Le blog du Temps de l'Immaculée.
31/08/2025
L'article s'appuie sur plusieurs points forts de la pensée de Dom Guéranger, illustrés par des citations percutantes et des idées clés :
Sur le lien entre liturgie et Tradition : toute hérésie commence par une réforme liturgique.
« Tout sectaire voulant introduire une doctrine nouvelle se trouve infailliblement en présence de la Liturgie, qui est la Tradition à sa plus haute puissance. »
Cette phrase illustre la conviction de Guéranger que la liturgie n'est pas une simple formalité, mais le garant de la foi.
Sur la critique des Ă©vĂȘques et le clĂ©ricalisme :
L'article souligne que GuĂ©ranger a dĂ©noncĂ© un « clĂ©ricalisme complaisant, plus soucieux de plaire aux gouvernements quâĂ Dieu », et rappelĂ© que le rĂŽle de lâĂ©vĂȘque nâest pas « dâinventer une foi Ă la mesure des modes ou des intĂ©rĂȘts du moment, mais de transmettre fidĂšlement ce quâil a reçu. » Cette critique vise Ă rĂ©veiller les pasteurs endormis et Ă les remettre au service de la Tradition et de la communion universelle.
Sur l'actualité de son message :
L'auteur fait le parallĂšle avec la pensĂ©e du Cardinal Robert Sarah, qui a affirmĂ© que « Lorsque la liturgie devient un spectacle mondain, elle perd sa dimension de mystĂšre et cesse dâĂȘtre une rencontre avec Dieu. » Cette citation contemporaine valide l'intuition de Dom GuĂ©ranger, montrant que son combat pour la liturgie est toujours d'actualitĂ©.
En conclusion, l'article dresse un portrait complet de Dom Prosper Guéranger, insistant sur son rÎle de réformateur et de critique. Il ne fut pas un simple polémiste, mais un bùtisseur qui, en restaurant la vie monastique, le chant grégorien et le sens du sacré, a préparé le mouvement liturgique du XXe siÚcle.
L'article soutient que la luciditĂ© de Dom GuĂ©ranger est un modĂšle pour notre Ă©poque, oĂč l'Ăglise fait face Ă des courants cherchant Ă diluer sa doctrine pour s'adapter aux mentalitĂ©s contemporaines. La dĂ©fense de la liturgie, vĂ©cue en continuitĂ© avec Rome et la Tradition, est prĂ©sentĂ©e comme le rempart sĂ»r de la foi et le chemin vers l'unitĂ© catholique, faisant de l'hĂ©ritage de GuĂ©ranger une boussole essentielle pour l'Ăglise d'aujourd'hui.
Mathilde de Virene, Tribune Chrétienne
30/08/2025
Une vraie vie de priĂšre
Dom Chautard appelle au contraire Ă la primautĂ© de la vie intĂ©rieureâ: pour lui, Ćuvres apostoliques et vie spirituelle sont Ă©galement voulues par Dieu, qui vient Ă la rencontre de lâhumanitĂ© dans lâIncarnation et dans lâĂglise, et dĂ©sire voir revenir Ă lui tous ses enfants. Mais le trappiste avertit des dangers dâune vie active menĂ©e sans vie intĂ©rieure, tandis quâil met en avant les bienfaits dâun juste Ă©quilibre des deux, lâapostolat Ă©tant le lieu dâexercice des vertus et des dons reçus de Dieu dans la priĂšre. Pour lui, seules sont vraiment fĂ©condes les Ćuvres apostoliques animĂ©es par une vraie vie de priĂšreâ: oraison et vie intĂ©rieure sont le foyer dâĂ©nergie indispensable de la vie apostolique de lâĂglise.
Bien que de tradition bĂ©nĂ©dictine et trappiste, donc purement contemplative, le rappel de dom Chautard nâajoute rien de nouveau. Son intuition rejoint celle des fondateurs des ordres mendiants au XIIIe siĂšcle. Sait-on que saint Dominique fonda un couvent de religieuses contemplatives, Ă Prouilhe (HĂ©rault), avant de sâentourer des premiers frĂšres prĂȘcheursâ? Dans la tradition de son ordre, la contemplation a toujours eu le premier pas sur la missionâ: contemplare et contemplata aliis tradere, «âŻcontempler puis en communiquer le fruit Ă autruiâŻÂ». Cet adage, parfois considĂ©rĂ© comme la devise des PrĂȘcheurs, est tirĂ© des Ćuvres de leur docteur, saint Thomas. Dans sa Somme thĂ©ologique, lâAquinate montre que lâĂ©tat de vie le plus parfait est celui des religieux qui unissent contemplation et actionâ: «âŻCâest faire Ćuvre plus grande de transmettre aux autres [ce que lâon a contemplĂ©] que de contempler seulement.âŻÂ»
Pour lui, il ne sâagit de rien de moins que dâimiter au plus prĂšs le Christâ: «âŻLa vie active, par laquelle quelquâun transmet aux autres, en prĂȘchant et en enseignant, ce quâil a contemplĂ©, est plus parfaite quâune vie oĂč lâon contemple seulement, car une telle vie prĂ©suppose lâabondance de la contemplation. Et câest pour cela que le Christ a choisi une telle vie.âŻÂ» Dans les Ă©vangiles, on voit en effet que JĂ©sus prend le temps de la priĂšre avant de lancer le dĂ©part de son action apostoliqueâ: «âŻEn ces jours-lĂ , JĂ©sus sâen alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit Ă prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom dâApĂŽtresâŻÂ»(Lc 6, 12-13).
ThérÚse à Saïgon
Contemplation et actionâ: les deux formes de vie consacrĂ©e, rĂ©unies dans la vocation dominicaine, franciscaine ou carme, furent encouragĂ©es de concert par les papes et les supĂ©rieurs religieux pour soutenir lâapostolat dans les pays de mission. Câest ainsi que lâon chercha dĂšs le XIXe siĂšcle Ă implanter en Asie du Sud-Est des communautĂ©s contemplativesâ: sainte Marie de JĂ©sus-CrucifiĂ© participe en 1870 Ă la fondation du premier carmel dâInde Ă Mangaloreâ; sainte ThĂ©rĂšse de lâEnfant-JĂ©sus faillit rejoindre le carmel de SaĂŻgon, premier dâIndochine, fondĂ© en 1861, ou sa fondation dâHanoĂŻ, ouverte en 1895. En Chine, câest dom Vital Lehodey, abbĂ© trappiste de Bricquebec, dont la pensĂ©e et les ouvrages (Le Saint Abandon, 1919) suivent la ligne de dom Chautard, qui envoie les premiers moines, arrivĂ©s en 1883 Ă Notre-Dame de Consolation de Yangjiaping, qui essaimera en 1928 prĂšs de Hong Kong. En AlgĂ©rie, les trappistes dâAiguebelle nâavaient pas attendu plus dâune douzaine dâannĂ©es pour fonder Ă StaouĂ«li, puis reviendront Ă Notre-Dame de lâAtlas, sur le domaine de TibhirineâŠ
Un levier pour soulever le monde
Câest ainsi que le 14 dĂ©cembre 1927, le pape PieâŻXI fit de la petite ThĂ©rĂšse, qui nâavait pas quittĂ© Lisieux depuis son entrĂ©e dans la vie religieuse, Ă 16 ans, la patronne universelle des missions Ă lâĂ©gal de saint François-Xavier. La jeune carmĂ©lite ne faisait en cela que suivre lâexemple de son homonyme et rĂ©formatrice dâAvila, qui rĂ©pĂ©tait au soir de sa vieâ: «âŻJe suis fille de lâĂglise.âŻÂ» ArrivĂ©e au terme de son itinĂ©raire terrestre, parvenue au stade unitif de la vie dâoraison, la Madre Ă©tait cette Ăąme de feu, embrasĂ©e dâamour divin, portant les souffrances de lâĂglise universelle et prĂȘte Ă enflammer le monde.
