Le blog du Temps de l'Immaculée.

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Pendant les camps et les grandes vacances : Savoir se reposer ou se fatiguer … pour Dieu ?

06/07/2026

Pendant les camps et les grandes vacances : Savoir se reposer ou se fatiguer … pour Dieu ?

« L’homme qui ne se repose pas fatigue les autres ! », rappelle sagement Michel Menu à l’attention des scouts trop activistes pendant le camp. Notre Seigneur et Chef Jésus-Christ le recommande Lui-même à ses “patrouillards” apôtres : « Venez à l’écart dans un endroit désert, reposez-vous un peu » (Mc 6, 31). Tout est dans le « un peu » . Savoir s’arrêter, faire une pause, mettre une limite à son travail nécessaire, aussi noble soit-il, pour ne pas en devenir l’esclave. Le repos est une part de l’action elle-même, comme les vacances dans une année scolaire ou la sieste dans une journée de camp. Il n’est pas l’inactivité mais le fait de pouvoir demeurer dans sa mission, dans sa finalité. Condition de l’équilibre intérieur et extérieur, vis-à-vis de soi et des autres. Encore faut-il en user avec modération et tempérance pour ne pas en faire un terrain d’exercice pour le démon, l’oisiveté prolongée devenant, comme chacun sait, la mère de tous les vices.

Il ne s’agit pas de faire l’éloge du repos pour lui-même comme un “droit à la paresse”, selon la mauvaise revendication de Paul Lafargue (secrétaire de Karl Marx dont il épousa la fille !). Il s’agit de faire du repos un juste abandon physique et spirituel. Car l’homme ne vit pas seulement de pain ou de travail. Et son âme comme son corps ont besoin d’un temps alterné, d’un rythme mesuré inscrits dès la Genèse et dans le livre de l’Exode (20, 8-11) :

« Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. »


Jésus Lui-même ne s’endort-il pas lors de la traversée du lac de Tibériade ? Dans l’incompréhension de ses disciples qui le réveillent, alors que la tempête s’est soudainement levée et les menace : — Pourquoi avez-vous peur hommes de peu de foi ? (Mt , 26). En revanche Il leur reproche de s’être assoupis à l’heure de son agonie au jardin des Oliviers : — Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi ? (Mt 26, 40). C’est qu’il y a clairement un temps pour tout, comme dit l’Écriture, un temps pour veiller ou agir et un temps pour se reposer, dormir “un peu” : — Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer (Mc 14, 41). Le sabbat étant pour l’homme et non l’homme pour le sabbat, comme l’enseigne le Christ, celui qui aime véritablement assume ces différents moments comme il faut, au moment opportun ; il ne s’endort jamais totalement : — J’étais endormi mais mon cœur veillait (Cantique des cantiques 5, 2)… (1)

Il y a cependant la force ascétique de certains saints qui non seulement ne récusent jamais le labeur – comme saint Martin même à l’heure de sa vieillesse – mais « travaillent sans chercher le repos », comme le demande saint Ignace dans sa célèbre prière qui est devenue celle des scouts. Ce qui n’est certes pas donné à tout le monde. On sait comment le cardinal Ratzinger s’effraya du régime que s’imposait saint Jean-Paul II lors de son premier voyage apostolique en Allemagne :

« Je me suis dit : c’est impossible. Il faut lui ménager un peu de repos. J’avais alors imposé une large pause à midi. Nous occupions un bel appartement au palais. Il venait de monter quand il m’a appelé pour me demander de le rejoindre rapidement. Quand je suis arrivé, je l’ai trouvé en train de lire son bréviaire. “Saint-Père, ai-je dit, il faut vous reposer ! – J’aurai toute l’éternité pour me reposer”, m’a-t-il répondu. Ça me paraît tout à fait typique de lui. J’aurai toute l’éternité pour me reposer. Dans le présent, il ne savait pas s’arrêter. » (Derniers entretiens avec Peter Seewald).


Saint Paul, dans son épître aux Romains (8, 18-23), nous donne la clef de ce ressort surnaturel :

« Frères, les souffrances de cette terre sont, à mon avis, sans proportion avec la gloire qui nous sera révélée un jour… Nous aussi, qui avons commencé de posséder l’Esprit, nous gémissons au plus profond de nous-mêmes ; nous attendons que notre adoption de fils de Dieu obtienne son plein effet, et que notre corps lui-même soit racheté, dans le Christ notre Seigneur. »


Jour du Seigneur et objet du troisième commandement divin, le dimanche (chrétien), en plus du sabbat (juif), n’est plus seulement le septième (dernier) jour de la Création : il est le premier jour de la nouvelle Création offerte par le Rédempteur. Premier jour de la semaine, c’est aussi le “huitième jour”, le jour de la recréation (gage de la transfiguration finale de toute la réalité créée), dans lequel il nous est proposé d’anticiper, de gouter “un peu” quelque chose de ce repos-là à travers même “les travaux et les jours” de l’Église militante… Se dépenser en faisant la volonté du Seigneur fait alors déjà partie en quelque sorte de la récompense céleste : le saint ne se lasse pratiquement plus de l’effort et de la grâce du don (1) !

Reste que le commun des mortels, s’il ne connaîtra le vrai repos qu’en Dieu seul (Ps 61, 1) dans la paix de l’éternité, a besoin d’un fréquent et salutaire répit physique et spirituel en ce monde (2) pour faire face à sa fatigue naturelle et ainsi repartir sur sa route terrestre laborieuse. Se (re)donner de plus belle en vue de cette fin attendue : « Notre cœur est sans repos tant qu’il demeure loin de Toi » (saint Augustin). D’où l’éloge célèbre du sommeil que fait Péguy : « C’est le grand secret d’être infatigable comme un enfant… comme l’enfant se couche innocent dans les bras de sa mère… » Le remède à la fatigue du corps et de l’âme, c’est le repos dans le sommeil, la détente, le rêve et le jeu : l’abandon ! Saint Thomas d’Aquin louait pour sa part, dans l’ancienne et joyeuse vertu grecque d’eutrapélie (3), cette capacité de détente spirituelle légitime après l’effort, qui empêche de se rompre à l’image de l’arc trop longtemps tendu :

« Le repos de l’esprit, c’est le plaisir. C’est pourquoi il faut remédier à la fatigue de l’esprit en s’accordant quelque plaisir. L’esprit de l’homme se briserait s’il ne se relâchait jamais de son application. Cela s’appelle divertissements ou récréations, le jeu, les plaisanteries. Il est donc nécessaire d’en user de temps à autre pour donner à l’esprit un certain repos. »


Néanmoins, l’homme peut connaître aussi plusieurs sortes de fatigues, volontaires ou involontaires : celles à accepter, voire à rechercher, et celles qu’il faut éviter le plus possible. Celles qu’on appelle les saines fatigues du devoir d’état (études, métier, bénévolat, sport, jardinage…), que “le sommeil du juste” (comme celui de l’enfant) vient naturellement réparer. Mais il y a aussi les fatigues malsaines et illégitimes qu’il faut réprouver, causées par un dérèglement vicieux de notre vie quotidienne (trop d’écrans, de soirées arrosées, addictions diverses…), qui nuisent précisément à notre devoir d’état et à notre salut. Et puis il y a les fatigues involontaires : celles provoquées par les aléas d’une santé défaillante ou les travaux forcés d’un camp de prisonniers par exemple. Ou bien encore les fatigues d’un état de service justement (charges d’une vocation altruiste, de la mère de famille qui se relève la nuit pour ses enfants au pasteur – comme Jean-Paul II – qui se donne “tout à tous”…). Si on ne peut toujours en triompher vitalement comme pour les premières espèces de saine fatigue, il importe de les offrir et de les confier à la Providence divine. Bienheureux alors ceux qui ainsi se fatiguent en Dieu et pour Dieu car ils trouveront en effet la béatitude indicible dans le camp de repos et de joie où Il a dressé Sa tente et la nôtre pour toute l’éternité !

Rémi Fontaine

(1) « Tout est un pour ceux qui sont parvenus à l’unité profonde de la vie divine : le repos et l’action, contempler et agir, se taire et parler, écouter et s’ouvrir, recevoir en soi le don de Dieu et rendre l’amour à flots dans l’action de grâces et la louange », écrit Édith Stein dans La prière de l’Église.

(2) « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre », explique de son côté Pascal, dénonçant la fuite en avant du « divertissement », fuite de soi et du réel transcendant (de la vie intérieure) aussi bien dans le travail que dans le loisir. Divertissement symbolisé aujourd’hui par une culture honnissant le silence, dépendant excessivement des portables et du monde virtuel. 

(3) Art du bon usage du loisir, de la détente convenable : « Juste milieu entre la paresse et l’agitation. » On juge une civilisation à la manière dont elle se repose.

Vénérer le Coeur Immaculé de Marie le premier samedi du mois

04/07/2026

Vénérer le Coeur Immaculé de Marie le premier samedi du mois

 

La propagation de la dévotion au Cœur de Marie remonte au XVIIe siècle où saint Jean Eudes la propagea en l'unissant à celle du Sacré-Cœur de Jésus.

         Au cours du XIXe siècle, sa sainteté Pie VII d'abord, et Pie IX ensuite, accordèrent à plusieurs églises une fête du Cœur très pur de Marie fixée au dimanche dans l'octave de l'Assomption, puis au samedi suivant la fête du Sacré-Cœur. Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge apparaissait au Portugal pour déclarer aux petits voyants de Fatima que Dieu voulait établir la dévotion à son Cœur immaculé pour le salut du monde. Elle demanda aux chrétiens la pratique du premier samedi du mois par la communion réparatrice et la récitation du chapelet accompagnée de la méditation des mystères du Rosaire. 


         Le 31 octobre 1942, le jour de la clôture solennelle du Jubilé des Apparitions de Fatima, le pape Pie XII s'exprimant à la radio, consacra le monde au Cœur immaculé de Marie pour répondre à l'appel de notre Mère du ciel. Il renouvela ce geste important le 8 décembre 1942. En 1944, en pleine guerre mondiale, le même souverain pontife consacrait encore tout le genre humain au Cœur immaculé de Marie pour le mettre sous sa toute-puissante protection. À l'occasion de cette même cérémonie, il décréta que l'Église entière célébrerait chaque année une fête en l'honneur du Cœur immaculé de Marie afin d'obtenir par l'intercession de la Très Sainte Vierge, « la paix des nations, la liberté de l'Église, la conversion des pécheurs, l'amour de la pureté et la pratique des vertus. » Il fixa la date de cette fête au 22 août, jour octave de la fête de l'Assomption.

         En créant la très Sainte Vierge, la Trinité Sainte a pu contempler le ravissant spectacle d'un cœur qui dès son premier battement, n'aima que son Dieu, et l'aima à lui seul plus que tous les anges et les saints ensemble ne l'aimeront jamais. « Le Père, dit saint Jean Eudes, a déployé sa puissance pour former un cœur de fille plein de respect et de fidélité envers son Créateur. Le Fils en fit un cœur de Mère et l'Esprit-Saint en fit un cœur d'épouse pour y célébrer ses noces ineffables. » La gloire de la fille du roi, disent les Livres Saints, est toute intérieure et cachée, autrement dit, elle est toute en son cœur. Là se trouvent toutes les perfections des anges et des hommes, dans un tel degré d'excellence que rien n'y peut être comparé. Là se trouvent les perfections de Dieu même, aussi fidèlement retracées qu'elles peuvent l'être dans une simple créature.

         La bonté et la miséricorde président parmi les vertus dont Dieu a orné le Cœur immaculé de sa Mère. Aussi tout pécheur trouve en elle un refuge assuré. Ce Cœur qui nous a tant aimés n'a point été flétri dans le tombeau comme celui des autres mortels. Ses mouvements n'ont été qu'un seul instant suspendus sous le souffle de la mort. Il vit aujourd'hui palpitant d'un amour infini, inondé de célestes délices au sein de la gloire immortelle où il continue de nous aimer avec prédilection.

