Le blog du Temps de l'Immaculée.

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Ce que la chute de Maduro nous révèle (vraiment) sur le monde qui vient

05/01/2026

Ce que la chute de Maduro nous révèle (vraiment) sur le monde qui vient


Car au-delà de la libération du Venezuela, cet épisode est une leçon magistrale sur le fonctionnement réel des relations internationales, loin des discours convenus et des principes affichés. La crise vénézuélienne met en lumière des vérités contre-intuitives, voire dérangeantes, sur la primauté de la force, le retour des empires et la place de la morale dans le jeu des puissances. Explorons ensemble quatre de ces leçons surprenantes que nous devons tirer de la chute du régime chaviste.


  1. 1. Le droit international ne fait pas l'Histoire, il la suit
    La première leçon est brutale : le droit international n'est pas une force proactive qui libère les peuples, mais un mécanisme qui enregistre et légitime les réalités imposées par la force. Pendant 25 ans, qu'a-t-il fait pour le peuple vénézuélien, broyé par un régime criminel, contraint à l'exil et à la faim ? Rien. Le pouvoir tyrannique de Maduro a longtemps été préservé au nom de la stabilité, parfois même protégé par le droit international lui-même.

  2. L'Histoire nous enseigne que jamais un peuple n'a été libéré parce qu'il avait juridiquement raison. La France n'a pas été libérée du nazisme par une résolution de l'ONU, mais par des débarquements, des bombardements et une guerre totale. L'Union soviétique ne s'est pas effondrée sous le poids du droit, mais sous celui de son propre échec économique et de la pression occidentale. Chaque fois, la même loi s'impose.

  3. Le droit vient toujours après. Il ne précède pas l’Histoire : il entérine ce que le réel a déjà imposé.
    L'intervention américaine, bien que violant la souveraineté d'un État, ne fait qu'acter une réalité : dans le monde qui vient, la puissance prime sur le droit. La liberté sans puissance n'est qu'un slogan. Mais il faut se garder de toute conclusion hâtive : la puissance sans liberté devient une oppression. L’enjeu des nations libres est de tenir les deux.

  4. 2. La vraie bataille : contenir la Chine, pas seulement libérer un peuple
    Cette primauté de la force sur le droit s'illustre parfaitement dans les motivations profondes de l'opération américaine. Si le prétexte officiel était la lutte contre le narcotrafic, ses véritables objectifs sont bien plus vastes et s'inscrivent dans la vision géopolitique de Donald Trump. Le but principal n'était pas tant humanitaire que stratégique : empêcher la Chine de s’implanter dans l’arrière-cour des États-Unis, voire de sécuriser son approvisionnement en pétrole, bien qu’il soit de qualité médiocre. En effet, la Chine est déjà solidement implantée en Amérique du Sud, ayant noué des accords sur les minerais et le pétrole avec le Chili, l'Équateur ou encore le Brésil. Cette montée en puissance chinoise dans ce que les États-Unis considèrent comme leur "pré carré" est inacceptable pour Washington, qui voit en Pékin son principal adversaire pour le statut de première puissance mondiale.

  5. Cet événement illustre froidement que les grandes puissances agissent avant tout pour leurs intérêts stratégiques et économiques. La libération d'un peuple opprimé peut être une conséquence heureuse, mais elle est rarement la motivation première. Le sort des populations locales demeure bien souvent secondaire dans le grand jeu des empires.

  6. 3. Le retour des zones d'influence : la nouvelle doctrine Monroe
    Cette focalisation sur les intérêts stratégiques face à la Chine se traduit par une redéfinition complète de la géopolitique américaine, qui abandonne l'universalisme au profit d’une logique décomplexée de zones d'influence. La nouvelle doctrine, définie récemment dans le document de sécurité rédigé par la Maison Blanche, peut se résumer à une version moderne de la doctrine Monroe : "le continent américain appartient aux États-Unis, mais pas le reste du monde". Cela signifie que Washington se réserve le droit d'intervenir militairement dans son hémisphère tout en se désengageant potentiellement d'autres théâtres, comme l'Ukraine ou Taïwan.

  7. Cette approche, d'un pragmatisme cynique, remplace les principes universels du droit international par une logique de sphères d'influence (les états n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts). Elle révèle aussi les contradictions de certains alliés. Emmanuel Macron, par exemple, se montre martial contre la Russie au nom de la violation du droit international en Ukraine, mais félicite les États-Unis pour avoir mené une action similaire au Venezuela. C'est une incohérence qui révèle la subordination des principes européens aux impératifs de l'alliance atlantique dans ce nouvel ordre mondial.

  8. 4. Face au jeu des puissances, l'espoir d'un leadership moral

Dans ce monde régi par des intérêts brutaux, une figure émerge pourtant comme un contrepoint saisissant : María Corina Machado. Lauréate du prix Nobel de la paix 2025, cette opposante historique propose une voie radicalement différente, fondée non sur la puissance, mais sur une exigence morale et spirituelle. Sa parole s'inscrit dans un parcours de plus de vingt ans de combat politique, marqué par la persécution, la disqualification et la clandestinité.


Profondément marquée par sa foi catholique, sa vision politique est centrée sur la dignité humaine, la vérité et la responsabilité. Elle n'hésite pas à décrire la crise vénézuélienne non comme un simple conflit politique, mais comme une "confrontation entre le bien et le mal". Cette lecture spirituelle de l'Histoire irrigue tout son engagement, comme en témoigne cette scène puissante où, lors d'une apparition publique, elle reçut la bénédiction d’un prêtre et d’une religieuse avant d'être arrêtée par des forces parapolicières.


Loin de tout esprit de vengeance, elle appelle à une transition démocratique ordonnée, axée sur la justice, la reconstruction et le retour des millions d'exilés. Elle insiste pour que le président légitimement élu, Edmundo González Urrutia, assume ses fonctions, afin de garantir le respect de la souveraineté populaire exprimée dans les urnes. Son engagement est résumé par une phrase qui dépasse le simple champ politique :
“Allons de la main de Dieu, jusqu’au bout.”


Dans un contexte international dominé par le cynisme et les rapports de force, l'émergence d'un leadership de cette trempe rappelle que la politique peut aussi être une affaire de conscience, capable d'incarner l'espoir qu'une nation peut se reconstruire sur des bases plus solides que les seuls intérêts matériels.

 

 

Concluons en observant que la chute du régime de Maduro est un miroir tendu à notre monde. Elle nous montre une réalité où le droit est subordonné à la force, où les intérêts nationaux des grandes puissances dictent le cours de l'Histoire et où les zones d'influence font leur grand retour. C'est le monde des empires, où ceux qui ne sont pas puissants deviennent des spectateurs de leur propre destin.
Pourtant, au cœur de cette reconfiguration brutale, la voix de María Corina Machado propose une alternative fondée sur la morale, la justice et la foi. Elle rappelle qu’aucune tyrannie n’est plus forte qu’une conscience éclairée par la foi, prête à pardonner sans oublier et à reconstruire sans haïr.


Alors que le Venezuela se trouve à la croisée des chemins, son avenir sera-t-il façonné par le jeu cynique des empires, ou par la force d'une conscience morale prête à tout reconstruire ? L'Histoire n'a pas encore livré sa réponse.

 

 

Christus vincit !

 

 

Sources : Le Figaro, Tribune Chrétienne, Antoine de Lacoste 

Iran : Une période sous haute tension : les chrétiens se tiennent à distance

04/01/2026

Iran : Une période sous haute tension : les chrétiens se tiennent à distance

Crise de l’eau et colère sociale
L’Iran connaît depuis des années une crise structurelle de l’eau, liée à la sécheresse, au changement climatique, mais surtout à la mauvaise gestion (barrages, cultures gourmandes, industrie lourde en zones arides, surexploitation des nappes).

En 2021 déjà, des pénuries sévères dans la province de Khuzestan avaient déclenché des manifestations qui s’étaient étendues à d’autres régions.

En 2025, la situation s’est aggravée : dans plusieurs villes et villages, les habitants ont subi des coupures d’eau de plusieurs jours, souvent combinées à des coupures d’électricité et à des vagues de chaleur, ce qui a provoqué des rassemblements, notamment à Sabzevar, Marvdasht, Rasht, ainsi que dans des quartiers de Téhéran et Chiraz.