Pourquoi les pionniĂšres de lâoraison sont-elles devenues les patronnes des missionsâ? Elles Ă©taient convaincues que lâaction de lâĂglise doit ĂȘtre un prolongement de celle du Christâ: câest donc en lui ââŻet non dans leurs propres ressourcesâŻâ que se puise tout vrai Ă©lan missionnaire. En outre «âŻle bien se communique par natureâŻÂ», et la contemplation des mystĂšres sacrĂ©s remplit lâĂąme dâune joie surnaturelle qui tend Ă se rĂ©pandre partout autour dâelle. Enfin, et plus fondamentalement peut-ĂȘtre, le contact divin, rĂ©gulier et profond, de lâoraison transforme vraiment lâĂąme et la change Ă lâimage du Christ, dont le visage dâamour, resplendissant sur ceux qui le reflĂštent, est seul Ă mĂȘme de toucher vraiment les cĆurs et de les ramener vers son PĂšre. «âŻUn savant a ditâ: âDonnez-moi un levier, un point dâappui, et je soulĂšverai le mondeâ. [âŠ] Les saints lâont obtenu dans toute sa plĂ©nitude. Le Tout-Puissant leur a donnĂ© pour points dâappuiâ: lui-mĂȘme et lui seulâ; pour levierâ: LâoraisonâŻÂ» (Sainte ThĂ©rĂšse de lâEnfant-JĂ©sus).â
Abbé Paul Roy, FSSP source CLAVES
29/08/2025
Ă l'occasion d'un vidĂ©omessage adressĂ© Ă la Province augustinienne de Saint Thomas de Villanova ce vendredi 29 aoĂ»t , le pape LĂ©on XIV a rappelĂ© avec force « lâimportance du silence dans le bruit de ce monde ». Pour lui, la priĂšre et le silence ne sont pas de simples pratiques spirituelles, mais des conditions indispensables pour « entendre la voix de Dieu ». Une Ă©coute qui doit sâexercer bien au-delĂ de la parole divine, sâĂ©tendant Ă©galement Ă ceux qui nous entourent : « Nous avons lâopportunitĂ© et la responsabilitĂ© dâĂ©couter lâEsprit Saint ; de nous Ă©couter mutuellement ; dâĂ©couter la voix des pauvres et de ceux qui sont en marge, dont la voix doit ĂȘtre entendue ».
Sâinspirant de saint Augustin, le Saint-PĂšre insiste sur le fait que la vĂ©ritable Ă©coute ne se fait pas Ă lâextĂ©rieur, mais dans notre « sanctuaire intĂ©rieur ». Il cite une phrase Ă©loquente du grand thĂ©ologien : « Nâayez pas votre cĆur dans vos oreilles, mais vos oreilles dans votre cĆur ». Cette approche souligne que l'Ă©coute est loin d'ĂȘtre passive : elle demande une conversion intĂ©rieure, un silence « habitĂ© par Dieu ».
Le pontife met en garde contre la cacophonie du monde moderne, qui peut facilement « nourrir notre agitation et voler notre joie ». Pour contrer ce phénomÚne, il nous exhorte à une véritable « ascÚse intérieure » afin de « filtrer le bruit » et de « faire taire les voix qui divisent ».
Le silence, source de parole féconde et de charité
Le pape LĂ©on XIV rappelle que ce silence nâest pas une fuite, mais qu'il est profondĂ©ment « fĂ©cond ». En cultivant cette Ă©coute intĂ©rieure, le chrĂ©tien se prĂ©pare Ă une parole juste et fraternelle. Celui qui a su Ă©couter Dieu dans le secret de son cĆur est ensuite capable de partager cette vĂ©ritĂ© et de travailler Ă lâunitĂ©.
Ce message est un rappel, en particulier pour ceux qui, parfois, intellectualisent la foi au point de la vider de son souffle. Loin des « discours sans fin » et des constructions abstraites, lâavenir de la foi se joue dans « des cĆurs attentifs Ă la voix de Dieu, capables de la traduire en charitĂ© concrĂšte ».
Le silence comme remĂšde
Dans un monde saturĂ© d'informations et de bavardages, l'appel du pape LĂ©on XIV au silence sonne comme un remĂšde puissant. Il nous rappelle que pour agir et parler justement, il faut dâabord ĂȘtre. Le silence nâest pas un vide Ă combler, mais un espace Ă habiter pour que Dieu puisse nous parler. C'est en faisant ce pas de cĂŽtĂ©, loin des bruits du monde, que nous pouvons retrouver la fraĂźcheur de lâĂvangile et nous laisser transformer, pour ensuite transformer le monde.
Source : Tribune Chrétienne
28/08/2025
En Inde, les violences contre les fidĂšles, encouragĂ©es par des responsables politiques, montrent combien la foi chrĂ©tienne est menacĂ©e. En France, les agressions et profanations dâĂ©glises se multiplient, comme une hostilitĂ© diffuse gagnant chaque jour du terrain. Partout, sous des formes diverses, les chrĂ©tiens sont frappĂ©s.
Le Christ lui-mĂȘme nous a avertis : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Mt 10, 34). « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutĂŽt la division » (Lc 12, 51). Ces paroles, Ă rebours de nos reprĂ©sentations humaines, rĂ©vĂšlent que la paix du Christ nâest pas un confort tranquille. Elle est dâune autre nature. Elle nâest pas un Ă©tat figĂ©, mais un combat permanent pour la justice.
Autrement dit, il nây a pas de paix sans vĂ©ritĂ© ni sans justice. Le monde peut promettre des trĂȘves ou des compromis ; seule la fidĂ©litĂ© au vrai bien engendre une paix durable.
Une jeunesse enracinée dans la foi
Pourtant face Ă un monde en guerre, cette paix sâest manifestĂ©e avec Ă©clat cet Ă©tĂ©, lors du JubilĂ© des jeunes Ă Rome. Plus dâun million de jeunes, venus de 146 pays, se sont rassemblĂ©s autour du pape LĂ©on XIV Ă Saint-Pierre, au cirque Maxime puis Ă Tor Vergata. Ce nâĂ©tait pas une parenthĂšse dâenthousiasme mais le signe que la jeunesse catholique, enracinĂ©e dans la foi, refuse de se rĂ©signer. Cet Ă©lan doit ĂȘtre accompagnĂ© avec discernement : il ne sâagit pas de sâenflammer au point de se dĂ©courager quand la difficultĂ© surgira, ni de refroidir lâardeur par des exigences trop lourdes dĂšs le dĂ©part.
Mais quelle paix cherchons-nous rĂ©ellement ? Certainement pas celle de la vengeance, ni celle de la complaisance. Les persĂ©cutions, les injustices, les insultes nâappellent pas la haine en retour. Elles sont lâoccasion de manifester une autre force : celle de la charitĂ©, de la persĂ©vĂ©rance, de la fidĂ©litĂ©.
Pie XI le rappelait :
« Il y a bien peu Ă attendre dâune paix artificielle et extĂ©rieure qui rĂšgle et commande les rapports rĂ©ciproques des hommes comme ferait un code de politesse ; ce quâil faut, câest une paix qui pĂ©nĂštre les cĆurs, les apaise et les ouvre peu Ă peu Ă des sentiments rĂ©ciproques de charitĂ© fraternelle » (Ubi arcano Dei).
Notre refus du dĂ©sordre nâest donc pas une rĂ©action Ă©pidermique Ă lâinconfort ou au chaos ambiant, mais un enracinement dans la quĂȘte de justice.
DĂ©fendre la paix, câest refuser de travestir le bien et le mal, mĂȘme quand les lois deviennent schizophrĂšnes et que la sociĂ©tĂ© semble prĂ©fĂ©rer ses intĂ©rĂȘts particuliers Ă la recherche du bien commun.
Une fidĂ©litĂ© jusquâau bout
Lâexemple des martyrs de notre temps nous rappelle quâaccepter le combat pour la vĂ©ritĂ© est aussi accepter dâĂȘtre rejetĂ©.
Comme eux, nous devons recevoir ces Ă©preuves comme une purification. Car la paix du Christ nâest pas donnĂ©e en dehors de la Croix : elle se manifeste prĂ©cisĂ©ment dans la fidĂ©litĂ© jusquâau bout, mĂȘme quand tout semble sâeffondrer autour de nous. « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelĂ©s fils de Dieu » (Mt 5, 9).
Mais cet artisanat est exigeant : il demande de rĂ©pĂ©ter inlassablement, Ă temps et Ă contre-temps, la vĂ©ritĂ© de lâĂvangile, mĂȘme quand nos contemporains prĂ©fĂšrent dĂ©tourner le regard.