         Comme la sainte Église nous le recommande aujourd'hui au moyen de la belle fête du Cœur immaculé de Marie, vouons un culte spécial de vénération et d'amour à ce cœur magnanime, le plus noble, le plus généreux qui soit sorti des mains du Créateur. Supplions-le donc de nous apprendre à aimer Jésus, à souffrir pour Lui, à supporter avec amour et résignation les peines de la vie, les souffrances et les croix qu'il plaira à Dieu de nous envoyer. Recourons donc sans cesse à ce cœur incomparable et nous expérimenterons infailliblement sa bénignité, sa mansuétude et sa tendresse.

Consécration au Cœur immaculé de Marie, instituée par le Pape Pie XII.

        Reine du très saint Rosaire, secours des chrétiens, refuge du genre humain, victorieuse de toutes les batailles de Dieu, nous voici prosternés suppliants aux pieds de votre trône, dans la certitude de recevoir les grâces, l'aide et la protection opportunes dans les calamités présentes, non en vertu de nos mérites, dont nous ne saurions nous prévaloir, mais uniquement par l'effet de l'immense bonté de votre cœur maternel.
        C'est à vous, c'est à votre Cœur immaculé, qu'en cette heure tragique de l'histoire humaine, nous nous confions et nous nous consacrons, non seulement en union avec la Sainte Église - corps mystique de votre Fils Jésus - qui souffre et verse son sang, en proie aux tribulations en tant de lieux et de tant de manières, mais en union aussi avec le monde entier, déchiré par de farouches discordes, embrasé d'un incendie de haine et victime de ses propres iniquités.
        Laissez-vous toucher par tant de ruines matérielles et morales, par tant de douleurs, tant d'angoisses de pères et de mères, de frères, d'enfants innocents, par tant de vies fauchées dans la fleur de l'âge, tant d'âmes torturées et agonisantes, tant d'autres en péril de se perdre éternellement.
        Ô Mère de miséricorde, obtenez-nous de Dieu la paix, et surtout les grâces qui peuvent en un instant convertir le cœur des hommes, ces grâces qui préparent, concilient, assurent la paix ! Reine de la paix, priez pour nous et donnez au monde en guerre la paix après laquelle les peuples soupirent, la paix dans la vérité, dans la justice, dans la charité du Christ.
        Donnez-lui la paix des armes et la paix des âmes, afin que dans la tranquillité de l'ordre s'étende le règne de Dieu. Accordez votre protection aux infidèles et à tous ceux qui gisent encore dans les ombres de la mort ; donnez-leur la paix, faites que se lève pour eux le soleil de la vérité et qu'ils puissent avec nous, devant l'unique Sauveur du monde, répéter : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté ! Aux peuples séparés par l'erreur ou par la discorde, particulièrement à ceux qui professent pour vous une singulière dévotion et chez lesquels il n'y avait pas de maison qui n'honorât votre vénérable icône (peut-être aujourd'hui cachée et réservée pour des jours meilleurs), donnez la paix et reconduisez-les à l'unique bercail du Christ, sous l'unique vrai Pasteur.
        Obtenez à la sainte Église de Dieu une paix et une liberté complètes ; arrêtez les débordements du déluge néo-païen ; développez dans le cœur des fidèles l'amour de la pureté, la pratique de la vie chrétienne et le zèle apostolique, afin que le peuple des serviteurs de Dieu augmente en mérite et en nombre.
        Enfin, de même qu'au cœur de votre Fils Jésus furent consacrés l'Église et le genre humain tout entier, afin que, toutes les espérances étant placées en lui, il devînt pour eux signe et gage de victoire et de salut, ainsi et pour toujours nous nous consacrons à vous, à votre Cœur immaculé, ô notre Mère et Reine du monde, pour que votre amour et votre protection hâtent le triomphe du règne de Dieu et que toutes les nations, en paix entre elles et avec Dieu, vous proclament bienheureuse et entonnent avec vous, d'une extrémité du monde à l'autre, l'éternel Magnificat de gloire à celui en qui seul elles peuvent trouver la vérité, la vie et la paix.

Excommunication FSSPX : « Nous avons reçu une pierre » la FSSPX interpelle le pape Léon XIV

03/07/2026

Excommunication FSSPX : « Nous avons reçu une pierre »  la FSSPX interpelle le pape Léon XIV

Deux jours après la publication du décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi déclarant schismatiques les membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et confirmant leur excommunication, l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité, a adressé une longue lettre au pape Léon XIV. Datée du 3 juillet 2026 depuis Écône, cette réponse constitue la première réaction officielle de la FSSPX aux mesures prises par Rome.

Le ton est solennel. Loin d’une simple protestation disciplinaire, la lettre entend répondre point par point au jugement porté par le Saint-Siège tout en présentant la vision que la Fraternité a de sa propre mission dans l’Église.Dès les premières lignes, l’abbé Pagliarani place son propos sous les paroles de l’Évangile selon saint Luc : « Quel est d’entre vous le père, à qui son fils demandera du pain, et qui lui donnera une pierre ? » Une image qui revient ensuite à plusieurs reprises pour exprimer ce que la Fraternité estime avoir reçu de Rome.

« Nous avions demandé du pain (…) malheureusement, nous avons reçu une pierre. Nous avions demandé un poisson (…) malheureusement, nous avons reçu un serpent. »

Cette formule, particulièrement marquante, résume toute la logique de la lettre. Selon son auteur, la Fraternité ne demandait ni privilège ni rupture avec Rome, mais un geste de compréhension face à ce qu’elle présente comme un véritable cas de conscience. À ses yeux, les sanctions reçues constituent une réponse disciplinaire à une demande qu’elle voulait avant tout spirituelle et pastorale. L’abbé Pagliarani affirme ensuite que la Fraternité n’a jamais eu l’intention de se substituer à l’Église. « Nous ne prétendons en aucune manière nous substituer à l’Église et nous n’avons d’autre ambition que de lui demeurer fidèles. » Cette affirmation illustre toute la fracture actuelle. Tandis que le Saint-Siège considère désormais que les consécrations épiscopales du 1er juillet ont consommé un acte de schisme, la Fraternité continue de soutenir qu’elle agit précisément pour préserver la foi catholique et la Tradition de l’Église.

L’un des passages les plus significatifs concerne la conception même de la Tradition. La Fraternité écrit que celle-ci « appartient à l’Église, notre Mère, et non à la FSSPX », ajoutant qu’un jour un pape voudra s’en servir « pour le bien de l’Église universelle ». Cette conviction traverse l’ensemble du document : les responsables de la Fraternité se voient comme les gardiens provisoires d’un trésor qu’ils espèrent remettre un jour à une autorité romaine revenue, selon eux, à la pleine Tradition.

La fin de la lettre adopte un ton plus spirituel encore. « La FSSPX Vous promet aujourd’hui de ne pas accueillir ces nouvelles sanctions, objectivement injustes et invalides, dans l’amertume ou la révolte. » Cette déclaration mérite d’être relevée. Alors même que la Fraternité qualifie les sanctions de profondément injustes, elle affirme vouloir transformer cette épreuve en offrande pour l’Église et pour le pape lui-même. Elle assure que ces condamnations ne feront que renforcer son attachement à « l’Église romaine » et renouvelle sa disponibilité à servir la restauration de « toutes choses dans le Christ ».

La conclusion est sans doute la plus émouvante du document. Malgré la gravité des accusations portées contre elle, la Fraternité demande au pape : « En attendant, si Vous le pouvez, malgré Votre récente décision, bénissez-nous comme Vos fils. Pour nous, rien n’a changé et jamais rien ne changera. » Cette ultime supplique met en lumière toute la complexité de la crise actuelle. D’un côté, Rome affirme qu’un schisme est désormais consommé ; de l’autre, la Fraternité continue de revendiquer un lien filial avec le Successeur de Pierre. Cette opposition de deux lectures radicalement inconciliables révèle l’ampleur de la fracture qui traverse aujourd’hui l’Église. Au-delà des sanctions canoniques, c’est bien une profonde rupture de confiance qui apparaît désormais au grand jour, rendant toute perspective de réconciliation plus difficile que jamais.

Philippe Marie dans Tribune Chrétienne

 

 

Lettre au Saint-Père concernant le décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi

« Le Supérieur général
À Sa Sainteté
le Pape Léon XIV

Écône, le 3 juillet 2026

« Quel est d’entre vous le père, à qui son fils demandera du pain, et qui lui donnera une pierre ? ou un poisson, et qui, au lieu du poisson, lui donnera un serpent ? ou encore, s’il lui demande un œuf, lui donnera un scorpion ? Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc XI, 11-13)

Très Saint-Père,

La notification de la décision prise par le Saint-Siège à l’égard de la FSSPX, signée par Son Éminence le Cardinal Fernández, nous est parvenue et est désormais de notoriété publique.

Il nous semble que cette décision met une fois de plus en lumière le contexte extrêmement tragique dans lequel se trouve l’Église universelle. Ce que la FSSPX a fait et continuera de faire n’est rien d’autre qu’une initiative extrême de secours des âmes, au milieu de la confusion doctrinale et morale dans laquelle l’Église est plongée. Nous ne prétendons en aucune manière nous substituer à l’Église et nous n’avons d’autre ambition que de lui demeurer fidèles.

En conscience, nous n’avons pas estimé pouvoir nous soustraire au devoir moral que nous avons envers les âmes, comme nous l’avons déjà expliqué, tant en privé que publiquement, à Votre Sainteté.

Nous avions demandé du pain, c’est-à-dire un peu de compréhension pour un cas de conscience sincère, un geste de paternité non tant envers la FSSPX qu’envers les âmes, Vous promettant d’en faire de véritables fils de l’Église romaine ; malheureusement, nous avons reçu une pierre.

Nous avions demandé un poisson, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir temporairement les moyens nécessaires pour continuer à former de bons prêtres, afin qu’ils poursuivent leur mission de faire connaître Notre-Seigneur aux âmes ; malheureusement, nous avons reçu un serpent.

Nous avions demandé un œuf, en promettant de le rendre dès que cela serait possible. En effet, la sainte Tradition que nous conservons dans les âmes appartient à l’Église, notre Mère — et non à la FSSPX —, et nous sommes certains qu’un jour un Pape voudra s’en servir pour le bien de l’Église universelle ; malheureusement, nous avons reçu un scorpion.
Nous avions demandé d’être instruits et confirmés dans la foi de toujours ; au lieu de cela, nous avons été déclarés schismatiques une seconde fois.

Malgré les sanctions qui nous frappent, la FSSPX renouvelle sincèrement la promesse qu’elle avait déjà formulée à Votre Sainteté. Permettez-moi, à ce propos, de reprendre librement ce que j’avais déjà exprimé :

« La Fraternité Vous promet […] de consacrer toutes ses énergies à préserver la Tradition et à la mettre au service de l’Église. Ce faisant, la FSSPX ne se contente pas de conserver d’anciens usages ; elle favorise et préserve les vocations sacerdotales, les vocations religieuses, les familles nombreuses et profondément chrétiennes ; en un mot, tout ce qui manifeste la vitalité de l’Église, de la grâce et de la foi catholique. Notre intention n’est pas d’offrir à l’Église un musée de choses anciennes, mais la Tradition intégrale, féconde, source de vie spirituelle, incarnée et vécue dans les âmes.

[…] Je suis certain qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs pourra et voudra utiliser ce service, dont l’offrande, dans l’Église et pour l’Église, constitue notre unique raison d’être. » (Lettre personnelle adressée le 21 novembre 2025 à Sa Sainteté)

Mais surtout, la FSSPX Vous promet aujourd’hui de ne pas accueillir ces nouvelles sanctions — objectivement injustes et invalides — dans l’amertume ou la révolte.
Les condamnations récentes, comme celles du passé, nous atteignent dans ce que nous avons de plus cher : notre attachement à notre Mère, l’Église romaine.

