Le blog du Temps de l'Immaculée.
16/03/2026
1. Offrir notre peu pour permettre le miracle
Le point de départ du miracle n'est pas la richesse, mais la pauvreté humaine. Face à 5 000 personnes, les cinq pains et les deux poissons du jeune garçon semblent dérisoires. Pourtant, c’est ce don modeste qui permet au miracle de commencer.
L’application au Carême : Nos efforts de prière, de jeûne et d'aumône nous semblent souvent fragiles, imparfaits ou insuffisants.
Le message : Dieu ne nous demande pas l’impossible, mais l’humilité de Lui offrir ce que nous avons, aussi petit soit-il. C’est dans notre faiblesse que Sa force se déploie.
2. La persévérance : Rester avec le Christ
La foule a été nourrie parce qu’elle est restée avec Jésus, malgré la faim, la fatigue et l'absence apparente de solutions. Beaucoup de chrétiens désirent la grâce, mais manquent de constance dès que les difficultés surgissent.
Demeurer dans la proximité : La nourriture spirituelle se reçoit dans la durée. Cela implique de persévérer dans la prière, l’assistance à la Messe et l’adoration, même en l’absence de "joie sensible" ou de consolation immédiate.
Le silence intérieur : Le Carême est un temps privilégié pour s'approcher du Christ et faire taire les bruits du monde. Plus nous nous sentons faibles, plus nous devons nous agripper à Sa présence.
3. La logique de la surabondance
Le récit se termine par un détail crucial : il reste douze paniers. Dieu ne se contente pas de donner le nécessaire ; Il donne avec une générosité infinie.
Vaincre la peur du don : Souvent, nous craignons de nous donner totalement à Dieu par peur de "perdre" quelque chose (notre temps, notre liberté, nos plaisirs).
La réalité de la grâce : L’Évangile prouve le contraire. Avec le Seigneur, la misère devient abondance. Celui qui donne sa vie au Christ ne perd rien, il reçoit tout au centuple.
Conclusion : La joie du dimanche de "Laetare"
Au cœur du Carême, l'Église nous invite à la joie avec le dimanche de Laetare ("Réjouis-toi"). Cette joie n'est pas superficielle ; c'est celle de savoir que le Christ transforme la pauvreté de nos cœurs en une vie divine débordante.
En suivant l'exemple de la Vierge Marie, apprenons à comprendre et à vivre ces enseignements pour que ce Carême soit un véritable renouveau.
"Le Christ transforme la pauvreté de notre cœur en abondance de vie divine."
14/03/2026
Ce texte, diffusé à l’occasion du vendredi de la deuxième semaine de Carême, s’appuie sur l’Évangile et les lectures de la messe du jour pour évoquer les tensions actuelles autour de la Tradition dans l’Église.
Dans cette méditation, le cardinal Zen aborde directement la question du dialogue entre le Saint-Siège et la FSSPX. Il rappelle d’abord qu’un schisme constituerait un grave dommage pour l’Église et doit être évité (la FSSPX n’entend nullement causer un schisme : si elle veut procéder à des sacres épiscopaux, c’est sans la moindre intention schismatique, avec l’unique souci d’assurer la continuité de son apostolat au service de l’Église). Le cardinal souligne en outre la gravité du problème de conscience auquel sont confrontés de nombreux fidèles attachés à la Tradition. Il pose une question fondamentale : « Comment peut-on obliger quelqu’un à suivre des enseignements qui nient manifestement la sainte Tradition de l’Église ? »
Un appel à l’intervention du pape
Dans sa réflexion, le cardinal Zen évoque les discussions en cours entre la FSSPX et le Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Cependant, il s’interroge ouvertement sur les perspectives d’un tel dialogue dans les circonstances actuelles : « La FSSPX a été envoyée dialoguer avec le chef du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, mais y a-t-il un minimum d’espoir dans ce dialogue ? »
Le cardinal n’hésite pas à exprimer ses réserves concernant la direction actuelle du dicastère, dirigé par le cardinal Víctor Manuel Fernández, souvent surnommé « Tucho ». Selon lui, la vision de ce dernier semble difficilement conciliable avec la défense de la Tradition.
Dans ce contexte, le cardinal Zen appelle implicitement le pape Léon XIV à prendre lui-même en main le dossier, notamment en ce qui concerne les sacres d’évêques envisagés par la Fraternité afin d’assurer la continuité de son apostolat.
La question de la messe traditionnelle
La réflexion du cardinal aborde également la question de la liturgie traditionnelle, au cœur des tensions actuelles. Il estime qu’il serait erroné de vouloir supprimer la messe traditionnelle : « Et la messe traditionnelle ? Il est évidemment erroné de vouloir l’éliminer. »
Ces paroles rejoignent les préoccupations de nombreux clercs et fidèles à travers le monde qui maintiennent la liturgie traditionnelle comme un trésor spirituel de l’Église et une expression authentique de la foi catholique.
La véritable unité de l’Église ne peut se construire qu’en demeurant fidèle à la Tradition reçue. Cet appel du cardinal Zen — malgré son souci de préserver le concile Vatican II en attribuant ses dérives à un prétendu « esprit du concile », et malgré son souhait d’une « réforme de la réforme » liturgique qui tenterait de sauver le Novus Ordo — rejoint néanmoins une conviction profonde de la Fraternité Saint-Pie X : la fidélité à la Tradition n’est pas un refus de l’Église, mais au contraire un service rendu à son unité et à sa continuité.
Les sacres épiscopaux envisagés par la Fraternité s’inscrivent dans cette perspective : assurer la transmission du sacerdoce et de la foi catholique, sans rupture avec l’Église, dans la ligne de l’action menée par Mgr Marcel Lefebvre.
En ce temps de Carême, les fidèles sont invités à prier pour l’Église, afin que l’unité s’accomplisse non dans une obéissance aveugle, mais dans la vérité et dans la fidélité à la Tradition catholique.
(Sources : oldyosef.hkcatholic.com - FSSPX Actualités)
13/03/2026
>>"Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du
nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à
celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la
française, sans avoir l'esprit ni le cœur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais
qui en gardera l'étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d'autre part, la masse
des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement
mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts,
par les contacts qu'elle a avec les Français (représentants de l'autorité, colons, commerçants),
contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle. Le sentiment national
ou barbaresque s'exaltera dans l'élite instruite : quand elle en trouvera l'occasion, par exemple
lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l'islam comme d'un
levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman
indépendant.
>>L'empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale
française, etc., a 30 millions d'habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante
ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé
d'habitants rompus au maniement de nos armes, dont l'élite aura reçu l'instruction dans nos
écoles. Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul
moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens.
>>Il ne s'agit pas de les convertir en un jour ni par force mais tendrement, discrètement, par
persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et
affectueuse, oeuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les
prêtres et prendre un contact plus intime.
>>Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D'une
manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec
certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du Mehdi, il n'y en a pas : tout
musulman, (je ne parle pas des libre-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu'à l'approche du
jugement dernier le Mahdi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la
terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non-musulmans. Dans cette foi, le musulman
regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt
ou tard subjugués par lui musulman, ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non
musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son
tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l' engage à subir avec calme son
épreuve; " l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ;
s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération ", disent-ils ;
ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français
qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils
peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger; ils peuvent
se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier,
esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles
mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas
Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du Mehdi, en lequel ils soumettront
la France.
>>De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité
française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être
infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce
changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du
medhi..."
Charles de FOUCAULD
12/03/2026
Un des personnages de ce roman, le singe Shift, déguise en lion un âne censé représenter Aslan, le dieu de Narnia. Le rapprochement s’opère de lui-même. Comme le diable singe Dieu, le singe manipule l’âne pour le faire passer pour Dieu dans l’univers de Narnia. Et la dernière bataille qui s’ensuivra est l’ultime affrontement entre les armées du Bien et celle du Mal.
