Le blog du Temps de l'Immaculée.
04/11/2026
Du symptôme politique au séisme anthropologique
L’analyse de Gérard Leclerc prend pour point de départ l’actualité immédiate : les violences urbaines et la mise en tension extrême des forces de l’ordre, culminant lors des événements du 17 octobre. Reprenant le constat sévère du politologue Dominique Reynié sur la « déliquescence avancée » de l’État, l’auteur refuse toutefois de cantonner la réflexion aux seules défaillances gouvernementales ou institutionnelles. Pour lui, la fragilité de la puissance publique n’est que la partie émergée de l’iceberg ; le mal est plus profond, touchant aux fondements mêmes de notre civilisation.
S’appuyant sur l’entretien accordé par Jérôme Fourquet et les thèses développées dans son ouvrage Homo occidentalis (coécrit avec Ruben Rabinovitch), Gérard Leclerc rappelle les trois piliers sur lesquels repose historiquement toute architecture sociétale :
La matrice religieuse, matrice de sens et de cohésion collective ;
L’institution matrimoniale, socle de la transmission et de la stabilité affective ;
Le respect liturgique des morts, baromètre de la dignité humaine à travers le temps.
Or, c’est précisément ce trépied que les mutations des dernières décennies ont sapé. En substituant l'« individu-roi » aux structures traditionnelles issues de l'après-guerre, la société moderne a engendré une désagrégation du tissu familial — matérialisée notamment par la généralisation de la monoparentalité — qui fragilise la capacité des nouvelles générations à se projeter dans la durée.
Une responsabilité civique et ecclésiale face au défi de la renaissance
Loin de se complaire dans un déclinisme passif, l’éditorialiste interpelle la communauté chrétienne. Face au désarroi général, quelle doit être l’attitude des catholiques ? Leclerc trace une ligne d’action exigeante qui articule engagement citoyen et fidélité ecclésiale.
Évoquant le contraste saisissant offert par la récente visite pastorale du pape Léon XIV, l'auteur souligne le rôle de contre-modèle vivant que l'Église peut incarner, (NDLR :mais encore faudrait-il qu'elle se réveille) : face à la brutalité des cortèges et au morcellement des solitudes, la communion de prière et le témoignage de familles unies offrent l'antithèse d'une société en rupture.
Cependant, ce témoignage ne saurait suffire. Gérard Leclerc appelle les croyants à ne pas déserter le terrain du débat d'idées et à participer activement à l'effort intellectuel nécessaire pour penser une « authentique renaissance ».
Le courage du réel : cohésion nationale et altérité religieuse
Le dernier volet de la tribune aborde sans détour les questions sensibles liées aux équilibres démographiques et confessionnels du pays. Gérard Leclerc invite à dépasser les postures binaires : il récuse avec la même fermeté l'obsession réductrice qui impute tous les maux à l'immigration et l'aveuglement idéologique qui refuse de voir son impact déstabilisateur sur un corps social déjà convalescent.
Sur le terrain plus spécifique des relations entre islam et christianisme, l'auteur plaide pour une lucidité exempte d'angélisme. Tout en maintenant l'impératif évangélique de la charité, il rappelle une réalité théologique souvent esquivée : le statut singulier de l'islam, dont la tradition scripturaire est disjointe du tronc commun judéo-chrétien, exige une appréciation rigoureuse des différences doctrinales. Pour Gérard Leclerc, la véritable paix des cœurs et des esprits ne se bâtit ni sur le déni des causes, ni sur l'amnésie des identités, mais sur le courage de la vérité.
03/11/2026
Sous l'apparence d'une pure mécanique d'ingénierie parlementaire, le texte porté par le groupe La France insoumise et voté par une coalition des gauches élargie au Parti socialiste a provoqué une onde de choc sans précédent. En ciblant directement les lignes budgétaires des établissements privés, cette décision a dépassé le cadre des arbitrages comptables ordinaires pour faire éclater au grand jour une fracture politique majeure sur le financement et l'avenir de l'école en France.
Une hausse de salaire de 20 % financée par une coupe de 8,3 milliards d'euros
L'amendement du député Paul Vannier : une revalorisation salariale des enseignants adossée à la ponction massive des crédits de l'enseignement privé.
Pour contourner le verrou de l'article 40 de la Constitution — qui interdit stricto sensu toute création ou aggravation d'une charge publique par un parlementaire —, le député LFI Paul Vannier a soumis un amendement visant à augmenter de 20 % la rémunération des enseignants, qualifiant cette mesure de « justice, indispensable ». Pour rendre sa proposition techniquement recevable, l'élu a actionné le mécanisme juridique classique du « gage », consistant à compenser une dépense nouvelle par une annulation de crédits équivalente.
Le montage proposé relève toutefois d'une arithmétique explosive : financer cette hausse salariale en prélevant 598,18 millions d'euros sur l'enseignement public du second degré (collèges et lycées), mais surtout 8,3 milliards d'euros sur l'enseignement privé sous contrat. En vidant presque intégralement les caisses destinées aux établissements sous contrat, cet amendement frappe au cœur la loi Debré de 1959. Ce texte fondateur scelle le pacte républicain entre l'État et l'école privée, garantissant la prise en charge par la collectivité de la rémunération des professeurs en contrepartie du respect des programmes nationaux et du contrôle public.
L'usage du « gage » budgétaire ne relève plus ici d'une simple neutralisation comptable, mais d'une véritable arme offensive. Sous couvert de promouvoir l'équité salariale, la manœuvre transforme une contrainte de procédure en un outil de rupture contractuelle, d'une brutalité inédite pour les structures privées.
L'équivalent d'un enfant sur cinq impacté de plein fouet
Pour mesurer l'impact systémique d'une telle coupe de 8,3 milliards d'euros, il convient de se référer aux données chiffrées présentées par Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion des établissements de l'enseignement catholique (Fnogec). Selon ses précisions, ce retrait de crédits menace directement les piliers opérationnels d'un secteur éducatif majeur :
La paie de 132 000 enseignants.
Le fonctionnement de 7 500 établissements.
Le quotidien de 2,1 millions d'élèves, soit un enfant sur cinq en France.
Devant une telle perspective, Valérie Ginet, représentante de la Fep-CFDT (premier syndicat de l'enseignement privé sous contrat), résume la portée sous-jacente de la mesure : une telle asphyxie financière reviendrait en pratique à « mettre les élèves du privé dans le public ». Elle s'insurge contre cette logique d'affrontement qui remet en cause la légitimité des équipes pédagogiques :
« Cela signifie que l’on juge légitime de prendre à l’enseignement privé. C’est inacceptable. Nous sommes favorables à la revalorisation du salaire des professeurs. Mais je tiens à rappeler à M. Vannier que nous sommes aussi des enseignants. » — Valérie Ginet, Fep-CFDT
La réaction du privé : « Une déclaration de guerre » sur fond d'hostilité politique
Du côté des instances représentatives de l'enseignement catholique, l'indignation est immédiate et totale. Pierre-Vincent Guéret, président de la Fnogec, qualifie l'adoption de cet amendement de véritable « déclaration de guerre ».
Pour les acteurs du secteur, ce vote ne constitue pas un dérapage isolé, mais l'aboutissement d'une offensive méthodique. Depuis plusieurs mois, le débat public est saturé de contestations sur le coût de l'enseignement sous contrat, la mixité sociale ou encore les révélations liées à l'affaire Bétharram. Or, le chef d'orchestre de cette offensive parlementaire n'est autre que Paul Vannier lui-même : auteur en 2024 d'un rapport à charge sur le financement de l'école privée, il s'impose également comme le co-pilote d'une commission d'enquête annoncée pour 2025 sur l'affaire Bétharram.
Cette continuité stratégique démontre que l'amendement budgétaire n'est pas une simple péripétie de séance, mais le maillon d'une campagne politique globale. Pierre-Vincent Guéret dénonce cette escalade :
« On est quand même en commission des finances, pas au bar PMU ! Un enseignement catholique qui ne serait pas légitime, qui coûterait trop cher, la question de la mixité, puis l’affaire Bétharram… Ces dernières années, les discours hostiles ont préparé le terrain. Ils se traduisent aujourd’hui par des actes. Le délire a atteint la commission des finances. » — Pierre-Vincent Guéret, président de la Fnogec
En passant le filtre de la commission des finances, les discours critiques se sont transformés pour la première fois en un acte budgétaire punitif.
L'illusion du « gage » et la réalité du jeu politique
Face à la vivacité des réactions, Paul Vannier s'est défendu en faisant valoir que son amendement appelait en réalité le gouvernement à « lever le gage » — c'est-à-dire à annuler la compensation financière imposée par la procédure d'arbitrage de l'article 40 pour assumer directement la charge salariale sur le budget de l'État.
Pourtant, la dynamique politique qui a permis le vote de ce texte met en lumière la fragilité des équilibres parlementaires actuels. L'amendement a été adopté grâce à l'union disciplinée des voix de gauche (La France insoumise, Écologistes, Communistes et Socialistes). Mais cette victoire idéologique repose tout autant sur l'absentéisme marquant des députés de droite et d'extrême droite, dont les effectifs insuffisants en commission n'ont pas permis de constituer un bloc opposant. Un manquement arithmétique qui a offert un succès symbolique majeur aux opposants du privé.
Bien que le projet de loi de finances ait peu de chances d'être définitivement adopté en l'état lors de l'examen en séance publique par manque de majorité, l'impact politique reste profond. Ce vote brise un tabou institutionnel : il valide l'idée qu'il serait désormais légitime de siphonner les ressources garantes du contrat républicain de la loi Debré pour alimenter les revendications du secteur public.
Une fracture durable dans le paysage éducatif ?
Cet affrontement budgétaire et idéologique survenu en commission des finances agit comme un révélateur des tensions profondes qui traversent le modèle éducatif français. En utilisant les mécanismes d'ingénierie budgétaire pour cibler les crédits sous contrat, l'opposition parlementaire a montré que le budget de l'État pouvait devenir un instrument de combat doctrinal direct.
Même si la mesure conserve une valeur largement symbolique à ce stade du parcours législatif, le signal envoyé aux établissements, aux enseignants et aux familles est sans ambiguïté. Il témoigne de l'érosion du consensus historique qui entourait le statut de l'enseignement privé sous contrat et préfigure une polarisation accrue lors des futurs arbitrages financiers.
Alors que les repères traditionnels vacillent au Palais-Bourbon, cet épisode marque-t-il le début d'une remise en cause irréversible du modèle d'enseignement privé sous contrat en France ?
03/11/2026
Les raisons d'y croire
En 1893, un prêtre français, Victor Jouët, de la congrégation des missionnaires du Sacré Cœur d’Issoudun, est envoyé à Rome pour y bâtir une église dans un quartier neuf. Elle sera dédiée au Sacré Cœur. Il n’est nullement dans les intentions du Père Jouët de fonder un sanctuaire pour la délivrance des âmes du Purgatoire. Tout ce qui suivra est providentiel.
Une nuit de novembre 1897, alors que le gros des travaux est achevé, le feu prend dans une chapelle latérale, sans cause bien définie. Par chance, les secours arrivent à temps pour maîtriser l’incendie avant qu’il s’étende et fasse des dégâts considérables. Toutefois, les témoins, dont le Père Jouët, affirment, très frappés, avoir vu, distinctement se débattre au milieu des flammes un homme dont ils ont distingué le visage qui reflétait une souffrance et un chagrin indicibles. On ne trouvera pourtant aucune dépouille.
En revanche, à la stupeur générale, quand on déblaiera les décombres, l’on s’apercevra que le tableau situé au-dessus de l’autel, là où le feu se déchaînait, est intact. Il n’y a pas de cause naturelle à cela. Le père Jouët commence à envisager une intervention surnaturelle.
Sur le mur, apparaît, comme dessiné par la suie, un visage humain qui ressemble beaucoup, disent les témoins, à celui du mystérieux personnage de la nuit de l’incendie. Le visage exprime les mêmes terribles tourments que celui de l’homme de l’étrange apparition.
Comme on est au mois de novembre, traditionnellement consacré à la prière pour les morts, le Père Jouët pense qu’il peut s’agir d’une manifestation d’une âme du Purgatoire venue implorer la prière des vivants et qui a laissé une preuve de son passage. De telles manifestations sont assez fréquentes dans l’histoire de l’Église et parfois très impressionnantes. Il n’est donc pas déraisonnable d’y songer.
