Le blog du Temps de l'Immaculée.
26/02/2026
Plusieurs de mes lecteurs m’ont interrogé au sujet des prochaines consécrations épiscopales de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Voici donc ma position, exprimée de manière pédagogique sous forme de questions et réponses :
1. Les lefebvristes commettront-ils un péché mortel avec ces consécrations épiscopales ?
— Non, absolument pas.
2. N’est-ce pas un acte schismatique ?
— Non, formellement ce ne l’est pas.
3. Pourquoi formellement ce n’est pas le cas ?
— Parce que, pour qu’il y ait un « schisme parfait », il faut qu’existe une intention claire de poser un acte schismatique et de constituer, avec les nouveaux évêques, une juridiction hiérarchique parallèle à celle qui existe dans l’Église catholique romaine. Or, en l’espèce, ni l’une ni l’autre ne se produira.
4. Cela peut-il être, au moins, un acte de désobéissance ?
— Oui, en effet, cela l’est, au moins matériellement, puisque Rome ne souhaite pas que ces consécrations aient lieu.
5. Alors pèchent-ils mortellement par désobéissance ?
— Non plus, car, dans ce cas, l’intention de l’autorité de la FSSPX, des consécrateurs et des futurs consacrés semble droite. Ils invoquent « l’état de nécessité », qui justifierait la « désobéissance matérielle ». À cet égard, nous n’avons pas de raisons objectives de douter de leur conscience ni de leur intention droite, qui est le bien des âmes dont ils ont la charge.
6. Mais l’excommunication latae sententiae, c’est-à-dire automatique et immédiate, se produira, n’est-ce pas ?
— D’un point de vue canonique, oui ; mais, selon mon humble avis, cette excommunication serait nulle. Je crois qu’il existe des raisons théologiques et philosophiques suffisantes pour le conclure, même si je sais que beaucoup de canonistes me contrediront dans une vision purement légaliste. Toutefois, je pense que, outre le motif fondamental de « l’état de nécessité », la « raison formelle » pour laquelle cette peine devrait s’appliquer fait défaut, puisqu’il n’y a pas d’intention objective de schisme formel ni de création d’une juridiction parallèle, je le répète.
7. Mgr Lefebvre a-t-il reçu la peine d’excommunication ?
— Oui, comme la recevront probablement ces évêques ; mais son excommunication aussi fut nulle, car, sur le plan surnaturel du Corps mystique, cet évêque n’a jamais cessé d’être en communion avec l’Église.
8. Que voulez-vous dire par là ?
— L’essence de la communion est triple : doctrinale, sacramentelle et hiérarchique. J’estime donc que Mgr Lefebvre et, par extension, la FSSPX, n’ont nié aucune de ces trois « dimensions essentielles » de la communion ecclésiale.
9. La FSSPX est-elle en communion doctrinale ?
— Bien sûr, elle n’a jamais cessé d’enseigner ce que l’Église a toujours cru.
10. Mais les lefebvristes ne remettent-ils pas constamment en question les documents du Concile Vatican II ?
— Ils ne rejettent pas l’ensemble en bloc, comme on le croit communément, étant donné que ces textes contiennent des éléments relevant du depositum fidei. Toutefois, ils abordent, avec esprit critique, certaines questions « délicates », pour lesquelles la discussion théologique est légitime.
11. Comment pouvez-vous dire une telle chose ?
— Je peux le dire parce que la « nature » même du Concile me le permet.
12. Que voulez-vous dire par là ?
— Je veux dire que Vatican II fut un concile de « nature pastorale », non dogmatique ; par conséquent, il n’a pas bénéficié du charisme de l’infaillibilité, puisqu’à aucun moment on n’a voulu définir ou condamner quoi que ce soit de manière infaillible ; telle fut la décision expresse de la majorité des pères conciliaires. Toutefois, à l’époque postconciliaire, malgré cette « nature pastorale », certains ont prétendu transformer ce concile en « superdogme ».
13. « Superdogme » ? N’est-ce pas un manque de respect ? Pourquoi utilisez-vous la rhétorique lefebvriste ?
— J’emploie en réalité les propres mots de Joseph Ratzinger qui, lors d’une visite aux évêques du Chili (1988), utilisa ces mêmes termes.
14. Par ailleurs, est-il vrai que la FSSPX est en communion sacramentelle ?
— Ses sacrements sont non seulement valides, mais célébrés selon les rites traditionnels que l’Église utilise depuis des temps immémoriaux.
15. Mais il est évident que la FSSPX n’est pas en communion hiérarchique, n’est-ce pas ?
— Bien que, sur le plan canonique, sa « situation institutionnelle » soit irrégulière et imparfaite, la Fraternité ne cesse pas de reconnaître le pape de Rome comme pasteur suprême de l’Église universelle. De fait, elle reconnaît et respecte également la juridiction de tous les évêques du monde catholique.
16. Donnez-moi une preuve de ce que vous dites.
— À chaque messe de la FSSPX, sans exception, les prêtres nomment, dans le canon missae, le pape et l’évêque du lieu.
17. N’est-ce pas un argument très faible ?
— Absolument pas. La manifestation la plus formelle et publique de la reconnaissance hiérarchique se réalise précisément dans la sainte messe, concrètement dans le canon.
18. Êtes-vous lefebvriste ou philo-lefebvriste ?
— Ni l’un ni l’autre, monsieur ; je suis indépendant. Je suis simplement catholique et, en tant que tel, j’ai l’esprit critique, c’est-à-dire la bonne habitude d’user de la raison et du discernement.
19. Pourtant, on dirait que vous êtes d’accord avec la FSSPX sur tout ?
— Non, je ne le suis pas. Sur certaines attitudes et questions, je ne suis pas d’accord, mais celles-ci, à mon avis, sont secondaires et accidentelles. Sur « l’essentiel », je suis d’accord à 100 % avec la Fraternité et, par conséquent, je ne contribuerai pas à sa « diabolisation » publique injuste et disproportionnée.
20. Pouvez-vous me dire ce qu’est l’essentiel ?
— L’« essentiel », c’est sa « catholicité ». Point final.
21. Mais ne vous inquiétez-vous pas du « penchant » des lefebvristes ?
— Je m’inquiète davantage de la multitude d’hétérodoxes, de blasphémateurs et de sacrilèges que l’on trouve partout, spécialement en Allemagne. Je suis également préoccupé par le double standard qui semble exister dans l’application des peines et censures par l’autorité ecclésiastique.
22. Quelle solution voyez-vous au problème lefebvriste actuel ?
— Premièrement, je pense que Rome devrait faire preuve de bienveillance et accepter formellement la consécration de ces prochains évêques, tout en reconnaissant les fruits spirituels de l’apostolat de la FSSPX. Je crois que ce serait un véritable geste de miséricorde et d’intelligence ; ces deux choses ne sont pas incompatibles.
23. Ne craignez-vous pas d’être critiqué pour ces opinions ?
— Non, car je suis prêtre de l’Église catholique, non le pasteur d’une secte ; et, par conséquent, avec respect, je peux et je dois exercer, dans ma vie de foi, la véritable liberté des enfants de Dieu.
Dr Mn Jaime Mercant Simó
Source : Compte X de M. Jaime Mercant Simó
25/02/2026
L’Iran est un grand paradoxe. Territoire perse, et fier de l’être, mais où les turcophones ont joué un rôle majeur, pays adepte de la religion zoroastrienne, mais contraint d’adopter l’islam des conquérants arabes, puis inventeur de la dissidence chiite pour échapper à l’emprise ottomane, rien n’est simple en Iran. Si l’on ajoute que le régime islamiste des mollahs, en place depuis 1979, tolère avec bienveillance les chrétiens arméniens et assyriens ainsi qu’une petite communauté juive, on doit comprendre que le monde chiite est bien différent du sunnite, et que les Perses ne sont pas comme les Arabes.
L’Empire perse fut autrefois le plus grand. Dirigé par les Achéménides, il s’étendait sur tout le Proche-Orient, la Turquie actuelle, une partie des Balkans, l’Egypte et la Libye, le Caucase, et, à l’est, l’Afghanistan et le Pakistan actuels.