Beaucoup refusent de voir lâĂ©vidence de lâeffondrement moral et culturel de notre sociĂ©tĂ©. Lâobsession de « lâenfant parfait » en est une illustration. Des « start-up » de biotechnologie proposent dĂ©jĂ de sĂ©lectionner les embryons selon des critĂšres arbitraires : beautĂ©, performances intellectuelles, absence de fragilitĂ©s⊠Mais ce nâest pas une raison pour se taire. Il nous revient dâĂȘtre la lumiĂšre dont le monde a besoin, non pas en dĂ©fendant une option parmi dâautres, mais en incarnant lâĂ©quilibre qui vient de Dieu. Ătre artisan de paix, câest ĂȘtre tĂ©moin de la vĂ©ritĂ©, coĂ»te que coĂ»te, avec patience et charitĂ©.
Le monde est en guerre contre les disciples du Christ. Mais le chrĂ©tien nâest pas condamnĂ© Ă subir : il est appelĂ© Ă rayonner, Ă manifester que la vraie paix existe dĂ©jĂ , mĂȘme au milieu des tempĂȘtes. Elle nâest pas une utopie mais une promesse vivante car le Christ a dĂ©jĂ vaincu le monde.
Alors ne cĂ©dons pas au dĂ©couragement. NâidĂ©alisons pas un passĂ© rĂ©volu, ni ne rĂȘvons dâun futur imaginaire. La paix du Christ est Ă accueillir et Ă vivre aujourdâhui comme saint Augustin nous y exhorte : « Ne dites pas que les temps sont mauvais, vous ĂȘtes les temps. Soyez bons et les temps seront bons. » (Sermon 80)
Maitena Urbistondoy
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27/08/2025
Le concept des expĂ©riences de mort imminente (EMI) a captivĂ© l'imagination populaire et le monde scientifique pendant des dĂ©cennies. Le Dr. Patrick Theillier, ancien directeur du Bureau des constatations mĂ©dicales de Lourdes, est interrogĂ© par VĂ©ronique Jacquier de France Catholique offre un point de vue unique. L'article se concentre sur la maniĂšre dont les EMI peuvent ĂȘtre interprĂ©tĂ©es Ă travers le prisme de la foi chrĂ©tienne, les dĂ©crivant non seulement comme des phĂ©nomĂšnes mystĂ©rieux, mais aussi comme un message d'espoir en accord avec la doctrine de l'Ăglise.
Les EMI comme message d'espoir et de réaffirmation de la foi
Selon le Dr Theillier, les EMI sont bien plus que de simples hallucinations. Il les dĂ©finit comme un ensemble de visions et de sensations vĂ©cues par des personnes en Ă©tat de mort clinique. Ces expĂ©riences transforment profondĂ©ment les individus, les amenant Ă voir la mort non pas comme une fin, mais comme un simple passage. Il soutient que dans une sociĂ©tĂ© occidentale marquĂ©e par une "apostasie silencieuse", ces expĂ©riences agissent comme un message prophĂ©tique. Elles rappellent Ă l'humanitĂ© que la vie ne s'arrĂȘte pas Ă la mort et qu'elle est un chemin vers une autre vie remplie d'amour infini. L'article suggĂšre que les EMI sont une manifestation de la misĂ©ricorde de Dieu, cherchant Ă ramener le monde Ă la vie divine.
Concordance entre EMI et doctrine chrétienne
L'un des arguments centraux de l'article est que les EMI sont en parfaite harmonie avec l'enseignement de l'Ăglise. Le Dr Theillier affirme que leurs caractĂ©ristiques coĂŻncident avec des doctrines chrĂ©tiennes fondamentales, telles que l'existence de la vie Ă©ternelle, la sĂ©paration de l'Ăąme et du corps, l'immortalitĂ© de l'Ăąme, et le jugement particulier aprĂšs la mort. Il avance que les EMI apportent une confirmation tangible de l'existence d'une rĂ©alitĂ© spirituelle et de l'immortalitĂ© de l'Ăąme, renforçant la croyance chrĂ©tienne. L'article va plus loin en citant des exemples de saints, comme ThĂ©rĂšse d'Avila et Mariam Baouardy, qui auraient vĂ©cu des expĂ©riences similaires, qui ont agi comme des Ă©vĂ©nements fondateurs dans leurs vies.
La résurrection de la chair à la lumiÚre des EMI
L'article aborde Ă©galement la question complexe de la rĂ©surrection de la chair. Se rĂ©fĂ©rant Ă des thĂ©ologiens comme les PĂšres François Varillon et Jean-Marc Bot, le Dr Theillier propose une interprĂ©tation selon laquelle l'Ăąme sĂ©parĂ©e du corps aprĂšs la mort conserve une "mĂ©moire du corps". Cela signifie que notre identitĂ©, y compris notre histoire et notre personnalitĂ©, est prĂ©servĂ©e. Les tĂ©moignages de ceux qui ont vĂ©cu des EMI, et qui disent avoir rencontrĂ© des ĂȘtres chers dĂ©funts "rajeunis et transfigurĂ©s", sont citĂ©s comme preuve. L'article soutient que la rĂ©surrection de la chair est un processus qui commence dĂšs notre conception et se poursuit tout au long de notre vie dans l'au-delĂ , en particulier aprĂšs notre baptĂȘme. Les EMI, selon lui, corroborent cette vision de notre destinĂ©e.
Conséquences éthiques : les EMI et le débat sur l'euthanasie
L'article conclut en évoquant l'importance des EMI dans le débat sur l'euthanasie. En soulignant l'existence de la vie aprÚs la mort, les EMI offrent une perspective qui contredit l'idée que la vie physique est la seule réalité. Selon le Dr Theillier, la connaissance de ces expériences peut nous détourner de l'euthanasie et du suicide assisté. Elles rappellent que la mort n'est pas la fin, mais une transition. Le langage utilisé, comme "fin de vie" au lieu d'euthanasie, est perçu comme une négation de cette réalité spirituelle, renforçant l'argument selon lequel ces expériences sont une expression de la miséricorde divine pour un monde désorienté.
26/08/2025
Si (sou)rire est le propre de lâhomme (1), pleurer certainement aussi. Non les larmes de crocodile ou celles, indignes, du lĂąche et du pleutre ! Mais celles, authentiques, dâĂ©merveillement ou de chagrin, qui montent aux yeux de lâanimal spirituel en certaines occasions, comme une priĂšre (2). Larmes indissociables de dĂ©solation et de consolation, les premiĂšres appelant les secondes (3). Elles le renvoient alors Ă sa dimension dâĂȘtre vulnĂ©rable, prĂ©caire, blessĂ© par le pĂ©chĂ© originel, capable dâune pieuse Ă©motion dans ses bonheurs et ses malheurs terrestres ainsi assumĂ©s. Charles Baudelaire lui-mĂȘme le reconnaĂźt de cette maniĂšre Ă©difiante :
« Car câest vraiment, Seigneur, le meilleur tĂ©moignage
« Que nous puissions donner de notre dignité
« Que cet ardent sanglot qui roule dâĂąge en Ăąge
« Et vient mourir au bord de votre éternité ! »
(Les Fleurs du Mal, âLes Pharesâ)
Les larmes des hommes touchent le CĆur de Dieu, dont le nom est MisĂ©ricorde, car elles lui appartiennent, commente le pĂšre Jean-François Thomas (dans Aleteia). On Ă©voque justement le mot quâErnest Hello attribue Ă sainte Rose de Lima : « Les larmes sont Ă Dieu, et quiconque les verse sans songer Ă lui, les lui vole » (Paroles de Dieu, âLes larmes dans lâĂcritureâ). « La Providence est un Pactole de larmes », qui pĂšse sans mesure dans « la balance du Juge des douleurs humaines », traduit autrement LĂ©on Bloy âŠ
Dans ces vĂ©ritables moments dâexception, ne retiens pas tes larmes par fausse pudeur ou respect humain ! Câest en effet une force, dont se prive lâorgueil, de bien vouloir admettre quâon a besoin dâĂȘtre consolĂ© par un Amour supĂ©rieur. Les larmes ne sont pas lâapanage des femmes. JĂ©sus lui-mĂȘme, Ă plusieurs reprises, nous en a donnĂ© lâexemple. Et Il nous a confiĂ© cette bĂ©atitude rĂ©vĂ©latrice, qui arrose en quelque sorte toutes les autres en cette vallĂ©e de larmes baignĂ©e par son amour rĂ©dempteur : â Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolĂ©s !
