Le blog du Temps de l'Immaculée.

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La Chandeleur : Mystère de Lumière et de Sacrifice

08/02/2026

La Chandeleur : Mystère de Lumière et de Sacrifice

Chers amis, la fête que nous célébrons aujourd'hui — que l'on appelle aussi la fête de la Lumière ou la Chandeleur — est d'une profondeur mystérieuse et d'une richesse doctrinale admirable. Elle commémore la Présentation de l'Enfant Jésus au Temple et la Purification de la Vierge Marie.

À travers la symbolique du cierge, nous célébrons le Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde, venu pour « éclairer les nations », selon les mots du prophète Siméon. Cette flamme manifeste également la grâce sanctifiante, cette vie du ciel déjà commencée ici-bas dans nos âmes.

Je vous propose de méditer cette richesse à travers trois points essentiels.

 

Jésus-Christ, la Lumière véritable
Quarante jours après sa naissance, porté par la Vierge Marie et Saint Joseph, le Seigneur entre dans son Temple. Ce lieu sacré, bâti pour la gloire de Dieu, reçoit enfin celui qui était annoncé. C’est un moment unique : Dieu le Fils est présenté au Père.

 

Mais au-delà de la présentation, Jésus est déjà l'Agneau offert. Dès l'aurore de sa vie, à quarante jours, il est déjà victime et Sauveur, venu pour être immolé. Lorsque le vieillard Siméon le prend dans ses bras et chante son cantique, il reconnaît le sommet de la Révélation : Jésus n'est pas une « sagesse humaine » parmi d'autres, il est la Lumière qui purifie le cœur et arrache l’âme aux ténèbres de l’erreur et du péché.

 

2. Porter le Christ : notre vocation quotidienne
Le deuxième enseignement de cette fête est pratique : comme Marie a porté Jésus au Temple, nous devons, nous aussi, porter le Christ au monde.

 

Cela ne passe pas nécessairement par de grands discours, mais par une vie habitée par l’amour du Seigneur. Rayonner le Christ suppose trois conditions :

Une foi vive : et non une routine tiède.

Un amour ardent : le rayonnement du Cœur de Jésus.

Une vie donnée : un catholique qui refuse la croix devient une lampe éteinte. Au contraire, celui qui accepte de s'offrir devient un flambeau qui touche les âmes, parfois sans même le savoir.

 

Certes, ce rayonnement peut susciter la contradiction. Comme le prophète Siméon l'a annoncé, Jésus est un signe de division car la lumière révèle la noirceur des œuvres du monde. Dans ce combat spirituel, nous serons parfois incompris ou persécutés, mais c’est au cœur de cette « défaite apparente » que se prépare la victoire finale, à l'image de la Croix.

 

3. Marie, associée à la Rédemption
Enfin, l'Évangile nous tourne vers le cœur douloureux et immaculé de Marie. L'annonce du glaive de douleur qui transpercera son âme souligne une vérité certaine : la Vierge Marie est étroitement associée à l’œuvre rédemptrice de son Fils.

Si Jésus est l’unique source de la Rédemption, Marie s'y est unie d'une manière maternelle et sacrificielle unique. En offrant son enfant au Temple, elle le prépare déjà intérieurement au sacrifice de la Passion. Elle participe à notre salut par son union parfaite à la souffrance du Christ.

 

Concluons :
En ce jour de fête, demandons à la Vierge Marie que notre foi ne soit pas un cierge rangé ou oublié, mais une flamme brûlante. Que notre vie chrétienne ne soit pas une simple apparence, mais un témoignage fidèle jusqu'à notre dernier souffle.

 

Quittant les ombres d'ici-bas, puissions-nous un jour entrer dans la lumière éternelle pour y retrouver le Christ et sa sainte Mère.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Saint Thomas d'Aquin, la sainteté de l'intelligence

07/02/2026

Saint Thomas d'Aquin, la sainteté de l'intelligence

La Sainteté : Un élan d'amour, pas une performance

06/02/2026

La Sainteté : Un élan d'amour, pas une performance

1. La sainteté n'est pas ce que l'on croit souvent.
Loin d’être une prouesse athlétique ou une absence totale d'imperfections réservée à une élite, la sainteté est l'amour concret, personnel et radical pour le Seigneur. C’est préférer ce qu’Il aime à ce que nous aimons, et unir chaque jour notre volonté à la Sienne.

 

2. Le combat contre la "dispersion"
Soyons en garde contre la « dispersion » et l'oisiveté du cœur. Ce n'est pas forcément faire "rien", mais c'est laisser notre amour s'étioler dans l'habitude et le confort.

Le danger : Un amour qui ne se renouvelle pas finit par se replier sur lui-même.

Le constat : Nos cœurs sont souvent partagés entre le désir de Dieu et l'attachement à notre propre confort, à notre image ou à une paix "sans la Croix".

 

3. Le Carême : une purification, pas une contrainte
Le temps qui s’ouvre ne doit pas être vécu comme une obligation pesante, mais comme une opportunité de décentrer notre cœur.

Se relever : La sainteté ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à se relever toujours avec confiance et humilité.

Transformer l’ordinaire : L’amour humble rend puissants les actes les plus banals. Il transforme nos devoirs quotidiens en offrandes précieuses.

 

4. Pour qui courons-nous ?
En écho à Saint Paul, la question nous est posée : pour quel prix courons-nous ? Est-ce pour notre orgueil, pour notre confort spirituel, ou véritablement pour l'amour du Christ ?

 

"Au soir de cette vie, ce ne sera pas la somme de nos performances qui sera pesée, mais la vérité et l'intensité de notre amour pour le Seigneur Jésus-Christ."

 

Que la Sainte Vierge nous aide à vivre ce temps de conversion non comme une performance, mais comme une marche vers une liberté plus grande : celle d'aimer Jésus simplement, profondément et fidèlement.

 

 

Source : tiré d'une prédication 

L’affaire Epstein, une leçon sur le Pouvoir dans ce monde

05/02/2026

L’affaire Epstein, une leçon sur le Pouvoir dans ce monde

Curieusement, cette déclaration est aussi celle dont on parle le moins, voire pratiquement pas du tout : il est beaucoup plus intéressant de se concentrer sur la présence du président américain Donald Trump ou de l’ancien président Bill Clinton, sur les maladies vénériennes que le fondateur de Microsoft Bill Gates aurait contractées ou sur les perversions du prince britannique Andrew. En d’autres termes, l’intérêt des médias porte sur l’instrumentalisation politique qui peut en être tirée ou sur la curiosité malsaine que suscitent certains personnages.

Au contraire, l’affaire Epstein devrait surtout être considérée comme une leçon sur le pouvoir ou, mieux, sur le Pouvoir qui gouverne ce monde.

 

Commençons par le personnage clé : Jeffrey Epstein, dont la carrière a débuté par l’enseignement des mathématiques dans une école secondaire avant de se tourner vers la finance et d’en gravir les échelons, grâce, dit-on, à une extraordinaire capacité à tisser des relations sociales.

 

Pourtant, comment le fils d’un jardinier et d’une femme au foyer de Brooklyn a pu devenir à partir de rien un milliardaire capable de manipuler des politiciens et des hommes d’affaires du monde entier, reste un mystère.