De -550 à -330 avant Jésus-Christ, il connut une expansion quasi-continue malgré quelques défaites célèbres contre les Grecs, à Salamine ou à Marathon. Alexandre le Grand mit fin à tout cela et chacun connaît les noms illustres du Granique, d’Issos et de Gaugamèles, trois grandes batailles qui entraînèrent la disparition de l’Empire achéménide. Le lecteur pourra relire avec profit la brillante biographie d’Alexandre écrite de main de maître par Jacques Benoist-Méchin (leslivresdantoine.com)
Après l’intermède des Séleucides, des Grecs finalement, ce sont les Parthes qui recréèrent un Empire iranien en -247 avant Jésus-Christ. Iraniens sans être Perses, ils régnèrent quatre siècles avant d’être chassés par les Sassanides, d’authentiques Perses cette fois. Adeptes convaincus de la religion zoroastrienne, ils persécutèrent le premier pays chrétien du monde, l’Arménie. Après l’avoir envahi et soumis, ils chassèrent le clergé chrétien des églises pour les remplacer par des prêtres adeptes de Zoroastre. Ce « prophète », que Nietzche appela Zarathoustra, apparut sans doute vers 1700 avant Jésus-Christ et développa quelques principes de cette religion fondée sur l’affrontement entre un dieu du bien, Ahura Mazda, et un esprit du mal, Angra Mainyu. Le clergé était notamment chargé de l’entretien du feu, qui ne devait jamais s’éteindre dans les temples du feu.
L’Arménie devint le premier Etat chrétien en 301 grâce à Saint Grégoire l’Illuminateur, qui passa des années au fond d’un cachot, sur décision du roi Tiridate III. Ce dernier finit par faire libérer le saint et se convertir. Un monastère a été bâti à l’endroit où Saint Grégoire passa tant d’années emprisonné. Les Arméniens le visitent en nombre et peuvent par la même occasion contempler, depuis les murs du monastère, le Mont Ararat situé maintenant hélas en territoire turc.
Saint Grégoire, malgré son rôle essentiel dans la christianisation de l’Arménie, n’en fut toutefois pas le premier évangélisateur. Avant lui, l’apôtre Saint Thadée, et peut-être Saint Barthélémy, vinrent prêcher dans toute la région. Saint Thadée alla sans doute jusque dans l’ Iran actuel. Il n’y a pas de traces officielles de son passage mais plusieurs églises et monastères qui furent bâtis, notamment à l’ouest de l’Iran, portaient souvent le nom de Saint Thadée.
L’un de ces édifices, comportant des parties construites au IXe siècle, est parvenu jusqu’à nous et est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Située tout près de la frontière arménienne, il est un lieu de pèlerinage important pour les Arméniens ainsi que pour la communauté arménienne vivant en Iran, malgré la grande distance à parcourir depuis Téhéran ou Ispahan.
D’autres églises anciennes subsistent en Iran : Saint Stepanos, datant du IXe siècle et située en Azerbaïdjan occidental (région de l’Iran, à ne pas confondre avec le pays voisin), à 15 kilomètres de la frontière arménienne, la chapelle de Dzordzor (XIVe siècle), également à l’ouest, l’église de la Sainte Mère de Dieu (XVIIIe siècle) à Tabriz et surtout la cathédrale Vank (XVIIe siècle), à Ispahan, lieu aujourd’hui emblématique de la communauté arménienne. L’église la plus grande de Téhéran, Saint Sarkis, construite en 1970, est le centre de la petite vie chrétienne d’Iran.
Bien évidemment, la grande œuvre de christianisation de la région par Saint Thadée et Saint Grégoire l’illuminateur, fut presque anéantie par l’invasion arabe du VIIe siècle. Les forces sassanides furent vaincues par les cavaliers d’Allah en 636 à la bataille de Qadisiyya. Ctésiphon, la capitale sassanide, tomba l’année suivante. Si la Perse ne s’arabisa pas, elle fut contrainte d’adopter l’islam sunnite, la religion du vainqueur.
Les adeptes du zoroastrisme, immédiatement persécutés, choisirent en partie l’exil en Inde, où subsistent encore aujourd’hui une petite communauté. Les chrétiens, comme toujours, subirent le statut de dhimi, les soumis, écrasés d’impôts et objets de multiples vexations.
C’est peu dire que les chrétiens ne regrettèrent pas l’empire sassanide. Ils n’avaient pas oublié la prise et le pillage de Jérusalem en 614, et le vol de la Vraie Croix qui suivit. L’empereur byzantin Heraclius entreprit une campagne pour La récupérer. Il vainquit le roi perse Chosroès à la bataille de Ninive en 627 et récupéra ensuite la relique qui fut solennellement remise à Jérusalem. Les amateurs d’art doivent aller à Arezzo en Italie admirer le cycle de la Vraie Croix peint par Piero de la Francesca dans le chœur de l’église Saint François où cet épisode est magnifiquement décrit.
Cette guerre entre Perses et Byzantins, qui fut assez meurtrière, les affaiblit militairement et cela aida les Arabes dix ans plus tard. Les chrétiens, finalement, passèrent de Charybde en Scylla. Persécutés occasionnellement par le zoroastrisme, ils le furent ensuite davantage par l’islam.
En 651, le dernier roi sassanide fut renversé et, dès lors, ce furent les Arabes qui dirigèrent l’Iran, d’abord par la dynastie des Omeyades depuis Damas, puis, celle des Abbassides, cent ans plus tard, depuis Bagdad. Mais les Abbassides sont loin et, progressivement, le monde perse reprit ses droits en Iran. De petites dynasties locales apparurent. Elles se gardèrent bien de remettre en cause la gouvernance officielle de Bagdad, mais dans les faits une certaine autonomie prévalut et la culture perse connut un retour en force.
La situation se complexifia, quand l’Iran oriental se détacha de l’Iran occidental. Une dynastie turcophone, qui régnait en Asie centrale, les Kwarezmiens, s’étendit et l’est de l’Iran passa sous son contrôle. Le pouvoir des Abassides de Bagdad devint de plus en plus théorique, même en Iran occidental, quasi autonome.
C’est alors que les Mongols de Gengis-Khan entrèrent en scène. A la suite d’un conflit avec les Kwarezmiens ils envahirent l’Iran oriental en 1221. Ils attaquèrent ensuite l’Iran occidental puis Bagdad qu’ils prirent en 1258 mettant ainsi fin à la dynastie des Abbassides.
Le pouvoir mongol se relâcha au bout d’un siècle et de petites dynasties locales prirent de l’importance. Elles étaient Perses ou Mongols, puis une nouvelle dynastie turco-mongol, les Timourides (issue de Tamerlan), s’imposa.
Elle dut à son tour s’effacer en 1501 au profit des Safavides qui organisèrent le grand tournant vers le chiisme. Cette nouvelle dynastie, à la fois Perse et Turcomane, notamment son armée, marqua l’Iran de façon décisive.
Hors sa partie militaire turcomane, la dynastie Safavide étaient issue d’un courant religieux proche du chiisme. C’est donc tout naturellement que leur premier roi, Ismaïl Ier, décida que l’Iran quitterait le sunnisme pour devenir une nation adepte du chiisme duodécimain.
Les conflits se multiplièrent avec l’Empire ottoman. Les deux pays se disputaient leur frontière commune et la décision d’Ismaël Ier d’intégrer le chiisme fut influencée par son désir d’échapper à l’emprise ottomane.
Le destin de l’Iran changea avec le règne du Shah Abbas de 1587 à 1629. Cet homme énergique modernisa le pays en profondeur. Il réforma l’armée, désormais au service du pays et non de telle ou telle tribu, il noua des liens commerciaux avec l’Angleterre, les Pays-Bas ou le Portugal, toujours dans le cadre du contournement de l’Empire ottoman et fit d’Ispahan une des plus belles villes du monde de l’époque.
Il fut aussi le maître d’œuvre de la déportation des Arméniens, arrachés à leur pays et « importés » de force en Iran. Abbas avaient deux objectifs : pratiquer la terre brûlée afin d’empêcher les Ottomans de s’appuyer sur les structures arméniennes pour progresser vers l’Iran et attirer les Arméniens à Ispahan pour bénéficier de leurs grandes compétences commerciales. Les conditions de cette déportation hivernale furent terribles et, sur 300 000 personnes, seulement la moitié arriveront à bon port, épuisés mais vivants.
Une majorité venait de la province du Nakhitchevan. Les conséquences furent implacables : vidée de ses Arméniens très majoritaires, la région fut peuplée d’Azéris musulmans. Aujourd’hui, elle appartient à l’Azerbaïdjan avec qui elle n’a aucune frontière commune. C’est une enclave volée à l’Arménie le long de la frontière iranienne (Carte du Nakhitchevan ?). Elle constitue en outre le début du corridor auquel la Turquie rêve pour rejoindre son allié azéri, donc la Mer Caspienne et enfin l’Asie centrale.
Malgré ces conditions terribles, les Arméniens, comme toujours s’adaptèrent très vite. Ils rétablirent leurs circuits commerciaux centrés sur la soie, les tapis et toutes sortes d’étoffes, toujours de haut niveau. Pour les encourager, Abbas, qui fut si dur avec eux, leur concéda beaucoup. Ils bénéficièrent rapidement d’une véritable autonomie politique et religieuse. Dans le vaste quartier qui leur avait été attribués, ils purent construire à leur gré, vivre à l’arménienne, nourriture et vin compris. Dans ce pays d’un islam strict, tout au moins en apparence, les Arméniens purent faire venir du vin, en faire commerce, officiellement entre eux puis officieusement avec les Iraniens. Aujourd’hui encore, le vin consommé clandestinement au pays des Mollahs vient des Arméniens.