Pourtant, même dans cette épreuve, tout doit concourir au bien des âmes et de l’Église elle-même. C’est pourquoi ces condamnations nous poussent à aimer davantage encore la sainte Église et à subvenir à ses besoins de toutes nos forces, plus que jamais. Pour cette même raison, la Fraternité Saint-Pie X offre volontiers la souffrance causée par ces nouvelles sanctions, pour le bien de l’Église universelle et de Votre Sainteté.

Nous sommes certains qu’un jour Vous-même ou l’un de Vos successeurs voudra faire sien le programme de saint Pie X : « Tout restaurer dans le Christ », Instaurare omnia in Christo. En ce jour-là, le Saint-Père découvrira dans la FSSPX, non un amas de serpents et de scorpions, mais une petite armée de fils loyaux, prêts à tout pour Le soutenir dans la restauration de toutes choses en Notre-Seigneur, et pour revendiquer devant l’humanité entière les droits imprescriptibles du Christ-Roi sur toutes les âmes et sur toutes les nations.

En ce jour-là, le Saint-Père découvrira avec une grande joie et une profonde consolation des âmes authentiquement catholiques, dont le lien avec l’Église ne s’est jamais fondé sur les sables mouvants d’un dialogue ambigu, mais sur le roc de la foi de Pierre.
Nous demandons à la très sainte Vierge Marie de hâter la venue de ce jour, et nous souhaitons surtout à Votre Sainteté de connaître au plus tôt cette joie et cette consolation.

En attendant, si Vous le pouvez, malgré Votre récente décision, bénissez-nous comme Vos fils. Pour nous, rien n’a changé et jamais rien ne changera.

Confiant dans la divine Providence, à laquelle rien n’échappe et qui lit jusqu’au fond du cœur de chaque homme, je demeure, Très Saint-Père, votre très dévoué fils dans le Seigneur.

Don Davide Pagliarani »

 

 

Sources : Tribune Chrétienne et FSSPX

 

Un acte de nature schismatique entraînant l’excommunication latae sententiae

02/07/2026

Un acte de nature schismatique entraînant l’excommunication latae sententiae


Décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, 02.07.2026


Malgré les avertissements adressés au Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, l’évêque Alfonso de Galarreta, ayant accompli un acte de nature schismatique par la consécration épiscopale de quatre prêtres, sans mandat pontifical et contre la volonté du Souverain Pontife, a encouru ipso facto dans les peines prévues par le can. 1387 et par le can. 1364 § 1 CIC 2021.

Je déclare donc à toutes fins légales que l’évêque susmentionné Alfonso de Galarreta ainsi que Pascal Schreiber, Michael Goldade, Michel Poinsinet de Sivry et Marc Hanappier ont encouru ipso facto l’excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique.

Je déclare également que l’évêque Bernard Fellay, ayant participé directement à la célébration liturgique en tant que co-consécrateur, ayant ainsi adhéré publiquement à l’acte schismatique, a encouru l’excommunication latae sententiae prévue par le can. 1364 § 1 CIC 2021.

Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, car ils encourraient ipso facto la peine d’excommunication latae sententiae.

Du Palais du Dicastère, 2 juillet 2026

Victor M. Carte. Fernández
Préfet

Jean J. Kennedy
Archevêque tit. d’Ossero
Secrétaire à la section disciplinaire

Mons. Armando Matthieu
Secrétaire à la section doctrinale

 

 

NOTE EXPLICATIVE

Depuis l’époque de Saint-Paul VI jusqu’aux derniers pourparlers, qui ont eu lieu récemment dans ce Dicastère, les multiples tentatives pour ramener les adhérents au mouvement initié par Mgr. Marcel Lefebvre à la pleine communion avec l’Église catholique se sont révélés vaines. Cette situation s’est encore aggravée en raison des récentes consécrations épiscopales célébrées sans mandat pontifical, contre la volonté du Saint-Père, en violation ouverte du droit canonique. Par conséquent, ce Dicastère, dans l’exercice fidèle des fonctions qui lui sont confiées, estime nécessaire de constater que cet acte a configuré le crime de schisme, avec les conséquences canoniques pour les ministres sacrés et pour les fidèles laïcs impliqués. En effet, comme déjà déclaré en 1988, « une telle désobéissance – qui entraîne un rejet pratique de la primauté romaine – constitue un acte schismatique » (cf. Jean-Paul II, Lett. ap. Ecclesia Dei, 3).

À cet égard, désormais :

Les ministres sacrés appartenant à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, sont dans le schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia Dei, 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur la excommunication par schisme dans laquelle encourent les adhérents au mouvement de l’évêque Marcel Lefebvre, 24.08.1996, 5-6), se trouvant soumis à l’excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1 CJC).
En ce qui concerne les fidèles laïcs, doivent être tenus pour schismatiques et excommuniés ceux qui adhèrent formellement à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans les conditions établies dans la Note explicative par le Conseil pontifical pour les Textes Législatifs de 1996 (cf. ibidem, 7), toujours en vigueur, que ce Dicastère fait sienne.
Enfin, le saint Peuple de Dieu est averti que les ministres sacrés de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X administrent illégalement les sacrements et que le sacrement de la pénitence qu’ils administrent et le mariage auquel ils assistent sont invalides.
L’Église, en tant que mère attentionnée, accueillera avec une affection sincère et une vive sollicitude tous ceux qui souhaitent revenir à la pleine communion. Les nonces apostoliques établiront des procédures que les ordinaires pourront utiliser dans les différents cas.

Enfin, tous les fidèles sont exhortés à rester fermes dans la communion avec le Pontife Romain, avec les Évêques en communion avec lui et avec toute l’Église (cf. Lumen Gentium, 22 ; can. 751 CIC), et de s’abstenir de participer aux célébrations et activités promues par la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X susmentionnée.

Du Palais du Dicastère, 2 juillet 2026

Victor M. Carte. Fernández
Préfet

Mons. Armando Matthieu
Secrétaire à la section doctrinale

Jean J. Kennedy
Archevêque tit. d’Ossero
Secrétaire à la section disciplinaire

Source

Prier pour un député

01/07/2026

Prier pour un député

 

Et cette mobilisation commence à porter du fruit. ✨

D'abord, l'écart entre les députés favorables et opposés au texte continue de se réduire. Lors du précédent vote, il y avait 73 voix d'écart. Hier, il n'y en avait plus que 63. Comme en témoigne ce graphique, les choses évoluent : les consciences s'éveillent et les positions changent. Rendez-vous compte : seulement 52 % des députés ont voté en faveur du texte (295/577).


Plus étonnant encore, plusieurs députés ont évoqué en pleine Assemblée les milliers de personnes qui prient pour eux (voir cette courte séquence à 1:34 de cette vidéo). Ils savent que nous prions. C'est quand même incroyable, non ? Certains nous ont même confié combien cette démarche les touche.

 

Je crois profondément que ces signes nous invitent à ne pas perdre courage. Car rien n'est encore joué.

Il faudrait encore que 32 députés favorables au texte changent de position pour que l'issue du vote soit différente.

C'est difficile, mais pas impossible. Avec Dieu, un miracle est toujours possible.

 

Souvenez-vous de l'Écosse, en mars dernier. Alors que le vote sur le suicide assisté semblait quasiment acquis, des milliers de chrétiens se sont mobilisés dans la prière. Douze députés ont finalement changé leur vote et la loi a été rejetée.

 

Pourquoi Dieu ne pourrait-il pas agir aussi en France ?

 

C'est pourquoi je voudrais vous inviter aujourd'hui à rejoindre cette chaîne de prière sur Rosario.

 

Choisissez un député et engagez-vous à prier pour lui jusqu'au vote du 15 juillet. 🙏

 

👉 Je prie pour un député

Le dernier plaidoyer d'Écône

30/06/2026

Le dernier plaidoyer d'Écône

 

 

Texte intégral de la lettre de Don Davide Pagliarani au pape Léon XIV

 

À Sa Sainteté le Pape Léon XIV

Écône, le 30 juin 2026

 

 

Très Saint-Père,

 

Soyez très vivement remercié pour la lettre que Vous avez bien voulu m’adresser.

J’ai été profondément touché par Votre sollicitude paternelle.

Depuis longtemps, j’aurais souhaité avoir l’occasion de Vous rencontrer afin de Vous exprimer personnellement notre désir sincère de servir l’Église. Malheureusement, cette occasion ne s’est pas présentée.

 

Je vous demande simplement de bien vouloir considérer l’authenticité de cette intention, qui n’a rien de factice. Paradoxalement, dans le contexte actuel, il nous semble être précisément notre devoir de faire tout notre possible pour recoudre la tunique du Christ, déchirée par des forces et des pressions incompatibles avec un esprit authentiquement catholique. Je vous demande simplement de considérer l’authenticité de cette intention, avant de prendre une décision concernant la Fraternité Saint-Pie X. Il n’est pas trop tard.

 

Loin de nous l’idée de nous séparer de l’Église romaine ; au contraire, nous désirons la servir par des moyens extraordinaires, comme on vient en aide à une mère en difficulté qui a besoin d’un secours particulier, même si celui-ci n’est pas compris de tous. Mais je suis certain que le Saint-Père pourrait le comprendre.

 

Le Saint-Siège a déjà montré qu’il pouvait comprendre des situations très complexes et prendre le temps nécessaire.

Je me permets donc de Vous demander filialement de prendre le temps qu’exige ce discernement.

 

Si mes paroles ne suffisaient pas, je Vous demanderais de réfléchir à deux faits très simples. Tout d’abord, la Fraternité a déjà été déclarée schismatique en 1988, pour des raisons et dans des circonstances absolument analogues à celles d’aujourd’hui ; et pourtant, après tant d’années, nous nous parlons comme un père avec son fils. Votre Sainteté m’exhorte paternellement à éviter un schisme qui, théoriquement, aurait déjà eu lieu. Ne pensez-Vous pas que cette attitude même, dont j’apprécie profondément la sollicitude, constitue précisément la preuve que la Fraternité n’est ni schismatique ni hostile à l’Église ?

 

En second lieu, il y a quelques années, le Saint-Siège a confié à deux évêques de l’Église la mission de dialoguer avec la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X : Mgr Vitus Huonder, alors évêque de Coire, aujourd’hui décédé, et Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana. Tous deux, après avoir pris le temps nécessaire au discernement, ont reconnu l’esprit profondément catholique de la Fraternité et en ont rendu publiquement témoignage.

 

Mais surtout, je me permets de m’adresser à Votre Sainteté au nom des milliers d’âmes qui ont retrouvé la foi catholique et la pratique religieuse grâce à l’apostolat de la Fraternité. C’est un fait dont Vos prédécesseurs ont eux-mêmes pris acte. Ces âmes n’ont qu’un seul désir : parvenir au salut par cet instrument que la Providence a mis à leur disposition. Elles ont souffert et elles sont sincères. Je suis certain que Votre cœur paternel de Pasteur universel sera sensible à cette situation si particulière. Un jour, toutes les difficultés entre le Saint-Siège et la Fraternité seront résolues. Un geste de compréhension de Votre part, loin de nuire à l’unité, ne pourrait que manifester aux yeux du monde et de tous les chrétiens Votre souci de l’unité et Votre bonté de père.

 

Je laisse tout cela à Votre bienveillante considération. Je renouvelle ma prière pour Votre Sainteté.

Depuis longtemps, avant même Votre élection, je prie sainte Rita pour la situation présente. J’ai vu dans l’élection d’un Pape augustinien un signe d’espérance. Je suis certain que la sainte intercédera. Il n’est jamais trop tard.

 

Je Vous prie de bien vouloir nous donner Votre bénédiction.

Et je saisis cette occasion pour Vous renouveler l’expression de mon très profond dévouement dans le Seigneur.

 

Don Davide Pagliarani  

Grégoire de Tours, passeur de mémoires

28/06/2026

Grégoire de Tours, passeur de mémoires

Les raisons d'y croire


On ne peut méconnaître un principe élémentaire de la méthode historique : l’histoire s’écrit d’abord à partir de témoignages. Que ceux-ci rapportent des événements ordinaires ou extraordinaires, ils constituent des documents que l’historien doit examiner, et non écarter a priori. De ce point de vue, l’œuvre de Grégoire apparaît moins comme le recueil naïf de croyances populaires que comme la conservation d’un vaste ensemble de témoignages sur son époque, dont la valeur documentaire est aujourd’hui largement reconnue.