 

Et il est pour le moins curieux qu’il ait pu impunément se livrer à un véritable trafic d’êtres humains alors qu’à peine âgé d’une vingtaine d’années, il avait déjà été signalé dans l’école où il enseignait pour son attention malsaine envers les élèves mineures. Et comment il a pu développer son commerce ignoble après une première peine clémente obtenue grâce à un accord honteux en 2008 pour exploitation de la prostitution : 18 mois de détention réduits à 3 mois et demi, plus dix mois supplémentaires de sortie quotidienne pour aller travailler.

 

Jusqu’à sa deuxième arrestation en 2019 pour des plaintes qui ne pouvaient manifestement plus être ignorées, à laquelle s’est ajoutée la saisie des documents, images et vidéos dont on parle ces jours-ci, Epstein a construit un incroyable réseau de relations internationales influentes impliquant des hommes politiques de poids (notamment l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak), les services secrets de pays comme la Russie [ndt: forcément!!!] et Israël, des hommes d’affaires milliardaires, tous susceptibles d’être victimes de chantage ou déjà victimes de chantage.

 

Et c’est là le point essentiel : la fréquentation des résidences d’Epstein, y compris la célèbre île privée des Caraïbes Little Saint James, et l’utilisation de son avion privé, n’ont ni couleur politique ni drapeau national. Même si les dons électoraux américains d’Epstein favorisaient clairement le Parti démocrate, ses « amitiés » allaient bien au-delà, elles étaient transversales et transnationales. Il en allait de même pour sa capacité à influencer la vie personnelle, les affaires et les décisions politiques et économiques.

 

Ce n’est pas un hasard si, dès septembre, après la publication des premiers dossiers, Lord Peter Mandelson a été démis de ses fonctions d’ambassadeur britannique aux États-Unis. On découvre aujourd’hui qu’il avait transmis des informations confidentielles à Epstein lorsqu’il était ministre de l’Économie dans le gouvernement Brown. En Slovaquie, le conseiller à la sécurité du Premier ministre Fico, Miroslav Lajčák, a dû démissionner. sans parler du bouleversement provoqué dans les familles royales britannique et norvégienne.

 

Bien sûr, il faut aussi veiller à ne pas mettre tout le monde dans le même sac : tous les noms qui apparaissent dans les Epstein files ne sont pas nécessairement coupables de méfaits, mais le fonctionnement du pouvoir est néanmoins clair :

il existe un niveau supérieur, inconnu de la plupart des gens, qui, en tirant parti des faiblesses et des perversions et en utilisant l’arme du chantage, influence de différentes manières les gouvernements, les parlements et les économies.

 

Et cela va bien au-delà de la satisfaction des vices et des perversions que les riches et les puissants pensent pouvoir se permettre. Nous ne parlons pas ici de choses similaires aux « dîners élégants » d’Arcore [résidence de Silvio Berlusconi, théâtre de présumées « parties fines » au moment où il fallait à tout prix évincer Il Cavaliere] , même dans une dimension XXL: nous sommes ici à un tout autre niveau, celui qui sélectionne ceux qui comptent et ceux qui ne comptent pas. Et la référence du procureur général adjoint Blanche aux morts, aux tortures et à la pédopornographie fait plutôt penser à une élite liée également à des rites initiatiques, satanistes.

 

Plus de 1 200 victimes ont été identifiées, a déclaré Blanche, un chiffre énorme : 1 200 filles, dont beaucoup mineures, sacrifiées sur l’autel du pouvoir, utilisées comme objets de plaisir, réduites à l’esclavage sexuel, torturées puis abandonnées comme des chiffons désormais inutiles. Le cas le plus connu est celui de Virginia Giuffré (la grande accusatrice du prince Andrew ainsi que d’Epstein et de sa complice Ghislaine Maxwell), qui s’est suicidée en avril 2025 et dont les mémoires ont été publiées à titre posthume (Nobody’s girl, « Fille de personne »). Mais comme elle, toutes les autres.

 

Car le pouvoir dans le monde est ainsi fait – il existe de nombreux « systèmes Epstein » –, il ne reconnaît pas la dignité des personnes qui sont faites à l’image et à la ressemblance de Dieu, il les utilise à ses propres fins, il sème la souffrance et la mort, il détruit tout ce qui est humain.

 

C’est pourquoi il ne suffit pas de s’indigner ou de pointer du doigt comme si nous étions de simples spectateurs éloignés ou que nous nous considérions immunisés contre le charme que le pouvoir exerce. Et nous ne sommes pas moins appelés à participer au jeu du « qui est le plus corrompu » pour faire prévaloir un parti politique sur un autre.

 

Nous sommes en revanche appelés avant tout à reconnaître que seule l’appartenance au Christ et à l’Église nous donne, à nous et à chacun, la pleine dignité humaine, nous rend libres de ce pouvoir et capables de construire des lieux d’humanité qui peuvent générer l’espoir et vaincre cette honte qui a le goût de la mort.

 

Source :   
 

 

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ADDENDUM 
Le site bien connu Benoît et moi ajoute le commentaire de Marcello Foa ex-directeur des chaines du service public italien : 

 

 

 

Les dossiers Epstein ont un volume documentaire monstrueux : trois millions et demi de pages publiées À CE JOUR, 2 000 vidéos et 180 000 images.

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Ces dimensions dépassent complètement les capacités d’organisation d’un seul individu, aussi riche soit-il.
L’ampleur de cette opération, qui consistait essentiellement à faire chanter les classes dirigeantes de tout le monde occidental, n’est accessible qu’à un service secret national particulièrement efficace.
Nous ne savons pas lequel, et je laisse chacun se faire sa propre opinion, mais franchement, une seule option me semble plausible…
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Au-delà des faits divers et du dégoût, deux éléments structurels revêtent ici une importance particulière.
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Le premier est que ceux qui voient les mouvements coordonnés des dirigeants politiques occidentaux aller dans des directions contre-productives pour leurs peuples, brutales et incompréhensibles, ont aujourd’hui une clé de lecture supplémentaire, une clé de lecture qui n’a enfin plus besoin de faire appel à l’intervention surnaturelle du Malin. Agir sous le chantage d’un service secret étranger explique beaucoup de choses autrement inexplicables.

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Le second est une réflexion sur le taux extraordinaire de pourriture morale, de putréfaction intérieure, de dépravation flagrante qui règne manifestement dans le cercle des « riches et puissants » du monde occidental.

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Alors que Hollywood représente régulièrement les dirigeants des pays hostiles, non occidentaux, comme des satrapes pervers et grotesques, il semble plausible qu’ils le fassent parce qu’ils projettent des choses qui leur sont familières.

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Et penser que ces classes dirigeantes occidentales, depuis plus de trois décennies, parcourent le monde avec leurs prétoriens pour enseigner la morale et la civilisation au reste du monde, est quelque chose qui ferait rire si cela ne donnait pas la nausée.

 

 

Taybeh : L’agonie silencieuse du dernier bastion chrétien de Cisjordanie

05/02/2026

Taybeh :  L’agonie silencieuse du dernier bastion chrétien de Cisjordanie

Un quotidien placé sous le signe de l'insécurité
L'article met en lumière un basculement. Si la coexistence a longtemps été la norme, le "cri d’alarme" du curé révèle une réalité brutale. Entre la pression de la colonisation israélienne d'un côté et la montée des tensions locales de l'autre, les habitants de Taybeh se sentent pris en étau.

« Nous ne nous sentons pas en sécurité », confesse le père Bashar, soulignant que la peur n'est plus une exception, mais une constante.