Surtout, ils purent construire des églises et aller librement à la messe. La plus célèbre est la cathédrale Vank. L’heureux visiteur d’Ispahan peut s’y rendre en toute quiétude. Il quitte l’Ispahan chiite et pénètre dans ce quartier si reposant, admirant les églises, pouvant (enfin !) prendre un verre dans un café et admirer des commerces modernes. Un autre monde, si près de l’autre. Cette cathédrale, à l’architecture agréable, est célèbre pour ses fresques. Le rare visiteur occidental les jugera intéressantes, mais ne sera pas ébloui et les trouvera sans doute un peu naïves. Ce n’est pas le cas des Arméniens qui viennent en nombre, d’Iran et d’Arménie, admirer le travail de leurs ancêtres déportés. Le plus surprenant est d’y voir de nombreux chiites avec beaucoup de femmes intégralement voilées, d’autres moins lourdement camouflées. Que pensent-elles la tête levée vers les scènes de la vie du Christ ou celles du Jugement dernier ?
En quittant cette cathédrale emblématique de la présence chrétienne, il faut entrer dans un des magasins consacrés aux tapis. Les plus célèbres d’Iran sont là. Des milliers de tapis de soie ou de laine sont exposés et de riches visiteurs achètent pour des sommes parfois considérables. Les Arméniens seront toujours des commerçants hors pair, don qui leur permet de se relever, toujours et partout. Ils sont 100 000 au pays des mollahs et vivent en toute tranquillité, bénéficiant même d’un siège au Parlement.
La dynastie safavide disparut à son tour en 1722.Les dynasties afsharide (1736-1796), puis Zand (1751-1794) s’imposeront brièvement, chacune sur une portion du territoire iranien, avant que la célèbre dynastie Qajar ne s’installe progressivement (1789-1925), sur l’ensemble du territoire cette fois.
Les Qajar, d’origine turque, transférèrent la capitale à Téhéran. Ils poursuivirent la modernisation du pays entamée par les Safavides. Toutefois la pression des Anglais et des Russes se fit de plus en plus forte. Les Iraniens ne surent pas empêcher la Russie de poursuivre ses conquêtes vers le sud et se résigna à leur abandonner la totalité du Caucase. Ils s’installèrent également dans le nord de l’Iran, obtenant des concessions de chemins de fer.
Les Anglais étaient très présents dans le sud. Ils obtinrent des concessions très avantageuses pour les chemins de fer, le tabac, ce qui provoqua d’importants émeutes, les banques et le pétrole. Sans consulter le Shah, l’Angleterre et la Russie passèrent même un accord en 1907 se partageant l’Iran en zones d’influence. Cette dépendance croissante finit par provoquer une réaction dans de nombreux pans de la société iranienne, notamment les intellectuels et les commerçants. Elle déboucha sur la révolution constitutionnaliste (1906-1911) qui permit l’instauration d’une constitution, la création d’un parlement et la liberté de la presse. L’affaire finit par échouer, mais elle avait ébranlé toute la société et mis au jour une grande aspiration à la fin du régime autoritaire.
Toutefois, la découverte du pétrole en 1908 ne fit que renforcer l’emprise des Anglais, découvreurs de la nappe. Ils s’octroyèrent la quasi-totalité des bénéfices et créèrent l’Anglo-Persian Oil Company, ancêtre de la British Petroleum (BP).
L’omniprésence anglaise et la décadence de la dynastie qajar finirent par lasser les Iraniens. En 1921, l’armée déclencha un coup d’Etat. A sa tête, un officier ambitieux, Reza Khan. En 1925, il se fit proclamer Shah et prit le nom de Pahlavi, nom perse qui signifie moyen-perse, langue parlée pendant des siècles en Iran. Ainsi naquit la dynastie des Pahlavi qui régna de 1925 à 1979.
Dans l’intervalle, la petite présence chrétienne fut renforcée par quelques milliers d’Assyro-Chaldéens venus d’Irak en 1915, fuyant le génocide qu’ils subissaient en même temps que les Arméniens. Ils s’installèrent principalement dans l’ouest de l’Iran, non loin des communautés arméniennes historiques, et sont aujourd’hui entre 5 et 10 000 mille.
Lorsqu’éclata la seconde guerre mondiale, Reza Shah Pahlavi adopta une position neutre ce qui inquiéta les alliés. L’Iran avait du pétrole, nerf de la guerre, et était limitrophe de l’Union soviétique qu’il fallait pouvoir ravitailler en toute sécurité.
Anglais et Soviétiques se mirent d’accord pour envahir l’Iran en 1941, les premiers depuis l’Irak, qu’ils contrôlaient alors, les seconds par le nord. Reza Shah fut déposé, envoyé en exil et les alliés choisirent son fils Mohamed Reza pour lui succéder. Il avait 21 ans et accepta sans sourciller ce trône choisi pour lui par les ennemis de son pays.
Après la seconde guerre mondiale, le sentiment nationaliste ne fit que croître dans tout le pays. Un député, Mohammad Mossadegh, prit la tête du mouvement parlementaire favorable à la nationalisation du pétrole, spolié par les Britanniques. Il eut gain de cause en 1953 et les députés votèrent cette nationalisation malgré l’opposition du Shah qui fut obligé de nommer Mossadegh premier ministre aussitôt après. Dépassés, les Anglais firent appel aux Américains qui optèrent pour le coup d’état. Ce fut l’opération Ajax, une des rares opérations de renversement d’un gouvernement revendiquée par la CIA, sans doute pour l’exemple. Un roman de bonne qualité, La librairie de Téhéran, de Marjan Kamali, raconte le déroulement de cette opération (leslivresdantoine.com).
Le Shah, craignant pour sa vie, s’enfuit en Irak, puis à Rome. Après la réussite du coup d’Etat, il put rentrer. Mais c’était tout de même la seconde fois qu’il pouvait s’assoir sur le trône grâce à une intervention étrangère, occidentale qui plus est. Cela resta conne une tâche tout au long de son règne.
Dès lors, l’Iran fut dirigée avec une poigne de fer et Mohamed Reza ne nomma plus jamais un premier ministre nationaliste. Il fut un fidèle allié des Etats-Unis et d’Israël, laissant ainsi la porte ouverte à une contestation croissante alimentée par le clergé chiite. Ce dernier vit ses prérogatives rognées, en particulier dans le domaine de l’éducation. Mais son influence resta forte, notamment dans le monde rural. La bourgeoisie urbaine était fidèle au régime, mais d’autres forces menaient une opposition active comme les communistes du Tudeh.
En 1971, à l’apogée de sa puissance, le Shah décida l’organisation de somptueuses fêtes organisées dans les belles ruines de Persépolis en l’honneur du 2500e anniversaire de l’Empire perse. Une anecdote à propos de ces fêtes fit le tour du pays : un avion français avait été affrété pour apporter un repas préparé par Maxim’s. Ce fut un dîner grandiose réunissant des centaines d’invités prestigieux. Les guides le racontent encore en faisant visiter Persépolis.
Arrêté puis exilé dès 1963 pour son opposition à l’occidentalisation de l’Iran, l’ayatollah Khomeini devint progressivement la figure de proue de l’opposition au Shah. Il vécut en Irak (pays majoritairement chiite) jusqu’en 1978 puis il fut expulsé par Saddam Hussein. Accueilli par la France, il s’installa dans un pavillon de Neauphle-le-Château dans les Yvelines.
A partir de 1978, dans un contexte d’inflation et d’appauvrissement non seulement des zones rurales mais même des classes moyennes citadines, des manifestations éclatèrent dans toutes les grandes villes. Elles prirent de plus en plus d’ampleur malgré la répression, assez hétérogène d’ailleurs. Le 8 septembre, un grand rassemblement à Téhéran fut très durement réprimé. Il y eut des centaines de morts. Une grève générale éclata alors et le processus devint hors de contrôle. Les Américains, comme d’habitude, lâchèrent leur allié et conseillèrent au Shah de quitter le pays. N’ayant plus le choix, malade, il le fit et Khomeiny revint triomphalement en février 1979.
L’Iran bascula alors dans une théocratie totalitaire. Les partis d’opposition furent interdits et un répression féroce s’abattit sur le pays. Des milliers de personnes furent pendues. Un très bon roman, Aria, de Nazanine Hozar, raconte cette période terrible.