Sommes-nous entrés dans cette dernière phase ? Il est bien sûr impossible de répondre à cette question. Le temps n’appartient qu’à Dieu. Il n’en reste pas moins certain qu’un véritable renversement est en train de s’opérer sous nos yeux avec la légalisation prochaine de l’euthanasie et du suicide assisté.
L’ultime renversement ?
Comme pour l’avortement, il s’agit là d’un fruit mûri par de longues années de militantisme, combinant action politique et action culturelle. Comme pour l’avortement, nous assistons à un renversement anthropologique décisif, rompant avec des millénaires d’humanité et des siècles de christianisme. Le vertige devrait nous saisir devant ce qui se joue sur les bancs feutrés de l’Assemblée nationale. La vie innocente et la vie fragilisée, les deux bouts de la chaîne humaine, sont condamnées à mourir par décision humaine, gravée dans le marbre d’une loi.
Comme l’a très bien fait remarquer devant ses collègues parlementaires le jeune député Vincent Trébuchet (UDR), ce renversement est passé par celui du sens des mots, singeant (là encore) la véritable signification de ce qu’est la vraie conception de la liberté, de l’égalité et de la fraternité et, aurait-il pu ajouter, de la dignité (cf. la rubrique « C’est logique » de ce numéro). Avec courage, il n’a d’ailleurs pas hésité à pointer nommément la responsabilité maçonnique dans ce combat en faveur de l’euthanasie.
Effet de la jeunesse ou d’une espérance chevillée au corps ? Quoi qu’il en soit, Vincent Trébuchet est allé, à raison, beaucoup plus loin en annonçant qu’une telle loi serait un jour abolie. À nous, à nos enfants ou à nos petits-enfants, il revient d’entamer ce qui sera peut-être la dernière bataille mais qui mérite d’être menée jusqu’au bout pour l’honneur de Dieu et le respect de sa Création.
La vertu de force
L’assassinat effroyable du jeune Quentin, tabassé à mort par des nervis gauchistes, est là pour nous rappeler que la haine n’a pas de limite et que son déchaînement peut être total. Elle nous remémore aussi que nous ne pouvons pas combattre avec les armes de nos adversaires en adoptant, dans un emportement mimétique, les méthodes de l’ultragauche. Il ne s’agit évidemment pas de récuser la force, mais simplement de ne pas oublier qu’elle est une vertu, ordonnée de ce fait au Bien, afin que nous le pratiquions sans défaillance, spécialement en face du danger et de la mort.
Saint Thomas d’Aquin souligne d’ailleurs avec justesse que « la vertu de force a pour fonction d’écarter l’obstacle qui empêche la volonté d’obéir à la raison » (Somme théologique, IIa-IIae, 123, 3). Encore faut-il faire usage de celle-ci, ce qui demande une (vraie) formation et un véritable entraînement.
Cette vertu de force, nous avons plus que jamais besoin de l’exercer en ces temps de la dernière bataille.
« Pour posséder cette vertu en toute sa plénitude, écrit encore saint Thomas, il faut avoir pu se préparer, par une longue méditation antérieure, à sacrifier tous ses biens particuliers et, en premier lieu, sa vie personnelle, au bien de tous qui l’emporte, pour toute âme noble, sur le bien individuel » (Commentaire sur le livre III de l’Éthique à Nicomaque, c. 6).
C’est-à-dire, précise à son tour Marcel De Corte (qui cite ce passage de l’Aquinate), le bien commun (De la force, DMM, p. 15).
La légalisation de l’avortement comme celle de l’euthanasie et du suicide assisté impliquent une réponse à la mesure de ces enjeux, qui ne sont ni plus ni moins cruciaux. Elles imposent que les catholiques et les hommes de bonne volonté ayant encore gardé une certaine conscience de la loi naturelle évaluent le degré possible de collaboration avec le système pourvoyeur de ces « lois » mortifères.
Devant ces décisions politiques en faveur du Mal, il faudrait certainement que nous osions également nous reposer la question des conditions politiques pour mettre fin à la mort légalisée et promouvoir des lois facteurs de justice, de paix et d’unité.

Philippe
Maxence
11/03/2026
Prière de saint François de Sales :
Glorieux saint Joseph,
époux de Marie, accordez-nous votre protection paternelle,
nous vous en supplions par le Cœur de Jésus-Christ.
Ô vous dont la puissance s’étend à toutes nos nécessités
et sait rendre possibles les choses les plus impossibles,
ouvrez vos yeux de père sur les besoins de vos enfants.
Dans l’embarras et la peine qui nous pressent,
nous recourons à vous avec confiance.
Daignez prendre sous votre charitable conduite
cette affaire importante et difficile, cause de notre inquiétude.
Faites que son heureuse issue
tourne à la gloire de Dieu et au bien de ses dévoués serviteurs.
Amen.
Litanies de saint Joseph
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ ayez pitié de nous
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ écoutez-nous.
Jésus-Christ exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous. Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, priez pour nous.
Saint Joseph, priez pour nous.
Illustre descendant de David, priez pour nous.
Lumière des patriarches, priez pour nous.
Époux de la Mère de Dieu, priez pour nous.
Chaste gardien de la Vierge, priez pour nous.
Père nourricier du Fils de Dieu, priez pour nous.
Zélé défenseur de Jésus, priez pour nous.
Chef de la Sainte Famille, priez pour nous.
Joseph très juste, priez pour nous.
Joseph très chaste, priez pour nous.
Joseph très prudent, priez pour nous.
Joseph très courageux, priez pour nous.
Joseph très obéissant, priez pour nous.
Joseph très fidèle, priez pour nous.
Miroir de patience, priez pour nous.
Ami de la pauvreté, priez pour nous.
Modèle des travailleurs, priez pour nous.
Gloire de la vie de famille, priez pour nous.
Gardien des vierges, priez pour nous.
Soutien des familles, priez pour nous.
Consolation des malheureux, priez pour nous.
Espérance des malades, priez pour nous.
Patron des mourants, priez pour nous.
Terreur des démons, priez pour nous.
Protecteur de la Sainte Église, priez pour nous.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.
Il l’a établi le chef de sa maison,
et l’intendant de tous ses biens.
Prions :
Ô Dieu qui dans une providence ineffable avez daigné choisir le bienheureux Joseph pour être l’époux de votre très sainte Mère, faites, nous vous en prions, que, l’honorant ici-bas comme protecteur, nous méritions de l’avoir comme intercesseur dans le Ciel, Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles,
Amen.
10/03/2026
1- Qui prend les décisions ? (Le Pouvoir Partagé)
En Suisse, il n'y a pas de "Chef d'État" tout-puissant. Le pouvoir est divisé en trois piliers :
A. Le Peuple : Le Souverain Suprême
C'est la particularité de la démocratie directe. Le peuple a le dernier mot sur tout.
L’initiative populaire : Les citoyens peuvent proposer une modification de la Constitution (il faut 100 000 signatures).
Le référendum : Si le Parlement vote une loi qui ne plaît pas aux citoyens, ces derniers peuvent récolter 50 000 signatures pour exiger un vote national. Si le peuple dit "non", la loi finit à la poubelle.
B. Le Parlement (L'Assemblée fédérale)
Il vote les lois et le budget. Il est composé de deux chambres qui ont le même poids :
Le Conseil national : Représente la population (200 sièges répartis selon le nombre d'habitants par canton).
Le Conseil des États : Représente les cantons (46 sièges, soit 2 par canton, peu importe sa taille).
C. Le Gouvernement (Le Conseil fédéral)
C'est un collège de 7 membres issus des principaux partis politiques. Ils dirigent le pays par consensus.
Le saviez-vous ? La présidence de la Confédération change chaque année parmi les 7 membres. Le président n'a pas plus de pouvoir que ses collègues ; il est simplement "le premier parmi ses pairs".
2- Les rouages pour faire appliquer les décisions
Une fois qu'une décision est prise (par le Parlement ou par un vote populaire), elle ne descend pas d'en haut de manière autoritaire. Elle suit le principe du fédéralisme et de la subsidiarité.
