Le blog du Temps de l'Immaculée.

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Le son du silence : réduire au silence le Saint Esprit.

27/05/2026

Le son du silence : réduire au silence le Saint Esprit.

 

 

 

Il existe une vieille chanson de Simon & Garfunkel intitulée « The Sound of Silence ». Beaucoup d’entre vous la connaissent. L’une des phrases dit : « Des gens qui parlent sans s’exprimer, des gens qui entendent sans écouter. » Ces mots résonnent dans mon esprit à l’approche de la Pentecôte.

 

Car nous vivons à une époque où règne le bruit. Des discours sans fin. Des commentaires sans fin. Des déclarations sans fin. Des réunions sans fin. Des documents sans fin. Des discussions sans fin. Et pourtant, sous tout ce bruit, un terrible silence s’installe dans le monde et même au sein de certaines parties de l’Église.

 

Ce n’est pas le silence sacré de la prière. Ce n’est pas le silence d’une âme agenouillée devant le Saint-Sacrement. Ce n’est pas le silence des moines ou des religieux cloîtrés à l’écoute du murmure de Dieu. Mais le silence qui s’installe lorsque les hommes cessent d’écouter le Saint-Esprit.

 

Ce dimanche, nous célébrons la Pentecôte, lorsque le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres sous forme de langues de feu. Ces hommes effrayés, qui se cachaient derrière des portes verrouillées, sont devenus des témoins intrépides de Jésus-Christ. Ils ne sont pas sortis de la chambre haute dans l’incertitude. Ils ne sont pas sortis en tenant des propos ambigus. Ils ne sont pas sortis en essayant de s’adapter à l’esprit du temps. Ils sont sortis pour proclamer la vérité avec audace, même si cela devait leur coûter la vie.

 

C’est cela, la Pentecôte.

 

Le Saint-Esprit n’est pas l’esprit de confusion. Il est l’Esprit de vérité.

Notre Seigneur a dit dans l’Évangile selon saint Jean : « Mais quand il viendra, l’Esprit de vérité, il vous enseignera toute la vérité… » (Jean 16, 13).


Le Saint-Esprit ne contredit pas Jésus-Christ. Le Saint-Esprit ne renverse pas la révélation divine. Le Saint-Esprit n’efface pas les Saintes Écritures. Le Saint-Esprit ne bénit pas ce que Dieu a qualifié de péché. Le Saint-Esprit ne passe pas deux mille ans à enseigner une chose par l’intermédiaire de l’Église pour ensuite, soudainement, inspirer le contraire à l’époque moderne.

Et pourtant, nous vivons actuellement un moment dans l’Église où la confusion se répand depuis des lieux chargés de garder le dépôt de la foi lui-même.

 

Nous voyons aujourd’hui émerger du Vatican des débats et des groupes d’étude qui abordent l’homosexualité d’une manière qui sème une grave confusion parmi les fidèles. Mgr Athanasius Schneider a récemment qualifié certaines de ces propositions d’hérésie. Ce mot devrait nous secouer. L’hérésie n’est pas un simple désaccord. L’hérésie est la corruption de la vérité révélée.

 

Et les fidèles ont le droit de demander : comment ces choses peuvent-elles même être discutées au sein de l’Église fondée par Jésus-Christ ? Comment la confusion au sujet du péché grave peut-elle devenir normale ? Comment l’ambiguïté peut-elle remplacer la clarté ? Comment les pasteurs peuvent-ils parler sans fin d’inclusion tout en gardant un silence étrange sur la repentance, la conversion, la sainteté, le jugement et le salut ?

 

Frères et sœurs, ces choses ne pourraient pas se produire si les hommes écoutaient véritablement le Saint-Esprit.

 

La tragédie de notre époque n’est pas que le Saint-Esprit ait cessé de parler. La tragédie est que beaucoup ne souhaitent plus L’entendre.
Saint Paul nous a clairement mis en garde : « N’éteignez pas l’Esprit » (1 Thessaloniciens 5, 19).

 

Mais cela fait des décennies que nous éteignons l’Esprit de multiples façons. Nous éteignons l’Esprit lorsque la vérité est édulcorée pour ne pas choquer le monde. Nous éteignons l’Esprit lorsque les pasteurs craignent davantage les gros titres que Dieu. Nous éteignons l’Esprit lorsque le péché est rebaptisé « accompagnement ». Nous éteignons l’Esprit lorsque l’identité catholique est sacrifiée au profit de l’approbation du monde. Nous éteignons l’Esprit lorsque le silence s’installe là où un avertissement devrait retentir.

 

Et ce silence a des conséquences.

 

Car si les hommes résistent continuellement à la voix de Dieu, leur conscience s’engourdit. Les cœurs s’endurcissent. Les âmes deviennent sourdes. Le monde loue cette surdité comme de la tolérance ou du progrès, mais spirituellement, c’est une catastrophe.

 

Le silence auquel nous sommes confrontés aujourd’hui n’est pas un silence paisible. C’est le silence d’une conscience compromise. C’est le silence de bergers qui ont peur de parler clairement. C’est le silence qui s’installe lorsque l’esprit du monde devient plus fort que l’Esprit de Dieu.

 

Et nulle part ce conflit n’est plus visible que dans les attaques contre la tradition catholique elle-même.

 

Nous entendons aujourd’hui de plus en plus de menaces et de pressions concernant la Fraternité Saint-Pie X, la FSSPX, et la messe traditionnelle en latin. Réfléchissez bien à ce que cela signifie. Les catholiques qui restent attachés à la liturgie ancienne, au respect, à la doctrine et à la continuité avec le passé sont traités comme dangereux ou choquants, tandis que les voix qui remettent ouvertement en cause l’enseignement moral établi sont accueillies dans le dialogue et occupent des postes d’influence.

 

À quel genre d’inversion avons-nous affaire ?

Les fidèles assistent à ce dénouement avec confusion et tristesse. Ceux qui sont attachés à la tradition sont scrutés à la loupe. Ceux qui sèment la confusion doctrinale sont célébrés comme des pasteurs. Ceux qui défendent ce que les catholiques ont toujours cru sont qualifiés de rigides. Ceux qui adaptent la foi à la culture moderne sont loués comme des prophètes.

 

Cela ressemble-t-il à la Pentecôte ? Cela ressemble-t-il aux apôtres remplis du feu du Saint-Esprit ? Ou cela ressemble-t-il à une Église de plus en plus effrayée de proclamer des vérités difficiles ?

 

Lors de la première Pentecôte, saint Pierre s’est tenu devant la foule et a appelé les pécheurs à la repentance. Il ne s’est pas excusé pour la vérité. Il n’a pas édulcoré la révélation divine. Il n’a pas cherché à harmoniser le christianisme avec la culture païenne. Fort de l’Esprit Saint, il a prêché le Christ crucifié et ressuscité.

 

Et quel en a été le résultat ?

Trois mille âmes se sont converties.

 

Le monde moderne nous dit que la clarté éloigne les gens. La Pentecôte prouve le contraire. La vérité prononcée dans l’Esprit Saint transperce les cœurs.

 

L’Église n’a pas besoin de moins de vérité aujourd’hui. Elle a besoin de plus de saints prêts à la proclamer avec courage et charité.
Il existe aujourd’hui un autre type de silence qui s’installe. C’est le silence des catholiques qui savent que quelque chose ne va vraiment pas, mais qui ont peur de le dire. De nombreux prêtres fidèles gardent le silence parce qu’ils craignent des sanctions. De nombreux évêques gardent le silence parce qu’ils craignent l’isolement. De nombreux laïcs catholiques gardent le silence parce qu’ils craignent d’être ridiculisés. Les parents gardent le silence tandis que leurs enfants sont endoctrinés par le monde. Des hommes de bien gardent le silence tandis que les loups rôdent librement parmi le troupeau.

 

Mais le silence face à la confusion n’est pas de la charité. Il y a des moments dans l’histoire où le silence devient collaboration. Et nous vivons un de ces moments.

 

Sainte Catherine de Sienne n’est pas restée silencieuse lorsque la corruption s’est répandue dans l’Église. Saint Athanase n’est pas resté silencieux lorsqu’une grande partie de la hiérarchie a embrassé l’erreur.

 

Le saint pape Pie X a mis en garde contre le modernisme parce qu’il le reconnaissait comme un poison attaquant la foi de l’intérieur. Et nous vivons à cette époque – une époque où l’on exige de la clarté de la part des catholiques fidèles. Pas de la haine. Pas de l’amertume. Pas du désespoir. Mais de la clarté.

 

Le Saint-Esprit n’est pas ambigu quant à la vérité. Le Saint-Esprit n’est pas moderniste. Le Saint-Esprit n’est pas confus au sujet du mariage, de la sexualité, du sacerdoce ou du caractère unique de Jésus-Christ.

 

Le Saint-Esprit n’inspire pas une confusion interreligieuse qui considère toutes les religions comme également agréables à Dieu. Jésus-Christ n’est pas un chemin parmi tant d’autres. Il est le Fils éternel de Dieu, le seul Sauveur du monde. L’Église l’a toujours enseigné clairement.
Pourtant, on entend de plus en plus souvent des propos laissant entendre que la certitude doctrinale elle-même serait en quelque sorte dangereuse. On nous dit qu’insister sur la clarté sème la discorde. On nous dit que préserver la tradition relève de la rigidité. On nous dit que remettre en question la confusion est un acte de désobéissance. Mais l’obéissance authentique ne peut jamais exiger le silence face à l’erreur.

Les saints l’avaient compris.

 

La véritable obéissance est l’obéissance à Jésus-Christ et à la foi éternelle transmise par les apôtres. Et cette foi n’a pas été inventée hier par des comités, des synodes ou des groupes d’étude ; elle a été scellée par le sang des martyrs. C’est pourquoi la Pentecôte revêt une telle importance en ce moment.

 

Car la Pentecôte nous rappelle à quoi ressemble réellement l’Église lorsqu’elle écoute le Saint-Esprit.

