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Le blog du Temps de l'Immaculée.

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Madeleine Delbrêl, éblouie par Dieu (1924)

09/09/2026

Madeleine Delbrêl, éblouie par Dieu (1924)

 

 

Mais lorsqu’elle rencontre, dans ses premières années d’études, de jeunes étudiants chrétiens, elle doit admettre que l’existence de Dieu n’est sans doute pas aussi ridicule qu’elle l’imaginait, puisque des gens intelligents et équilibrés professent une foi vive et enthousiaste. Acceptant honnêtement de se poser la question, elle l’aborde d’abord par la réflexion et l’étude, mais décide finalement de faire l’expérience de la prière. C’est dans cette prière, le 29 mars 1924, qu’elle est « éblouie par Dieu », saisie par cet amour auquel elle consacrera désormais sa vie.


 
Les raisons d'y croire


Madeleine Delbrêl n’était pas athée par indifférence ou par ignorance, mais par conviction.
Sa rencontre avec Dieu a été préparée par un honnête cheminement intellectuel : la rationalité y a toute sa part.
En même temps, sa conversion n’a pas été qu’un processus rationnel : au terme de la recherche intellectuelle, il a fallu le don d’une grâce surnaturelle, le don de la foi, reçu dans la prière.
Par sa vie entièrement donnée aux autres, Madeleine Delbrêl témoigne de la réelle fécondité de la foi dans nos vies.


 
En savoir plus


Madeleine Delbrêl naît en 1904 à Mussidan, en Dordogne. Son itinéraire religieux est d’abord semblable à celui de millions d’autres Français de ce siècle (et d’aujourd’hui). Née de parents non-pratiquants, elle est baptisée enfant, et prépare sa première communion en allant au catéchisme où elle montre même une certaine ferveur. Le catéchisme achevé, alors que Madeleine adolescente s’est installée à Paris avec ses parents, elle abandonne assez rapidement cette foi de son enfance. « À 15 ans, j’étais strictement athée », dira-t-elle (témoignage publié dans La Question des prêtres-ouvriers).

 

Mais elle va plus loin dans l’athéisme que la plupart des jeunes filles de son âge. Elle n’a pas simplement cessé de croire en Dieu : elle veut aller jusqu’au bout et tirer toutes les conséquences philosophiques de l’inexistence de Dieu. À 17 ans, elle rédige une virulente profession d’athéisme : « On a dit : “Dieu est mort.” Puisque c’est vrai, il faut avoir le courage de ne plus vivre comme s’il vivait. On a réglé la question pour lui ; il faut la régler pour nous. Tant que Dieu vivait, la mort n’était pas une mort pour de bon. La mort de Dieu a rendu la nôtre plus sûre. La mort est devenue la chose la plus sûre. Il faut le savoir. Il ne faut pas vivre comme des gens pour qui la vie est la grande chose » (texte publié dans Éblouie par Dieu).

Pour elle alors, la foi n’est même pas une question. « Jusque-là », témoignera plus tard Madeleine Delbrêl (dans Ville marxiste, terre de mission), « je n’avais autour de moi que très peu de chrétiens. Leur religion m’apparaissait comme un comportement social relevant du même ordre de discussion et d’importance que d’autres “us et coutumes” […]. Ils ne posaient aucune des difficultés qu’une foi aurait posées. »

 

Pourtant, dans les années qui suivent, la jeune femme éprise de sorties, de danse, de piano, commence à fréquenter un certain nombre d’étudiants, parmi lesquels plusieurs chrétiens fervents. Pour Madeleine, ces étudiants chrétiens sont une énigme : comment de jeunes gens intelligents et équilibrés peuvent-ils être croyants ? Elle continue ainsi son témoignage : « Mes camarades, au contraire ne posaient, et brutalement, que les difficultés posées par une foi. Oui, ils étaient fort à l’aise dans tout mon réel ; mais ils amenaient ce que je devais bien appeler “leur réel”, et quel réel !

 […] À les rencontrer souvent pendant plusieurs mois, je ne pouvais plus honnêtement laisser non pas leur Dieu mais Dieu dans l’absurde. » Madeleine est même amoureuse de l’un d’entre eux, un nommé Jean Maydieu, avec lequel on l’imagine déjà fiancée… alors qu’il rentrera finalement chez les religieux dominicains.

 

Madeleine ne peut plus ignorer la question de Dieu, ce Dieu qu’elle croyait sans consistance, et qui pourtant semble si réel à d’autres. La jeune femme réfléchit, elle lit beaucoup, et l’existence de Dieu lui devient un peu moins improbable. Mais il faut aller plus loin. « Si je voulais être sincère », raconte-t-elle, « Dieu n’étant plus rigoureusement impossible ne devait pas être traité comme sûrement inexistant. Je choisis ce qui me paraissait le mieux traduire mon changement de perspective : je décidai de prier. »

 

Et le 29 mars 1924, c’est la rencontre avec Dieu, qu’elle décrit avec beaucoup de pudeur : « Dès la première fois je priai à genoux par crainte, encore, de l’idéalisme. Je l’ai fait ce jour-là et beaucoup d’autres jours et sans chronométrage. Depuis, lisant et réfléchissant, j’ai trouvé Dieu ; mais en priant j’ai cru que Dieu me trouvait et qu’il est la vérité vivante, et qu’on peut l’aimer comme on aime une personne. » Plus tard, Madeleine Delbrêl dira simplement qu’elle a été, ce jour-là, « éblouie par Dieu » (Nous autres, gens des rues).

 

À partir de là, toute la vie de Madeleine Delbrêl sera un vivant témoignage de l’amour de Dieu : après avoir pensé à rentrer au couvent, elle fait le choix le rester dans le monde, mais comme célibataire, entièrement consacrée à l’amour de Dieu et du prochain. Installée comme assistante sociale avec quelques compagnes à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne, ville ouvrière largement acquise au communisme, elle y restera jusqu’à sa mort en 1964.


Tristan Rivière


 
Au delà


En plus de son activité d’assistante sociale, Madeleine Delbrêl écrit aussi des textes mystiques, dans lesquels elle aborde notamment un aspect assez rarement traité par ailleurs : la place de l’humour dans la vie spirituelle. Plusieurs de ces textes ont été réunis dans le recueil Humour dans l’amour et dans Alcide le petit moine, 3e et 4e volumes des œuvres complètes. Une façon amusante et originale d’aborder la vie spirituelle.


 
Aller plus loin
 

Gilles François et Bernard Pitaud, Madeleine Delbrêl. Poète, assistante sociale et mystique, « Récit », Bruyères-le-Châtel, Nouvelle Cité, 2014.
 

 

 
En complément
 

Le site www.madeleine-delbrel.net présente la vie et la spiritualité de Madeleine, ainsi que les livres écrits par elle ou à propos d’elle.
Alexandre Dolgorouky, Madeleine Delbrêl. L’amour à l’œuvre (film).
« Suivre le Christ à la manière de Madeleine Delbrêl » (émission de radio).

 

 

Source : 1000 raisons de croire

Août-Sept.26
Nativité de la Vierge Marie

08/09/2026

Nativité de la Vierge Marie

 

À Rome, elle a été célébrée au VIIIe siècle, avec le pape Serge Ier (+ 8 septembre 701) : c'est la troisième fête de la "nativité" dans le calendrier romain : la nativité de Jésus, le fils de Dieu (Noël), celle de saint Jean Baptiste (24 juin) et celle de la Vierge Marie (8 septembre).

Dans les Évangiles, aucune donnée ne confirme cette fête, ni le nom des parents, que la tradition nous rapporte dans le protévangile de Jacques, un écrit apocryphe du IIe siècle. L'événement fondamental dans la vie de Marie reste l'Annonciation.

 

L'Église la considère comme la Mère de Dieu, mais plus encore comme la « disciple » qui peut offrir le meilleur exemple et modèle de vie chrétienne (1). Dans sa foi, dans l’obéissance à son Fils, dans sa proximité à sa cousine Elisabeth et aux noces de Cana : Marie est une femme à imiter aussi pour sa confiance dans les moments les plus sombres de l'histoire de son Fils Jésus. Ceci et bien d'autres choses encore expliquent pourquoi le peuple de Dieu sait trouver en elle refuge et réconfort, aide et protection.

 

À Milan, cette fête remonterait au Xe siècle et la cathédrale dédiée à "Marie naissant" fut consacrée le 20 octobre 1572 par saint Charles Borromée. Et c'est également à Milan, sur la Via Santa Sofia, que se trouve le sanctuaire où est conservé le simulacre de l'Enfant Marie, confié aux Sœurs de la Charité des Saintes Bartolomea et Vincenza. Entre 1720 et 1730, une religieuse franciscaine de Todi (Sœur Chiara Isabella Fornari) réalisa de jolies effigies en cire de Marie nouveau-né enveloppée dans des langes pour sa dévotion personnelle. L'une de ces effigies fut offerte en 1739 aux religieuses capucines de Sainte-Marie-des-Anges à Milan. Les religieuses en diffusèrent la dévotion qui, dans le contexte ambrosien, trouva immédiatement un terrain particulièrement préparé et fertile.

Les années entre 1782 et 1842 marquent la suppression des différentes congrégations religieuses, décrétée d'abord par l'empereur Joseph II puis par Napoléon. Le simulacre fut transporté par quelques capucines au couvent des Augustines, puis par les chanoinesses du Latran ; il fut ensuite confié au curé de la paroisse, Don Luigi Bosisio, afin de le transmettre à un institut religieux qui puisse en maintenir la dévotion. Finalement, la statue arriva à la maison générale des Sœurs de la Charité de Lovere, une congrégation religieuse fondée en 1832 par Bartolomea Capitanio, où elle est devenue très populaire, à tel point que depuis lors et jusqu'à aujourd'hui, les sœurs de cette congrégation sont communément appelées de "Maria Bambina".

En 1884, on lit : "...il était sept heures le 9 septembre 1884.... La mère se rend à l'infirmerie pour visiter les malades et, prenant le saint simulacre, elle va de lit en lit, le remettant aux sœurs malades pour qu'elles l'embrassent. Elle rejoint la postulante Julia Macario, dont l’état s’aggravait depuis plusieurs jours. Elle s'efforce de se rapprocher de l'Enfant céleste et, avec des mots affectueux, lui demande de la guérir. Elle ressent immédiatement dans tout son corps un mystérieux frémissement. "Je suis guérie !" s'exclame-t-elle. Elle se lève et marche". Depuis lors, chaque année, le 9 septembre, le "jour du miracle" est célébré. La dévotion populaire se répand suite aux nombreuses grâces obtenues.

Source : Vatican News

 

(1) NDLR : on notera là que Notre-Dame, considérée couramment comme co-rédemptrice, n'est ici que "disciple". C'est juste une observation, ne m'en demandez pas plus, je ne suis pas compétent ! 
P.O.

Août-Sept.26
D’un « schisme » à l’ autre ?

08/09/2026

D’un « schisme » à l’ autre ?

 

 

L’histoire balbutierait-elle ? Les mêmes causes semblant produire les mêmes effets, la déclaration de schisme des évêques, prêtres et fidèles de la FSSPX, par un décret du 2 juillet 2026 du préfet du dicastère pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Victor-Manuel Fernandez, fait écho à un texte antérieur, le motu proprio Ecclesia Dei afflicta du 2 juillet 1988, signé par le pape Jean-Paul II. « Une telle désobéissance, qui constitue en elle-même un véritable refus de la primauté de l’évêque de Rome, constitue un acte schismatique » écrivait le pape, à propos des consécrations épiscopales opérées par Mgr Lefebvre, sans mandat pontifical, quelques jours plus tôt. De son côté, après avoir rappelé les excommunications des évêques consacrés et consécrateurs de la cérémonie du 1er juillet 2026, le cardinal Fernandez conclut « Les clercs et les fidèles laïcs sont avertis de ne pas adhérer au schisme de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, sous peine d’encourir eux aussi ipso facto l’excommunication latae sententiae ». Avec le recul du temps, deux questions viennent à l’esprit : Si la FSSPX est schismatique depuis 1988, pourquoi la déclarer de nouveau schismatique en 2026 ? Quelles ont été les conséquences de l’excommunication de 1988 et que peut-on en inférer pour l’avenir, en 2026 ?

 

Schisme ou pas schisme ?

 

Nous laissons aux amateurs de pilpoul le fait de savoir si un « acte schismatique » entraîne une reconnaissance effective de schisme. Certains ont franchi le pas et considèrent que la FSSPX est schismatique depuis 1988, avec les conséquences afférentes : impossibilité de participer aux rites liturgiques célébrés par des prêtres de la FSSPX et de bénéficier de leurs sacrements. Ceci, nonobstant la levée des excommunications le 24 janvier 2009 par le pape Benoît XVI des évêques consacrés illicitement en 1988, les consécrateurs étant défunts ; la faculté accordée par le pape François aux prêtres de la FSSPX d’administrer validement et licitement le sacrement de la confession à tous les fidèles (lettre apostolique Misericordia et misera du 20 novembre 2016) ; l’autorisation accordée aux évêques diocésains de concéder des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la FSSPX (lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 27 mars 2017). Les mêmes argumentent que la déclaration de schisme de 1988 n’ayant jamais été révoquée, ce qui est matériellement exact, elle est toujours en vigueur malgré les « mansuétudes pastorales » décidées par le pape François. Il n’y aurait donc rien de nouveau en 2026, déclaration surprenante au vu de l’énergie déployée pour expliquer que les sacres d’évêques sans mandat pontifical créent ipso facto un schisme. De même que l’on ne tire pas sur une ambulance est-il nécessaire de réexpliquer à des personnes qui sont depuis 40 ans dans le schisme qu’elles vont l’être encore plus ? Y aurait-il des degrés dans le schisme comme dans la communion ? On s’étonnera cependant que les dits schismatiques persistent depuis des décennies à transmettre à Rome les dossiers de demande de réduction à l’état laïc de leurs prêtres, à demander la délégation à l’ordinaire diocésain pour leurs mariages, à prier nommément pour le pape et l’ordinaire du lieu au canon de la messe… On ne sache pas que l’Eglise orthodoxe, effectivement schismatique, ait une telle attitude vis-à-vis de Rome. On notera incidemment que personne ne remet en cause la validité des confessions et des mariages dans l’orthodoxie. Enfin, comment ne pas s’étonner qu’une faculté accordée par le Souverain pontife soit récusée par le Préfet d’un dicastère. Il est inhabituel qu’un colonel décide de révoquer un ordre donné par un général.