Le principe de subsidiarité
En clair : on ne règle au niveau national que ce que les échelons inférieurs ne peuvent pas gérer.
Communes : Gèrent le quotidien (écoles locales, déchets, routes communales).
Cantons (26) : Ce sont les véritables piliers. Ils ont leur propre Constitution, leur propre Parlement et leur propre police. Ils appliquent la majorité des lois fédérales à leur sauce.
Confédération : Gère ce qui concerne tout le pays (armée, douanes, monnaie, diplomatie).
Comment le peuple "obéit" ?
Ce n'est pas tant une question d'obéissance forcée que d'adhésion. Comme le peuple peut contester chaque loi par référendum, les autorités pratiquent la procédure de consultation.
Avant de proposer une loi, le gouvernement demande l'avis des partis, des cantons et des associations. Si tout le monde est d'accord, le risque de référendum diminue. C'est ce qu'on appelle la recherche du consensus.
En résumé : Qui fait quoi ?

Le système suisse est lent (c'est normal, il est suisse), car il demande de discuter avec tout le monde, mais il est extrêmement stable car une fois qu'une décision est prise, elle a été validée (ou non contestée) par la majorité.
08/03/2026
1. Libérer l'âme de sa "mutité" spirituelle
L'homme muet de l'Évangile est l'image de notre âme blessée par le péché ou la tiédeur.
Le constat : Le péché et la négligence rendent l'âme silencieuse devant Dieu. On ne prie plus, on n'ose plus parler au Seigneur, et l'on délaisse les sacrements.
L'objectif du démon : Couper toute communication véritable avec Dieu.
La résolution : Retrouver la parole par une prière spontanée et fréquente. Il ne s'agit pas seulement de réciter des formules, mais d'avoir des élans du cœur tout au long de la journée pour rétablir un dialogue vivant avec Jésus.
2. Refuser la neutralité spirituelle
Le prédicateur rappelle la parole du Christ : "Celui qui n'est pas avec moi est contre moi". Dans la vie de l'esprit, l'indifférence n'existe pas.
Le danger : Ne pas faire le bien, c'est déjà laisser le mal progresser.
L'action concrète : Identifier son "défaut dominant" (orgueil, colère, paresse, attachement au confort).
L'enjeu : Combattre cette faiblesse principale est l'étape indispensable pour laisser Jésus régner véritablement dans notre âme.
3. Combler le vide par la présence de Dieu
Il ne suffit pas de chasser le mal ; il faut remplir l'espace libéré, sinon le démon revient "avec sept autres esprits plus méchants".
Le principe : Une âme convertie ne doit pas rester vide. Si on abandonne le mal sans cultiver le bien, on reste vulnérable.
Le moyen : Se nourrir des sacrements (confession et communion ferventes) et surtout lire l'Évangile chaque jour.
La pratique : Le prédicateur suggère de suivre les lectures de la messe quotidienne du Carême pour contempler la beauté de l'âme de Jésus et chercher à l'imiter.
En résumé
Pour ce Carême, l'effort est triple :
Parler à Jésus librement et constamment.
Combattre son défaut majeur pour ne plus être "neutre".
Se remplir de la Parole de Dieu pour ne laisser aucune place au retour du mal.
"Le miracle de l’Évangile se reproduira en nous : le Seigneur chassera l’ennemi et établira son règne dans nos cœurs."
07/03/2026
Un lecteur du Salon Beige a laissé un commentaire particulièrement instructif sous mon dernier article concernant le collectif Némésis. *
Dans ce commentaire, il s’interrogeait sur le clivage droite-gauche en matière de politique. Pour lui, il se résumerait à une opposition entre catholicisme et marxisme :
« D’un côté, le marxisme rejette Dieu et tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi. À l’opposé, le catholicisme accepte et cherche l’unique vérité qui est Dieu, et où l’homme est créature de Dieu.
Nous pourrions donc très simplement définir la droite comme étant ce qui relève d’une idéologie catholique sans toute fois être obligé d’être baptisé, mais en adhérant simplement à ces principes philosophiques. Et la gauche comme étant ce qui se construit sur le marxisme. »
Toujours selon ce partage de la société actuelle, Emmanuel Macron se situerait à l’extrême gauche :
« Macron se retrouve à l’extrême gauche, la définition de la gauche n’étant ici pas attachée à un système économique en particulier. Il s’est en effet lui-même déclaré comme étant un « humaniste », réclamant toujours plus « d’humanisme » lors de son meeting à la présidentielle 2022. Or l’humanisme est un fondement du marxisme en tant que philosophie plaçant l’homme au centre et au-dessus de tout. »
Comme pour confirmer ces propos, Emmanuel Macron vient justement de se réjouir ce mercredi 25 février du vote de l’Assemblée Nationale en faveur de l’aide à mourir. Il a salué des débats respectueux et un vote allant dans le sens d’un modèle humaniste !
Cette approche de la rivalité entre humanisme et catholicisme n’est pas sans rappeler la vision de Hugh Benson dont j’ai eu l’occasion de parler dans un précédent article.
Dans son roman d’anticipation paru en 1906, ce prêtre remarquablement inspiré présentait la fin des temps comme un futur conflit entre catholiques et humanistes !
Tout cela nous ramène à un texte biblique particulièrement étrange remontant aux origines de l’humanité :
« Adam connu Eve sa femme et elle enfanta Caïn. Elle enfanta encore son frère Abel. Abel était berger et Caïn laboureur. Au bout de quelques temps, Caïn fit à l’Eternel une offrande des fruits de la terre, et Abel de son côté en fit une des premiers nés de son troupeau. L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et son offrande, mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et son offrande. Caïn fut très irrité et son visage fut abattu.
Comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur Abel et le tua ! »
Lue comme cela, cette histoire peut paraître difficile à entendre. Certains même y trouveront une situation profondément injuste : pourquoi Dieu accepterait l’offrande d’Abel plutôt que celle de Caïn ?
A présent, si on lit ce récit comme un texte prophétique, il devient immédiatement beaucoup plus compréhensible, on se retrouve alors face à notre fameuse opposition entre catholiques et humanistes !
Caïn s’approche de Dieu avec le fruit de ses efforts. Il préfigure toutes ces personnes qui comptent sur leurs propres forces pour établir un monde plus humain, un monde respectant la déclaration des droits de l’homme. De son côté, Abel se contente d’apporter un agneau de son troupeau. Il s’en remet à Dieu pour faire les bons choix : il offre un agneau nouveau né préfigurant sans le savoir le sacrifice de Christ. Même s’il ne comprend pas forcément la portée de son geste, il a confiance en Dieu et choisit d’écouter sa parole. Ainsi, ces deux frères ennemis symbolisent une lutte éternelle entre humanistes et croyants, entre ceux qui veulent bâtir un monde sans Dieu et ceux qui mettent leur confiance en leur Créateur. Et pour finir, les premiers cherchent toujours à éliminer les seconds par pure jalousie. Dire que ce récit transmit de générations en générations depuis des milliers d’années éclaire aujourd’hui les aléas de notre société, donnant même du sens au meurtre de Quentin !
* https://www.breizh-info.com/2023/04/17/218681/politique-le-clivage-gauche-droite-a-t-il-un-sens/
06/03/2026
[…]
Pourquoi Jean-Luc Mélenchon met-il tout en œuvre pour gagner le vote des électeurs musulmans
D’abord, un constat. En 2019, aux européennes, la liste de La France insoumise a recueilli 6,31 % des suffrages exprimés – environ 1,5 million de voix – ce qui lui a permis d’envoyer six élus au Parlement européen. En 2024, elle a frôlé les 10 % – près de 2,5 millions de voix – et trois députés européens de plus, dont Rima Hassan. Qu’est-ce qui a permis à LFI de gagner 1 million d’électeurs ? En 2019, l’accent était mis sur le social avec, en position éligible, l’aide-soignante Anne-Sophie Pelletier. En 2024, il était mis sur la situation à Gaza, avec Rima Hassan pour égérie.