Les points clés de cette agonie
L'exode rural et confessionnel :
Face à l'absence de perspectives économiques et à l'insécurité croissante, la jeunesse chrétienne quitte la terre de ses ancêtres.

L'isolement géographique : Le village subit les contrecoups directs du conflit, avec des restrictions de mouvement qui étouffent la vie quotidienne.

Le rôle de l'Église : Plus qu'un guide spirituel, la paroisse devient le dernier rempart social, tentant de maintenir un sentiment de communauté malgré l'effritement démographique.


L'intérêt de cet article réside dans sa capacité à humaniser des chiffres souvent abstraits. On n'y parle pas seulement de géopolitique, mais de visages, de clochers qui risquent de se taire et d'un patrimoine vivant qui s'efface. Taybeh est présenté comme le baromètre de la présence chrétienne en Terre Sainte : si ce village tombe ou se vide, c'est toute une page de l'histoire d'Orient qui se ferme.

 

L'article du Figaro réussit à capturer l'essence d'une tragédie, silencieuse car critiquer les exactions des colons israéliens fait passer pour antisémite. Il nous rappelle que derrière les lignes de front médiatiques, il existe des zones d'ombre où des communautés millénaires luttent simplement pour le droit de rester chez elles.

 

Léon XIV : Un pontife pour réveiller l’âme de l’Europe ?

04/02/2026

Léon XIV : Un pontife pour réveiller l’âme de l’Europe ?

1. Le refus de "l'amnésie" européenne
Pour Léon XIV, l'Europe ne peut se construire uniquement sur des traités économiques ou des structures bureaucratiques. L'article souligne son plaidoyer contre une forme d'amnésie culturelle :

Un lien intrinsèque : Le christianisme n'est pas une option historique pour l'Europe, mais sa matrice.

La dignité humaine : Le pape rappelle que les concepts de liberté, de justice et de droits de l'homme, bien que laïcisés aujourd'hui, puisent leur sève dans la conception chrétienne de la personne.

 

2. Une vision "augustinienne" de l'unité
Membre de l'ordre de Saint-Augustin, Léon XIV utilise la pensée du saint d'Hippone pour parler d'unité. Son message est clair : l'Europe doit être une "communauté de peuples" et non un simple marché.

Il appelle à un "esprit communautaire" qui respecte les identités nationales tout en œuvrant pour le bien commun.

Il prône une Europe "solidaire et accueillante", fidèle à ses racines tout en restant ouverte aux défis contemporains (migration, climat).

 

3. Un "consensuel" qui n'a pas peur des racines
L'article d'Aleteia note la subtilité du pape : tout en ayant une image plus "consensuelle" que certains de ses prédécesseurs, il n'hésite pas à s'adresser directement aux décideurs politiques (comme lors de son discours aux parlementaires européens en décembre dernier) pour les inviter à ne pas renier leur héritage.

Source 

Petit séisme sous les clochers : l'inattendue vague des néophytes

03/02/2026

Petit séisme sous les clochers :  l'inattendue vague des néophytes

1. Le "miracle" des chiffres : une croissance à trois chiffres
L'article s'ouvre sur un constat saisissant à Rennes : le passage de 4 à 18 candidats en propédeutique (l’année de prépa au séminaire) en un an. Mais au-delà de la Bretagne, c'est toute la France qui semble frémir.

 

 

2. Pourquoi ce retour de flamme ?
Guénois identifie plusieurs facteurs qui poussent ces jeunes vers le presbytère ou les fonts baptismaux :

L’effet "post-Covid" : Un besoin viscéral de sens face au vide existentiel et à l'isolement numérique.

Une démarche autonome : Beaucoup arrivent à la foi seuls, via internet ou la lecture de la Bible, avant de pousser la porte d'une église.

Une identité décomplexée : Contrairement à leurs aînés, ces jeunes acceptent d'être minoritaires et affichent fièrement leur foi (parfois même par des tatouages, comme le souligne l'auteur).

L'effet "Léon XIV" : L'article évoque l'influence du nouveau pape américain, dont l'image consensuelle semble résonner avec cette génération.

 

3. Le paradoxe du baptême : "Moins, mais mieux ?"
L'article ne cache pas la réalité brutale de la déchristianisation sociologique : le baptême des bébés s'effondre. > "Seul 1 nourrisson sur 4 a été baptisé en 2023, contre 1 sur 2 en l'an 2000."

Cependant, cette chute du nombre de "catholiques par habitude" laisse place à des "catholiques par choix". Pour certains prêtres cités, ce glissement vers le modèle de l'Église primitive (baptêmes d'adultes) est une opportunité de gagner en profondeur ce que l'on perd en influence sociale.

 

4. Une Église à deux vitesses ?
L'enquête souligne enfin une disparité géographique et doctrinale frappante :

La concentration des forces : Une poignée de pôles (Paris, Fréjus-Toulon, Communauté Saint-Martin) fournit plus de la moitié des nouveaux prêtres. On n'est pas loin du carré Auteui-Neuilly-Passy-Versailles !

L'attrait du classique : Environ 38 % des candidats optent pour des formations classiques, c'est-à-dire traditionnelles ou "lefebvristes".

 

Ce qu'il faut en retenir
L’Église qui est en France ne redevient pas la "fille aînée" triomphante, mais elle se transforme en un laboratoire de convictions. Le défi pour l'institution est désormais de canaliser ce "feu de paille" pour en faire un engagement durable, tout en gérant l'intégration de ces profils atypiques, souvent pressés de tout quitter pour le Christ.

L'Esprit souffle-t-il sur les réseaux sociaux et dans les cœurs postconfinement ? C’est en tout cas le pari de cette génération 2025.

 

Il faut malgré tout modérer notre enthousiasme en raison de la chute toujours en cours des vocations au niveau mondial, ce que révèle LifeSiteNews du 4/01/26 en commentant les statistiques de l’Église catholique publiées par l’agence romaine Fides, à partir des données de l’Annuaire statistique de l’Église parues fin 2025 et concernant l’année 2023.

Il apparaît nettement que le nombre de prêtres et de séminaristes catholiques a diminué dans le monde entier, au cours de l’année 2023. Le nombre total de prêtres dans le monde a baissé de 734 entre 2022 et 2023, malgré une augmentation de 16 millions du nombre de catholiques. Celui des séminaristes a également baissé de 1 986 durant cette période, « confirmant ainsi la persistance […] de la crise que traverse l’Église ».

À nos chapelets !

 

 

La Maison Générale de la FSSPX annonce de futurs sacres

02/02/2026

La Maison Générale de la FSSPX annonce de futurs sacres

Communiqué du 2 février 2026.

 

En ce 2 février 2026, fête de la Purification de la sainte Vierge, Monsieur l’abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, au cours de la cérémonie des prises de soutane qu’il présidait au séminaire international Saint-Curé-d’Ars, à Flavigny-sur-Ozerain, en France, a annoncé publiquement sa décision de confier aux évêques de la Fraternité le soin de procéder à de nouvelles consécrations épiscopales, le 1er juillet prochain.

 

En août dernier, il a sollicité la faveur d’une audience auprès du Saint-Père, lui faisant connaître son désir de lui exposer filialement la situation présente de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Dans un second courrier, il s’est explicitement ouvert sur le besoin particulier de la Fraternité d’assurer la continuation du ministère de ses évêques, qui parcourent le monde depuis près de quarante ans pour répondre aux nombreux fidèles attachés à la Tradition de l’Église et désireux que soient conférés, pour le bien de leurs âmes, les sacrements de l’ordre et de la confirmation.