Des slogans sur l’eau qui deviennent politiques
Les manifestations liées à l’eau partent souvent de revendications très concrètes (“eau, électricité, vie – nos droits fondamentaux”, “eau potable, rivières vivantes, droit à la vie”), puis se transforment en slogans explicitement politiques du type “À bas le dictateur” ou “Mort à Khamenei”.

Les observateurs soulignent que de plus en plus d’Iraniens relient directement pénuries d’eau, coupures de courant et difficultés économiques à la corruption du régime et à l’inefficacité de l’État, faisant de la crise de l’eau un symbole de la faillite globale du système.

Nostalgie du Shah et “rêve” monarchiste
Depuis les grandes mobilisations de 2019–2022, des vidéos de manifestations montrent des foules scandant “Javid Shah” (“Que vive le Shah”) ou brandissant des drapeaux de l’ancienne monarchie, ce qui était presque impensable il y a encore une décennie.

Le fils de l’ancien Shah, Reza Pahlavi, est devenu la figure monarchiste la plus médiatisée : il appelle à un changement de régime par la désobéissance civile et à un référendum sur la future forme de l’État.

Des analyses notent qu’il bénéficie d’une base très active dans la diaspora et d’une forte visibilité sur les réseaux sociaux, mais que la popularité réelle d’un retour à la monarchie à l’intérieur du pays reste incertaine, faute de données fiables et en raison de la répression.

Ce que l’on peut dire sur “la rue”
Dans certaines villes et milieux, la nostalgie du Shah sert à exprimer le rejet du régime islamique et le fantasme d’un État plus moderne, plus efficace et moins idéologisé ; dans d’autres, ce thème reste marginal ou controversé.

Les mouvements d’opposition restent fragmentés : monarchistes, républicains laïcs, islamistes réformateurs, gauche laïque, etc., sans leadership incontesté ni programme unifié.

En résumé, une frange visible de la rue “rêve” d’un Shah, surtout dans les slogans et l’imaginaire politique, mais l’aspiration largement partagée est surtout la fin de la crise économique et environnementale et la sortie d’un régime jugé incapable de garantir des besoins aussi élémentaires que l’eau.

La situation des chrétiens
Alors qu'il n'y avait que quelques milliers de chrétiens d'origine musulmane en 1979, les estimations actuelles varient entre 500 000 et plus d'un million de personnes à l'intérieur de l'Iran. Ce développement est dû principalement aux protestants évangéliques.
Il existe une minorité catholique en Iran. Elle reste numériquement très petite, relativement discrète dans les troubles actuels, mais elle vit comme les autres chrétiens dans un climat de contrôle étroit, de discrimination juridique et de pression accrue dès qu’il y a soupçon de prosélytisme ou de conversion. Ce sont essentiellement des catholiques "historiques", des Chaldéens (d’origine assyro‑araméenne), des Arméniens et une petite communauté de rite latin, à Téhéran et quelques grandes villes.  Les conversions au catholicisme existent probablement mais sont invisibles

Au 5 janvier 2026, des heurts dans au moins 25 villes du pays. 

L'agence Fars a fait état samedi de rassemblements la veille dans plusieurs quartiers populaires de la capitale Téhéran, qui compte environ 10 millions d'habitants. À Darehshahr, dans l'ouest du pays, environ 300 personnes ont lancé des cocktails Molotov, bloqué des rues et "exhibé des kalachnikovs" vendredi, toujours selon l'agence de presse Fars. Diverses sources font état de déjà 8 morts.




L’enseignement catholique : entre succès académique et crise d’identité religieuse

03/01/2026

L’enseignement catholique : entre succès académique et crise d’identité religieuse

L’article du Figaro met en lumière une mutation profonde au sein de l’enseignement privé sous contrat en France. Si ces établissements (catholiques à 96 %) ne désemplissent pas, leur « caractère propre » — c’est-à-dire leur liberté éducative et spirituelle — devient une source de tensions croissantes avec les familles.

 

Le choix du privé : une stratégie plus qu’une conviction
Pour une majorité de parents, l'inscription dans le privé n'est plus un acte de foi. On y vient chercher un cadre sécurisant, une rigueur pédagogique et une alternative à un enseignement public jugé parfois trop « idéologisé » ou instable. Selon un sondage Ifop cité par l’auteur, seuls 39 % des Français jugent légitime la présence d'un temps spirituel à l'école. Ce décalage crée des frictions directes : certains parents s'insurgent contre le caractère obligatoire de rencontres liées à la foi ou au pardon.

 

Une identité diluée pour plaire au plus grand nombre ?
Cette sécularisation forcée inquiète les parents qui ont, à l'inverse, choisi ces écoles pour leurs valeurs chrétiennes. Ils déplorent une « discrétion » excessive de la pastorale. La crainte des directions ? Perdre des élèves ou voir des classes fermer en braquant des familles purement « consommatrices » d'éducation. Même au sein du corps enseignant, le malaise est palpable : certains professeurs, restés dans le privé pour le confort géographique, s'opposeraient activement aux projets pastoraux, créant une fracture interne.

 

L'école n'est pas un « drive »
Face à cette fronde, les institutions réagissent. Hélène Laubignat, présidente de l’Apel, rappelle une vérité fondamentale : l’enseignement catholique repose sur un projet cohérent et assumé. « L’école n’est pas un service à la demande », affirme-t-elle, soulignant que les familles font un choix libre en s'inscrivant et doivent, par conséquent, en accepter les spécificités.

 

 

Pour conclure, l’enjeu pour l'enseignement catholique est aujourd'hui de maintenir cet équilibre fragile : rester ouvert à tous sans renier son ADN. Le dialogue entre les chefs d'établissement et les parents semble être la seule voie pour dissiper les malentendus, dans un contexte où la demande de « neutralité » gagne même les lieux dédiés à la transmission d'une foi.

En somme, l'enseignement catholique réussit son pari éducatif, mais peine à faire valoir son projet pastoral auprès d'un public de plus en plus sécularisé.

Être dans le monde sans être du monde, là est la question. L'École catholique a le simple choix de redevenir catholique... ou de disparaître.

Le tutoiement scout (mais pas que...) la marque d’un respect qui se gagne !

02/01/2026

Le tutoiement scout (mais pas que...)  la marque d’un respect qui se gagne !

On se rappelle peut-être d’une adresse fameuse du grand aventurier scout Jean Raspail aux “Veilleurs” à propos du tutoiement et du vouvoiement. Extrait :

« Aujourd’hui, ce sont d’abord nos enfants que nous voyons condamnés à être partout tutoyés, comme sous la Révolution. Je ne m’en prends point au tutoiement naturel d’affection et d’intimité (la famille, les amis), ou de solidarité (les copains, les camarades,), mais à celui que leur infligent systématiquement les adultes, comme si l’enfant n’avait pas droit au respect et à la liberté de choisir selon son cœur et ses humeurs qui a, ou qui n’a pas, le loisir de le tutoyer. »

Car l’honneur est aussi une chose de l’enfance (Bernanos). Et Raspail de rappeler par ailleurs (dans la préface du Livre d’Hermine) l’admirable simplicité de l’ancien cérémonial de la promesse des Scouts de France. L’aspirant s’avançait et le chef lui demandait : – Que désirez-vous ? « Car on lui disait vous, à l’enfant, avec politesse et respect. Imagine-t-on cela aujourd’hui ! Le tutoiement scout ne venait qu’après, mais pas un tutoiement de copinage, de licence ou de facilité… »

 

Tout est dit. Qu’importe au fond le tutoiement ou le vouvoiement, la marque extérieure de considération, l’urbanité ou la convivialité, s’il n’y a pas d’abord l’amour et le CŒUR, la justice et LA JUSTESSE, et donc le respect authentique et sincère de l’interlocuteur. C’est cela qu’il faut pratiquer avant tout sans omettre le reste : la politesse et les usages précisément (le vous ou le tu qui nous sont donnés par surcroît). L’important est l’objectif – l’intention intérieure d’exprimer son estime au prochain – et non l’accessoire – les conventions –, en nous souvenant toujours des paroles de Notre Seigneur : « Vous Pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais au-dedans de vous tout est plein de rapine et d’iniquité ! Insensés ! Celui qui a fait le dehors n’a-t-il pas fait aussi le dedans ? » (Lc, 11, 39-41). La coutume ou l’attitude n’a de valeur que par l’esprit qui vivifie sa lettre : en l’occurrence le pronom personnel de la deuxième personne du singulier ou du pluriel, ce dernier étant justement nommé pluriel de politesse pour distinguer l’esprit voulu…