Dès lors, le prêtre se met en quête de témoignages récents du même genre et surtout de preuves tangibles de telles manifestations. Commence une enquête très longue et sérieuse au terme de laquelle il réunira, sur les cent dernières années, plusieurs centaines de récits plausibles et qui répondent à certains critères de sérieux.
Le père Jouët décide de s’en tenir aux traces tangibles, c’est-à-dire aux marques laissées par les défunts, notamment les traces de doigts ou de mains incandescents qui ont brûlé l’objet qu’il touchait. Le prêtre en réunit une riche collection : vêtements, livres de prières, etc. On voit imprimées dessus des traces très nettes et inexplicables.
Avant d’ouvrir le musée, le prêtre va demander la bénédiction de Pie X, alors régnant, qui la lui accorde volontiers mais soumet à examen les objets destinés à l’exposition afin de s’assurer de leur authenticité et ne pas prêter à rire aux anticléricaux et d’obtenir un résultat contraire à celui espéré. Le pape se montre donc prudent et avisé.
Au terme de cet examen critique, dix-neuf objets seront retenus, l’origine des marques de brûlure qu’ils portent, traces de mains ou de doigts en feu, ne pouvant s’expliquer de façon rationnelle. Le travail d’éradication des cas douteux a donc été fait avec sévérité.
En savoir plus
L’église del Sacro Cuore del Suffragio de Rome est célèbre pour deux raisons : elle est une étonnante copie miniature du duomo, la cathédrale de Milan, et elle abrite l’étonnant musée des âmes du Purgatoire qui attire chaque année des milliers de fidèles et de curieux. Ce musée est l’œuvre d’un prêtre français, le Père Jouët. Lui-même témoin d’une apparition d’une âme en peine du Purgatoire, il a voulu en prouver l’existence, en cette fin du XIXe siècle marquée par l’incroyance et par le spiritisme.
Pour bien en saisir le sens, il faut, certes, connaître l’histoire de ces objets qui ressemblent sinon à un bric-à-brac de chiffonnier. Tel livre de piété était entre les mains d’une religieuse quand elle vit lui apparaître l’une de ses anciennes compagnes, décédée depuis peu, et en quête de prières pour abréger son purgatoire ; telle chemise était celle que portait l’abbé Leleux en 1789 quand sa défunte mère, inquiète de voir ce fils dissolu se perdre, obtint de Dieu la grâce de se montrer à lui pour le convaincre de la réalité de l’éternité, ce dont le jeune homme fut si épouvanté qu’il changea de vie et devint prêtre ; etc.
Certains commentateurs modernes ricanent de ces vieux chiffons mais tous ont fait l’objet d’examens sévères et, s’ils ne convaincront pas sans doute ceux qui veulent demeurer incroyants, ils rappellent que le Purgatoire est une réalité. Les deux peines qu’y subissent les âmes le sont aussi : celle du feu qui purifie les âmes de leurs péchés afin de leur permettre de se présenter pures comme au jour de leur baptême devant Dieu, et celle du dam, bien plus douloureuse car elle est privation de la vision de Dieu entrevue par l’âme lors de son jugement particulier après la mort.
Les âmes qui se trouvent au Purgatoire ne peuvent plus rien accomplir pour leur propre salut et pour hâter leur délivrance. Il revient donc aux vivants de prier pour elle, offrir des messes et des sacrifices pour leur permettre d’entrer au plus vite dans la salle du festin des noces de l’Agneau. C’est donc à chaque chrétien de prier à l’intention de ses proches défunts mais aussi des âmes abandonnées qui n’ont personne pour le faire. Une fois dans la gloire, elles ne seront pas ingrates et vous aideront. C’est aussi un moyen d’abréger son propre purgatoire.
Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.
Aller plus loin
Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) traite du purgatoire du chapitre 1030 au chapitre 1032. Voir également :
§1472–1473 : sur les peines du péché et la purification nécessaire, liée à la doctrine du purgatoire.
§958 : sur la communion avec les défunts et la prière pour eux.
§1689 : mention du purgatoire dans la liturgie des funérailles.
En complément
Victor Jouët, Un petit tour par le purgatoire. Édition récente : DFT, 2023.
Source 1000 raisons de croire
02/11/2026
La France est en état d’apostasie. Elle est « en état de péché mortel » dirait Bernanos à la suite de Péguy. Les récentes constitutionnalisation de « la liberté » d’avorter et légalisation de « l’aide à mourir » nous l’ont rappelé. Mais ces lois mortifères et iniques ne sont pas les seuls symptômes d’un peuple en pleine décomposition sociale et morale. La lecture d’Homo occidentalis de Jérôme Fourquet et de Ruben Rabinovitch (Seuil, 2026) nous permet de plonger dans les mutations culturelles de ces dernières décennies et d’assister à « la bascule anthropologique » que connaît l’Occident. Cette révolution est le passage de « l’ancien régime psychique » au « nouveau régime psychique ». Le premier est fondé sur « la matrice judéo-chrétienne » et sur la verticalité (autorité du père, du chef, de la tradition) ; le second est fondé sur l’individu narcissique qui cherche toujours plus de liberté et de jouissance. Les « progrès » technologiques sont autant de vecteurs d’asservissement de la psyché individuelle à des compulsions incapables de noyer l’angoisse d’une vie ayant perdu toute finalité. Les nombreuses structures de péché, sociales et économiques, renforcent l’aliénation spirituelle.
Or Léon XIV s’est adressé aux fidèles, bien sûr, mais à travers eux à la France entière dont la grande majorité de citoyens est encore baptisée bien que constituée de non-croyants et de non-pratiquants. Ces baptisés ont été lavés dans le sang du Christ pour participer à la Vie même de Dieu. Et tous les autres, les non-baptisés, sont eux aussi appelés à cette même Vie éternelle. Grande est alors notre responsabilité, nous les baptisés, qui vivons chaque jour de la grâce sanctifiante ! Nous avons, comme et à la suite du pape, à nous tourner vers nos concitoyens pour les exhorter à la conversion en leur faisant découvrir l’Amour divin dont ils sont l’objet.
Deux semaines après le passage de Léon XIV, la France est retombée dans le bruit et la fureur, le chaos se déployant dans nos rues, les feux surgissant par milliers, les affrontements, le pillage et la haine se répandant comme une traînée de poudre. Autres symptômes d’un même mal profond : celui du nihilisme qu’a engendré une civilisation se coupant de sa Source divine. Ces symptômes sont visibles par tous, alors que ceux décrits par Fourquet et Rabinovitch ne sont discernables que par la lecture des statistiques et l’écoute du psychanalyste.
Dans ce contexte de profonde crise, propice à la désespérance et aux solutions illusoires, il nous revient de relire les discours et homélies du pape, de les méditer dans la prière pour que l’Esprit Saint nous éclaire et nous renouvelle dans le zèle apostolique. Commençons donc par cet extrait fondamental de son homélie à la messe du 26 septembre, prononcée à l’endroit même où Louis XVI ainsi que des milliers de personnes ont été assassinés au moment de la fondation de la République :
« Vous voyant ici rassemblés, frères et sœurs, héritiers d’une longue et belle histoire sainte en France, je vous dis : abreuvez-vous, à votre tour, à cette source qu’est le Cœur de Jésus transpercé. Oui, vous avez soif de Dieu, de vie, de vérité, d’unité, de paix, de communion, de bonheur. Vous aspirez à redécouvrir un horizon lumineux, à bâtir une nation renouvelée à partir de ses racines irriguées par la foi. Ne gardez pas cette foi en Jésus Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour abreuver et combler les personnes que vous rencontrez. Il vous revient d’apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle. »
Voilà la thérapie que le pape nous prescrit après avoir posé un diagnostic radical.
Notre grave responsabilité est de ne pas la négliger.
20/10/2026
Des décennies de socialisme – qui a progressé à des vitesses variables sous les gouvernements de gauche et de « droite » sans convictions – ont notamment opéré en faveur de cette immigration massive qui joue un rôle assumé, en tout cas par La France insoumise, dans les troubles en cours. Tout cela sur fond de redistribution des richesses et de tolérance à l’égard de trafics en tout genre, de stupéfiants et d’armes en particulier, qui ne sont pas imputables à la seule ultra-gauche.
Les incendies et pillages du 17 octobre, fruit vénéneux de la politique socialiste
Ce sont les gouvernements successifs qui n’ont pas seulement laissé pourrir la situation, mais qui l’ont installée en qualifiant toute dénonciation ou avertissement quant à ses effets futurs d’extrémisme de droite. C’est à cette politique qu’il faut imputer le millier de membres des forces de l’ordre blessés au cours des émeutes. La plainte déposée il y a quelques jours par le syndicat Alliance Police Nationale contre l’Etat pour « mise en danger de la vie d’autrui », après l’agression à coups de marteau d’un policier à Marseille à l’occasion d’une manifestation lycéenne en début de semaine, en est une illustration très parlante. Présence insuffisante, insuffisance de moyens mobilisés, appel à l’« empathie » à l’égard des manifestants, le cocktail était explosif et les conséquences prévisibles.
Après les violences de samedi, il est difficile de croire, comme voudrait le faire accepter Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, dont la démission a été refusée par Emmanuel Macron ce matin, que tout cela a résulté d’un manque de renseignements responsable de l’impréparation qui les aurait permises. Cela faisait plusieurs semaines que l’extrême gauche poussait à la roue.
On ne va pas croire que les services de renseignement n’avaient aucune information, ou que le manque de forces de l’ordre ait été le résultat d’une décision mal éclairée.
LFI pousse à la roue, mais le trouble est bien plus profond
Les contestations lycéennes avaient déjà produit leur lot de casses, d’affrontements et d’incendies volontaires. Samedi on en a vu la suite logique, et encore, dans une certaine mesure, modérée, puisque ce n’est un secret pour personne que des kalachnikovs circulent en banlieue et s’achètent pour des sommes relativement modiques. En 2021, Le Monde publiait un court article sur 500 armes à feu qui seraient saisies chaque année dans les seules Bouches-du-Rhône, sous le titre « L’inquiétante “démocratisation du fusil d’assaut” dans les cités de Marseille ». Pour combien qui n’ont pas été trouvées ? Les casseurs n’ont pas encore sorti les armes.
Mais ce que dit le déferlement des sauvages dans plusieurs villes de France, avec un degré de violence jusqu’ici inédit, c’est que les forces vives sont là et prêtes à répondre à l’appel.
En incriminant l’extrême gauche et en particulier La France insoumise – Libération la désigne comme « bouc émissaire bien trop facile » – il est vrai qu’on détourne l’attention de la réalité des causes du début de guerre civile qu’on a vu éclater samedi. Certainement, l’extrême gauche attise les braises, mais celles-ci couvent depuis longtemps, si longtemps que dès le début des années 1980, Jean-Marie Le Pen pouvait déjà parler de la libanisation de la France, et l’avertir de ce qui l’attendait du fait d’une politique délibérée. C’est cette libanisation qui est manifestée aujourd’hui au grand jour.
17 octobre : le laïcisme et l’islamisme ont un même ennemi
D’ailleurs, des scènes similaires se sont déployées simultanément en Italie (en particulier à Milan), en Belgique, en Albanie et de manière moins violente au Portugal. La cherté de la vie, de l’énergie et du logement est le vecteur des troubles, mais ce vecteur est instrumentalisé par d’autres, et à d’autres fins. Ici, ce n’est pas « la République » qui est attaquée, mais la France, cette France chrétienne avec ce qui lui reste de morale partagée, ennemie désignée de la conjonction du laïcisme et de l’islamisme. Si l’on veut bien admettre que la République a dans ses gènes d’être anti-chrétienne, on comprend mieux la logique des choses et ce qu’il faut bien appeler une complicité de l’Etat. Celui-ci apparaît certes comme débordé, mais il a tout fait pour en arriver là.
Le Rassemblement national, c’est à prévoir, tirera au printemps prochain, à l’élection présidentielle, avantage de ce qui s’est passé samedi, et peut-être bien est-ce aussi un objectif de l’Etat : lui refiler la patate chaude de la France ingouvernable. A moins que justement, les émeutes ne frappent l’électeur lambda comme un avant-goût de ce qui l’attend si justement le RN arrive au pouvoir. L’extrême gauche LFI pourrait aussi en profiter en mobilisant des sentiments entretenus et fomentés par les images « vues à la télé », et sur les réseaux bien sûr.