 

Après avoir longuement mûri sa réflexion dans la prière, et reçu du Saint-Siège, ces derniers jours, une lettre qui ne répond absolument pas à nos demandes, l’abbé Pagliarani, appuyé sur l’avis unanime de son Conseil, estime que l’état objectif de grave nécessité dans lequel se trouvent les âmes exige une telle décision.

 

Les mots qu’il écrivait le 21 novembre 2024, pour le cinquantenaire de la déclaration historique de Mgr Marcel Lefebvre, sont plus que jamais le reflet de sa pensée et de ses intentions :

« Ce n’est que dans l’Église de toujours et dans sa Tradition constante que nous trouvons la garantie d’être dans la Vérité, de continuer à la prêcher et à la servir. […] 

 

« La Fraternité [Saint-Pie X] ne recherche pas d’abord sa propre survie : elle cherche principalement le bien de l’Église universelle et, pour cette raison, elle est par excellence une œuvre d’Église, qui avec une liberté et une force uniques, répond adéquatement aux besoins propres d’une époque tragique sans précédent. 

 

« Ce seul but est toujours le nôtre aujourd’hui, au même titre qu’il y a cinquante ans : “C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures (Mgr Lefebvre, Déclaration du 21 novembre 1974).” »

 

Dans les prochains jours, le Supérieur général fournira des explications complémentaires sur la situation présente et sur sa décision.

« Nos cum Prole pia benedicat Virgo Maria.


Que la Vierge Marie nous bénisse, avec son divin Fils. »

 

Menzingen, le 2 février 2026

 

 

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Réaction de Diane Montagna, vaticaniste américaine à Rome :

"Si le Saint-Siège réagissait en invoquant des sanctions canoniques, y compris l'excommunication, pour la consécration d'évêques sans mandat papal, il est difficile d'imaginer comment une telle position pourrait être maintenue, étant donné que le gouvernement communiste chinois a violé à plusieurs reprises l'accord Vatican-Chine en procédant à des ordinations épiscopales sans approbation papale préalable, et ce sans que des sanctions comparables soient imposées publiquement."


Le double exil des chrétiens d'Iran

30/01/2026

Le double exil des chrétiens d'Iran
  1. 1. Des témoignages marqués par la violence du régime
    Le récit s'ouvre sur le témoignage de Farideh, une septuagénaire dont le fils, cinéaste, a été torturé pour avoir documenté le mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Son récit illustre la brutalité systématique du régime :
    La répression : Les chiffres cités sont vertigineux, allant de 3 000 morts (chiffres officiels) à plus de 30 000 selon certaines ONG.
    La surveillance : L'article souligne l'usage des technologies (coupures Internet, espionnage des réseaux sociaux) pour traquer les opposants.

  2. 2. Le constat d'un échec de l'islam politique
    L'un des points forts de l'article est l'analyse de Behnam, un converti exilé depuis 2008. Il observe un paradoxe frappant : la rigueur du régime a provoqué une désaffection massive pour l'islam officiel.
    Mosquées vides : Selon les autorités elles-mêmes, deux tiers des mosquées du pays seraient désertées.
    L'attrait du christianisme : Face à un islam perçu comme un outil d'oppression, le christianisme est vu par beaucoup comme une religion de « liberté intrinsèque ».

  3. 3. Une Église de « catacombes »
    L'article distingue deux types de présence chrétienne en Iran :
    Les minorités historiques (Arméniens, Assyriens) : Reconnues mais strictement encadrées (interdiction de prier en persan, interdiction de prosélytisme).
    Les « églises de maison » : Composées de convertis issus de l'islam, elles forment une Église clandestine et dynamique. Leurs membres risquent la torture et la mort, l'apostasie étant un crime capital.

  4. 4. L'espoir d'un changement de régime
    L'article se conclut sur une note politique. Les exilés, bien que réalistes sur la force de frappe des Gardiens de la révolution, perçoivent des signes d'effondrement :
    Soutien à la figure de Reza Pahlavi : Mentionné comme un leader potentiel pour la transition.
    Appel à l'aide extérieure : La conviction que le peuple seul, face à une dictature armée, aura besoin d'un appui diplomatique ou international pour faire basculer le pouvoir.

 

Analyse et points clés
L'article de Famille Chrétienne réussit à montrer que la question religieuse n'est pas périphérique, mais centrale dans la contestation actuelle en Iran. La conversion au christianisme y est présentée non seulement comme un choix de foi, mais comme un acte de résistance ultime contre un régime totalitaire qui instrumentalise le sacré.


Note marquante : Le contraste entre le nombre officiel de chrétiens (117 000) et les estimations réelles (entre 500 000 et 3 millions) souligne l'ampleur du phénomène souterrain des « chrétiens des catacombes ».

Elena Carelo, Servante de Dieu espagnole

29/01/2026

Elena Carelo, Servante de Dieu espagnole

Bientôt une nouvelle sainte pour les millennials ? En octobre 2022, l’Église catholique a entamé le procès en béatification d’Elena Calero Bahamonde, une jeune Espagnole morte en 2014 à l’âge de 23 ans, aujourd’hui Servante de Dieu. Une vie brève, toute en simplicité qui a porté de nombreux fruits. 

 

La simplicité joyeuse de la foi
Elena est née en 1990 à Madrid dans une famille chrétienne. Simple, calme, joyeuse, toujours attentive aux autres, elle chante, danse, rêve avec ses sœurs. Une adolescente à la vie ordinaire. Une étape la marque pourtant profondément : la préparation de sa confirmation. Elle y creuse sa foi et la choisit vraiment. 

 

Étudiante en économie, Elena a un petit ami et des projets d’avenir. Ce qui la distingue des autres : son amour pour l’Eucharistie. "Elle était profondément amoureuse du Christ, il était le centre de sa vie", témoigne sa sœur Belén. D’abord engagée dans sa paroisse, Elena trouve ensuite sa place dans un groupe de jeunes où mûrissent son attachement et sa dévotion pour la Présence réelle. Elena sait que l’Église vit de l’Eucharistie et que, sans prêtres, il n’y a pas de sacrements. Presque tous ses messages se terminent par une prière pour les séminaristes et les vocations. Sa dévotion n’est pas une idée abstraite, mais un engagement vécu. "Je veux offrir ma souffrance pour les prêtres et pour de nouvelles vocations", écrit-elle plus tard dans l’un de ses carnets. 

 

"Sans prière, rien n’est possible"
Le cœur de la spiritualité d’Elena réside dans son attachement à l'oraison. Pour elle, prier est aussi vital que respirer, manger ou dormir. Elle assiste presque chaque jour à la messe et reste longuement, en silence, devant le Saint-Sacrement. Tous les vendredis, elle participe à l’Adoration et s’arrête souvent dans une église, sur son chemin de retour des cours, pour prier. 

 

"D’abord la prière. "Sans prière, rien n’est possible", aime-t-elle souvent répéter. Un attachement qui porte des fruits au cœur de ses engagements les plus concrets. Lorsque le groupe de jeunes auquel elle participe s’essouffle, la jeune femme veille discrètement à ce qu’il ne s’éteigne pas. Incitant à la prière commune, elle envoie chaque semaine une citation de saint par mail. Naturellement reconnue comme leader, Elena se distingue par l’exemple plus que par le désir de diriger. Beaucoup témoignent aussi de la manière dont elle prête attention aux plus fragiles, afin que personne ne soit jamais mis de côté.