 

Les leçons de l’histoire

 

Contre toute attente des hiérarques et des observateurs qui traitaient d’un sujet dont ils ne connaissaient pas les acteurs, les sacres de 1988 n’ont pas entraîné une désaffection massive de fidèles de la FSSPX. Les premières observations inclinent à penser qu’il en sera de même en 2026. Pire pour l’autorité romaine : on ne voit pas poindre à l’horizon l’équivalent de la réunion du 18 juillet 1988 à l’abbaye d’Hauterive en Suisse qui, suite à la défection d’une douzaine de prêtres et de séminaristes de la FSSPX, avait débouché sur la fondation de la Fraternité sacerdotale Saint Pierre. Il faut convenir que la procédure de « retour à la pleine communion » pour les prêtres et les fidèles intéressés, avec une démarche personnelle et la signature individuelle d’une profession de foi (professio fidei) et d’une déclaration d’adhésion (formula adhaesionis), ne va certainement pas faciliter le processus. On attend avec impatience la publication des premiers chiffres à l’automne. Cela d’autant plus que, si le motu proprio Ecclesia Dei demandait aux évêques d’accorder « un accueil large et généreux » aux personnes attachés aux pédagogies traditionnelles de la foi, aucune mesure de ce type n’accompagne le décret du 2 juillet 2026. Le motu proprio Traditionis custodes reste en vigueur dans sa volonté affirmée de voir disparaître la célébration de la liturgie antérieure au concile Vatican II.

Depuis 1988 le développement des communautés attachées à la célébration exclusive de la messe romaine traditionnelle a été impressionnant. Les 209 prêtres de la FSSPX en 1988 sont devenus 750 en 2026. De leur côté, en vertu du motu proprio Ecclesia Dei, consécutif aux sacres de 1988, de nouvelles communautés sont apparues et se sont développées. Au regard de l’effondrement général des vocations sacerdotales ces communautés inexistantes en 1988 témoignent d’une belle vitalité dont témoigne le nombre de leurs prêtres. Fraternité saint Pierre :  400, ICRSP : 130, IBP : 65. Concernant les laïcs là aussi un fait s’impose. En 1988 les fidèles attachés à la messe traditionnelle ont dû faire des choix, alors que les communautés Ecclesia Dei étaient, par définition inexistantes : soit rester fidèle de la FSSPX, dans une situation canonique délicate, soit rejoindre les diocèses, leurs offices liturgiques et leurs écoles. À cet égard, le code de droit canonique de 1983, canon 803 précise : « Une école est considérée comme catholique si elle est dirigée par l’autorité ecclésiastique (comme l’évêque), par une personne juridique publique de l’Église, ou si elle est reconnue comme telle par un document écrit ». Il est bien évident que les écoles dirigées par la FSSPX ne répondent pas à ces critères formels.

 
Quarante ans après il est légitime de dresser le bilan de ces choix, ce que rend possible l’âge de l’auteur de ces lignes, corroborant les travaux de Guillaume Cuchet. Les familles qui ont fait le choix de la Fraternité Saint-Pie X, de ses lieux de culte et de ses écoles ont un taux de transmission de la foi globalement de 80 %. Précisons que s’il est difficile de mesurer la foi de chacun, il est plus aisé de mesurer un taux de pratique religieuse et d’observer la nature des relations maritales. Pour ceux qui ont fait le choix de la légalité, le taux de transmission n’est plus que, globalement, de 20%. Ce sont des faits qui demandent cependant à être mis en perspective avec le développement des communautés Ecclesia Dei et la création d’écoles dans leur mouvance (Cours Charlier à Nantes, Institut Croix des vents à Sées, Ecole Saint Dominique au Pecq). Ce réseau scolaire reste néanmoins embryonnaire face aux 32 écoles dirigées, en France par la Fraternité Saint-Pie X auxquelles il faut adjoindre les écoles des dominicaines enseignantes de Brignoles (10) et de Fanjeaux (13).

 

Concrètement

« Primum vivere deinde philosophari » que l’on pourrait compléter par « La lettre tue, l’esprit vivifie ». La finalité de l’Eglise est le salut des âmes par la prédication de la foi et de la morale, leur mise en œuvre soutenue par la grâce divine dont les canaux ordinaires sont les sacrements. Ceci dans l’appartenance à l’Église dont le chef est le pape. En ces temps de grande confusion la fidélité aux pédagogies traditionnelles de la foi apparaît objectivement comme un moyen privilégié de vivre sa foi et de la transmettre. Ce droit est un droit absolu sur lequel l’autorité ecclésiastique ne devrait avoir aucune prise. Autorité ecclésiastique aujourd’hui largement déconsidérée au plus haut niveau, de la déclaration d’Abou Dhabi sur la sage volonté divine de la diversité des religions à l’accueil chaleureux dans plusieurs basiliques pontificales à Rome de madame Mullaly, archevêque de Cantorbéry et schismatique notoire. Y aurait-il de bons et de mauvais schismatiques ?

À l’heure du jugement, le juste Juge ne nous demandera pas d’abord si nous avons obéi aveuglément au Saint-Père ou à Monseigneur l’évêque mais si nous avons tout fait pour vivre de la foi, de l’espérance et de la charité, mettant tout en œuvre pour transmettre à nos enfants une foi indivise, la morale évangélique dans son exigence et sa pureté, dans l’espérance surnaturelle que nous ne sommes jamais tentés au-dessus de nos forces.

 

Jean-Pierre Maugendre

 

Renaissance Catholique

 

Août-Sept.26
Léon XIV en France : le "réveil" spirituel français pourrait-il bousculer le Vatican ?

07/09/2026

Léon XIV en France : le "réveil" spirituel français pourrait-il bousculer le Vatican ?

 

 

Du 25 au 28 septembre prochain, Léon XIV effectuera une visite de quatre jours dont l’enjeu dépasse largement le protocole diplomatique. Ce n'est pas une simple visite de courtoisie à la "fille aînée de l'Église", mais une enquête de terrain. 

Le pape vient observer de ses propres yeux ce qu'il convient d'appeler un "cygne noir" ecclésial : une vitalité religieuse qui renaît précisément là où on la croyait définitivement éteinte. 


L'énigme des nouveaux convertis : un bouleversement stratégique

 

Le véritable moteur de ce voyage, son "fil conducteur" absolu, est le phénomène des catéchumènes. L'afflux massif de nouveaux baptisés adultes en France est devenu une énigme que le Vatican cherche à décoder. 

Entre nous, on comprend la surprise du Vatican qui n’y est pour rien !
 
Pour la Curie, la France est passée du statut de terre de mission délaissée à celui de laboratoire de survie religieuse unique en Occident.
Ce réveil est si inattendu qu'il aurait littéralement bouleversé l'agenda pontifical plutôt orienté sur “la marche en avant de la synodalité” !

Rome ne vient plus seulement pour le folklore ou l'histoire, mais pour étudier une "vitalité retrouvée" qui bouscule les plans initiaux du Saint-Siège pour l'Europe de l'Ouest. Là où d'autres nations voisines s'enfoncent dans une sécularisation atone, la France produit des convertis. 

Ce déplacement est donc une séquence de communication massive destinée à valider cette mutation profonde et à comprendre comment le sacré se réinvente dans une société post-chrétienne.


Une mission tournée vers TOUTE la jeunesse

 

Léon XIV ne s'adresse pas qu'au "petit reste" des fidèles. Son ambition est de créer une proximité disruptive avec l'ensemble de la nouvelle génération. Fort de l’élan du « GO! Franciscan Youth Meeting 2026 » tenu à Assise, il souhaite transposer cette énergie sur le sol français en s'adressant à une jeunesse en quête de sens, bien au-delà des cercles confessionnels. « Pour le pape, le cœur de ce voyage, c'est de pouvoir parler aux jeunes Français, catholiques ou non. » Cette volonté de dialogue universel montre que pour le Vatican, la France est le terrain idéal pour tester un nouveau discours ecclésial, capable de percer le mur de l'indifférence moderne. 


Le Stade de France comme nouveau sanctuaire

 

Le point d’orgue de cette stratégie se jouera le 25 septembre. Transformer le Stade de France, temple de la culture de masse et du sport, en un espace de prière monumentale est une opération de mise en scène du sacré « étudiée au millimètre près ». 

Pour cette veillée, le Vatican a choisi de convoquer l'histoire pour parler à la modernité : les "grands saints de France" seront les véritables héros de la soirée.

L'exposition de la Sainte Tunique au cœur de cette enceinte profane symbolise cette volonté de réinjecter du mystère là où règne habituellement le divertissement. 

En investissant ce lieu emblématique, Léon XIV ne se contente pas de rassembler des foules ; il crée un pont visuel et spirituel entre une tradition millénaire et l'esthétique contemporaine des grands rassemblements.


Une logistique à l'échelle d'un événement d'État

 

Ce voyage ne ressemble à aucune autre visite pastorale. C'est un déploiement de force qui témoigne de l'importance cruciale accordée par Rome à cette "exception française" :

 

  • Une ferveur populaire mise en scène : le pape s'offrira une heure complète de bain de foule en papamobile dans les rues de Paris, une séquence de contact direct conçue pour saturer l'espace public.

 

  • L'ingénierie du sacré : les Clarisses de Troyes ont été mobilisées pour une mission hors norme. L'utilisation de matériaux bruts comme le plomb et le sel, combinés à des tissus géants, sert à la confection d'objets liturgiques et de décors monumentaux destinés à ancrer visuellement la solennité de l'événement dans l'immensité du Stade de France.

 

  • Une mobilisation régalienne : la sécurisation de l'événement fait l'objet d'un dispositif d'État exceptionnel, soulignant que cette visite est perçue, tant par Paris que par le Vatican, comme un événement de portée nationale.

 

La France, futur laboratoire de l'Église ?

 

Pour Antoine Pasquier, le séjour de Léon XIV marque une rupture : le Pape ne vient pas soutenir une institution déclinante, il vient s'inspirer d'une Église en mutation. En validant ce modèle français, Rome fait le pari que la réinvention du sacré peut surgir des cendres de la chrétienté classique. Si l'expérience réussit, la France cessera peut-être d'être l'exception pour devenir la boussole d'une Europe en quête de repères spirituels.


On voudrait bien avoir l’enthousiasme du journaliste de Famille Chrétienne. On a au moins l’espérance qu’il ait raison, mais une chose est sûre, la jeunesse française cherche Dieu !

 

François Charbonnier

Août-Sept.26
Dévotion des premiers Vendredis - La flagellation

04/09/2026

Dévotion des premiers Vendredis - La flagellation

 

Enseignement


De St Pierre-Julien Eymard

Aujourd'hui, "Jésus est encore condamné à mort en son Eucharistie."

-Dans ses grâces d'abord, dont on ne veut pas ;
-Dans son amour, qu'on méconnaît ;
-Dans son état sacramentel, par l'incrédule qui le nie, par l'horrible sacrilège.
-Par la communion indigne, le mauvais chrétien vend Jésus-Christ au démon, le livre à ses passions, le met aux pieds du démon, roi de son cœur ; il le crucifie dans son corps de péché.
Jésus est plus maltraité par les mauvais chrétiens que par les juifs : à Jérusalem, il ne fut condamné qu'une fois, et au Saint Sacrement, tous les jours et en milliers de lieux, et par un nombre épouvantable de juges iniques.

Et cependant Jésus se laisse insulter, mépriser, condamner : il continue toujours sa vie sacramentelle, afin de nous montrer que son amour pour nous est sans condition ni réserve, qu'il est plus grand que notre ingratitude.

Ô Jésus, mille fois pardon pour tous les sacrilèges ! S'il m'était arrivé d'en commettre jamais, je veux passer ma vie à les réparer, et vous aimer et vous honorer pour ceux qui vous méprisent ; faites-moi la grâce de mourir avec vous!

 
Méditation du Chapelet


avec les Missionnaires de la Sainte Eucharistie

 

Par sa Passion, il a retourné le péché originel. Par un acte d’humble obéissance à la volonté divine, il a accepté de porter le poids de tous les péchés depuis les origines, comme si tout ce mal était sa propre faute.

 

Pourtant il était le seul homme parfaitement innocent que l’histoire humaine ait connu. Dans les souffrances de son corps mais surtout de son âme, il a choisi de payer le prix pour réparer chacun de nos péchés contre la volonté de Dieu. Ainsi le péché originel a été délié et le Christ est devenu le Nouvel Adam.