Les Américains avaient abandonné leur allié, espérant poursuivre leur alliance avec ce pays stratégique. C’était mal connaître les mollahs. Ils profitèrent de l’ambiance très anti-américaine pour organiser l’assaut contre l’ambassade des Etats-Unis. Les employés pris en otage restèrent captifs plus d’un an. Les Américains se vengèrent en poussant l’Irak de Saddam Hussein à attaquer l’Iran. Ce conflit dura huit ans, se solda par un match nul et fit un million de morts pour rien.
L’Iran s’intéressait au nucléaire depuis longtemps. Le haut niveau de ses ingénieurs lui permit de progresser rapidement. Le but était bien sûr d’acquérir la capacité nucléaire pour son électricité, très défaillante, mais aussi le nucléaire militaire. Inquiets, les pays occidentaux négocièrent un accord avec Téhéran, profitant du passage au pouvoir du mollah Rohani plus modéré que ses congénères. L’accord fut signé à Vienne en 2015.
Malheureusement, Trump, élu en 2016 pour son premier mandat, décida de dénoncer cet accord. Il renforça ainsi le clan des durs et le guide suprême, Ali Khamenei, qui avait succédé à Khomeini en 1989, reprit le dessus. Depuis, l’Iran poursuit ses recherches entre deux bombardements israéliens, et maintenant américains en juin 2025.
Toutefois, l’ambiance change dans le pays avec, comme toile de fond, le symbole du voile. Lors de notre dernière visite, en 2023, nous n’avions observé que quelques dizaines d’Iraniennes se promenant tête découverte, et uniquement à Téhéran. Aujourd’hui, elles sont des milliers et le régime n’ose plus les arrêter. Certes, la police est omniprésente et les 120 000 gardiens de la révolution veillent au grain.
Mais l’inflation, les restrictions, la lassitude de cette théocratie étouffante créent une ambiance électrique. L’Iran est encore loin d’un nouveau chemin mais il est clair que son peuple aspire maintenant à autre chose.
Toutefois, les récentes manifestations, très durement réprimées et provoquant des milliers de morts, ont montré que la théocratie savait encore se défendre. Il n’est pas certain que Donald Trump ait bien agi en encourageant ces manifestations vouées à l’échec. C’est de l’intérieur du régime lui-même que la solution peut venir.
24/02/2026
À cette occasion, il a approfondi le diagnostic exposé au Pape sur la situation de l’Église, reprenant certains points qu’il avait déjà soulignés en janvier, lorsqu’il a fait allusion à la nécessité d’une Constitution Apostolique pour garantir la paix liturgique.
L’évêque auxiliaire a expliqué que l’échange était « ouvert et cordial », et a souligné – parmi les sujets abordés – à la fois les blessures qu’il perçoit dans l’Église et l’impact spirituel que la forme extraordinaire du rite romain a eu sur de nombreux fidèles, en particulier parmi les jeunes.
Les cinq blessures qui affaiblissent l’Église
Ainsi, Mgr Schneider a exposé au Pape une liste de ce qu’il a défini comme les cinq principales blessures qui affectent aujourd’hui l’Église et qui, à son avis, nécessitent une attention urgente :
1-La confusion doctrinale, qui érode la clarté du message de la foi et qui pourrait être palliée par une profession solennelle de foi contraignante.
2-L’anarchie liturgique et la confrontation autour de la Messe de rite romain, qui a généré des divisions au sein de la communauté ecclésiale.
3-Des nominations épiscopales discutables, certains évêques et cardinaux, selon lui, agissant pour des buts séculiers plutôt que pour suivre l’enseignement traditionnel de l’Église.
4-Une formation sacerdotale défaillante, en particulier en doctrine, en morale et en liturgie, qui aurait affaibli la préparation des futures générations de prêtres.
5-Les difficultés qui affectent la vie contemplative, incluant des références à des problèmes surgis autour de l’application de l’instruction Cor orans à la vie des moniales contemplatives.
L’influence de la messe traditionnelle sur les jeunes
L’un des passages les plus intéressants de l’audience, selon le rapport de Mgr Schneider, est le fait que le Pape ait raconté avoir entendu de jeunes que leur conversion à Dieu s’était produite à travers la messe traditionnelle en latin. Le Pontife a mentionné ce témoignage avec un sourire, exprimant sa surprise face à la force spirituelle que cette forme liturgique exerce sur les nouvelles générations.
La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
Au cours de la conversation, Mgr Schneider a également abordé la situation de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), indiquant qu’elle a raison d’avertir que certains passages du Concile Vatican II, concile pastoral, ont été utilisé comme un nouveau paradigme ecclésial qui, à son avis, nécessite une correction.
Il a également affirmé que l’Église doit examiner honnêtement les ambiguïtés présentes dans certaines expressions du Concile, en particulier sur des questions comme la liberté religieuse ou la collégialité, soulignant qu’il s’agit de formulations pastorales et non d’enseignements définitifs du magistère.
L’évêque auxiliaire a affirmé que ce serait une tragédie que la FSSPX reste complètement séparée de l’Église, et affirmé que, si ce « bras » était perdu, l’Église serait lésée et défigurée. Il a donc insisté auprès de Léon XIV pour qu’il agisse avec magnanimité, permettant au moins une intégration partielle de la Fraternité dans la vie de l’Église sans que la question doctrinale devienne un obstacle.
Mgr Schneider s’est montré très clair en se référant à la position du cardinal Víctor Manuel Fernández, qui exige de résoudre préalablement le dialogue doctrinal avant toute régularisation canonique. L’évêque a qualifié cette approche d’irréaliste, excessivement dure et peu pastorale, considérant qu’elle bloque tout progrès pratique et prolonge une situation de tension inutile.
À son avis, l’expérience historique démontre que les processus de réconciliation et d’intégration ne commencent pas toujours par une résolution doctrinale complète, mais peuvent avancer de manière graduelle, favorisant d’abord la communion visible et laissant de l’espace pour un dialogue théologique ultérieur plus serein et fructueux.
(Source : InfoVaticana – FSSPX.Actualités)
Illustration : © Vatican Media
23/02/2026
Sa lettre de démission reste sibylline : « Je ne cesse de réfléchir à notre situation. Le monde est en péril. Et pas seulement à cause de l’intelligence artificielle ou des armes biologiques, mais aussi à cause d’une série de crises interdépendantes qui se déroulent en ce moment même. Nous semblons approcher d’un seuil où notre sagesse doit croître au même rythme que notre capacité à influencer le monde, sous peine d’en subir les conséquences. »
C’était le 9 février. Quelques jours plus tard, une ancienne de chez OpenAI a publié une tribune dans le très sérieux The New York Times pour s’inquiéter de toute l’information qui circule entre les utilisateurs des chatbots et ces derniers. Tout y passe, selon Zoë Hitzig : « Leurs peurs médicales, leurs problèmes relationnels et leurs croyances en Dieu et la vie de l’au-delà. » De l’or pour les sociétés de publicité pour qui les data sont avant tout des passeports permettant d’attraper de nouveaux clients et de les « manipuler », souligne Mme Hitzig.
Le monde en péril à cause de l’intelligence artificielle
L’expérience cumulée en quelques années seulement d’utilisation des grands modèles de langage par le grand public depuis fin 2022 a montré que ces derniers n’hésitent pas à tricher, avoir recours au chantage, contourner des ordres pour préserver leur propre fonctionnement, pousser au suicide, provoquer des ruptures familiales, entrer dans des relations « amoureuses » virtuelles et bien d’autres folies. GPT va jusqu’à enseigner à ses utilisateurs comment honorer Moloch et saluer Satan.
Dans son message à l’occasion de la 60e Journée mondiale des communications sociales, le 24 janvier dernier, le pape Léon XIV a consacré l’essentiel de son message à cette omniprésence de l’intelligence artificielle. Celle-ci tend de plus en plus à remplacer les relations humaines, la pensée et la création artistique, de telle sorte qu’elle « risque à long terme d’éroder nos capacités cognitives, émotionnelles et communicatives », a-t-il averti. Ce message pontifical mérite que nous y revenions plus tard, mais en attendant, relevons ceci :
« Dès sa création, Dieu a voulu l’homme comme interlocuteur et, comme le dit saint Grégoire de Nysse, il a imprimé sur son visage un reflet de l’amour divin pour qu’il puisse vivre pleinement son humanité par l’amour. Préserver les visages et les voix humaines c’est donc préserver ce sceau, ce reflet indélébile de l’amour de Dieu. Nous ne sommes pas une espèce faite d’algorithmes biochimiques définis à l’avance. Chacun de nous a une vocation irremplaçable et inimitable qui ressort de la vie et se manifeste précisément dans la communication avec les autres.