Contre les incendies et les pillages, assainir une justice gauchisée
Sans cette complicité, le gouvernement n’aurait-il pas déjà agi ? En contrôlant l’immigration, en ajustant sa politique d’allocations qui rendent la France si attrayante, en mettant la justice en mesure de juger avec force et fermeté ? Cela aurait demandé la dissolution du très gauchiste Syndicat de la magistrature, la formation adéquate des futurs magistrats, la responsabilité civile et pénale des juges qui permettrait de leur imputer les conséquences de leurs décisions délirantes. Toutes choses réalisables en soi, mais des plus improbables dans un pays comme la France, déjà socialisée à outrance. Socialiste, elle l’est en matière économique, fiscale, éducative, dans ses médias officiels comme dans sa politique d’immigration.
Du point de vue du pouvoir, la beauté de la situation actuelle est de toute façon de pouvoir répondre aux troubles en concédant davantage de financements, en augmentant son rôle, bref, en rendant le pays encore plus socialiste – et encore plus vulnérable aux attaques qui le défigurent.
Donald Trump a averti sur son compte Truth Social : « La France brûle. L’immigration de gens venus d’un monde totalement différent, des gens qui ont la haine au cœur, a brisé ce qui fut jadis un grand pays. Fermez vos frontières et reprenez le contrôle avant qu’il ne soit trop tard ! »
Le 17 octobre 2026 : une folie annoncée
Son vice-président J.D. Vance, commentant une image de l’incendie de la mairie de Limoges, a quant à lui écrit sur X : « Les progressistes occidentaux ont importé le tiers-monde en France et d’autres pays au nom de la diversité et de la compassion. Ils ont négligé les questions fondamentales d’assimilation et de compatibilité. On leur a dit que cela finirait comme cela et ils n’ont pas écouté. Je prie pour que la France, un beau pays à la population merveilleuse, mette fin à cette folie avant que davantage de monuments ne brûlent. »
La diversité et la compassion, on le sait bien, n’étaient que des prétextes. La vraie compassion consisterait à permettre aux peuples de vivre correctement chez eux. Déracinés, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, décervelés par une école qui ne forme plus, il y a parmi les casseurs sauvages ceux qui sont étrangers à ce pays et ceux qui, en enfants de ce pays, y sont eux-mêmes devenus étrangers au point d’être prêts à le détruire.
Qu’est-ce qui peut enrayer cette course vers le néant ? Rien d’humain, assurément. Il est déjà trop tard pour espérer un tranquille retour de l’ordre. Mais la France, à genoux, attentive à l’avertissement du Christ lui-même : « Si vous ne vous convertissez et faites pénitence, vous périrez tous », peut être relevée par lui.
18/10/2026
Les images du clocher de l’hôtel de ville de Limoges en flammes rappellent celles du clocher de Notre Dame de Paris.
Et ce brasier qui emporte avec lui des siècles d’Histoires, de larmes et de prières, provoque la même sidération... le même traumatisme et la même séparation : ceux qui aiment l’âme de cette France lumineuse et rebelle, la France Libre de l’héroïsme des saints… des résistants, des poètes… et ceux qui se réjouissent de la voir brûler ; comme ces badauds anglais et leurs maîtres qui riaient de la même lugubre obsession, de voir brûler, liée au bûcher, celle qui incarnait la Foi de la France ;
sa vaillance et son espérance…
celle dont les entrailles et le cœur, encore gorgés de son sang l’avait enfantée, cette France…
contre les traîtres, les espions…
et l’avait rendue à son Cœur.
Au Roi dépouillé dont le Royaume appartient aux derniers, aux pauvres, aux orphelins,
oubliés de l’Histoire
sans nom et sans visage…
ceux qui fixent les flammes emporter leur mémoire ; en pleurant ses pierres où chuchotait parfois le vent, au large du Ciel.
Par delà le flot d’images qui abreuve nos écrans et la fatigue d’un spectacle permanent, — mis En scène comme jadis les échafauds — pour blesser l’âme de sidération et traumatiser... c’est dans la fracture, que s’invite la mort.
La Terreur,
et la déshumanisation consentie.
J’entends chez les uns : « rien n’arrête le jeunesse de France! »
Mais de quelle jeunesse parle-t-on… celle qui détruit, ou celle qui prie ? Celle qui se baisse pour relever celui qui est à terre, ou celle qui massacre à plusieurs, celui qui est fragile…
Celle qui se bat pour la vie du minuscule, contre le meurtre systémique de celui qui n’a pas la parole… ou celle de factions violentes et suicidaires qui ne sont que les zombies du Système de mort qui les nourrit….
de mort lente
et consentie.
Sacrifice collectif maquillé en suicide.
De quelle jeunesse parle-t-on ?
D’un côté, une jeunesse d’étudiants et de bâtisseurs, dont les demandes légitimes sont caricaturées et avortées par les acteurs de saccages — minoritaires d’ailleurs — qui n'ont plus rien à voir avec une protestation sociale légitime. Rien à voir avec la douleur des paysans, avec ceux qui dorment dans leur voiture, étranglés de dettes ; mis à terre par l’inflation, la précarité… et le silence de ceux qui savent et ont la bouche cousue du sang des innocents…
des enfants de Gaza, du Yémen, du Soudan, des innocents de toutes les couleurs dont le sang crie comme le sang d’Abel.
Assez des têtes cagoulées et des visages masqués, quand ceux de nos enfants sont effacés des registres des naissances et des morts…
Le Peuple n’est pas et ne sera jamais une masse.
Il est la chair de la France,
il est son ciel,
il est son espérance.
On nous vend ces émeutes claniques comme des révolutions spontanées ou des colères nécessaires, alors qu’elles s’apparentent à des convulsions déstructurées où les vrais sujets éthiques, spirituels et sociaux sont systématiquement baillonnés.
Mais au-delà de la fracture émotionnelle devant le saccage de ces symboles de l’harmonie d’une France jadis souveraine, un doute obscur se dresse, au cœur de la sidération : comment est-il humainement et techniquement pensable que la mairie de Limoges, au centre de la ville, au coeur de sa vie, pouls battant de la cité… ait pu être investie et incendiée sans résistance ? Avec des micro-ondes de recyclage…
Malgré la mobilisation massive des forces de l’ordre afin de protéger en priorité les vies, il semble inconcevable qu'avec les moyens de maintien de l'ordre dont dispose l’État, des casseurs aient pu pénétrer dans une mairie et y mettre le feu.
De Notre-Dame de Paris hier, à l’hôtel de ville de Limoges aujourd’hui, l'argument de la fatalité ou du débordement ne convainc personne.
Une question troublante surgit alors : qui sont réellement ces casseurs, et jusqu'à quel point sont-ils instrumentalisés ou abandonnés à leur œuvre de mort ?
L'idée d'un laissez-faire calculé ou d'une passivité ambiguë alimente l'impression douloureuse que ces saccages, ou ces lapidations de pompiers, servent, au fond, d'autres intérêts.
Obscurs.
En remontant le fil de l’Histoire, on sait que les grandes fractures nationales ont souvent été exploitées par des forces en coulisses. De la Révolution française — où des factions et des influences étrangères manœuvraient en s’appuyant sur les repris de justice lâchés dans les rues — jusqu’aux tensions géopolitiques contemporaines, la question des calculs de pouvoir reste entière.
Un soupçon s’impose… celui de voir le mot d’ordre, « Ordo ab chaos » planter son Drapeau macabre : la destruction du patrimoine, les guerres civiles et le traumatisme social opportunément utilisés pour instaurer un état d’urgence permanent et basculer vers une dystopie consentie.
Un totalitarisme mondial à prétexte religieux
ou l´avènement d’un eugénisme radical à masque écologique et socialiste.
Seule la Vérité nous rendra libres.
Et Elle n’a qu’Un Visage.
Véronique Levy, extrait de son blog
17/10/2026
Le 13 mai 1917, la Vierge Marie est apparue pour la première fois à trois enfants bergers à Fatima.
Exactement trois ans plus tard – le 13 mai 1920 – Marguerite-Marie Alacoque, une religieuse qui avait reçu des visions de Jésus et de son Sacré-Cœur, fut canonisée.
Cette coïncidence providentielle de dates porte un message : les visions de sainte Marguerite-Marie et les apparitions de Fatima sont liées. Comment ?
I
Premièrement, les deux événements débutent par des images du Sacré-Cœur ou du Cœur Immaculé de Marie et évoquent ensuite le Diable ou l'Enfer.
Le 27 décembre 1673, sainte Marguerite-Marie vit le Cœur divin de Jésus « comme sur un trône de flammes, plus brillant que le soleil et transparent comme le cristal ». Selon la sainte, Jésus fit connaître son désir que l’image de son Sacré-Cœur soit exposée à la vénération. Mais il y avait aussi un avertissement contre Satan. Comme l’explique sainte Marguerite-Marie : « Cette dévotion était un ultime effort de son amour qui voulait favoriser les hommes en ces derniers siècles… afin de les soustraire à l’empire de Satan » ( Lettres de sainte Marguerite-Marie Alacoque ).
À Fatima, 244 ans plus tard, un schéma similaire se produisit : la vision d’un cœur céleste précéda un avertissement. Le 13 juin 1917, les enfants de Fatima virent la Vierge Marie tenant son Cœur Immaculé de Marie entouré d’épines. Un mois plus tard, ils eurent une vision terrifiante de l’Enfer. Selon les mots de Lucia :
Notre-Dame nous montra une immense mer de feu qui semblait se trouver sous la terre. Plongés dans ce feu se trouvaient des démons et des âmes sous forme humaine, tels des braises ardentes et transparentes, noircies ou d'un bronze poli, flottant dans la conflagration. Tantôt soulevés dans les airs par les flammes qui jaillissaient d'eux-mêmes, accompagnées d'épais nuages de fumée, tantôt retombant de toutes parts comme des étincelles dans un brasier gigantesque, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir qui nous horrifièrent et nous firent trembler de peur. On pouvait distinguer les démons à leur ressemblance terrifiante et repoussante avec des animaux effrayants et inconnus, tout noirs et transparents…
Ici, la répétition d'images infernales de flammes et de feu contraste avec l'imagerie paisible du Cœur Immaculé et les flammes sacrées du Sacré-Cœur. En définitive, pour les enfants de Fatima comme pour sainte Marguerite-Marie, les premières visions du Sacré-Cœur ou du Cœur Immaculé révèlent une protection contre les dangers de Satan et de l'enfer.
II
Deuxièmement, les deux événements requièrent des dévotions spéciales et complémentaires.
En 1674 – probablement le premier vendredi de juin – sainte Marguerite-Marie reçut sa deuxième révélation. Le Saint-Sacrement exposé, la religieuse reçut un message de Jésus concernant la dévotion des premiers vendredis, durant laquelle les fidèles communient et se confessent le premier vendredi de neuf mois consécutifs. La troisième révélation de sainte Marguerite-Marie, le 16 juin 1675, était étroitement liée à la première : elle lui présenta une vision de Jésus sur l’autel. « Voici, dit-il, ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné… En retour, je ne reçois de la plupart que de l’ingratitude » ( Vie de sainte Marguerite-Marie Alacoque ).
Le 13 juin 1917, 243 ans plus tard, Notre-Dame de Fatima déclara que, pour sauver les âmes, Dieu souhaitait instaurer la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Afin de prévenir les châtiments de « la guerre, la famine et les persécutions de l’Église et du Saint-Père », la Vierge Marie annonça qu’elle viendrait demander, entre autres, « la communion de réparation les premiers samedis du mois ». En décembre 1925, la Vierge Marie revint auprès de Lucie et l’appela à parachever la dévotion des premiers samedis. Comme elle le lui dit :
Regarde, ma fille, mon Cœur entouré d'épines dont les ingrats me transpercent à chaque instant par leurs blasphèmes et leur ingratitude. Essaie au moins de me consoler et dis-moi que je promets d'assister à l'heure de ma mort, avec toutes les grâces nécessaires au salut, tous ceux qui, le premier samedi de cinq mois consécutifs, se confesseront, communieront, prieront le Rosaire et resteront quinze minutes en ma compagnie pour méditer sur les mystères du Rosaire, dans l'intention de me faire réparation. ( Chemin sous le regard de Marie )
Ainsi, Fatima se présente comme un prolongement et un complément aux visions du Sacré-Cœur. Avec certaines exigences communes (telles que la confession), les dévotions encouragent les âmes à faire réparation auprès du Sacré-Cœur et du Cœur Immaculé, si possible.