 

Dans sa condamnation devant Ponce Pilate, tous les péchés commis contre les vies innocentes depuis celle d’Abel sont réparés.

 

Dans les épines qui pénétrèrent sa tête royale, toutes nos pensées mauvaises sont réparées.

 

Dans l’humiliation qu’il subit devant les soldats, notre orgueil est réparé.

 

Dans les insultes cruelles qu’il reçut et dans les larmes qui coulèrent de ses yeux innocents, chacune de nos paroles blessantes sont réparées.

 

Dans sa chair défigurée par la flagellation, tous nos actes impurs sont réparés.

 

Dans ses empreintes marquées par le sang qui tracent le premier chemin de croix sur les pierres de Jérusalem, les premiers pas désobéissants de chaque fils prodigue sont réparés.

 

Dans ses mains clouées sur le bois de la Croix, tous les vols et tous les actes malhonnêtes sont réparés.

 

Dans la douleur de ses pieds fixés par un clou froid, notre fausse idée de liberté, qui nous éloigne de la volonté divine pour nous mener sur le chemin de la mort, trouve sa Rédemption et son remède.

 

Enfin, juste avant de rendre son dernier souffle, lorsque le Fils éternel lève ses yeux ensanglantés vers son Père, il sait qu’avec toute cette souffrance et tout cet amour de son Sacré Cœur, sa prière pour notre salut sera exaucée.

 

Malgré toute cette haine qui l’entoure, il trouve la force de pousser un cri que l’humanité a tant besoin d’entendre : « Père pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Dieu le Père ne peut pas refuser une telle prière, un tel amour. Désormais tout pécheur peut trouver la miséricorde et comme le fils prodigue, le chemin qui mène vers la Maison du Père.

 

Sur la Croix, Jésus nous montre un amour qui va jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême, un amour qui va jusqu’à la folie ! Il nous invite à nous engager à sa suite, avec ces paroles données à Josefa Menendez : « L'unique chose que Je veux, c'est l’Amour : Amour docile qui se laisse conduire par l'action de Celui qu'il aime.... Amour désintéressé qui ne cherche ni son plaisir, ni son intérêt propre, mais ceux du Bien-Aimé. Amour zélé, ardent, dévorant qui franchit tous les obstacles que lui oppose l'égoïsme : voilà le véritable Amour, celui qui arrache les âmes à l'abîme où elles se précipitent. »

L'Eucharistie découle de la Passion de Jésus. C'est le doux fruit de toutes ses souffrances. De même que le blé est battu et broyé avant de devenir- pain, Jésus, notre Blé divin accepte volontairement d'être battu, le Cœur broyé et accablé d'humiliations afin de devenir pour nous le pain vivant descendu du ciel."

 

Une dizaine de Chapelet

Avec chaque 'Je vous salue Marie' nous prions pour être pur dans nos pensées et nos actions.

 

 

 
Prière

de consécration aux Plaies de Jésus (avec Sainte Brigitte de Suède)

 

Dieu tout puissant qui avez voulu vous incarner sous forme de l’une de vos créatures par amour pour moi, afin de supporter l’insupportable, je vous consacre ma vie et mon éternité.

 

O Saintes Plaies des mains de Jésus-Christ, je vous consacre mes mains, afin de travailler toujours à votre gloire. O Saintes Plaies des pieds de Jésus-Christ, je vous consacre mes pieds, afin de marcher toujours à votre suite. O Saintes Plaies du dos de Jésus-Christ, je vous consacre ma chair, afin qu’elle soit toujours soumise à votre Très Sainte Volonté. O Saintes Plaies de la tête de Jésus-Christ, je vous consacre mon esprit, afin que mon intelligence ne soit pas un obstacle à ma sanctification. O Saintes Plaies du Cœur de Jésus-Christ, je vous consacre mon cœur, afin que, désormais uni au votre, il déborde d’amour pour les hommes, mes frères.

 

O Très Précieux Sang de Jésus-Christ, je vous consacre tout mon sang, afin que désormais ne coule dans mes veines, que Foi, Espérance et Charité.

 

 

 

 
Proposition


pour "Consoler le Cœur de Jésus"

La Garde d'Honneur du Sacré-Cœur de Jésus. Pour plus d’informations ou s’inscrire: Siège de l'Heure de Présence - Garde d'Honneur Monastère de la Visitation – 13 rue de la Visitation 71600 PARAY LE MONIAL le site : www.gardedhonneurdusacrecoeur.org gdh.paray@free.fr tél : 09 51 96 47 90

 

Source : Marie de Nazareth

Août-Sept.26
Marie, à la fenêtre – Lettre à ma petite-fille, au seuil d’un monde numérique

03/09/2026

Marie, à la fenêtre – Lettre à ma petite-fille, au seuil d’un monde numérique

 

I. — La lettre du grand-père

 

Le « rien » qui m’a arrêté

 

Marie,

 

Je n’ai rien à t’enseigner. Je dépose une graine.

Tu avais quinze ans. Dans la cuisine, tu consultais ton téléphone. À côté, une assiette, un morceau de pain inachevé. Je t’ai demandé : « Qu’est-ce que tu regardes ? »

 

Sans lever les yeux : « Rien, grand-papa. » Pas une vidéo, pas un message. Rien. Ce mot m’a arrêté.

 

J’ai parfois l’impression que le monde s’est usé, comme une étoffe. Quand j’avais ton âge, les rues avaient une consistance : le froid de la pierre, le bruit des pas, les livres qu’il fallait tenir à deux mains. Le silence avait une masse. On pouvait s’ennuyer sans que le vide devienne une menace. Ce monde n’était pas meilleur. Mais le réel résistait.

 

Je ne regrette pas mon monde. Je regrette d’avoir si souvent oublié de le toucher. Un jour, ta mère avait six ans. Elle m’a montré un dessin — un soleil bleu, des racines. J’ai dit « très beau » sans lever les yeux de mon journal. Le papier craquait entre mes doigts ; il faisait écran lui aussi, d’une autre manière. Elle l’a gardé des années. Moi, je ne l’ai jamais vraiment regardé. Voilà ce que j’ai volé : non pas le temps, mais le regard.

Une fenêtre n’est pas un écran

 

Tu es née dans ton époque. Les écrans ouvrent des horizons. Je ne voudrais pas t’en priver. Seulement que tu gardes cette certitude : le monde qui brille au bout de tes doigts n’est pas tout ce qui existe.

Un jour, au musée, devant un tableau — un homme penché sur un livre, une lumière douce — tu as murmuré : « Il n’a besoin de rien d’autre. » J’ai regardé tes doigts devenus immobiles.

Je pense à toi devant Femme à la fenêtre. Une femme, debout, de dos. Devant elle, une fenêtre ; au-delà, un monde qu’elle ne voit pas encore. Elle est immobile. Et tout commence.

 

Il y a une différence que je n’ai comprise que tard : une fenêtre n’a pas été conçue pour toi. Elle est indifférente, et c’est cela, justement, qui la rend hospitalière. Un écran, lui, a été pensé, ajusté, testé pour que ton regard y reste une seconde de plus. Des hommes sont payés pour cela. Ce n’est pas ta faiblesse qui te retient : c’est leur métier de te faire rester. Je ne te dis pas cela pour t’accuser, mais parce qu’on résiste mieux à ce qu’on sait nommer.

 

Tu es au seuil d’un monde que je ne connais pas. N’aie pas peur. Souviens-toi : un écran montre, séduit, reflète. Une fenêtre ouvre. Elle n’est pas une fin : elle est un commencement.

 

Apprendre à ne rien faire

 

Un jour, dans la rue, du vent. Tu avais retiré tes écouteurs. Tu m’as demandé : « Grand-papa, quand tu t’ennuyais, tu faisais quoi ? » — « Je regardais les nuages, les gens passer. » Tu as souri : « J’aimerais savoir faire ça. »

 

Le lendemain, dix minutes dans le jardin, sans téléphone. Sur la pierre bancale. Tu ne faisais rien. Tu regardais les feuilles, leur balancement inégal, celles qui bougeaient et celles qui restaient presque droites. Puis un vol d’étourneaux, une seconde de bruit, et de nouveau le silence. En rentrant, tu avais encore ton manteau sur les épaules quand tu as dit : « C’était long. Mais j’ai entendu les oiseaux. Un qui chantait plus fort. Le chef. »

 

Un soir, je t’ai appelée. Tu n’as pas répondu. Trois messages. J’étais à deux doigts d’appeler la gendarmerie. Tu as fini par répondre : « J’étais avec maman. Je n’avais pas mon téléphone. » Puis : « Tu es pire que mon téléphone. » Tu avais raison. J’étais ce que je redoutais.

 

Ce que nous pouvons encore nous donner

 

Je ne veux pas te sauver. Je veux te raconter.

 

Tu es plus rapide, plus connectée. Moi, j’ai mes fidélités anciennes. Ce que je peux t’apprendre est d’un autre ordre : ralentir, attendre, regarder un arbre sans le photographier, ne pas remplir chaque silence.

 

L’autre jour, tu m’as fait écouter une musique composée par une intelligence artificielle. Belle, troublante. Je t’ai demandé : « Est-ce qu’elle a eu peur en la composant ? » Tu as ri. Puis tu m’as regardé autrement. Tu avais compris : les machines imiteront l’émotion, mais elles ne vivront pas à notre place. Elles ne connaîtront pas ce frisson : t’entendre me dire que tu avais entendu les oiseaux.

 

Tout va vite. Certaines choses ne se font pas à la hâte : espérer, pardonner, grandir, aimer. Être là. Je voudrais que tu gardes un lieu que personne ne puisse occuper à ta place : te tenir devant le silence sans vouloir le remplir.

 

Le brouillard et la lumière

 

Ce qui demeure, je le reconnais : Dieu, l’amour, la fidélité. Ce qui passe, je l’accueille. Ma vie m’a appris que la lumière est parfois là avant qu’on sache la voir. Dieu demeure pour toi dans le brouillard. Mais le brouillard n’est pas une fermeture. Il est le lieu où l’on tend l’oreille autrement.

Un matin, en montagne, le brouillard était si épais qu’on ne voyait pas à dix mètres. Pourtant, des cloches. On savait que le village était là. L’espérance, c’est cela : le brouillard n’a pas le dernier mot.

 

Je ne te demande pas de le voir. Seulement de ne pas fermer la fenêtre.

 

La graine

 

Si, devant un écran, tu sens que tu te perds, souviens-toi : tu es plus grande que ce que tu regardes. Tu es une présence, pas une connexion. Il y a des arbres qu’on ne photographie pas, des silences qu’on ne remplit pas, des oiseaux qu’on n’enregistre pas. Une lumière qui entre sans permission. Et, dans tout cela, Quelqu’un qui t’attend.

 

Je ne serai peut-être plus là pour te le montrer. Mais j’aurai essayé. Je dépose cette graine. Je ne saurai pas si elle germe.

 

Parce que je suis ton grand-papa. Et parce que je t’aime.

 

II. — La réponse de Marie.

 

Tu ne m’as pas sauvée. Tu m’as arrêtée.

 

Cher grand-papa,

 

Tu ne veux pas me sauver. Alors je ne te dirai pas que tu m’as sauvée. Je te dirai ceci : tu m’as arrêtée.

 

Arrêtée dans ce défilement où je me reconnais ; dans ce « rien » que je regarde sans vraiment le voir. Ce pouce glissant machinalement sur le verre, ce n’était plus tout à fait ma volonté. C’était un réflexe d’automate. Tu écris que le monde a perdu du poids. Je ne sais pas si les rues de mon enfance avaient plus de consistance. Mais je sais ceci : nous avalons des images, des sons, des visages — et nous restons affamés.

Quand tu écris que le réel est l’endroit où l’on se cogne, j’ai senti quelque chose s’ouvrir en moi. Une porte dont je ne savais même pas qu’elle existait.

Un seuil, pas un problème

 

Tu écris : « Tu es au seuil d’un monde que je ne connais pas. » C’est là que ta lettre m’a touchée. Tu ne me regardes pas comme un problème. Tu me regardes comme un seuil.

 

Mais j’ai une chose à te dire, grand-papa. Une chose qui gratte.

 

Tu idéalises ton enfance. Tu oublies l’ennui qui pesait, les silences qui étouffaient, les jours où tu aurais donné n’importe quoi pour qu’un monde vienne jusqu’à toi. Ne fais pas de moi une nostalgique de ce que je n’ai pas connu. Et surtout, ne t’oublie pas toi-même : toi aussi, tu as regardé ailleurs. Toi aussi, tu as préféré le journal à la présence.

 

Alors ne me donne pas ton enfance en modèle. Donne-moi plutôt ta blessure.

 

Il y a une phrase, dans ta lettre, qui ne m’a pas touchée. Elle m’a mise en colère. Celle sur les hommes payés pour que je reste devant mon écran. Une vraie colère, pas polie. J’ai eu envie de vérifier, de chercher qui, comment, avec quoi. Je ne l’ai pas fait tout de suite — j’ai d’abord eu besoin d’être en colère un moment. Je n’avais jamais pensé qu’un objet puisse être fabriqué exprès pour moi, sans me connaître, sans même savoir que j’existe.

 

Quand tu m’as parlé des dix minutes dans le jardin, j’ai pleuré. Pas parce que c’était triste. Parce que personne ne m’avait jamais dit qu’il était normal que ce soit long.

 

Entendre les oiseaux

 

Depuis ta lettre, je repense à ta phrase : « Le silence n’est pas une absence. » Peut-être est-ce simplement le temps qu’une chose met à arriver.