 

À quoi sert d’honorer (du bout) des lèvres si le cœur n’y est pas ? J’ai connu des enfants qui “voussoyaient” leurs parents (et vice versa) en leur manifestant une déférence bien moindre que le commun des héritiers tutoyant leurs “vieux”(comme dans la célèbre chanson de Daniel Guichard) ! Ce qui n’empêche pas de pointer avec raison la démagogie de la généralisation du tutoiement à l’école ou dans l’entreprise (1). Car si le vouvoiement implique généralement une distance “rituelle” cherchant à révéler légitimement le respect, le tutoiement devrait aussi pouvoir se mériter, se gagner, manifestant une proximité ou une familiarité plus grande mais réelle qui n’enlève rien à l’estime et au respect. Entre amis, compagnons de destin qui se choisissent, à l’instar des scouts précisément, ou de pèlerins d’une même route, de tous les montagnards qui ont franchi un 4000 mètres, etc. Ou entre membres d’une même famille…

 

«  Je me souviens de ma surprise, poursuit Jean Raspail, quand je m’étais aperçu, à onze ans, qu’il me fallait tutoyer cet imposant personnage en culottes courtes qui devait bien avoir trente ans, et qui s’appelait le scoutmestre, et qu’à l’intérieur de la troupe tout le monde se tutoyait aussi avec une sorte de gravité. Mais il s’agissait là d’une coutume de caste, d’un signe de reconnaissance réservé aux seuls initiés, comme la poignée de main gauche, l’engagement sur l’honneur, et les scalps de patrouille, car le scoutisme avait alors le génie de l’originalité, une soif de singularité forcenée, dont nous n’étions pas peu fiers. On se distinguait nettement de la masse, on s’élevait par degrés à l’intérieur de cette nouvelle chevalerie, mais il fallait s’en montrer digne. »

 

Choisir : tout est là !

 

Si, dans l’espace anonyme d’une société civilisée, nous mériterions tous d’être vouvoyés en tant que membres de l’espèce humaine dans une égalité de dignité ontologique, quelque soit notre rang et notre valeur (aristocrate ou roturier, bourgeois ou clochard, patron ou employé, princesse ou prostituée, adulte ou enfant…), c’est la même visée d’une dignité morale qui, par élection (sur)naturelle, devrait faire que nous méritions d’être tutoyé et/ou de (nous) tutoyer dans telle ou telle communauté humaine ! Comme celle des routiers-scouts après leur départ. Par promotion ou élévation plus que par abaissement ou nivellement par le bas dans un irrespect généralisé. À la vérité vouvoiement et tutoiement ne s’opposent pas et sont plutôt complémentaires, comme le résume bien Jean Raspail avec l’exemple du scoutisme, pourvu qu’on sache en faire bon usage selon les circonstances, les us et coutumes, l’intention et le choix DU DEDANS.

 

« Depuis que je suis soumise à des épreuves, je tutoie Dieu et Marie. J’ai ainsi l’impression d’être plus près d’eux, ou plutôt qu’ils sont plus près de moi. Demander est plus facile, je remercie davantage, ou je me mets simplement en présence : “Tu es là et moi aussi” », confie pour sa part à Famille chrétienne Anne-Dauphine Julliand qui a perdu trois de ses enfants, deux en bas âge de la même maladie auto-immune et un troisième par suicide.

 

Si la Sainte Vierge vouvoie sainte Bernadette: « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre », Notre Seigneur tutoie sainte Angèle de Foligno : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimé. » Et nos belles prières scoutes vouvoient ou tutoient Marie et Jésus indifféremment dans un respect ou une déférence bien sûr analogues. Si, dans le scoutisme, nous pouvons tutoyer aussi simplement et franchement nos aînés et nos chefs comme nos frères (et réciproquement) c’est qu’ils sont l’image de notre Chef et Frère Jésus Christ, qui s’est abaissé jusqu’à nous, par le mystère de son Incarnation et de sa Rédemption, pour nous faire fils adoptifs de son Père. À méditer en ce temps de Noël. Cette extraordinaire proximité (sur)naturelle n’empêche pas de vouvoyer l’Enfant Jésus, le Fils de Dieu, comme dans la prière scoute de saint Ignace de Loyola, mais elle permet aussi en d’autres occasions, comme Anne-Dauphine, de le tutoyer très respectueusement mais vraiment fraternellement, ainsi que sa sainte Mère :

 

« Tu dois aimer l’humble prière

Qui de ce camp s’en va monter,

Ô Toi qui n’avais sur la terre

Pas de maison pour t’abriter…

Merci pour l’amour qui nous groupe

Comme des frères, ô bon Jésus. »

 

« Lorsque par la souffrance

L’un de nous tombe meurtri

Sois toujours l’espérance

De l’enfant qui jette un cri… »

 

Hermine (Rémi Fontaine)

 

(1) Le grand patron de la prestigieuse Deutsche Bank, « réclame que ses employés, à tous les échelons, le tutoient, et vice versa », cela, alors qu’il est en train de procéder à un grand plan de suppressions d’emplois, constate par exemple Le Point (27/03/2024), qui titre : « En Allemagne, la bataille culturelle [sic] marquée par la fin du vouvoiement ». Et de rapporter cette anecdote révélatrice de la déliquescence des mœurs : dans un café chic de Berlin, la serveuse s’adresse à un vieux monsieur et lui demande « Tu prends quoi ? » Interloqué, il lui répond : un expresso, « s’il vous plaît mademoiselle ». La voisine de table, offusquée, reprend la jeune fille, lui dit qu’on ne s’adresse pas ainsi aux gens qu’on ne connaît pas, d’autant plus s’ils ont un certain âge. Réponse de l’intéressée : « Mais nous sommes égaux, non ? Ou est-ce que vous pensez que parce que je fais ce métier-là, vous êtes supérieure à moi ? »

Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait

01/01/2026

Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait

Dieu est immuable. « En Dieu, il n’y a aucune vicissitude, ni ombre de changement »[1]. Dieu ne change pas, ne progresse pas, n’évolue pas parce qu’il est parfait. Il est « Celui qui est ». Il se possède parfaitement, Il est l’Acte pur, Il est infini dans ses perfections. Il n’a rien à acquérir, Il ne peut rien perdre. Dieu est donc stable et nous contemplerons cette immobilité au Ciel avec émerveillement.

 

Pour parvenir à cette vision béatifique du Ciel, Notre-Seigneur est très clair : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait »[2]. Autrement dit, pour se sauver, il faut ressembler à Dieu dans ses perfections. Si donc Dieu est stable, nous devons travailler à cette stabilité dans notre vie spirituelle et temporelle.

 

D’abord parce que celle-ci est le fondement de toute vertu. En effet, la vertu est l’habitude du bien. Or, il ne peut y avoir d’habitude sans stabilité, sans régularité car celle-ci consiste précisément à accomplir les mêmes actions, les mêmes bonnes œuvres, régulièrement et avec persévérance. De même qu’un édifice sera d’autant plus solide que son fondement est profond et que son architecture est régulière dans sa conception, de même la répétition de nos bonnes actions façonne la beauté de notre âme.

 

La stabilité fait appel à la constance, fille de la vertu de force. Elle consiste à persévérer dans l’accomplissement du bien malgré les obstacles, sans découragement ni mollesse. La constance est la vertu des braves, celle des héros. C’est elle qui a écrit les plus belles pages de l’histoire de l’Église. C’est elle qui fait les martyrs, les confesseurs, les vierges, et tous les autres saints. C’est elle qui bâtit la chrétienté et qui nous sauve : « Par votre constance, vous sauverez vos âmes », dit Notre-Seigneur[3].

 

La stabilité est, de plus, nécessaire pour grandir, se perfectionner et atteindre la sainteté. Le bien accompli en effet en appelle un autre. Il fait entrer l’âme dans un cercle vertueux, dans un mouvement qui l’élève jusqu’à la perfection, telles des hélices dont le mouvement continu parvient à faire décoller un corps lourd.