Elle est intrépide. Elle est claire. Elle est sainte. Elle dit la vérité même lorsque le monde se déchaîne contre elle.

Après la Pentecôte, les apôtres ne cherchaient pas à être acceptés par l’Empire romain. Ils cherchaient à rester fidèles à Jésus-Christ. Et à cause de cette fidélité, ils étaient haïs par le monde. Presque tous sont morts en martyrs.

 

Aujourd’hui, beaucoup au sein de l’Église semblent désespérément vouloir éviter la haine du monde. Mais Notre Seigneur ne nous a jamais promis l’approbation du monde. En fait, Il nous a mis en garde contre le contraire.

 

« Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous » (Jean 15, 18).

 

Peut-être qu’une partie du silence que nous entendons aujourd’hui vient de la peur. La peur d’être qualifié d’intolérant. La peur de perdre son statut. La peur de la critique. La peur du châtiment. La peur de l’isolement.


Mais la Pentecôte a marqué la fin de la peur !

 

Le Saint-Esprit n’est pas descendu sur les apôtres pour les rendre plus acceptables aux yeux du monde. Il est descendu pour faire d’eux des témoins. Et l’Église a désespérément besoin à nouveau de témoins. Pas de célébrités. Pas de gestionnaires. Pas d’experts en relations publiques. Des témoins.

 

Des prêtres prêts à prêcher des vérités difficiles. Des évêques prêts à défendre la foi quel qu’en soit le prix. Des parents prêts à protéger leurs enfants du poison spirituel. Des religieux prêts à mener une vie visiblement sainte. Des jeunes prêts à rejeter le vide de la culture moderne. Des catholiques fidèles prêts à se tenir aux côtés du Christ même lorsque cela leur coûte cher.

 

Le silence se fait de plus en plus pesant dans notre monde.

Mais la Pentecôte est la réponse du ciel à ce silence !

 

La Pentecôte, c’est le feu de la vérité divine qui fait irruption dans les ténèbres. La Pentecôte, c’est le Saint-Esprit qui réveille les âmes endormies. La Pentecôte, c’est le courage qui triomphe de la peur. La Pentecôte, c’est la clarté qui triomphe de la confusion. La Pentecôte, c’est la vérité qui triomphe du compromis. Et la Pentecôte façonne un certain type d’homme.

 

Regardez les apôtres avant la Pentecôte. Ils se cachaient derrière des portes verrouillées. Ils étaient craintifs, incertains, intimidés par le monde qui les entourait. Puis le Saint-Esprit est descendu. Et soudain, ces hommes faibles sont devenus des témoins intrépides de Jésus-Christ.

 

Pierre, qui tremblait devant une servante, s’est tenu devant les dirigeants et les foules et a proclamé le Christ crucifié sans craindre la prison ni la mort.


C’est là l’œuvre du Saint-Esprit. Le Saint-Esprit ne forme pas des bergers faibles qui font des concessions à la vérité. Le Saint-Esprit ne forme pas des hommes qui s’expriment sans cesse dans l’ambiguïté. Le Saint-Esprit ne forme pas des dirigeants qui brouillent les frontières entre la sainteté et le péché, la vérité et l’erreur, l’Évangile et l’esprit du temps.

 

Le Saint-Esprit forme des hommes comme saint Pierre après la Pentecôte. Le Saint-Esprit forme des hommes comme saint Athanase qui s’est dressé presque seul contre l’erreur généralisée au sein de la hiérarchie. Le Saint-Esprit forme des hommes prêts à tout perdre plutôt que de trahir Jésus-Christ.

Mais nous vivons aujourd’hui une époque où les voix qui s’élèvent au pouvoir ne ressemblent pas à celles de la Pentecôte.

 

Lorsque Mgr Athanase Schneider a récemment averti ouvertement que certaines propositions émanant des groupes d’étude du Vatican relevaient de l’hérésie, les catholiques auraient dû y prêter attention. Ce n’est pas une déclaration anodine. C’est un évêque qui tire la sonnette d’alarme parce que la vérité révélée elle-même est en danger.

 

Et pourtant, au lieu de clarté, on offre aux fidèles davantage d’ambiguïté. Au lieu d’une correction ferme, on tolère la confusion. Au lieu de défendre avec audace l’enseignement catholique établi, les dirigeants de l’Église continuent de donner la parole à ceux qui sapent ouvertement la confiance dans la foi.


Pourquoi nomme-t-on sans cesse des évêques qui affaiblissent la doctrine catholique au lieu de la défendre courageusement ? Pourquoi promeut-on des hommes qui s’expriment davantage à la manière du monde moderne qu’à celle des apôtres ? Pourquoi le père James Martin continue-t-il de s’épanouir publiquement tout en semant une confusion permanente au sujet de l’homosexualité et de l’enseignement moral catholique ?

 

Pourquoi le cardinal Victor Manuel Fernández reste-t-il à la tête du Dicastère pour la Doctrine de la Foi malgré les scandales, la confusion et des écrits qui ont profondément troublé les fidèles catholiques à travers le monde ?

 

Ce ne sont pas là des questions mineures.

 

Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi existe pour défendre la vérité, pour garder le dépôt de la foi transmis par les apôtres.

Les catholiques voient des hommes placés à des postes d’une influence considérable qui semblent souvent plus intéressés par l’adaptation de l’Église à la culture moderne que par la proclamation claire et sans compromis de la vérité éternelle.

 

Les fidèles ne sont pas désorientés parce que la doctrine catholique manque de clarté. La doctrine catholique est claire depuis deux mille ans. La confusion vient du fait que trop de pasteurs ne parlent plus avec la clarté indubitable que produit la Pentecôte.


Le Saint-Esprit ne se trompe pas. Le Saint-Esprit n’inspire pas de contradiction avec les Saintes Écritures ou la Tradition apostolique. Et oui, les âmes peuvent s’émousser spirituellement à la voix du Saint-Esprit.

 

Un homme plongé dans l’impureté, la mondanité, le compromis moral ou la rébellion contre l’ordre divin n’entend pas clairement. Une hiérarchie ecclésiastique obsédée par le désir de plaire au monde moderne n’entendra pas clairement non plus. L’esprit du temps étouffe l’Esprit de Dieu dans ces circonstances.

 

C’est ce à quoi nous assistons actuellement.

 

En ce moment même, les innovateurs doctrinaux sont accueillis et protégés, tandis que les catholiques fidèles, attachés à la tradition, sont soumis à une pression et à un examen minutieux constants. Les catholiques fidèles observent ce renversement et se demandent : quel esprit est à l’œuvre ici ? Car cela ne ressemble pas à la clarté intrépide née à la Pentecôte.

 

La première Pentecôte n’a pas donné lieu à des compromis avec le monde. Elle a produit des martyrs. Elle a produit des saints. Elle a produit des évêques qui ont défendu la vérité au prix de grands sacrifices personnels. Elle a produit des missionnaires qui ont converti des nations. Elle a produit des hommes qui craignaient Dieu plus que les empereurs, les foules, les gouvernements ou l’opinion publique. Et l’Église a désespérément besoin de cet esprit à nouveau aujourd’hui.

 

Pas de comités sans fin. Pas d’ambiguïté sans fin. Pas de dialogue sans fin détaché de la vérité.


L’Église a besoin d’évêques qui parlent à nouveau sans détours. L’Église a besoin de prêtres qui prêchent à nouveau la repentance. L’Église a besoin de pasteurs formés par le feu de la Pentecôte plutôt que par l’approbation du monde moderne.

 

Car le silence qui s’installe aujourd’hui au sein de l’Église n’est pas un silence sacré. C’est le silence qui s’installe lorsque trop de pasteurs cessent d’écouter le Saint-Esprit.

 

Le Saint-Esprit continue de parler. Il parle à travers les Saintes Écritures. Il parle à travers la Sainte Tradition. Il parle à travers les saints, les martyrs, les bergers fidèles qui refusent tout compromis avec l’esprit du temps. Il parle à travers les évêques prêts à se tenir presque seuls et à proclamer quand même clairement la vérité. Il parle à travers chaque prêtre qui prêche encore sans crainte la repentance, la sainteté et la fidélité à Jésus-Christ.

 

Mais notre monde est en train de devenir un monde qui ne souhaite plus écouter. Nous sommes entourés de bruit, mais affamés de vérité. Nous nous noyons dans des discussions sans fin tandis que la clarté disparaît.

 

Et de plus en plus, même au sein de l’Église, ceux qui défendent ce que les catholiques ont toujours cru sont traités comme le problème… tandis que ceux qui sèment la confusion sont protégés, promus et applaudis.

 

La Pentecôte n’a pas engendré cet esprit.


Et c’est pourquoi le silence qui s’étend aujourd’hui dans l’Église est si dangereux. Ce n’est pas le silence de la prière. C’est le silence qui s’installe lorsque les hommes cessent d’écouter le Saint-Esprit. C’est le silence qui s’abat lorsque l’esprit du monde prend le pas sur l’Esprit de Dieu.