 

"Le Seigneur m’appelle à le suivre de plus près"
Mais le 18 juin 2013, à la suite d’une simple prise de sang, un diagnostic tombe : leucémie myéloïde chronique. Au début, la jeune femme espère une guérison rapide. Puis, progressivement, Elena perçoit sa maladie comme un appel personnel de Dieu. Dans ses notes, elle médite sur la souffrance : "Parfois, des pierres surgissent sur notre route. On voudrait se révolter, dire au Seigneur que c’est trop. Mais au lieu de Lui donner nos peines, on gaspille notre peu de force à se plaindre." Jamais elle ne demande "pourquoi ?". Une seule question la suit tout au long de sa maladie : "comment offrir ce qu’elle traverse ?" Durant les mois les plus difficiles, elle établit une liste de personnes et d’intentions à qui elle dédie ses souffrances : le Pape, les prêtres, sa famille, les médecins…

 

Même dans l’épreuve, elle répète: "Il ne sert à rien de dire ‘Que Ta volonté soit faite’ si je ne suis pas prête à Te donner ce que Tu me demandes. Comme notre cœur devient triste et vide si nous refusons la main tendue de Dieu !" Un an après le diagnostic, elle témoigne aussi : "Le Seigneur m’appelle à le suivre toujours de plus près, sans peur, sans hésitation, seulement par amour."

 

Unie à la Croix
Avec l’aggravation de la maladie, Elena subit chimios, greffe de moelle, semaines d’hospitalisation, sans jamais se plaindre. Au contraire, elle s’abandonne à Dieu chaque soir, priant devant la croix dans sa chambre. Bien que très affaiblie, elle se rend en pèlerinage à Covadonga, sanctuaire du nord de l’Espagne, et dit simplement : "Je vais voir ma Mère." Alitée et mourante à l’automne 2014, elle pense encore plus aux autres. Lors des derniers jours de sa courte vie, frappée d’encéphalite herpétique provoquant chez elle fièvre, crises convulsives et hallucinations, elle parvient encore à demander, par gestes, la croix et l’Eucharistie.

 

Son évêque vient lui rendre visite à l’hôpital : le visage d’Elena, bien que marqué par la maladie, brille d’attente. Au prix d’un immense effort, elle reçoit le viatique et l’onction des malades. Le 20 novembre 2014, à 23 ans, Elena rejoint la maison du Père. Son visage resplendit d’une paix profonde. Son père dira plus tard qu’il la voyait comme Jésus dans le tombeau : marquée par la souffrance, transfigurée par la confiance.

La messe de funérailles d’Elena réunit une foule de jeunes. L’ambiance n’est pas triste, mais empreinte d’une profonde espérance. Un témoignage qui dit simplement que le temps de la jeunesse est aussi une période à vivre avec le Christ. Même une vie ordinaire, où la prière, la joie, la fête et les amitiés cohabitent, peut porter de grands fruits. Par son existence, la jeune femme rappelle que le vrai trésor réside dans l’amour offert dans chaque petite chose et dans l’action de grâce. Une louange faite à Dieu dans chaque chose, qu’Elena exprimait par ces mots : "Tout ce que j’ai, c’est Toi qui me l’as donné, Seigneur."

 

Source : Urška Leskovšek - Hortense Leger  ALETEIA

 

 

Quand la civilisation vacille, les évêques défendent la cité

28/01/2026

Quand la civilisation vacille, les évêques défendent la cité

Commençons par une longue citation de Jean Sévillia qui nous brosse le tableau des débuts du christianisme jusqu’à l’effondrement de l’Empire romain :

“C'est à la fin du premier siècle, par le truchement de marins, de marchands et de voyageurs venus d'Orient, que le christianisme est apparu en Gaule. Parti des ports méditerranéens, il a essaimé vers les vallées de la Garonne et du Rhône. En 177, sous Marc Aurèle, la communauté chrétienne de Lyon est persécutée: l'évêque Pothin et sainte Blandine sont livrés aux bêtes. Saint-Irénée succède à Pothin, puis l'Église de Lyon disparaît pendant tout le 3e siècle. Mais d'autres apôtres, à la même époque, fondent des communautés en Gaule : Trophyme à Arles, Saturnin à Toulouse, Denis à Paris, Martial à Limoges, Gatien à Tours, Austremoine à Clermont. En 313, quand l'empereur Constantin, par l'édit de Milan, établit la liberté du christianisme, la foi chrétienne se répand dans toute la Gaule. En 314, le concile d'Arles réunit les évêques d'Occident : la Gaule romaine compte alors 16 sièges épiscopaux, dont Arles, Marseille, Vaison, Bordeaux, Vienne, Lyon, Autun, Rouen et Reims. 80 ans plus tard, lorsque les cultes païens sont interdits par Théodose en 394, chaque ville gallo-romaine possède un évêque. De grandes figures illuminent l'aube du christianisme sur le sol français : Saint-Hilaire, évêque de Poitiers qui combat l'arianisme, hérésie niant la divinité du Christ ; Saint-Martin Évêque de Tours, veilleur, convertisseur, bâtisseur et protecteur des faibles ; Saint-Honorat qui construit un monastère dans l'île de Lérins avant de devenir évêque d'Arles. Saint-Jean Cassien, fondateur du monastère Saint-Victor à Marseille ; Saint-Germain, évêque d'Auxerre, un autre Saint-Martin. Saint-Loup, hérite de Troyes, qui se livre en otage à Attila afin que celui-ci épargne la ville. Sainte-Geneviève dans l'intervention en 451, sauve Paris des Huns. Dans une société où les pouvoirs publics s'effacent, les évêques, protecteurs de la cité, sont les seuls capables de tenir tête aux envahisseurs barbares et de défendre les anciennes populations.”
            Jean Sévillia, Histoire Passionnée de la France. Perrin p.32-33

 

 

Lorsque l'État romain démissionne, l'évêque, homme de prière proche du peuple, devient naturellement le seul repère, “auctoritas et potestas”, il a le pouvoir et l’autorité. Il n'est plus seulement pasteur, il devient, poussé par nécessité, le maire, le juge et le préfet de sa ville.


Face aux envahisseurs, les évêques deviennent sans autres armes que la foi, de véritables chefs de guerre… Quand les Huns ou les Germains arrivent devant les remparts, ils sortent et négocient, font preuve d’audace comme saint Loup à Troyes qui se livre lui-même en otage à Attila pour épargner sa ville. 


Miracles ou pas, les Wisigoths, Huns, Francs et autres sont impressionnés par cette poignée d’hommes qui, aguerris par la clandestinité dont ils viennent de sortir, deviennent des administrateurs de secours. La plupart de ces évêques sont issus de l'aristocratie gallo-romaine. Ils maîtrisent le droit, la rhétorique et l'administration. Ils parlent le même langage que les anciennes élites impériales et maintiennent une cohésion sociale forte. Ils ne disent pas aux envahisseurs de garder leur religion et leurs coutumes. La foi devient le ciment qui remplace la citoyenneté romaine et convertit les païens.