Je suis allée m’asseoir sur un banc. Sans téléphone. Sans musique. Sans rien. C’était long. Très long. J’ai regardé devant moi. J’ai pensé que je n’avais rien à faire. Puis j’ai commencé à entendre des choses que je n’entendais plus : l’air dans les feuilles, des pas, une voiture au loin. L’air frais sur ma peau. La dureté de la pierre.

 

Je suis rentrée. J’ai repris mon téléphone. Je ne vais pas te mentir. Parfois, je le pose et je le reprends cinq minutes après. Parfois, je m’en veux.

Mais peut-être que je comprends maintenant quelque chose : il ne s’agit pas de détester le téléphone. Il s’agit de ne pas lui donner toute la place.

 

Le brouillard

 

Je ne sais pas si le brouillard se lèvera toujours. Il y a des jours où je ne sais pas très bien où je vais. Mais je sais maintenant que tu pries pour moi. Et cela change quelque chose.

 

Je ne vois pas Dieu comme toi. Mais quand tu me parles des cloches dans le brouillard, je comprends l’image : on peut ne pas voir le village et savoir pourtant qu’il est là.

 

Alors je te promets une chose — non pour te faire plaisir, mais parce que ta lettre m’en a donné le désir : je garderai un lieu que personne ne pourra occuper. Un lieu où je pourrai me tenir devant le silence sans vouloir immédiatement le remplir.

Je l’oublierai. Tu l’oublieras aussi. Mais nous reviendrons parfois à ce qui demeure.

 

Le tilleul

 

Merci d’avoir déposé cette graine. Elle est en terre.

 

Devant ma fenêtre, il y a un tilleul. Je ne l’avais jamais vraiment regardé. Maintenant, je connais la forme de ses feuilles. Je sais qu’elles ne bougent pas toutes ensemble. Certaines frémissent, d’autres restent presque immobiles.

 

Hier, je suis restée quelques minutes à le regarder. Je n’ai pas pris de photo. Puis je suis rentrée, j’ai ouvert l’appareil photo. J’ai cadré l’arbre. La lumière était belle. Et puis, au lieu d’appuyer, j’ai éteint l’écran. Je l’ai posé face contre la table.

 

Je ne t’ai pas envoyé la photo. Il n’y en a pas.

 

Tu m’as écrit qu’une fenêtre n’était pas un écran. Je crois que je commence à comprendre. Une fenêtre ne me demande pas de choisir. Elle me laisse regarder. Elle me laisse attendre. Elle me laisse être là.

 

Alors, grand-papa, je vais essayer.

 

Mais je te pose une question, une vraie :

Est-ce que tu es sûr que la fenêtre, c’est toi qui l’as ouverte ? Ou est-ce que c’est elle qui t’a attendu, patiemment, pendant que tu lisais ton journal ?

Parce que je crois que les fenêtres sont plus patientes que nous. Et que c’est cela qui nous sauve : non pas notre présence, mais l’obstination du monde à rester là, même quand nous ne le regardons pas.

 

Je ne sais pas ce que deviendra le monde dans lequel je vais grandir. Je ne sais pas ce que l’intelligence artificielle changera. Je sais seulement qu’au milieu de tout cela, il faudra encore des yeux pour regarder, des mains pour toucher, un silence où se tenir.

 

Et peut-être des grands-pères pour rappeler aux enfants ce qu’ils risquent d’oublier.

 

Tu dis que tu ne sauras pas si ta graine a germé. Tu te trompes : je suis là, devant mon tilleul.


Le vent dans les feuilles a repris. Je n’ai pas sursauté.

 

Et, pour quelques minutes encore, je ne regarde rien.

 

J’écoute.

 

Marie.

 

 

 

Slafont, pour le Salon Beige

Août-Sept.26
Un livre : St Pie X

02/09/2026

Un livre : St Pie X

 

 

L’association des Amis de René Bazin vient de rééditer l’ouvrage chez Via Romana, avec une préface du cardinal Robert Sarah, parfaite dans le ton. C’est un livre à lire et à relire. On aurait envie de l’offrir à tous les cardinaux et – salva reverentia – au pape François en premier.

 

   Sarto est un modèle, à chaque étape de sa vie, simple, honnête, droite, rigoureuse et charitable, tout dévoué à sa tâche et aux âmes qui lui sont confiées, prêtre, chanoine, chancelier, évêque, patriarche de Venise et cardinal, enfin pape sans jamais l’avoir voulu ni même envisagé. Le devoir, rien que le devoir dans l’amour du Christ et de l’Église. Aucun plan personnel, aucune autre conviction que sa foi catholique absolue. Et il affronte toute la modernité. Il voit tout ; il perçoit l’ennemi ; il le démasque avec autant de force que de charité. Il a compris la question de la justice sociale et il trouve des solutions sans jamais tomber dans la démagogie. Il lutte contre l’État laïciste et ennemi de l’Église dont il défend les droits. Il se bat aussi à l’intérieur même de l’Église contre les infiltrations d’un rationalisme destructeur et d’un socialisme démocratique qui se couvre du nom chrétien.

 

   Deux encycliques dominent cette lutte, Pascendi en 1907 d’une totale actualité, sur les déviations de la foi, Notre charge apostolique en 1910, condamnant le Sillon qui fait entre l’Évangile et la Révolution des rapprochements blasphématoires. C’était un père ; il incite à la communion des enfants et à la fréquente communion. Il veut que l’Église prie sur de la beauté et met à l’honneur la musique sacrée et la mélodie grégorienne. Il vit venir la guerre avec horreur et en mourut de douleur.

 

   Les notes et annexes de Wilfrid Paquiet et du général Richou ajoutent clarté et précision à cette réédition.


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Août-Sept.26
2 septembre 1792 - Les martyrs du couvent des Carmes

01/09/2026

2 septembre 1792 -  Les martyrs du couvent des Carmes

 

Les raisons d'y croire


Nous connaissons en détail l’histoire du martyre des Carmes et des massacres de septembre 1792 grâce aux témoignages de quelques rescapés – notamment l’abbé de Lapize de la Pannonie et l’abbé Saurin – qui ont pu survivre aux tueries, et dont les récits ont été soigneusement recueillis. À cela s’ajoutent des lettres, des journaux de l’époque et des procès-verbaux qui ont permis, parmi les nombreuses victimes, d’identifier 191 martyrs morts en haine de la foi, et de retracer leur parcours, leurs paroles et leurs gestes.
Les massacres de septembre 1792 ne sont pas le résultat d’une rébellion politique, mais d’un témoignage de foi. C’est par fidélité à l’Église du Christ que les ecclésiastiques ont refusé de prêter le serment constitutionnel. Ils choisissent l’obéissance à Dieu plutôt qu’aux hommes (cf. Ac 5,29-32 ). « Je ne puis, sans trahir mon Dieu, reconnaître une autorité qui veut me faire renier mon vœu et désobéir à l’Église », explique l’un d’eux, Salomon Leclercq.
Pour les 191 personnes assassinées, il y a quelque chose – la foi chrétienne – et quelqu’un – Jésus – qui mérite qu’on donne sa vie. Si chacun d’eux a voulu tout donner pour le Christ, c’est qu’il y a en lui une vérité si profonde qu’elle dépasse tout le reste. En refusant le compromis, ils montrent que la vérité de l’Évangile ne dépend pas des régimes politiques ou des modes de pensée.
Les martyrs des Carmes ont suivi le Christ jusque dans sa Passion : comme Jésus, ils ont été condamnés injustement et, devant la menace de mort, ils ont offert leur vie. Les témoignages décrivent une scène saisissante : à l’extérieur, une foule vociférante, et, à l’intérieur, la paix priante d’hommes prêts à mourir pour leur foi. Dans la chapelle, au pied du crucifix, ils chantent les psaumes. Cette attitude extraordinaire, marquée par la douceur, la prière et le pardon, renvoie à l’attitude du Christ en Croix.
Le commissaire révolutionnaire Maillard, frappé par leur calme, confia : « Je m’y perds ; je n’y connais plus rien ; vos prêtres allaient à la mort avec la même joie que s’ils fussent allés à des noces ! » Le lien de ces hommes avec le Christ est existentiel, c’est lui qu’ils prennent pour modèle et cela leur donne une force, un courage et une joie surnaturels.
On retrouve dans des lettres écrites par ces martyrs avant leur mort une espérance profonde dans la Résurrection. Cela renvoie directement à la parole du Christ : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » ( Lc 9,24 ).
Parmi les martyrs qui seront béatifiés figure Salomon Leclercq. En 2007, un miracle lui est attribué : une fillette vénézuélienne, Maria Alejandra Hernandez, mordue par un serpent venimeux, guérit de façon inexpliquée après que des religieuses ont prié par l’intercession de Salomon. Ce miracle est reconnu officiellement en 2011 et Salomon Leclerc est canonisé par le pape François le 16 octobre 2016.
 


 En savoir plus


L’adoption de la Constitution civile du clergé, en juillet 1790, au cœur des premières années de la Révolution française, bouleverse profondément les rapports entre l’Église catholique et l’État. Ce texte impose aux membres du clergé de prêter serment à la Nation, subordonnant ainsi leur fonction et leur mission spirituelles à une autorité politique. Refuser ce serment, c’est se placer en marge de la nouvelle légitimité républicaine ; le prêter, c’est rompre avec l’Église léguée par Jésus. Beaucoup de prêtres dits « réfractaires » refusent de trahir leur mission pastorale et leur communion avec le pape. Pour ces hommes de foi, la Révolution devient rapidement un temps de persécution.

 

Après la chute de la monarchie, le 10 août 1792, la tension atteint son paroxysme et la peur d’un complot intérieur accélère les arrestations : religieux et religieuses, prêtres, évêques, mais aussi laïcs sont emprisonnés à la pelle comme « ennemis de la patrie ». Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi enfermés à Paris, souvent dans des maisons religieuses réquisitionnées et transformées en prisons improvisées.

 

Le 2 septembre 1792, vers seize heures, des groupes armés – fédérés marseillais, sans-culottes et émeutiers parisiens – envahissent les prisons de la capitale. Ce qui s’y déroule n’est pas un procès, mais un simulacre de justice : les ecclésiastiques sont appelés un à un et sommairement interrogés. La réponse invariable : « J’appartiens à l’Église catholique, apostolique et romaine », entraîne une condamnation immédiate à mort.

Parmi les lieux de détention, le couvent des Carmes, situé rue de Vaugirard, devient tristement célèbre. Ce jour-là, 115 prêtres et religieux y sont massacrés à coups d’épée ou de pique dans les jardins et la sacristie. Ils sont réunis dans la chapelle où, devant le crucifix, ils prient et chantent les psaumes. L’abbé Desprez, l’un des martyrs, s’exclame : « Nous voilà réfugiés dans l’oratoire. Voici les Marseillais ! Nous ne pouvons être mieux qu’au pied de la croix pour faire le sacrifice de nos vies. » Un survivant, l’abbé Saurin, raconte aussi : « Je n’entendis jamais dans l’église des Carmes ni cris, ni gémissements, ni lamentations ; chacun se laissait mener au lieu fatal sans former la moindre plainte, sans opposer la moindre résistance. »

Ce massacre, comme ceux des prisons de l’Abbaye et de La Force, ou du séminaire Saint-Firmin, est un exemple de la violence révolutionnaire. Sur les 1 300 victimes environ des massacres de septembre, 191 martyrs (3 évêques, 127 prêtres séculiers, 56 religieux et 5 laïcs) ont été reconnus morts in odium fidei (en haine de la foi) et béatifiés parle pape Pie XI en 1926.

 

Parmi les martyrs béatifiés figure le bienheureux Salomon Leclercq, Frère des Écoles Chrétiennes, né en 1745. Dans ses lettres, cet instituteur de formation exprime clairement son refus de toute compromission avec les lois qui violent sa conscience religieuse, notamment la Constitution civile du clergé. Frère Salomon distingue soigneusement l’obéissance due aux autorités civiles en matière temporelle, et l’autorité spirituelle de l’Église, à laquelle il demeure loyal. Contraint de vivre dans la clandestinité, il est finalement arrêté le 15 août 1792, jour de l’Assomption, et enfermé au couvent des Carmes.

 

Dans ses derniers écrits, Salomon évoque de manière implicite la possibilité de mourir pour sa foi, mais sans revendication dramatique. Sa disposition intérieure est celle du sacrifice librement consenti, où transparaît une spiritualité de l’abandon. Il ne se présente jamais en héros, mais en serviteur de Dieu confiant et paisible. « Si c’est là que le Seigneur m’appelle, je veux le suivre jusqu’au bout. La croix n’est jamais loin de celui qui aime véritablement […]. Il saura me donner la force dont j’ai besoin. » Le 2 septembre 1792, cette disposition devient réalité. Il meurt en pardonnant, le bréviaire à la main, sans plainte, ni haine, ni peur, comme tant d’autres martyrs des Carmes.

Le couvent des Carmes à Paris est aujourd’hui un lieu de mémoire : la crypte conserve les ossements de plusieurs victimes.
Solveig Parent


 
Au delà


Les massacres de septembre 1792 restent l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire révolutionnaire française, où la foi chrétienne devient une cible explicite de la violence politique. Pourtant, dans ce contexte de haine et de peur, des hommes – prêtres, religieux et laïcs – ont offert un témoignage lumineux de fidélité, de liberté intérieure et d’amour du Christ, jusqu’au martyre.