Pourquoi ce changement ?
En 2017, il a manqué 600 000 voix à Jean-Luc Mélenchon pour accéder au second tour de l’élection présidentielle. Le chef de La France insoumise a constaté que la colère des Gilets jaunes profitait à Marine Le Pen. Il a donc misé sur une carte du communautarisme et l’investissement a été payant : entre la présidentielle de 2017 et celle de 2022, il est passé de 37 % à 69 % chez les électeurs de confession musulmane. À Roubaix, il obtient 52 % des suffrages au premier tour de la dernière présidentielle. LFI est en position de conquérir la ville lors des municipales. Ce serait sans doute sa plus grosse prise.
Dans votre ouvrage, vous analysez aussi le vote juif et vous évoquez la « grande droitisation » de cet électorat. Pour quelles raisons ?
La population française d’origine juive représente au sens large 1,6 % de la population, soit 700 000 personnes. Elle est donc minoritaire dans le corps électoral. Elle a longtemps voté pour la gauche qui, en son temps, avait pris la défense du capitaine Dreyfus et menait le combat contre l’antisémitisme. Mais, de nos jours, l’antisémitisme vient de l’extrême gauche et les Juifs de France se sont peu à peu détachés du PS depuis 2002, date de la Seconde Intifada correspondant à la première flambée des actes antisémites en France. Jugeant la gauche aveugle et responsable, ils ont majoritairement voté pour Nicolas Sarkozy en 2007. Depuis son arrivée à la tête du FN, devenu RN, Marine Le Pen ne cesse de dire que le Rassemblement national est le meilleur bouclier pour les Français de confession juive. Elle a accéléré la stratégie depuis le 7-Octobre. Cela lui a permis une certaine neutralité de la part de la communauté juive. Mais les données de mon livre établissent que les électeurs juifs continuent de sous-voter en faveur du RN. Lorsqu’ils basculent vers l’extrême droite, c’est Reconquête qui a leur préférence.
Le vote catholique est-il de plus en plus pris en compte par les candidats ?
Il faut distinguer les « catholiques pratiquants » [allant à la messe une fois par mois, selon les sondages, NDLR] des catholiques non pratiquants. Les pratiquants ont été ouvertement sollicités par Christine Boutin en 2002, par Philippe de Villiers en 2007 et par Éric Zemmour en 2022 qui, durant sa campagne, n’hésitait pas à parler de la France comme de « la fille aînée de l’Église ». Mais les catholiques pratiquants n’aiment pas être essentialisés pour leur vote. Dans les urnes, ils se sont longtemps portés sur un candidat de centre-droit. Ainsi en 2017, 55 % d’entre eux choisissent François Fillon, tandis qu’Emmanuel Macron récolte 19 % de leurs voix. La présidentielle de 2022 marque une petite rupture. Valérie Pécresse, la candidate de la droite traditionnelle, perd beaucoup de poids chez les pratiquants : elle obtient 8 % de leurs suffrages. Mais Emmanuel Macron ne capitalise pas vraiment sur ce vote : 29 %. Marine Le Pen en tire profit en recueillant 25 % du vote des pratiquants, contre seulement 15 % lors de sa première élection présidentielle, en 2012. Attention toutefois, les pratiquants ne sont qu’une fraction des catholiques. Les plus nombreux, les non-pratiquants, sont plus « volatils » : beaucoup ont voté François Hollande en 2012 ; ils peuvent désormais voter RN depuis que ce parti a abandonné l’idée d’un « frexit » et que ses députés ont gagné en respectabilité. Les catholiques non pratiquants sont allergiques au populisme et au culte de la personnalité. Ils restent pro-européens. Je les considère comme des « faiseurs de rois » pour les prochaines élections.
Des élus comme Bruno Retailleau, François-Xavier Bellamy ou Marion Maréchal, ne cachent pas leur foi. Peuvent-ils insuffler une dynamique en faveur des catholiques pour les prochaines élections ?
Il y a beaucoup de catholiques pratiquants à l’intérieur du parti Les Républicains : des députés, des assistants parlementaires, sans compter de jeunes militants. Cependant, si le parti s’affichait comme catholique, il ne gagnerait pas plus de voix pour accéder au pouvoir. Aux élections européennes de 2024, la liste de François-Xavier Bellamy a obtenu 7,25 % des suffrages, et celle de Marion Maréchal 5,47 %. Le RN, en caracolant en tête avec plus de 31 % des voix, s’est montré très rusé. Ses candidats catholiques – il y en a – ne s’affichent pas comme tels car, dans une logique de conquête du pouvoir, il faut pouvoir rassembler largement. Le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella laisse aux Républicains le soin de mettre en avant les valeurs catholiques. Il tient déjà pour presque acquis le vote des catholiques non pratiquants. Aura-t-il besoin du vote des catholiques pratiquants pour l’emporter au second tour de l’élection présidentielle ? Ils viendront spontanément en cas de duel RN-LFI. Si un autre candidat que LFI devait rester en lice, il sera toujours temps, pour le RN, d’être force de proposition pour rassurer l’électorat catholique.
05/03/2026
Le refus d'une Église "mondaine"
Le cardinal rejette catégoriquement l'idée d'une Église qui chercherait à plaire au monde pour survivre. Selon lui, la survie de l'institution ne dépend pas de son adaptation aux mœurs contemporaines, mais de sa fidélité à sa nature divine.
« L'Église est mal comprise parce qu'on la juge à partir de catégories profanes. Elle sera toujours signe de contradiction. Nous n'avons pas besoin d'une institution mondaine de plus. »
Il insiste sur le fait que la mission de l'Église n'est pas de refléter les désirs de la société, mais d'être un instrument de salut. Pour lui, la "mondanité" est le plus grand péril qui guette le christianisme en 2050.
La crise doctrinale et le "relativisme"
Pour Robert Sarah, l'unité de l'Église est menacée non par la diversité, mais par l'imprécision et le relativisme qui brouillent le message de l'Évangile. Il appelle à une clarté absolue, qu'il définit comme une forme de charité envers les fidèles.
« L'unité est fragilisée par le relativisme doctrinal. Lorsque l'on exalte la différence au détriment de la communion, la catholicité se fragmente. La précision doctrinale est un acte de charité. »
Le devoir de parole : "Le silence serait une trahison"
Face à ce qu'il décrit comme une "guerre déclarée par les puissances médiatiques et législatives" contre les valeurs chrétiennes (notamment sur les questions de la vie), le cardinal exhorte les catholiques à sortir de leur réserve. Il considère que le retrait silencieux n'est plus une option possible.
« Taire le Christ serait une infidélité. [...] Devant l'effondrement des repères, le silence serait une trahison. »
L'horizon 2050 : La sainteté comme seule stratégie
Interrogé sur ce que sera l'Église dans 25 ans, le cardinal refuse les pronostics statistiques ou les plans marketing ecclésiaux. Pour lui, l'avenir ne se joue pas dans les bureaux des synodes ou des conférences épiscopales, mais dans la vie intérieure des croyants.
« L'avenir de l'Église dépend non des stratégies, mais de notre sainteté. »
Il prédit une Église peut-être plus petite, plus dépouillée, mais redevenue un "phare" parce qu'elle aura retrouvé le sens de l'adoration et du silence.
En complément de cet entretien, rappel d'un autre plus ancien (30/06/2025) en vidéo, plus spécifique à la vision du Cardinal sur la France
le cardinal Sarah voit la France de 2050 comme une nation à la croisée des chemins : soit elle s'enfonce dans une "mondanité" sans âme, soit elle redécouvre sa mission spirituelle par la sainteté de ses enfants.