 

À cela il faut ajouter sa proximité avec les événements : dans les livres les plus contemporains de son Histoire des Francs, il est souvent témoin direct, ou presque.

 

Il faut également reconnaître sa remarquable culture de l’enquête. Il ne se contente pas de recopier des traditions : il cite fréquemment ses informateurs, distingue ce qu’il a vu de ce qu’on lui a rapporté, etc. Il indique même à plusieurs reprises qu’il refuse de rapporter des faits dont il n’a pu vérifier la réalité.

 

Grégoire est un descendant d’une lignée épiscopale de la primitive Église. Il reçoit en héritage un patrimoine mémoriel familial qui s’étend sur plusieurs générations. Dès son enfance, il recueille soigneusement ces traditions, qu’il enrichira par la suite en s’intéressant à celles des cités où il réside, d’abord Brioude, puis Tours. Il a donc accès à des sources précieuses et anciennes qui touchent à l’Antiquité chrétienne.

Son accession à l’épiscopat de Tours, en 573, le place au centre de la vie politique et religieuse de son époque. Il est aux premières loges pour observer ce qui se passe dans le monde qui l’entoure. Il s’en fait le chroniqueur constant et attentif, notant aussi bien un meurtre survenu dans la famille royale qu’un crime passionnel survenu chez un artisan, une catastrophe naturelle qu’une guérison miraculeuse supposée, un épisode climatique inhabituel que l’élection d’un pape. Ce travail de journaliste avant l’heure offre un irremplaçable éclairage sur son époque et sur ses contemporains.

 

À Tours, il a pu fréquenter celles et ceux qui ont vécu près de sainte Clotilde les dernières années de sa vie, après qu’elle s’est définitivement retirée au couvent Saint-Pierre-le-Puellier, qu’elle avait fondé. Clotilde est morte en 542, mais elle a laissé des archives et le souvenir des récits qu’elle faisait à son entourage. C’est donc par une source presque directe que Grégoire peut nous informer des origines de la dynastie mérovingienne, de son implication en 451 dans la défaite d’Attila aux champs Catalauniques, des circonstances de l’arrivée de Clovis au pouvoir et de celles de sa conversion. Ainsi met-il en place le socle historique du récit fondateur de l’histoire de France.

 

Passionné avant tout par les racines chrétiennes du monde qu’il voit naître et par l’action persévérante de Dieu dans le temps, il consacre une large part de son travail à recenser les martyrs et les grandes figures de sainteté de Gaule, mais aussi d’Europe et même d’Orient. Il n’hésite pas à envoyer des émissaires dans l’Empire byzantin afin d’y travailler dans des bibliothèques, épargnées, elles, par les destructions massives causées au début du Ve siècle en Occident lors des grandes invasions barbares. Ainsi récolte-t-il des documents rares et précieux qui nourrissent son œuvre et qui, sans lui, auraient été perdus.

 

Si, dans La Gloire des martyrs, puis dans La Gloire des confesseurs ou dans La Vie des Pères, il offre des renseignements historiques précieux sur la vie et le témoignage de 112 martyrs (sans parler des martyres collectifs comme ceux de Cologne ou d’Agaune), il collecte aussi le récit de leurs miracles, leurs reliques, et les témoignages relatifs aux pèlerinages organisés sur leurs tombeaux.

Pour avoir en sa jeunesse bénéficié d’une grâce de guérison en venant à Tours prier sur le tombeau de saint Martin, il veillera durant tout son épiscopat à la restauration de sa basilique, à la mise en valeur du pèlerinage et au recueil sérieux et organisé des miracles et des grâces obtenues.


En savoir plus


Né le 30 novembre 538 ou 539 à Clermont-Ferrand, fils de Georgius Florentius, aristocrate gallo-romain, et de la noble Armentaria, Grégoire perd tôt son père. Il est alors éduqué dans sa famille maternelle. Il s’agit des deux côtés de familles catholiques de rang sénatorial établies essentiellement au sud de la Loire et qui, après la victoire de Clovis en 508 sur les Wisigoths ariens – oppresseurs des catholicités du Centre et du Sud-Ouest – sont aussitôt passées au service du roi mérovingien converti.

 

Tout naturellement, il suit ce qui est devenu la tradition familiale en devenant prêtre. L’on compte dans ses ancêtres de nombreux évêques, de Clermont, de Lyon, de Langres. Devenu prêtre, il intègre le clergé de Brioude et se passionne pour la vie et les miracles de l’évangélisateur de la région, Julien.

 

C’est là qu’en 573, non sans d’âpres tractations politiques et maintes difficultés, on vient le chercher pour succéder à l’un de ses oncles sur le siège de Tours, qui n’a rien perdu de son immense prestige.

 

Jusqu’à sa mort, le 17 novembre 594, Grégoire se montrera un évêque sérieux et attentif à remplir saintement ses fonctions, en dépit des nombreuses sollicitations qui l’entourent et qui l’obligent à intervenir dans les affaires politiques de son temps. Il parvient cependant à mener de front jusqu’à sa mort une œuvre historique importante et fondamentale, conscient, en cette période d’invasions et d’écroulement de la civilisation latine, du devoir de transmettre. Si Grégoire reste dans les mémoires pour son Histoire des Francs, son œuvre historique ne se limite pas à ce seul ouvrage.

 

Il se lamente toutefois de devoir user d’une langue abâtardie, truffée de termes celtiques et germaniques s’il veut être compris de son peuple. Il prend au sérieux le rôle d’enseigner dévolu à l’évêque. Quoiqu’il advienne, il replace toujours les événements qu’il rapporte sous le regard de Dieu. Sa vision du monde est profondément chrétienne et eschatologique.

 

L’élection du pape Grégoire le Grand sera le dernier événement qu’il signalera, soulignant combien le destin de l’Église – dont il ne désespère jamais, puisque le Christ la gouverne – demeure jusqu’à son dernier souffle sa préoccupation.

Il est proclamé saint par la vox populi, ainsi que cela se pratiquait alors. Son culte local s’étant maintenu au fil des siècles, Rome ne reviendra jamais sur cette canonisation populaire.

Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.

 

Au-delà


Il n’est pas un historien au sens moderne car, en plus de raconter ce qui s’est passé, il montre l’action de Dieu dans l’histoire. Mais son adhésion à une vision chrétienne du monde ne le disqualifie pas comme historien ; elle oblige simplement à lire ses récits avec les mêmes précautions critiques que celles appliquées à toute source ancienne.

 

Aller plus loin

 

Saint Grégoire de Tours, Œuvres complètes.

 

En complément

 

Odon de Cluny, Vita sancti Gregorii Turonensis, dans Patrologia Latina, t. 133, Éditions Jacques-Paul Migne, Paris, 1853, col. 721-742.

Jean Verdon, Grégoire de Tours, « le père de l’Histoire de France », Horvath, 1989.

Charles Lelong, Saint Grégoire de Tours, C.L.D., 1995.

 

Source : 1000 raisons de croire, avec leur aimable autorisation.

50 ans, 50 décisions, un naufrage : décryptage du rapport choc qui secoue la classe politique

26/06/2026

50 ans, 50 décisions, un naufrage : décryptage du rapport choc qui secoue la classe politique

Le postulat : Un demi-siècle de "schizophrénie politique"


Dès les premières lignes, le ton est donné. La France des années 70, forte de sa croissance, de ses comptes équilibrés et de sa confiance en l'avenir, n'est plus qu'un lointain souvenir. L’Institut Thomas More (un think tank libéral-conservateur fondé en 2004) a mobilisé une vingtaine d'experts depuis novembre 2025 pour passer au crible cinq décennies de politiques publiques.

 

Leur conclusion centrale identifie un mal profond : une "schizophrénie politique". Les dirigeants français auraient passé 50 ans à signer des traités internationaux d'inspiration néolibérale (marché unique, OMC, monnaie unique) tout en multipliant, à l'échelle nationale, les politiques socio-étatistes.

 

L'exemple le plus frappant cité par le rapport ? L'adoption des 35 heures (1998) au moment même où la France s'arrimait à la rigueur de la zone euro et affrontait l'entrée de la Chine dans l'OMC. Une contradiction fatale pour la compétitivité du pays, que l'État a ensuite tenté de colmater par un recours frénétique et continu à la pression fiscale.

 

Les 3 axes majeurs du déclin identifiés


L'article du Figaro Magazine catégorise ces 50 décisions fatidiques. Loin de cibler un seul camp politique, le rapport distribue les mauvais points à la gauche comme à la droite, révélant une continuité dans le renoncement.

 

1. L'asphyxie économique et sociale
Le rapport pointe du doigt une gestion à courte vue, privilégiant la démagogie électorale à la réalité démographique et économique.

La retraite à 60 ans (1982) : Décidée par François Mitterrand à rebours du bon sens démographique, elle est qualifiée de "première cause du déclin économique et social", ayant durablement plombé la Sécurité sociale.

Les 35 heures (1998) : L'archétype de la mesure qui pénalise le travail et nécessite encore aujourd'hui des milliards d'aides compensatoires.

L'abandon de la règle d'or budgétaire (2011) : Un acte manqué par la gauche sénatoriale qui, selon le rapport, a ouvert les vannes au laxisme budgétaire des quinquennats Hollande et Macron, menant la dette à plus de 50 000 euros par Français aujourd'hui.

 

2. Le renoncement régalien : immigration et insécurité
C'est l'un des volets les plus explosifs de l'article. L'Institut Thomas More dénonce une "expropriation démocratique", soulignant que les Français n'ont jamais été consultés sur ces bouleversements majeurs.

Le regroupement familial (1976) : Signé sous VGE, ce décret est vu comme le "verrou migratoire ouvert", transformant une immigration de travail en une immigration de peuplement.

L'Aide Médicale d’État - AME (1999) : Passée de 139 000 à plus de 480 000 bénéficiaires en 2024, elle est présentée comme le thermomètre d'une immigration irrégulière subie.

La culture de l'excuse : De l'abrogation de la loi Peyrefitte (1983) au nouveau code pénal (1994) jusqu'à la loi Taubira (2014), le rapport fustige une justice devenue structurellement laxiste, privilégiant l'auteur de l'infraction sur la protection de la société.

 

3. L'effondrement de l'autorité et de la transmission
Le diagnostic sur l'éducation nationale est sans appel, marquant une dilution progressive des exigences.

Le collège unique (1975) : Le "premier acte du nivellement par le bas" qui a mécaniquement forcé l'école à réviser ses exigences.

La loi Jospin (1989) et la loi Peillon (2013) : En plaçant "l'élève au centre" et en diluant l'instruction dans le "pédagogisme", l'État a sacrifié la transmission des savoirs.

La capitulation face à l'islam politique : Le rapport situe le point de bascule lors de l'affaire du foulard de Creil en 1989, dénonçant la "lâcheté" politique de l'époque.

 

Un réquisitoire transpartisan : personne n'est épargné
Ce qui fait la force de cet article – et justifie le bruit qu'il fait actuellement – c'est son refus du tribalisme partisan.

Si la gauche est logiquement fustigée pour ses réformes sociétales, son expansion de l'État-providence (RMI, 35h, embauche de fonctionnaires sous Hollande) et son approche pénale, la droite est violemment mise face à ses propres contradictions.
Valery Giscard d'Estaing et Jacques Chirac sont épinglés pour le regroupement familial, l'absence de création de fonds de pension et la constitutionnalisation paralysante du principe de précaution (2005). Nicolas Sarkozy est durement sanctionné pour la "rupture démocratique" du traité de Lisbonne (2007) imposé malgré le "non" au référendum, ainsi que pour la "grande saignée" de la Défense (2009). Quant à Emmanuel Macron, le rapport lui reproche notamment l'écologie punitive (loi Climat de 2021) et des décisions industrielles dramatiques comme la fermeture de Fessenheim (2020).