 

Et c’est peut-être pour cela que ces paroles anciennes [ndlr : de la chanson « The Sound of Silence »] résonnent encore aujourd’hui de manière si obsédante…

 

« Et le peuple s’inclina et pria
Devant le dieu néon qu’il avait créé… »
« Et l’enseigne disait : “Les paroles des prophètes sont écrites sur les murs du métro et dans les couloirs des immeubles, et murmurées dans les sons du silence.” »

 

Que Dieu Tout-Puissant vous bénisse et vous garde fidèles à Jésus-Christ et à Sa Sainte Église, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

 

Mgr Joseph Strickland

Évêque émérite

 

 

Source

Tensions en mer Baltique : Drones errants et menaces d'escalade, le cri d'alarme d'un Général

27/05/2026

Tensions en mer Baltique : Drones errants et menaces d'escalade, le cri d'alarme d'un Général

 

 

 

Des drones ukrainiens déroutés par le brouillage russe
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les incidents qui se multiplient dans l'espace aérien de la Finlande, de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie ne sont pas des attaques directes de la Russie, mais impliquent des drones ukrainiens à longue portée.
. Initialement lancés par Kiev pour frapper l'économie de guerre russe et les infrastructures pétrolières de la région de Saint-Pétersbourg, ces appareils perdent leur trajectoire.
.
La cause de ces déviations réside dans la guerre électronique : les forces russes déploient de puissants systèmes de brouillage et de falsification de signaux GPS (spoofing) depuis l'enclave très militarisée de Kaliningrad.
. En recevant de fausses coordonnées, les drones ukrainiens perdent le contrôle et s'écrasent à l'ouest, de l'autre côté de la frontière.
.
Ces incidents collatéraux ont provoqué des crises majeures au cours du printemps 2026 :


  • Le 7 mai, un drone a explosé dans un réservoir de carburant en Lettonie
    .
    À la mi-mai, la Première ministre lettone Evika Siliņa a été contrainte de démissionner face à l'incapacité de son armée à gérer la crise
    .
    Le 19 mai, la tension est montée d'un cran lorsqu'un avion de chasse F-16 roumain de l'OTAN a dû intercepter et abattre un drone au-dessus de l'Estonie
    .


Guerre de l'information et risque d'engrenage
Politiquement, la situation est explosive. D'un côté, les pays baltes et la Finlande refusent de blâmer l'Ukraine et accusent la Russie d'être l'unique responsable par sa guerre.
. De l'autre côté, Moscou mène une campagne agressive de désinformation en menaçant directement les pays baltes et en les accusant d'autoriser l'Ukraine à utiliser leur espace aérien pour attaquer la Russie.
.
Parallèlement, certains s'inquiètent d'une manipulation allant encore plus loin. Une hypothèse soulevée est que ces incursions de drones pourraient être exploitées, voire s'apparenter à une opération sous "faux drapeau" destinée à forcer les pays européens à entrer en guerre contre la Russie, en justifiant par exemple le déclenchement de la clause de défense mutuelle de l'Union européenne (article 42-7) ou de l'article 5 de l'OTAN
.
Les vives craintes du Général Vad
C'est face à ces provocations et à cette dangereuse fuite en avant que le Général Erich Vad a pris la parole à la télévision allemande
. Selon cet expert militaire, l'escalade actuelle est préoccupante.
Il s'inquiète particulièrement du soutien technique européen apporté aux frappes ukrainiennes menées en profondeur sur le territoire russe
. Il dénonce sans concession la "politique agressive" de l'Allemagne et de l'Union européenne, affirmant : "si nous continuons ainsi, nous finirons par rentrer en guerre avec la Russie"
.
Pour le Général Vad, ce soutien créera inévitablement un "drame bientôt dans nos pays"
. Il avertit que la Russie finira par mener des frappes de représailles directement contre l'Europe, en ciblant l'Allemagne en premier lieu par des moyens conventionnels, tout en gardant la possibilité d'intensifier le conflit si elle le juge nécessaire

 

 

On ne comprend pas cet acharnement de l'Europe à titiller l'ours russe, à risquer une guerre dont elle n'a tout simplement pas les moyens, si ce n'est de faire peur aux peuples pour mieux les gouverner. 

Que Dieu éclaire nos dirigeants !

 

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26 mai : St Philippe Néri

26/05/2026

26 mai : St Philippe Néri

 

 

 

Fondateur de l’Oratoire (+ 1595) et à l'origine du genre musical de l'oratorio

 

Cinq siècles après sa naissance, son héritage demeure une référence pour l’évangélisation et l’accompagnement des jeunes. Chaque année, le 26 mai, l’Église catholique célèbre la mémoire de saint Philippe Néri, fondateur de l’Oratoire et figure majeure de la réforme catholique du XVIe siècle. Surnommé « l’apôtre de Rome », ce prêtre au tempérament joyeux et à la foi ardente demeure l’un des saints les plus populaires de l’histoire de l’Église.

 

Né à Florence en 1515, Philippe Néri quitte très jeune sa ville natale pour Rome. Il y passera l’essentiel de son existence, au point de devenir, selon une tradition largement répandue, une sorte de second patron de la Ville éternelle après saint Pierre. Dans une époque marquée par les bouleversements religieux et les défis de la Réforme protestante, il choisit une voie singulière : celle de la proximité, de la simplicité évangélique et de la joie.Avant même son ordination sacerdotale, Philippe Néri se consacre à l’accompagnement spirituel des habitants de Rome, particulièrement des jeunes. Son approche surprend. Là où certains privilégient une pastorale austère, lui met en avant la bonté, l’écoute et la convivialité. Son rayonnement attire rapidement autour de lui de nombreux disciples.

 

De cette expérience naît l’Oratoire, une communauté originale où les enseignements spirituels, la prière, le chant, les œuvres de charité et les échanges fraternels se mêlent harmonieusement. Le nom même d’« Oratoire » provient des rencontres organisées autour de lui, des moments à la fois profonds, libres et joyeux qui favorisent la croissance de la vie intérieure.Saint Philippe Néri apparaît ainsi comme une figure étonnante dans l’histoire de la sainteté. Nourri de la spiritualité des Pères du désert, il mène pourtant une vie pleinement engagée au cœur de la cité. Sa profonde vie mystique ne l’éloigne jamais des réalités humaines. Bien au contraire, elle nourrit un zèle pastoral exceptionnel.

 

Les témoignages de ses contemporains soulignent sa capacité à transmettre l’Évangile sans rigidité. Sa bonne humeur légendaire, parfois teintée d’humour et même de malice, n’était pas une simple disposition de caractère. Elle procédait d’une conviction spirituelle profonde : la vie chrétienne authentique conduit à la joie.Cette dimension explique en partie l’influence considérable qu’il exercera bien au-delà de son époque. En France, son exemple inspirera notamment le cardinal Pierre de Bérulle et le père de Condren dans la fondation de l’Oratoire de France. Plus tard, le théologien anglais John Henry Newman trouvera dans la spiritualité de Philippe Néri une référence essentielle. Même l’écrivain allemand Johann Wolfgang von Goethe, pourtant peu enclin à la dévotion, éprouvera une admiration particulière pour sa personnalité.

L’influence du saint florentin se retrouve également chez Jean Bosco, qui le considérait, avec François de Sales, comme l’un de ses modèles privilégiés pour l’éducation de la jeunesse.Au cœur de son héritage demeure un enseignement simple mais exigeant : la joie chrétienne ne se réduit pas à un optimisme superficiel. Elle trouve sa source dans la relation avec Dieu. L’une de ses paroles les plus célèbres résume cette vision :

 

« Que la joie dans le Seigneur augmente toujours. Que la joie selon le monde diminue toujours jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Je ne dis pas cela parce que, vivant en ce monde, nous ne devrions jamais nous réjouir. Mais afin que, même vivant en ce monde, nous soyons joyeux dans le Seigneur. »

 

Mort à Rome le 26 mai 1595, saint Philippe Néri laisse l’image d’un prêtre profondément attaché à la vérité de l’Évangile, mais convaincu que la sainteté peut s’exprimer avec un visage lumineux. Dans une société souvent marquée par l’inquiétude et les divisions, son témoignage rappelle que la joie authentique demeure l’un des signes les plus convaincants de la présence de Dieu dans une vie.

 

Avec Nominis

 

 

 

Pourquoi l'Europe s'éteint-elle ? Le diagnostic du Pape Léon XIV sur notre « stérilité profonde »

26/05/2026

Pourquoi l'Europe s'éteint-elle ? Le diagnostic du Pape Léon XIV sur notre « stérilité profonde »

 

 

 

C’est avec une lucidité sans concession que le Pape Léon XIV s’est adressé, le 25 mai 2026, à l’intergroupe « Démographie » du Parlement européen. Son discours, loin de s'enfermer dans une rhétorique confessionnelle, propose une autopsie métaphysique de notre modernité. Pour le souverain pontife, l’« hiver démographique » n’est pas un accident de parcours technique, mais le symptôme d'une civilisation qui, ayant égaré ses raisons de vivre, perd la force de se transmettre.


Au-delà des chiffres : Une crise de l'espérance
Le Pape Léon XIV récuse d'emblée une lecture purement comptable de la dénatalité. Réduire la démographie à une variable d'ajustement pour l'équilibre des retraites ou les besoins du marché de l'emploi est, selon lui, une erreur de perspective fondamentale. Le problème n'est pas économique, il est ontologique. La démographie est avant tout une question anthropologique, un miroir tendu à notre capacité à espérer.
Donner la vie, c'est postuler que le futur vaut la peine d'être vécu. En ce sens, la chute de la natalité agit comme un révélateur d'une défaillance de l'espérance collective. Une société qui ne génère plus de descendance est une société qui ne s'aime plus assez pour parier sur demain.


« Les données démographiques ne sont pas de simples statistiques : elles parlent de paternité, de maternité et d'enfants. Et les enfants sont l'avenir ! »


La « pandémie de la solitude » dans un monde ultra-connecté
Le diagnostic pontifical met en lumière un paradoxe cruel : notre époque, saturée par les moyens de communication, est celle d'un isolement affectif sans précédent. Léon XIV fustige cette « pandémie de la solitude » où l'abondance des connexions numériques masque une rupture tragique des liens réels.


Cette solitude est le fruit d'une rupture du pacte intergénérationnel. L’Europe semble s'être repliée sur une gestion narcissique du présent, rendant les jeunes « invisibles » dans les arbitrages politiques et culturels. Pour le Pape, la solidarité n'est pas qu'une redistribution horizontale ; elle exige un équilibre entre ceux qui ont reçu un héritage et ceux qui doivent le porter après eux. En cessant de transmettre, l'Europe se condamne à l'amnésie et, par extension, à l'extinction.