III
Troisièmement, les deux événements comportent des demandes de consécration.
Le 17 juin 1689, sainte Marguerite-Marie reçut sa dernière grande révélation ( Vie de sainte Marguerite-Marie Alacoque ). Dans ses lettres, elle cita le message du Seigneur au roi Louis XIV concernant une consécration : « Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur qu’il obtiendra la grâce et la gloire éternelle en se consacrant à mon Cœur adorable » ( Lettres de sainte Marguerite-Marie Alacoque ). Pourtant, les demandes de consécration restèrent sans réponse. Le 17 juin 1789 – cent ans jour pour jour après la demande de consécration du 17 juin 1689 –, Louis XVI fut destitué et guillotiné.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le 13 juin 1929 – quatre jours seulement avant le 240e anniversaire de la demande de consécration de 1689 – la Vierge Marie dit à Lucie de Fatima : « Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père, en union avec tous les évêques du monde, de consacrer la Russie à mon Cœur Immaculé de Marie. » « Plus tard, » raconte Lucie, Jésus lui dit : « S’ils ne veulent pas écouter ma demande, comme le roi de France [Louis XIV], ils se repentiront, mais il sera trop tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde entier, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. » ( Chemin sous le regard de Marie)
En d'autres termes, on peut établir un parallèle entre le refus de Louis XIV de se conformer aux demandes de consécration de Jésus et la situation de l'Église et du monde si la consécration papale de la Russie intervenait trop tard. Plus de trois siècles plus tard, l'histoire des demandes de Jésus à Louis XIV concernant la consécration du pape demeure un avertissement pour l'époque de Fatima.
En définitive, puisque l'histoire de sainte Marguerite-Marie est intimement liée à celle de Fatima, ces deux événements sont d'actualité. Ils le sont, premièrement, comme des révélations de la splendeur des Sacrés-Cœurs et des Cœurs Immaculés, au milieu des avertissements contre le diable et l'enfer. Deuxièmement, ils le sont comme des révélations de la puissance des dévotions des premiers vendredis et des premiers samedis du mois. Troisièmement, ils soulignent l'importance toujours actuelle d'exaucer les demandes de consécration.
Essayons donc, si possible, d'accomplir les dévotions des premiers vendredis et des premiers samedis. Sacré-Cœur de Jésus, ayez pitié de nous. Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous.
Source : LifeSiteNews
17/10/2026
Dans ce témoignage poignant livré à B. Guillot, lui-même ancien imam musulman reconverti au catholicisme (car catholique à la base) , Fadoua revient sur son parcours spirituel, sa relation avec Allah lorsqu'elle était musulmane et les différences profondes qu'elle a découvertes en devenant chrétienne. Elle explique comment elle est passée d'une relation avec Dieu marquée par la crainte, les obligations et la peur de la punition à une relation fondée sur l'amour, la grâce et la confiance.
« Je t'aime. » Ces deux mots, qu'elle raconte avoir entendus lors de sa rencontre avec Dieu, ont profondément transformé sa manière de voir son Créateur. Pour la première fois, elle dit avoir découvert un Dieu qui l'aime comme un Père, qui l'accueille, la console et la guérit. Une expérience spirituelle si puissante qu'elle affirme ne plus jamais avoir été la même.
Au fil de cette conversation, nous abordons des questions essentielles : Dieu nous aime-t-il réellement ? Quelle différence existe-t-il entre servir Dieu par peur et l'aimer librement ? Que signifie être un enfant de Dieu ? Et comment l'amour de Jésus-Christ peut-il transformer une vie marquée par la souffrance, la solitude et la culpabilité ?
À travers son histoire, Fadoua partage un message d'espérance destiné à tous ceux qui cherchent Dieu, qui doutent de Son amour ou qui vivent leur foi dans la peur. Un témoignage sincère et profond qui invite chacun à réfléchir à sa propre relation avec Dieu et à découvrir l'amour qu'elle affirme avoir trouvé en Jésus-Christ.
16/10/2026
L'avertissement prophétique de Vladimir S. Soloviev
Par le Cardinal Giacomo Biffi (2007)
À la fin du XIXe siècle, la mentalité la plus répandue prévoyait pour le siècle qui était sur le point de commencer un avenir de progrès, de prospérité et de paix. Déjà Victor Hugo, vers la fin du XIXe siècle, avait prophétisé : « Ce siècle est grand, le prochain siècle sera heureux ».
1. Soloviev ne se laisse pas contaminer par une telle candeur laïciste, et dans son dernier ouvrage, Les Trois Dialogues et le récit de l'Antéchrist, daté de Pâques 1900, quelques mois avant sa mort, il prévoit que le XXe siècle sera marqué par de grandes guerres, de grandes révolutions sanglantes, de grandes luttes civiles. À la fin du siècle, les peuples européens – convaincus des graves préjudices causés par leur rivalité – donneront naissance, dit-il, aux États-Unis d'Europe.
« Mais… les problèmes de la vie et de la mort, du destin ultime du monde et de l'homme, rendus plus imbriqués et compliqués par une avalanche de recherches et de nouvelles découvertes dans le domaine physiologique et psychologique, resteront comme autrefois sans solution. Un seul résultat important voit le jour, mais d'un caractère négatif : l'échec complet du matérialisme théorique ».
Toutefois, cela ne comportera ni l'expansion ni le renforcement de la foi. Au contraire, l'incrédulité fera rage. Si bien qu'à la fin se profilera pour la civilisation européenne une situation que nous pourrions qualifier de vide. Dans ce vide, justement, on voit émerger et s'affirmer la présence et l'action de l'Antéchrist.
2. Soloviev décrit l'Antéchrist comme un spiritualiste éclairé, ascète et philanthrope d'une grande modération et désintéressement, dont le célèbre ouvrage sur la paix universelle séduit par son humanisme. Cependant, il rejette le moralisme du Christ qui divise les hommes, refuse son unicité et nie sa résurrection.
3. L'Antéchrist incarne des qualités séduisantes de pacifisme, d'écologisme et d'œcuménisme :
I. Le Pacifisme : Il promet la paix universelle en s'estimant supérieur au Christ qui a apporté la division. Soloviev critique par ailleurs la non-violence absolue qui mène souvent à la capitulation face à l'injustice.
II. L'Écologisme : Il se montre grand philanthrope, végétarien et protecteur des animaux.
III. L'Œcuménisme : Il réunit les confessions chrétiennes en satisfaisant les aspirations de chacun, obtenant l'adhésion des masses, tandis qu'un petit reste fidèle réalise l'œcuménisme eschatologique de la vérité.
4. L'avertissement consiste à ne pas réduire le christianisme à de simples valeurs mondaines acceptables mais privées du scandale de la croix et de la résurrection. Comme le soulignait Don Divo Barsotti, le Christ ne saurait être réduit à un prétexte pour des projets mondains.
5. Si les valeurs relatives (solidarité, paix, dialogue) peuvent être un premier pas vers le Christ, leur absolutisation au détriment du fait salvatif conduit, pour le chrétien, au péché d'apostasie et à la complicité avec l'Antéchrist.
6. En conclusion, évacuer le Christ vivant pour n'en garder que des slogans ou des notions vides mène au désespoir, la plénitude de l'homme résidant exclusivement dans la personne concrète du Christ.
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La réaction du pape Benoît XVI à cette prédication percutante du cardinal Giacomo Biffi a été profondément positive et approbatrice, s'inscrivant dans une parfaite convergence théologique.
À la fin de cette semaine d'exercices spirituels, le 3 mars 2007, Benoît XVI a adressé ses remerciements officiels au cardinal Biffi à travers une lettre officielle du Saint-Siège et un discours de conclusion. Sa réaction s'articule autour de plusieurs éléments clés :
1. Des remerciements appuyés pour le courage du propos
Benoît XVI a chaleureusement remercié le cardinal Biffi pour le réalisme, la profondeur et l’audace de ses méditations. Le pape a salué son style direct, soulignant que ses réflexions avaient aidé la Curie romaine à se recentrer sur l'essentiel. Il a affirmé que les enseignements du cardinal avaient offert un « examen de conscience » nécessaire pour l'Église.
2. Une totale convergence sur la figure de l'Antéchrist
Cette prédication faisait directement écho aux propres convictions théologiques de Joseph Ratzinger. Dans son livre majeur, Jésus de Nazareth (publié précisément au printemps 2007), Benoît XVI développe une pensée identique à celle de Soloviev et de Biffi lorsqu'il commente les tentations du Christ au désert. Le pape y écrit que la pire tentation est celle qui utilise le langage de la théologie et de l'aide humanitaire pour écarter la foi et la Croix, transformant le christianisme en un simple projet d'amélioration du monde.
3. La mise en garde contre un « christianisme sans Christ »
Benoît XVI a validé le cœur théologique du message de Biffi : le danger mortel pour l'Église de céder au relativisme et à la tentation de se faire applaudir par le monde en remplaçant la vérité de la Résurrection par des slogans purement horizontaux (paix universelle, écologie, dialogue désincarné).
4. Un contraste avec les réactions médiatiques
Alors que la presse internationale et certains milieux progressistes s'étaient montrés stupéfaits ou agacés de voir l'écologisme ou le pacifisme associés à des « armes de l'Antéchrist », Benoît XVI a totalement soutenu son prédicateur, confirmant la pertinence prophétique de Vladimir Soloviev pour notre époque. [1, 2, 3]
15/10/2026
Vous avez rencontré le pape Léon XIV en décembre et vous lui avez remis la lettre demandant la célébration de la messe au Vatican pour le pèlerinage annuel Summorum Pontificum. Nous savons maintenant que cette messe n’a pas été approuvée. Quel est, selon vous, l’état actuel de la messe traditionnelle, un an et demi après le début de son pontificat ?
Eh bien, un an et demi après le début du pontificat de Léon XIV, le statut de la messe traditionnelle en latin n’a pratiquement pas changé suite aux mesures restrictives mises en place après Traditionis Custodes. La situation perdure et s’aggrave même dans certains cas. On entend parler de diocèses où le nombre de messes a été drastiquement réduit, ce qui s’apparente à une persécution.
Nous constatons que certains diocèses ferment purement et simplement des lieux où la messe était auparavant célébrée, des lieux où des personnes et des familles puisaient un grand réconfort dans leur foi grâce à la messe traditionnelle en latin. C’est pourquoi, en décembre dernier, j’ai demandé au Saint-Père de faire preuve de générosité, en tant que père commun de tous ses fidèles, et de protéger ceux qui se voient refuser l’accès à la Sainte Messe des saints, comme ils l’appellent, la Sainte Messe des siècles.
C’est la réalité dans laquelle nous vivons actuellement : cette forme de messe continue d’être traitée – par les responsables au Vatican – comme quelque chose de dangereux ou faisant l’objet d’une forme de discrimination.
Pour de nombreux catholiques attachés à la messe traditionnelle, la Fraternité Saint-Pie-X est peut-être leur seule option. Or, des restrictions s’appliquent à la messe et le Vatican déconseille désormais aux catholiques d’assister aux offices de la Fraternité. Vous êtes parmi les rares personnes à bien connaître le fonctionnement interne de la FSSPX, puisque vous en avez été le visiteur apostolique. Suite à vos échanges avec la FSSPX et d’autres évêques, voire des représentants du Vatican, le Vatican est-il conscient des conséquences de ces restrictions, ou s’agit-il d’une véritable tentative d’étouffer la messe traditionnelle ?
Oui, comme je l’ai déjà mentionné, il est évident que les autorités du Saint-Siège et de nombreux diocèses ont tendance à étouffer la sainte messe. Or, c’était déjà l’objectif énoncé dans Traditionis Custodes par le pape François, où il est indiqué que tous les fidèles qui assistent actuellement à la messe traditionnelle doivent être progressivement conduits vers le Novus Ordo.
Ainsi, ce document l’énonce clairement : telle est la réalité. Or, concernant la FSSPX, les débats entre la Fraternité et le Saint-Siège, initiés par Mgr Lefebvre, demeurent inchangés depuis plus de 50 ans.
Il y a deux points essentiels. Le Saint-Siège exige la reconnaissance du concile Vatican II comme étant conforme à la tradition, et le second point est que la FSSPX reconnaisse la validité du Novus Ordo, ou réforme liturgique du concile.