â Ne pleure pas (Lc 7, 13), anticipe pour ainsi dire Notre Seigneur Ă la vue de la veuve de NaĂŻn, en deuil de son fils unique quâIl ressuscite et « remet Ă sa mĂšre », touchĂ© de compassion pour elle ; comme Il le sera aussi pour JaĂŻre implorant la guĂ©rison de sa fille (Lc 8, 40-56). « Dans notre exil, nous soupirons, mais nous rencontrons parfois des compagnons qui ont vu la citĂ© sainte (oĂč Dieu essuiera toute larme, il nây aura plus ni deuil, ni plainte, ni fatigue : Ap 21,4) et qui nous invitent Ă y courir », explique pour sa part saint Augustin.
« Celui qui sĂšme dans les larmes rĂ©coltera dans la joie », nous prĂ©venait dĂ©jĂ le psaume 125. Saint Pierre en a fait lâexpĂ©rience singuliĂšre dans sa dĂ©loyautĂ© mĂȘme, Ă la diffĂ©rence de Judas. En entendant le chant du coq, il a eu honte et sâest repenti aussitĂŽt : la source de ses larmes jaillit dâun cĆur de chair broyĂ© mais dĂ©jĂ pardonnĂ©, rĂ©conciliĂ© au CĆur transpercĂ© de JĂ©sus. Qui donnera le premier chef de lâEglise et le martyr que lâon sait.
On pourrait dire de ce don des larmes ce que nous disions du don des mĂ©rites dans la communion des saints (cf. Europa Scouts n° 156) : comme aucun de nos sacrifices, aucune de ces larmes prĂ©cieuses (quâelle soit versĂ©e pour une souffrance crucifiante ou pour une joie illuminĂ©e) nâest perdue ni perdante. « Elle est recueillie et versĂ©e dans le calice du Sang du MaĂźtre comme cette goutte dâeau de lâoffertoire qui nous rend participants Ă la divinitĂ© de Celui qui a Ă©pousĂ© notre humanitĂ© » (P. Thomas). MystĂ©rieuse confraternitĂ© des larmes !
Paradoxalement, au lieu de nous rebeller ou de nous dĂ©sespĂ©rer, ces sanglots libĂ©rateurs qui nous Ă©chappent parfois des entrailles peuvent apaiser et purifier notre cĆur de pierre bien friable, dans une Ă©tonnante correspondance tant immanente que transcendante. Ces larmes nous font redevenir comme des petits enfants fragiles et transparents, ces âtout-petitsâ au sens Ă©vangĂ©lique du terme, confiants et dĂ©pendants dans leur affection, pleins dâabandon et dâhumilitĂ©. Elles expriment une comprĂ©hension imperceptible, une intuition indicible aussi fugitive soit-elle, comme une conscience infuse, du lien intime de nos amours terrestres avec ce souverain Bien trinitaire : PĂšre maternel, Verbe fraternel et Esprit consolateur, cet Amour infini, personnel et crĂ©ateur, qui nous a aimĂ©s le premier (I Jn 4,19). Comme un morceau angĂ©lique de trĂšs belle musique, ces larmes adoucissent nos trop dures et parodiques mĆurs humaines. Le don des larmes est une grĂące. Une grĂące de communion. Un Ă©change de donsâŠ
Une école de conversion
Des lamentations des psaumes aux larmes de Notre Dame dans ses apparitions, en passant par les pleurs des plus grands saints (de Marie-Madeleine Ă Monique sans oublier François et DominiqueâŠ), les larmes douces ou amĂšres, de peine ou de joie, de dĂ©rĂ©liction ou de contemplation (devant la beautĂ© de la crĂ©ature ou de lâĆuvre dâart), de nostalgie ou de retrouvailles, de componction ou de contrition⊠sont une Ă©cole de conversion. Comme « il est nĂ©cessaire de faire lâĂ©ducation de nos sourires » (ClĂ©ment dâAlexandrie), il faut faire celle de nos larmes. Apprendre Ă pleurer, câest quelque part apprendre Ă mourir, se convertir, « mouiller Ă la grĂące » (PĂ©guy), câest-Ă -dire se disposer Ă bien rencontrer notre RĂ©dempteur.
MĂȘme sâils ne se distribuent pas de la mĂȘme maniĂšre et Ă Ă©galitĂ©, les deux (sourires et larmes) sont au reste du mĂȘme genre de âdisciplineâ, dâascĂšse et de spiritualitĂ©, par leur vertu dâapaisement et de calme, de force et de douceur. Dans leur volontĂ© dâapporter le Christ, les « porteurs de sourire » (Guy de Larigaudie) ne tardent jamais Ă ĂȘtre de vrais porteurs de larmes et inversement. Leur bonheur a inĂ©vitablement une croix. Pensons notamment Ă notre petite sĆur louvette Anne-Gabrielle Caron (morte dâun cancer osseux), dont le sourire radieux et lĂ©gendaire rĂ©pondait Ă combien de larmes versĂ©es sur fond de joie chrĂ©tienne. « Seule une larme coule au moment oĂč elle quitte ce monde. Une larme de joie ? En voyant le Ciel, sublime fin de son calvaire offert avec tant de charitĂ© et de courage », a Ă©crit Daniel-Ange.
« Un jour, alors quâelle contemple une image du Christ en croix, elle sâĂ©crit : âNon, câest trop !â Sa maman, croyant quâelle a un accĂšs de douleur, sâapproche. Mais Anne-Gabrielle lĂšve alors la tĂȘte, des larmes pleins les yeux et la regarde avec dĂ©tresse, elle explicite : âJĂ©sus. Il a trop souffert.â(âŠ)
Quand, la voyant si malheureuse de perdre ses cheveux, je lui dis : âTrĂšs sincĂšrement, ma chĂ©rie, si je pouvais perdre mes cheveux Ă ta place, je le ferais tout de suiteâ, elle sourit, touchĂ©e. HonnĂȘtement, je continuai : âJe ne peux pas dire que je voudrais ĂȘtre malade Ă ta place car je ne sais pas si je pourrais supporter tout ce que tu supportes (surtout, ce que je ne lui dis pas, câest que jâĂ©tais sĂ»re, moi, de ne pas ĂȘtre prĂȘte du tout Ă paraĂźtre devant Dieu â contrairement Ă elle).â Elle sourit encore.
â Mais cela me rend vraiment malheureuse de voir que lâon ne peut rien faire pour toi.
Mais vous faßtes déjà beaucoup.
Que fait-on, ma chérie ?
Vous mâaimez. » (âŠ)
Les derniers jours, elle est paralysĂ©e, ne peut plus bouger, ni voir. Elle ne peut mĂȘme plus sourire complĂštement. Son plus grand regret est de âne plus pouvoir faire de vrais baisersâ. Quand elle se croit seule : âJĂ©sus, JĂ©sus, jâai mal partout.â Elle appelle JĂ©sus Ă son secours, doucement, comme un ami. »
(DâaprĂšs le journal intime de ses parents)
Sans en abuser dans un sentimentalisme, un romantisme ou un misĂ©rabilisme de mauvais aloi, apprenons donc Ă pleurer sincĂšrement quand les larmes montent aux yeux (fenĂȘtres) de lâĂąme et viennent comme une priĂšre et une offrande spirituelle. Si la guide ou le scout peuvent ĂȘtre des « semeurs de joie » (Larigaudie), câest parce quâils donnent et se donnent en souriant mais aussi, quelque fois et plus rarement, en pleurant hardiment.
Hermine (Rémi Fontaine)
(1)« Semer du sourire » dans Parole de scout, éditions Sainte-Madeleine, p. 133.
(2)Dans Une larme mâa sauvĂ©e (Les ArĂšnes), AngĂšle Lieby tĂ©moigne comment une larme prĂ©cisĂ©ment peut tĂ©moigner de la dignitĂ© inamissible de lâĂȘtre humain, fut-il plongĂ© dans un Ă©tat comatique prĂ©tendument âvĂ©gĂ©tatif â.