04/03/2026
Voici un extrait du livre de Martin Malachi (1921-1999), paru en 1998 sous le titre «Windswept House», et traduit en français aux éditions Saint-Rémi sous le titre «La maison battue par les vents». (cf. annexe)
C’est une fiction… si l’on veut. Ou plutôt un roman à clés (un tableau de concordance fait le lien entre les personnages romanesques et des personnalités réelles), mi-fiction, mi-document. Car l’auteur lui-même avouait qu’il y avait 98% de réalité, à laquelle se mêlait, par nécessite éditoriale, 2% de fiction.
A première vue, en effet, on pourrait penser à l’un de ces multiples romans de gare, écrits à la chaîne et sur commande, dans la lignée de Da Vinci Code, par les ennemis de l’Eglise dans le seul but de la discréditer .
Mais ce n’est pas le cas. Martin Malachi n’a rien à voir avec Dan Brown! Il connaît l’Eglise de l’intérieur, il a été un acteur de premier plan de Vatican II, et même s’il a quitté l’ordre des jésuites, il est difficile de ne voir en lui qu’un prêtre déserteur de plus, qui a des comptes à régler.
Il est mort en 1999 des suites d’une chute. Il était jésuite, ordonné en 1954, très savant; il a été secrétaire du cardinal Bea, et en cette qualité il savait ce qui s’était passé au conclave de 1958 et bien d’autres choses par la suite. Il a demandé à Paul VI en 1964 à être dispensé des vœux d’obéissance jésuites, a quitté Rome et et est parti aux États-Unis. Tout en restant prêtre (il a continué de célébrer la messe jusqu’à la fin) il a au début été chauffeur de taxi, serveur de restaurant, tout en écrivant beaucoup.
Le passage de «Windswept House» que je reproduis ici relate une rencontre « secrète », au début des années 80 (JP II vient de se rendre à Fatima), entre des représentants des pouvoirs forts (à laquelle participent aussi des membres de haut rang de l’Eglise, dont le cardinal Casaroli, ici sous le nom de Mastroianni), afin de mettre au point une stratégie pour insérer l’Eglise dans le Nouvel Ordre Mondial (autrement dit la neutraliser).
Le complot implique de se débarrasser du «pape slave», jugé insuffisamment docile à leur plan.
Le Choix Catégorique par lequel nous atteindrons notre objectif est la démission. En un mot comme en cent, le titulaire actuel du poste sera incité à en démissionner, et sans avoir à subir de préjudice.
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Une démission volontaire du Pape, à ce moment crucial marqué par la division et la désunion entre catholiques romains laïcs, et même entre ecclésiastiques romains, constituerait un puissant signal.
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Elle ne serait rien de moins que la reconnaissance de leur défaite par les éléments importants qui se dressent encore contre nous. Elle reviendrait à démontrer aux derniers défenseurs de l’ordre ancien des choses que l’on ne peut décidément reconstituer ce qui est du passé. Du reste, le climat actuel est tel qu’il existe déjà dans l’ordre ancien une certaine sympathie pour notre Option Choisie ; et que l’on rencontre même – peut-on ajouter – une sympathie exprimée ouvertement dans les secteurs stratégiques des milieux ciblés.
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Lorsque nous parlons d’inciter le titulaire à démissionner, il va de soi qu’une telle incitation doit revêtir la forme la plus subtile. Nous préconisons – à cet égard – que soient mis en aeuvre tous les moyens dont nous disposons dans le monde. Car la plus puissante incitation sera exercée par la pression des événements et l’apparition d’irrésistibles lignes de force, événements et lignes de force qui devront être conçus de manière à restreindre les actions du titulaire, la seule possibilité restant à celui-ci étant alors de démissionner de ses fonctions papales.
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(pages 155-156)
L’histoire a prouvé que le plan a échoué avec Jean-Paul II.
Le traducteur, François Thouvenin, ajoute en note de bas de page :
Comment ne pas penser à la démission de Benoît XVI en 2013 (NDLR : provoquée par le blocage des finances du Vatican par le système Swift) et à son remplacement par le « Pape François » ? Le livre de Malachi Martin – publié en 1998 – aura été prémonitoire au moins sur ce plan-là. Il n’aura jamais eu que quinze ans d’avance, ce qui est fort peu pour des gens qui exécutent un plan préternaturel remontant à des milliers d’années et dont la réalisation ne cesse de s’accélérer.
Annexe
Présentation du livre par l’éditeur (quatrième de couverture) :
La Guerre froide est terminée.
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Avec des capacités et une audace impossibles à envisager jusqu’à présent, une improbable coalition internationale d’intérêts politiques, financiers et religieux supérieurs voit enfin dégagé devant elle l’itinéraire devant aboutir à son objectif ultime : l’établissement d’une société mondiale unique, l’Utopie.
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Avec pour seuls points communs un immense pouvoir et l’ambition démesurée d’en acquérir davantage encore, avec pour slogan l’unité et la prospérité mondiales, avec la trahison, le scandale et l’assassinat comme armes toutes prêtes à servir, ces hommes ont à la fois les moyens et la volonté de s’approprier le mécanisme mondial convenant parfaitement à la réalisation de leurs plans : la plus ancienne, la plus habile et la plus stable chancellerie politique du monde, le Vatican. (…)
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De l’Amérique à la Russie en passant par l’Europe, parmi de vastes paysages comme dans des couloirs clandestins, une distribution riche et variée – présidents et hommes politiques, saints et pécheurs, faiseurs de papes et aspirants à la papauté – s’entrechoque sur fond d’événements dramatiques et parfois sanglants, tandis que le sort du monde est en jeu.
03/03/2026
« Dans une tribune parue en France dans Le Journal du Dimanche du 22 février 2026, le cardinal Sarah, qui a été ces dernières années une forte source d’encouragement pour de nombreux fidèles, s’inquiète de l’annonce des sacres épiscopaux par la Fraternité Saint-Pie X.
Le cardinal écrit : « Combien d’âmes risquent de se perdre à cause de cette nouvelle déchirure ? » On est en droit de se demander si ce sont vraiment les âmes des fidèles fréquentant les chapelles de la Fraternité qui sont en danger, ou s’il ne faudrait pas davantage craindre pour le salut de ceux qui suivent les « prélats qui renoncent à enseigner le dépôt de la foi » ou les « loups déguisés en agneaux », justement dénoncés par le prélat.
Le remède proposé par Son Éminence à ceux qui veulent « mener le combat pour la foi, la morale catholique et la Tradition liturgique » est l’attachement au Successeur de Pierre. Tout catholique devrait alors accepter ce qui vient du pape sans jamais désobéir. Cela n’est pourtant pas aussi simple qu’il n’y paraît, car n’est-ce pas précisément de Rome que sont récemment venus l’ouverture des divorcés remariés à la communion eucharistique, la bénédiction des couples irréguliers, l’assertion selon laquelle Dieu veut la pluralité des religions, la remise en cause de titres traditionnellement attribués à la Très Sainte Vierge Marie et employés par de nombreux papes, ou encore la tentative de suppression à long terme du missel traditionnel ? Or le cardinal Sarah s’est lui-même opposé à nombre de ces nouveautés au nom de la Tradition.
D’un côté, il nous montre l’exemple du bon combat pour la foi, la morale catholique et la tradition liturgique ; de l’autre, il nous invite à obéir à ceux qui sont à l’origine des maux que nous combattons. Comment le faire alors même que des cardinaux peuvent répandre des opinions hétérodoxes, réprouvées par le cardinal guinéen, sans être cependant jamais inquiétés par les autorités de l’Église ? Qu’en conclure, sinon que nous n’avons d’autre choix, avant d’assentir, que de distinguer entre les enseignements fidèles à la foi de toujours et ceux qui sont l’expression d’une pensée nouvelle, irréconciliable avec le magistère antérieur ? Bien que le pape actuel n’exerce le souverain pontificat que depuis peu, ses nominations aux charges les plus élevées ainsi que ses discours et homélies ne permettent pas d’augurer un changement notable.