 

La stabilité se traduit par une égalité d’humeur dans les joies comme dans les épreuves. Elle s’exprime par une grande paix et par une véritable sérénité, même dans les pires difficultés. « Vive la joie quand même ! », s’enthousiasmait ainsi saint Théophane Vénard, célèbre missionnaire du Tonkin. Il connut d’immenses difficultés dans son apostolat mais gardait toujours le sourire et la joie. Sainte Thérèse de l’Enfant- Jésus, en 1897, dans son testament spirituel, adresse ces mots à ses sœurs : « Pour souvenir d’adieu, je vous ai copié certains passages des dernières lettres que (Théophane) écrivit à ses parents ; ce sont mes pensées, mon âme ressemble à la sienne. » Quand on sait que sainte Thérèse est, selon les mots du pape saint Pie X, « la plus grande sainte des temps modernes », cela nous dit combien est fondamentale cette vertu aujourd’hui.

 

Comment alors acquérir cette stabilité ? La solution n’est pas facile car le monde encourage malheureusement l’instabilité. C’est par elle qu’il nous affaiblit, nous décourage, nous tient dans nos passions et finit par nous manipuler. Les réseaux sociaux, la facilité avec laquelle nous pouvons passer d’un site à un autre, d’une vidéo à une autre, d’une image à une autre dans des genres totalement différents, cultivent cette instabilité et sont un terrain propice à l’habitude du mal, c’est-à-dire au vice et au péché.

 

Que faire ? D’abord, il s’agit d’apprendre à se défier de soi et à mettre toute sa confiance en Dieu : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits » [4]. Alors nous goûterons une grande quiétude intérieure. Nous ne serons pas bousculés outre mesure par le monde extérieur car nous aurons fait de Dieu notre force. Il s’agit ensuite de se fixer des objectifs pratiques, concrets, raisonnables et qui nous demandent un certain effort régulier.

 

 

Profitons donc de ce début d’année pour prendre des résolutions à bras le corps :

Se faire un emploi du temps très clair, même dans les grandes lignes : la prière, l’heure du coucher, celle du lever, le travail, etc.
Se fixer une discipline fixe dans l’usage du numérique. Attention aux manipulations incessantes des contenus vidéo d’une niaiserie plus folle les unes que les autres !… Si ce n’est immoral…
Prendre un engagement en plus de notre devoir quotidien : une activité, une œuvre extérieure, des lectures, etc. Et s’y tenir ! 
Que saint Joseph vous bénisse !

 

Abbé Michel Poinsinet de Sivry
Un air de famille !

 

 

1 Saint Jacques I, 47
2 Saint Matthieu V,48
3 Saint Luc, XXI, 19
4 Saint Jean, XV, 5

 

 

 

 

 

L'Église : une ONG spirituelle au service de l'État libéral ?

30/12/2025

L'Église : une ONG spirituelle au service de l'État libéral ?

Lorsque les recruteurs posent cette question, ils ne cherchent pas à savoir si l'Église utilisera les derniers smartphones, l'intelligence artificielle ou TikTok pour l'évangélisation. Ils n'entendent pas par là une modernisation technologique, ni une modernisation organisationnelle, ni l'adoption des dernières idées en matière de leadership ou d'efficacité managériale.

 

Non, ce qu'ils veulent dire, et ce qu'ils ont toujours voulu dire lorsqu'ils ont évoqué la modernisation depuis plus de 150 ans, c'est simplement ceci : « L'Église va-t-elle commencer à nous ressembler davantage, à adopter nos valeurs et nos principes ? »

 

Le mot « nous » est ici essentiel. Car ceux qui posent cette question – qu’il s’agisse de représentants de la presse, d’universitaires ou de journalistes – sont attachés à des valeurs et des principes fondamentaux qu’ils partagent. Ce sont, selon eux, les valeurs fondamentales de l’Occident moderne. L’inclusion est une bonne chose ; l’exclusion, une mauvaise. Le passé est suspect car il a exclu des groupes, et ces groupes, qu’il s’agisse de femmes ou de personnes homosexuelles, doivent désormais être inclus. La tradition, dès lors, est suspecte car elle n’est qu’un vestige poussiéreux de cette époque répressive. La démocratie, comme le savent tous les gens sensés, est une bonne chose ; et le fait que tous les catholiques de nom ne votent pas pour leurs dirigeants est antidémocratique, et donc mauvais.

 

Je pourrais m'étendre sur le sujet, mais nous connaissons tous ces valeurs. Elles sont omniprésentes dans les cours universitaires, les films de série Z, les séries télévisées, la publicité et les articles de presse. Ce sont les valeurs du libéralisme, pour être précis, ou tout simplement de « bonnes valeurs » si l'on est tellement imprégné de culture occidentale qu'on ignore leur caractère simpliste et discutable. Elles ne sont pas présentées comme une option parmi d'autres, mais comme le aboutissement neutre et inévitable de l'histoire.

 

Ainsi, la question de la « modernisation » de l’Église, au XIXe siècle comme aujourd’hui, est une question d’absorption de l’Église par la « modernité » ou le libéralisme. Lorsque le pape Pie IX fut pressé de se réconcilier avec le « progrès, le libéralisme et la civilisation moderne » dans les années 1860, on lui demandait précisément de faire ce que les experts exigent du pape aujourd’hui. Cette exigence est constante car le projet de modernité est totalisant.

 

L'histoire de l'Occident moderne est celle d'institutions et de groupes qui, les uns après les autres, fusionnent avec cette idéologie. Des monarchies aux gouvernements, des nations aux instances sportives, des universités aux médias, des entreprises à l'ensemble de la population, la modernité est un processus d'effacement des différences et des spécificités au nom du « progrès ». C'est un processus inexorable où tous sont convertis à ces principes. Les médias et les universités font office d'évangélistes et de prêtres ; ils sont les missionnaires de première ligne.

 

Surtout, ils ne se considèrent pas comme des colonisateurs ; ils croient simplement œuvrer pour le progrès, la justice ou le bien commun. Ce sont des religieux fervents, dénués de tout doute. Ils cherchent à effacer l'identité d'autrui au nom de la justice, du progrès, et même pour le bien de ceux qu'ils tentent de convertir. Il ne s'agit pas de l'impérialisme violent des canonnières, mais de l'impérialisme insidieux des services des ressources humaines, des comités d'attribution des subventions et des normes de radiodiffusion. Il conquiert non pas en détruisant le corps, mais en réécrivant l'âme.

 

Quand on m’interroge sur la modernisation de l’Église, on me demande en réalité si elle est prête à être colonisée. Est-elle prête à accepter la réalité et à se soumettre à l’idéologie dominante, ou à persévérer dans le combat, telle une soldate japonaise fanatique sur une île du Pacifique, ignorant que la guerre est terminée depuis longtemps ?

 

Bien que ce discours de colonisation et de combat puisse paraître rhétorique, il est important de comprendre que les groupes qui se « modernisent » ne sont pas de simples groupes qui se relookent. Ils ne se contentent pas d'adopter l'apparence d'appartenir à la même « marque » que le libéralisme moderne tout en conservant leur nature et leur identité. Certes, les instances sportives continuent de se consacrer au sport tout en se faisant les porte-parole de l'idéologie dominante, arborant des drapeaux arc-en-ciel et portant des lacets multicolores. Apple peut toujours vendre des iPhones et Disney peut toujours produire des films tout en diffusant des idées à travers ses fonds d'écran ou ses contenus.

 

Lorsqu'elles se modernisent, elles peuvent conserver en grande partie leur mission principale. De même que les pays colonisés pouvaient garder la quasi-totalité de leurs revenus, ne versant qu'une faible part d'impôts à l'Empire, ils pouvaient mener leurs propres conflits la plupart du temps et n'avaient besoin d'envoyer leurs soldats en renfort au pays colonisateur que ponctuellement. La colonisation n'entraîne pas toujours la disparition complète d'une fonction ; souvent, elle se traduit simplement par un réalignement des allégeances.

 

Mais l'Église se concentre sur la pensée et l'action, la foi et les œuvres. Elle s'attache à définir comment vivre, ce qu'il faut croire et les biens et vérités auxquels nous devons nous rattacher pour nous conformer à ce bien et à cette vérité. Que ce soit dans les médias, les entreprises ou le monde universitaire, l'idéologie moderne qui les unit porte également sur ce qu'il faut croire (concernant l'inclusion et l'exclusion), sur les biens et vérités auxquels adhérer (concernant la liberté et l'émancipation) et sur la manière de vivre (jusqu'aux conceptions de la sexualité).