 
Aller plus loin
 

Le diocèse de Paris a composé un dossier sur les bienheureux martyrs de septembre 1792 .
 

 
En complément
 

La messe de canonisation de Salomon Leclerc, du dimanche 16 octobre 2016, peut être visionnée en ligne . La traduction de l’homélie en français :« Les saints entrent jusqu’au fond dans le mystère de la prière ».
Sur le site Internet de Radio Vatican, une courte biographie sur Salomon Leclerc.
Dans la bibliothèque en ligne (tome XI), le recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme jusqu’au XXe siècle : la Révolution (1791-1794) .
Une association existe pour le souvenir des bienheureux martyrs de septembre 1792 à Paris. Elle recense notamment les victimes par ordre alphabétique, par prison, par ordre religieux, par département, par paroisse, etc.

Source : 1000 raisons de croire


Commentaire du webmestre : la République, toujours prompte à la repentance, n'a toujours pas demandé pardon aux catholiques.

Août-Sept.26
Léon XIV: la réforme de la liturgie est au bénéfice du peuple chrétien

31/08/2026

Léon XIV: la réforme de la liturgie est au bénéfice du peuple chrétien

 

 

Le Saint-Père et la « participation active »


Lors de sa catéchèse du 26 août 2026 devant près de 5 000 pèlerins sous les voûtes de la basilique Saint-Pierre, le pape Léon XIV a vigoureusement défendu la réforme liturgique issue de Vatican II. S’appuyant sur la constitution Sacrosanctum Concilium, le pontife soutient que la liturgie comporte une partie humaine modifiable qui doit évoluer avec son temps. Selon lui, le Novus Ordo s’inscrit pleinement dans une « tradition vivante » visant à rendre les textes saints plus accessibles et à simplifier les célébrations.

 

Citant saint Paul VI, Léon XIV affirme que la réforme “a arraché les fidèles à leur statut historique de  spectateurs muets et passifs” pour leur permettre une “participation consciente, active et pieuse”. S’il admet quand même l’existence de graves abus liturgiques dans la période postconciliaire, il refuse de les amalgamer au nouveau rite et appelle la hiérarchie à promouvoir une liturgie respectueuse des normes.

 

Le démenti du réel : Francesca de Villasmundo dénonce une « illusion fatale »


Cette vision idyllique se heurte à la critique implacable de la journaliste Francesca de Villasmundo sur Media Presse Infos. Pour elle, la notion de « tradition vivante » n'est qu'un concept progressiste – jadis dénoncé par Mgr Marcel Lefebvre – destiné à cautionner des innovations doctrinales et liturgiques inacceptables.

La journaliste balaie l'argument moderniste selon lequel les fidèles d’avant 1962 assistaient à la messe de manière passive ou ignorante : comment expliquer que quinze siècles de liturgie traditionnelle aient engendré d'immenses générations de saints et de martyrs ?  De plus, les chiffres démentent formellement le discours du Vatican : un sondage cité par Life Site News révèle que seulement 2 % des fidèles de la messe traditionnelle considèrent l'Eucharistie comme un simple symbole, contre 69 % des catholiques du rite moderne selon l'institut Pew.

Le prétendu « printemps conciliaire » s'est avéré être un « hiver des plus glacials » caractérisé par un effondrement sans précédent de la foi, le rejet de la Présence Réelle et l'apostasie des nations chrétiennes. En voulant “protestantiser” la liturgie, la réforme a fait perdre aux fidèles « non seulement leur latin, mais leur foi catholique ».

 

L’espérance du cardinal Sarah : la fin prochaine de l'idéologie de 68


Ce constat de rupture est vigoureusement appuyé par le cardinal Robert Sarah dans un entretien accordé à Il Giornale. L'ancien préfet pour le culte divin affirme que l'aversion actuelle pour le latin et le chant grégorien est un problème purement générationnel, confiné à de petits « cercles culturels autoréférentiels ». Il prédit avec assurance que ces postures idéologiques sans fondement s'éteindront d'elles-mêmes avec la disparition de la génération soixante-huitarde qui les a créées.

Le haut prélat livre un réquisitoire cinglant contre le motu proprio Traditionis Custodes (2021) limitant l'ancien rite, qualifiant cette décision de « ni sage, ni respectueuse » envers Benoît XVI, qui l'a subie en silence avec la douceur d'un agneau de son vivant. Le cardinal rappelle des vérités ecclésiologiques fondamentales :

 

L’accès à un rite multiséculaire ne peut pas être légitimement restreint par décret ; si un rite nourrit la foi, limiter son accès revient à détruire la transmission de la foi elle-même.


La messe traditionnelle a une valeur de correction des abus liturgiques et aide de nombreux prêtres à mieux célébrer.


La guerre menée par la hiérarchie contre les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle est une posture « à courte vue, purement idéologique » et « destructrice pour l'Église ».


Le cardinal exhorte ainsi les pasteurs à cesser les hostilités fraternelles et à savoir lire les signes du temps présent – marqués par une jeunesse fervente qui redécouvre la messe traditionnelle – plutôt que de s'accrocher aux dogmes dépassés de mai 68.

 
 

En conclusion, soyons prudents à ne pas trop surréagir à propos d’une simple déclaration de notre Saint-Père au milieu d’autres qui ont été plus modérées sur le sujet.  
Ce conflit d’arrière-garde vieux de 50 ans est pathétique.

Vive le Christ-Roi !

 

Sources : MPI et Substack de Diane Montagna (vaticaniste pour LifeSiteNews)

 

 

Août-Sept.26
L' Evêque de Wheeling-Charleston étend la messe traditionnelle

29/08/2026

L' Evêque de Wheeling-Charleston étend la messe traditionnelle

 

 

« Dans un effort pour favoriser une plus grande unité parmi les fidèles catholiques et pour répondre à leurs divers besoins spirituels, Mgr Evelio Menjívar, évêque du diocèse de Wheeling-Charleston, a annoncé que le révérend père Timothy J. Grassi, VF, curé de la paroisse Saint-Jacques de Charles Town, a été nommé délégué épiscopal pour les questions relatives à l’usus antiquior dans le diocèse de Wheeling-Charleston, à compter du 24 août 2026 ».


Le diocèse de Wheeling-Charleston couvre l’intégralité de l’État de Virginie-Occidentale.

 

L’évêque a annoncé qu’il assisterait dimanche à la messe solennelle qui aura lieu au prieuré de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie à Charles Town. Le Prieuré de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie abrite les Chanoines Réguliers de la Nouvelle Jérusalem, un ordre de chanoines augustins. On y célèbre régulièrement la messe traditionnelle.

 

Par ailleurs, l’évêque porte de deux à cinq le nombre d’églises pour la célébration de la messe traditionnelle dans son diocèse.

 

La nomination du nouveau délégué épiscopal et l’expansion de la messe en latin témoignent « d’un effort de la part de l’évêque Evelio pour s’assurer que les besoins spirituels de chaque membre de son troupeau soient pris en charge par les prêtres de notre diocèse ». En tant que délégué épiscopal, le très révérend Grassi « veillera à ce que ces célébrations soient légalement autorisées selon le droit universel de l’Église et les dispositions du Siège apostolique », a déclaré l’évêque, et « assistera l’évêque dans la mise en œuvre coordonnée, dans tout le diocèse, des dispositions applicables du droit universel et particulier concernant l’Usus Antiquior ».

 

En outre, le révérend Grassi

 

« aidera à coordonner les célébrations autorisées, les lieux, les calendriers et les dispositions pastorales ; à maintenir une communication appropriée avec les délégués épiscopaux locaux et les autres prêtres désignés pour le soin pastoral des fidèles ».


Trois autres prêtres ont été nommés délégués pour différentes régions du diocèse.

 

Dans la région de Wheeling, en Virginie-Occidentale, la messe en latin sera désormais célébrée chaque dimanche à la mission Notre-Dame des Sept Douleurs à compter du 20 septembre. Auparavant, elle y était célébrée le troisième dimanche de chaque mois.

 

Les messes en latin actuellement célébrées à la paroisse universitaire Saint-Jean de Morgantown continueront d’avoir lieu chaque semaine le samedi à 9h et le dimanche à 13h. Et à Charleston, la troisième région du diocèse, la messe en latin sera célébrée dans un lieu « à déterminer ».

 

Nommé en 2023 évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Washington, Mgr Menjivar a été nommé par Léon XIV évêque de  Wheeling-Charleston  le 1er mai 2026. Cette décision est donc l’une des premières de son pontificat.

Source : le Salon Beige et le Catholic Herald


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Voilà.
C'est tout simple de prendre soin et de respecter les fidèles.
Merci à notre évêque de nous assurer cette paix à Rolleboise !

 

 

Août-Sept.26
28 août - Saint Augustin évêque d'Hippone, Docteur de l'Église (+ 430)

27/08/2026

28 août - Saint Augustin évêque d'Hippone, Docteur de l'Église (+ 430)

 

 

Brillant étudiant, jeunesse dissipée, un enfant, Adéodat. En 383, il vient à Rome, puis enseigne la rhétorique à Milan.
Converti, baptisé par saint Ambroise à Pâques 387, il retourne en Afrique.
Ordonné prêtre en 391, évêque d'Hippone (près de l'actuelle Bône, Algérie) en 396, un des plus grands théologiens chrétiens. Il meurt au moment des invasions barbares en Afrique, le 28 août 430.

 

Catéchèse sur saint Augustin, Benoît XVI

Le 9 janvier 2008, le Saint-Père a tracé un portrait de saint Augustin,

le célèbre évêque d'Hippone, qui fut "un homme de passion et de foi, à la grande intelligence et à l'inlassable attention pastorale". Indiquant qu'il reviendrait ultérieurement sur ses nombreuses œuvres, il a affirmé que "tous les chemins de la littérature chrétienne latine portent à Hippone... ville de l'Afrique romaine dont Augustin fut l'évêque de 395 à 430 et d'où partent de nombreux sentiers du christianisme suivant, mais aussi de toute la culture occidentale".


L'auteur des Confessions, cette "extraordinaire autobiographie spirituelle" qui porte "grande attention au mystère du soi, au mystère de Dieu caché en nous", naquit à Tagaste en 345. Sa mère Monique l'éduqua dans la foi qu'il abandonna ensuite tout en continuant de s'intéresser au Christ. Il étudia la rhétorique et la grammaire, qu'il enseigna ensuite à Carthage. Dans cette ville il lut l'Hortensius de Cicéron, qui réveilla en lui "l'amour du savoir", car malgré son abandon de la pratique ecclésiale il recherchait toujours la vérité. Mais l'Hortensius ne parlant pas du Christ, Augustin entreprit de lire les Écritures.


Sa rencontre avec la Bible fut une désillusion à cause de la médiocrité de sa traduction latine, "mais aussi parce qu'il n'y trouvait ni la hauteur philosophique ni la lumière qui éclaire la recherche de la vérité". Ne voulant plus vivre sans Dieu, Augustin cherchait "une religion répondant à son désir de vérité... et d'approche de Jésus". Cela le porta vers le manichéisme dont les pratiquants assuraient que leur "religion était totalement rationnelle". Le dualisme attira le futur évêque qui pensa alors avoir trouvé la synthèse entre "le rationnel, la recherche de la vérité et l'amour du Christ".


Mais la doctrine manichéenne fut incapable de résoudre les doutes du futur saint. Installé à Milan, Augustin prit l'habitude d'écouter les homélies de l'évêque Ambroise pour améliorer sa rhétorique. L'évêque de Milan exposait "une interprétation typologique de l'Ancien Testament, comme cheminement vers Jésus-Christ" et c'est ainsi qu'Augustin "trouva la clef pour lire la beauté et la profondeur philosophique de l'Ancien Testament, et qu'il comprit l'unité totale entre le mystère du Christ dans l'histoire et la synthèse entre philosophie, raison et foi dans le Logos, dans le Christ, Verbe éternel incarné".


Le 15 août 386 Augustin se convertit au christianisme "à la fin d'un long et difficile parcours intérieur". Il reçut le baptême le 24 avril suivant et fut ordonné prêtre en 391. Rentré en Afrique, il devint évêque quatre ans plus tard. Il fut, a souligné Benoît XVI, "un évêque exemplaire dans son travail pastoral..., attentif aux pauvres et à la formation de son clergé, fondateur de monastères". Et en peu de temps il devint "une des principales figures du christianisme de l'époque... L'évêque d'Hippone exerça une grande influence sur la conduite de l'Église en Afrique" et combattit avec vigueur des hérésies puissantes et malignes comme le manichéisme, le donatisme et le pélagisme.
Enfin, le Saint-Père a rappelé qu'Augustin se "confiait à Dieu chaque jour et cela jusqu'à la fin de sa vie". Peu avant de mourir il demanda qu'on lui écrive en grandes lettres les psaumes pénitentiels qu'il fit afficher près de son lit de malade afin de pouvoir les lire". Saint Augustin mourut le 28 août 430.

 

Le 16 janvier 2008, le Saint-Père a poursuivi sa catéchèse sur saint Augustin, 

évoquant les dernières années de ce Docteur de l'Église qui, quatre ans avant de disparaître, désigna son successeur afin de se consacrer totalement à l'étude de l'Écriture.
"Ce furent des années de grande activité intellectuelle...au cours desquelles il intervint en faveur de la concorde entre les provinces africaines menacées par des tribus méridionales... Le plus grand titre de gloire, déclara Augustin, est de tuer la guerre par la parole, plutôt que de tuer les gens par le glaive, de gagner ou maintenir la paix par la paix et non par la guerre". Le Pape a également rappelé que le siège d'Hippone par les Vandales fut une grande souffrance pour saint Augustin.