(3)« Seigneur, je pleure trĂšs souvent. Est-ce de tristesse en songeant Ă ce que je souffre ? Est-ce de joie en me souvenant de vous ? Comment dĂ©mĂȘler cela et comment ne pas pleurer en essayant de le dĂ©mĂȘler ? » LĂ©on Bloy.
25/08/2025
Roi de France durant plus de quarante ans, il incarna Ă la fois lâautoritĂ© royale et la fidĂ©litĂ© chrĂ©tienne, laissant une empreinte durable dans la mĂ©moire nationale et ecclĂ©siale.GrĂące aux rĂ©cits de son ami et conseiller Jean de Joinville, lâhistoire a retenu lâimage emblĂ©matique dâun souverain rendant la justice Ă lâombre dâun chĂȘne, prĂšs du chĂąteau de Vincennes. Cette scĂšne, devenue lĂ©gendaire, reflĂšte le sens aigu de la justice de Louis IX, mais aussi son dĂ©sir de proximitĂ© avec son peuple. Il fut reconnu comme un homme de priĂšre, de charitĂ© et de simplicitĂ©, autant que comme un monarque puissant et respectĂ©.
NĂ© Ă Poissy en 1214 (ou 1215), Louis devint roi de France en 1226, Ă lâĂąge de douze ans, sous la rĂ©gence de sa mĂšre Blanche de Castille. Ă vingt ans, il Ă©pousa Marguerite de Provence, avec qui il partagea un lien conjugal profond et fidĂšle. Leur union fut fĂ©conde : ils eurent ensemble huit enfants quâils Ă©levĂšrent dans la foi.Louis IX ne sĂ©para jamais sa mission royale de sa vocation chrĂ©tienne. Il soutint les pauvres, visita les malades, fonda des hĂŽpitaux et encouragea la vie religieuse. Sa gĂ©nĂ©rositĂ© se traduisit Ă©galement par un immense projet architectural et spirituel : la construction de la Sainte-Chapelle, vĂ©ritable Ă©crin de lumiĂšre destinĂ© Ă abriter la Couronne dâĂ©pines et dâautres reliques de la Passion.
AnimĂ© dâun ardent dĂ©sir de protĂ©ger la Terre Sainte, Louis IX prit la croix et sâembarqua en 1248 pour lâOrient. Fait prisonnier Ă Mansourah en Ăgypte, il fut libĂ©rĂ© avant de regagner son royaume. Loin de se laisser dĂ©courager, il poursuivit son idĂ©al de rĂ©conciliation et de paix, rĂ©formant le royaume et interdisant notamment le duel judiciaire.Ses contemporains soulignĂšrent sa sagesse politique. En 1258, il mit fin Ă un conflit sĂ©culaire entre la France et lâAngleterre par le traitĂ© de Paris. Sa renommĂ©e Ă©tait telle que des souverains Ă©trangers sollicitaient son arbitrage. Pourtant, son dĂ©sir demeurait de reprendre la route de la croisade. Ce rĂȘve ultime lâamena en 1270 jusquâĂ Tunis, oĂč la maladie eut raison de lui. Il mourut le 25 aoĂ»t dans son camp militaire, confiant son Ăąme Ă Dieu.
Canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII,
Louis IX est le seul roi de France élevé à la gloire des autels
Il est devenu patron des tertiaires franciscains, mais aussi de nombreuses professions, allant des coiffeurs aux ouvriers du bĂątiment. Sa mĂ©moire demeure vivante dans lâart, la liturgie et la culture populaire.
Saint Louis fut aussi un protecteur des savoirs : il fonda en 1257, avec Robert de Sorbon, la future Sorbonne, et soutint les grands thĂ©ologiens de son temps tels que saint Bonaventure et saint Thomas dâAquin. Il suivit avec attention lâĂ©dification de Notre-Dame de Paris, en particulier ses rosaces monumentales.Les diocĂšses français rappellent encore aujourdâhui son rĂŽle dĂ©cisif dans lâhistoire nationale : en Saintonge, lors de la bataille de Taillebourg en 1242 ; Ă Vincennes, par lâimage du roi-juge ; Ă Longchamp, oĂč sa sĆur Isabelle, future bienheureuse, fonda une abbaye franciscaine grĂące Ă son soutien.
Les paroles rapportées par Joinville révÚlent son sens chrétien de la royauté :
« Si je dĂ©pense beaucoup dâargent quelquefois, jâaime mieux le faire en aumĂŽnes faites pour lâamour de Dieu que pour frivolitĂ©s et choses mondaines. Dieu mâa tout donnĂ© ce que jâai. Ce que je dĂ©pense ainsi est bien dĂ©pensĂ©. »
Louis IX rappelle ainsi que lâautoritĂ© politique peut se vivre comme un service, enracinĂ© dans le baptĂȘme et orientĂ© vers le bien commun. Son tĂ©moignage continue dâinspirer lâĂglise et les fidĂšles, sept siĂšcles aprĂšs sa mort, comme modĂšle de gouvernant chrĂ©tien uni Ă Dieu, humble devant son peuple et juste gĂ©nĂ©reux envers les pauvres.
Avec Nominis
25/08/2025
[âŠ]
Et lâĂglise, de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, garde soigneusement mĂ©moire de la mort et de la rĂ©surrection du Seigneur dont elle est tĂ©moin, comme son trĂ©sor le plus prĂ©cieux. Elle la garde et la transmet en cĂ©lĂ©brant lâEucharistie que vous avez la joie et lâhonneur de servir. LâEucharistie est le TrĂ©sor de lâĂglise, le TrĂ©sor des TrĂ©sors. DĂšs le premier jour de son existence, et ensuite pendant des siĂšcles, lâĂglise a cĂ©lĂ©brĂ© la Messe, de dimanche en dimanche, pour se souvenir de ce que son Seigneur a fait pour elle. Entre les mains du prĂȘtre et Ă ses paroles, âceci est mon Corps, ceci est mon Sangâ, JĂ©sus donne encore sa vie sur lâAutel, Il verse encore son Sang pour nous aujourdâhui. Chers Servants dâAutel, la cĂ©lĂ©bration de la Messe, nous sauve aujourdâhui ! Elle sauve le monde aujourdâhui ! Elle est lâĂ©vĂ©nement le plus important de la vie du chrĂ©tien et de la vie de lâĂglise, car elle est le rendez-vous oĂč Dieu se donne Ă nous par amour, encore et encore. Le chrĂ©tien ne va pas Ă la Messe par devoir, mais parce quâil en a besoin, absolument !; le besoin de la vie de Dieu qui se donne sans retour !
Chers amis, je vous remercie de votre engagement : il est un trĂšs grand et gĂ©nĂ©reux service que vous rendez Ă votre paroisse, et je vous encourage Ă persĂ©vĂ©rer fidĂšlement. Lorsque vous approchez de lâAutel, ayez toujours Ă lâesprit la grandeur et la saintetĂ© de ce qui est cĂ©lĂ©brĂ©. La Messe est un moment de fĂȘte et de joie. Comment, en effet, ne pas avoir le cĆur dans la joie en prĂ©sence de JĂ©sus ? Mais la Messe est, en mĂȘme temps, un moment sĂ©rieux, solennel, empreint de gravitĂ©. Puissent votre attitude, votre silence, la dignitĂ© de votre service, la beautĂ© liturgique, lâordre et la majestĂ© des gestes, faire entrer les fidĂšles dans la grandeur sacrĂ©e du MystĂšre.
Je forme aussi le vĆu que vous soyez attentifs Ă lâappel que JĂ©sus pourrait vous adresser Ă le suivre de plus prĂšs dans le sacerdoce. Je mâadresse Ă vos consciences de jeunes, enthousiastes et gĂ©nĂ©reux, et je vais vous dire une chose que vous devez entendre, mĂȘme si elle doit vous inquiĂ©ter un peu : le manque de prĂȘtres en France, dans le monde, est un grand malheur ! Un malheur pour lâĂglise. Puissiez-vous, peu Ă peu, de dimanche en dimanche, dĂ©couvrir la beautĂ©, le bonheur et la nĂ©cessitĂ© dâune telle vocation. Quelle vie merveilleuse que celle du prĂȘtre qui, au cĆur de chacune de ses journĂ©es, rencontre JĂ©sus dâune maniĂšre tellement exceptionnelle et le donne au monde ! [âŠ]
25/08/2025
22/08/2025
Un pĂšlerinage impressionnant
Selon divers articles de presse dont Tribune ChrĂ©tienne et Aleteia, 7 200 pĂšlerins de la FSSPX, venus de 44 pays, ont convergĂ© vers la Ville Ă©ternelle. AccompagnĂ©s de prĂšs de 680 prĂȘtres et religieux, ils ont dĂ©filĂ© en procession, priĂ© dans plusieurs basiliques et participĂ© Ă une messe solennelle Ă la basilique Saint-Pierre. Ce rassemblement a triplĂ© en taille par rapport au dernier JubilĂ© de l'an 2000, ce qui dĂ©montre une vitalitĂ© et une capacitĂ© de mobilisation impressionnantes.