Par conséquent, pour l'Église, la colonisation par l'idéologie de l'Occident moderne ne serait pas partielle, mais totale. L'Église ne vend pas un produit que l'on pourrait emballer dans un drapeau arc-en-ciel ; l'Église  est un mode de vie qui exige une allégeance absolue. Si un comptable musulman peut se convertir au christianisme et continuer d'exercer sa profession, un imam musulman ne peut se convertir tout en restant imam. Microsoft peut continuer à vendre des logiciels, tant que les utilisateurs peuvent choisir des thèmes de couleurs « pride » dans Outlook, tout en adhérant à la vérité de l'Occident moderne. Mais les Églises, elles, ne le peuvent pas.

 

Dès l'instant où une Église admet que le bien suprême est « l'inclusion » plutôt que la « sainteté », ou « l'autonomie » plutôt que « l'obéissance », elle cesse d'être une Église et devient une ONG spirituelle au service de l'État libéral.

 

Les Églises qui s'y essaient deviennent rapidement l'avant-garde évangélique des valeurs libérales modernes. Elles cessent d'annoncer l'Évangile et se transforment en prédicateurs de ces mêmes valeurs. On le constate chez les principales dénominations protestantes qui ont embrassé tous les préceptes de la révolution sexuelle ; leurs bancs sont vides, mais leurs communiqués de presse sont d'une orthodoxie irréprochable, selon les critères du New York Times . Elles prêchent avec ferveur religieuse les valeurs qui nous définissent, nous autres Occidentaux laïcs modernes.

 

Il y a ici une psychologie particulière à l'œuvre. Si Paul n'avait été qu'un fabricant de tentes, il aurait pu se convertir du judaïsme au christianisme et continuer à fabriquer des tentes. Mais Paul, le prédicateur zélé, était un prédicateur zélé du christianisme. Les Églises qui se « modernisent » deviennent des évangélistes zélés du libéralisme. Souvent, le converti est plus fanatique que celui qui est né dans la foi. Le chrétien « modernisé » est souvent plus désireux de prouver sa loyauté au nouveau régime que le laïc qui la considère comme allant de soi. Ils deviennent les inquisiteurs du nouvel ordre, traquant les éléments « rétrogrades » de leur propre tradition pour les offrir en sacrifice aux nouveaux dieux du progrès.

 

Nous avons déjà vu ce processus. Le paganisme qui a jadis prospéré dans le monde antique s'est modernisé sous l'effet du christianisme. Des chercheurs attentifs peuvent encore en déceler des vestiges dans certaines pratiques chrétiennes actuelles, mais il n'en reste plus grand-chose. Il en va de même avec l'essor de l'islam. Les chrétiens d'Afrique du Nord et de la Méditerranée orientale se sont modernisés sur plusieurs siècles, adoptant souvent une synthèse entre leur foi chrétienne et la nouvelle foi qui commençait à être appelée islam. En quelques siècles, ils ont complètement disparu. Certains esprits extrémistes, comme Jean Damascène, théologien et moine de la fin du VIIe et du début du VIIIe siècle, les qualifiaient encore d'hérétiques chrétiens, mais les vestiges de leur christianisme étaient de plus en plus difficiles à déceler sous la nouvelle idéologie qu'ils avaient adoptée. Ils pensaient s'adapter pour survivre ; en réalité, ils s'adaptaient pour disparaître.

 

L'intervieweur qui m'a posé cette question, comme ceux qui m'avaient posé des questions similaires auparavant, était un homme sympathique. Il est peut-être même chrétien, ou plus probablement, ses parents ou grands-parents l'étaient. Et je comprends pourquoi il a posé cette question. Il représente une idéologie mondiale dominante et souhaite que l'Église catholique s'y rallie et devienne partie intégrante de son mouvement ; qu'elle cesse d'être cette institution à part depuis 2 000 ans et qu'elle se fonde, au contraire, dans le monde glorieux où il vit.

 

Il ne pose pas cette question par malice. Il la pose par perplexité face à notre choix de rester à l'écart du consensus. Mais ce n'est qu'en comprenant, nous autres catholiques, que cette question relève de la colonisation, de l'anéantissement par une idéologie dominante, que nous pourrons saisir pleinement les enjeux. C'est le sourire de l'effacement, porteur de l'espoir de notre disparition.

 

 

David Deane est professeur agrégé de théologie à l'Atlantic School of Theology. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont *Nietzsche and Theology* et *The Tyranny of the Banal: On the Renewal of Catholic Moral Theology* . On peut le retrouver en ligne sur le site Good Theology .

Léon XIV encourage les familles à être « lumière d’espérance »

29/12/2025

Léon XIV encourage les familles à être « lumière d’espérance »

Le pape a ensuite déclaré : « Alors que nous contemplons ce mystère avec émerveillement et gratitude, pensons à nos familles et à la lumière qu’elles peuvent apporter à la société dans laquelle nous vivons. Malheureusement, le monde a toujours ses “Hérodes”, ses mythes de succès à tout prix, du pouvoir sans scrupules, du bien-être vide et superficiel, et il en paie souvent les conséquences dans la solitude, le désespoir, les divisions et les conflits. Ne laissons pas ces mirages étouffer la flamme de l’amour dans les familles chrétiennes. Au contraire, gardons en elles les valeurs de l’Evangile : la prière, la fréquentation des sacrements – en particulier la confession et la communion –, les affections saines, le dialogue sincère, la fidélité, la simplicité et la beauté des paroles et des gestes bons de chaque jour. Cela les rendra lumière d’espérance pour les milieux dans lesquels nous vivons, école d’amour et instrument de salut entre les mains de Dieu. »

L'U.E. sous le feu croisé de Washington Le choc Gabbard-Vance

29/12/2025

L'U.E. sous le feu croisé de Washington  Le choc Gabbard-Vance

Tulsi Gabbard : Le renseignement américain contre le "récit de guerre" européen
Nommée à la tête du renseignement national (DNI), Tulsi Gabbard a provoqué une onde de choc en contestant ouvertement les évaluations sécuritaires européennes. Pour elle, le narratif d'une menace existentielle russe sur l'ensemble du continent est une construction politique.

 

Les points clés de sa critique :
La dénonciation de la "Propagande" : Gabbard qualifie de "mensonge" l'idée que Moscou préparerait une invasion de l'Europe. Selon ses services, la Russie n'aurait ni la capacité ni l'intention de conquérir l'Ukraine, et encore moins le reste du continent.

 

Le rôle de "l'État profond" : Elle accuse les institutions de l'UE et de l'OTAN d'agir comme des agents de l'ombre cherchant à saboter les efforts de paix de Donald Trump.

 

Blocage des négociations : Pour la DNI, Bruxelles imposerait des conditions irréalistes pour empêcher tout accord diplomatique avec le Kremlin, poussant ainsi les États-Unis vers un conflit direct qu'elle juge évitable.

 

JD Vance à Munich : Une offensive idéologique sans précédent
Le 14 février 2025, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, le vice-président JD Vance a troqué la retenue diplomatique pour un réquisitoire virulent contre ce qu'il appelle la dérive "illibérale" de l'Europe.

 

« La principale menace pour l'Europe n'est ni la Russie, ni la Chine, mais son renoncement interne à ses propres valeurs. » — JD Vance

 

Un catalogue de griefs sociétaux
Vance ne s'attaque pas seulement à la géopolitique, mais au modèle de société européen, citant des exemples précis pour illustrer une "liberté d'expression en retraite" :

Censure et désinformation : Il fustige l'utilisation des lois contre la désinformation pour museler les oppositions populistes.

La question migratoire : Il lie directement les politiques migratoires de l'UE à l'insécurité, évoquant notamment l'attentat au véhicule-bélier commis par un demandeur d'asile à Munich juste avant la conférence.

Ingérence électorale inversée : Vance dénonce l'annulation de l'élection présidentielle en Roumanie (sous prétexte d'ingérence russe) comme une preuve que les élites européennes craignent le vote de leurs propres citoyens.

 

Vers une rupture du lien transatlantique ?
Cette double offensive marque un tournant historique. L'administration américaine semble désormais privilégier un axe direct avec les droites souverainistes européennes, contournant les institutions communautaires de Bruxelles.

Les conséquences pour l'UE :
Aide conditionnée : Vance a été clair : le soutien américain (militaire et financier) dépendra désormais du respect de la liberté d'expression et de la légitimité électorale, telles que définies par Washington.

Guerre culturelle : Les médias et think tanks européens parlent d'une "guerre idéologique" ouverte, où Washington ne se contente plus de diriger l'alliance, mais cherche à transformer le paysage politique intérieur de ses alliés.