Enfin, le cardinal Sarah nous donne à méditer le bel exemple d’obéissance héroïque du Padre Pio. On nous permettra cependant de remarquer l’immense différence entre la situation du stigmatisé de Pietrelcina et celle de la Fraternité Saint-Pie X. Il accepta dans la foi, l’humilité et l’obéissance une grave injustice concernant sa personne, mais qui n’avait pas de conséquence extérieure quant au salut des âmes. La Fraternité s’élève quant à elle contre une injustice touchant le bien commun de l’Église, blessée dans sa foi, sa morale et sa liturgie, comme le reconnaît le cardinal. Comment rester silencieux alors que la foi et le salut des fidèles sont menacés ? N’est-il pas nécessaire, par charité pour ces âmes, que certains osent s’opposer à ceux qui propagent l’erreur ?
Saint Paul s’est publiquement opposé à saint Pierre à Antioche, avant que le premier pape ne reconnaisse son erreur. Saint Athanase, alors que la majorité des évêques est proche de l’hérésie d’Arius, est excommunié par le pape Libère mais continue de prêcher et d’éclairer les âmes. Le Padre Pio a donc eu raison d’obéir à des sanctions injustes le concernant, car rien ne menaçait la foi des fidèles. On sait moins qu’il refusa de célébrer la messe selon le missel expérimental de 1965 en langue vernaculaire et qu’il continua à célébrer la messe de son ordination jusqu’à sa mort, en 1968, quelques mois avant l’entrée en vigueur de la réforme liturgique. Qu’aurait-il fait alors ?
Éminence, nous vous supplions d’utiliser votre autorité, votre notoriété et votre plume pour convaincre le Saint-Père de mettre un terme à la crise doctrinale, morale et liturgique que traverse la sainte Église. Alors la Fraternité Saint-Pie X ne sera plus dans la nécessité d’ordonner des évêques sans mandat pontifical. Alors il y aura une véritable unité et une parfaite communion dans l’Église de Dieu : l’unité et la communion dans la foi.
Abbé Étienne Ginoux, FSSPX »
02/03/2026
Le deuxième dimanche de Carême nous place traditionnellement face à l’éclat de la Transfiguration. Pourtant, au-delà de la lumière fulgurante du Mont Thabor, cette prédication nous invite à une réflexion plus profonde sur ce qui reste quand la nuée se dissipe : « Jésus seul ».
De la consolation à la dépouillement
L'Évangile nous montre des apôtres éblouis, comblés de bonheur. Mais il nous est rappelé une réalité humaine universelle : après les moments de grâce (retraites, communions ferventes, paix intérieure), vient souvent le temps où « tout semble retomber ». Les difficultés reviennent, le silence de Dieu s'installe, et le ciel semble se fermer.
C'est ici que commence le véritable chemin spirituel :
« Il veut nous apprendre à ne pas aimer ses consolations plus que Lui-même. »
La fidélité dans l'ombre
Le cœur du message réside dans cette distinction entre le sentiment religieux et la foi pure. Aimer Jésus pour lui-même, c'est demeurer fidèle quand il semble se cacher. La prédication définit le Carême non pas comme une accumulation de pratiques, mais comme une école de simplification.
Cette fidélité « héroïque » se manifeste dans trois domaines concrets :
La prière : Rester présent même quand on n'y « sent » rien.
La solitude : Offrir ses moments d'isolement à Celui qui fut abandonné au Calvaire.
Le détachement de soi : Cesser de se rechercher soi-même à travers ses exercices de piété.
Le quotidien comme lieu de Transfiguration
Loin des sommets du Thabor, c’est dans la plaine du quotidien que se prouve l’amour véritable. Le prédicateur nous donne des clés très concrètes pour vivre ce « Jésus seul suffit » :
Supporter patiemment une contrariété.
Garder la douceur dans une conversation tendue.
Accomplir un travail caché.
Pardonner sans bruit.
Conclusion : Le secret de la paix
En résumé, réussir son Carême, ce n'est pas multiplier les exploits, mais purifier son intention. En marchant avec le Christ du Thabor jusqu’au Calvaire, nous apprenons que Lui seul est le centre et la plénitude de nos vies. Comme le soulignait saint Jean de la Croix, il s'agit de faire de Jésus notre « tout ».
Sous le regard de la Vierge Marie, laissons cette question habiter notre semaine : Est-ce que je cherche Jésus pour ce qu'Il me donne, ou pour ce qu'Il est ?
28/02/2026
Connaissez-vous le compte Instagram « Catholic trash » ? N’y allez pas : c’est une machine à vous précipiter dans les bras de la Fraternité Saint-Pie X ! Animé par des catholiques italiens, il recense – preuves à l’appui – ce qu’on peut (vraiment) faire de pire en liturgie. Iconographies douteuses, objets pieux kitsch, produits de marketing religieux extrêmes, décors d’églises hideux, tenues de célébrants scandaleuses… Bref, on y trouve l’incarnation de ce que Benoit XVI dénonçait un jour comme une « créativité [qui] a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable ».
Voilà bien tout le problème. Car le mouvement initié par Mgr Lefebvre n’est pas né de rien : il trouve son fondement dans les abus et la brutalité avec laquelle certains ont appliqué la réforme liturgique au lendemain du Concile Vatican II. Pourquoi y a-t-il, par exemple, bien moins de prieurés de la Fraternité Saint-Pie X en Pologne qu’en France ? Parce que là-bas, la réforme liturgique promulguée par le pape saint Paul VI s’est effectuée paisiblement, sans volonté de tout détruire. Si bien qu’aujourd’hui, dans ce pays encore profondément croyant, on peut célébrer la messe dos au peuple (par exemple à Czestochowa, « le » sanctuaire national), porter la soutane et entonner un cantique en latin sans se faire traiter d’intégriste.
EXAMEN DE CONSCIENCE
Et si nous commencions par un examen de conscience ecclésial ? Hier comme aujourd’hui, les déformations arbitraires de la liturgie blessent profondément des personnes enracinées dans la foi de l’Église. En d’autres termes, ne sommes-nous pas nous-mêmes les propres responsables de notre malheur ? Tel Frankenstein, nous avons fabriqué notre propre monstre. Le malaise est d’autant plus intense que cette créature vient de notre famille. Comme hier avec Luther, fabriqué par les évêques corrompus du XVIe siècle, nous ne sommes pas pour rien dans l’avènement de Marcel Lefebvre. Le malaise liturgique de l’après-concile a été alimenté par les mesquineries, les manques de charité, les innovations malheureuses. Et aussi par un « esprit du Concile » qui n’était tout simplement pas le Concile.
Le résultat ? Une histoire dont on n’arrive pas à se défaire, un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock. Et une histoire douloureuse, car elle concerne non plus l’unité entre chrétiens - qui est déjà un dossier à lui tout seul - mais l’unité entre catholiques.
Bien sûr, comme dans toute querelle familiale, les torts sont partagés. Par exemple, ces récents propos de l'abbé Davide Pagliarani, supérieur de la FSSPX Actualités : Fraternité Saint-Pie X , sont particulièrement blessants : « C’est un fait, dans une paroisse ordinaire, les fidèles ne trouvent plus les moyens nécessaires pour assurer leur salut éternel. » Après une telle affirmation, il est tentant de reconnaître qu’on n’a vraiment plus rien à se dire et que la déchirure est actée.
Le problème, c’est que la Fraternité Saint-Pie X n’a pas tort lorsqu’elle dénonce, en plus des innovations liturgiques, une certaine confusion doctrinale qui érode la clarté du message de la foi. On a même le sentiment d’un « deux poids deux mesures » : pourquoi faudrait-il donc être particulièrement sévères avec la Fraternité Saint-Pie X alors qu’on montre, de mon point de vue, une étonnante patience avec le chemin synodal allemand ou l'Association patriotique des catholiques chinois ? À une époque où l’on accepte tout ou presque, pourquoi n’y aurait-il pas de la place, dans la famille, pour des frères et sœurs - certes forts turbulents - mais frères et sœurs quand même ?
