienne n’est pas restée silencieuse lorsque la corruption s’est répandue dans l’Église. Saint Athanase n’est pas resté silencieux lorsqu’une grande partie de la hiérarchie a embrassé l’erreur.
Le saint pape Pie X a mis en garde contre le modernisme parce qu’il le reconnaissait comme un poison attaquant la foi de l’intérieur. Et nous vivons à cette époque – une époque où l’on exige de la clarté de la part des catholiques fidèles. Pas de la haine. Pas de l’amertume. Pas du désespoir. Mais de la clarté.
Le Saint-Esprit n’est pas ambigu quant à la vérité. Le Saint-Esprit n’est pas moderniste. Le Saint-Esprit n’est pas confus au sujet du mariage, de la sexualité, du sacerdoce ou du caractère unique de Jésus-Christ.
Le Saint-Esprit n’inspire pas une confusion interreligieuse qui considère toutes les religions comme également agréables à Dieu. Jésus-Christ n’est pas un chemin parmi tant d’autres. Il est le Fils éternel de Dieu, le seul Sauveur du monde. L’Église l’a toujours enseigné clairement.
Pourtant, on entend de plus en plus souvent des propos laissant entendre que la certitude doctrinale elle-même serait en quelque sorte dangereuse. On nous dit qu’insister sur la clarté sème la discorde. On nous dit que préserver la tradition relève de la rigidité. On nous dit que remettre en question la confusion est un acte de désobéissance. Mais l’obéissance authentique ne peut jamais exiger le silence face à l’erreur.
Les saints l’avaient compris.
La véritable obéissance est l’obéissance à Jésus-Christ et à la foi éternelle transmise par les apôtres. Et cette foi n’a pas été inventée hier par des comités, des synodes ou des groupes d’étude ; elle a été scellée par le sang des martyrs. C’est pourquoi la Pentecôte revêt une telle importance en ce moment.
Car la Pentecôte nous rappelle à quoi ressemble réellement l’Église lorsqu’elle écoute le Saint-Esprit.
Elle est intrépide. Elle est claire. Elle est sainte. Elle dit la vérité même lorsque le monde se déchaîne contre elle.
Après la Pentecôte, les apôtres ne cherchaient pas à être acceptés par l’Empire romain. Ils cherchaient à rester fidèles à Jésus-Christ. Et à cause de cette fidélité, ils étaient haïs par le monde. Presque tous sont morts en martyrs.
Aujourd’hui, beaucoup au sein de l’Église semblent désespérément vouloir éviter la haine du monde. Mais Notre Seigneur ne nous a jamais promis l’approbation du monde. En fait, Il nous a mis en garde contre le contraire.
« Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous » (Jean 15, 18).
Peut-être qu’une partie du silence que nous entendons aujourd’hui vient de la peur. La peur d’être qualifié d’intolérant. La peur de perdre son statut. La peur de la critique. La peur du châtiment. La peur de l’isolement.
Mais la Pentecôte a marqué la fin de la peur !
Le Saint-Esprit n’est pas descendu sur les apôtres pour les rendre plus acceptables aux yeux du monde. Il est descendu pour faire d’eux des témoins. Et l’Église a désespérément besoin à nouveau de témoins. Pas de célébrités. Pas de gestionnaires. Pas d’experts en relations publiques. Des témoins.
Des prêtres prêts à prêcher des vérités difficiles. Des évêques prêts à défendre la foi quel qu’en soit le prix. Des parents prêts à protéger leurs enfants du poison spirituel. Des religieux prêts à mener une vie visiblement sainte. Des jeunes prêts à rejeter le vide de la culture moderne. Des catholiques fidèles prêts à se tenir aux côtés du Christ même lorsque cela leur coûte cher.
Le silence se fait de plus en plus pesant dans notre monde.
Mais la Pentecôte est la réponse du ciel à ce silence !
La Pentecôte, c’est le feu de la vérité divine qui fait irruption dans les ténèbres. La Pentecôte, c’est le Saint-Esprit qui réveille les âmes endormies. La Pentecôte, c’est le courage qui triomphe de la peur. La Pentecôte, c’est la clarté qui triomphe de la confusion. La Pentecôte, c’est la vérité qui triomphe du compromis. Et la Pentecôte façonne un certain type d’homme.
Regardez les apôtres avant la Pentecôte. Ils se cachaient derrière des portes verrouillées. Ils étaient craintifs, incertains, intimidés par le monde qui les entourait. Puis le Saint-Esprit est descendu. Et soudain, ces hommes faibles sont devenus des témoins intrépides de Jésus-Christ.
Pierre, qui tremblait devant une servante, s’est tenu devant les dirigeants et les foules et a proclamé le Christ crucifié sans craindre la prison ni la mort.