Isolement de Bruxelles : En remettant en cause la réalité de la menace russe, Gabbard fragilise le ciment principal qui unissait encore les Européens autour d'un réarmement massif.

 

En résumé
L'année 2025 restera celle où le "bouclier américain" est devenu un miroir tendu aux failles de l'Europe. Entre une Tulsi Gabbard qui refuse le scénario d'une guerre totale et un JD Vance qui dénonce une trahison des valeurs démocratiques, l'Union européenne se retrouve plus isolée que jamais.

Un Enfant nous est né !

23/12/2025

Un Enfant nous est né !

Le Messie (HWV 56) est un oratorio en anglais composé en 1741 par George Frideric Handel. Le texte a été compilé à partir de la Bible du roi Jacques et du psautier de Coverdale par Charles Jennens. Il a été joué pour la première fois à Dublin le 13 avril 1742 et a été créé à Londres près d'un an plus tard. Après un accueil initialement modeste du public, l'oratorio a gagné en popularité, devenant finalement l'une des œuvres chorales les plus connues et les plus fréquemment jouées de la musique occidentale. 

 

Le chœur Megaron est l'un des meilleurs chœurs de jeunes européens. Son énergie, sa virtuosité et sa compétence dépassent l'entendement rationnel. 

 

Le chœur de chambre Megaron a été fondé en octobre 2003 à l'initiative de Damijan Močnik, compositeur et chef d'orchestre, et a réuni d'anciens élèves du lycée classique diocésain de l'institution Saint-Stanislav à Ljubljana, qui avaient auparavant été actifs dans divers ensembles choraux et avaient reçu une éducation musicale dans un ou plusieurs des cinq chœurs du lycée classique diocésain. À ce titre, le chœur de chambre Megaron représente le sommet de la pyramide chorale de l'institution Saint-Stanislav. Au cours des seize années qui ont suivi sa création, le chœur de chambre Megaron est devenu un chœur de grande qualité qui se produit régulièrement en Slovénie, mais aussi en Autriche, en Italie, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Slovaquie, en Pologne, aux États-Unis et au Canada, se forgeant ainsi une réputation tant dans son pays qu'à l'étranger.

Voici un extrait de cet oratorio.

Magnifique !

 

 

 

L'œuvre en entier lors d'un autre concert :

 

 

 



Noël : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire

23/12/2025

Noël : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire

Le scandale de la Croix est connu mais il nous fait souvent oublier celui de la Nativité. Le Fils de Dieu se présente comme un enfant, placé dans une mangeoire. Marie porte une grossesse virginale et Joseph, quelques semaines plus tard, doit fuir en Égypte pour sauver sa famille. La naissance du Sauveur survient dans la précarité et la menace. Elle renverse les attentes d’un peuple qui espérait un chef capable d’écraser les oppresseurs. Dieu vient pourtant comme un enfant. Une troupe céleste innombrable loua Dieu cette nuit-là et le Ciel se réjouit d’un événement que la Terre ne comprend pas :

« Dieu manifeste d’abord sa grandeur dans les formes les plus humbles. Le Fils de Dieu naît d’une Vierge et est déposé dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie. De ce que le monde juge insignifiant surgit pourtant le plus grand. » (cardinal R. Prevost – Léon XIV, homélie de Noël 2023)

 

Les oppositions à la crèche
Ce scandale perdure. Les oppositions récurrentes à la présence de crèches dans les bâtiments publics le montrent, et ceux qui refusent de reconnaître les droits de Dieu sur la société ont raison de percevoir un enjeu. La crèche ne constitue pas un élément folklorique et ne relève pas de la simple décoration hivernale. Elle marque un point de bascule dans l’histoire humaine. L’humanité se trouve condamnée ; le Verbe s’incarne et ouvre la voie du Salut. Le refus contemporain souligne, malgré lui, la portée exacte du mystère : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire et vient contester les prétentions absolues du pouvoir humain :

 

« Dieu est entré dans l’histoire de l’humanité et, comme homme, il est devenu son sujet, l’un des milliards, tout en étant Unique. Par l’Incarnation, Dieu a donné à la vie humaine la dimension qu’il voulait donner à l’homme dès son premier instant, et il l’a donnée d’une manière définitive, de la façon dont lui seul est capable, selon son amour éternel et sa miséricorde, avec toute la liberté divine ; il l’a donnée aussi avec cette munificence qui, devant le péché originel et toute l’histoire des péchés de l’humanité, devant les erreurs de l’intelligence, de la volonté et du cœur de l’homme, nous permet de répéter avec admiration les paroles de la liturgie : “Heureuse faute qui nous valut un tel et un si grand Rédempteur!” » (Jean-Paul II, Redemptor Hominis).

 

Une vérité essentielle
La Nativité enseigne cependant une vérité essentielle : Dieu n’a pas imposé sa venue. L’Incarnation passe par le fiat de Marie et par l’obéissance de Joseph. La Providence n’annule pas la liberté. Elle la sollicite. Elle s’appuie sur elle. L’attente d’un chef puissant laissait croire que la délivrance viendrait par une rupture spectaculaire. Dieu commence par le consentement silencieux des justes. Du pont Milvius à Tolbiac, d’Orléans à Lépante, la Providence veille, mais cela suppose toujours une action humaine. Dieu veut notre participation au combat.

 

« Le refus contemporain souligne, malgré lui, la portée exacte du mystère : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire et vient contester les prétentions absolues du pouvoir humain. »


La bataille pour la fin de vie reprendra dès janvier. Le gouvernement cherche à imposer une nouvelle étape dans l’effacement de la loi naturelle. Les municipales s’enclenchent ensuite. Les candidatures se multiplieront. Chacun voudrait apparaître comme l’homme providentiel de son quartier en pensant déjà aux échéances présidentielles. Le jeu politique produit son agitation habituelle. Il ne résoudra pas les questions essentielles.

 

Le temps de Noël peut offrir un autre cadre. Les fêtes liturgiques constituaient, en temps de chrétienté, une véritable trêve. Il s’agit donc de mettre à profit ces jours pour prier, pour se rendre disponible à la grâce, pour demander au Christ de régner d’abord dans nos cœurs. Ce travail intérieur conditionne l’efficacité de nos engagements futurs. La société ne changera pas sans conversion personnelle. Le combat politique ne portera pas de fruits durables sans fidélité spirituelle.

 

La Nativité rappelle que Dieu agit dans l’Histoire par des cœurs disponibles et des volontés droites. Il ne supprime ni la responsabilité ni l’effort. Il les éclaire et les ordonne.

 

Maitena Urbistondoy dans l'Homme Nouveau

Ô Emmanuel

22/12/2025

Ô Emmanuel

O Emmanuel ! Roi de Paix ! Vous entrez aujourd’hui dans Jérusalem, la ville de votre choix ; car c’est là que vous avez votre Temple. Bientôt vous y aurez votre Croix et votre Sépulcre ; et le jour viendra où vous établirez auprès d’elle votre redoutable tribunal. Maintenant, vous pénétrez sans bruit et sans éclat dans cette ville de David et de Salomon. Elle n’est que le lieu de votre passage, pour vous rendre à Bethléhem. Toutefois, Marie votre mère, et Joseph son époux, ne la traversent pas sans monter au Temple, pour y rendre au Seigneur leurs vœux et leurs hommages : et alors s’accomplit, pour la première fois, l’oracle du Prophète Aggée qui avait annoncé que la gloire du second Temple serait plus grande que celle du premier. Ce Temple, en effet, se trouve en ce moment posséder une Arche d’Alliance bien autrement précieuse que celle de Moïse, mais surtout incomparable à tout autre sanctuaire qu’au ciel même, parla dignité de Celui qu’elle contient. C’est le Législateur lui-même qui est ici, et non plus simplement la table de pierre sur laquelle la Loi est gravée. Mais bientôt l’Arche vivante du Seigneur descend les degrés du Temple, et se dispose à partir pour Bethléhem, où l’appellent d’autres oracles. Nous adorons, ô Emmanuel ! Tous vos pas à travers ce monde, et nous admirons avec quelle fidélité vous observez ce qui a été écrit de vous, afin que rien ne manque aux caractères dont vous devez être doué, ô Messie, pour être reconnu par votre peuple. Mais souvenez-vous que l’heure est près de sonner, que toutes choses se préparent pour votre Nativité, et venez nous sauver ; venez, afin d’être appelé non plus seulement Emmanuel, mais Jésus, c’est-à-dire Sauveur.