Des relations toujours complexes avec Rome
Le pĂšlerinage, conduit par l'abbĂ© Davide Pagliarani, supĂ©rieur gĂ©nĂ©ral de la FSSPX, a soulignĂ© la relation dĂ©licate qui existe entre la FraternitĂ© et le Vatican. Comme vous le savez, fondĂ©e en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, la FSSPX s'est retrouvĂ©e en rupture avec Rome suite aux ordinations Ă©piscopales de 1988, qui ont entraĂźnĂ© l'excommunication de ses Ă©vĂȘques. Bien que le pape BenoĂźt XVI ait levĂ© ces sanctions et que le pape François ait reconnu la validitĂ© des confessions et mariages de la FraternitĂ©, cette derniĂšre n'est toujours pas officiellement rĂ©intĂ©grĂ©e Ă l'Ăglise. Le fait que les pĂšlerins de la FSSPX n'aient pas marchĂ© derriĂšre la croix jubilaire Ă Saint-Pierre et que la mention de leur pĂšlerinage ait Ă©tĂ© retirĂ©e du site officiel du JubilĂ© italien en sont des signes clairs.
Un signe pour l'avenir
Au-delĂ des questions de reconnaissance canonique, ce pĂšlerinage est une dĂ©claration de force. La FSSPX, qui ne compte plus que deux Ă©vĂȘques en activitĂ©, se trouve Ă un moment crucial de son histoire, confrontĂ©e Ă la nĂ©cessitĂ© de nouvelles consĂ©crations. Le rassemblement de milliers de fidĂšles attachĂ©s Ă la messe traditionnelle est donc un message adressĂ© Ă Rome : la FraternitĂ© est une rĂ©alitĂ© vivante, sa voix est influente, et elle reste fidĂšle Ă ce qu'elle considĂšre ĂȘtre la tradition de l'Ăglise.
En définitive, ce pÚlerinage n'est pas seulement un événement spirituel, c'est un acte politique qui met en lumiÚre les tensions et les espoirs qui animent les relations entre le Vatican et les défenseurs de la tradition en matiÚre liturgique mais aussi et surtout doctrinale. Il restera sans doute l'un des moments les plus mémorables et les plus symboliques du Jubilé 2025.
Prions pour l'Eglise ! Ave Maria !
22/08/2025
Lecture du livre de l'ĂcclĂ©siastique
Si 24,23-31
Comme la vigne jâai poussĂ© des fleurs dâune agrĂ©able odeur, et mes fleurs donnent des fruits de gloire et dâabondance. Je suis la mĂšre du bel amour, de la crainte, de la science et de la sainte espĂ©rance. En moi est toute la grĂące de la voie et de la vĂ©ritĂ© ; en moi est toute lâespĂ©rance de la vie et de la vertu. Venez Ă moi, vous tous qui me dĂ©sirez, et rassasiez-vous de mes fruits ; car mon esprit est plus doux que le miel, et mon hĂ©ritage plus suave que le rayon de miel. Ma mĂ©moire passera dans la suite des siĂšcles. Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif. Celui qui mâĂ©coute ne sera pas confondu, et ceux qui agissent par moi ne pĂ©cheront point. Ceux qui me mettent en lumiĂšre auront la vie Ă©ternelle.
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Le culte liturgique, par lequel on rend un juste honneur au CĆur ImmaculĂ© de la Vierge Marie, et auquel de nombreux saints et saintes ont prĂ©parĂ© la voie, fut approuvĂ© tout dâabord par le SiĂšge Apostolique au dĂ©but du dix-neuviĂšme siĂšcle, lorsque le Pape Pie VII institua la fĂȘte du CĆur TrĂšs Pur de la Vierge Marie, pour ĂȘtre pieusement et saintement cĂ©lĂ©brĂ©e par tous les diocĂšses et les familles religieuses qui en avaient fait la demande ; fĂȘte que bientĂŽt le Pape Pie IX enrichit dâun office et dâune messe propres. Ce culte ardent et souhaitĂ©, nĂ© au dix-neuviĂšme siĂšcle, et grandissant de jour en jour, fut accueilli avec bienveillance par le Souverain Pontife Pie XII, qui voulut lâĂ©tendre Ă lâĂglise entiĂšre, en donnant Ă cette fĂȘte une plus grande solennitĂ©.
Lâan 1942, tandis quâune guerre trĂšs cruelle accablait presque toute la terre, ce pape, plein de pitiĂ© pour les Ă©preuves infinies des populations, en raison de sa piĂ©tĂ© et de sa confiance envers la MĂšre cĂ©leste, confia ardemment le genre humain tout entier, par une priĂšre solennelle, Ă ce CĆur trĂšs doux ; et il Ă©tablit la cĂ©lĂ©bration universelle et perpĂ©tuelle dâune fĂȘte avec Office et Messe propres en lâhonneur de ce CĆur ImmaculĂ© (1944).
21/08/2025
Ce podcast dont l'auteur est inconnu explore en profondeur la perspective de Saint Thomas d'Aquin sur la signification des visites aux tombes, en s'appuyant sur ses enseignements tirés notamment de la "Somme Théologique". Il met en lumiÚre la richesse de la compréhension catholique de la mort, de l'au-delà et du lien indéfectible entre les vivants et les morts.
L'auteur commence par poser une question existentielle commune : Si l'Ăąme quitte le corps au moment de la mort, pourquoi continuons-nous Ă visiter les tombes de nos dĂ©funts ? Cette interrogation, qui a "troublĂ© mĂȘme les plus grands thĂ©ologiens", est abordĂ©e par Saint Thomas d'Aquin, "ce gĂ©ant de la pensĂ©e chrĂ©tienne". Sa rĂ©ponse, dĂ©crite comme "aussi profonde que lumineuse, aussi complexe que consolante", vise Ă "transformer Ă jamais votre comprĂ©hension de la mort, de l'au-delĂ et du lien sacrĂ© qui unit les vivants et les morts."
Pour comprendre Saint Thomas, il est crucial de saisir sa distinction entre le corps et l'Ăąme. Contrairement Ă une vision qui sĂ©parerait radicalement ces deux entitĂ©s, la tradition catholique, telle qu'articulĂ©e par Thomas d'Aquin, enseigne que "l'ĂȘtre humain n'est pas simplement un corps qui possĂšde une Ăąme, ni une Ăąme emprisonnĂ©e dans un corps. Nous sommes l'union sacrĂ©e des deux, une union voulue par Dieu dĂšs notre crĂ©ation." La sĂ©paration de l'Ăąme et du corps au moment de la mort n'est pas l'Ă©tat naturel voulu par Dieu, mais une consĂ©quence du pĂ©chĂ© originel. Le plan divin prĂ©voit la rĂ©union de l'Ăąme et du corps lors de la rĂ©surrection finale, comme le proclame le Credo : "Je crois Ă la rĂ©surrection de la chair".
La pratique de visiter les tombes s'éclaire à la lumiÚre de cette doctrine. En se recueillant devant la sépulture, on honore "non pas un simple réceptacle abandonné, mais une partie essentielle de la personne que nous avons aimé." Ce corps, "aujourd'hui en repos, est destiné à la gloire de la résurrection." L'attachement au corps des défunts n'est pas une faiblesse, mais "une intuition profondément chrétienne ancrée dans notre foi en l'incarnation du Christ et en la résurrection de la chair." L'exemple des femmes fidÚles allant embaumer le corps de Jésus au matin de Pùques est cité comme preuve de la justesse de cet amour et respect du corps. Dieu a récompensé celles qui ont "montré leur amour à travers le soin du corps."