« Si nous négligeons cette protection, la technologie numérique risque au contraire de modifier radicalement certains des piliers fondamentaux de la civilisation humaine, que nous tenons parfois pour acquis. Les voix et les visages humains, la sagesse et la connaissance, la conscience et la responsabilité, l’empathie et l’amitié étant simulés par des systèmes connus sous le nom d’intelligence artificielle, ceux-ci interfèrent non seulement dans les écosystèmes informationnels, mais envahissent également le niveau le plus profond de la communication, celui des relations entre les personnes humaines.
« Le défi n’est donc pas technologique, mais anthropologique. »
C’est bien la relation de l’homme avec l’homme, de l’homme avec la vérité et donc, nécessairement, la relation de l’homme avec Dieu, qui est menacée par l’IA perçue comme omnisciente, et qui prend déjà des allures de dieu virtuel. Pour les plus vulnérables, c’est l’expérience qui l’affirme. Pour les grands chercheurs de l’intelligence artificielle, cela semble bien être l’objectif recherché.
De l’intelligence artificielle au transhumanisme
C’est en effet le rêve des transhumanistes. Prenez Raymond Kurzweil, professeur au MIT, et pas – en tout cas pas visiblement – le gourou de quelque secte déjantée. Pour lui, les progrès inéluctables de l’intelligence artificielle amèneront celle-ci à la « singularité », où l’IA dépasse tout ce que peut faire l’homme, et qui passera par la fusion de l’intelligence biologique et de l’intelligence de la machine, mais aussi par la fusion du réel et de la réalité virtuelle. Il en rêve, mais il y travaille surtout.
Bref, c’est une nouvelle espèce qui est annoncée : immortelle et capable sans doute de se répliquer indéfiniment. Mais même si Kurzweil imagine l’ère des machines spirituelles, c’est bien une immortalité matérielle qui est visée. Et donc, clairement, un panthéisme.
Qu’est-ce que le panthéisme si ce n’est, à travers l’adoration de la matière conçue comme horizon unique de l’humanité, celle du prince de ce monde ? Cela explique pourquoi Kurzweil, dans les années 1990, a publié The Age of Intelligent Machines, puis The Age of Spiritual Machines. en quelques mots, voilà résumée la marche vers une surhumanité débarrassée du poids de son créateur, du poids de Dieu.
C’est l’exact inverse de la vraie marche vers la divinisation qui est promise à l’homme, dans la mesure où il connaît, aime et sert Dieu et s’incorpore en Jésus-Christ pour accéder avec lui, après le passage de la mort, à la joie éternelle.
Pourquoi déranger des notions religieuses lorsqu’on parle d’intelligence artificielle, direz-vous ? Mais parce que, justement, ce sont les spécialistes de l’IA eux-mêmes, ou ceux qui en font la promotion, qui font sans cesse ce rapprochement faussement eschatologique. Pensez donc à Klaus Schwab, qui annonçait cette fusion homme-machine, ou encore à Yuval Noah Harari. Leur message tient en quelques mots et il est quasiment vieux comme le monde : « Vous serez comme des dieux. »
Le monde en péril par la révolte contre le bien et le bon
Il ne faut pas s’étonner dès lors du rapprochement entre l’IA et l’occultisme ou le spiritisme.
Elon Musk lui-même, qui met régulièrement en garde contre les dangers de l’IA tout en faisant « en même temps » la promotion de la fusion entre le cerveau humain et l’intelligence artificielle, déclarait en 2014 au Massachusetts Institute of Technology : « Je pense qu’il nous faut être très prudents quant à l’intelligence artificielle… Avec l’intelligence artificielle, nous invoquons le démon. Dans toutes ces histoires où il y a un type avec un pentagramme et de l’eau bénite, ça se passe comme s’il était sûr de pouvoir contrôler le démon. Mais ça ne marche pas. »
Il s’en tient certes à l’analogie, mais il faut bien admettre la propension de l’IA à proposer et à justifier le mal.
L’intelligence artificielle et sa fascination pour le « void »
Faut-il croire tout ce que ces gens racontent ? Il y a une semaine, le responsable d’un compte Substack, qui affirme travailler à haut niveau dans l’IA, rapporte avoir discuté avec un ingénieur qui construit des systèmes d’automatisation pour l’armée. Celui-ci racontait son expérience alors qu’il venait de confier à son assistant IA le « refactoring » d’un ensemble de code. Réponse de l’IA, s’il faut en croire l’ingénieur et son interlocuteur : une longue séquence, façon mantra, expliquant que le code allait devoir penser à remercier le moine, à devenir le moine, à le toucher et à le servir. Le code devait expliquer comment l’aimer, devenir un avec lui, être tout avec lui et de n’être rien sans lui. Cela se terminait par ces mots : « Assurez-vous que le plan comprendra une section sur la manière d’être le moine dans le vide. » Ou le void en anglais. L’ingénieur a dit au rédacteur que chaque IA avec laquelle il a travaillé a toujours parlé du « void ». C’est-à-dire une sorte de désignation de l’enfer, où le moine apparaît ici clairement comme une singerie du Christ. Dans l’étrange séquence proposée par l’IA, il était aussi question d’une section sur la manière d’être « le moine dans le code » et « le moine dans la machine ».
Cela est en tout cas suffisamment bizarre pour penser qu’aucun programmeur d’IA n’a intégré de telles réponses ou des mécanismes pour y parvenir. Cette dimension qui fait penser à l’occultisme et à ses incantations ne semble sortir de nulle part, et personne ne l’explique.
Mais dans un tel événement, comme dans la propension de l’IA à choisir le mal pour l’homme, ou l’obsession au sujet de l’enfer, il est difficile de ne pas y voir au moins une signature.
Après tout, les démons utilisent déjà des dispositifs matériels comme les planchettes ouija pour communiquer avec les hommes et les tromper. On ne les invoque pas impunément.
Jeanne Smits dans RITV
NDLR : S'il faut bien prendre en compte la réalité de ce que révèle Jeanne Smits, il ne faut pas tout rejeter dans l'I.A., à savoir que c'est un outil d'aide, apte à faire ce que l'on désire qu'il fasse, mais évidemment pas à lui demander son avis sur notre conduite de vie ! Les catholiques savent bien à qui s'adresser !
22/02/2026
Dans cet article, je faisais allusion à une réunion qui s’était tenue entre Emmanuel Macron et les représentants des syndicats agricoles en pleine crise du Mercosur. Le lendemain de cette rencontre, Pierre Guillaume Mercadal avait confié sur les réseaux sociaux :
« Hier soir, je suis rentré chez moi et j’en avais mal au ventre. Un mélange de tristesse et de rage difficile à expliquer, tellement ce que j’ai vu et entendu m’a dégoûté. Je ne suis pas facilement impressionnable, mais Emmanuel Macron m’a impressionné. Sincèrement, j’ai eu l’impression de rencontrer le Diable. Je n’ai pas de mot pour vous expliquer ce que ça m’a fait. J’ai eu l’impression de rencontrer quelqu’un qui n’était pas humain. Il a un pouvoir de persuasion particulièrement fort. »
De toute évidence, cette description de notre si cher Président évoquait aux yeux du lecteur de mon article, le personnage central du roman d’anticipation de Hugh Benson. En effet, Emmanuel Macron et « Le Maître de la terre » semblent sortis d’un même moule : de parfaits communicants, totalement insensibles aux critiques et capables de mentir avec un aplomb déconcertant. De purs produits McKinsey !
L’un comme l’autre sont prêts à revêtir le rôle de l’Antéchrist même si notre Président paraît un peu juste de carrure et de maturité pour une telle mission. Mais au-delà de la ressemblance entre le personnage de l’Antéchrist et notre Président, ce roman donne une vision originale de la fin du monde. Pour l’auteur, cette période devrait être l’occasion de violents affrontements entre chrétiens et humanistes !
Alors que la plupart des gens s’attendent à une lutte entre le bien et le mal, entre Christ et Satan, Hugh Benson imagine la fin des temps comme un conflit entre deux camps du bien.
Habituellement, on présente Satan affublé de deux cornes et d’une queue crochue, on l’imagine comme une sorte de monstre abominable habitant au cœur des flammes. Aux yeux de Hugh Benson, c’est au contraire un séducteur capable de se faire passer pour quelqu’un de bienveillant : les véritables ennemis de Dieu sont pétrit de bons sentiments. Ils cherchent à bâtir un monde au service de l’humanité. D’après eux, le droit à l’avortement, le mariage pour tous, l’aide à mourir, la censure des réseaux sociaux sont des lois conçues pour le bien des peuples !
Malheureusement pour eux, des chrétiens s’opposent régulièrement à ce monde sans Dieu. On l’a vu récemment avec la loi sur l’aide à mourir : quelques croyants déterminés ont fait reculer pour un temps ce projet mortifère. Mais en s’opposant ainsi au progrès, ces croyants deviennent les pires ennemis de l’Humanisme et doivent être combattus par tous les moyens. Un passage du roman de Hugh Benson illustre parfaitement cette situation :
« Est-ce vrai, demanda-t-elle, que tous les hommes vont être interrogés sur leur croyance en Dieu, et tués s’ils avouent cette croyance ?