Le rejet des racines : Quand l'amnésie devient stérilité
L’analyse devient plus incisive, voire polémique, lorsque Léon XIV lie directement l’effondrement démographique à l’apostasie culturelle du continent. Il rappelle que l’Europe ne s’est pas construite sur un vide, mais sur une vision de l’homme portée par Robert Schuman, Konrad Adenauer et Alcide De Gasperi. Ces pères fondateurs puisaient dans l'inspiration chrétienne une conception de la dignité et de la famille qui servait de moteur vital au projet européen.


Pour le Pape, le terme « stérilité » ne qualifie pas seulement une absence de naissances biologiques, mais décrit un épuisement vital et spirituel. En répudiant ses racines, l'Europe a tari la source de sa propre fécondité. La dévitalisation démographique est la conséquence logique et implacable d'un épuisement du sens.


« Au cours des dernières décennies, nous pouvons constater que le rejet de l'inspiration chrétienne des pères fondateurs des institutions de l'Union européenne a conduit à une période de stérilité profonde. »


Le paradoxe des politiques familiales modernes
Devant un auditoire composé notamment du Commissaire européen chargé de la Méditerranée et de la ministre italienne de la Famille, Léon XIV a dénoncé l’hypocrisie de certaines structures contemporaines. Il pointe une contradiction majeure : des discours officiels qui se prétendent « pro-famille » alors que, dans les faits, les politiques publiques sapent les fondements mêmes du désir de foyer.


Il fustige cette schizophrénie sociétale qui exalte l'avortement comme un droit absolu tout en déplorant la dénatalité, et qui maintient une discrimination insidieuse à l'égard de la maternité. Cette incohérence entre les revendications de droits individuels et la protection de la cellule familiale crée, selon lui, un environnement hostile à l'accueil de la vie, privant les jeunes des outils culturels et matériels nécessaires pour bâtir leur avenir.


La Famille : Une école de vie plutôt qu'un modèle du passé
Face à ce déclin, la réponse du Pape n'est pas un appel à la nostalgie, mais un retour aux principes permanents. La famille est présentée comme la cellule souche de la société, le lieu où l'individu sort de lui-même pour apprendre la gratuité et la solidarité. Elle est l'antidote à l'individualisme radical.


Cette vision repose sur une architecture précise : le mariage entre un homme et une femme comme socle de stabilité, et l'application rigoureuse du principe de subsidiarité. Ce dernier est essentiel pour protéger la famille contre deux écueils : l'intervention excessive de l'État, qui cherche à se substituer aux responsabilités parentales, et l'atomisation libérale qui laisse l'individu seul face au marché. Il s'agit de redécouvrir la famille non comme un vestige du passé, mais comme l'infrastructure indispensable d'une société authentiquement humaine.


Vers un « Printemps de la famille »
Le message de Léon XIV est clair : aucune mesure technique, aucune incitation fiscale ne suffira à relancer la démographie européenne si le continent ne retrouve pas le goût de sa propre identité. La crise est civilisationnelle ; la solution doit l'être également. L'Europe doit choisir entre la gestion de son déclin et l'audace d'une renaissance.


Ce n'est qu'en replaçant la personne et la transmission au cœur de son projet que pourra advenir ce que le Pape appelle un « nouveau printemps de la famille », capable de « transformer le froid hivernal de nos populations vieillissantes ».


Au-delà du débat politique, ce diagnostic nous adresse une question brutale : une civilisation peut-elle espérer survivre si elle a perdu le désir de se voir reflétée dans les yeux d'un enfant ?
On peut voir dans la photo de groupe du chapitre St Michel de Rolleboise, la photo du levain dans la pâte, un début de réponse !

 

 

Sources : Vatican News et tribune Chrétienne

L'audace du Cénacle : quand l'Esprit Saint métamorphose l'existence

25/05/2026

L'audace du Cénacle : quand l'Esprit Saint métamorphose l'existence

 

 

 

De la crainte à l'audace : le miracle de la Pentecôte
Le contraste est saisissant entre l'attitude des apôtres avant et après la venue de l'Esprit Saint. Bien qu'ayant partagé l'intimité du Christ pendant trois ans et témoigné de sa résurrection, ces hommes demeuraient craintifs, hésitants et confinés derrière les portes verrouillées du Cénacle. L'irruption de la troisième personne de la Sainte Trinité brise leurs chaînes et les transforme instantanément en « géants » de la foi, capables d'affronter les foules et les tribunaux avec une assurance invincible. Cet Esprit de force habite en chaque baptisé depuis sa confirmation. 

 

Le drame de la vie chrétienne contemporaine réside bien souvent dans l'oubli de cette présence divine en nous, alors que la prise de conscience que notre âme est le sanctuaire de Dieu suffirait à radicalement bouleverser notre existence.


Le secret marial de la docilité spirituelle
Comment actualiser cette transformation en nous ? Si l'état de grâce est une condition indispensable, il ne suffit pas à lui seul sans une entière docilité à l'Esprit. 

 

Pour illustrer la clé de cette docilité, il nous faut dévoiler le secret partagé par tous les saints, à savoir le recours filial à la Vierge Marie. Présente au Cénacle, unie de manière unique au Saint-Esprit depuis l'Annonciation, la tradition de l'Église la désigne comme l'Épouse mystique et la médiatrice de toutes les grâces. 


Appuyons-nous sur la doctrine de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, à savoir que l'Esprit Saint descend avec une abondance particulière dans l'âme où il trouve Marie. Ainsi, l'appartenance mariale devient le moyen le plus sûr d'attirer la plénitude de la grâce sanctifiante.


Une vie spirituelle ancrée dans la grâce
Pour matérialiser cette union, une vie spirituelle active et volontaire est nécessaire. Cela se traduit par des actes concrets et quotidiens, tels que la récurrence de courtes invocations inspirées de saint Maximilien Kolbe, mais aussi et surtout par une fidélité rigoureuse aux sacrements, notamment la confession régulière et la sainte communion. C'est par cette synergie entre la dévotion mariale et la vie sacramentelle que l'âme se laisse modeler. 


Malgré les défaillances humaines et la crise apparente que traverse l'institution ecclésiale dans le siècle présent, l'Église, dans sa réalité mystique et surnaturelle, demeure inchangée et continue, grâce à la Pentecôte, de relever le monde par le rayonnement de ses fidèles sanctifiés.

 

 



En somme et pour conclure, la sainteté n'est pas un idéal hors de portée, mais le fruit d'une docilité consentie à l'Esprit Saint par l'entremise de la Vierge Marie. L'alliance intime entre l'Épouse mystique et l'Esprit divin constitue le véritable levier de notre conversion personnelle, capable de transformer nos faiblesses en une assurance invincible pour témoigner du Christ dans le monde.


 

Librement inspiré d'une prédication

 

En quoi la liturgie peut-elle être missionnaire?

24/05/2026

En quoi la liturgie peut-elle être missionnaire?

 

 

 

La liturgie doit-elle s’adapter pour toucher le cœur des gens ?

Dans le Credo, nous professons notre foi en l’Église « une, sainte, catholique et apostolique ». Plus nous nous efforçons de chercher des étincelles de vérité aux confins du monde, plus nous occultons le feu dévorant de l’Évangile. Dans le monde, il existe des milliers de cultures… Laquelle allons-nous choisir pour « adapter » la liturgie? Et pourquoi celle-là et pas une autre? Dans de nombreuses cultures, il manque le vocabulaire théologique qui peut définir correctement ce que nous exprimons dans notre foi catholique. D’autre part, il me semble que « l’expérience » malheureuse des soixante dernières années est plus éloquente que tout ce que je viens de vous dire.

 

En quoi la liturgie peut-elle être missionnaire?

La liturgie exprime ce en quoi nous croyons, comment nous croyons, en qui nous croyons et la révérence que nous Lui devons… C’est pourquoi nous ne pouvons pas prendre cela à la légère. L’une des grandes erreurs de notre temps est de croire que la « participation active » à la liturgie consiste à gesticuler avec les mains et le corps, à faire du bruit et à jouer des instruments de musique, etc. Je demanderais humblement: oseriez-vous faire cela sous la Croix, en voyant votre Maître mourir dans d’horribles souffrances? Non? Alors pourquoi pendant la Sainte Messe? Le Catéchisme de l’Église catholique nous enseigne que la messe est le même sacrifice de la Croix, offert sur nos autels… La destruction du caractère sacré de la liturgie en de nombreux endroits a été et reste la principale catastrophe de notre époque. Les premiers missionnaires, lorsqu’ils se rendaient dans des pays étrangers sans en connaître la langue, se contentaient de célébrer la Sainte Messe avec révérence, et les païens étaient attirés par ces « beaux gestes », se détournant de leurs cultes païens pour se tourner vers ce Dieu véritable qui était tant respecté par les missionnaires. La liturgie elle-même était un appel à la conversion. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui… Tous les continents, mais surtout l’Europe et l’Amérique, sont témoins de la conversion d’un nombre massif de jeunes, non pas grâce aux prédicateurs célèbres de notre temps, ni grâce à des thaumaturges, mais grâce à la liturgie traditionnelle… Personne ne peut, en toute bonne foi, le nier ! C’est le Saint-Esprit qui révèle toute la Vérité, comme l’a promis Notre-Seigneur. De nos jours, de nombreux documents du Magistère nous invitent à nous ouvrir à l’écoute de l’Esprit… Je pense que c’est le moment, plus que jamais, d’écouter ce que l’Esprit du Seigneur communique à l’Église de notre temps à travers les milliers de jeunes qui cheminent ensemble avec joie, tout en faisant d’importants sacrifices, à la recherche de la Vérité.