 

Dom Guéranger, l'année liturgique

 

 

Du rêve populiste au cauchemar financier : Les 4 prophéties chocs de Steve Bannon pour la France

22/12/2025

Du rêve populiste au cauchemar financier : Les 4 prophéties chocs de Steve Bannon pour la France

Aujourd'hui, cet optimisme s'est évaporé, remplacé par le diagnostic glacial d'un effondrement qu'il juge non plus seulement possible, mais programmé. Dans un entretien au JDD de ce 21 décembre, l'ancien conseiller de la Maison-Blanche fonde son analyse sur un signal qu'il juge décisif : le fait que l'Europe soit « reléguée à la page 29 » du document de stratégie nationale américaine. Pour lui, le sort est jeté. Son analyse pour la France est devenue radicale, mêlant crise financière, rupture civilisationnelle et spectre de la violence. Voici les quatre piliers interconnectés de sa nouvelle vision.

 

  1. 1.La menace n'est plus l'urne, mais la guerre civile
    De la conquête électorale au conflit inévitable
    Le basculement sémantique le plus révélateur chez Steve Bannon concerne le terrain de l'affrontement. S'il croyait en 2016 à une « vague inévitable » par la voie démocratique, il considère désormais le bulletin de vote comme obsolète. Pour lui, l'enjeu s'est déplacé des élections vers la rue, car il ne croit pas à une islamisation politique de la France par les urnes, mais à un affrontement brutal. Il perçoit un conflit irréconciliable entre une « France rurale et patriote » et des « élites mondialisées » prêtes à une « déchéance contrôlée ».
    Son pronostic est sans appel :

    1. La France, comme la Grande-Bretagne, se dirige vers une situation de guerre civile. Cela ne fait aucun doute à mes yeux.
      Ce glissement est fondamental. Pour Bannon, le débat n'est plus politique mais civilisationnel. L'arène démocratique est devenue un théâtre d'ombres ; le véritable enjeu est la survie à un effondrement qu'il juge inéluctable.

  2. 2. L'économie est le vrai champ de bataille
    Quand le banquier de Goldman Sachs refait surface
    Alors que son combat de 2016 était avant tout culturel, la nouvelle obsession de Steve Bannon est la dette publique. L'ancien banquier de Goldman Sachs a repris le dessus, liant désormais la survie identitaire d'une nation à sa solvabilité financière. Selon lui, la Vᵉ République est à bout de souffle, incapable de résoudre la contradiction fatale « entre le maintien d'un État-providence généreux et une politique d'ouverture migratoire ». L'effondrement viendra de l'incapacité de l'État à payer ses factures.

  3. Il estime que les marchés financiers, bien plus que l'opinion, seront les juges de paix. Comparant la France au Royaume-Uni de Liz Truss, balayée par la panique des investisseurs, il assène :

    1. "Le marché obligataire a fait tomber plus de gouvernements que les obusiers. Aujourd’hui, le message envoyé est clair : il n’y a pas de plan, il n’y a pas d’adultes aux commandes."

  4. Bannon ne voit donc plus la fin du système comme un événement politique, mais comme la conséquence mécanique d'une crise de la dette. Cette primauté du financier sur le politique explique son revirement le plus spectaculaire : son abandon de la lutte pour l'Europe.

  5. 3. L'Union Européenne n'est plus à réformer, mais à fuir
    L'adieu à l'Europe et le salut par le Frexit
    On se souvient de son projet de 2018-2019 : installer son organisation, « The Movement », à Bruxelles pour fédérer un « super-groupe » des nations et transformer l'Union européenne de l'intérieur. Il croyait encore possible de mener une bataille politique coordonnée au sein des institutions.
    Cette ambition a totalement disparu. Elle est remplacée par un appel à un isolationnisme strict et une rupture totale. Pour le Bannon de 2024, l'heure n'est plus à la réforme, mais à la fuite.

    1. "À mes yeux, la France a besoin d’un Frexit. Une sortie de l’Union européenne retarderait même le risque de guerre civile.
      Ce revirement est total. L'UE n'est plus vue comme une arène où le combat peut être gagné, mais comme un poids mort financier et bureaucratique, un simple accélérateur de faillite qui entraîne la France dans sa chute."

  6. 4. Le temps des tribuns est révolu, place aux "durs à cuire"
    Le nouveau casting du leadership nationaliste
    En 2016, Steve Bannon cherchait des « tribuns » charismatiques capables d'incarner la colère du peuple, comme Marine Le Pen ou Matteo Salvini. Ses critères se sont considérablement durcis. Confronté à la perspective d'une crise financière et d'un conflit civil, il ne cherche plus de simples politiciens, mais des « hommes forts » ou des « durs à cuire » (tough guys) capables d'imposer des décisions brutales.
    Il cite Donald Trump ou le Polonais Karol Nawrocki comme modèles de ce nouveau leadership. Son soutien à Marine Le Pen, bien que réel, est plus distant, la jugeant parfois trop « à gauche » sur l'économie. Son archétype n'est plus le tribun qui séduit l'électorat, mais le liquidateur qui impose une « médecine de guerre » pour sauver ce qui peut encore l'être.

    Est-ce donc le diagnostic d'un prophète du chaos ?
    La pensée de Steve Bannon a connu une transformation spectaculaire. L'optimiste de la révolution patriotique par les urnes s'est mué en un théoricien apocalyptique de l'effondrement civilisationnel, où la finance et la force priment sur la politique. Il ne propose plus une alternative, mais un plan de survie pour un monde qu'il estime au bord du gouffre.
    Alors, faut-il voir dans ce discours alarmiste le délire d'un idéologue ou l'analyse lucide d'un stratège qui anticipe les crises à venir ? On penchera pour l'analyse lucide, bien qu'incomplète. En effet, Steve Bannon ne vit pas en France, et donc ne se rend pas compte que les Français sont lessivés par cinquante ans de désertification spirituelle programmée. Philippe de Villiers a rapporté à ce sujet que Boualem Sansal ne croit pas à une guerre civile. Pour lui, le peuple de France se couchera devant l'islam, comme ce fut d'ailleurs le cas, dans les mêmes circonstances, pour l'Espagne du VIIè siècle.

    Que ce regard qui se veut lucide ne se détourne pas de la crèche qui est toute notre Espérance !
     

 

 

Ô Rex gentium - 22 décembre, les grandes antiennes de l'Avent

21/12/2025

Ô Rex gentium - 22 décembre, les grandes antiennes de l'Avent

O Roi des nations ! Vous approchez toujours plus de cette Bethléhem où vous devez naître. Le voyage tire à son terme, et votre auguste Mère, qu’un si doux fardeau console et fortifie, va sans cesse conversant avec vous par le chemin.

Elle adore votre divine majesté, elle remercie votre miséricorde ; elle se réjouit d’avoir été choisie pour le sublime ministère de servir de Mère à un Dieu. Elle désire et elle appréhende tout à la fois le moment où enfin ses yeux vous contempleront. Comment pourra-t-elle vous rendre les services dignes de votre souveraine grandeur, elle qui s’estime la dernière des créatures ?

Comment osera-t-elle vous élever dans ses bras, vous presser contre son cœur, vous allaiter à son sein mortel ? Et pourtant, quand elle vient à songer que l’heure approche où, sans cesser d’être son fils, vous sortirez d’elle et réclamerez tous les soins de sa tendresse, son cœur défaille et l’amour maternel se confondant avec l’amour qu’elle a pour son Dieu, elle est au moment d’expirer dans cette lutte trop inégale de la faible nature humaine contre les plus fortes et les plus puissantes de toutes les affections réunies dans un même cœur.

Mais vous la soutenez, ô Désiré des nations ! Car vous voulez qu’elle arrive à ce terme bienheureux qui doit donner à la terre son Sauveur, et aux hommes la Pierre angulaire qui les réunira dans une seule famille.

Soyez béni dans les merveilles de votre puissance et de votre bonté, ô divin Roi ! et venez bientôt nous sauver, vous souvenant que l’homme vous est cher, puisque vous l’avez pétri de vos mains. Oh ! Venez, car votre œuvre est dégénérée ; elle est tombée dans la perdition ; la mort l’a envahie : reprenez-la dans vos mains puissantes, refaites-la ; sauvez-la ; car vous l’aimez toujours, et vous ne rougissez pas de votre ouvrage.