 

Sans ces évêques, la transition entre l'Antiquité et le Moyen Âge aurait probablement été bien plus sanglante. En s'imposant comme les interlocuteurs privilégiés des nouveaux rois barbares, ils ont permis de sauvegarder l'héritage romain, le droit et la paix civile. Ils n'ont pas seulement sauvé des âmes, ils ont sauvé la structure même de nos cités.

 

Or, il semble bien que l’Histoire repasse ce plat bien amer d’une civilisation qui vacille.


Même si temps et mœurs sont autres, nos chers évêques ont un rôle à jouer. Ils sont LE recours.


À nos chapelets et prions Dieu pour qu’ils prennent conscience de l'enjeu !

Sainte Geneviève ou l’autorité du pays réel

27/01/2026

Sainte Geneviève ou l’autorité du pays réel

« Et dans ce combat, le premier mot d’ordre
est le même qu’au Ve siècle : ne pas fuir. »

 

Chrétienne gallo-romaine, issue de l’élite de la cité, Sainte Geneviève vécut au cœur des troubles du Ve siècle. Proche des autorités locales dont elle partageait les responsabilités autant que les souffrances, elle s’illustra par une sagesse rare, un courage sans faille, et une autorité morale qui lui valut l’écoute du peuple comme des puissants.

 

Dans un monde romain qui s’effondre, au milieu des invasions, des épidémies et du désordre, elle ne fuit pas. Elle reste. Elle tient. Elle rassemble. Elle prie, mais elle agit.


Elle ne commande pas au nom d’un système ou d’une théorie : elle gouverne au nom d’une fidélité.

 

Cette fidélité, elle la proclame dans une phrase prophétique qui résonne comme une proclamation de gouvernement :

 

“Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous, les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’il entendra nos supplications”.

 

Tout est contenu dans ces mots. La lucidité. Le courage. La hiérarchie naturelle des devoirs. Et surtout : la certitude surnaturelle que le destin d’un peuple ne se joue pas uniquement dans les armes, mais dans la prière fidèle, dans la résistance silencieuse, dans l’autorité du réel contre le chaos.

 

Aujourd’hui, les hommes fuient autrement.


Ils fuient dans les compromissions, dans la servilité, dans le reniement. Ils fuient leurs devoirs, leur terre, leur Dieu. Et pendant ce temps, les barbares ne sont plus les Huns. Ils sont mondialistes, cosmopolites, maçonniques et satanistes.

 

Ils n’assiègent plus les murs de la ville : ils assassinent notre patrie de l’intérieur.

 

Et pourtant, comme autrefois, il suffira de quelques âmes fidèles pour les vaincre.

 

Et pourtant, elle gouverne. Pourquoi ? Parce que l’autorité véritable ne procède pas du papier, mais de la nature des choses.


Quand les structures chancellent, quand les chefs légaux démissionnent intérieurement, l’autorité retourne à ceux qui assument le réel. Sainte Geneviève est de ceux-là. Elle incarne ce que l’histoire française a toujours reconnu : une autorité personnelle, incarnée, reconnue, non décrétée.

 

Elle n’oppose pas le spirituel au temporel. Elle les ordonne. Elle ne dissout pas la cité dans la prière, elle soutient la cité par la prière, et par une action concrète, ferme, enracinée. Elle agit pour que Paris reste Paris, non pour la transformer, mais pour la sauver.

 

La situation de son temps est éclairante. Face au danger, les responsables officiels pensent à fuir. Ils raisonnent en termes de sécurité individuelle, de calcul, d’intérêt immédiat. Sainte Geneviève, elle, raisonne en termes de bien commun, de continuité, de fidélité historique.


Elle se tient du côté du peuple réel : ceux qui vivent là, qui travaillent là, qui prient là, et qui n’ont nulle part où aller.


Elle comprend que la cité n’est pas une abstraction administrative, mais une communauté charnelle, faite de foyers, de métiers, de morts et de prières.

 

Cette opposition est intemporelle. Elle traverse les siècles. Aujourd’hui encore, on retrouve cette fracture entre un pouvoir légal qui administre, réglemente, calcule, et un pays réel qui endure, nourrit, transmet et tient bon.

 

Sainte Geneviève n’est pas une figure de rupture. Elle est une figure de continuité.


Elle ne rêve pas d’un ordre nouveau. Elle protège l’ordre vital. Elle ne détruit pas ce qui existe : elle le maintient debout.

C’est là une leçon politique majeure. Une société ne survit pas par l’innovation permanente, mais par la fidélité à ses structures naturelles : la famille, la terre, la cité, la foi. Lorsque ces réalités sont attaquées ou méprisées, la nation entre en péril.

 

Ceux qui, aujourd’hui, dans les provinces, dans les campagnes, dans les métiers concrets, refusent de disparaître sous les normes, les injonctions et les abstractions, sont dans cette même logique. Ils ne réclament pas l’utopie. Ils réclament le droit de rester ce qu’ils sont.

 

Sainte Geneviève n’est pas une idéologue. Elle ne propose pas un modèle théorique. Elle s’oppose, par sa seule présence, à toutes les constructions artificielles.


Elle rappelle que la politique n’est pas d’abord affaire de discours, mais d’ordre ; pas de slogans, mais de hiérarchie ; pas de promesses, mais de devoirs. Elle incarne une vérité que le monde moderne refuse : la primauté du réel sur l’idée.

 

C’est pourquoi elle dérange encore. Car elle montre qu’un peuple peut être gouverné sans propagande, sans agitation, sans violence, simplement par la légitimité d’une âme droite.

 

Sainte Geneviève, patronne de Paris, est aussi la sainte du pays réel.
Elle veille sur tous ceux qui refusent la fuite, qui ne pactisent pas avec l’ennemi, qui ne désertent pas leur poste. Elle enseigne qu’il n’y a pas de politique sans fidélité, pas d’autorité sans service, pas de cité sans prière. Et que le vrai pouvoir appartient à ceux qui restent quand tous les autres se sont tus.

 

Dans ce siècle sans foi ni racine, il ne faudra peut-être qu’une poignée de saints pour relever ce que des générations de technocrates ont trahi.

Et dans ce combat, le premier mot d’ordre est le même qu’au Ve siècle : ne pas fuir.

 

Mathieu Goyer dans Media Presse Info

La conversion de JD Vance : entretien avec Rod Dreher

26/01/2026

La conversion de JD Vance : entretien avec Rod Dreher

 

 

 

Rod Dreher a joué un rôle clef dans le succès du livre de JD Vance, Hillbilly Élégie, ainsi que dans la conversion au catholicisme de son auteur. C’est en partie grâce à ce succès éditorial que JD Vance a pu ensuite devenir sénateur de l’Ohio, et 50e vice-président des États-Unis. L’accès de JD Vance aux plus hautes responsabilités est l’exemple d’une génération de plus en plus conservatrice, post-libérale et catholique, aux États-Unis. Sa conversion aux catholicisme, comme l’explique Rod, pourra avoir des conséquences majeures quant au chemin que choisira de prendre l’Amérique dans les années à venir.