Mais la FSSPX ne peut agir ainsi car certaines affirmations de textes du Concile Vatican II présentent des ambiguïtés manifestes. Le Novus Ordo comporte des défauts doctrinaux et liturgiques évidents : il révèle des tendances protestantes très marquées et une diminution du caractère sacrificiel de la messe, même célébrée selon les règles. Même en latin, le texte du Novus Ordo recèle de graves lacunes doctrinales, notamment les nouvelles prières de l’offertoire et la seconde prière eucharistique.
Ainsi, même dans les rubriques du Novus Ordo, le style de célébration s’oriente davantage vers la rencontre, l’échange. Ceci constitue une rupture grave avec toute la Tradition et une menace pour le caractère sacrificiel essentiel de la Sainte Messe. Dans ce contexte, la présence et l’activité de la FSSPX, l’œuvre de Mgr Lefebvre, apparaissent plus que jamais providentielles ; c’est une œuvre de la Divine Providence qui, par leur présence, leur existence et leur action, rappelle au Saint-Siège la nécessité de clarifier certaines affirmations conciliaires importantes, objectivement douteuses et ambiguës, et de réformer le Novus Ordo conformément à la Tradition.
Jusqu’à présent, le Saint-Siège n’a pas eu la volonté de reconnaître ces points ni la nécessité de rectifier quoi que ce soit. Au lieu de cela, il exige de tous, y compris de la FSSPX, une prétendue herméneutique de la continuité. Je qualifierais cela de simple acrobatie intellectuelle, ou de quadrature du cercle.
À mon avis, avec le recul historique, la contribution de Mgr Lefebvre et de la FSSPX sera plus tard considérée comme bénéfique pour l’Église tout entière. L’Église doit résoudre ces deux questions.
Nous ne pouvons pas continuer avec le Novus Ordo – c’est impossible. Nous ne pouvons pas tolérer les ambiguïtés doctrinales manifestes de certaines affirmations du Concile Vatican II. Il nous faut les résoudre. C’est fondamentalement ce que réclame la FSSPX, qui demande la possibilité et la liberté de le faire conformément à l’enseignement pérenne et sans ambiguïté du Magistère. À cet égard, il me semble que le Saint-Siège doit faire preuve de plus d’ouverture et de souplesse, et accorder cette liberté de discussion.
Le Saint-Siège doit intégrer la FSSPX au moins progressivement, étape par étape. Ce sera un bienfait pour toute l’Église.
En mars, lorsque vous évoquiez les discussions toujours en cours entre la FSSPX et le Vatican, mais aussi le chaos plus général et les différents points hérités par le pape Léon XIV, qui restent d’actualité, vous avez mentionné que seule une intervention divine pouvait aider. Vous avez suggéré que même une persécution généralisée de l’Église et du pape pourrait être un instrument de Dieu pour ramener les catholiques et l’Église à la pleine pratique de la foi. Est-ce toujours le cas aujourd’hui, six mois plus tard, notamment après les Consécrations ?
Oui, car il y a une persécution continue de la tradition, en particulier de la messe traditionnelle en latin, l’administration actuelle du Vatican poursuivant d’une certaine manière la répression de cette tradition légitime que Jean-Paul II lui-même a soulignée dans l’un de ses documents comme un choix légitime pour les catholiques attachés à la messe traditionnelle en latin.
L’attachement des fidèles à la messe traditionnelle en latin a été déclaré légitime par le pape Jean-Paul II, et les évêques doivent le reconnaître.
Comment peut-on alors exercer une discrimination à l’encontre de quelque chose que tous les papes ont déclaré légitime ? C’est là le cœur du problème.
Quant à la réaction extraordinairement sévère du Saint-Siège aux consécrations épiscopales de la FSSPX : vue par un observateur objectif extérieur, elle serait qualifiée d’émotionnelle, de jugement sévère, avec une sorte de volonté de les punir, d’expulser la Compagnie et son influence dans la vie de l’Église.
Voilà, à mon avis, ce qui explique cette sévérité inhabituelle du Saint-Siège envers une seule réalité, à savoir la tradition.
De l’autre côté, le Saint-Siège tolère tant d’hérésies publiques en de nombreux endroits, des évêques sapant la foi et la discipline de l’Église sans être punis ni même réprimandés.
L’évêque d’Anvers, en Belgique, a récemment annoncé publiquement qu’il ne respecterait pas le droit canonique relatif au célibat et qu’il ordonnerait un homme marié. Il l’avait déjà annoncé l’an dernier et réitère aujourd’hui son intention. Pourtant, le Saint-Siège ne le réprimande ni ne le sanctionne.
Nous constatons également l’ouverture et la générosité sans bornes du Saint-Siège envers le Parti communiste chinois, envers la prétendue Voie synodale en Allemagne et ailleurs, où l’on renie de facto la foi catholique et où l’on la sape. Il y a là une contradiction flagrante dans l’attitude du Saint-Siège envers la FSSPX et envers d’autres mouvements et individus objectivement et manifestement hérétiques au sein de l’Église.
Il est donc clair que le Saint-Siège est en partie, dans une certaine mesure, entre les mains d’une prise de contrôle hostile par des personnes et des puissances qui veulent transformer complètement la foi catholique non seulement en une religion protestante, mais aussi en une religion entièrement adaptée aux modes actuelles du monde.
Dans une situation aussi grave, seule une intervention divine peut nous apporter la guérison et permettre au Saint-Siège de redevenir la brillante cathèdre de la Vérité – la Mère et le Maître du monde entier dans la pureté de la foi catholique et apostolique. Un tel retour du Saint-Siège et du pontificat à cette prédication et à cette défense limpides de la foi catholique, de la sainte liturgie et de la discipline est plus que jamais nécessaire.
Elle sera rétablie, bien sûr, sans aucun doute, car le Saint-Siège est une réalité instituée par Dieu. Elle reviendra, mais elle se trouve actuellement dans une sorte d’exil spirituel, comparable à l’exil matériel qu’a connu la papauté d’Avignon. Aujourd’hui, nous vivons une forme d’exil spirituel : la doctrine et la liturgie intégrales sont, dans une certaine mesure, exilées du Saint-Siège. Autrement dit, la clarté de la doctrine et la sacralité de la liturgie et de la tradition sont temporairement suspendues. Mais elles reviendront.
Durant l’exil d’Avignon, ce sont les plus humbles au sein de l’Église qui ont ramené les papes. Sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède et d’autres saints humbles ont inlassablement exhorté les papes à revenir. De même aujourd’hui, je voudrais parler de ces nombreux « petits » au sein de l’Église : les familles catholiques, les enfants, les jeunes, les prêtres, les religieuses et tous ceux qui aiment profondément la foi et la liturgie catholiques et qui, avec la grâce de Dieu, s’efforcent de vivre la vie chrétienne par amour pour l’Église et pour la papauté. Ils contribuent à la fin de l’exil doctrinal et liturgique.
Nous constatons même la diffusion de la messe traditionnelle malgré la persécution qui, malheureusement, persiste. Ceci démontre que la messe traditionnelle en latin est une puissance divine. Elle n’est pas seulement entre les mains des autorités ecclésiastiques. Ainsi, ce mouvement triomphera, il est en marche.
J’espère et je prie pour que le Pape et les évêques reconnaissent les signes des temps. Ce sont les signes que le Saint-Esprit leur révèle. Voyez, la tradition est vivante. Elle porte du fruit. Il y a de nombreuses vocations, de grandes familles qui aiment l’Église.
La majorité de ces fidèles attachés à la tradition ne nourrissent aucune amertume et ne critiquent pas le pape ; ils aspirent simplement à la foi et à la messe de tous leurs ancêtres et des saints. Seule cette foi assurera l’avenir et le renouveau de l’Église. Ils préparent le terrain et la fin de l’exil spirituel au sein du Saint-Siège, afin que Dieu accorde à nouveau à son Église des papes pleinement attachés à la tradition, ce qui est l’essence même du ministère de saint Pierre et de ses successeurs.
14/10/2026
1917. En pleine guerre mondiale, la très Sainte Vierge descend du Ciel à six reprises. Et ces six fois, elle demande que le chapelet soit prié quotidiennement. « Je veux que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre… » Si le soldat a son fusil, le chrétien, lui, a son chapelet [1]. Et il doit s’en servir.
C’est que la Sainte Vierge a déjà obtenu nombre de victoires par le passé. Et c’est pourquoi le saint pape Pie X s’exclamait : « Donnez-moi une armée qui récite le chapelet et je ferai la conquête du monde ! »
Louis XIII et Louis le Pieux
Le roi Louis XIII en était si convaincu qu’il avait demandé à ce que le rosaire soit récité devant toute la cour par les dominicains du faubourg Saint-Honoré. Ordre avait aussi été donné aux frères prêcheurs d’instruire l’armée sur cette dévotion, et quinze mille chapelets avaient été distribués aux soldats, tandis que, tous les soirs, dans le camp, les troupes chantaient Ave et cantiques autour de la ville de La Rochelle en portant une statue de Notre-Dame. Nous connaissons la suite. Nouvelle Jéricho, La Rochelle capitulait, les protestants se rendaient et l’Anglais retournait dans son pays.
En cela, Louis le Pieux fut le digne imitateur du grand dévot du rosaire, saint Dominique. Lui aussi avait remporté, si l’on peut dire, une grande victoire, le 12 septembre 1213. Ce jour-là, huit cents chevaliers français, à l’appel du pape Innocent III, affrontaient Cathares et Espagnols au nombre de trente-quatre mille. Les premiers ne déplorèrent que huit tués tandis que les hérétiques se retirèrent en abandonnant dix mille morts. Non loin de là, dans l’église de Muret, saint Dominique faisait prier le rosaire.
Le Saint Nom de Marie
Quatre cent soixante-dix ans plus tard, en 1683, toujours un 12 septembre, deux cent cinquante mille Turcs assiégèrent Vienne défendue seulement par vingt-quatre mille hommes. Des secours furent demandés en urgence. Innocent XI mit toute son influence pour lever une coalition afin de venir en aide aux Autrichiens. Il ordonna des jeûnes et des prières, et, en de nombreux endroits, le rosaire fut récité devant le très Saint Sacrement. Alors Jean Sobieski, roi de Pologne, prit la tête de l’armée catholique et s’achemina vers Vienne.
Le matin de l’assaut, il tint à servir lui-même la messe et fut donc au premier rang lorsque le célébrant donna la bénédiction du pape en disant : « Au nom du Saint Père, je vous déclare que la victoire est à vous si vous vous confiez à Dieu. » Tous les assistants invoquèrent alors plusieurs fois les noms de Jésus et Marie. À un contre trois, la bataille fut rude. Toute la journée, le roi de Pologne tint son chapelet à la main. Mais, à la fin de la journée, la victoire était totale. Aujourd’hui, chaque 12 septembre, est fêté le saint Nom de Marie…
Lépante
D’autres batailles eurent lieu mais la victoire qui est restée gravée dans le cœur des fidèles est celle de Lépante, à la fin du XVIe siècle, durant lequel Soliman le Magnifique puis son successeur, Selim II, travaillèrent activement à l’expansion de l’Islam et vinrent jusqu’aux portes de l’Occident. Le pape saint Pie V, très inquiet, essaya tant bien que mal d’unir les princes chrétiens. Il ne réussit à opposer à l’immense armée musulmane qu’une flotte de deux cents galères, cent vaisseaux, cinquante mille hommes et quatre mille cinq cents cavaliers.
Mais, cette fois encore, chaque soldat reçut un chapelet et, durant les trois jours précédant l’appareillage, tous se confessèrent et communièrent. Il n’y avait plus de temps à perdre car, le 14 août précédant, Chypre venait de tomber aux mains des Turcs. Le 7 octobre, jour traditionnellement consacré au Saint Rosaire, la flotte catholique rencontra celle des Ottomans, composée de trois cents vaisseaux et cent vingt mille hommes de troupe.
Tous les chrétiens avec Don Juan d’Autriche, leur commandant de vingt-quatre ans, tombèrent à genoux et, à haute voix, suivant les demandes du pape, invoquèrent le Dieu tout-puissant et saluèrent la très Sainte Vierge Marie. Puis, la bataille commença.
Pendant ce temps, à Rome, le pape faisait prier le rosaire dans tous les couvents et collèges de Rome. Lui-même jeûna et fit une nuit de prière du 6 au 7 octobre, puis récita le rosaire toute la journée. Dans l’après-midi, il fut interrompu par son trésorier pour quelques affaires.