"Malgré l'âge et la fatigue, il demeura sur la brèche, trouvant le réconfort du  peuple et le sien dans la prière, dans la méditation des desseins mystérieux de la Providence... Si le monde vieillit, déclara le saint évêque, le Christ demeure jeune à jamais. C'est pourquoi il invitait ses contemporains à ne pas renoncer à rajeunir avec le Christ qui a dit: Ne crains pas, ta jeunesse reviendra comme revient celle de l'aigle. Voici la raison pour laquelle -a précisé le Saint-Père- le chrétien ne doit jamais se laisser abattre et toujours se mettre au service de qui est dans le besoin".
Rappelant que la demeure-monastère d'Augustin était ouverte à ses frères dans l'épiscopat qui le désiraient, Benoît XVI a souligné combien il profita de ces années de liberté pour intensifier sa prière. "Il avait coutume de dire que personne, évêque, prêtre ou simple fidèle, ne pouvait se préparer à la mort sans une sérieuse pénitence. Pleurant abondamment, il répétait les psaumes pénitentiels tant de fois récités avec son peuple".
Puis le Pape a signalé que le corps du célèbre évêque d'Hippone, mort le 28 août 430, fut transporté en Sardaigne à une date inconnue, avant d'être porté vers 725 à Pavie, où il est toujours conservé en la basilique St.Pierre "in Ciel d'oro". Mais Augustin survit dans ses écrits, où nous pouvons le retrouver bien vivant. Il demeure une lumière qui éclaire notre cheminement. "Lorsque je lis ses écrits -a confié le Saint-Père- je n'ai jamais l'impression qu'ils sont ceux d'un homme mort il y a seize siècles. J'y trouve un homme contemporain, un ami qui me parle, qui nous parle, avec une foi fraîche parfaitement actuelle".


"On trouve dans l'œuvre de saint Augustin l'actualité de la foi qui vient du Christ, du Verbe éternel incarné, fils de Dieu et fils d'homme comme nous. Il est évident que sa foi n'est pas d'hier, bien qu'exprimée dans un lointain passé. Elle montre que le Christ est vraiment hier, aujourd'hui et à jamais la voie, la vérité et la vie. Augustin -a conclu Benoît XVI- nous encourage à nous en remettre à ce Christ perpétuellement vivant et à trouver ainsi le chemin de la vie"..

 

Le 30 janvier 2008, Benoît XVI a repris sa catéchèse sur saint Augustin,...

...sa vie et son œuvre, rappelant que Jean-Paul II lui avait consacré la Lettre apostolique Augustinum Hipponensem en 1986, pour le 16ème centenaire de sa conversion. Son prédécesseur entendait ainsi rendre grâce à Dieu pour le don que cette conversion fut pour l'Église comme pour le monde.


Précisant que sa quatrième et dernière catéchèse sur ce grand Docteur de l'Église traiterait spécifiquement de la conversion, qui fut l'évènement capital de sa vie et l'est encore pour nous, le Saint-Père a abordé le rapport entre foi et raison, "le sujet déterminant de la vie de saint Augustin... Tout son itinéraire spirituel et intellectuel constitue un modèle toujours actuel pour traiter du rapport entre foi et raison, et pas seulement -a-t-il précisé- pour les croyants. Il l'est pour tout homme en recherche de la vérité, question centrale en matière d'équilibre et de destin personnel. On ne peut dissocier ces deux dimensions, qu'il faut au contraire envisager ensemble".


Puis le Pape a cité deux formules augustiniennes exprimant "la synthèse cohérente de la foi et de la raison: Croire pour comprendre, car croire ouvre le chemin vers les portes de la vérité; et Comprendre pour croire, qui permet rechercher la vérité afin de rencontrer Dieu, afin de croire... L'harmonie entre foi et raison -a poursuivi Benoît XVI- signifie d'abord que Dieu n'est pas inaccessible, qu'il est proche de chaque être humain, à son cœur comme à sa raison. A condition de nous mettre en marche".


"La présence de Dieu en l'homme, qui est à la fois profonde et mystérieuse, peut être reconnue et découverte au plus profond de soi". Ainsi que l'a souligné Augustin, s'adressant à Dieu au début de ses Confessions, une autobiographie spirituelle et une louange: Tu nous a faits en fonction de toi et notre cœur est inquiet tant qu'il ne reposera pas en toi! ... L'homme est une grande énigme et un profond abysse, que seul le Christ éclaire et sauve. Ceci est capital: Qui est éloigné de Dieu est loin de soi même. Et ne peut se retrouver qu'en retrouvant Dieu, qu'en retrouvant sa véritable identité".
Le Saint-Père a alors dit que dans sa Cité de Dieu, Augustin rappelle que l'homme est par nature un être social, et anti-social par vice. Il ne peut être sauvé que par le Christ, unique médiateur entre Dieu et l'humanité, "chemin universel de liberté et de salut, ainsi que le rappela Jean-Paul II dans le document cité précédemment. "Comme médiateur unique en vue du salut, Jésus-Christ est le chef de l'Église à laquelle il est uni mystiquement".
Citant à nouveau la lettre Augustinum Hipponensem, Benoît XVI a indiqué que son prédécesseur a désiré demander au saint "ce qu'il avait à dire aux hommes de ce temps, et répondre avec les mots mêmes de la lettre dictée par Augustin peu avant de mourir: Je crois qu'il faut ramener les hommes à l'espérance de trouver la vérité, cette vérité qui est le Christ même, véritablement Dieu... Saint Augustin -a conclu le Saint-Père- a rencontré Dieu, dont il reconnut la présence au long de son existence, de telle manière que cette véritable rencontre personnelle changea sa vie, comme elle change celle des femmes et des hommes qui ont la grâce de faire sa rencontre de siècle en siècle. Demandons au Seigneur de nous donner cette grâce pour trouver ainsi sa paix"

 

Le 20 février 2008, Benoît XVI a poursuivi sa catéchèse sur saint Augustin.

Le Pape a salué les pèlerins réunis dans la basilique Saint-Pierre puis s'est rendu à la Salle Paul VI où se trouvaient les autres personnes assistant à l'audience.
Le Saint-Père a rappelé que "saint Augustin fut un grand témoin du Christ, cher à mes prédécesseurs -a-t-il dit- et que j'ai moi-même beaucoup étudié et médité. C'est le Père de l'Église qui a laissé le plus grand nombre d'œuvres... dont certaines sont d'une importance capitale et pas seulement pour l'histoire du christianisme".


Benoît XVI a cité en premier lieu les "Confessions" où "nous pouvons suivre pas à pas le chemin intérieur de cet homme extraordinaire et passionné de Dieu". Il a ensuite cité les "Rétractations" "moins connues mais tout aussi originales et très importantes... dans lesquelles Augustin, alors plus âgé, accomplit une œuvre de révision de toute son œuvre écrite, laissant ainsi un document littéraire singulier et très précieux mais aussi un enseignement de sincérité et d'humilité intellectuelle".


Le Pape a ensuite ajouté que son œuvre "De la Cité de Dieu", avait été écrite entre 413 et 416 pour répondre aux accusations des païens qui accusaient le christianisme d'être la cause de la chute de Rome en 410, puisque le Dieu chrétien et les apôtres n'avaient pu protéger la ville, alors qu'avec les divinités païennes, Rome était "caput mundi" et que personne ne pouvait penser qu'elle puisse tomber entre les mains des ennemis. Beaucoup pensaient -a expliqué le Pape-  que Rome "n'était pas sûre avec le Dieu des chrétiens" et que "le Dieu des chrétiens ne protégeait pas et que l'on ne pouvait donc pas se fier à lui". A cette objection "qui touchait profondément le cœur des chrétiens, Augustin répond avec l'œuvre grandiose "De la Cité de Dieu" en éclaircissant ce que nous pouvons attendre et ce que nous ne pouvons pas attendre de Dieu, ce qu'est la relation entre la sphère politique et la sphère de la foi de l'Église. Toutefois aujourd'hui -a-t-il poursuivi- ce livre est une source pour définir la vraie laïcité et la tâche de l'Église, la grande espérance et la vérité que nous donne la foi".


Dans ce texte, Augustin présente l'histoire de l'humanité gouvernée par la divine providence mais actuellement divisée entre deux amours qui, par leur différence, sont à l'origine de deux cités : la cité terrestre née de l'amour de soi et de l'indifférence à Dieu, et la cité céleste née de l'amour de Dieu et de l'indifférence à soi-même".


"De la Trinité" -a poursuivi le Saint-Père- traite du noyau principal de la foi chrétienne", alors que "De la Doctrine chrétienne" est une vraie introduction culturelle à l'interprétation de la Bible et donc au christianisme même, qui a eu une importance décisive dans la formation de la culture occidentale".
Le Pape a ensuite rappelé que "le saint était conscient de sa stature intellectuelle... mais il a toujours mis en avant les œuvres savantes de théologie, la diffusion du message chrétien aux personnes simples. Cette préoccupation se remarque dans "De catechizandis rudibus" dédié aux problèmes de l'instruction de nombreux chrétiens illettrés, et le "Psalmus contra partem Donati" d'argument doctrinal mais écrit d'une façon facilement compréhensible".


Benoît XVI a expliqué que "les donatistes à qui s'adressait ce livre, soutenaient que la véritable Église était l'Église africaine et a rappelé que saint Augustin avait combattu toute sa vie contre ce schisme en soutenant que dans l'unité seule cette africanité était possible. Ainsi le "Psalmus contra partem Donati" bien que texte d'argument doctrinal a un langage abordable pour que tous comprennent que seulement dans l'unité de l'Église a lieu notre relation avec Dieu, avec tous; ainsi la paix grandit dans le monde.


  "Dans "Enarrationes in Psalmos" -a poursuivi Benoît XVI- on trouve de nombreuses homélies "écrites par les tachygraphes pendant les prédications du saint qui devenaient, par la réputation de leur auteur, des textes très recherchés et servaient de modèles s'adaptant à de nouvelles situations".
"Aujourd'hui encore -a conclu le Saint-Père- saint Augustin vit à travers ses œuvres et est présent en nous. Nous voyons ainsi la vitalité permanente de la foi pour laquelle il a donné toute sa vie".



 

Source : Nominis

 

 

Août-Sept.26
La Vie Chrétienne Victorieuse : vivre avec sagesse et ortir des faux calculs de l’existence

26/08/2026

La Vie Chrétienne Victorieuse : vivre avec sagesse et ortir des faux calculs de l’existence

 

 

Le Psaume 90 est l’une de ces prières. Il occupe une place particulière dans le Psautier, puisqu’il est présenté comme une prière de Moïse, « homme de Dieu ». Moïse a connu les grands contrastes de l’existence : la puissance et la faiblesse, la solitude et la responsabilité, la fidélité de Dieu et l’infidélité du peuple. Il a vécu à la cour de Pharaon, puis dans la solitude du désert. Il a vu le Seigneur agir avec puissance, mais il a aussi accompagné toute une génération vers la tombe.

 

Pourtant, au soir de sa vie, Moïse ne se glorifie pas de son expérience. Il ne dit pas : « J’ai suffisamment vécu pour savoir comment conduire mon existence. » Il se tourne encore vers Dieu et Lui adresse cette prière :

 

« Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse » (Psaume 90:12).


En quelques mots, cette prière pose les bases d’une réelle transformation intérieure. Elle met en lumière notre incapacité naturelle à appréhender le temps à sa juste mesure. Loin de toute fatalité, elle remet notre existence face à nos choix et nous oriente vers une sagesse concrète, incarnée en Jésus-Christ.

 

Il y a une belle leçon de perspective dès les premiers mots : avant même de mesurer la brièveté de sa vie, Moïse contemple ce qui ne change pas. Il ne commence pas par nous, mais par Dieu. Les sociétés se font et se défont, nos corps s’épuisent et nos repères bougent, mais le Seigneur demeure. Savoir que notre existence repose sur une telle certitude apporte une paix profonde. Dieu n’est pas un concept abstrait, il devient notre chez-nous, un refuge toujours accueillant quand les tempêtes de la vie surviennent.


La prière commence par ces mots simples : « Enseigne-nous ». Elle exprime une profonde humilité. Moïse était un homme instruit. Il avait reçu une révélation particulière de Dieu. Il avait vu le buisson ardent, connu la délivrance d’Israël et assisté à de nombreux miracles. Il avait parlé avec Dieu « face à face » (Exode 33:11). Pourtant, il ne se considérait pas comme arrivé au terme de son apprentissage.


Cette attitude est une leçon pour chacun de nous. Il est possible d’avoir beaucoup d’années, beaucoup de connaissances et beaucoup d’expérience, tout en ayant encore besoin d’être enseigné par Dieu. La maturité spirituelle ne consiste pas à ne plus rien apprendre ; elle consiste à comprendre toujours davantage combien nous dépendons du Seigneur.

 

Nous sommes parfois prêts à recevoir les conseils de Dieu pour les autres, mais moins disposés à reconnaître que nous avons nous-mêmes besoin d’être corrigés. Dire « Enseigne-nous », c’est reconnaître que notre intelligence est limitée et que notre cœur peut nous tromper. Nous pouvons savoir organiser nos journées, administrer nos biens et prévoir notre avenir, sans discerner ce qui a réellement une valeur éternelle. C’est pourquoi nous devons demander au Seigneur de nous instruire. La Parole de Dieu ne nous donne pas seulement des informations religieuses. Elle redresse notre vision de la vie. Elle nous montre ce qui demeure, ce qui passe et ce qui doit être abandonné.