 

Une lecture incontournable pour 2027
Qu'on adhère ou non à la grille de lecture libérale-conservatrice de l'Institut Thomas More, cette recension du Figaro Magazine offre une radiographie fascinante de la France. Le rapport a le grand mérite de remettre le temps long au cœur du débat public, fuyant la dictature de l'immédiateté qui caractérise trop souvent notre vie politique.

 

Il souligne une vérité inconfortable : les maux dont souffre la France ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le fruit de choix délibérés, souvent motivés par le clientélisme, l'idéologie, ou l'illusion de "l'argent magique".

 

Alors que l'Institut annonce déjà la parution d'un second volume contenant des mesures de redressement, ce premier "état des lieux" s'impose d'ores et déjà comme une lecture obligatoire pour quiconque souhaite comprendre la défiance abyssale qui sépare aujourd'hui les Français de leurs élites. Un audit douloureux, mais probablement nécessaire, avant d'espérer un quelconque sursaut.

 

F. Charbonnier

Quand la jeunesse française redresse les croix de nos campagnes

26/06/2026

Quand la jeunesse française redresse les croix de nos campagnes

 

Un engouement spectaculaire et mesurable


Ce qui frappe d'emblée à la lecture de cet article, c'est le changement d'échelle opéré par l'association SOS Calvaires. Le journaliste ne se contente pas d'une belle histoire ; il avance des chiffres qui traduisent un véritable phénomène de fond :


- 150 000 calvaires disséminés sur le territoire français.

- 4 000 bénévoles aujourd'hui, répartis dans une centaine d'antennes (contre des effectifs bien moindres il y a encore quelques années).

- Un rythme de restauration effréné : un calvaire restauré par jour.


L'article cite Louis Guéry, directeur général de l'association, qui dresse un constat sociologique intéressant. La moitié des bénévoles sont des "convertis ou des recommençants". Selon lui, l'état d'esprit change : les chrétiens osent à nouveau s'engager dans l'espace public. Le reportage a le mérite de capturer cet instantané d'une génération qui passe de la théorie à la pratique.

 

L'artisanat comme trait d'union


La grande force de la recension de Constantin de Vergennes réside dans ses portraits croisés, qui incarnent le propos de manière très humaine. L'auteur nous fait sentir l'odeur du chêne et la chaleur des fours à métaux en nous présentant deux figures que tout semble opposer, mais qui travaillent au même but :

- Louis-Joseph Marchal, le charpentier habité : À seulement 22 ans, ce jeune homme qui se destinait à l'armée a trouvé sa vocation dans le bois. À travers lui, l'article aborde la dimension spirituelle et communautaire du travail. Il ne signe pas ses œuvres, car "la Croix nous dépasse".

 

- Jérôme Horville, le fondeur d'art agnostique : C'est la trouvaille journalistique de l'article. La rencontre avec ce fondeur non-croyant, qui redécouvre le savoir-faire des "anciens" pour couler de nouveaux Christ en aluminium (une matière moderne qui défie la rouille), apporte une respiration universelle au texte. Jérôme l'avoue lui-même : restaurer ces œuvres a changé son regard sur ce travail d'orfèvre.

 

« Avant, je ne regardais pas les calvaires, mais les restaurer change mon regard, car l’on prend pleinement la mesure du travail qu’il y a derrière. » — Jérôme Horville

 

Dépasser le débat "identitaire" pour retrouver le "patrimoine"


Dans son dernier tiers, l'article aborde avec justesse — et une certaine prise de hauteur — la question politique. Face au microcosme médiatique qui taxe souvent ces initiatives de repli "identitaire", l'association répond par l'étymologie et le bon sens local.

Pierre-Alain Greco rappelle que le patrimoine, c'est l'« héritage de nos pères ». La restauration d'une croix n'est pas vue comme un acte de reconquête agressive, mais comme un moment de communion villageoise. L'auteur insiste sur ce point crucial : si l'association le voulait, elle pourrait poser ses croix en catimini avec "quatre gars". Mais elle choisit d'impliquer les habitants et les enfants pour assurer la transmission de la mémoire.

 

Le reportage de France Catholique est une réussite parce qu'il nous parle de temps long dans une époque de l'immédiateté. Qu'il s'agisse d'une croix en chêne taillée pour durer un siècle ou d'un Christ en aluminium imputrescible, l'article dresse le portrait d'une jeunesse qui a décidé de s'inscrire durablement dans le paysage de son pays. Une belle leçon de savoir-faire et de savoir-être.

 

François Charbonnier pour l'Église de Rolleboise

 

“Mgr Schneider les excommunications de la FSSPX seraient une erreur historique.”

24/06/2026

“Mgr Schneider  les excommunications de la FSSPX seraient une erreur historique.”

 

 

Les questions et les problèmes relatifs à la FSSPX font l’objet d’un débat largement infructueux depuis plus de cinquante ans ; ils ont désormais abouti à l’annonce de consécrations épiscopales qui n’ont pas encore reçu l’approbation du Saint-Siège. Cette discussion est alimentée par l’émotion — souvent, au sens littéral, cum ira et studio (avec colère et partialité) — et menée fréquemment par des personnes qui n’ont ni connaissance directe des documents en cause ni expérience personnelle de la FSSPX. Bien souvent, leurs connaissances sont superficielles et façonnées par des idées préconçues. En conséquence, le débat s’apparente souvent à un dialogue de sourds, où les mêmes arguments sont répétés à l’envi sans la moindre avancée significative.

 

Par ailleurs, ce débat fait largement l’impasse sur la question centrale soulevée par la FSSPX. Cette lacune découle d’une erreur méthodologique fondamentale et d’un manque d’argumentation factuelle concernant les ambiguïtés doctrinales et liturgiques objectives qui sont au cœur de la controverse. Au fond, le conflit porte sur la question de la vérité.

 

1- Vatican II dans le contexte des vingt autres conciles œcuméniques

 

La première erreur consiste à traiter un concile pastoral — en l’occurrence le concile Vatican II — comme s’il était entièrement dogmatique, et à présumer que toutes ses affirmations doivent être considérées comme définitivement proposées et contraignantes pour tous les catholiques. Ceux qui agissent ainsi oublient que Paul VI lui-même a déclaré : « Certains se demandent quelle autorité, quelle qualification théologique le Concile a entendu donner à ses enseignements, sachant qu’il a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du Magistère ecclésiastique. La réponse est connue de quiconque se souvient de la déclaration conciliaire du 6 mars 1964, réitérée le 16 novembre 1964 : étant donné le caractère pastoral du Concile, celui-ci a évité de prononcer, de manière extraordinaire, des dogmes revêtus de la note d’infaillibilité. » (Audience générale du 12 janvier 1966). Cela vaut également pour les deux constitutions « dogmatiques » du Concile, Dei Verbum et Lumen Gentium, puisque l’adjectif « dogmatique » revêt un sens plus large et ne se limite pas aux dogmes compris comme des enseignements dotés de l’infaillibilité.

 

Parmi les vingt autres conciles œcuméniques, on trouve de nombreuses déclarations et documents à caractère pastoral ou disciplinaire qui ne sont plus applicables aujourd’hui (par exemple, le décret du quatrième concile du Latran stipulant : « Si un seigneur temporel néglige de purifier son territoire de la souillure de l’hérésie, il sera frappé d’excommunication »), ainsi que des déclarations doctrinales non définitives (par exemple, celles du concile de Florence concernant la matière et la forme du sacrement de l’ordre) qui ont été ultérieurement corrigées par le Magistère de l’Église. On ne saurait absolutiser une forme historique concrète de gouvernement de l’Église, car cela reviendrait à supprimer la distinction nécessaire entre, d’une part, les vérités de foi immuables et pérennes (Depositum Fidei) et, d’autre part, les divers modes de transmission de ces vérités (par exemple, une déclaration pastorale, une déclaration doctrinale non définitive ou une définition ex cathedra), chacun comportant un degré d’autorité et une force contraignante différents.

 

Aujourd’hui, toutefois, pour être en pleine communion avec le Saint-Siège, il faut accepter les affirmations et les enseignements de Vatican II qui sont de nature pastorale et assurément non définitifs quant à leur caractère magistériel. Cela soulève une question importante : pourquoi l’acceptation inconditionnelle des textes de Vatican II est-elle présentée comme une conditio sine qua non de la pleine communion avec le Saint-Siège, alors qu’aucune exigence comparable n’existe concernant les enseignements pastoraux, disciplinaires ou non définitifs des vingt conciles œcuméniques précédents ?

 

Parmi les enseignements non définitifs de Vatican II, plusieurs — notamment ceux concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux et la collégialité — présentent des formulations ambiguës, difficiles à concilier avec les doctrines constamment enseignées par le Magistère, depuis l’époque des Pères de l’Église jusqu’à la période précédant immédiatement le Concile.

Il convient également d’évoquer la question des lacunes rituelles et doctrinales du Novus Ordo Missae. De telles préoccupations ne peuvent plus être écartées d’emblée, comme en témoigne, par exemple, l’ouvrage de l’archimandrite Boniface Luykx intitulé A Wider View of Vatican II: Memories and Analysis of a Council Consultor (Angelico Press, Brooklyn, NY, 2025). Les défauts du Novus Ordo Missae demeurent un sujet de sérieuses discussions et ne sauraient être simplement éludés. Néanmoins, le Saint-Siège demande à la FSSPX d’accepter non seulement la validité, mais aussi la légitimité et la qualité de la réforme liturgique du Novus Ordo Missae.

 

2- Deux dérives modernes dans la vie de l’Église : le légalisme et le papocentrisme

 

La résolution de la question de la FSSPX est entravée non seulement par une réticence à affronter, avec honnêteté intellectuelle, les questions doctrinales sous-jacentes et à reconnaître l’existence d’ambiguïtés doctrinales nécessitant une correction, mais aussi par une mentalité malsaine qui s’est développée au sein de l’Église au cours des derniers siècles : à savoir la primauté du légalisme ou du positivisme juridique, conjuguée à un papocentrisme excessif frisant la quasi-divinisation tant de la charge que de la personne du Pape.

 

Ces exagérations modernes dénaturent et entravent la vie de l’Église en subordonnant la primauté de la pureté et de la clarté de la foi et de la liturgie aux exigences du légalisme et du papocentrisme — un phénomène étranger aux Pères de l’Église et à la grande Tradition. Dans cette forme exacerbée de papocentrisme, le Pape et son magistère, même lorsqu’ils ne sont pas strictement dogmatiques ou définitifs, tendent à être considérés comme revêtus d’un caractère absolu et quasi divin. Le climat ecclésial a souvent été façonné, du moins implicitement, par des présupposés qui s’apparentent à de telles attitudes.

 

La plupart des commentateurs de la controverse actuelle entourant les consécrations épiscopales de la FSSPX demeurent, souvent à leur insu, influencés par les dérives du légalisme et du papocentrisme excessif qui caractérisent une grande partie de la vie ecclésiale contemporaine. La règle selon laquelle les consécrations épiscopales effectuées sans autorisation papale — ou contrairement à la volonté exprimée du Pape — constituent un acte schismatique était étrangère à l’époque des Pères de l’Église. En effet, cette règle n’est entrée en vigueur qu’au cours du deuxième millénaire. Le canon 1387 du Code de droit canonique de 1983, qui interdit la consécration d’un évêque sans mandat pontifical, est classé parmi les « délits contre les sacrements » plutôt que parmi les « délits contre la foi et l’unité de l’Église », catégorie sous laquelle le schisme est sanctionné (can. 1364). Si la consécration épiscopale sans mandat pontifical était intrinsèquement schismatique, elle figurerait parmi les délits « contre l’unité de l’Église ». Le canon correspondant du Code de 1917 figurait également parmi les « Délits dans l’administration et la réception des ordres et autres sacrements » (Titre XVI), plutôt que parmi les « Délits contre la foi et l’unité de l’Église » (Titre XI).