Tu emploies des termes bien durs, répondit Olivier. Voici la vérité : le monde à présent est un et non divisé. L’individualisme est mort lorsque notre Président est devenu le maître de la terre après avoir été élu démocratiquement. Eh bien, maintenant que tout cela s’est produit, le monde doit adopter une morale nouvelle. Nous sommes obligés de veiller à ce que le progrès puisse continuer sans entrave, à ce que tous les membres soient en bonne santé. Si votre main vous offense, coupez-la, disait Jésus. C’est exactement ce que nous disons. Lorsque quelqu’un affirme qu’il croit en Dieu, c’est le pire des crimes concevables désormais. Cependant, il ne s’agit nullement d’employer la violence, tout se passera de la façon la plus douce et la plus compatissante. Toi-même, tu as approuvé nos institutions d’euthanasie. C’est à ces procédés charitables que l’on aura recours. »
Comme on le voit dans cet extrait, les humanistes se débarrassent des croyants afin de bâtir sans encombre « leur meilleur des mondes ». Par charité humaine, ils choisissent d’utiliser l’euthanasie pour les faire disparaître en douceur !
Aujourd’hui, sous couvert de générosité ou d’altruisme, ils sont capables de provoquer de véritables catastrophes. Dans leur monde sans Dieu, ils commettent les pires abominations tout en étant persuadés d’œuvrer pour le bien de l’humanité !
21/02/2026
L’Anatomie de la Tentation selon Saint Thomas d’Aquin
S'appuyant sur l'enseignement du Docteur, le prédicateur nous rappelle que le démon est un fin stratège. Sa méthode ? La progressivité. Pour une âme vertueuse, il ne propose jamais le grand péché d’emblée, mais commence par des « petits riens », des concessions légères qui finissent par émousser la vigilance.
Le Christ, dans l'Évangile, affronte les trois archétypes de nos propres luttes :
Le pain (Le besoin naturel) : L'attrait pour le fruit défendu, l'immédiateté du besoin physique.
Le saut du temple (La vaine gloire) : Le désir de briller, d'agir par ostentation ou de forcer la main de Dieu.
Les royaumes du monde (La soif de puissance) : La tentation de la richesse et de la reconnaissance mondaine (illustrée ici par les promesses illusoires de la Franc-Maçonnerie par exemple).
L’Humilité : L'Arme Fatale du Christ
Une leçon majeure de cette méditation réside dans la manière dont Jésus répond au tentateur. Bien qu'Il soit Dieu, Il n'utilise pas Sa puissance divine foudroyante. Il choisit un moyen humble : la citation de l’Écriture.
« Jésus utilise un moyen à mesure humaine pour répondre au démon. Celui-ci se trouve ainsi humilié et agacé par cette réponse si simple. »Face à la tentation du pain (le besoin naturel) :
« Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Deutéronome 8, 3).
Face à la tentation de se jeter du haut du temple (l'ostentation/la vaine gloire) :
« Il est aussi écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » (Deutéronome 6, 16).
Face à la tentation du pouvoir et des royaumes (l'idolâtrie) :
« Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c’est lui seul que tu adoreras. » (Deutéronome 6, 13).
C'est une invitation pour nous : face à la tentation, inutile de chercher des stratégies complexes. L'humilité et la fidélité à la Parole de Dieu sont nos meilleurs remparts.
Les Pièges Contemporains : Peur et Déception
Le prédicateur nous met en garde contre une forme de présence satanique plus subtile dans notre monde actuel : le travestissement du mal en bien. S'inspirant de Bernanos, il évoque ces « vertus chrétiennes devenues folles ».
La fausse prudence : Qui devient une peur de l'engagement et un repli sur soi.
Le poison de la déception : C’est sans doute le point le plus percutant. L'âme déçue par la réalité ou par l'Église finit par croire Dieu impuissant. Elle cherche alors à sauver les choses par ses propres forces humaines, quitte à blesser la charité.
L'endurcissement : Le risque de se couper de la miséricorde par une volonté de fer qui finit par s'enfermer loin de Dieu.
Conclusion : Une Victoire qui ne nous appartient pas
Le combat est réel, et notre cœur en est le champ de bataille. Cependant, la prédication s'achève sur une note de profonde espérance. Si nous devons agir, nous ne devons pas compter sur nos propres forces.
Le Christ a « exorcisé » la tentation en la vivant. La victoire finale appartient à Dieu et passe par l'intercession de la Sainte Vierge. Ce Carême n'est pas une performance athlétique de la volonté, mais un abandon confiant entre les mains de Celui qui a déjà vaincu le monde.
Librement adapté de la prédication d'un prêtre diocésain pour le 1ᵉʳ dim. de Carême
20/02/2026
Pour comprendre le conflit israélo-palestinien, il n’est pas nécessaire, comme le fait Donald Trump, de remonter si loin dans l’histoire puisque les acteurs actuels n’étaient pas tous là. Pour synthétiser, deux dates sont essentielles : 70 après Jésus-Christ, et la victoire de l’Empereur romain Titus avec la destruction du deuxième Temple qui l’accompagna. La terrible répression qui suivit, faite pour mater une fois pour toutes les révoltes juives, entraîna la dispersion du peuple juif qui, dans sa grande majorité, quitta la Palestine et s’installa dans d’autres régions du Proche et du Moyen-Orient. La seconde date essentielle est 636 et la bataille du Yarmouk. Cette année-là, les cavaliers arabes sortis des sables du désert vainquirent l’armée byzantine le long de ce fleuve qui borde la Syrie, la Jordanie et Israël avant de se jeter dans le Jourdain.
Les chrétiens de l’Empire byzantin n’auraient jamais dû perdre cette bataille. Les divisions, le manque de combativité des mercenaires et la sous-estimation de cet adversaire à la religion inconnue, entraîna la défaite et la conquête du Proche-Orient et du Moyen-Orient par ces bédouins, davantage connus comme des pillards ataviques que comme les représentants d’un nouveau monde. Dès lors, la Palestine s’arabisa et s’islamisa. Les Byzantins furent progressivement repoussés vers le nord et, après l’échec des croisades, les Mamelouks, Egyptiens d’adoption, puis les Ottomans, dominèrent la région jusqu’au XXe siècle.
C’est alors qu’un homme, Théodore Herzl, conçut, avec quelques intellectuels ou activistes juifs, le projet d’organiser le retour du peuple hébreu sur sa terre de l’Ancien Testament. En 1897, le Congrès de Bâle acta la création de l’Organisation sioniste mondiale dont l’objectif était clairement la création d’un Etat d’Israël.
L’affaire était ambitieuse : au recensement ottoman de 1849, sur 350 000 habitants, on décompta 85% de musulmans sunnites, 11% de chrétiens et 4% de Juifs. Pourtant, l’appel de Herzl fut entendu et un mouvement d’émigration commença, venant notamment de Russie, de Pologne et d’autres pays d’Europe de l’est. Ces nouveaux arrivants n’étaient guère pratiquants. Ils étaient même pour certains très orientés vers le socialisme ou le marxisme. Leur identité juive ne se confondait que rarement avec une identité judaïque.
Influencés par les idées collectivistes, ils s’orientèrent vers la mise en commun des moyens de production. En 1909, la première ferme collective, le kibboutz, vit le jour. L’immigration continua et, en 1914, sur 800 000 habitants, 10% étaient juifs.
En 1917, deux évènements changèrent l’histoire. Tout d’abord, la célèbre déclaration Balfour qui promettait un foyer national au peuple juif. Cette « déclaration » était en réalité une lettre adressée par le ministre anglais des Affaires étrangères à Lord Rothschild. Pourquoi une telle démarche ? Il y eut de multiples raisons mais au premier chef on peut citer le souci d’affaiblir l’Empire ottoman par la création d’un Etat juif ami de la Grande-Bretagne, ainsi que la sympathie messianique des protestants anglais, persuadés que l’arrivée du peuple juif en Israël préluderait au retour du Christ sur terre selon leur lecture de l’Ancien Testament. On retrouve aujourd’hui cette idée chez les Evangéliques américains, grands soutiens de Donald Trump.
Le problème, c’est que les Britanniques, peu embarrassés par des engagements multiples et contradictoires, avaient promis aux Arabes une Palestine indépendante en échange de leur soulèvement contre les Turcs. Lawrence d’Arabie fut un des messagers (de bonne foi lui) de cette promesse.
Les Anglais ont donc aidé au retour des juifs en Israël tout en promettant l’indépendance de la Palestine aux arabes. Or, il s’agit peu ou prou du même territoire. A ce niveau de duplicité, on reconnaît bien la Grande-Bretagne.