 

 

 

Qui sont les pèlerins de Chartres Une étude inédite dresse leur profil

23/05/2026

Qui sont les pèlerins de Chartres  Une étude inédite dresse leur profil

Une jeunesse fervente en quête de sens
Le pèlerinage de Chartres connaît un boom sans précédent depuis l'après-Covid, doublant sa fréquentation en dix ans pour atteindre 20 000 marcheurs. L'étude interne révèle une population particulièrement jeune, avec une moyenne d’âge de 22 ans. Le document de synthèse relie directement cet engouement à la hausse nationale des catéchumènes :

 

« Les deux phénomènes sont liés. Il s’agit d’une même vague générationnelle de jeunes en quête de sens, de foi et de fraternité. »

 

Cette jeunesse se caractérise par une pratique religieuse d'une rare intensité. 94 % des sondés se définissent comme des « pratiquants réguliers » et manifestent une adhésion intégrale aux dogmes, y compris les plus traditionnels. Pour les organisateurs, ces résultats valident l'efficacité de leur modèle pastoral.

 

La liturgie traditionnelle : un marqueur, pas une barrière
Si l’attachement au rite tridentin demeure l'identité forte de l'événement, l'enquête montre qu'il n'est plus la motivation première des marcheurs, se classant seulement au cinquième rang après la conversion personnelle et la fraternité. Philippe Darantière, président de l'association, tempère :

 

« Pour beaucoup, la liturgie est un acquis, donc ce n’est pas ce qu’ils mettent d’abord en avant. »

 

De fait, l'exclusivisme liturgique – souvent perçu comme problématique par l'épiscopat français – reste minoritaire (23 %). À l'inverse, un pèlerin sur cinq ne fréquente habituellement que la forme ordinaire. Pour la direction, cette diversité prouve que le rite ancien n'est pas un frein à l'universalité de la démarche.

 

Unité ecclésiale et ambition missionnaire
Face aux critiques d'un entre-soi élitiste, le pèlerinage cherche à conjuguer consolidation interne et ouverture. Un signe fort de cette volonté d’insertion ecclésiale est l’initiative de prière croisée avec le Frat (rassemblement de l'aumônerie publique), scellée lors du Congrès Mission 2025.

 

Bien que l'accueil de non-baptisés reste marginal, l'ambition à long terme dépasse le simple conservatisme pour viser une transmission visible dans une société sécularisée. Interrogé sur le but profond de cette marche face aux autres sensibilités de l'Église, Philippe Darantière conclut :

 

« Le pèlerinage a une identité, et dès lors que cette identité est respectée, il trouve toute sa place. »


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L’identité heureuse, ou une réponse au père Benoist de Sinety

21/05/2026

L’identité heureuse, ou une réponse au père Benoist de Sinety

 

 

 

Son propos souffre souvent d’une asymétrie étonnante. Lorsqu’un responsable politique évoque les racines chrétiennes de la France, on parle aussitôt de récupération ou de « taxidermie ». En revanche, lorsque le christianisme est mobilisé au service de causes migratoires, écologiques ou sociétales, qui ne sont pourtant pas dépourvues de légitimité lorsqu’elles sont véritablement discernées à la lumière de toute l’anthropologie chrétienne, cela devient spontanément l’expression authentique de l’Évangile. Comme si l’instrumentalisation n’existait que dans un sens unique.

 

Or le Christ est aussi venu annoncer la vérité, la conversion et le salut. Un christianisme qui ne parle plus que d’ouverture risque lui aussi de devenir un christianisme mutilé.

 

Benoît XVI avait diagnostiqué le problème avec davantage de profondeur : l’Occident souffre moins d’un « excès d’identité » que d’une crise de vérité et d’une fatigue spirituelle. Quand une civilisation ne sait plus ce qu’elle est, elle oscille entre dissolution molle et crispation brutale. Les phénomènes identitaires sont souvent les symptômes d’un vide préalable (parfois cultivé par un clergé progressiste pétri de bonne volonté mais dépourvu de discernement), non leur cause première.

 

Et l’on songe ici à la formule de Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Après avoir déconstruit pendant des décennies les héritages culturels, spirituels et nationaux, on découvre avec inquiétude les réactions identitaires que produit précisément ce vide. Car lorsqu’une société ne transmet plus rien avec sérénité, tout revient sous forme de crispation.

 

La même ambiguïté apparaît dans cette idée d’« évolution permanente », devenue presque un dogme sous la plume du père de Sinety. Tout devrait évoluer sans cesse : les mœurs, les peuples, les cultures, et même l’Église. Mais évoluer vers quoi ? Une boussole qui tourne constamment n’indique plus le nord ; elle ne fait qu’indiquer sa propre agitation.

 

Il est d’ailleurs intéressant de constater que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, contrairement à l’esprit plus abstrait et individualiste de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, reconnaît pleinement l’importance des appartenances concrètes, culturelles, familiales et nationales dans la construction humaine. L’identité n’y apparaît pas comme une menace en soi, mais comme une réalité dynamique et positive, appelée à s’ouvrir à l’universel sans se dissoudre dans l’indifférenciation.

 

L’Église n’a jamais eu pour mission de sanctifier chaque mutation du temps présent. Elle transmet quelque chose qui la précède pour ouvrir un chemin vers l’avenir, puis vers l’Éternité. Entre l’immobilisme et le relativisme mouvant, il existe encore la possibilité d’une fidélité vivante.

 

 

Yohann X. pour le Salon Beige

Face au vide de la société moderne, 20 000 pèlerins rejoignent Chartres à pied

21/05/2026

Face au vide de la société moderne, 20 000 pèlerins rejoignent Chartres à pied

 

 

 

Dans cet entretien, Philippe Darantière, président de Notre-Dame de Chrétienté, explique :

 

Pourquoi cette jeunesse ultra-connectée est attirée par trois jours de marche, de prière, de silence et de pénitence
Comment le pèlerinage devient une réponse au vide spirituel de la société moderne
La définition de la chrétienté et le rôle des catholiques dans la cité
La nouvelle « Route de Jérusalem » (70 km), pensée pour les familles et les personnes moins sportives
L’organisation hors norme du pèlerinage (1 300 bénévoles, 20 000 personnes en bivouac)

 

 

La statue de Notre Dame des Miracles

20/05/2026

La statue de Notre Dame des Miracles

Les raisons d'y croire
Saint-Maur est l’un des plus anciens foyers de chrétienté de la région parisienne. Le territoire de la commune a été le lieu du martyre, dans les années 280, d’un fidèle baptisé Félix et de deux de ses amis, vénérés comme « les saints de Créteil ». La date de leur mort coïncide bien avec l’arrivée en Gaule du co-empereur Maximien, grand persécuteur des chrétiens. Il est logique que l’on soit ici sur une terre de grâce.

 

En l’honneur de ces chrétiens, Clovis II élève un monastère, qui, en 868, est rebaptisé Saint-Maur, et autour duquel se développe un village. Trois cents ans plus tard, Guillaume, comte de Corbeil, après avoir mené une vie peu édifiante, malade et sentant sa fin venir, décide de faire pénitence et de se retirer dans ce monastère. Contre toute attente, la santé retrouvée de l’âme lui rendra aussi la santé du corps. En ces années 1060, grand seigneur et plein de gratitude, Guillaume décide d’offrir à la maison, en signe de reconnaissance, la plus belle statue de Notre Dame qu’il pourra se procurer. On lui recommande un certain Rumold, sculpteur de renom, peut-être religieux lui-même, qu’il embauche pour réaliser cette œuvre. La conversion et la guérison du sire de Corbeil sont attestées par des documents, comme sa volonté de faire réaliser une splendide image de la Vierge.

 

Rumold s’installe au monastère pour y travailler, et se fait livrer une pièce de bois de grande qualité. Mais, à peine a-t-il commencé à la dégrossir qu’il s’entend appeler et quitte son atelier pour aller voir ce qu’on lui veut. Il s’aperçoit vite, mécontent, qu’il n’y a personne et qu’il s’est dérangé pour rien. Il retourne à son établi et se fige, stupéfait. Quoique son absence ait duré à peine quelques minutes, il découvre, à la place de la souche qu’il y a laissée, une statue de Notre Dame si merveilleusement belle qu’il reconnaît être incapable d’en faire autant. Il n’a pas la tentation de se faire passer pour l’auteur de ce chef-d’œuvre ni de réclamer le paiement d’une commande qu’il n’a pas exécutée.

Ni Rumold, ni l’abbé, ni aucun des moines, ni l’évêque ne doutent d’une intervention céleste. Ce n’est que plus tard, vers 1970, que certains ont refusé de l’admettre.

 

Pourtant, si l’on y regarde bien, l’image est en effet surprenante. Bien qu’elle ne mesure que soixante-dix centimètres, la statue paraît plus grande. D’un peu loin, un œil distrait ne voit qu’une Vierge de l’Annonciation polychrome un peu fruste. Mais, si l’on approche, tout change. Pour commencer, l’on constate que le visage est d’une saisissante beauté, hors du monde, et qu’il a fallu du génie pour saisir cette grâce, cette douceur.

 

Mais le plus curieux est que ce visage n’est pas statique, comme chacun depuis des siècles peut s’en assurer : son expression varie sans cesse, selon la saison, l’heure, l’endroit d’où on la regarde, sans que l’on trouve de constantes liées à l’éclairage, la lumière, l’époque. En réalité, le visage de Marie change selon la personne qu’elle regarde ou les circonstances extérieures. Un matin, on la verra rayonnante de joie, un autre, au contraire, grave et attristée. Les uns seront persuadés qu’elle leur sourit tendrement, avec une ineffable douceur maternelle, d’autres la verront sévère et affligée, comme si elle leur reprochait leurs péchés, et d’autres encore trouveront la paix dans le regard d’amour et de compassion qu’elle pose sur eux. Bien entendu, les esprits forts évoquent une illusion d’optique, mais ils ne savent pas expliquer pourquoi cette illusion se révèle changeante, impossible à codifier.

 

Le fait est qu’une puissance émane de cette statue, au-delà de ses caractéristiques artistiques, et que cette puissance agit sur les pèlerins depuis près de mille ans, sans explication humaine.