 

3. L’état extraordinaire de crise, voire d’urgence, au sein de l’Église

 

Depuis le concile Vatican II, l’Église catholique connaît un climat d’ambiguïté, de flou et d’incertitude généralisés concernant des doctrines importantes telles que l’unicité du Christ Rédempteur, l’unicité de l’Église catholique, la structure monarchique de l’Église établie par Dieu (tant au niveau universel que local) et le caractère sacrificiel de la Sainte Messe. Il est indéniable que ceux qui ont exercé le pouvoir administratif au Saint‑Siège au cours des dernières décennies, et qui l’exercent encore aujourd’hui, exigent de la FSSPX — comme condition sine qua non d’une pleine communion avec le Saint-Siège — l’acceptation de ce climat de facto d’ambiguïté et de relativisme doctrinaux et liturgiques, lequel a atteint son paroxysme avec l’actuel processus synodal, extrêmement confus, qui touche l’Église tout entière. Depuis le Concile, et en lien avec certains des enseignements ambigus susmentionnés, un processus est à l’œuvre pour instaurer, sous l’autorité du Pontife romain, une soi-disant « Église de Vatican II » ou « Église conciliaire ». Cette tendance, qui prend aujourd’hui le nom d’« Église synodale », vise au fond à devenir une religion relativiste adaptée au monde. Les tentatives de masquer cette nouvelle orientation vers une forme d’Église catholique ambiguë, relativiste et mondaine au moyen d’une herméneutique de la continuité sont malhonnêtes et peu convaincantes.

 

4. Le dilemme de conscience de la FSSPX

 

Le Saint-Siège exige de la FSSPX qu’elle accepte des doctrines formulées de manière ambiguë et non définitives comme condition sine qua non de la pleine communion avec le Saint-Siège et de l’obtention d’une régularisation canonique. Ces doctrines incluent des enseignements relatifs à la liberté religieuse, à l’œcuménisme, au dialogue interreligieux (y compris, par exemple, l’affirmation de Lumen Gentium §16 selon laquelle les musulmans « adorent avec nous [les catholiques] le Dieu unique, miséricordieux »), à la collégialité épiscopale (telle qu’elle est comprise d’une manière qui amoindrit la structure monarchique de l’Église instituée par Dieu) et aux réformes liturgiques associées au Novus Ordo Missae. Le Saint-Siège exige également de la FSSPX qu’elle reconnaisse formellement les déclarations et les enseignements des papes post-conciliaires relevant de ce que l’on appelle le magistère authentique et ordinaire. Cela inclut, par exemple, certaines affirmations d’Amoris Laetitia qui portent gravement atteinte à la Révélation divine, voire la contredisent ; l’autorisation formelle donnée par le pape François aux personnes divorcées et remariées de recevoir la sainte communion ; ainsi que la déclaration sur la bénédiction des couples de même sexe, Fiducia Supplicans.

 

Si l’on examine avec honnêteté intellectuelle la crise extraordinaire qui frappe l’Église depuis le Concile — ainsi que les ambiguïtés et le relativisme doctrinal, liturgique et pastoral qui l’ont accompagnée — alors l’existence et l’activité de la FSSPX peuvent être considérées, dans une perspective à long terme et à la lumière de l’histoire bimillénaire de l’Église, comme une œuvre de la divine Providence et comme un soutien pour l’Église durant une crise d’une ampleur sans précédent.

 

À la lecture des documents récents publiés par le Supérieur général de la FSSPX, l’abbé Davide Pagliarani — en particulier la Déclaration de foi catholique et sa Communication aux fidèles et amis de la Fraternité — on ne peut manquer de remarquer un esprit profondément catholique, empreint d’une foi véritable en la primauté pontificale et d’une dévotion filiale envers la personne du Souverain Pontife.

 

Le problème auquel la FSSPX est confrontée est aisé à comprendre. Le Saint-Siège exige que la FSSPX accepte, sans objection substantielle, certains enseignements du concile Vatican II objectivement ambigus et non définitifs, des affirmations ambiguës du magistère pontifical post-conciliaire, ainsi que des défauts doctrinaux et rituels objectifs présents dans le Novus Ordo. Pourtant, Dieu n’a jamais exigé l’adhésion à des doctrines peu claires ou formulées de manière ambiguë, et l’Église a toujours agi en conséquence tout au long de son histoire.

 

La FSSPX considère comme l’une de ses raisons d’être essentielles d’appeler, avec parrhésie, à un retour à la clarté et à la pureté absolues de la doctrine, que l’Église s’est toujours efforcée de préserver au fil des siècles. Par le passé, les Pontifes romains ont enduré persécutions, martyres et même des schismes plutôt que de tolérer la moindre ambiguïté dans l’expression de la foi. Parmi les exemples les plus marquants, on peut citer le rejet du terme ambigu homoiousios ; le rejet de l’Henotikon qui, sans être formellement hérétique, compromettait néanmoins la clarté de la doctrine christologique et favorisait la propagation du monophysisme ; ainsi que le rejet des formulations christologiques ambiguës du pape Honorius Ier († 638). Plusieurs papes ont condamné Honorius Ier à titre posthume, non pour hérésie, mais pour ambiguïté doctrinale et pour avoir favorisé la propagation de l’hérésie. L’unité n’est pas, en soi, le critère ultime de la vérité. L’histoire de l’Église connaît de nombreuses situations où des tensions ont existé entre la tradition et l’exercice effectif de l’autorité ecclésiastique.

 

Le fait même que certains enseignements du concile Vatican II, ainsi que la réforme liturgique, aient suscité — et continuent de susciter, tant en théorie qu’en pratique — un affaiblissement de la clarté doctrinale, oblige le Pape, à l’instar de nombre de ses prédécesseurs héroïques, à clarifier et, le cas échéant, à amender ces enseignements. Cela doit être accompli avec une précision et une clarté doctrinales renouvelées, de telle sorte qu’il ne subsiste aucune place pour des interprétations ambiguës ou erronées. À cet égard, le principe suivant, qui a longtemps guidé les Pontifes romains, demeure plus pertinent que jamais : « L’ambiguïté ne saurait être tolérée dans un Synode (Concile), dont la gloire principale consiste avant tout à enseigner la vérité avec clarté et à exclure tout risque d’erreur » (Pie VI, Auctorem fidei).

 

Le drame de la situation actuelle réside dans le fait que le Saint-Siège exige de la FSSPX qu’elle accepte l’état d’ambiguïté doctrinale et liturgique existant comme une conditio sine qua non pour la pleine communion et la régularisation canonique. Lors de la controverse monothélite, alors que le pape Honorius Ier avait adopté une position ambiguë, le saint patriarche Sophrone de Jérusalem envoya son suffragant, Étienne, évêque de Dor, à Rome ; il le chargea de se rendre au Siège apostolique — là où se trouvent les fondements de la doctrine orthodoxe — et de ne cesser ni de prier ni d’insister jusqu’à ce que les autorités compétentes examinent et condamnent cette erreur nouvelle. L’évêque Étienne demeura dix ans à Rome, persévérant dans cette mission jusqu’à ce qu’il voie la condamnation de l’hérésie par le pape Martin Ier lors du concile de Latran en 649. En un certain sens, la FSSPX joue aujourd’hui un rôle analogue, exhortant sans relâche le Saint‑Siège à mettre un terme à cette situation d’ambiguïté et d’incertitude doctrinales et liturgiques. La FSSPX a déclaré à maintes reprises qu’elle n’a d’autre intention que de former les âmes confiées à sa sollicitude pastorale pour en faire de bons chrétiens et de véritables fils et filles de l’Église romaine. En fin de compte, il convient d’être reconnaissant envers la FSSPX pour ce rôle ; les futurs papes le seront assurément.

 

5. La solution pastorale du Pape au problème de la FSSPX

 

Le Saint‑Siège devrait dûment prendre en considération la Déclaration de foi catholique et la Communication aux fidèles publiés par le Supérieur général de la FSSPX, et reconnaître ces documents et actes comme suffisants — et satisfaisant aux conditions minimales — pour la communion ecclésiale. Une excommunication, à l’heure actuelle, ouvrirait une plaie nouvelle, inutile et évitable, au sein du Corps mystique du Christ.

 

À la lumière de ces documents et actes de la FSSPX, le Pape, avec son cœur de père, pourrait faire une exception et autoriser les consécrations épiscopales par un geste pastoral d’une réelle générosité. En frappant d’excommunication les évêques consécrateurs et consacrés, le Souverain Pontife punirait implicitement aussi les fidèles de la FSSPX — une partie de son troupeau — qui l’aiment et le reconnaissent sincèrement, mais qui, en raison de ce qu’ils perçoivent comme un véritable dilemme de conscience, ne voient d’autre alternative que de continuer à être assistés pastoralement par la FSSPX, pour l’existence de laquelle l’épiscopat demeure indispensable, notamment pour l’administration des sacrements de l’Ordre et de la Confirmation.

 

C’est pourquoi, uniquement pour le bien des âmes et celui de l’Église, la FSSPX demande au Souverain Pontife de faire preuve de compréhension, dans les circonstances actuelles, quant à son besoin d’avoir des évêques, et d’autoriser les consécrations épiscopales. Malheureusement, en dépit de ce qu’elle considère comme un dilemme de conscience objectif, la FSSPX est, pour l’essentiel, qualifiée de schismatique et d’orgueilleuse.

 

Dans un esprit de magnanimité, le Souverain Pontife, en véritable père, pourrait jeter un pont vers la FSSPX — cette partie de son troupeau — et autoriser les consécrations épiscopales à titre exceptionnel, afin de favoriser un climat propice à ce qu’une solution aux questions doctrinales et aux dispositions juridiques correspondantes puisse être trouvée patiemment et progressivement, grâce à une confiance mutuelle accrue. L’Église synodale d’aujourd’hui devrait être capable d’une telle ouverture et d’une telle générosité pastorales. Au vu des nombreuses déclarations et initiatives œcuméniques généreuses de ces dernières décennies, elle devrait également démontrer sa capacité à traiter un problème ecclésial sérieux par le dialogue, la patience et la compréhension au sein même de l’Église catholique.

Récemment, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a affirmé qu’au sujet des dérives des évêques allemands, le Saint-Siège ne souhaite pas que les divisions débouchent sur des mesures punitives, soulignant que les problèmes au sein de l’Église devraient, dans la mesure du possible, être résolus pacifiquement. Pourquoi cette approche ne s’appliquerait-elle pas également à la FSSPX, qui ne nie aucun dogme, reconnaît la primauté du pape, prie pour lui et lui voue une dévotion filiale, tout en conservant ce que l’Église a cru et célébré universellement jusqu’au Concile ? Parallèlement, le Chemin synodal allemand a promu des dérives doctrinales manifestes, favorisant des hérésies de fait et même des positions blasphématoires. Pourquoi, dès lors, privilégier la réconciliation et le dialogue patient dans un cas et non dans l’autre ?

 

Si, cette année, le pape devait prononcer une excommunication — un nouvel anathème — à l’encontre des évêques consécrateurs et consacrés, cela resterait dans l’histoire de l’Église comme une erreur due à une sévérité pastorale excessive. Les générations futures et les papes à venir finiraient par le regretter. Pourquoi le pape ferait-il aujourd’hui ce que les générations futures pourraient déplorer demain ? Ne devrions-nous pas tirer les leçons de l’histoire ? Le pape, en tant que Souverain Pontife, n’est-il pas appelé avant tout à bâtir des ponts ?

 

 

Source LifeSiteNews

Saint Guillaume, fondateur des moines de Montevergine

24/06/2026

Saint Guillaume, fondateur des moines de Montevergine

 

 

 Il se libère des oripeaux familiaux, renonce à son titre nobiliaire, endosse une bure grise et marche nu-pieds. Compostelle est une étape obligée de pèlerinage si tu es un homme de l’an Mille. Quand Guillaume part pour le sanctuaire espagnol, nous sommes autour de l’an 1099. Ce sera cinq ans de marche, de pain et d’eau, de cilice et des nuits par terre, de conversation intime avec Dieu et d’annonce enthousiaste de l’Evangile tout au long du chemin.