Tout à coup, il se leva, ouvrit la fenêtre, leva les yeux vers le ciel, resta quelques instants dans cette attitude, revint enfin tout pensif vers son trésorier et lui dit : « Maintenant, il n’est plus temps de s’occuper d’affaires. Allez rendre grâce à Dieu, car notre flotte vient de rencontrer la flotte turque et, à cette heure, elle a remporté la victoire. » Lui-même se rendit à son petit autel pour rendre grâce. Pourtant, la nouvelle ne parvint officiellement à Rome que quinze jours plus tard, le 21 octobre, au moyen d’un courrier envoyé tout spécialement par Don Juan.
Un tiers de la flotte turque avait été coulé et la moitié capturée ; le reste (quarante navires sur trois cents) prit la fuite. Il y eut quarante mille tués et huit mille prisonniers, tandis que douze mille esclaves furent délivrés. Côté chrétien, il n’y eut que quinze galères coulées, moins de huit-cents tués et à peu près autant de blessés. Ce fut la plus grande bataille de temps modernes. Il faut remonter vingt siècles en arrière pour trouver l’équivalent : la bataille de Salamine en 480 avant Jésus-Christ, encore que les pertes y furent moindres chez les ennemis.
« Donnez-moi une armée qui récite le chapelet et je ferai la conquête du monde. De toutes les prières, le rosaire est la plus belle et la plus riche en grâces, celle qui plaît le plus à la très Sainte Vierge Marie. Aimez-donc le rosaire et récitez-le avec piété tous les jours ! »
La victoire est entre nos mains, des mains qui tiennent le chapelet.
[1] D’ailleurs, rappelons que le chrétien a aussi une armure, le scapulaire, dont la Sainte Vierge Marie a montré l’importance en apparaissant, le 13 octobre 1917, sous les traits de Notre-Dame du Mont-Carmel.
Chanoine Adrien Mesureur sur l'Homme Nouveau
13/10/2026
Le bilan est incontestable : la visite apostolique de Léon XIV sur le sol hexagonal a rencontré un succès remarquable et a suscité un formidable engouement. Oui, durant ces quatre jours de voyage du pape : il faisait bon être catholique en France ! Paris, Lourdes, Metz constituèrent autant de théâtres réjouissants où la liesse des fidèles le disputait à la profondeur des prises de parole du successeur de Pierre. Comme le soulignait Vincent Trémolet de Villers dans les colonnes du Figaro : « Quel parti, quel syndicat, quelle institution se déplace près de 1 million de personnes pour attendre plusieurs heures une célébration ancestrale ? »
Aussi, quand Bernadette Sauvaget, du journal Libération, décrit sur BFM le spectacle spirituel proposé au Stade de France « un peu bas de gamme, un peu Puy du Fou » ou encore quand Patrick Cohen, sur France Inter, minimise l'évènement papal : « Ce qu'on a vu ces derniers jours, c'est une minorité pratiquante » en dépit d'une « saturation médiatique », ces derniers passent pour ce qu'ils sont : des grincheux. Ils feraient mieux de tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant de parler ainsi. Le voyage de Léon XIV fut réjouissant et les graines semées nombreuses : comment pour nous autres catholiques, ne pas nous en réjouir et ne pas être habités par l'action de grâce ?
Tranchant avec la figure disruptive de son antérieur, Léon XIV aura su, en effet, user de la grâce de son charisme pétrinien pour redonner de la fierté aux catholiques de France, en leur offrant notamment l'occasion de manifester au grand jour, sans peur et sans complexe, leur dynamisme, leur ferveur et, surtout, leurs espérances.
Léon XIV à semé des graines d'espérance, aux évêques de les faire germer
Espérances, oui. Car la réussite extraordinaire de la visite du pape tranche d'autant plus, par contraste, avec le bilan comptable d'une Eglise de France qui peut être qualifié, lui, de désastreux ( on pourra se reporter à notre lettre n°1417 ou encore à la très intéressante et documentée étude réalisée par le Centre Européen pour le Droit et la Justice (CEDJ), intitulé Souffrances et espérance de l'Eglise en France ). Pour que germent les graines, il reste encore fort à faire dans le but de pouvoir récolter la moisson de ce séjour. La foi chrétienne nous enseigne que Dieu peut faire des miracles, mais elle nous enseigne aussi à ne pas rester les bras ballants. L'Eglise nous presse de lui offrir nos mains, à donner de nos personnes. L'Église de France est devenue pour ainsi dire résiduelle dans l'espace social et médiatique hexagonal.
Sur France Inter, le 30 septembre dernier, Jérôme Fourquet (directeur du département Opinion à l'Ifop) et Ruben Rabinovitch (psychologue clinicien) présentaient leur nouveau livre co-écrits Homo occidentalis (Seuil, 2026). Déchristianisé, tatoué et narcissique, le constat clinique qu'ils dressent tous deux du nouveau régime psychique du monde actuel atteste l'effondrement de l'ordre patriarcal et de la matrice chrétienne. Selon eux, nous sommes arrivés au stade terminal, en dépit du magnifique visage présenté par les catholiques français ces quatre derniers jours.
Les dix/vingt milles baptêmes d'adultes de ces trois/quatre dernières années ne rattrapent pas la perte nette des 240.000 baptêmes d'enfants enregistrés annuellement depuis déjà longtemps. Que les églises soient vides, le phénomène est ancien, mais les effets anthropologiques, eux, surgissent désormais de toutes parts. Rapports au corps : crémation, tatouage, confusion de l'identité sexuelle. Rapports à soi : difficulté à supporter le mal et à gérer les frustrations. Rapports aux autres : individualisme exacerbé au détriment du bien commun, dictature du ressenti et de l'émotion. On connaît la formule, à propos de l'après-concile Vatican II, du cardinal Siri, figure conservatrice de l'Église d'Italie et papabile après la mort de Paul VI : « Le désastre est total et les conséquences incalculables ». Nous y sommes.
« Si l'effondrement du catholicisme en France incombe grandement aux évêques, son redressement est aussi de leur ressort »
Si nous venons à nous arrêter sur cet état préoccupant du catholicisme en France, ce n'est pas pour nous en repaître, encore moins pour nous en satisfaire ! Mais c'est parce que nous voulons éviter toute tentative de l'épiscopat français consistant, pour mieux fuir ses responsabilités, à « utiliser » l'arbre de cette parenthèse enchantée de la visite de Léon XIV pour mieux cacher la forêt des déconvenues pastorales de ces soixante dernières années.
Jean Madiran, en 1968 déjà, signait un réquisitoire implacable contre les collusions de l'épiscopat français avec le progressisme, le marxisme et le modernisme. Dès la première ligne de son ouvrage, le ton était donné : « L'hérésie du XXe siècle est celle des évêques ». Dans toute organisation humaine, lorsque le bilan n'est pas bon, ce sont ceux qui sont en responsabilité qui doivent au mieux revoir leurs copies, au moins reconnaître leur tort. En ce qui concerne la société humano-divine qu'est l'Église, il est certain que si l'effondrement du catholicisme en France incombe grandement aux évêques, son redressement est aussi de leur ressort. Les évêques de France, d'hier et d'aujourd'hui, auraient grand tort d'imiter l'attitude morale d'un Emmanuel Macron, en assurant la main sur le cœur, après des décennies de pouvoir absolu, n'être pour rien du catastrophique de la situation.
Que feront alors les évêques de cette étincelle de renaissance que Léon XIV leur a offert sur un plateau d'argent, avec le concours des fidèles de bonne volonté ? Il leur appartient d'en faire bon usage pour mettre le feu aux poudres d'un véritable renouveau. Les catholiques du rang réclament du sens, de la cohérence, de la beauté. Cela ne peut passer que par le rappel serein, mais sans compromission, des vérités de la foi, par un courage devant l'urgence des besoins, notamment dans la transmission de la foi et d'un catéchisme percutant.
Retrouver l'unité qui n'est pas une plaque uniformité
L'image d'un catholicisme uni au Stade de France dans ses différentes composantes, célébrant d'un même cœur et d'une même âme l'histoire sainte de la France : les évêques se laisseront ils toucher par ce message très fort ? Les jeunes générations attendant de leurs évêques d'être soutenus plutôt qu'empêchées. D'être encouragées plutôt que suspectées. D'être accompagnées, plutôt que toisées. A écouter les convertis, dont l'enthousiasme et la piété ragaillardissent à bon compte les âmes habituées, les évêques mesurent-ils l'étendue de leur discrédit au regard de leur attitude où la déconnexion et l'eau tiède font souvent trop bon ménage ? Qu'ils le sachent : il leur suffirait de bien peu pour être de nouveaux entendus et estimés !
« Évêque, c'est par toi que je meurs » lançait Jeanne d'Arc à son juge Mgr Cauchon. Les fidèles traditionnels ne demandent qu'à vivre par leurs évêques, dans le respect de leur fidélité à la messe de la tradition de l'Eglise et à « tout ce qui va avec ». Les évêques entendront-ils le message du pape leur rappelant que le don de l'unité « n'est pas une plaque uniformité mais permet que toute sensibilité authentiquement catholique converge naturellement dans une profession de foi commune prolonge l'obéissance aux pasteurs légitimes, et en particulier au Successeur de Pierre, principe et fondement perpétuels et visibles d'unité de la foi et de la communion ».
Aimer nos évêques, nous ne demandons que cela. Encore faudrait-il pour cela que nous puissions nous voir être respectés comme leurs enfants, quand trop souvent le mépris ou l'indifférence sont de mises de leur part à notre endroit. Puissent les appels à l'amour et à la fidélité au Christ lancés par Léon XIV favoriser la paix liturgique entre les fidèles de tout bord et les évêques d'aujourd'hui. Et ceux de demain !
12/10/2026
Voici l'article d'Aldo Maria Valli : Source : Quando i pastori erano pastori. La dichiarazione del 1925 in cui cardinali e vescovi francesi dissero no alle leggi laiciste
Quand les pasteurs étaient des pasteurs.
La déclaration de 1925 dans laquelle les cardinaux et les évêques français dirent « non » aux lois laïques
Face aux propos tenus par Léon XIV à l’Élysée, quand il a affirmé la continuité entre les principes de la Révolution française et l’Évangile, « Duc in altum », a eu l’idée de relire la Déclaration qu’il y a un peu plus d’un siècle, en 1925, les cardinaux et évêques français avaient signée pour rejeter la législation laïque et revendiquer les droits de Dieu et de la foi catholique.
Nous publions ce document, datant d’il y a un siècle, car il reste d’actualité. Aujourd’hui encore, les catholiques, en tant que citoyens, sont souvent contraints de subir des lois presque toujours contraires à la religion catholique et au véritable enseignement de l’Église.
Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, dans une Église où les pasteurs semblent avoir surtout à cœur le « dialogue » avec le monde et le souci de ne pas déranger ceux qui manipulent la pensée collective, en 1925, les évêques français avaient à cœur la santé spirituelle et morale des fidèles catholiques en vue du salut éternel. Une preuve de courage et de clairvoyance.
Ce document, intitulé « Déclaration sur les lois dites laïques et sur les mesures à prendre pour les combattre », a été publié officiellement le 10 mars 1025 par l’Assemblée des cardinaux et des archevêques de France, devenue après 1964 l’actuelle Conférence épiscopale française. Ce texte a devancé de neuf mois l’encyclique de Pie XI, « Quas primas », du 11 décembre 1925, sur la royauté du Christ et le rejet de l’athéisme d’État.
1 – Les lois laïques sont injustes : tout d’abord parce qu’elles sont contraires aux droits formels de Dieu. Elles découlent de l’athéisme et y conduisent sur les plans individuel, familial, social, politique, national et international.
Elles témoignent d’une ignorance totale de Notre Seigneur Jésus-Christ et de son Évangile. Elles tendent à remplacer le vrai Dieu par certaines idoles (la liberté, la solidarité, l’humanité, la science) ; à déchristianiser toutes les vies et toutes les institutions. Ceux qui ont inauguré leur règne, ceux qui l’ont consolidé, étendu et imposé, n’avaient d’autre but que celui-là.
Elles sont donc le fruit de l’impiété, l’expression de l’injustice la plus coupable, tout comme la religion catholique est l’expression de la justice la plus élevée.