 

Le vice-président américain JD Vance compare l’avortement aux « sacrifices humains païens »

25/01/2026

Le vice-président américain JD Vance compare l’avortement aux « sacrifices humains païens »

La Marche nationale pour la vie a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la capitale fédérale des États-Unis. À cette occasion, le vice-président américain JD Vance s’est adressé aux participants, livrant une réflexion de portée morale et civilisationnelle sur la question de l’avortement. Dans son discours, il a établi un parallèle entre l’avortement contemporain et les sacrifices humains pratiqués par certaines civilisations païennes de l’Antiquité, évoquant notamment les Mayas, chez lesquels l’abandon ou la mise à mort des enfants faisait partie des usages rituels. Le vice-président américain a souligné que le fait de considérer l’enfant à naître comme un désagrément ou une contrainte témoigne d’une rupture profonde avec les fondements moraux de la civilisation occidentale.

 

« La marque de la barbarie est de traiter les bébés comme des désagréments à éliminer plutôt que comme les bénédictions qu’ils sont », a-t-il déclaré, citant également le psaume 139 pour rappeler que, selon la tradition biblique, chaque vie humaine est voulue et façonnée par Dieu. Le vice-président a souligné que la Marche pour la vie ne se limitait pas à un débat politique, mais posait la question du type de civilisation qu’une nation choisit de transmettre aux générations futures.

 

Il a également critiqué un discours culturel dominant qui présente de plus en plus souvent la maternité, la paternité et la famille comme des obstacles, voire comme des fardeaux, notamment au nom de considérations économiques ou environnementales.

 

À l’inverse, il a affirmé que la famille constitue un élément structurant de la société et un bien fondamental.

 

Cette édition 2026 de la Marche pour la vie s’est tenue avec le soutien explicite du pape Léon XIV, qui a adressé un message officiel aux participants. Le Souverain pontife y a exprimé sa « sincère reconnaissance » et sa « proximité spirituelle » avec ceux qui offrent un témoignage public en faveur de la vie humaine. Il y a rappelé que « la protection du droit à la vie constitue le fondement indispensable de tout autre droit humain », soulignant qu’aucune société ne peut se dire juste si elle tolère l’élimination des plus vulnérables.

 

Dans ce message, le pape Léon XIV a encouragé en particulier les jeunes à poursuivre leur engagement afin que la vie soit respectée « à toutes ses étapes », appelant à un témoignage public courageux et pacifique. Il a également insisté sur la responsabilité morale des responsables civils et politiques, rappelant que toute action publique perd sa cohérence lorsqu’elle se coupe de la loi morale naturelle et de la dignité intrinsèque de la personne humaine.

 

Les propos tenus à Washington contrastent fortement avec la situation française. En 2024, la France a inscrit l’avortement dans sa Constitution, consacrant ce droit au plus haut niveau juridique. Dans ce contexte, une déclaration assimilant publiquement l’avortement à une pratique barbare ou païenne de la part d’un responsable politique de premier plan apparaît aujourd’hui « difficilement envisageable ». Plus largement, dans de nombreux pays européens, le débat public sur l’avortement s’est considérablement refermé, laissant peu de place à une réflexion morale ou anthropologique de fond. Pourtant, l’enseignement de l’Église catholique demeure clair et constant. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle que la vie humaine doit être respectée et protégée dès la conception et que l’avortement direct constitue une faute morale grave. Dans cette continuité, le pape François avait employé en 2018 des paroles particulièrement fortes pour dénoncer cette pratique, déclarant : « Avorter, c’est comme recourir à un tueur à gages pour résoudre un problème. »

 

La Marche pour la vie 2026 met ainsi en lumière un écart croissant entre les États-Unis et l’Europe occidentale. Là où une parole publique critique de l’avortement demeure possible outre-Atlantique, soutenue explicitement par le magistère pontifical, elle est devenue largement inaudible dans une partie du continent européen. Ce contraste interroge sur l’évolution du débat éthique et sur la place accordée à la protection des plus vulnérables dans certaines sociétés contemporaines.

 

Antoine Nisson dans Tribune Chrétienne

 

 

Le président Macron face aux cultes : Entre dialogue de façade et fractures éthiques

24/01/2026

Le président Macron face aux cultes : Entre dialogue de façade et fractures éthiques

Les trois piliers d’un discours sous tension
Le président de la République a articulé son intervention autour de trois axes majeurs, perçus comme une tentative de conciliation… ou de diversion :

La lutte contre l'antireligion : L'annonce de futures « assises nationales » (ça ne mange pas de pain et ça fait passer la pilule) pour freiner les actes de haine.

La défense de la laïcité : un rappel à la loi de 1905, couplé à un appel aux chefs de culte pour devenir des « ambassadeurs de la fraternité », il les a invités "à construire des ponts" (façon pape François), à promouvoir le dialogue interreligieux (bis) et à faire la pédagogie de la laïcité (la religion républicaine) auprès de leurs fidèles.

Le dossier "Fin de vie" : le sujet le plus brûlant, avec le retour imminent du projet de loi sur l’aide à mourir au Parlement.

 

 

La méthode présidentielle en question

Le "vivre-ensemble" vs la réalité : Le président accumule les formules creuses, dont celle-ci, magnifique et ressortie pour l'occasion, même si elle a pris la poussière : « Dans une société diverse, la laïcité n’est pas une contrainte, mais une chance pour vivre ensemble », alors que certains représentants de l’État font la chasse aux croix, statues et crèches de Noël !

Le spectre de la seringue : le projet de loi sur la fin de vie, une dérive éthique majeure là où le gouvernement parle de progrès sociétal.

Une consultation de pure forme ? Bien que le président promette de consulter les cultes, il est évident que « les dés sont jetés » et que la marche vers la législation est irréversible, même si des incidents de parcours entre copains des deux chambres sont créés, pour pouvoir dire après que le progrès a été obtenu de haute lutte !

Finalement, le véritable sujet, caché derrière les politesses d'usage, reste la volonté d'aller « jusqu'au bout » de la réforme de la fin de vie, malgré les réserves marquées des autorités catholiques dans leur ensemble.

Quand donc les consciences vont-elles se réveiller ? À nos chapelets !

 

L’Église catholique a besoin de sa propre « enquête Covid »

23/01/2026

L’Église catholique a besoin de sa propre « enquête Covid »

Les dernières conclusions de l’enquête nationale Covid [au Royaume-Uni] ont fait les gros titres et ceux qui soutenaient le confinement se sentent innocentés. Un processus conduit par des experts pour un coût de 200 millions de livres a largement appuyé l’approche gouvernementale, concluant que le confinement « était approprié » – et aurait même dû être mis en place plus tôt. Mais l’enquête a également été étiquetée comme un exercice « je vous l’avais dit » à 200 millions de livres sterling ; ne voulant jamais remettre en cause les hypothèses sous-jacentes de la stratégie confinement. Les critiques pointent le fait que l’enquête a accepté sans discernement des chiffres basés sur un modèle discrédité et a ignoré les données du monde réel telles que le cas comparatif de la Suède. Ils croient que les confinements, non seulement ne pouvaient pas changer significativement le taux de mortalité d’un virus aéroporté mais qu’en plus ils ont coûté des vies, naufragé l’économie ainsi qu’affecté socialement, pédagogiquement et psychologiquement toute une génération.