 

Objectif inimaginable


L’autre étape pour tout pèlerin de l’époque c’est la terre de Jésus. Guillaume rentre en Italie avec l’objectif de partir pour Jérusalem. Mais l’homme qui planifie ne sait pas les surprises que Dieu lui réserve. Le jeune parcourt l’Italie à la recherche d’un bateau, mais du côté de Brindisi un groupe de délinquants l’agresse. Sur ce pèlerin il y a peu de chose à voler et la déception se transforme en violence. Guillaume est malmené et contraint d’interrompre son voyage. Quand il se reprend il rencontre Jean de Matera, lui aussi futur saint, qu’il avait précédemment rencontré et qui lui dit avec fermeté que derrière l’agression subie pourrait se cacher un signe plus grand, celui de consacrer sa mission d’apôtre à l’Italie. Guillaume réfléchit, et s’en convainc; il reprend la route, et en 1118 il rejoint l’Irpinie, au pied du mont Partenio. Il s’y arrête et s’installe dans une petite cavité. Le pèlerin devient ainsi ermite.

 

Les moines de Montevergine


L’ermite est fait pour la solitude, mais c’est la solitude qui n’est pas pour l’ermite. Car sa renommée d’homme de Dieu se répand vite comme le vent glacial qui souvent fouette les bosquets du Partenio. Par dizaines, les gens rejoignent Montevergine où se trouve la petite cellule du moine Guillaume. L’ermite devient Abbé. Peu de règles écrites. Dictées oralement mais vécues concrètement par l’exemple: pénitence rigoureuse, prière, pratique de la charité envers les pauvres. C’est la souche de la Congrégation Virgilienne, qui est officiellement reconnue en 1126. Les pieds de l’ermite sont cependant chancelants. Et un jour, confiée à un disciple, l’abbaye, entre temps, est érigée et le pèlerin se remet sur les routes. De l’Irpinie à Sannio, de la Lucanie aux Pouilles, et en Sicile. Il a affaire avec les princes normands et avec des pauvres qui se déplacent avec une canne; celui qui le rencontre en reste fasciné. Les histoires parlent de signes miraculeux: la plus connue est celle du loup qui dévore l’âne utilisé pour le déplacement de Guillaume; le moine «contraint» le loup à se transformer en bête de somme avec une parfaite mansuétude.

 

Patron de l’Irpinie


L’abbaye de Montevergine prospère grâce à des donations continues et importantes. Parmi les amis couronnés mais surtout sincères de Guillaume figure Roger II, un roi normand. C’est à lui que le pèlerin devenu ermite et abbé rend visite une dernière fois lorsque les forces sont en train de l’abandonner. La mort le cueille dans un de ces monastères Irpiniens, à Goleto, en 1142. Huit cents ans après sa mort, en 1942, Pie XII le proclame Patron principal de l’Irpinie.

 

 

Source : Vatican News

La confiance dans l'Église a été « détruite » pour beaucoup ces dernières années.

22/06/2026

La confiance dans l'Église a été « détruite » pour beaucoup ces dernières années.

 

 

CITÉ DU VATICAN Mickael Haines— L’Église souffre d’un manque de confiance généralisé et dévastateur, dû en grande partie au pontificat du pape François, dont le règne a été marqué par des ruptures avec l’enseignement catholique sur le mariage, la nature de l’Église et le rôle de l’Église dans le salut.

 

Telle est l’évaluation de Monseigneur Martin Grichting, professeur estimé de droit canonique, vicaire général émérite du diocèse de Coire et ancien consulteur de la Congrégation pour le Clergé au Vatican.

 

« Cette confiance a été ébranlée au sein de l’Église ; pour beaucoup, elle a été anéantie », écrit-il. { L’analyse de Grichting a initialement paru dans InfoVaticana, mais la traduction anglaise officielle est publiée ici avec l’autorisation de Mgr Grichting. Le texte intégral se trouve ci-dessous .}

 

Grichting cite des moments clés tels que Amoris Laetitia , Fiducia Supplicans , la Déclaration d'Abu Dhabi et le Synode sur la synodalité comme ayant contribué à la crise à laquelle il fait référence :

 

Avec son encyclique « Amoris Laetitia », le pape François a transformé l'indissolubilité du mariage en une farce. Elle n'est plus valable qu'en théorie. En pratique, grâce à quelques « distinctions pastorales » – sur n'importe quel fondement, par n'importe qui – on peut vivre dans l'adultère en toute conscience. La bénédiction non liturgique de quelques secondes accordée par le Vatican aux couples de même sexe et aux couples non mariés (« Fiducia supplicans ») constitue un éloignement supplémentaire du mariage chrétien.

 

Il avertit également que ces problèmes « persistent sous le pape Léon XIV », notamment avec le Synode sur la synodalité et les travaux du Secrétariat général du Synode des évêques qui a récemment publié « un texte hérétique qui relativise l’enseignement de l’Église sur le mariage et la famille (Rapport final du Groupe d’étude 9 concernant les « questions complexes ») ».

 

 

Monseigneur souligne également les restrictions importantes imposées à la liturgie traditionnelle – mises en œuvre par le pape François en 2021. « Les laïcs sont humiliés de se voir interdire de célébrer cette forme d’Eucharistie dans les églises paroissiales. Ces fidèles sont contraints à la clandestinité ou à rejoindre la Fraternité Saint-Pie-X, dont l’existence même est alors déplorée. »

 

Il souligne la contradiction apparente : le Saint-Siège ferme les yeux sur les agissements de plus en plus hétérodoxes de l'épiscopat allemand, tout en réprimant avec vigueur et promptitude la Fraternité Saint-Pie-X pour son attachement à la tradition. Les Allemands, écrit Grichting, agissent « sans entrave », bien qu'ils s'emploient depuis des années à « saper l'ordre sacramentel de l'Église avec leur "chemin synodal" et à institutionnaliser la bénédiction des couples de même sexe ». À l'inverse, la Fraternité Saint-Pie-X « est menacée d'excommunication en vertu de l'autorité absolue du pape ».

 

Concernant la double réponse du Saint-Siège aux Allemands et à la FSSPX, Grichting commente que le Pape ignore Lumen Gentium n° 21 « concernant le sacrement de l’Ordre et exige l’acceptation de la Constitution sur la liturgie… Ces deux poids, deux mesures détruisent la confiance de nombreux fidèles. »

 

Soulignant un exercice déformé de l'autorité papale, Grichting note que les consécrations épiscopales prévues par la FSSPX constituent « sans aucun doute une tentative problématique de limiter l'omnipotence papale lorsque sa limite ne semble plus être la doctrine de l'Église ».

Afin de réparer les dégâts au sein de l'Église, Mgr Grichting a exhorté le Pape à « panser les plaies infligées à la doctrine de l'Église », mais a averti que cela ne se ferait pas par « des diktats, des menaces et des doubles standards ».

 

« La Fraternité Saint-Pie X n’est pas la maladie, mais un symptôme », écrivait-il. « Ce symptôme peut être combattu par l’excommunication. La suprématie papale le permet sans aucun doute légalement. Mais la maladie n’en sera pas guérie. Elle continuera de s’envenimer, de diviser et d’affaiblir le Corps du Christ, l’Église. »

 

Pour Grichting, le pape doit se montrer plus proactif, non seulement pour sanctionner la FSSPX, mais aussi pour remédier à la crise dévastatrice de doctrine et d'autorité qui sévit actuellement au sein de l'Église.

 

 

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Une crise de confiance dans l'Église


Seule la constance papale peut panser les plaies infligées à l'unité de l'Église. Un commentaire de Martin Grichting.

 

Le libéral catholique Lord Acton (1834-1902) a déclaré : « Le pouvoir tend à corrompre, et le pouvoir absolu corrompt absolument. » En démocratie, on en conclut que le pouvoir doit être source de méfiance et limité. Il est donc contrôlé, entre autres, par la reconnaissance des droits fondamentaux, la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), le principe de subsidiarité et le fédéralisme, les référendums et la limitation des mandats. Par un « contrat social » entre tous les citoyens – la constitution –, le peuple s’engage à partager le pouvoir politique de cette manière. Mais même ce contrat ne suffit pas toujours à le contenir.

 

Au sein de l’Église, le problème du pouvoir est encore plus aigu. En effet, aucun des moyens susmentionnés de fragmentation du pouvoir n’y existe. Au contraire, selon la doctrine de la foi et le Code de droit canonique (CIC/1983), le pape possède « en vertu de sa charge le pouvoir ordinaire suprême, plein, immédiat et universel dans l’Église » (c. 331).

 

Le Pape détient donc un pouvoir absolu. Ce pouvoir absolu au sein de l'Église conduit-il pour autant à une corruption absolue ? Si l'on considère l'Église uniquement d'un point de vue humain, la réponse serait sans doute : oui. Mais, du point de vue de la foi, il n'en est rien. Car il existe un seul « instrument » pour limiter l'omnipotence papale : l'obéissance inconditionnelle à la Tradition et à l'Écriture saintes, auxquelles le Pape est tenu par sa conscience. C'est uniquement parce que l'Église dans son ensemble, et le Pape en particulier, sont liés par cette limitation du pouvoir que le pouvoir absolu peut être confié à une seule personne en son sein. La méfiance envers le pouvoir est ainsi surmontée dans l'Église par la confiance que les fidèles ont dans le fait que le Pape sait lui-même être tenu par une obéissance inconditionnelle à la foi dans l'exercice de son pouvoir, lequel est par nature illimité.

 

Cette confiance a été ébranlée au sein de l'Église ; pour beaucoup, elle a été anéantie. Le pape François a transformé l'indissolubilité du mariage en une farce avec « Amoris Laetitia ». Elle n'est plus valable qu'en théorie. En pratique, grâce à quelques « distinctions pastorales » – sur n'importe quel fondement, par n'importe qui – on peut vivre dans l'adultère en toute conscience. La bénédiction non liturgique de quelques secondes accordée par le Vatican aux couples de même sexe et aux couples non mariés (« Fiducia supplicans ») représente un éloignement supplémentaire du mariage chrétien. Des gestes ambigus tels que le culte de la Pachamama au Vatican et le « Document sur la Fraternité Humaine » (Déclaration d'Abou Dhabi) de 2019 ont de fait nié l'universalisme chrétien du salut. La nomination de laïcs à des postes de direction au Vatican impliquant l'exercice de l'autorité gouvernementale constitue une rupture avec le Concile Vatican II (LG 21 ; Nota explicativa praevia 2). Elle sape l'ordre sacramentel et hiérarchique de l'Église. Cette situation persiste sous le pontificat de Léon XIV. Dans la foulée du « synodalisme », le Saint-Siège a publié un document qui tente de justifier le rejet du concile Vatican II (Rapport final du Groupe d’étude 5 sur le sacrement de l’Ordre et la « potestas sacra »). Sans commentaire – et de manière irresponsable –, le Saint-Siège a publié un texte hérétique qui relativise l’enseignement de l’Église sur le mariage et la famille (Rapport final du Groupe d’étude 9 sur les « questions complexes »).

 

Même les graves abus liturgiques sont ignorés ou minimisés par les évêques et le Saint-Siège. Pourtant, les adeptes de la forme extraordinaire de la communion sont persécutés. On empêche les prêtres de célébrer l'Eucharistie de cette manière, ou on leur impose des difficultés à le faire. Les laïcs sont humiliés par l'interdiction de célébrer cette forme de l'Eucharistie dans les églises paroissiales. Ces fidèles sont contraints à la clandestinité ou se tournent vers la Fraternité Saint-Pie-X, dont l'existence même est alors déplorée.

 

Le pape laisse les évêques allemands, qui depuis des années sapent l'ordre sacramentel de l'Église avec leur « chemin synodal » et institutionnalisent la bénédiction des couples de même sexe, agir en toute impunité. Des discussions auraient eu lieu avec eux. La Fraternité Saint-Pie-X, quant à elle, est menacée d'excommunication en vertu de l'autorité absolue du pape. Ce dernier ignore la Constitution dogmatique « Lumen Gentium » (n° 21) relative au sacrement de l'Ordre et exige l'acceptation de la Constitution sur la liturgie (« Sacrosanctum Concilium »). Or, ces deux documents émanent du même concile. Ce double discours érode la confiance de nombreux fidèles.