2 – Elles sont en outre injustes car elles vont à l’encontre de nos intérêts temporels et spirituels. Si l’on les examine, il n’y en a pas une seule qui ne concerne à la fois nos biens terrestres et nos biens surnaturels.
La loi sur l’école prive les parents de la liberté qui leur appartient et les oblige à payer deux impôts : l’un pour l’enseignement officiel et l’autre pour l’enseignement chrétien ; en même temps, elle trompe l’intelligence des enfants, pervertit leur volonté et fausse leur conscience.
La loi sur la séparation nous prive des biens dont nous avions besoin et dresse mille obstacles à notre ministère sacerdotal, sans parler du fait qu’elle entraîne une rupture officielle, publique et scandaleuse entre la société et l’Église, la religion et Dieu.
La loi sur le divorce sépare les époux, donne lieu à des litiges qui humilient et dégradent les familles, divise et attriste les enfants, rend les mariages partiellement ou totalement stériles, et autorise en outre légalement l’adultère.
La laïcisation des hôpitaux prive les malades des soins dévoués et désintéressés que seule la religion inspire, les prive des consolations surnaturelles qui atténueraient leurs souffrances, et les expose à mourir sans les sacrements.
Les lois laïques ne sont pas des lois ; elles n’ont de la loi que le nom, un nom usurpé.
On pourrait développer ces considérations à l’infini et ajouter, en le démontrant, que la laïcité, dans tous les domaines, est néfaste au bien privé et public. Par conséquent, les lois laïques ne sont pas des lois. Elles n’ont de la loi que le nom, un nom usurpé ; ce ne sont que des déformations de la loi, ce sont des violences plutôt que des lois. Saint Thomas dit : « Magis sunt violentiae quam leges » (1). Si elles ne nous portaient préjudice que dans l’ordre temporel, elles ne nous obligeraient pas en soi en conscience : « tales leges (leges contrariae bono humano) non obligant in foro conscientiae » (2).
Mais comme les lois laïques portent atteinte aux droits de Dieu, comme elles nuisent à nos intérêts spirituels ; puisque, après avoir ruiné les principes essentiels sur lesquels repose la société, elles sont ennemies de la vraie religion qui nous ordonne de reconnaître et d’adorer, dans tous les domaines, Dieu et le Christ, d’adhérer à leurs enseignements, de nous soumettre à leurs commandements, de sauver à tout prix nos âmes, voilà pourquoi il ne nous est pas permis de leur obéir ; nous avons le droit et le devoir de les combattre et d’exiger, par tous les moyens honnêtes, leur abrogation.
« Les lois peuvent être injustes lorsqu’elles s’opposent au bien divin, comme les lois tyranniques qui conduisent à l’idolâtrie ou à toute autre chose contraire à la loi divine : et de telles lois ne doivent en aucun cas être respectées, car, comme il est dit dans les Actes 4, 31 : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » » (3).
Il y a deux tactiques.
La première consiste à ne pas entrer en conflit direct avec les législateurs laïques ; à chercher à les apaiser et à les amener à appliquer leurs lois dans un esprit de modération, pour ensuite les laisser tomber en désuétude. Il est possible qu’avec certains hommes investis de pouvoir et moins mal disposés, cette méthode ait une certaine chance de réussir. On citera des cas dans l’histoire où cela a fonctionné. De plus, elle présenterait l’avantage de ne pas exaspérer les adversaires et de ne pas les pousser à prendre des mesures qui seraient d’autant plus sévères qu’elles seraient inspirées par un sentiment d’irritation.
Cependant, cette tactique présente de nombreux inconvénients majeurs.
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1 – Elle laisse les lois intactes.
À supposer qu’un ministère ou plusieurs ministères les appliquent avec bienveillance ou cessent de les utiliser contre les catholiques, il appartiendra alors à un nouveau gouvernement de les sortir de l’oubli et de leur redonner vigueur et efficacité. Ce danger n’est pas imaginaire, car à notre époque, le pouvoir passe sans cesse d’un parti relativement tolérant à un parti extrémiste. Il suffit que le premier se soit montré un peu conciliant pour que le second, par réaction, ne fasse preuve d’aucune indulgence à notre égard.
Depuis des années, nous assistons à ce va-et-vient de la persécution religieuse qui, au fond, n’a cessé de s’aggraver. Elle habitue les âmes, même sincèrement catholiques, à considérer les lois laïques comme justes, comme compatibles avec la religion ; elle favorise ces hommes qui, oscillant sans cesse entre laïcisme et catholicisme, sont prêts à toutes les concessions pour gagner des voix à droite comme à gauche, pour accéder à un ministère et qui, en ne cherchant qu’à atténuer certains effets du laïcisme, en laissent subsister les principes et, dans la pratique, y sacrifient presque entièrement le catholicisme.
On dira qu’une attitude conciliante nous a valu quelques faveurs particulières. De petits avantages qui nous lient et nous empêchent de réagir contre nos adversaires !
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2 – Les plus pernicieuses de ces lois continuent de produire leurs effets, quelles que soient les intentions des gouvernements successifs.
À l’époque de ces apparentes accalmies auxquelles nous avons accordé trop de confiance, les écoles athées fonctionnaient sans relâche ; on préparait des dossiers contre les ordres religieux, et l’expropriation des biens ecclésiastiques se poursuivait de manière sournoise et sûre.
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3 – Cette politique encourage nos adversaires qui, comptant sur notre résignation et notre passivité, multiplient chaque jour les attaques contre l’Église.
En somme, les lois laïques se sont multipliées au point de réduire chaque jour davantage la reconnaissance de la souveraineté divine sur nous et le champ de nos droits et de nos libertés.
Ces réflexions interpellent tous ceux qui se souviennent de la série de lois dont nous sommes victimes, tous ceux qui invoquent le témoignage de l’histoire du dernier demi-siècle.
C’est pourquoi la majorité des catholiques véritablement attachés à leur foi réclament l’adoption d’une attitude plus militante et plus énergique. Elle exige que, dans tous les domaines, dans toutes les régions du pays, on déclare ouvertement et à l’unanimité la guerre au laïcisme et à ses principes, jusqu’à l’abolition des lois iniques qui en découlent ; et que, pour y parvenir, on recoure à toutes les armes légitimes.
Ces moyens peuvent se résumer à trois : 1. Action sur l’opinion publique ; 2. Action sur les législateurs ; 3. Action sur le gouvernement.
L’un de nos cardinaux disait récemment que l’opinion publique se prononce en faveur de ceux qui se battent avec acharnement. Elle abandonne ceux qui se laissent aller.
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1 – Action auprès de l’opinion publique.
L’influence sur l’opinion publique s’exerce par la propagande de la vérité ; par la dénonciation des préjugés qui trompent le peuple et l’aveuglent ; par des manifestations publiques.
a) La propagande portera ses fruits si elle est persévérante ; si, d’un commun accord, les catholiques font entendre partout la même note de réprobation contre les injustices de la législation : neutralité (d’ailleurs mensongère et impossible), laïcité de l’enseignement, école unique, divorce, spoliation du clergé, ostracisme des congrégations, athéisme de l’État et des institutions domestiques, sociales, caritatives et politiques ; si les lettres épiscopales, , les hebdomadaires religieux, les bulletins paroissiaux, les revues, la presse, les affiches, les conférences et les catéchismes tiennent le même discours.
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Après avoir démontré que les individus, les familles et les nations doivent à Dieu et à Notre Seigneur un culte officiel, intérieur et extérieur, ainsi qu’une soumission de l’intelligence, de la volonté et de l’action, il faudra indiquer les avantages temporels que la religion catholique apporte dans tous les domaines, ainsi que les innombrables maux que causent, à cet égard, les lois de la laïcité.
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Par exemple, la foi en une vie après la mort et en un Juge suprême, l’éducation et la morale chrétiennes, la doctrine évangélique du mariage et de son indissolubilité sont les ennemis du fléau du dépeuplement ; l’incroyance, l’école laïque et le divorce en sont les complices. Aucune loi n’est aussi favorable à l’éducation des jeunes esprits et des jeunes cœurs que la loi chrétienne, tandis que la science et la morale nous ont gravement nui en rompant avec l’Église.
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L’application des lois laïques a coûté à la France des milliards qui auraient pu être économisés, servir à soulager les plus démunis, accroître la richesse et les réserves du pays, et lui assurer un prestige croissant à l’étranger. Malgré ces dépenses ruineuses, les malades, les orphelins, les pauvres et les personnes âgées ont toujours été mal soignés.
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Sous le régime de la laïcité, qu’est-il advenu de l’impartialité des tribunaux, de la liberté des individus, des familles, des officiers, des magistrats, des enseignants, des fonctionnaires, des mourants ? Qu’est-il advenu de la participation des meilleurs citoyens aux fonctions publiques, de la justice commutative et distributive, des relations entre les classes, de l’unité, de la paix intérieure, de la conscience professionnelle ?
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Léon XIII revenait souvent sur ces réflexions qui émeuvent les foules.
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b) Il faut également lutter contre les préjugés qui induisent les gens en erreur et les aveuglent.
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En voici quelques-uns :
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– La loi, qu’elle soit juste ou injuste, reste la loi ; on est tenu de s’y conformer.
– Les lois laïques sont immuables (alors que les autres peuvent être modifiées et que les parlements passent leur temps à les modifier).
– S’attaquer aux lois laïques, c’est s’attaquer à la République (comme si la législation et la Constitution n’étaient pas distinctes ; comme si les républicains les moins suspects ne s’attaquaient pas aux lois qu’ils ont eux-mêmes votées, jusqu’à la Constitution dont ils sont les auteurs. La vérité, c’est que les catholiques devront toujours lutter contre la laïcité, quel que soit le régime – monarchique ou républicain – qui l’a mise en vigueur).
– Il faut séparer la religion de la politique. (Ce ne devrait pas être le cas ; les deux doivent être distinguées et conciliées).
– La religion est une affaire privée. (La religion est une affaire privée, familiale et publique. La société, tout comme l’individu, doit au vrai Dieu son adoration et son culte).
– La religion n’a rien à voir avec la politique. (La religion laisse à chacun la liberté d’être républicain, monarchiste ou impérialiste, car ces différentes formes de gouvernement sont compatibles avec elle ; la religion ne laisse pas la liberté d’être socialiste, communiste ou anarchiste, car ces trois sectes sont condamnées par la raison et par l’Église.
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Sauf circonstances particulières, les catholiques sont tenus de servir loyalement les gouvernements en place tant qu’ils œuvrent pour le bien temporel et spirituel de leurs sujets ; il n’est pas permis aux catholiques de collaborer aux mesures injustes ou impies prises par les gouvernements ; les catholiques sont tenus de se rappeler que la politique, faisant partie de la morale, est, tout comme celle-ci, soumise à la raison, à la religion, à Dieu. De même, il convient de réfuter les autres préjugés répandus parmi la population).
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A cette action sur l’opinion publique par le biais de la propagande s’ajoute la question des journalistes et des conférenciers. Il est hautement souhaitable que ces personnes soient formées et préparées avec sérieux ; qu’elles ne se contentent pas de formules universelles – generalia non movent –, de phraséologies vagues et creuses, mais qu’elles fassent preuve de précision, de compétence, de force et de clarté ; qu’elles étudient en particulier les traités sur la foi, l’Église et l’État.
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c) Action auprès de l’opinion publique par le biais de manifestations publiques.
Dans cet ordre d’idées, la prudence nous impose de suivre ses préceptes, d’éviter la témérité et de prendre toutes les précautions nécessaires.
Mais il est certain que des manifestations publiques, bien préparées, impressionneront la foule en lui donnant l’impression – qu’elle n’a pas – de notre nombre, de notre unité, de notre puissance et de notre volonté inébranlable de revendiquer nos droits jusqu’à la victoire.
L’un de nos cardinaux disait récemment : « L’opinion publique se prononce en faveur de ceux qui se battent bien. Elle abandonne ceux qui s’abandonnent à eux-mêmes. »
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2 – Action auprès des législateurs. Cette action peut permettre d’obtenir de bons résultats.
a) Par le biais de pétitions adressées aux députés et aux sénateurs de chaque département. Il serait souhaitable que ces pétitions émanent de tous les groupes : des pères de famille, des anciens combattants, de la jeunesse catholique, des cheminots, des veuves de guerre, des ligues féminines catholiques, des personnalités les plus en vue du monde bancaire, industriel, commercial, etc. Ces pétitions seront adressées à tous les parlementaires, sans exception ; et si un ministre est originaire de la région, on veillera à lui faire parvenir ces protestations et revendications.