C’est là l’œuvre du Saint-Esprit. Le Saint-Esprit ne forme pas des bergers faibles qui font des concessions à la vérité. Le Saint-Esprit ne forme pas des hommes qui s’expriment sans cesse dans l’ambiguïté. Le Saint-Esprit ne forme pas des dirigeants qui brouillent les frontières entre la sainteté et le péché, la vérité et l’erreur, l’Évangile et l’esprit du temps.
Le Saint-Esprit forme des hommes comme saint Pierre après la Pentecôte. Le Saint-Esprit forme des hommes comme saint Athanase qui s’est dressé presque seul contre l’erreur généralisée au sein de la hiérarchie. Le Saint-Esprit forme des hommes prêts à tout perdre plutôt que de trahir Jésus-Christ.
Mais nous vivons aujourd’hui une époque où les voix qui s’élèvent au pouvoir ne ressemblent pas à celles de la Pentecôte.
Lorsque Mgr Athanase Schneider a récemment averti ouvertement que certaines propositions émanant des groupes d’étude du Vatican relevaient de l’hérésie, les catholiques auraient dû y prêter attention. Ce n’est pas une déclaration anodine. C’est un évêque qui tire la sonnette d’alarme parce que la vérité révélée elle-même est en danger.
Et pourtant, au lieu de clarté, on offre aux fidèles davantage d’ambiguïté. Au lieu d’une correction ferme, on tolère la confusion. Au lieu de défendre avec audace l’enseignement catholique établi, les dirigeants de l’Église continuent de donner la parole à ceux qui sapent ouvertement la confiance dans la foi.
Pourquoi nomme-t-on sans cesse des évêques qui affaiblissent la doctrine catholique au lieu de la défendre courageusement ? Pourquoi promeut-on des hommes qui s’expriment davantage à la manière du monde moderne qu’à celle des apôtres ? Pourquoi le père James Martin continue-t-il de s’épanouir publiquement tout en semant une confusion permanente au sujet de l’homosexualité et de l’enseignement moral catholique ?
Pourquoi le cardinal Victor Manuel Fernández reste-t-il à la tête du Dicastère pour la Doctrine de la Foi malgré les scandales, la confusion et des écrits qui ont profondément troublé les fidèles catholiques à travers le monde ?
Ce ne sont pas là des questions mineures.
Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi existe pour défendre la vérité, pour garder le dépôt de la foi transmis par les apôtres.
Les catholiques voient des hommes placés à des postes d’une influence considérable qui semblent souvent plus intéressés par l’adaptation de l’Église à la culture moderne que par la proclamation claire et sans compromis de la vérité éternelle.
Les fidèles ne sont pas désorientés parce que la doctrine catholique manque de clarté. La doctrine catholique est claire depuis deux mille ans. La confusion vient du fait que trop de pasteurs ne parlent plus avec la clarté indubitable que produit la Pentecôte.
Le Saint-Esprit ne se trompe pas. Le Saint-Esprit n’inspire pas de contradiction avec les Saintes Écritures ou la Tradition apostolique. Et oui, les âmes peuvent s’émousser spirituellement à la voix du Saint-Esprit.
Un homme plongé dans l’impureté, la mondanité, le compromis moral ou la rébellion contre l’ordre divin n’entend pas clairement. Une hiérarchie ecclésiastique obsédée par le désir de plaire au monde moderne n’entendra pas clairement non plus. L’esprit du temps étouffe l’Esprit de Dieu dans ces circonstances.
C’est ce à quoi nous assistons actuellement.
En ce moment même, les innovateurs doctrinaux sont accueillis et protégés, tandis que les catholiques fidèles, attachés à la tradition, sont soumis à une pression et à un examen minutieux constants. Les catholiques fidèles observent ce renversement et se demandent : quel esprit est à l’œuvre ici ? Car cela ne ressemble pas à la clarté intrépide née à la Pentecôte.
La première Pentecôte n’a pas donné lieu à des compromis avec le monde. Elle a produit des martyrs. Elle a produit des saints. Elle a produit des évêques qui ont défendu la vérité au prix de grands sacrifices personnels. Elle a produit des missionnaires qui ont converti des nations. Elle a produit des hommes qui craignaient Dieu plus que les empereurs, les foules, les gouvernements ou l’opinion publique. Et l’Église a désespérément besoin de cet esprit à nouveau aujourd’hui.
Pas de comités sans fin. Pas d’ambiguïté sans fin. Pas de dialogue sans fin détaché de la vérité.
L’Église a besoin d’évêques qui parlent à nouveau sans détours. L’Église a besoin de prêtres qui prêchent à nouveau la repentance. L’Église a besoin de pasteurs formés par le feu de la Pentecôte plutôt que par l’approbation du monde moderne.
Car le silence qui s’installe aujourd’hui au sein de l’Église n’est pas un silence sacré. C’est le silence qui s’installe lorsque trop de pasteurs cessent d’écouter le Saint-Esprit.