DEUX PISTES
La première consiste à cheminer ensemble. Ne pourrait-on pas faire preuve d’une générosité historique, en permettant au moins une intégration partielle de la Fraternité dans la vie de l’Église sans que la question doctrinale ne devienne le premier et principal obstacle ? Un évêque faisait récemment remarquer combien l’expérience de l’histoire montre que les processus de réconciliation et d’intégration ne commencent pas toujours par une résolution doctrinale complète. Ils peuvent au contraire progresser de manière graduelle, en favorisant d’abord la communion visible et en laissant place à un dialogue théologique ultérieur plus serein et fructueux.
Certes pas à n’importe quel prix bien sûr. Et c’est à Rome d’en fixer les minima. Mais pas, non plus, sans miser sur le temps long et sur la grâce de l’Esprit-Saint.
La deuxième piste consiste à favoriser une alternative. Ce fut l’œuvre audacieuse de saint Jean Paul II, un peu mise à mal ensuite par François. Il existe ainsi des lieux où la liturgie traditionnelle est célébrée paisiblement, en communion avec l’évêque. C’est par exemple le cas dans mon Diocèse de Versailles, sereinement, loin des projecteurs et des communiqués. Beaucoup de jeunes de nos paroisses naviguent aussi volontiers d’un missel à l’autre. Certains même découvrent la foi à la faveur d’une messe en latin. À l’église Saint-Georges dans le Diocèse de Lyon où l’on célèbre quotidiennement la messe de saint Pie V, il y a actuellement soixante-trois catéchumènes ! Dans certains diocèses de France, les seuls jeunes prêtres ou presque sont ceux qui célèbrent la messe traditionnelle latine. Nous ne pouvons pas ignorer cette réalité. N’est-il pas temps de faire la paix avec ce monde traditionnaliste qui accepte le concile Vatican II ? Et si le pape François disait lui-même qu’il y a une place pour tous dans l’Église (« todos… todos ! ») pourquoi n’y en aurait-il pas une aussi pour les « trados » ?
Parce que ces divisons sont du temps perdu sur le vrai travail qui attend tous les baptisés depuis la Pentecôte : l’évangélisation.
28/02/2026
Ce fut un des plus horribles massacres de la Révolution. Malgré le sacrifice de leur vieux curé qui voulait les protéger, tous les habitants des Lucs-sur-Boulogne furent exterminés, hommes, femmes, enfants le 28 février 1794. Parmi eux, 110 tout-petits, tués en haine de la foi, dont la cause de béatification est ouverte à Rome.
Oubliée, Notre-Dame des Lucs en Vendée ? Construite au XIXe siècle, à l’emplacement de l’ancienne église détruite par les Colonnes Infernales le 28 février 1794, la chapelle actuelle, dont on ne pousse plus guère la porte, est sans charme mais elle rappelle que ce lieu fut le témoin d’un des plus indicibles massacres de la Révolution, véritable matrice de tous les génocides et de toutes les horreurs totalitaires du XXe siècle.
En janvier 1794, désireux d’en finir avec l’insurrection vendéenne débutée au printemps précédent, le Comité de Salut public accorde son blanc-seing au plan du général Turreau qui propose de faire parcourir les départements insurgés par douze colonnes mobiles chargées de tout tuer et incendier sur leur passage. Peu importe qu’à cette date, militairement, la Vendée, vaincue, ne représente plus une menace. Le seul fait que ses populations catholiques aient osé se soulever, au nom de leur foi persécutée, contre la Révolution, les voue à la mort.
Dans la France « régénérée », il ne saurait y avoir de place pour ceux qui n’acceptent pas le nouveau « contrat social », dont on a exclu Dieu et l’Église ; en se « retranchant » ainsi de la communauté nationale, en soutenant que la loi divine prime sur celles de l’État, ces gens cessent d’être des citoyens, donc des humains. Réduits à l’état de sous-hommes, les Vendéens, leurs « femelles », leurs petits doivent être éradiqués comme des bêtes nuisibles. L’on ne va pas s’en priver : il s’agit d’hygiène sociale.
L’enfer se déchaîne
Les Colonnes de Turreau, très vite surnommées « infernales » en raison du sillage de flammes et de sang qu’elles laissent derrière elles, s’ébranlent le 17 janvier avec ordre de tuer tout ce qui vit sur leur passage, femmes, enfants, vieillards, animaux, puis de tout brûler. Ce plan est appliqué avec un zèle féroce. Les soldats, que l’on enivre pour leur donner du cœur à l’ouvrage, ne se contentent pas de tuer : ils violent et torturent. Il semble que l’enfer se déchaîne sur ces terres catholiques qui voulaient le rester.
Le 28 février 1794, la colonne du général Cordelier approche des Lucs-sur-Boulogne, gros bourg composé de deux agglomérations, le Grand et le Petit Lucs. Le village, dont tous les hommes valides en âge de porter les armes ont rejoint Charette pour tenter d’arrêter les « brûleux », ne saurait constituer un objectif militaire, mais c’est une proie facile, précisément ce que recherche Cordelier, plus désireux de piller et de massacrer que de se battre.
Sans défense, les habitants des Lucs, face au péril, cherchent refuge au pied de la Sainte Vierge, dans l’église Notre-Dame du Petit Luc, trop petite pour contenir les 500 malheureux qui s’y pressent. Déjà, dans le vallon de la Malnay, en contrebas, l’on entend les tambours des Bleus qui approchent.
Le sacrifice du vieux curé
Alors, le vieux curé, l’abbé Voyneau, héroïque, décide d’aller au devant des militaires et de s’offrir en victime, lui, prêtre réfractaire dont la tête est mise à prix, contre la vie de ses ouailles… Son sacrifice ne sauvera pas son troupeau. L’abbé Voyneau est torturé, longuement. On lui tranche les doigts, qui ont reçu l’onction pour consacrer, on lui arrache la langue, qui avait le pouvoir de faire descendre le Christ sur l’autel, dans une atteinte volontaire et sacrilège à son sacerdoce. Enfin, on l’ouvre en deux à coups de sabre et on lui arrache le cœur. Longtemps, l’on montrera, sur des pierres, les traces du sang du martyr.
Puis, Cordelier et ses hommes monteront jusqu’à Notre-Dame, et y « décalotteront toute une nichée de calotins qui brandissaient les insignes du fanatisme » ; comprenez des familles entières à genoux accrochées à leurs chapelets, massacrées à coups de baïonnettes. Pour terminer la besogne, ils incendieront l’église et tireront dessus au canon, pour être bien sûr que personne n’échappe au brasier. Méticuleux, les tueurs explorent ensuite toutes les maisons, toutes les fermes, battent les haies et massacrent humains et animaux.
Le prêtre relève 565 cadavres ; parmi eux 110 tout petits enfants qui n’avaient pas l’âge de raison.
Quant, à dix jours de là, le jeune curé du Grand Luc, l’abbé Barbedette, aumônier dans l’armée de Charette, informé du massacre, regagne sa paroisse et se met en quête de survivants, il n’en retrouve aucun. Le prêtre relève 565 cadavres ; parmi eux « 110 tout petits enfants qui n’avaient pas l’âge de raison ». Et, seul, il les enterre. Puis, parce qu’il ne faut pas qu’un drame pareil s’oublie, l’abbé Barbedette dresse l’interminable liste des victimes, maison par maison, famille par famille, mettant en évidence l’assassinat sous le même toit de trois ou quatre générations, de l’arrière-grand-mère à l’arrière-petit-fils nouveau-né. Cette terrible liste, qu’il faut un long moment pour lire, le cœur serré, vous la trouverez, gravée dans le marbre, sur les murs de la chapelle.