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b) Des personnalités éminentes souhaiteraient que l’on aille plus loin et que l’on donne à tous les catholiques pour consigne de refuser leur vote aux candidats qui, en théorie comme en pratique, ne s’opposent pas à la laïcité et aux œuvres neutres. Aux yeux de ces hommes sérieux, la théorie du moindre mal, poussée à l’extrême, nous a valu des échecs et des malheurs de plus en plus irréparables que nous aurions pu éviter, au moins en partie, en adoptant une attitude plus ferme.
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3 – Action auprès du gouvernement
Ce qui agite l’opinion publique et les Chambres parvient déjà jusqu’au gouvernement, mais il faut aborder la question directement. Les socialistes, les communistes, les fonctionnaires, les ouvriers, les commerçants nous en donnent l’exemple. Lorsqu’une loi ou un décret ne leur convient pas ou leur est préjudiciable, ils ne se contentent pas des questions posées par leurs représentants à la Chambre ou au Sénat, ils s’adressent directement au pouvoir : ils se rassemblent en masse devant les mairies, les préfectures, les ministères ; ils adressent aux détenteurs du pouvoir des protestations, des délégations, des ultimatums ; ils multiplient les manifestations et les grèves ; ils assiègent et harcèlent le gouvernement, qui cède presque toujours à leurs demandes.
Pourquoi, dans la mesure où notre morale, notre dignité et notre amour de la paix, fondé sur la justice et la charité, nous le permettent, ne les imitons-nous pas ? Afin de supprimer de notre code les lois qui, selon les paroles énergiques de l’un de nos évêques, nous mènent « du laïcisme au paganisme » ?
Nous disposons de troupes dont le nombre et le courage n’ont rien à envier à ceux des autres groupes, car une multitude de chrétiens sont désireux de se lancer dans la lutte.
Certes, la tâche est immense et difficile, mais c’est précisément la vertu de la force que d’affronter les obstacles et de braver le danger. De plus, nous disposons de troupes dont le nombre et le courage sont au moins égaux à ceux des autres groupes, car une multitude de chrétiens – si l’on ne compte que ceux qui sont fervents et actifs – sont impatients de s’engager dans la lutte. Nos structures – paroisses, diocèses, provinces ecclésiastiques – sont prêtes.
Ce qui a manqué jusqu’à présent aux catholiques, c’est l’unité, la concentration, l’harmonie et la coordination de leurs efforts. N’auront-ils pas assez d’abnégation pour former un groupe soudé, travaillant de concert sous la direction de leurs supérieurs hiérarchiques ?
On dira que cette attitude nous expose à des représailles offensives et impitoyables de la part de nos adversaires. Ce n’est pas certain ; en tout état de cause, à quelles calamités nous expose l’attitude contraire ? Quel avenir nous attend si, satisfaits d’un relâchement léger et artificiel, nous nous endormons ?
Peut-être jamais, au cours des cinquante dernières années, le moment n’a-t-il semblé aussi propice ; si nous le laissons passer sans en profiter, c’est comme si nous trahissions la Providence.
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Paris, le 10 mars 1925
L’Assemblée des cardinaux et des archevêques de France
10/10/2026
Le chemin de la perfection
Deux jours plus tôt, le stade de France était témoin d’un spectacle insolite. Les matchs de football et les écrans publicitaires avaient laissé place, pour un soir, à une immense veillée de prière en présence du Successeur de saint Pierre. Et il est certain qu’on retiendra, comme l’un des plus beaux moments de cette soirée mémorable, la magnifique évocation des milliers de bienheureux canonisés par l’Église et qui foulèrent jadis le sol de notre France.
Le Pape et les 80 000 jeunes venus le rencontrer ont vu défiler, sous leurs yeux éblouis et émus, les saints de notre pays, depuis l’arrivée de la barque de sainte Marie-Madeleine jusqu’à sainte Thérèse de Lisieux et à saint Charles de Foucauld, en passant par saint Remi, saint Martin, saint Louis apportant la Couronne d’épines, sainte Jehanne d’Arc chevauchant en armure, saint François de Sales, saint Vincent de Paul secourant les miséreux, sainte Germaine de Pibrac, sainte Thérèse de Lisieux, et tant d’autres !
Les dernières images, saisissantes, voient s’avancer ensemble ces saints de tous les temps, en une foule qui évoque celle que saint Jean contemple dans l’Apocalypse, et qui nous invite à mettre nos pas « dans les pas des Saints », pour suivre la route qu’ils nous tracent vers la céleste Jérusalem.
Le Saint Père ne nous a pas invités à autre chose en nous disant : « Vous êtes les saints de France ! » Mais cette sainteté est encore à conquérir. Se mettre « dans les pas des Saints », gravir le Chemin de la Perfection décrit par sainte Thérèse d’Avila, c’est emprunter la voie étroite de l’Évangile, c’est accepter de peiner et de souffrir, d’aller « ad lucem per crucem », à la Lumière par la Croix.
Voilà pourquoi l’accent du Pape s’est fait plus austère, au pied de la grotte de Massabielle, dimanche dernier. En bon augustinien, Léon XIV nous avertit : « C’est aujourd’hui – pas demain – qu’il faut se convertir ; c’est aujourd’hui le moment favorable, le jour du salut » (1). Vicaire du Christ, le Pape a répété, après le divin Maître : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous » (Lc 13, 5).
Après mille transgressions
Dans un monde égoïste où l’hédonisme est roi, il semble presque anachronique de parler de pénitence. Mais, au-dessus des caprices des hommes, Dieu ne change pas. Et la loi éternelle, que certaines « lois » françaises prétendent fouler aux pieds depuis 1789, ne change pas non plus. Elle oblige tant que, note dom Jean de Monléon (2), « après mille transgressions, on n’a pas entamé le devoir ».
Et force est de constater que les transgressions s’accumulent : le divorce, l’avortement, la dénaturation du mariage, l’euthanasie… Autant de fruits empoisonnés des principes révolutionnaires qui, aux droits de Dieu, ont voulu substituer les « droits de l’homme » – et de l’homme sans Dieu. Le Souverain Pontife nous a rappelé que « la Vierge nous demande de faire pénitence, non seulement pour nous-mêmes qui en avons besoin, mais aussi “pour les pécheurs” pour un monde qui va mal » (3).
Pénitence donc, pour nos propres péchés, mais pénitence aussi pour les péchés publics. Pénitence aussi sans doute pour l’apostasie cachée derrière les beaux discours. Pénitence enfin pour les atteintes au droit à la vie, droit si élémentaire qu’il ne peut qu’être le fondement de tous les autres, mais droit que le « serviteur des serviteurs de Dieu » a été obligé de rappeler devant le locataire de l’Élysée.
Merci, Très Saint Père
Merci, Très Saint Père, d’être venu visiter notre terre de France. Merci d’être venu nous rappeler que nous foulons le sol « de cette terre bénie qui a reçu tant de grâces » (4), le sol de cette terre mariale que la Reine du Ciel, tant de fois, a daigné visiter. S’il est juste de dire avec Bainville que « tout a toujours très mal marché », il est juste aussi de dire que jamais Dieu n’est empêché de susciter des saints. Et avec le recul que donne l’esprit de foi, on voit bien que rien, hors le péché, ne peut nous ôter notre idéal, notre espérance, ni surtout l’amour de notre Dieu.
Merci, Très Saint Père, d’être venu visiter notre terre de France. Avec l’aide de la grâce, nous espérons avoir compris qu’il nous faut, aujourd’hui et non demain, faire pénitence pour nos péchés et pour ceux de notre pays ; qu’il faut, aujourd’hui et non demain, nous convertir et retourner à Dieu ; qu’il faut recourir à Notre-Dame, patronne de notre France ; qu’il faut enfin résolument mettre nos pas « dans les pas des Saints ».
1. Sermon de Lourdes, le 27 septembre. Cf. 2 Co 6, 2.
2. Dom de Monléon, Les Douze Degrés de l’humilité, Éditions pamphiliennes, 2005.
3. Sermon de Lourdes.
4. Sermon de Lourdes.
09/10/2026
Le choc du 6 août 1945
Dans ce bâtiment en bois et plâtre — typique de l'architecture locale de l'époque — se trouvent quatre prêtres jésuites allemands :
Le père Hugo Lassalle (alors supérieur de la mission jésuite au Japon)
Le père Hubert Schiffer
Le père Wilhelm Kleinsorge
Le père Hubert Cieslik
(Quatre autres confrères rattachés à la communauté ou présents dans les environs immédiats partageront ce sort exceptionnel, portant à huit le groupe de religieux directement épargnés au cœur de la zone critique.)
Au moment exact de la déflagration, le père Schiffer vient d’achever sa messe matinale et s'apprête à prendre son petit-déjeuner au presbytère. Soudain, une lumière aveuglante envahit la pièce — un flash qu'il décrira plus tard comme semblable à « l’explosion d'un soleil ». Presque instantanément, une onde de pression colossale arrache les portes, brise les fenêtres et projette le prêtre dans les airs.
Lorsque le nuage de poussière retombe, le spectacle autour d'eux est apocalyptique. L'église paroissiale attenante est entièrement rasée, les maisons voisines ont disparu, et un mur de feu ravage Hiroshima.
Mais contre toute attente, le presbytère tient encore debout, bien qu'endommagé. Les prêtres s’extraient des décombres : ils ne souffrent que de coupures superficielles dues aux éclats de verre et de légères contusions. Aucun n'est gravement brûlé, aucun n'a les tympans crevés, alors que les corps des passants dans la rue ont été instantanément carbonisés.
L’énigme médicale et scientifique
Dans les jours et les semaines qui suivent, les quatre pères s’activent sans relâche pour secourir les blessés, transporter les mourants et administrer les derniers sacrements au milieu des ruines radioactives.
Dès l'arrivée des équipes médicales de l'armée américaine et de la commission conjointe d'enquête sur les effets des armes atomiques (Atomic Bomb Casualty Commission), le cas des pères jésuites intrigue au plus haut point :
À moins d’un kilomètre du point zéro, la dose de radiations reçue était censée entraîner une mort certaine en quelques heures ou quelques jours par syndrome d'irradiation aiguë.
Or, les bilans sanguins réguliers des religieux ne révèlent aucune baisse anormale des globules blancs, aucune chute de cheveux, aucune lésion interne ni signe de leucémie ultérieure.
Au fil des décennies, le père Schiffer sera examiné par plus de deux cents médecins et spécialistes des radiations militaires américains. Aucun n'a pu apporter d'explication biophysique satisfaisante au fait que ce bâtiment et ses occupants aient pu résister à l'onde thermique et aux rayonnements gamma à une telle proximité de l'explosion.
Tous ces prêtres ont vécu jusqu'à un âge avancé :
Le père Cieslik s’est éteint en 1988 à l'âge de 74 ans.
Le père Schiffer est mort en 1982, à 67 ans.
Le père Lassalle a vécu jusqu'en 1990, atteignant l'âge de 91 ans.
La certitude des pères : la protection du Rosaire
Interrogé à de multiples reprises par les journalistes et les autorités sur la raison de cette survie inexplicable, le père Hubert Schiffer a toujours donné la même réponse :
« Nous croyons que nous avons survécu parce que nous vivions le message de Fatima. Dans cette maison, nous vivions et récitions le chapelet tous les jours. »
Pour la communauté jésuite, cette préservation n'était pas un hasard de la géométrie de l'onde de choc, mais l'accomplissement d'une promesse spirituelle : une protection maternelle tangible au cœur même de l'un des cataclysmes les plus destructeurs de l'histoire humaine.
07/10/2026
Cette consécration totale implique de subordonner son corps, son esprit, son temps et ses actions à l'intercession mariale pour lutter contre le découragement et le péché. L'objectif ultime de cette démarche n'est pas de s'isoler, mais de conquérir les âmes autour de soi, une à une, avec charité afin d'étendre le règne du Sacré-Cœur de Jésus.
Enfin, en se laissant modeler par l'Immaculée, nous sommes transformés intérieurement pour acquérir des vertus semblables aux siennes et devenir ainsi un véritable artisan de sainteté dans la société.
Lien du fichier audio : https://drive.google.com/file/d/116owz645soP-8y8gkdbQlfYLwr6nJIuu/view?usp=drive_link