VIDEO – SOS Calvaires Les mains qui restaurent le patrimoine

21/12/2025

VIDEO – SOS Calvaires  Les mains qui restaurent le patrimoine

Lorsqu’ils ne sont pas dans leurs ateliers situés au Lion d’Angers dans le Maine-et-Loire ou au pied de calvaires à restaurer des cimetières ou des croix en bordure de route, les bénévoles de SOS Calvaires, tous amoureux du patrimoine catholique de France, montent au sommet de montagnes, pour remplacer ou réparer des calvaires abimés par le temps.

 

Un film d'Armel Joubert des Ouches.

 

 

Foi et fertilité : la résilience des familles nombreuses catholiques

20/12/2025

Foi et fertilité : la résilience des familles nombreuses catholiques
  1. Plus qu'une impression : une corrélation prouvée par les chiffres
    Le premier constat qui émerge des données brutes est une corrélation sans équivoque : le taux de natalité des catholiques est directement lié à l'intensité de leur pratique religieuse. Les chiffres sont particulièrement percutants. Parmi les fidèles se rendant à la messe chaque semaine, 10 % sont parents de quatre enfants ou plus, un chiffre qui chute de moitié, à 5 %, chez les pratiquants occasionnels. Au total, selon l'étude, 22 % des pratiquants réguliers ont au moins trois enfants. La tendance s'inverse pour les familles plus petites : alors qu'un tiers des catholiques occasionnels ont deux enfants, ils ne sont qu'un quart chez les messalisants réguliers.

  2. 2. Le secret n'est pas (seulement) la contraception, mais l'âge du mariage
    Alors que le débat public se focalise souvent sur la position de l’Église concernant la contraception, les sociologues pointent un moteur démographique bien plus puissant et moins visible : l'âge du mariage. Pour le sociologue Yann Raison du Cleuziou, l’impact du magistère sur la contraception est en réalité « limité ». Le facteur le plus déterminant est la précocité de la mise en couple stable chez les catholiques pratiquants. Comme le souligne Pascale Morinière, porte-parole des Associations familiales catholiques, cette tendance a une conséquence démographique directe.
    Or, un jeune couple qui se marie à 22 ou 23 ans bénéficie d’une fenêtre de fécondité plus large que ceux qui se lancent à 30 ans.
    Cette approche du couple, qui valorise « l’ouverture à la vie » comme un pilier de l’engagement, n'écarte cependant pas totalement la question de la contraception. Si son impact est jugé secondaire, Pascale Morinière note que l'usage de méthodes naturelles de régulation des naissances, privilégié par certains, laisse le couple « ouvert à un bébé surprise », jouant un rôle non négligeable dans la dynamique de ces familles.

  3. 3. Un choix délibéré, pas une obligation subie
    Loin du stéréotype d’une obligation religieuse subie, les jeunes couples catholiques vivent la constitution d'une grande famille comme un « choix positif » et le fruit d'un « discernement de couple ». Diane, 30 ans, responsable marketing et suivie par 29 000 abonnés sur Instagram, incarne cette modernité. Mariée à 24 ans, elle avoue avoir été initialement « angoissée » par une image « un peu oppressante » de la famille nombreuse, avant que la réalité de la maternité ne transforme sa perspective.
    L’entourage et le mimétisme social jouent un rôle crucial. Pour Louise, cet environnement est une évidence : elle est l'« aînée d'une fratrie de cinq, et de 25 cousins ». Pour Diane, côtoyer d’autres familles nombreuses a un effet « inspirant » et « déculpabilisant », montrant « qu’il n’y a pas besoin que tout soit parfait pour accueillir un bébé ». Cette valeur transmise est aussi au cœur du témoignage de Philippine Chauvin, photographe et mère de cinq enfants. « J’ai toujours entendu mes parents dire que chaque enfant était une bénédiction », explique-t-elle, une conviction qu’elle a partagée dans une vidéo virale encourageant les jeunes à ne pas attendre pour fonder une famille.

  4. 4. La force du "microcosme" : quand la communauté devient un village
    L'analyse sociologique de Yann Raison du Cleuziou révèle un mécanisme clé de la vitalité de ce groupe.
    Le catholicisme ne se reproduit pas par les institutions mais par les familles.
    Cette reproduction n’a rien d’abstrait ; elle repose sur un réseau tangible qui crée un véritable écosystème de soutien, particulièrement efficace en milieu urbain. Paroisses, scoutisme, bourses aux vêtements et réseaux de babysitters forment un village solidaire qui relâche la pression sur le couple parental. Ce modèle communautaire contraste vivement avec l'individualisme de la société moderne, où les jeunes parents peuvent rapidement faire l'expérience de l'isolement. Dans ces cercles, c'est au contraire l'absence d'enfant qui peut isoler un couple marié.

  5. 5. Une réponse à l'anxiété moderne : l'espérance comme moteur
    Face aux inquiétudes de la génération actuelle, de la crise écologique à l'incertitude de l'avenir, ces familles apportent une réponse singulière. Louise et Matthieu, parents de quatre enfants, retournent l’argument écologique avec un optimisme désarmant.
    On nous a déjà dit que ce n’était pas écologique, ou que c’était égoïste de faire venir des enfants dans ce monde qui va si mal. Mais ce sont nos enfants qui peuvent le changer !
    Cette attitude est profondément enracinée dans la foi. Elle se nourrit d'une « confiance dans la Providence », comme le confie Diane. Pour Véronique Lonchamp, déléguée nationale famille à la Conférence des évêques de France, cette perspective est au cœur du message chrétien : faire un enfant, malgré les crises, est avant tout un « acte d’espérance ».

    Plus qu'une question de foi
    Le phénomène des familles nombreuses catholiques n'est pas simplement le fruit d'une doctrine, mais le résultat d'un écosystème complet. Il s'agit d'une boucle auto-renforcée où un mariage précoce offre la fenêtre biologique, un soutien communautaire solide atténue les charges logistiques et financières, et une culture partagée de l'espérance fournit le carburant psychologique.
  6. Alors que la société s'interroge sur la solitude et l'avenir, le modèle de ces familles, au-delà de la foi, aurait-il quelque chose à nous apprendre sur la force du lien social ?
Ô Oriens - Les gandes antiennes de l'Avent

20/12/2025

Ô Oriens - Les gandes antiennes de l'Avent

Divin Soleil, ô Jésus ! Vous venez nous arracher à la nuit éternelle : soyez à jamais béni ! Mais combien vous exercez notre foi, avant de luire à nos yeux dans toute votre splendeur ! Combien vous aimez à voiler vos rayons, jusqu’à l’instant marqué par votre Père céleste, où vous devez épanouir tous vos feux ! Voici que vous traversez la Judée ; vous approchez de Jérusalem ; le voyage de Marie et de Joseph tire à son terme.

 

Sur le chemin, vous rencontrez une multitude d’hommes qui marchent en toutes les directions, et qui se rendent chacun dans sa ville d’origine, pour satisfaire à l’Édit du dénombrement. De tous ces hommes, aucun ne vous a soupçonné si près de lui, ô divin Orient ! Marie, votre Mère, est estimée par eux une femme vulgaire ; tout au plus, s’ils remarquent la majesté et l’incomparable modestie de cette auguste Reine, sentiront-ils vaguement le contraste frappant entre une si souveraine dignité et une condition si humble ; encore ont-ils bientôt oublié cette heureuse rencontre. S’ils voient avec tant d’indifférence la mère, le fils non encore enfanté à la lumière visible, lui donneront-ils une pensée ?

 

Et cependant ce fils, c’est vous-même, ô Soleil de justice ! Augmentez en nous la Foi, mais accroissez aussi l’amour. Si ces hommes vous aimaient, ô libérateur du genre humain, vous vous feriez sentir à eux ; leurs yeux ne vous verraient pas encore, mais du moins leur cœur serait ardent dans leur poitrine, ils vous désireraient, et ils hâteraient votre arrivée par leurs vœux et leurs soupirs.

 

O Jésus, qui traversez ainsi ce monde que vous avez fait, et qui ne forcez point l’hommage de vos créatures, nous voulons vous accompagner dans le reste de votre voyage ; nous baisons sur la terre les traces bénies des pas de celle qui vous porte en son sein ; nous ne voulons point vous quitter jusqu’à ce que nous soyons arrivés avec vous à l’heureuse Bethléhem, à cette Maison du Pain, où enfin nos yeux vous verront, ô Splendeur éternelle, notre Seigneur et notre Dieu !

 

 

 

J'en connais deux qui vont hurler à propos de cette version !