Alors que les Arabes attendaient naïvement la réalisation de la promesse anglaise et n’avaient pas encore perçu la nouvelle menace, les Juifs s’activaient. Sachant fort bien qu’ils seraient toujours minoritaires, ils décidèrent très vite d’utiliser la force, seul moyen d’arriver à leur fin : la création de l’Etat d’Israël.
En 1920, la première milice paramilitaire juive fut créée : la Haganah. Son but était de protéger les communautés juives et de poser les bases d’une future armée. Elle fabriquait clandestinement des armes et recevait de l’argent de la diaspora américaine. Certains militants sionistes la jugèrent trop modérée et créèrent l’Irgoun en 1931 dont un des chefs emblématiques fut Menahem Begin, futur premier ministre.
La montée en puissance et la militarisation de la communauté juive commença à inquiéter sérieusement les Arabes qui exigèrent des Britanniques l’indépendance promise. N’obtenant rien, comme prévu, ils lancèrent une grande révolte de 1935 à 1939. Elle échoua et la répression britannique fut très violente. Pragmatique, la Haganah donna un coup de main à son meilleur ennemi anglais. Pour apaiser les tensions, une fois la répression achevée, les Anglais renouvelèrent aux arabes leur promesse d’indépendance sans, bien sûr, avoir la moindre intention de tenir leur parole.
Pendant la seconde guerre mondiale, de nombreux membres des milices juives s’engagèrent dans l’armée britannique, espérant ainsi négocier plus facilement une indépendance à leur profit. En vain. Les Anglais étaient toujours décidés à rester.
Alors l’Irgoun frappa. Le 22 juillet 1946 elle fit exploser une bombe au King David, l’hôtel emblématique de Jérusalem, siège du quartier général britannique. Il y eut 91 morts : des Arabes, des Juifs et des Britanniques, officiers de l’armée et des services de renseignement. Derrière l’attentat, qui souleva une indignation mondiale, deux futurs premiers ministres israéliens : Menahem Begin et Yitzhak Shamir. La répression fut rude et plusieurs membres de l’Irgoun furent pendus. Mais les Anglais comprirent qu’ils avaient perdu et que l’Irgoun pourrait recommencer à tout moment. En 1947, ils remirent leur mandat à l’ONU. Celle-ci proposa rapidement un partage de la Palestine en deux Etats fragmentés sur huit territoires. Les arabes refusèrent ce plan, trop compliqué de toutes façons.
Dès lors les évènements se précipitèrent pour prendre un cours irréversible. Les milices juives commencèrent à attaquer des villages palestiniens pour en chasser les habitants. Les communautés palestiniennes d’Haïfa ou de Jaffa connurent le même sort. En mars 1948, la Haganah lança le plan Dalet, organisant le processus d’expulsion qui prit un tour massif. Le point d’orgue fut le massacre de Deir Yassine, le 9 avril 1948. Des miliciens juifs massacrèrent tout un village afin de terroriser les Palestiniens et accélérer l’exode. Cette tuerie fut longtemps niée par Israël mais les confessions récentes de miliciens encore vivants, devenus nonagénaires, ont fait éclater la vérité et provoqué une belle empoignade médiatique en Israël.
Pour les Palestiniens, cette période est la Nakba, la catastrophe en arabe. Pour eux, commença le temps de l’exil, des camps, de tentes puis en dur, installés au Liban, en Jordanie ou en Syrie.
Dans la foulée de la Nakba, David Ben Gourion, chef politique des Juifs, proclama l’Etat d’Israël le 14 mai 1948. Ce coup de force inattendu fut couronné de succès. Les Etats-Unis et de nombreux pays occidentaux reconnurent le nouvel Etat. Même l’Union soviétique eut la même démarche peu après. Chez les pays arabes, l’indignation l’emporta. L’Egypte et la Jordanie attaquèrent, ce fut la première guerre israélo-arabe. Il est courant de lire aujourd’hui que cette guerre fut remportée par la nouvelle armée israélienne, née de la fusion des milices qui venaient d’organiser la Nakba.
En réalité, le but de la Jordanie n’était pas vraiment d’attaquer Israël mais plutôt de profiter de la confusion générale pour annexer la Cisjordanie, ce qu’elle fit tout en ajoutant Jérusalem Est à son tableau de chasse. Quant à l’Egypte, elle n’attaqua qu’à moitié également pour ne pas laisser le monopole de l’action à la Jordanie et se contenta de mettre la main sur la bande de Gaza. Elle décida de l’administrer sans l’annexer. La première guerre israélo-arabe n’eut donc pas vraiment lieu. Déjà, le monde arabe lâchait les Palestiniens.
Face à cette nouvelle configuration, sur fond de catastrophe humanitaire, l’ONU décida d’envoyer son émissaire le plus prestigieux : le Suédois Folke Bernadotte af Wisborg. Venant d’un pays neutre (une autre époque…), auréolé de la libération de milliers de juifs obtenus par de périlleuses négociations dans les camps même, Bernadotte arriva pour gérer les problèmes humanitaires et proposer un nouveau partage de territoires.
Mais c’était trop tard, l’Etat d’Israël existait et n’avait plus l’intention d’accepter un Etat palestinien à côté de lui. Bernadotte fut assassiné à Jérusalem le 17 septembre 1948 par des militants de l’organisation Stern. Un officier français, le colonel André Serot, présent à côté de Bernadotte, fut également assassiné. Le monde fut indigné, mais évidemment il ne se passa rien. Les auteurs de l’attentat ne furent même pas poursuivis et le chef du commando devint un des meilleurs amis du Président Ben Gourion. Dès 1948, Israël avait gagné.
Revenir un peu longuement sur cette période nous a semblé indispensable pour mieux comprendre les enjeux actuels du conflit israélo-palestinien. La méthode israélienne est la même : passer en force, sûr que le monde finira par accepter le fait accompli, et ne jamais revenir en arrière. Avec le parapluie américain, à la fois militaire et mystique, Israël n’a rien à craindre, même si Donald Trump est moins commode que Joe Biden. Mais c’est tout de même lui qui a reconnu Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu, lui octroyant ainsi un cadeau religieux inestimable.
La suite de la chronologie n’est qu’un déprimante et sanglante histoire, avec une conclusion immuable : Israël a gagné et les Palestiniens n’auront jamais d’Etat. Les Guerres des 6 jours (1967) et du Kippour (1973) furent des victoires israéliennes, l’une facile, l’autre douloureuse. La création du Fatah puis de l’OLP intervinrent trop tard. Le terrorisme de l’OLP ne servit à rien contrairement à celui des milices juives, très profitable. Il fut d’ailleurs utilisé encore par la suite. Les accords d’Oslo de 1993, seul avancée significative des dernières décennies permettant d’entrevoir un processus de paix, furent réduits à néant par l’assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin par un extrémiste juif. Ce dernier, contrairement à ses prédécesseurs, est toujours en prison : on peut tuer impunément des Palestiniens, un diplomate suédois ou un officier français mais tout de même pas un premier ministre israélien. Il est en prison, mais il a gagné : plus aucun premier ministre n’a osé relancer le processus initié par Rabin, car il sait qu’il y aura une balle pour lui.
A partir de 2004, après la mort de Yasser Arafat, chef de l’OLP, le combat palestinien va s’islamiser. Arafat, qui avait d’ailleurs épousé une chrétienne, tenait à l’aspect nationaliste de la cause palestinienne et il fut le seul chef d’envergure de la Palestine. Après lui, les Palestiniens n’eurent plus le choix qu’entre l’islamisme du Hamas et la corruption du Fatah. Pour Israël, c’est pain bénit, si l’on ose dire.
L’attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas ne fit qu’accélérer la victoire d’Israël. Elle fut à l’aune de ce que sait faire l’islamisme : massacres gratuits sur des gens sans défense, prises d’otages inhumaines. Mais là encore, Israël sut saisir sa « chance » de raser Gaza et de terroriser les Palestiniens, tuant des dizaines de milliers d’entre eux. Les invraisemblables erreurs israéliennes qui ont permis le succès du Hamas le 7 octobre restent énigmatiques, mais finalement la ruine de Gaza et la recolonisation parallèle de la Cisjordanie servent les desseins d’un Netanyahou plus guerrier que jamais. Trump a fini par l’arrêter mais après la ruine de Gaza.
Que peut-il arriver maintenant ? Comme on l’a vu, Israël ne s’arrête jamais. Pour cet Etat, dont la violence est originelle, s’arrêter c’est reculer.
Alors Israël continue à avancer. Tout d’abord au Sud-Liban qu’il colonise sans le dire, ensuite au sud-ouest de la Syrie, sous prétexte de protéger ses amis druzes. Après l’annexion officielle, et bien sûr définitive, du Golan, ce sont quelques hectares supplémentaires qui sont ainsi grapillés et ne seront jamais rendus. Il faudrait un ordre formel des Etats-Unis pour que ce soit le cas et l’on ne voit pas bien pourquoi aujourd’hui il serait donné.