 

Des modules ultérieurs de l’Enquête Covid donneront une plus grande opportunité de soumettre les effets du confinement sur la vie catholique. Mais longtemps avant qu’un rapport officiel ne paraisse, l’Église fait face à une question pressante qu’elle se pose à elle-même : doit-elle faire sa propre estimation interne ? Pas un tribunal mais une discussion sérieuse et sans crainte sur ce qui s’est passé, ce qui a été perdu, ce qui ne doit jamais se répéter. Comme pour le Brexit, l’origine, la nature et la réponse au Covid restent une ligne de division sensible entre les générations, les types d’emploi et même les familles. De nombreux évêques, c’est compréhensible, craignent de rouvrir ces blessures. Mais les blessures existent, qu’on en parle ou non. Si l’Église veut servir son peuple avec clarté à l’avenir, elle doit accepter d’examiner sa réponse avec honnêteté maintenant. La réponse de l’Église institutionnelle a été paniquée, bâclée et probablement incohérente. Il est sûrement plus qu’approprié que nous tirions des leçons, tracions des lignes rouges, considérions le principe et la pratique afin que la prochaine fois (le Ciel nous en préserve), il y ait de la confiance et de la clarté dans nos réponses.

 

Il y a trois domaines sur lesquels toute rétrospective catholique doit se pencher.

 

La fermeture des églises et mise à disposition sacramentelle
Peu de problèmes ont fait plus de mal que la perte des sacrements. Dans le droit canon comme dans la théologie, il faut une cause grave pour suspendre le culte public et refuser la mise à disposition des sacrements. Pourtant, durant la pandémie, la confession était sévèrement restreinte dans de nombreux diocèses et le clergé avait pour instruction, dans certains cas, de ne pas administrer les derniers sacrements. De nombreux catholiques n’oublieront jamais la vue des église fermées le dimanche de Pâques ou la réalité d’êtres chers mourant sans les sacrements.

 

Les questions centrales sont celles-ci : était-il justifié d’interdire les sacrements, qui ont des effets spirituels certains en vue de renforcer des mesures de santé publique dont il était incertain qu’elles aboutissent à améliorer la santé physique ? Quel message cela envoie-t-il sur les sacrements, la pratique religieuse et la confiance de la hiérarchie dans leur nécessité ?

 

Il y a également des questions pastorales. Les fidèles (et le clergé) auraient-il dû être autorisés à une plus grande liberté pour évaluer leur prise de risque à la lumière de leurs devoirs spirituels ? Quels ont été les effets spirituels et sociaux découlant de la dispense universelle de l’obligation dominicale ? Est-il même possible de se dispenser de la loi divine ? Et, ce n’est pas le moindre, dans quelle mesure la fermeture des églises a-t-elle contribué à la dramatique chute de l’assistance à la messe qui persiste encore aujourd’hui ?

 

Église et État : qui dirige qui ?
Personne ne prétend que l’Église et l’État ne devaient pas collaborer pour atténuer les effets de la pandémie. Cependant, la critique de la relation de l’Église avec le gouvernement est qu’elle a agi comme si elle n’avait aucune autorité indépendante en dehors de l’État. D’où une question clé : quelle autorité de l’État l’Église devrait-elle reconnaître sur le culte et la mise à disposition des sacrements ?

 

Hélas, on a laissé le clergé individuellement établir ce principe plutôt que les évêques s’unissent pour le défendre. L’exemple le plus clair est l’Écosse où le chanoine TomWhite a cité le gouvernement en justice pour la fermeture des églises et a gagné. Il reste frappant que cette défense de la liberté religieuse est venue d’un prêtre isolé plutôt que d’évêques agissant collectivement.

 

Les évêques d’Angleterre et du Pays de Galles ont encouragé les fidèles à écrire à leurs députés pour s’opposer au confinement en 2020. Cela a eu un effet notable. Pourtant une question surgit : pourquoi n’y a-t-il pas eu une résistance similaire avant la première fermeture nationale des églises. Dans quelle mesure ont-ils gentiment encouragé un confinement strict (incluant la fermeture des églises) dans leurs tractations avec le gouvernement en vue de « minimiser les risques » ? Quelles consultations ont pris place avec les autorités civiles, quels arguments ont été avancés ? Les catholiques méritent la transparence quant aux discussions de l’Église avec le gouvernement ; c’est seulement ainsi que de futures décisions pourront être prises avec une plus grande clarté.

 

Incertitude scientifique et voix morale de l’Église
Durant la pandémie, les évêques et le clergé ont souvent parlé comme si les questions scientifiques (comme la nécessité du confinement ou l’efficacité et l’innocuité de vaccins particuliers) étaient érigées en actes moraux. Les déclarations étaient présentées dans un langage que de nombreux catholiques ont compris comme des instructions directes : un devoir moral d’observer chaque restriction, un devoir moral d’éviter les proches vulnérables, un devoir moral d’être vacciné.

 

Une déclaration largement diffusée disait : « L’Église catholique soutient fermement la vaccination et regarde les catholiques comme ayant un devoir évident d’être vaccinés… Nous croyons qu’il y a une obligation morale à garantir la couverture vaccinale nécessaire pour la sécurité des autres ». Ce langage fort soulève plusieurs questions. Pourquoi la vaccination est-elle dépeinte comme une obligation morale plutôt qu’un jugement prudent que les individus porteraient selon les circonstances et leur conscience ? Est-il approprié pour les conférences d’évêques de publier des déclarations affirmant que les vaccins sont « sûrs et efficaces », une déclaration qui appartient plus adéquatement aux autorités scientifiques ? Et si de telles déclarations devaient ultérieurement se révéler erronées, quelle responsabilité pastorale porterait l’Église envers ceux qui souffriraient d’effets nocifs ou perdraient leur emploi par décret ? Derrière ces questions se cache un souci plus profond : la confusion des autorités morale et empirique. L’Église a une immense autorité morale et théologique ; elle doit l’exercer avec audace. Mais elle doit éviter d’apparaître garantir des déclarations empiriques qui sont hors de sa compétence.

 

La pandémie a également révélé la confusion sur le sens du bien commun, un concept central de la doctrine sociale de l’Église. Des catholiques d’opinions opposées à propos du Covid l’ont invoquée pour soutenir leur position. Les évêques autrichiens ont été jusqu’à la citer pour soutenir la loi vaccinale. D’un côté elle a été utilisée pour suggérer que des individus ne devraient pas être encouragés à risquer volontairement un dommage corporel pour le bien de tous, de l’autre, son usage ne pouvait guère être distingué de l’utilitarisme (il est bon de risquer activement de blesser certains pour protéger la majorité, ou bien il est bon que des individus soient blessés pour protéger le système de sécurité sociale). L’Église doit clarifier ce qu’exige réellement le bien commun et ce qui n’est jamais autorisé.

 

Aucune de ces questions n’est facile. Elles touchent à des chagrins, des traumatismes, des souvenirs que certains préfèreraient oublier. De nombreux évêques, prêtres et laïcs ont agi avec authentique préoccupation face à une immense incertitude, et cela doit être reconnu avec charité. Mais l’amour pour l’Église requiert également la sincérité. Une discussion catholique sur le Covid n’est pas accusatoire. Elle cherche la clarté : la clarté théologique au sujet des sacrements, la clarté morale au sujet de l’autorité de l’Église, la clarté pastorale au sujet de la conscience et la clarté institutionnelle au sujet de la relation entre l’Église et l’État. Éviter cette discussion serait un manque de souci pour le peuple de Dieu. Si l’Église veut répondre avec confiance et cohérence lors de la prochaine crise, quelle que soit la forme qu’elle prenne, elle doit apprendre de la dernière.

Publié à l’origine dans The Catholic Herald.
Traduit pour France Catholique par Bernadette Cosyn