 

Les moines s’aperçoivent vite qu’elle est thaumaturge puisque, le 10 juillet 1068, Rumold, le sculpteur, très malade et jugé perdu, alors qu’il prie devant elle, la voit s’animer. À la suite de cette apparition, il est instantanément guéri. Ce prodige est si parfaitement attesté que cette date du 10 juillet, qui n’est liée à aucune célébration mariale, devient celle de la fête et du pèlerinage de celle que l’on nommera désormais Notre Dame des Miracles, tant ils vont se multiplier. Le choix de cette date ne se justifie que par la commémoration d’un événement important. L’hypothèse du mensonge est difficile à soutenir tant il aurait semblé sacrilège et scandaleux à l’époque, et passible de la damnation.

 

Presque tous les rois de France, ainsi que tous les papes qui passeront à Paris, viendront la prier, ainsi que de nombreux saints. Une pareille affluence sur une si longue période ne s’explique que par la réalité et la continuation des grâces obtenues.

L’empereur germanique Charles IV, venu demander sa guérison et l’ayant obtenue, étendra outre-Rhin la dévotion à Notre Dame des Miracles.

Si l’abbatiale est détruite pendant la Révolution, la statue est sauvée par les fidèles qui, en 1802, la transportent dans l’église Saint-Nicolas. Un tel attachement, et les risques mortels encourus pour la sauver, témoignent de grâces spéciales.

En 1870, pendant le siège de Paris, alors que toute la zone est pilonnée par l’artillerie allemande, la commune de Saint-Maur-des-Fossés, contre toute raison, est épargnée par les bombardements après s’être vouée à Notre Dame des Miracles, désormais invoquée contre les maux de la guerre.

 

En 1907, un restaurateur d’œuvres d’art, monsieur Rouvé, en proie à de gros ennuis d’argent et de santé, se voit confier le soin de repeindre la statue. Il y met tout son cœur. À la fin du travail, il est guéri et les commandes affluent. Ses soucis ne reviendront pas. Persuadé d’avoir été secouru puissamment, il fait une copie de la statue et l’offre à l’église corrézienne de Masseret, village d’où il est originaire.

Les nombreux ex-voto fixés derrière la statue, dans l’église Saint-Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés, témoignent du pouvoir d’intercession de la Vierge et des nombreuses prières auxquelles elle a répondu en ce lieu.

 


En savoir plus
Clovis II élève un monastère sur la tombe des martyrs de Créteil. Son premier abbé, Babolin, sera porté sur les autels. En 868, fuyant les Vikings, arrivent quelques bénédictins angevins du monastère de Glanfeuil, porteurs des reliques de leur fondateur, le saint abbé Maur, que l’on va confondre avec le disciple de saint Benoît. Protégé par le roi Charles le Chauve, un pèlerinage naît à Saint-Maur et se développe en même temps que le village. Le monastère sera le site de l’apparition de la prodigieuse statue de Notre Dame des Miracles, dont la dévotion fera oublier celle du moine.

 

Philippe Auguste puis Saint Louis, son petit-fils, y viennent et l’enrichissent. Les bénédictins cèdent la place aux chanoines de Saint-Augustin. Au début du XVIIe siècle, une confrérie de Notre-Dame-des-Miracles est fondée par messieurs de Condren et Olier, pour aider à la mise en œuvre de la contre-réforme en France. Membres de la confrérie, saint Vincent de Paul et saint François de Sales ont prié devant cette image.

La Révolution confisque les biens de l’Église et contraint les chanoines à s’en aller. Ils ont, en 1792, le temps de mettre la statue de Notre Dame des Miracles en sécurité avant la destruction de l’abbaye, transférée dans l’église paroissiale Saint-Nicolas. Lors du Concordat, Pie VII encourage le rétablissement de son culte et renouvelle les indulgences données par ses prédécesseurs. Le pèlerinage reprend de plus belle.

Mais, en 1969, le curé de Saint-Maur met fin sans concertation ni explication au pèlerinage et relègue la statue dans un coin de l’église. Au lendemain de Vatican II, certains réfutent l’existence des anges et le droit de Dieu d’opérer quand il le veut et où il le veut des prodiges… Officiellement, la dévotion n’existe plus, mais quelques paroissiens la maintiennent, s’obstinant à venir dire leur chapelet devant la statue. En 1988, un couple ose réclamer le rétablissement du pèlerinage à l’évêque, qui l’accorde. Ce revirement est inespéré. Notre Dame des Miracles ressurgit, et sa fête est déplacée au samedi le plus proche du 8 décembre. Culte et pèlerinage renaissent ; l’on signale des guérisons lors du pèlerinage des familles en 2002.

 

Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.

 

 

Aller plus loin

Jean-Emmanuel Drochon, Histoire illustrée des pèlerinages français de la Très Sainte Vierge, Plon, 1890.

 

 

Source : 1000 raisons de croire

Et si nous offrions vraiment 5 millions de roses à la Sainte Vierge ?

19/05/2026

Et si nous offrions vraiment 5 millions de roses à la Sainte Vierge ?

 

 

 

Chaque dizaine récitée devient une rose spirituelle. Une rose invisible peut-être, mais offerte avec foi à celle que l’Église appelle depuis des siècles la Reine du Rosaire.

Dans toutes ses grandes apparitions modernes, de celle de Notre-Dame de Fatima à celle de Notre-Dame de Lourdes, la Sainte Vierge a demandé la même chose : prier le chapelet.

Le génie de Rosario est d’avoir remis au goût du jour le “Rosaire vivant” de Pauline Jaricot : une immense chaîne de prière où chacun porte une petite part du rosaire quotidien. Une manière simple de faire entrer la prière mariale dans les rythmes ordinaires de la vie.

À l’heure où tant d’applications captent notre attention pour nous disperser, voir un outil numérique devenir un support de prière et de communion mérite d’être souligné. Plusieurs paroisses françaises ont déjà rejoint l’initiative, preuve qu’il existe encore une véritable soif spirituelle dans notre pays.

Le défi est ambitieux : atteindre cinq millions de roses avant le 31 mai. Mais au fond, l’essentiel n’est peut-être pas le chiffre. L’essentiel est que des milliers de personnes prennent ou reprennent leur chapelet.

Et si le vrai miracle du mois de Marie était simplement celui-là ?

 

Pour rejoindre l’opération :
Participer aux 5 millions de roses pour Marie

 

 

 

Unesco/Vatican : un match à suivre en septembre

19/05/2026

Unesco/Vatican : un match à suivre en septembre

 

 

 

D'un côté, l'UNESCO a érigé l'égalité de genre en « priorité mondiale » à travers sa stratégie 2019-2025.
. L'organisation souhaite transformer en profondeur les systèmes éducatifs, les programmes scolaires et les représentations culturelles pour lutter contre les stéréotypes de genre.
. Elle promeut également une éducation sexuelle dite « complète », abordant les orientations sexuelles, les identités de genre et les droits reproductifs, avec une approche centrée sur l'autonomie individuelle et la diversité des identités.
.
De l'autre, l'Église catholique perçoit ces orientations comme un problème anthropologique majeur.
. Bien que le Vatican soutienne fermement l'accès des filles à l'éducation et l'égale dignité des sexes, il rejette catégoriquement la séparation entre l'identité sexuelle et la réalité biologique.
. La doctrine catholique défend la différence naturelle et complémentaire de l'homme et de la femme, ainsi qu'une vision intégrale de la personne humaine fondée sur la famille et le mariage.
. L'Église dénonce l'imposition de cette « idéologie du genre » à travers des programmes internationaux, qualifiant cette démarche de « colonisation idéologique »
. L'institution rappelle également que les parents doivent demeurer les premiers responsables de l'éducation morale et affective de leurs enfants.
.
Les catholiques s'inquiètent particulièrement de la volonté de l'UNESCO d'harmoniser ces politiques publiques liées au genre dans ses 193 pays membres à l'aide de tableaux de suivi, craignant que l'école ne devienne un outil de redéfinition radicale de l'être humain et de la société, déconnecté de toute référence morale ou spirituelle.
.
En conclusion, malgré un engagement commun persistant dans des domaines comme la protection du patrimoine ou la promotion de la paix, l'UNESCO et le Vatican traversent un profond désaccord sur la nature de la personne humaine.
. Dans ce contexte, l'intervention du pape Léon XIV à Paris sera particulièrement scrutée pour savoir s'il saisira cette tribune internationale afin de réaffirmer publiquement les limites infranchissables fixées par l'Église face aux nouvelles normes sociétales mondialisées.

 


Il va en falloir du courage à notre pape, qui doit sans cesse affronter les ennemis de l'Église, de l'extérieur ... comme de l'intérieur !

 

 

SMR

La conversion de Paul Claudel : un grand poète bouleversé pour la vie (1886)

16/05/2026

La conversion de Paul Claudel : un grand poète bouleversé pour la vie (1886)

 

 

 

Les raisons d'y croire


Enfant, Paul Claudel a été élevé dans un milieu de tradition catholique. Mais, en 1886, il ne pratique pas du tout, n’a aucun ami catholique, ne connaît aucun prêtre, n’a jamais fréquenté de mouvement de jeunesse catholique et fait preuve d’une grande ignorance quant au christianisme… Plus encore : il est franchement agnostique, ne connaissant de Jésus que ce qu’en dit Ernest Renan – auteur qu’il goûte à cette époque, et qui lui fournit alors des arguments en faveur de son incroyance.

 

En quelques minutes, il passe d’un agnosticisme affiché (« J’ignorais même qu’il [Jésus] se fut jamais dit Fils de Dieu » et « J’étais alors aussi ignorant de ma religion qu’on peut l’être du bouddhisme ») à une confession chrétienne (« Je l’avouais avec le centurion, lui, Jésus, était le Fils de Dieu. C’est à moi, Paul, entre tous, qu’il s’adressait et promettait son amour… »). La psychologie est incapable de rendre compte de ce phénomène.