Saint Thomas d'Aquin approfondit cette comprĂ©hension en abordant la doctrine de la Communion des Saints. Cette doctrine "fondamentale de notre foi" enseigne que "tous les croyants, ceux qui sont encore sur terre, ceux qui sont purifiĂ©s au purgatoire et ceux qui jouissent dĂ©jĂ de la vision bĂ©atifique au paradis forment une seule Ă©glise, un seul corps mystique du Christ." Cette communion "transcende les barriĂšres du temps et de l'espace" et "dĂ©passe mĂȘme la frontiĂšre entre la vie et la mort."
La visite des tombes est une manifestation concrÚte de cette communion : "Nous affirmons que la mort n'a pas rompu le lien qui nous unit à nos proches décédés." De plus, nos priÚres et actes de dévotion pour les défunts peuvent "véritablement les aider dans leur cheminement vers Dieu", notamment en "alléger leur souffrance au purgatoire et hùter leur entrée dans la gloire céleste." L'auteur insiste sur l'efficacité spirituelle réelle de ces actes, contrastant avec une vision moderne qui verrait la mort comme une fin définitive et les rituels comme de simples traditions culturelles.
Il existe plusieurs raisons complémentaires pour lesquelles la visite des tombes est une pratique significative :
Honorer la mémoire des défunts : C'est un "acte de charité chrétienne" qui reconnaßt la "valeur unique de chaque vie humaine créée à l'image et à la ressemblance de Dieu."
Nourrir l'espérance en la résurrection : Les tombes sont des "signes d'espérance", rappelant que "la mort n'a pas le dernier mot", à l'instar du tombeau vide du Christ.
Cultiver les vertus chrétiennes : Ces visites invitent à "l'humilité" face à notre mortalité, à la "charité" en priant pour les défunts, et fortifient la foi et l'espérance.
RĂ©sister au matĂ©rialisme et Ă l'hĂ©donisme : Les cimetiĂšres rappellent la "vanitĂ©" des quĂȘtes matĂ©rielles et aident Ă orienter la vie vers "l'amour de Dieu et du prochain, la croissance dans les vertus, la prĂ©paration Ă notre propre rencontre avec le Seigneur."
Participer Ă l'Ćuvre de rĂ©demption du Christ : Par nos priĂšres, nous collaborons Ă la "libĂ©ration des Ăąmes du purgatoire", s'inscrivant dans le "grand mystĂšre de la rĂ©demption opĂ©rĂ©e par le Christ."
Saint Thomas d'Aquin adopte une approche nuancée concernant les apparitions ou phénomÚnes spirituels dans les cimetiÚres. Il reconnaßt la "possibilité que Dieu permette dans certaines circonstances exceptionnelles qu'une ùme défunte se manifeste au vivant" pour des raisons précises (avertir, demander des priÚres, témoigner de la miséricorde divine). Ces manifestations, si authentiques, "ne contredisent pas la doctrine catholique sur l'au-delà " mais illustrent la communion des saints. Cependant, Thomas invite à la "prudence et au discernement", rappelant que l'ennemi peut aussi tromper.
L'enseignement de Thomas d'Aquin promeut une "compréhension profondément incarnée de notre foi." Contrairement aux spiritualités qui dévalorisent le corps, le christianisme "honore l'unité de la personne humaine, corps et ùme." Dieu s'est fait chair en Jésus, qui a pleuré devant la tombe de Lazare et est ressuscité avec un corps glorieux. Notre rapport aux tombes reflÚte cette "piété pleinement humaine qui honore le corps comme temple de l'Esprit Saint et comme destiné à la résurrection." Les rituels funéraires et la bénédiction des sépultures ne sont pas de simples "concessions à la faiblesse humaine" mais l'expression d'une "théologie profonde de l'incarnation et de la résurrection."
De plus, Thomas reconnaĂźt que certains lieux peuvent acquĂ©rir une "signification spirituelle particuliĂšre." Une tombe est un "lieu sanctifiĂ© par les priĂšres de l'Ăglise," un "lieu tĂ©moin de la douleur et de l'amour des proches," et peut ĂȘtre comparĂ©e Ă un "mini pĂšlerinage."
La vision thomiste va au-delĂ des visites occasionnelles et invite Ă "intĂ©grer la mĂ©moire de nos morts dans notre vie quotidienne de priĂšre et de foi." Ils sont considĂ©rĂ©s comme "des compagnons invisibles dans notre cheminement vers Dieu." Il est mentionnĂ© la pratique de garder des photos de dĂ©funts ou de faire cĂ©lĂ©brer des messes. La messe est particuliĂšrement soulignĂ©e comme "l'aide la plus puissante que nous puissions leur apporter." Saint Thomas Ă©crit : "une seule messe offerte pour un dĂ©funt a plus de valeur que toutes les autres priĂšres et bonnes Ćuvres."
En somme, Saint Thomas d'Aquin certifie une "richesse et une profondeur extraordinaire" Ă la question de la visite des tombes. Cette pratique n'est pas une "erreur thĂ©ologique" ou une "concession Ă la faiblesse humaine", mais un "acte profondĂ©ment chrĂ©tien qui relie le ciel et la terre." Elle incarne l'honneur de l'unitĂ© corps-Ăąme, la foi en la rĂ©surrection de la chair, la manifestation concrĂšte de la communion des saints et la collaboration Ă l'Ćuvre rĂ©demptrice du Christ.
Cette comprĂ©hension transforme le deuil en une "expĂ©rience du deuil et notre relation au dĂ©funt" oĂč la mort n'est plus un "mur infranchissable" mais un "voile temporaire" Ă travers lequel la communion persiste. Les tombes deviennent "des signes d'espĂ©rance," et les priĂšres des "actes efficaces de charitĂ© chrĂ©tienne." Le podcast conclut en invitant le public Ă laisser cet enseignement "transformer votre expĂ©rience de ce moment sacrĂ©" et Ă partager cette "vĂ©ritĂ© oubliĂ©e" pour consoler ceux qui souffrent d'une vision appauvrie de la mort.
20/08/2025
EntrĂ© Ă lâabbaye de CĂźteaux, Bernard reçut en 1115 la mission de fonder un nouveau monastĂšre Ă Clairvaux, dont il demeura abbĂ© jusquâĂ sa mort. Infatigable fondateur, sa santĂ© fragile ne lâempĂȘcha pas de parcourir lâEurope, chevauchant sa mule pour prĂȘcher, conseiller, Ă©crire et soutenir la rĂ©forme de lâĂglise. Ă sa mort, pas moins de 343 abbayes cisterciennes sâĂ©taient dĂ©veloppĂ©es sous son impulsion.Bernard ne fut pas un moine enfermĂ© dans son cloĂźtre. Sa vaste correspondance avec des princes, des clercs et des jeunes en quĂȘte de conseil tĂ©moigne dâune Ăąme tournĂ©e Ă la fois vers la contemplation et vers lâaction. Il intervint dans les grands dĂ©bats ecclĂ©siaux de son temps, sâopposant Ă lâhĂ©rĂ©sie cathare, dĂ©fendant les juifs contre la montĂ©e de lâantisĂ©mitisme, et appelant Ă la fidĂ©litĂ© Ă la rĂšgle bĂ©nĂ©dictine face aux excĂšs perçus dans lâordre de Cluny. Sa prĂ©dication de la deuxiĂšme croisade, Ă VĂ©zelay, illustre aussi son rĂŽle dâarbitre moral et spirituel pour lâEurope chrĂ©tienne.
Le pape BenoĂźt XVI a rappelĂ© en 2009 combien saint Bernard fut un thĂ©ologien contemplatif plus quâun spĂ©culatif. Sa thĂ©ologie, centrĂ©e sur le Christ et Marie, insistait sur lâexpĂ©rience personnelle de lâamour de Dieu. Pour lui, la connaissance de Dieu nâĂ©tait pas un exercice purement intellectuel mais une rencontre vivante avec le Christ. Il montra aussi la place unique de la Vierge Marie dans lâĂ©conomie du salut, insistant sur sa participation au sacrifice de son Fils.Saint Bernard reste un guide intemporel. Sa vie rappelle que la vraie rĂ©forme de lâĂglise ne vient pas des calculs politiques mais de la saintetĂ© et de la fidĂ©litĂ© Ă lâĂvangile. Sa parole, toujours actuelle, met en garde contre la tentation de rĂ©duire la foi Ă une idĂ©ologie ou Ă une pure spĂ©culation rationnelle. Pour lui, seule une foi vivante, nourrie de priĂšre et de contemplation, pouvait conduire Ă la vĂ©ritable sagesse, celle des saints.