Le Saint-Esprit continue de parler. Il parle à travers les Saintes Écritures. Il parle à travers la Sainte Tradition. Il parle à travers les saints, les martyrs, les bergers fidèles qui refusent tout compromis avec l’esprit du temps. Il parle à travers les évêques prêts à se tenir presque seuls et à proclamer quand même clairement la vérité. Il parle à travers chaque prêtre qui prêche encore sans crainte la repentance, la sainteté et la fidélité à Jésus-Christ.
Mais notre monde est en train de devenir un monde qui ne souhaite plus écouter. Nous sommes entourés de bruit, mais affamés de vérité. Nous nous noyons dans des discussions sans fin tandis que la clarté disparaît.
Et de plus en plus, même au sein de l’Église, ceux qui défendent ce que les catholiques ont toujours cru sont traités comme le problème… tandis que ceux qui sèment la confusion sont protégés, promus et applaudis.
La Pentecôte n’a pas engendré cet esprit.
Et c’est pourquoi le silence qui s’étend aujourd’hui dans l’Église est si dangereux. Ce n’est pas le silence de la prière. C’est le silence qui s’installe lorsque les hommes cessent d’écouter le Saint-Esprit. C’est le silence qui s’abat lorsque l’esprit du monde prend le pas sur l’Esprit de Dieu.
Et c’est peut-être pour cela que ces paroles anciennes [ndlr : de la chanson « The Sound of Silence »] résonnent encore aujourd’hui de manière si obsédante…
« Et le peuple s’inclina et pria
Devant le dieu néon qu’il avait créé… »
« Et l’enseigne disait : “Les paroles des prophètes sont écrites sur les murs du métro et dans les couloirs des immeubles, et murmurées dans les sons du silence.” »
Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse et vous garde fidèles à Jésus-Christ et à Sa Sainte Église, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Mgr Joseph Strickland
Évêque émérite
26/05/2026
Des drones ukrainiens déroutés par le brouillage russe
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les incidents qui se multiplient dans l'espace aérien de la Finlande, de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie ne sont pas des attaques directes de la Russie, mais impliquent des drones ukrainiens à longue portée.
. Initialement lancés par Kiev pour frapper l'économie de guerre russe et les infrastructures pétrolières de la région de Saint-Pétersbourg, ces appareils perdent leur trajectoire.
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La cause de ces déviations réside dans la guerre électronique : les forces russes déploient de puissants systèmes de brouillage et de falsification de signaux GPS (spoofing) depuis l'enclave très militarisée de Kaliningrad.
. En recevant de fausses coordonnées, les drones ukrainiens perdent le contrôle et s'écrasent à l'ouest, de l'autre côté de la frontière.
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Ces incidents collatéraux ont provoqué des crises majeures au cours du printemps 2026 :
Guerre de l'information et risque d'engrenage
Politiquement, la situation est explosive. D'un côté, les pays baltes et la Finlande refusent de blâmer l'Ukraine et accusent la Russie d'être l'unique responsable par sa guerre.
. De l'autre côté, Moscou mène une campagne agressive de désinformation en menaçant directement les pays baltes et en les accusant d'autoriser l'Ukraine à utiliser leur espace aérien pour attaquer la Russie.
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Parallèlement, certains s'inquiètent d'une manipulation allant encore plus loin. Une hypothèse soulevée est que ces incursions de drones pourraient être exploitées, voire s'apparenter à une opération sous "faux drapeau" destinée à forcer les pays européens à entrer en guerre contre la Russie, en justifiant par exemple le déclenchement de la clause de défense mutuelle de l'Union européenne (article 42-7) ou de l'article 5 de l'OTAN
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Les vives craintes du Général Vad
C'est face à ces provocations et à cette dangereuse fuite en avant que le Général Erich Vad a pris la parole à la télévision allemande
. Selon cet expert militaire, l'escalade actuelle est préoccupante.
Il s'inquiète particulièrement du soutien technique européen apporté aux frappes ukrainiennes menées en profondeur sur le territoire russe
. Il dénonce sans concession la "politique agressive" de l'Allemagne et de l'Union européenne, affirmant : "si nous continuons ainsi, nous finirons par rentrer en guerre avec la Russie"
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Pour le Général Vad, ce soutien créera inévitablement un "drame bientôt dans nos pays"
. Il avertit que la Russie finira par mener des frappes de représailles directement contre l'Europe, en ciblant l'Allemagne en premier lieu par des moyens conventionnels, tout en gardant la possibilité d'intensifier le conflit si elle le juge nécessaire
On ne comprend pas cet acharnement de l'Europe à titiller l'ours russe, à risquer une guerre dont elle n'a tout simplement pas les moyens, si ce n'est de faire peur aux peuples pour mieux les gouverner.
Que Dieu éclaire nos dirigeants !
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