 

Après sa conversion, sa vie change concrètement en tous points : il se plonge dans la Bible, dévore des auteurs chrétiens inconnus jusqu’ici, lit Bossuet, Pascal ainsi que les visions de la bienheureuse Anne Catherine Emmerick. Il pratique sa foi (« Je passais tous mes dimanches à Notre-Dame ») et adore la liturgie (« Chaque mouvement du prêtre s’inscrivait profondément dans mon esprit et dans mon cœur. »)

La conversion de Claudel est donc non seulement subite et imprévisible, mais également définitive : il restera un fervent catholique jusqu’à son dernier souffle.

 

Bien qu’il n’ait eu aucune vision ni locution, le récit qu’il fait de sa conversion est en tous points analogue à celui d’autres grands convertis (Ratisbonne, Frossard , etc.) : il ne s’agit pas d’une idée, d’un pur raisonnement intellectuel, ni moins encore de la reviviscence d’un passé lointain, mais d’une rencontre extraordinaire avec une personne, Jésus.

 

Les fruits de sa conversion sont extrêmement abondants et variés : il consacre les 4 000 pages de son œuvre littéraire à la fois à Jésus, à Marie, et à la quête spirituelle des hommes. Xavier Tilliette disait de lui qu’il était « le plus grand poète catholique depuis Dante ».

 

Selon ses propres mots, sa conversion est aussi un bouleversement philosophique qui lui permet de s’évader du « bagne matérialiste » dans lequel il évoluait alors avec insouciance : il prend subitement ses distances avec l’athéisme, le naturalisme et le positivisme. Jusqu’au 25 décembre 1886, sa vision du monde est fille de l’épistémologie néokantienne : un enchaînement d’effets et de causes. En quelques secondes, son esprit s’ouvre, contre toute attente et sans sa volonté propre, à la transcendance.

 

Paul Claudel n’a jamais été un homme farceur, et encore moins crédule : il remplit des fonctions diplomatiques de très haut niveau (il est ambassadeur de France à trois reprises), élu à l’Académie française et fait docteur honoris causa de l’université de Laval. Claudel n’a rien d’un illuminé ou d’un déséquilibré : toute sa vie artistique et diplomatique en témoigne.

 

Tout au long de sa carrière littéraire, il a à cœur de convertir les personnes qui l’entourent, notamment nombre d’intellectuels, comme André Suarès ou André Gide.

 

Authentiquement désireux de servir Dieu, il songe à devenir prêtre, et fait même une tentative de vie monastique. Il devient oblat de l’abbaye bénédictine de Ligugé.

 

A priori, Paul Claudel n’avait aucun intérêt à se convertir, à quelque niveau que ce soit : entourage athée, milieu littéraire éloigné de la foi ou carrément positiviste, milieu professionnel marqué du sceau de l’anticléricalisme du début de la IIIe République, etc.

 

En savoir plus


Paul Claudel naît en 1868 dans le village de Villeneuve-sur-Fère (France, Aisne). Sa famille est bien implantée dans la région et jouit d’une bonne réputation. Les revenus financiers, sans être importants, permettent aux Claudel de vivre très correctement. La fratrie est de tradition catholique, mais ne pratique pas beaucoup. Devenu adolescent, Claudel ne se souviendra guère de son catéchisme et moins encore de l’enseignement de l’Église, faute de l’avoir jamais vraiment connu. Après sa première communion, et surtout après le déménagement de sa famille à Paris, Paul glisse lentement de l’indifférence religieuse à un athéisme affirmé.

 

Ses années de lycéen à Louis-le-Grand n’arrangent rien. Ses camarades et ses professeurs n’ont d’yeux que pour la science et le matérialisme. Il se passionne pour Aristote, lit Zola, et il est reçu au concours du corps diplomatique de l’École libre des sciences politiques de Paris : sa carrière de diplomate peut commencer. Le jeune homme de dix-huit ans pense comme son époque : les sciences expliqueront bientôt tout. Après sa famille « nettement étrangère aux choses de la foi », la société de pensée dans laquelle le futur académicien évolue avant décembre 1886 se méfie publiquement du clergé.

 

Le 25 décembre 1886, il se rend à la messe de minuit à la cathédrale Notre-Dame. Il ne recherche rien de particulier : il s’y rend non pour prier, mais pour recevoir un « excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents ». Il s’ennuie et traverse une période de questionnement sur sa vocation diplomatique, car il a commencé à écrire et envisage de consacrer sa vie aux lettres. La cérémonie lui semble longue et il se demande ce qu’il est venu faire là. Debout, « près du deuxième pilier, à droite, du côté de la sacristie », il compte les minutes le séparant de la fin de l’office. Il tend à peine l’oreille quand les enfants de la maîtrise vocale entonnent le Magnificat ; à cet instant, il ignore complètement cette prière.

 

Puis, subitement,le temps est suspendu. Son passé, sa vision du monde, ses idées, ses présupposés, sa conception de la vie et de la mort, son matérialisme et ses doutes, tout, absolument tout disparaît en lui, comme un cauchemar au réveil. Jésus vient de convertir son être : « En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus d’une telle force d’adhésion que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée n’ont pu ébranler ma foi, ni à vrai dire la toucher. »

 

Paul, à 2 000 ans d’intervalle, vient de vivre ce que vécut l’apôtre saint Thomas. « Un Être nouveau et formidable (...) s’était révélé que je ne savais concilier avec rien de ce qui m’entourait. » Rien n’est en mesure d’expliquer cette conversion dans une perspective scientifique. Psychologie, psychiatrie et psychanalyse ont proposé des pistes, mais aucune d’elles ne rend compte de la puissance et de la portée de ce phénomène : en quelques minutes, Claudel est devenu un des plus grands auteurs chrétiens en devenir alors que rien ni personne ne le destinait à cette existence.

 

Élu au fauteuil n° 13 de l’Académie française, Paul Claudel achève sa vie avec les honneurs dus à son talent. Jusqu’au bout, il a proclamé sa foi, y compris dans des circonstances difficiles, passant notamment, sous l’Occupation, d’une attitude conciliante envers le maréchal Pétain à un sentiment d’effroi et de révolte qu’il fait publiquement connaître après les premières exactions antisémites, en décembre 1941. Homme de foi, homme de lettres, Paul Claudel est aussi un serviteur de la charité qui, sous sa plume, et dans la parole de l’Église, est l’autre nom de Jésus.

 

Patrick Sbalchiero

 

 

 

 

Au delà
Aucune œuvre littéraire de Claudel ne passe la foi sous silence, et il met son talent d’écrivain au service de Jésus, pensant que l’art est un don de Dieu.

 

Aller plus loin

 

François Angelier, Claudel ou la conversion sauvage, Paris, Salvator, 1998.

 

 

En complément

Émile Rideau, « La conversion de Paul Claudel. Notes théologiques », Nouvelle Revue Théologique, n° 4, 1955, p. 359-371.

Dominique Millet-Gérard, Paul Claudel et les Pères de l’Église, Paris, Honoré Champion, 2016.

Claude Pérez, PaulClaudel : « Je suis le contradictoire ». Biographie, Paris, Le Cerf, 2021.

 

 

Source : 1000 raisons de croire, reproduit avec son aimable autorisation

Le cardinal Eijk dénonce un rapport synodal qui « compromet gravement l’enseignement catholique »

15/05/2026

Le cardinal Eijk dénonce un rapport synodal qui « compromet gravement l’enseignement catholique »

 

 

 

Le cardinal Eijk exprime d'emblée son inquiétude face à la méthodologie adoptée par les auteurs du rapport. Bien que ces derniers reconnaissent ne pas avoir l'autorité pour modifier la doctrine, l'archevêque d'Utrecht estime que la structure même du texte est en contradiction fondamentale avec l’enseignement catholique et compromet gravement la capacité de l'Église à proclamer et appliquer ses principes moraux fondamentaux.


L'un des points de discorde majeurs réside dans la présentation de témoignages de personnes homosexuelles sans aucun commentaire doctrinal correctif. Pour le cardinal, cette absence de clarification théologique revient à normaliser de fait ces relations au sein du contexte ecclésiastique, créant ainsi une ambiguïté qu'il qualifie de dangereuse.


L'archevêque réfute notamment l'affirmation d'un témoin selon laquelle le péché résiderait dans le manque de foi plutôt que dans l'acte homosexuel lui-même. Il rappelle que, selon le dogme catholique, les actes homosexuels sont intrinsèquement mauvais et que le manque de foi ne saurait occulter la nature intrinsèque du péché lié à l'acte.


De plus, le prélat regrette la perception négative véhiculée par le rapport à l'égard de l'organisation Courage International, qui promeut la chasteté en conformité avec l'Église. Le document valide plutôt des approches pastorales qui soutiennent et approuvent les unions de personnes de même sexe, ce qui affaiblit la cohérence de l'enseignement moral.


Sur le plan méthodologique, le cardinal dénonce la subordination de la vérité objective au profit d'un « processus synodal » centré sur l'expérience vécue. Les auteurs du rapport rejettent l'application déductive de principes immuables, prônant à la place une tension constante entre la doctrine officielle et les pratiques concrètes de la vie.


L'analyse du cardinal met également en lumière ce qu'il considère comme une mauvaise interprétation des Écritures, en particulier la formule de Jésus sur le sabbat. Contrairement aux lois liturgiques juives qui relevaient du droit positif et ont été abolies, les normes sur le mariage découlent de la loi naturelle, universelle et sans exception.


Le mariage est défini par l'Église comme un don réciproque entre un homme et une femme, structurellement ouvert à la transmission de la vie. Le cardinal souligne que les relations homosexuelles, étant fermées par nature à cette transmission, contreviennent aux desseins créateurs de Dieu et ne peuvent donc pas bénéficier d'exceptions morales.