Saint Bernard mourut en 1153, Ă©puisĂ© par le service de lâĂglise et des Ăąmes, laissant un hĂ©ritage spirituel immense. CanonisĂ© en 1174 et proclamĂ© docteur de lâĂglise en 1830, il demeure pour lâhistoire « la conscience de lâĂglise de son temps » et un phare pour les gĂ©nĂ©rations chrĂ©tiennes.
Source : Nominis
Les Routiers Scouts d'Europe à Vézelay sur les pas de St Bernard
19/08/2025
18/08/2025
En ces temps oĂč les institutions sont scrutĂ©es Ă la loupe, le cas du pĂšre Dominique Spina, un prĂȘtre condamnĂ© pour abus sexuels, a soulevĂ© une vague de colĂšre et d'incomprĂ©hension dans l'Ăglise de France. La rĂ©cente nomination de ce dernier Ă un poste de chancelier a Ă©tĂ© perçue par beaucoup comme une provocation. Mais l'archevĂȘque de Toulouse, Mgr Guy de Kerimel, dĂ©savouĂ© publiquement par la ConfĂ©rence des evĂȘques de France, prend la parole pour rappeler une vĂ©ritĂ© qui, bien que mal reçue par le public, est au cĆur de l'Ăvangile : la misĂ©ricorde n'est pas l'ennemie de la justice. L'article de Tribune ChrĂ©tienne de Philippe Marie nous invite Ă rĂ©flĂ©chir sur un choix difficile : succomber Ă la logique de la sociĂ©tĂ© moderne qui veut que ce qui choque soit banni, ou rester fidĂšle Ă une foi qui, depuis ses origines, prĂȘche la transformation de l'homme, mĂȘme des plus grands pĂ©cheurs.
Une Justice qui ne nie pas la Miséricorde
L'article s'appuie sur la position de Mgr de Kerimel pour distinguer la justice humaine de la justice divine. Il ne s'agit pas de nier la lĂ©gitimitĂ© de la colĂšre des victimes ni la gravitĂ© des actes commis. La souffrance est rĂ©elle et doit ĂȘtre reconnue. Cependant, l'Ăglise, selon l'archevĂȘque, ne peut se laisser guider par la seule Ă©motion collective. Le cĆur du message chrĂ©tien repose sur le pardon, un pardon offert Ă tous, y compris aux auteurs des crimes les plus graves. Le texte cite Mgr de Kerimel qui prĂ©cise que la justice ne cherche pas Ă rendre le mal pour le mal (« Ćil pour Ćil »), mais Ă poser une limite Ă l'exclusion, sauf dans les cas de danger avĂ©rĂ©. L'article souligne que refuser toute possibilitĂ© de rĂ©demption reviendrait Ă trahir l'Ăvangile.
Le rappel des figures bibliques, comme Pierre le renĂ©gat, Matthieu le collecteur dâimpĂŽts, ou Marie-Madeleine la pĂ©cheresse, sert Ă illustrer le fait que la grĂące de Dieu est plus forte que n'importe quel passĂ©. L'Ăglise se doit d'ĂȘtre un lieu de conversion, oĂč le cĆur de l'homme peut ĂȘtre changĂ©. L'article pose alors une question cruciale : croyons-nous encore Ă la capacitĂ© du Christ de transformer un criminel en apĂŽtre ? Ou avons-nous rĂ©duit la foi Ă une simple morale sociale et sĂ©curitaire ? L'Ăglise n'a pas pour mission de se conformer aux attentes de la sociĂ©tĂ©, mais de proclamer la vĂ©ritĂ© de l'Ăvangile, mĂȘme si elle dĂ©range.
L'Ăglise du Christ ou une Institution Morale ?
La conclusion de l'article de Tribune ChrĂ©tienne est un appel Ă la luciditĂ©. Ă l'Ăšre oĂč l'Ă©motion est Ă©rigĂ©e en critĂšre de vĂ©ritĂ©, l'Ăglise ne peut se soumettre Ă une telle logique sans perdre son Ăąme. Le Christ lui-mĂȘme n'a pas craint le scandale en pardonnant aux pĂ©cheurs notoires. L'article nous invite Ă considĂ©rer si l'Ăglise veut ĂȘtre une institution morale de plus, se pliant aux humeurs du moment, ou si elle veut rester l'Ăglise du Christ, celle qui ose proclamer la vĂ©ritĂ© de la grĂące, mĂȘme lorsque celle-ci est impopulaire. En fin de compte, l'affaire Spina met l'Ăglise au pied du mur, l'obligeant Ă choisir entre la sĂ©curitĂ© d'une morale sociale et le risque d'une misĂ©ricorde sans mesure. Le chemin de l'Ăvangile est le second.
Reste qu'on aura compris que Mgr de KĂ©rimel a choisi de garder ce prĂȘtre au chaud Ă l'Ă©vĂȘchĂ© pour Ă©viter les tentations ; le choix d'un poste un peu moins voyant eut peut-ĂȘtre Ă©tĂ© plus habile ...
16/08/2025
Dans une homĂ©lie prononcĂ©e Ă l'occasion de la SolennitĂ© de l'Assomption, le Cardinal Pierbattista Pizzaballa a proposĂ© une lecture profonde et spirituelle du conflit qui dĂ©chire la Terre Sainte. Selon lui, la violence, notamment Ă Gaza, est l'expression du dĂ©sir de Satan de s'imposer prĂ©cisĂ©ment dans la rĂ©gion oĂč s'est accompli le salut.
Le Patriarche souligne que la Terre Sainte, unique pour avoir Ă©tĂ© le lieu de la naissance, de la mort et de la rĂ©surrection du Christ, est aussi le théùtre d'une bataille spirituelle intense. « Il semble vraiment que cette Terre Sainte, qui garde la plus haute rĂ©vĂ©lation et manifestation de Dieu, soit aussi le lieu de la plus grande manifestation du pouvoir de Satan. » Cette coexistence entre le sacrĂ© et le mal sâexplique, selon le Cardinal, par le fait que cette terre « garde le cĆur de lâhistoire du salut », ce qui en fait la cible privilĂ©giĂ©e de l'Ancien Adversaire.
Le Cardinal Pizzaballa nous invite Ă dĂ©passer une vision purement politique des Ă©vĂ©nements, en reconnaissant la dimension spirituelle du conflit. « Le dragon, Satan, ne cessera jamais de sâaffirmer et de dĂ©vaster le monde, en particulier contre ceux qui gardent les commandements de Dieu et maintiennent le tĂ©moignage de JĂ©sus. » Il rappelle que l'Ăglise, et par extension les chrĂ©tiens, est appelĂ©e Ă rester un signe de vie et de rĂ©sistance spirituelle. « Le mal continuera de sâexprimer, mais nous serons le lieu, la prĂ©sence que le dragon ne peut vaincre : une semence de vie. »
MalgrĂ© l'ampleur des souffrances, le message du Cardinal est empreint d'une espĂ©rance chrĂ©tienne indĂ©fectible. Il rappelle que le mal nâa pas le dernier mot et que « le pouvoir du dragon ne peut pas prĂ©valoir face Ă une naissance, face Ă une mĂšre qui met au monde, qui engendre la vie. » Il conclut en soulignant que les souffrances vĂ©cues sont unies Ă la RĂ©demption du Christ. « Le sang causĂ© par tout ce mal, en toute partie du monde, coule sous lâautel, mĂȘlĂ© au sang de lâAgneau, participant aussi Ă lâĆuvre de rĂ©demption Ă laquelle nous sommes associĂ©s. »
En dĂ©finitive, le Cardinal Pizzaballa offre une perspective de foi sur une rĂ©alitĂ© complexe, rappelant que mĂȘme au cĆur du chaos et de la violence, la vie et lâamour de Dieu l'emportent. « En nous levant aujourdâhui de la table eucharistique, nous emportons avec nous la certitude de la victoire du Christ sur la mort. »
François Charbonnier