 

L'annonce par la Fraternité Saint-Pie X de consacrer des évêques de sa propre initiative témoigne d'une perte de confiance envers le Pape. La sympathie suscitée par cet acte, bien au-delà des seuls membres de la Fraternité, révèle que pour beaucoup, la confiance a cédé la place à la méfiance. Trop de choses se sont passées, et les conséquences sont dévastatrices. De plus en plus de catholiques prennent conscience que la doctrine de l'Église ne limite plus les actions de la hiérarchie. C'est là le mal qui ronge véritablement l'Église. Et ce mal ne saurait être guéri par l'exercice de la toute-puissance papale au moyen de menaces et d'excommunications. Car si le pouvoir sans contrôle de la partie la plus forte est déterminant au sein de l'Église, une seule conclusion s'impose : ce pouvoir doit être limité. L'ordination d'évêques contre la volonté du Pape constitue en définitive une tentative – incontestablement problématique – de limiter la toute-puissance papale lorsque sa limite ne semble plus être la doctrine de l'Église.

 

Pour éviter de nouvelles limitations de la toute-puissance papale dues aux schismes, il n'y a qu'une seule voie possible : le Pape doit panser les plaies infligées à la doctrine de l'Église. C'est la seule façon d'apaiser la méfiance et de restaurer la confiance. Il n'y parviendra pas par des diktats, des menaces et une politique de deux poids, deux mesures. La Fraternité Saint-Pie-X n'est pas le mal, mais un symptôme. Ce symptôme peut être combattu par l'excommunication. La suprématie papale le permet sans aucun doute juridiquement.

 

Mais cela ne guérira pas le mal. Il continuera de s'envenimer, de diviser et d'affaiblir le Corps du Christ, l'Église. Le Pape détient la clé de la guérison. Il doit l'exercer et ne peut rester indifférent. Car même ne pas gouverner, c'est gouverner. C'est aussi une conséquence de l'omnipotence papale.

 

 

Source : 

 

Prier en profondeur : en savoir plus sur l'oraison

17/06/2026

Prier en profondeur : en savoir plus sur l'oraison

Dans cette nouvelle vidéoconférence, l'Abbé Torbiörn de l'Institut du Bon Pasteur, propose une présentation complète et progressive de l'oraison : sa nature et son origine, les étapes concrètes pour la pratiquer, la distinction entre méditation et contemplation, les difficultés courantes et la manière de les traverser, ainsi que les liens entre l'oraison et les autres sacrements de la vie chrétienne. Un enseignement nourri des écrits de Sainte Thérèse d'Avila, Saint Jean de la Croix et Saint François de Sales.

 

L'héritage catholique français aux USA

16/06/2026

L'héritage catholique français aux USA

 

 

Dans un pays bâti par et pour une majorité protestante, ce sont des Français qui ont posé les fondations et assuré la survie de l'Église catholique américaine. C'est une véritable épopée digne d'un grand western, avec ses pionniers, ses exilés et ses bâtisseurs infatigables.

 

Voici l'histoire secrète de ces "pères fondateurs" en soutane.

 

Des neiges du Canada aux plaines de la Louisiane


L'aventure commence bien avant l'indépendance des États-Unis, à l'époque où la France possédait un territoire colossal sur le continent : la Nouvelle-France. Ce bout du monde s'étendait du Québec actuel jusqu'au golfe du Mexique.

 

Dès le XVIIe siècle, sous l'impulsion de Richelieu, la France y lance de vastes missions d'évangélisation. Le terrain est hostile et la mission périlleuse. Des jésuites y laissent la vie (comme le Père Jean de Brébeuf, martyrisé par les Iroquois), tandis que des figures féminines d'exception, comme sainte Marie de l'Incarnation, fondent des monastères pour éduquer les Amérindiennes.

 

Puis, les guerres rebattent les cartes. Au tournant du XIXe siècle, la France est dépossédée de ses terres par les Anglais, puis vend la Louisiane aux Américains. On pourrait croire que la présence française s'arrête là. C'était mal connaître nos compatriotes !

 

L'effet inattendu de la Révolution française


En 1789, les États-Unis sont nés. Les catholiques américains, souvent d'origine anglaise et fuyant les persécutions anglicanes, sont une poignée. Ils ont leur capitale spirituelle, Baltimore, et leur premier évêque, Mgr John Carroll. Mais il y a un problème de taille : le pays manque cruellement de prêtres. On en compte alors à peine 27 pour 25 000 fidèles.

 

L'évêque appelle à l'aide. Et c'est là que l'Histoire bascule grâce à une ironie du sort : c'est la Révolution française qui va sauver le catholicisme aux États-Unis.

 

Pressentant que la Terreur va s'abattre sur le clergé en France, le supérieur de la compagnie de Saint-Sulpice décide de répondre à l'appel de Baltimore. Les Sulpiciens traversent l'Atlantique et fondent en 1791 le séminaire Sainte-Marie. Le succès est absolu : c'est là que sera formé tout le clergé américain du XIXe siècle. Pour vous donner une idée de l'empreinte française, tous les directeurs de ce séminaire seront français jusqu'en 1902 !

 

De New York à Notre-Dame : des bâtisseurs de génie


Chassés par la Révolution, de plus en plus de prêtres français débarquent aux États-Unis. Baltimore devient trop petite pour eux, alors ils partent à la conquête de l'Ouest et du reste du pays. Entre 1808 et 1903, la France va littéralement "fournir" 44 évêques à l'Amérique, de Boston à Santa Fe, en passant par Denver et La Nouvelle-Orléans.

 

Parmi ces pionniers, on croise des profils hors norme :

 

L'évêque des sept États : Mgr Benoît-Joseph Flaget, un Auvergnat, est nommé à la tête du nouveau diocèse de Bardstown. Son territoire couvre l'équivalent de sept États actuels ! Jusqu'à ses 84 ans, il y bâtira des écoles, des dispensaires, et prendra courageusement la défense des Amérindiens face aux politiques gouvernementales.

 

Le créateur de campus : Vous connaissez peut-être la prestigieuse université américaine de Notre-Dame, dans l'Indiana, célèbre pour son équipe de football américain et son excellence académique ? Elle a été fondée en 1842 par un prêtre français, le Père Édouard Sorin.

 

L'influenceuse spirituelle : Arrivée en 1818, sainte Philippine Duchesne a profondément marqué la foi locale en introduisant aux États-Unis la dévotion au Sacré-Cœur, à travers une vie d'audace absolue.

 

Alors, la prochaine fois que l'on nous parlera de l'héritage français aux États-Unis, rappelons-nous que nos ancêtres n'ont pas seulement exporté, hélas, les Lumières ou un coup de main militaire. Avec une résilience folle, de simples prêtres et religieuses ont façonné, paroisse après paroisse, le paysage spirituel de la première puissance mondiale.


Fr. Charbonnier
Sources diverses 

 

 

Quand le pape Léon XIV réveille l'âme de l'Espagne : entre tradition et modernité

15/06/2026

Quand le pape Léon XIV réveille l'âme de l'Espagne : entre tradition et modernité

 

 

Un discours sans filtre sur l'intégration


Aux îles Canaries, épicentre de la crise migratoire, Léon XIV a surpris son auditoire. S’il a rappelé le devoir inconditionnel de compassion et d’accueil, il a également insisté sur la réciprocité de l'intégration. Pour lui, rejoindre un pays implique une responsabilité : celle d'apprendre la langue, de s'ouvrir à la communauté et de respecter ses lois.

 

Fait marquant de ce voyage, le pape a fermement condamné les passeurs (voir notre brève du 14/06), tout en appelant les catholiques à ne plus avoir peur de proposer la foi chrétienne aux nouveaux arrivants, faisant de l'intégration une démarche aussi bien sociale que spirituelle.

 

Le réveil spirituel du Vieux Continent


Au-delà de l'actualité brûlante, c'est l'image d'un chef d'Église exigeant et spirituel qui ressort de ce voyage. Profondément inspiré par saint Augustin, Léon XIV souhaite provoquer un véritable sursaut moral.

 

Devant le clergé espagnol, il a rappelé l'importance de placer l'Eucharistie au centre de la vie chrétienne. Son ambition est claire : réveiller la dimension intérieure d'une Europe sécularisée qui a oublié ses propres racines.

 

Pop culture et proximité


Cependant, cette grande exigence théologique s'accompagne d'une étonnante décontraction. Léon XIV est un pape de son temps qui sait s'adresser aux foules :

Par l'humour : Il n'hésite pas à partager des moments de grande complicité avec les pilotes de son avion.

Par le sport : Il utilise le football pour dénoncer l'individualisme, rappelant que dans la vie, « la star qui garde le ballon [...] risque de perdre ».

Par la culture urbaine : L'anecdote de son entretien privé avec le chanteur star Bad Bunny prouve sa volonté de créer des ponts avec la jeunesse sans pour autant sortir de son éminente fonction..

 

Ce qu'il faut retenir


Dans une société mondiale traversée par de profondes fractures, le message de Léon XIV en Espagne a agi, semble-t-il, comme un véritable baume. Les fidèles retiennent les maîtres-mots de ce séjour : paix et unité.
En conjuguant une foi décomplexée à une véritable chaleur humaine, le pape a démontré que le christianisme conserve une force inspirante pour les nouvelles générations.

 

 

Le plaidoyer du Duc d'Anjou pour l'unité historique de la France

14/06/2026

Le plaidoyer du Duc d'Anjou pour l'unité historique de la France

 

 

À l'occasion du huit-centième anniversaire du sacre de saint Louis en 2026, Louis, Duc d’Anjou, livre une méditation politique sur l’état de la France, articulée autour du symbole hautement évocateur de la nécropole de Saint-Denis. Rejetant d’emblée la rhétorique de la division qui chercherait à opposer l'histoire millénaire au « peuple vivant de 2026 », l’auteur refuse de « prendre l’un pour écraser l’autre » et s’élève contre la tentation de fracturer la population.

 

En sa qualité de chef de la Maison de Bourbon, il rappelle la méthode capétienne, caractérisée par un travail d'unification séculaire respectueux des identités locales. Selon lui, la royauté a su agréger des territoires aux coutumes diverses sans que l'altérité ne devienne une menace, à la condition expresse que ces différences ne constituent pas « une concurrence pour l’État ». Face aux dérives actuelles, le prince fustige à la fois le communautarisme de ceux qui veulent former « un État dans l’État » et l'égalitarisme stérile. Il affirme avec force qu’« il ne saurait y avoir de nouvelle France », mais seulement un même pays inscrit dans le temps long.

 

Le cœur de son propos repose sur un diagnostic sévère des crises éducative et identitaire. Déplorant que les clés de compréhension historique soient perdues, il renvoie dos à dos les « Français établis de longue date », oublieux de leur passé, et les « plus récemment arrivés », maintenus dans l’ignorance. Pour remédier à cette désintégration, il invite chaque citoyen à devenir le « fils spirituel de notre histoire et de nos rois ».

 

Enfin, le Duc d’Anjou positionne l’institution monarchique comme une solution d'avenir capable de surmonter la crise contemporaine. Présentant la Couronne comme un repère unificateur transcendant les mandatures éphémères, il propose d'y conjuguer verticalité du pouvoir et autonomies locales. En se référant aux figures tutélaires d’Henri IV et de Louis XVIII, champions de la réconciliation après les guerres civiles, il conclut ses lignes par un appel à la paix et à l’unité, élevant la mémoire des « peuples morts » au rang de fondement indispensable à la survie du peuple vivant.

Le retour de la France éternelle, fille aînée de l'Église, ne peut hélas se réaliser sans au préalable avoir procédé à la remise en état des structures de pouvoir. 

Kyrie Eleison !