Le rapport est enfin accusé de raviver une dérive théologique datant des années 1960, qui oppose la vérité doctrinale abstraite à la vérité existentielle sous prétexte de pastorale. S'appuyant sur l'encyclique Veritatis Splendor de Jean-Paul II, le cardinal réaffirme que la véritable charité pastorale consiste à guider les fidèles vers la vérité morale absolue, sans chercher de compromis ou de relativisme culturel.
En conclusion, le cardinal Eijk appelle à une réfutation ferme de ce document synodal qui menace d'étendre son relativisme à d'autres domaines comme la protection de la vie. Il assure que plusieurs cardinaux et évêques ont l'intention de soumettre formellement leurs objections au Magistère romain afin de préserver l'intégrité de l'enseignement traditionnel.

 

Et pendant ce temps, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est menacée d’être déclarée schismatique… Cette réflexion n’est pas un coup de colère, juste celle du “fidèle du bout du banc” qui cherche à comprendre.
 
Kyrie eleison !

PO

 

 

Le cardinal Willem Eijk est l'archevêque d'Utrecht, aux Pays-Bas. Ancien médecin, il est membre de l'Académie pontificale pour la vie depuis 2004. Il est l'auteur de l'ouvrage « Le lien de l'amour : l'enseignement catholique sur le mariage et l'éthique sexuelle » , paru en 2025 aux éditions Emmaüs Academic. 

Le Ciel pour horizon : l’appel urgent à la mission

14/05/2026

Le Ciel pour horizon :  l’appel urgent à la mission

 

 

 

Au seuil de son Ascension, le Christ nous a laissé bien plus qu'un souvenir : il nous a confié une promesse et un mandat. Les mots de l'Évangile de Marc ne souffrent aucune ambiguïté. « Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute créature. » Cette injonction n'est pas réservée à une élite cléricale ; elle est le battement de cœur de chaque baptisé. Pourtant, dans le tumulte d'un monde moderne qui prône l'indifférence et le relativisme, nous oublions parfois la splendeur de cet appel.

 

Dire que toutes les religions se valent est, au-delà du mensonge, un confort trompeur qui anesthésie notre zèle. La vérité est plus exigeante et infiniment plus belle : il n'y a qu'un seul Sauveur, une seule Croix et une seule grâce capable de transformer nos trajectoires humaines. Le baptême n'est pas un simple rite social, c'est la porte du Ciel, l'entrée dans une vie surnaturelle.

Les apôtres, dépourvus d'armées ou de richesses, ont conquis les cœurs par la seule force de leur foi inébranlable. Ils savaient que le monde a un besoin vital de Jésus-Christ.

 

Aujourd'hui, notre témoignage est notre plus grande force. Être un vrai chrétien, ce n'est pas seulement porter un titre, c'est rayonner d'une présence. Le monde a soif de catholiques fervents qui ne se contentent pas de traverser l'existence, mais qui osent défendre la vérité avec douceur. Trop souvent, nous vivons comme si cette terre était notre demeure définitive, nous perdant dans des tiédeurs confortables ou des plaisirs éphémères.

 

« Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. »

 

Cette parole de miséricorde est un avertissement salutaire. Le zèle pour le salut des âmes naît de notre propre conversion quotidienne. En ce mois de Marie, tournons nos regards vers celle qui nous aide à recentrer nos vies. Ne laissons pas notre foi se diluer dans le confort. Regardons vers le Ciel pour redonner son sens profond à notre passage sur terre. En transmettant cette espérance à nos proches, nous répondons enfin à l'amour fou de Celui qui a versé son sang pour nous ouvrir l'éternité.

 

 

Vigile de l’Ascension de Notre Seigneur

13/05/2026

Vigile de l’Ascension de Notre Seigneur




À ce moment, les disciples sont tous rassemblés à Jérusalem. Groupés autour de Marie dans le Cénacle, ils attendent l’heure à laquelle leur Maître doit se manifester à eux pour la dernière fois. Recueillis et silencieux, ils repassent dans leurs cœurs les divines marques de bonté et de condescendance qu’il leur a prodiguées durant ces quarante jours, et les solennels enseignements qu’ils ont reçus de sa bouche. C’est maintenant qu’ils le connaissent, qu’ils savent qu’il est sorti de Dieu ; quant à ce qui les concerne, ils ont appris de lui la mission à laquelle il les a destinés : ce sera d’enseigner, eux ignorants, les peuples de la terre ; mais, ô regret inconsolable ! Il s’apprête à les quitter ; « Encore un peu de temps, et ils ne le verront plus . »

 

Par un touchant contraste avec leurs tristes pensées, la nature entière semble s’être mise en devoir d’offrir à son auteur le plus splendide triomphe ; car ce départ doit être un départ triomphant. La terre s’est parée des prémices de sa fécondité, la verdure des campagnes le dispute à l’émeraude, les fleurs embaument l’air de leurs parfums, sous le feuillage des arbres les fruits se hâtent de mûrir, et les moissons grandissent de toutes parts. Tant d’heureux dons sont dus à l’influence de l’astre qui brille au ciel pour vivifier la terre, et qui a reçu le noble privilège de figurer par son royal éclat, et dans ses phases successives, le passage de l’Emmanuel au milieu de nous.

 

Rappelons-nous ces jours sombres du solstice d’hiver, où son disque pâle, tardif vainqueur des ténèbres, ne montait dans le ciel que pour y parcourir une étroite carrière, dispensant la lumière avec mesure, et n’envoyant à la terre aucun rayon assez ardent pour résoudre la constriction qui tenait glacée toute sa surface. Tel se leva, comme un astre timide, notre divin Soleil, dissipant à peine les ombres autour de lui, tempérant son éclat, afin que les regards des hommes n’en fussent pas éblouis. Comme le soleil matériel, il élargit peu à peu sa carrière ; mais des nuages vinrent souvent dissimuler son progrès. Le séjour en la terre d’Égypte, la vie obscure de Nazareth, dérobèrent sa marche aux yeux des hommes ; mais l’heure étant venue où il devait laisser poindre les rayons de sa gloire, il brilla d’un souverain éclat sur la Galilée et sur la Judée, lorsqu’il se mit à parler « comme ayant puissance » , lorsque ses œuvres rendirent témoignage de lui , et que l’on entendit la voix des peuples qui faisait retentir « Hosannah au fils de David ».

 

Il allait atteindre à son zénith, quand tout à coup l’éclipse momentanée de sa passion et de sa mort persuada pour quelques heures à ses ennemis jaloux que leur malice avait suffi pour éteindre à jamais sa lumière importune à leur orgueil. Vain espoir ! Notre divin Soleil échappait dès le troisième jour à cette dernière épreuve ; et il plane maintenant au sommet des cieux, versant sa lumière sur tous les êtres qu’il a créés, mais nous avertissant que sa carrière est achevée. Car il ne saurait descendre ; pour lui, pas de couchant ; là s’arrête son rapport avec l’humble flambeau qui éclaire nos yeux mortels. C’est du haut du ciel qu’il brille désormais, et pour toujours, ainsi que l’avait annoncé Zacharie, lors de la naissance de Jean  ; et comme l’avait prédit encore auparavant le sublime Psalmiste, en disant : « Il a fourni sa carrière comme un géant, il est arrivé au sommet des cieux, d’où il était parti, et nul ne peut se soustraire à l’action de sa puissante chaleur » .

 

Cette Ascension, qui établit l’Homme-Dieu centre de lumière pour les siècles des siècles, il en a fixé le moment précis à l’un des jours du mois que les hommes appellent Mai, et qui révèle dans son plus riant éclat l’œuvre que ce Verbe divin trouva belle lui-même, au jour où, l’ayant fait sortir du néant, il la disposa avec tant de complaisance. Heureux mois, non plus triste et sombre comme Décembre, qui vit les joies modestes de Bethléhem, non plus sévère et lugubre comme Mars, témoin du Sacrifice sanglant de l’Agneau sur la croix, mais radieux, épanoui, surabondant de vie et digne d’être offert, chaque année, en hommage à Marie, Mère de Dieu ; car c’est le mois du triomphe de son fils.

 

O Jésus, notre créateur et notre frère, nous vous avons suivi des yeux et du cœur depuis le moment de votre aurore ; nous avons célébré, dans la sainte liturgie, chacun de vos pas de géant par une solennité spéciale ; mais en vous voyant monter ainsi toujours, nous devions prévoir le moment où vous iriez prendre possession de la seule place qui vous convienne, du trône sublime où vous serez assis éternellement à la droite du Père. L’éclat qui vous entoure depuis votre résurrection n’est pas de ce monde ; vous ne pouvez plus demeurer avec nous ; vous n’êtes resté durant ces quarante jours, que pour la consolidation de votre œuvre ; et demain, la terre qui vous possédait depuis trente-trois années sera veuve de vous. Avec Marie votre mère, avec vos disciples soumis, avec Madeleine et ses compagnes, nous nous réjouissons du triomphe qui vous attend ; mais à la veille de vous perdre, permettez à nos cœurs aussi de ressentir la tristesse ; car vous étiez l’Emmanuel, le Dieu avec nous, et vous allez être désormais l’astre divin qui planera sur nous ; et nous ne pourrons plus « vous voir, ni vous entendre, ni vous toucher de nos mains, ô Verbe de vie ! » . Nous n’en disons pas moins : Gloire et amour soient à vous ! Car vous nous avez traités avec une miséricorde infinie. Vous ne nous deviez rien, nous étions indignes d’attirer vos regards, et vous êtes descendu sur cette terre souillée par le péché ; vous avez habité parmi nous, vous avez payé notre rançon de votre sang, vous avez rétabli la paix entre Dieu et les hommes. Oui, il est juste maintenant que « vous retourniez à celui qui vous a envoyé » . Nous entendons la voix de votre Église, de votre Épouse chérie qui accepte son exil, et qui ne pense qu’à votre gloire : « Fuis donc, ô mon bien-aimé, vous dit-elle ; fuis avec la rapidité du chevreuil et du faon de la biche, jusqu’à ces montagnes où les fleurs du ciel exhalent leurs parfums » . Pourrions-nous, pécheurs que nous sommes ne pas imiter la résignation de celle qui est à la fois votre Épouse et notre mère ?