 

Après avoir demandé à être enseigné, Moïse demande ensuite à Dieu de lui apprendre à bien compter ses jours. Cette expression ne signifie pas vivre dans la peur, additionner anxieusement les années qui passent ou surveiller avec inquiétude le temps qui nous reste. Compter ses jours, dans la perspective biblique, c’est en discerner la valeur et en reconnaître la brièveté. Nous ne comptons que ce qui a de l’importance. Ainsi, compter ses jours, c’est comprendre que chaque journée est un don unique. Le matin qui se lève ne reviendra jamais sous la même forme. L’apôtre Paul écrit :

 

« Prenez donc garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages ; rachetez le temps, car les jours sont mauvais » (Éphésiens 5:15-16).


Racheter le temps signifie utiliser nos journées d’une manière qui corresponde à la volonté de Dieu. Une vie peut être très occupée et pourtant stérile. À l’inverse, un acte humble, accompli dans l’amour, peut avoir un grand prix devant le Seigneur. Le Seigneur n’oublie pas ce qui est accompli pour Lui :

 

« Dieu n’est pas injuste, pour oublier votre travail et l’amour que vous avez montré pour son nom » (Hébreux 6:10).


Nos jours sont courts et s’achèvent avec notre passage terrestre ; mais le jour de Christ ouvrira devant nous la pleine lumière de sa présence. Alors, ce qui aura été accompli pour Lui sera manifesté et apprécié selon sa justice. Compter nos jours, c’est donc vivre aujourd’hui dans la perspective de ce jour-là : non pour rechercher la gloire des hommes, mais pour être trouvé fidèle devant notre Seigneur.

 

Nous pouvons mal compter nos jours de plusieurs manières. Il y a d’abord la comptabilité du regret. Elle demeure constamment tournée vers le passé. Il est juste de reconnaître nos fautes devant Dieu. La confession est nécessaire, et le croyant ne doit pas traiter le péché avec légèreté. Mais lorsque le regret refuse le pardon divin, il devient une forme d’incrédulité. Il prétend que notre passé est plus grand que la grâce de Dieu.

Or l’Écriture affirme : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9).
Le croyant peut aussi entendre cette parole : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8:1).

Il y a ensuite la comptabilité de l’inquiétude. Elle cherche sans cesse à contrôler l’avenir. Elle imagine les dangers, anticipe les malheurs, et elle s’épuise aujourd’hui en voulant porter le fardeau de demain. Jésus nous enseigne : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même » (Matthieu 6:34). Cette parole ne nous invite pas à l’insouciance, mais à la confiance. Dieu donne la grâce nécessaire pour aujourd’hui. Nous n’avons pas à porter à l’avance les fardeaux qui appartiennent à demain.

 

Enfin, il y a la comptabilité de l’égoïsme. Elle mesure chaque journée selon le profit personnel, le confort ou le plaisir. Elle demande : « Qu’est-ce que cela va m’apporter ? » plutôt que : « Comment puis-je honorer Dieu ? » La Parole nous rappelle : « Nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même » (Romains 14:7). Notre temps appartient au Seigneur, comme toute notre personne.

 

Si nous voulons comprendre ce que signifie bien compter ses jours, nous devons tourner nos regards vers Jésus-Christ. Il vivait chaque moment dans une dépendance parfaite à l’égard de son Père. Jésus n’était jamais dominé par la précipitation. Il ne se laissait pas conduire par la pression des foules ni par les exigences des hommes. À la croix, il prononce cette parole emblématique : « Tout est accompli » (Jean 19:30). Sa vie n’a pas été gaspillée. Chaque parole, chaque geste, chaque souffrance et chaque larme s’inscrivait dans le dessein du Père.

 

En Lui, nous découvrons que la fidélité ne se mesure pas à la grandeur apparente de nos œuvres, mais à leur conformité avec la volonté de Dieu. Une tâche cachée, accomplie dans l’amour, peut avoir davantage de valeur qu’une réalisation admirée par tous.


Cependant, la prière ne s’arrête pas à la constatation que la vie est brève. Elle poursuit un but : « afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse ». Dans la Bible, le cœur désigne le centre de la personne. Il comprend la pensée, la volonté, les affections et les décisions. Appliquer son cœur à la sagesse, c’est donc engager toute sa vie dans la recherche de la volonté de Dieu. Il ne suffit pas de savoir que nos jours sont courts. Cette vérité doit transformer nos priorités. Il ne suffit pas de reconnaître que Christ est la sagesse de Dieu ; il faut encore Lui soumettre notre cœur.

 

L’apôtre Paul écrit que Christ a été fait pour nous « sagesse, justice, sanctification et rédemption » (1 Corinthiens 1:30).

La sagesse chrétienne n’est pas seulement une connaissance plus approfondie de certaines doctrines. Elle est une vie vécue en communion avec Jésus-Christ, en qui « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Colossiens 2:3). Celui qui veut être sage doit donc demeurer près de Lui, écouter sa Parole et se laisser former par son Esprit.

 

Puis, le psaume se termine par une prière pleine d’espérance : « Que la grâce de l’Éternel, notre Dieu, soit sur nous ! Affermis l’ouvrage de nos mains ; oui, affermis l’ouvrage de nos mains ! » (Psaume 90:17). Dieu peut donner une portée durable à ce qui est accompli dans la foi. L’apôtre Paul déclare : « Votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur » (1 Corinthiens 15:58).

 

La demande de Moïse est donc double. Il demande d’abord : « Enseigne-nous. » (la part de Dieu) Puis il demande : « Affermis l’ouvrage de nos mains. » (la part de l’homme qui agit avec foi). Dieu agit en nous par sa Parole afin d’agir ensuite par nous dans le monde. Il éclaire notre cœur afin que nos mains servent avec discernement.

 

Nous ne connaissons pas le nombre de nos jours. Cette ignorance peut nous inquiéter, mais elle peut aussi nous conduire à la confiance. Dieu ne nous demande pas de connaître tout le chemin ; il nous demande de marcher avec Lui dans la lumière qu’il accorde aujourd’hui. Ne laissons pas le passé nous emprisonner, puisque le pardon est en Christ. Ne permettons pas à l’avenir de nous accabler, puisque notre Père céleste en prend soin. Ne gaspillons pas le présent dans l’égoïsme, les rancunes ou les occupations sans valeur éternelle.

 

Cette méditation invite à quitter le regret, l’inquiétude et l’égoïsme, pour apprendre, à l’école de Dieu, à vivre chaque jour avec sagesse, en Jésus-Christ.
Que cette prière devienne alors le murmure quotidien de notre âme :

 

Seigneur,
Enseigne-moi par ta Parole.
Apprends-moi à compter mes jours avec sagesse.
Délivre-moi du regret qui m’empêche d’accueillir ton pardon,
de l’inquiétude qui cherche à maîtriser l’avenir,
et de l’égoïsme qui me détourne de ton appel.
Façonne mon cœur à la sagesse
et conduis-moi chaque jour vers Jésus-Christ.
Amen.

 

Par Berny, pour le Salon Beige.

Août-Sept.26
La Liturgie au Cœur de l'Unité : recension de la Tribune de Mgr Eychenne dans La Croix du 24 /08/26

25/08/2026

La Liturgie au Cœur de l'Unité : recension de la Tribune de Mgr Eychenne dans La Croix du 24 /08/26

 

Pour lui, accéder à une diffusion sans discernement de l'ancien missel reviendrait à valider une rupture ecclésiale profonde. 


Son analyse pointe les risques d'une institutionnalisation de la méfiance, menaçant la cohésion de l'Église en instaurant une logique de soupçon envers le Magistère. Pour l'évêque, la pratique habituelle du missel préconciliaire induit, au moins implicitement, l'idée que la réforme liturgique produirait « moins de fruits spirituels ». Il a raison, on reconnait l’arbre à ses fruits, et c’est peu dire qu’ils sont gâtés ! En 50 ans, la pratique religieuse est passée de 23 % à 2 % en France…


Cette position installe une défiance envers l'autorité des papes successifs, de saint Jean XXIII à Léon XIV. Mgr Eychenne met en lumière un paradoxe cinglant : alors que les partisans de l'ancien rite se font souvent les hérauts de l'autorité, ils s'inscrivent ici dans une culture de l'autodétermination et du refus de l'obéissance au successeur de Pierre. Il y a aussi l'exemple contraire d'Athanase qui, pour faire court car l'histoire est compliquée, est devenu saint après avoir été excommunié par le pape Libère.

 

L'évêque s'inquiète surtout de la responsabilité éducative envers les jeunes générations, qu’une telle concession risquerait d’élever dans une « défiance systématique » envers les décisions de l'Église. Cette logique de contestation pervertit la nature même de la Tradition qui, par essence, ne se choisit pas selon ses goûts mais « se reçoit » comme un mandat. Pour étayer cette vision théologique, Mgr Eychenne convoque l'histoire apostolique : si Paul a pu exercer son esprit critique face à Pierre lors du premier Concile de Jérusalem (Actes 15), la décision finale du Collège s'est ensuite imposée à tous pour préserver l'unité.

 

Loin d'être une perte, le  Missale Romanum  actuel est présenté comme un « extraordinaire patrimoine » offrant un accès élargi aux Écritures et aux oraisons des Pères de l'Église, sources d'un véritable « émerveillement ». L'enjeu est, paraît-il, de redécouvrir que le latin et le grégorien y conservent leur place, invalidant tout argument purement esthétique au profit de la réception ecclésiale. 


En conclusion, Mgr Eychenne plaide pour un « accompagnement bienveillant » afin que les fidèles perçoivent la réforme comme le témoignage d'une foi inchangée, ancrée dans la Tradition et résolument missionnaire. L'Eucharistie ne doit plus être un « champ de bataille », mais le lieu d'une communion indispensable pour relever les défis du monde. Dans la perspective du voyage du pape Léon XIV sur le thème « pour que le monde ait la vie », cette paix liturgique apparaît comme la condition première de la mission globale de l'Église. L'unité autour de l'autel demeure, in fine, le socle inviolable de la transmission de l'Évangile.

 

Notre cher Père Évêque semble oublier que la structure liturgique de l'Église catholique rassemble 24 Églises totalement autonomes réparties en six grandes familles liturgiques (ou traditions de rites) :

Le rite latin (ou d'Occident) : de loin le plus répandu (rite romain, ainsi que les usages ambrosien, mozarabe, etc.).
Le rite byzantin : utilisé notamment par les Églises grecque-catholique, melkite, ukrainienne, roumaine, etc.
Le rite alexandrin : traditions liturgiques copte et guèze (Éthiopie et Érythrée).
Le rite antiochien (ou syro-occidental) : traditions maronite, syro-catholique et syro-malankare.
Le rite chaldéen (ou syro-oriental) : Églises chaldéenne et syro-malabare.
Le rite arménien : propre à l'Église catholique arménienne.


Ne pourrait-on cesser ces conflits incessants ? N’y a-t-il pas une petite place pour le rite tridentin que personne n’a le droit de supprimer parce qu'il est saint et millénaire ? 


“L’accompagnement bienveillant” suggéré dans cette tribune nous blesse. 
Cher Père Évêque, venez marcher à Chartres, vous vous apercevrez peut-être qu’on a changé de siècle.
Que Dieu vous bénisse et vous aide à nous aimer comme nous vous aimons !

 

Août-Sept.26
Saint Louis ou la grâce au pouvoir

24/08/2026

Saint Louis ou la grâce au pouvoir

 

Cependant, c’est avant tout dans son rôle d’éducatrice que Blanche s’impose, transmettant à ses enfants sa haute conception de leur devoir chrétien : « J’aimerais mieux vous voir morts qu’en état de péché mortel. » leur dit-elle.

En 1234, Louis épouse l’une des filles du comte de Provence, Marguerite, union dynastique devenue amour conjugal passionné dont neuf enfants naîtront. Cas presque unique dans l’histoire de la monarchie française, il restera fidèle à sa femme, et cette singularité pèsera dans la décision de le canoniser.

Bon époux et bon père, Louis est d’abord et avant tout le roi, pénétré de ses obligations. Guerroyer en fait partie ; il l’assume.

En 1242, s’immisçant dans la querelle qui oppose son beau-père Lusignan au roi de France, Henry III d’Angleterre débarque sur le continent ; Louis l’écrase les 21 et 22 juillet à Taillebourg puis à Saintes mais, loin d’en profiter pour dépouiller son vassal anglais de ses terres d’Aquitaine, préférant le bien commun à ses intérêts personnels, il choisit de négocier, ce qui se soldera en 1258 par la signature d’un traité de paix peu favorable à la France mais qui semble, en satisfaisant les exigences anglaises, couper court à tout prétexte à conflit dans l’avenir. Choix admirable, mais erreur politique car l’Angleterre relancera la guerre à la première occasion…

 

La faiblesse de Saint Louis


Là se situe, à vues humaines, la faiblesse de Louis : croire l’humanité meilleure qu’elle n’est et prêter au prochain ses propres vertus. En 1268, après que le roi a publié une législation interdisant la prostitution, l’ivrognerie, le jeu, le pape Clément VIII, moins naïf, lui demande d’y renoncer : le vice ne se supprime pas par décret ; il lui demande aussi de supprimer les peines corporelles infligées aux blasphémateurs. Louis, étonné, dira préférer, pour sa part, se brûler lui-même les lèvres au fer rouge, comme la loi le prévoit, plutôt qu’insulter le Seigneur. Ce choix laisse rêveurs ses proches. On connaît le mot du sire de Joinville, entendant le roi dire qu’il aimerait « mieux être lépreux que commettre un seul péché mortel », et qui réplique : « Pour ma part, Sire, j’aimerais mieux commettre dix péchés mortels ! »

Au vrai, le roi a la certitude que, sans un effort collectif vers la sainteté des Français et des Chrétiens, sans conversion sincère et générale, effort dont sa famille et lui-même doivent donner l’exemple, il sera impossible de conjurer les maux qui menacent la catholicité, qu’il s’agisse du redressement du monde musulman, fatal au royaume latin d’Orient, ou du péril mongol dont on redoute alors qu’il atteigne l’Europe après avoir dévasté l’Asie.