La grâce de la fidélité
Longtemps, l’on est venu se recueillir, aux fêtes mariales, en ces lieux qui ne parlent pas de haine, ni de vengeance, mais seulement d’un pardon toujours offert et prêt à rejaillir sur les bourreaux eux-mêmes. On y invoque la protection de Notre-Dame des Martyrs et des Saints Innocents de la Vendée, ces 110 tout petits, évidemment étrangers aux querelles politiques du temps, massacrés ici en haine de la foi, et dont la cause de béatification, ouverte, attend toujours son aboutissement. Si jamais vous passez aux Lucs, après avoir visité le Mémorial de la Vendée inauguré en 1993 par Soljenitsyne, faites le détour par la chapelle. Entrez, prenez le temps de lire un à un chaque nom de la liste de l’abbé Barbedette. Puis demandez à l’abbé Voyneau et à ses ouailles la grâce de la fidélité. Jusqu’au bout.
27/02/2026
Plusieurs de mes lecteurs m’ont interrogé au sujet des prochaines consécrations épiscopales de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Voici donc ma position, exprimée de manière pédagogique sous forme de questions et réponses :
1. Les lefebvristes commettront-ils un péché mortel avec ces consécrations épiscopales ?
— Non, absolument pas.
2. N’est-ce pas un acte schismatique ?
— Non, formellement ce ne l’est pas.
3. Pourquoi formellement ce n’est pas le cas ?
— Parce que, pour qu’il y ait un « schisme parfait », il faut qu’existe une intention claire de poser un acte schismatique et de constituer, avec les nouveaux évêques, une juridiction hiérarchique parallèle à celle qui existe dans l’Église catholique romaine. Or, en l’espèce, ni l’une ni l’autre ne se produira.
4. Cela peut-il être, au moins, un acte de désobéissance ?
— Oui, en effet, cela l’est, au moins matériellement, puisque Rome ne souhaite pas que ces consécrations aient lieu.
5. Alors pèchent-ils mortellement par désobéissance ?
— Non plus, car, dans ce cas, l’intention de l’autorité de la FSSPX, des consécrateurs et des futurs consacrés semble droite. Ils invoquent « l’état de nécessité », qui justifierait la « désobéissance matérielle ». À cet égard, nous n’avons pas de raisons objectives de douter de leur conscience ni de leur intention droite, qui est le bien des âmes dont ils ont la charge.
6. Mais l’excommunication latae sententiae, c’est-à-dire automatique et immédiate, se produira, n’est-ce pas ?
— D’un point de vue canonique, oui ; mais, selon mon humble avis, cette excommunication serait nulle. Je crois qu’il existe des raisons théologiques et philosophiques suffisantes pour le conclure, même si je sais que beaucoup de canonistes me contrediront dans une vision purement légaliste. Toutefois, je pense que, outre le motif fondamental de « l’état de nécessité », la « raison formelle » pour laquelle cette peine devrait s’appliquer fait défaut, puisqu’il n’y a pas d’intention objective de schisme formel ni de création d’une juridiction parallèle, je le répète.
7. Mgr Lefebvre a-t-il reçu la peine d’excommunication ?
— Oui, comme la recevront probablement ces évêques ; mais son excommunication aussi fut nulle, car, sur le plan surnaturel du Corps mystique, cet évêque n’a jamais cessé d’être en communion avec l’Église.
8. Que voulez-vous dire par là ?
— L’essence de la communion est triple : doctrinale, sacramentelle et hiérarchique. J’estime donc que Mgr Lefebvre et, par extension, la FSSPX, n’ont nié aucune de ces trois « dimensions essentielles » de la communion ecclésiale.
9. La FSSPX est-elle en communion doctrinale ?
— Bien sûr, elle n’a jamais cessé d’enseigner ce que l’Église a toujours cru.
10. Mais les lefebvristes ne remettent-ils pas constamment en question les documents du Concile Vatican II ?
— Ils ne rejettent pas l’ensemble en bloc, comme on le croit communément, étant donné que ces textes contiennent des éléments relevant du depositum fidei. Toutefois, ils abordent, avec esprit critique, certaines questions « délicates », pour lesquelles la discussion théologique est légitime.
11. Comment pouvez-vous dire une telle chose ?
— Je peux le dire parce que la « nature » même du Concile me le permet.
12. Que voulez-vous dire par là ?
— Je veux dire que Vatican II fut un concile de « nature pastorale », non dogmatique ; par conséquent, il n’a pas bénéficié du charisme de l’infaillibilité, puisqu’à aucun moment on n’a voulu définir ou condamner quoi que ce soit de manière infaillible ; telle fut la décision expresse de la majorité des pères conciliaires. Toutefois, à l’époque postconciliaire, malgré cette « nature pastorale », certains ont prétendu transformer ce concile en « superdogme ».
13. « Superdogme » ? N’est-ce pas un manque de respect ? Pourquoi utilisez-vous la rhétorique lefebvriste ?
— J’emploie en réalité les propres mots de Joseph Ratzinger qui, lors d’une visite aux évêques du Chili (1988), utilisa ces mêmes termes.
14. Par ailleurs, est-il vrai que la FSSPX est en communion sacramentelle ?
— Ses sacrements sont non seulement valides, mais célébrés selon les rites traditionnels que l’Église utilise depuis des temps immémoriaux.
15. Mais il est évident que la FSSPX n’est pas en communion hiérarchique, n’est-ce pas ?
— Bien que, sur le plan canonique, sa « situation institutionnelle » soit irrégulière et imparfaite, la Fraternité ne cesse pas de reconnaître le pape de Rome comme pasteur suprême de l’Église universelle. De fait, elle reconnaît et respecte également la juridiction de tous les évêques du monde catholique.
16. Donnez-moi une preuve de ce que vous dites.
— À chaque messe de la FSSPX, sans exception, les prêtres nomment, dans le canon missae, le pape et l’évêque du lieu.
17. N’est-ce pas un argument très faible ?
— Absolument pas. La manifestation la plus formelle et publique de la reconnaissance hiérarchique se réalise précisément dans la sainte messe, concrètement dans le canon.
18. Êtes-vous lefebvriste ou philo-lefebvriste ?
— Ni l’un ni l’autre, monsieur ; je suis indépendant. Je suis simplement catholique et, en tant que tel, j’ai l’esprit critique, c’est-à-dire la bonne habitude d’user de la raison et du discernement.
19. Pourtant, on dirait que vous êtes d’accord avec la FSSPX sur tout ?
— Non, je ne le suis pas. Sur certaines attitudes et questions, je ne suis pas d’accord, mais celles-ci, à mon avis, sont secondaires et accidentelles. Sur « l’essentiel », je suis d’accord à 100 % avec la Fraternité et, par conséquent, je ne contribuerai pas à sa « diabolisation » publique injuste et disproportionnée.
20. Pouvez-vous me dire ce qu’est l’essentiel ?
— L’« essentiel », c’est sa « catholicité ». Point final.
21. Mais ne vous inquiétez-vous pas du « penchant » des lefebvristes ?
— Je m’inquiète davantage de la multitude d’hétérodoxes, de blasphémateurs et de sacrilèges que l’on trouve partout, spécialement en Allemagne. Je suis également préoccupé par le double standard qui semble exister dans l’application des peines et censures par l’autorité ecclésiastique.
22. Quelle solution voyez-vous au problème lefebvriste actuel ?
— Premièrement, je pense que Rome devrait faire preuve de bienveillance et accepter formellement la consécration de ces prochains évêques, tout en reconnaissant les fruits spirituels de l’apostolat de la FSSPX. Je crois que ce serait un véritable geste de miséricorde et d’intelligence ; ces deux choses ne sont pas incompatibles.
23. Ne craignez-vous pas d’être critiqué pour ces opinions ?
— Non, car je suis prêtre de l’Église catholique, non le pasteur d’une secte ; et, par conséquent, avec respect, je peux et je dois exercer, dans ma vie de foi, la véritable liberté des enfants de Dieu.
Dr Mn Jaime Mercant Simó
Source : Compte X de M. Jaime Mercant Simó