Louis obtempère pourtant, en ce domaine strictement moral en tout cas, aux désirs de Rome. Dans le domaine politique, en revanche, il défend fermement les prérogatives de la monarchie française afin de mettre la couronne et ses peuples à l’abri des abus d’évêques et souverains pontifes qui font parfois de l’excommunication et de l’interdit des moyens de pression destinés à infléchir les choix de la France. Jamais il ne confondra temporel et spirituel.

 

Lieutenant de Dieu sur terre, Louis sait que son royaume appartient au Christ. Antique certitude de la monarchie française qu’il illustre en rachetant, en

1238, la sainte couronne d’épines, mise en gages par l’empereur Baudouin II de Constantinople, à bout de ressources. L’insigne relique arrive à Paris en août 1239. Le roi, accompagné de ses frères, Robert d’Artois, Alphonse de Poitiers et Charles d’Anjou, pieds nus et en chemise, la porte jusqu’à Notre-Dame, en attendant d’élever pour elle, au cœur de son palais, un reliquaire sans égal, la Sainte Chapelle.

L’acquisition de la sainte couronne répond au vœu secret du roi de se croiser afin de délivrer les lieux saints. Vœu toujours remis du fait des circonstances extérieures. En 1244, Louis tombe très gravement malade ; un moment, on le croit mort. Quand il sort du coma, tenant ce retour à la vie pour un miracle, il prend la croix. Une croisade ne s’improvisant pas, ce n’est qu’en mai 1249 que Louis embarque d’Aigues-Mortes vers l’Égypte. Conscient des échecs précédents, entre autres ceux de Louis VII et Philippe Auguste, qu’il attribue à une impréparation morale et mystique, Louis IX, avant de partir, a voulu réparer les torts de la couronne, et lancé une vaste réforme destinée à éradiquer les abus et améliorer la justice, qu’il rend lui-même, sous un chêne de son château de Vincennes.

 

La perte de son frère


Hélas, dès le débarquement près de Damiette, la croisade est mal engagée. Le retard des renforts donne aux Musulmans le temps de couper la route du Caire. Malgré la crue du Nil, et l’avis des Templiers qui conseillent d’attaquer Alexandrie, Louis se porte vers la forteresse de Mansourah, emportée par son frère Artois le 8 février 1250. Cette victoire est un piège. Coincés dans la ville, le prince et les siens sont massacrés. Il faut tout l’héroïsme de Louis pour permettre au reste de l’armée de retraiter en bon ordre. « Où est mon frère ? » demande-t-il, au soir du désastre, au Grand Maître de l’Hôpital : « Sire, en paradis, s’il plaît à Dieu… » Joinville, l’ami intime du roi, son futur chroniqueur, admirateur éperdu d’une sainteté dont il avoue qu’elle le dépasse, l’entend répondre : « Que Dieu soit adoré en toutes Ses volontés. » mais « tout en disant cela, les larmes lui coulaient, moult grosses. »

 

Car la sainteté de Louis n’exclut ni les faiblesses humaines, ni l’angoisse, ni le chagrin.

 

Fait prisonnier au mois d’avril suivant, le roi recouvre la liberté contre une rançon énorme. D’autres oublieraient la Terre Sainte. Pas lui. Il a échoué faute de s’être assez préparé. Il ne méritait pas de libérer le Tombeau du Christ. De retour en France, il se mortifie de plus belle. En juillet 1270, Louis repart combattre l’Islam. Cette fois, il débarque près de Tunis, et y rend l’âme, le 25 août, victime de la peste. Aux derniers instants, le puissant roi de France demande à être étendu sur un lit de cendres, humilité suprême. Conscient de son échec humain et trop humble pour mesurer que cette défaite apparente jette une gloire éternelle sur son règne, sa lignée, son pays et son peuple.

 

Louis IX, fidèle à l’exemple de ses aïeux, a mené une politique capétienne classique aux fruits bénéfiques, tant dans le royaume – paix civile, affermissement de la puissance royale, correction des abus, amélioration des conditions de vie – qu’en Europe où il put se poser en arbitre face à l’Aragon, l’Angleterre ou l’Empire. Mais la leçon qu’il laisse est d’un autre ordre. Elle resitue les priorités du pouvoir face aux véritables valeurs. Le pragmatisme, le matérialisme en train de s’insinuer dans la société du XIIIe siècle, Louis n’y est pas aveugle. S’il se refuse à les prendre en considération, par exemple face à Henry III d’Angleterre qu’il crédite d’un esprit chevaleresque équivalent au sien, ce n’est pas sottise de sa part mais certitude que la loi divine l’emporte sur les intérêts humains et qu’il faut prendre des risques pour la faire triompher.

 

S’il serait vain d’espérer voir nos actuels gouvernants s’engager sur cette voie mystique, faute d’y rien comprendre, il n’est pas interdit de croire que les Français, eux, pourraient, un jour ou l’autre, se reprendre à la suivre.

 

 

Par Anne Bernet, publié dans Politique Magazine du 27/10/2014

Août-Sept.26
Du Coeur Immaculé de Marie au Sacré-Coeur

22/08/2026

Du Coeur Immaculé de Marie au Sacré-Coeur

Le Coeur immaculé de Marie, entièrement relatif à Dieu


Au premier abord, le dogme de l’Immaculée Conception et le mystère du Coeur immaculé de Marie semblent des articles de foi « négatifs » : on nie de Marie, et en particulier de son coeur, l’imprégnation de la tâche originelle. Il est vrai qu’en instituant en 1942 une fête du Coeur immaculé de Marie, fixée à l’octave de l’Assomption, Pie XII établit une relation entre la conception immaculée de Notre-Dame, sa préservation de la corruption physique, et la qualité de son coeur, qui symbolise et récapitule toute sa personne. 

 

Mais il faut aller plus loin, car la dévotion au Coeur immaculée de Marie nous dit plus sur elle que le simple fait de sa préservation du péché. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort disait que Marie est « toute relative à Dieu » : cette entière relationnalité de Notre-Dame au Seigneur ne peut être comparée à l’union des divines personnes ou de la nature humaine et de la nature divine du Christ, mais elle signifie que son être intime, dans toutes ses opérations, coïncide avec sa relation à Dieu. Autrement dit tout ce que Marie pense, dit et fait, part de Dieu et aboutit en lui. Elle assume entièrement et dans chacun de ses actes intérieurs et extérieurs sa qualité de créature, radicalement dépendante de son Créateur. Cette acceptation simple et humble de Notre-Dame la transfigure et conforme profondément son coeur à celui de Dieu. En effet c’est à son coeur que cette totale relationnalité s’applique particulièrement. Lorsque l’on parle du Coeur immaculé de Marie, il s’agit du coeur au sens spirituel (la partie supérieure de l’être humain, son âme susceptible d’être tournée vers Dieu), mais aussi du coeur de chair, organe et principe de la vie, identifié habituellement comme lieu des affections et des sentiments. Le coeur est physiquement et symboliquement le principe et l’origine de toutes les aspirations et opérations de la personne : il est la condition d’exercice de toute activité organique, et c’est de lui que procèdent au sens spirituel nos bonnes et mauvaises actions (« L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais[1] »). Or c’est justement quant à ses aspirations et à son opération que Marie est entièrement relative à Dieu : toutes ses actions prennent en lui leur origine et leur accomplissement. Cette harmonie totale avec Dieu est donc une harmonie du coeur.

 

Le coeur de Marie, chemin du coeur de Jésus


Mais la dévotion au coeur de Marie ne peut s’arrêter à une contemplation extérieure. Notre-Dame nous l’a rappelé à Fatima : l’amour de son coeur est un appel et un chemin vers le coeur de Jésus. Si le Sacré-Coeur – le Saint-Père le rappelle – est le symbole et le principe de la miséricorde divine envers l’humanité, le Coeur immaculé de Marie en est l’inséparable et très doux instrument. Le coeur de Marie vit en effet en permanence l’intimité et l’effusion d’amour miséricordieux que nous expérimentons lorsque nous sommes pardonnés par Dieu. N’avons-nous pas déjà fait cette expérience transitoire de joie surnaturelle et incompréhensible dans la confession ? Quant à Marie, elle fait cette expérience en-dehors du péché, en vertu de sa totale relationalité : l’illumination trop éphémère que nous ressentons dans le pardon reçu est permanente en son âme, qui est entièrement transparente à la lumière divine et dont toute l’essence est d’être préservée et purifiée par Dieu : « Je suis l’Immaculée Conception ». Et ainsi paradoxalement, c’est dans l’expérience de notre faiblesse et de la miséricorde gratuite que Dieu nous fait que nous connaissons mieux la grandeur du Coeur de Marie et la nécessité que nous avons d’emprunter ce chemin pour entrer dans celui de l’amour divin. Du fait de notre condition, c’est l’expérience de la séparation et du retour qui nous fait réaliser « la largeur, la hauteur, la profondeur… de l’amour (et donc du coeur) du Christ » (Ep 3, 18). Or la séparation est d’autant plus douloureuse qu’elle semble de notre point de vue irrémédiable, et en réalité elle l’est : nous ne pouvons réparer ce que notre péché a brisé. La première étape de notre conversion consiste à retrouver l’espérance, à réaliser que notre faute peut être pardonnée, que notre peine peut être confiée à un coeur aimant et maternel : elle commence souvent par une confidence faite au coeur bienveillant de Marie, refuge des pécheurs. 

 

C’est du corps de la Vierge bénie que Jésus voulut former tout son corps : c’est de son coeur qu’il voulut recevoir son Sacré-Coeur. C’est aussi ce coeur qui fut transpercé avec le sien par la lance du soldat, conformément à la prophétie de Syméon : transpercé, c’est à dire ouvert, comme pour nous y frayer une voie. Tout comme le chemin de l’Incarnation passe par Marie, le chemin de la Rédemption s’accomplit aussi par elle. C’est le sens de la dévotion à son coeur Immaculé, symbole et récapitulation de sa personne « toute relative à Dieu ».

 

Se consacrer à Notre-Dame, porter le scapulaire, réciter le chapelet, ne sont donc pas des pratiques périphériques de la foi chrétienne : à travers ces dévotions, Marie nous prend son son aile pour nous protéger et nous porter à son Fils. La transcendance de notre foi, en même temps que sa profonde incarnation, se résume et s’accomplit dans le Coeur immaculé de Marie, image et chemin du Sacré-Coeur de Jésus. 

 

Source : Claves (Fraternité St Pierre)

Août-Sept.26
La défonce pour tous !

21/08/2026

La défonce pour tous !

 

 

Les statistiques sont effrayantes : de la cocaïne aux ravages immédiats du crack, le poison s’infiltre partout, des gares parisiennes aux bourgs ruraux. Les trottoirs se peuplent de silhouettes brisées, fantômes modernes d'une société en décomposition avancée. Pourtant, face à ce désastre sanitaire, sécuritaire et moral, la réponse des institutions frappe par son impuissance feinte et son inertie accablante.

 

Comment ne pas être saisi de stupeur devant l’indulgence systématique de notre appareil judiciaire ? Peines dérisoires, refus d’appliquer une fermeté dissuasive, pénurie entretenue de places de prison : le spectacle offert par l'État dépasse la simple incompétence administrative. À ce degré d'inaction, le laxisme ne relève plus du dysfonctionnement ; il confine à la complicité objective.

 

Ce désengagement coupable rappelle une mécanique bien connue de l'histoire politique. Pour asseoir son emprise sans risquer la contestation, un pouvoir autoritaire a toujours eu intérêt à tolérer — voire encourager — l'abrutissement de la masse. L’Union soviétique utilisait l’alcool bon marché et la vodka d'État pour maintenir plus de 90 % de sa population dans une léthargie docile, incapable de penser ou de se révolter. Aujourd'hui, laisser circuler les stupéfiants produit exactement le même effet anesthésiant. Un peuple drogué, isolé dans la poursuite de paradis artificiels et d'échappatoires chimiques, est un peuple qui ne revendique plus rien, qui ne bâtit plus rien et qui ne menace personne.

 

Laisser la drogue prospérer, c'est acheter une paix sociale précaire au prix de l'aliénation collective. En refusant de frapper fort contre les trafiquants et en abandonnant la jeunesse à la dépendance, l’autorité publique abdique sa mission fondamentale. La passivité des tribunaux et des gouvernants n’est pas un aveu de faiblesse : c’est le choix délibéré de laisser la société s’endormir pour mieux s'assurer qu'elle ne se réveillera jamais.

 

Cœur immaculé de Marie, priez pour nous, c'est demain votre fête, nous serons là ! 

Août-Sept.26
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