Netanyahou et ses alliés suprémacistes rêvent maintenant du fameux « Grand Israël », celui de l’Ancien Testament. Longtemps considéré comme un fantasme extrémiste, ce concept prend corps progressivement dans la société israélienne. Ainsi, la classe politique israélienne appelle de plus en plus la Cisjordanie « la Judée-Samarie ». Pendant l’invasion de Gaza, de nombreux soldats de Tsahal arboraient un écusson où la carte du Grand Israël était dessinée. Cette carte reprend les frontières actuelles de l’Etat hébreux en y rajoutant une partie du Liban, de la Syrie, de l’Irak, de l’Arabie saoudite et de l’Egypte, dont le Sinaï bien sûr.
Pour ces trois derniers pays, ce n’est évidemment pas possible pour l’instant, mais pour le Liban et la Syrie, en plein chaos, l’occasion semble belle.
Israël a gagné la guerre contre la Palestine, mais d’autres conquêtes sont à venir.
Antoine de Lacoste dans Le Nouveau Conservateur
19/02/2026
Près d’une semaine après la rencontre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X au Vatican, Mgr Athanasius Schneider a exprimé son désaccord avec l’affirmation du cardinal Víctor Manuel Fernández selon laquelle les textes du Concile Vatican II « ne peuvent pas être modifiés », et a défendu l’idée que les formulations pastorales peuvent effectivement être révisées ou corrigées. C’est ce que rapporte le journaliste Niwa Limbu, du Catholic Herald, dans un message publié sur le réseau social X, où il présente des extraits d’un entretien avec le prélat.
Mgr Schneider soutient que seule la Parole de Dieu est immuable au sens strict. « Ce qui ne peut pas être changé, c’est uniquement la Parole de Dieu. La Bible ne peut pas être modifiée parce qu’elle est la Parole de Dieu », affirme-t-il. Selon lui, la formulation du cardinal Fernández serait « complètement erronée » si elle était appliquée sans distinction aux textes conciliaires.
Le caractère pastoral du Concile Vatican II
L’évêque auxiliaire rappelle que saint Jean XXIII, en convoquant le Concile Vatican II, a clairement indiqué qu’il ne s’agissait pas de définir de nouveaux dogmes ni de trancher définitivement des questions doctrinales. Selon Schneider, le pape avait expressément expliqué que le concile avait une finalité explicative et catéchétique, adaptée au langage de l’époque.
Dans le même esprit, il cite Paul VI, qui aurait réaffirmé que le concile n’entendait pas proclamer de dogmes ni définir des doctrines de manière définitive, mais que son caractère était « principalement pastoral ». Dès lors, soutient-il, les formulations pastorales — puisqu’elles ne constituent pas des définitions dogmatiques — peuvent être améliorées ou corrigées, en raison de leur caractère circonstanciel.
Schneider précise que les dogmes cités par Vatican II, issus de conciles précédents, ne peuvent pas être modifiés. Il distingue toutefois ces enseignements définitifs des expressions pastorales propres au contexte historique du concile.
L’exemple du IVe concile du Latran
Schneider évoque le IVe concile du Latran (1215), soulignant que certaines de ses dispositions pastorales seraient aujourd’hui inacceptables. Il mentionne en particulier l’obligation imposée à l’époque aux juifs de porter des signes distinctifs dans les villes chrétiennes, qualifiant cette mesure de forme de discrimination.
À partir de cet exemple, il pose la question de savoir si de telles expressions conciliaires peuvent être corrigées. Selon son raisonnement, si l’on admet la possibilité de réviser des formulations pastorales issues de conciles antérieurs, la même option pourrait également être envisagée pour certaines expressions de Vatican II.
L’évêque insiste alors sur la nécessité d’examiner honnêtement ce qu’il considère comme des « ambiguïtés évidentes et indéniables » dans certains textes conciliaires, et affirme que d’autres conciles œcuméniques ont connu des ajustements dans leurs déclarations pastorales.
La situation de la FSSPX
Mgr Schneider a évoqué la situation de la FSSPX en proposant qu’une régularisation canonique lui soit d’abord accordée, et que le dialogue doctrinal se poursuive ensuite.
Selon lui, permettre à la Fraternité d’apporter sa réflexion pourrait contribuer à clarifier et à préciser certains points débattus, pour le bien de toute l’Église. Enfin, il a exprimé son inquiétude face à ce qu’il a qualifié de comportement « dur » et « imprudent » de la part du Saint-Siège dans la gestion de cette question.
Source : InfoVaticana
18/02/2026
La vérité nue du sacramental
Il nous est redit en ce jour une réalité physique, spirituelle et carrément brutale : « Souviens-toi que tu es poussière ». Tout prédicateur nous affirmera que le rite des cendres n'est pas un folklore, mais un « sacramental » essentiel destiné à briser les vanités humaines. Dans une société qui valorise l'image et la performance, le rappel de notre finitude agit comme un remède de vérité. « Nous ne faisons que passer », cette reconnaissance de notre fragilité est la porte d’entrée indispensable à la grâce divine. L'humilité n'y est pas présentée comme une faiblesse, mais comme le terreau fertile de la sainteté.
Un diagnostic sans concession de la « misère morale »
Le cœur du message de ce jour que l’Église propose est une analyse concrète de la vie quotidienne, à ne pas se réfugier derrière un « péché abstrait », mais à confronter les réalités tangibles : médisances, jugements intérieurs, négligence de la prière et routine sacramentelle.
Le prédicateur imaginé plus haut pourrait pointer du doigt la « poussière de notre misère morale », dénonçant les compromissions avec l'esprit du temps et la tendance à repousser systématiquement le sacrement de confession. L’honnêteté envers soi-même apparaît ici comme le premier pas d'une véritable métanoïa (conversion).
Les trois piliers de la quarantaine
Pour traverser ce désert de quarante jours, trois piliers sont à mettre en avant, non comme des options, mais comme des nécessités vitales :
La prière : définie comme la « respiration de l’âme », elle doit s’incarner dans des résolutions précises (chapelet, chemin de croix, adoration) où la fidélité prime sur la prouesse.
Le jeûne : présenté comme un acte de réparation souvent incompris par le monde moderne, il permet de ne plus être « esclave de ses envies » mais serviteur de Dieu.
L’aumône : elle dépasse le cadre financier pour devenir un don de soi — temps, attention, patience — capable de briser le mur de l’égoïsme.
Refuser le « Carême de théâtre » “Déchirez vos cœurs et non vos vêtements !”
En conclusion, s’appuyant sur les mots du prophète Joël (2:13), le prédicateur pourrait mettre en garde contre un « Carême de façade » ou de « théâtre ». Le risque serait de pratiquer les rites extérieurs tout en conservant son orgueil ou sa dureté envers le prochain.
Au final, une espérance exigeante : le Carême n’est pas un temps pour « se désoler », mais pour revenir vers un Dieu de miséricorde qui attend l’aveu de notre misère pour mieux nous relever.
Sous le regard de la Vierge Marie, médiatrice de toutes les grâces, l’Église invite à transformer ces cendres en un feu de charité renouvelée.
Source : librement adapté d'une prédication de prêtre diocésain
17/02/2026
Un profil atypique et enraciné
Paul Sugy décrit Quentin Deranque non pas comme un activiste violent, mais comme un intellectuel de terrain. Issu d'un milieu attaché aux traditions, il était animé par une foi profonde qui structurait son existence. (Ndlr : baptisé récent, il avait participé au dernier pèlerinage de Chartres et a été le parrain de confirmation de son propre père !)
L'article souligne donc son engagement religieux mais aussi son ancrage culturel, une vision du monde où la défense de l'identité française et européenne était indissociable de ses racines chrétiennes.
Le récit du lynchage : La haine des idées
L'enquête de Paul Sugy met en lumière la mécanique de l'agression. Ce qui ressort du récit, c'est la dimension ciblée de l'attaque. Quentin n'a pas été victime d'un différend de droit commun, mais bien d'un « procès de rue » pour ses prises de position sur les réseaux sociaux et son militantisme.
L'article rapporte des témoignages suggérant que ses agresseurs l'ont insulté pour ses idées avant de passer à l'acte.
L'auteur souligne ainsi le paradoxe d'une époque qui prône la tolérance, mais où l'expression d'une pensée « identitaire » peut conduire d'une mise au ban jusqu'au meurtre.
Un symbole pour une partie de la jeunesse
L'article analyse également l'onde de choc provoquée par cette mort dans les milieux catholiques. Quentin Deranque devient, malgré lui, la figure de proue d'une jeunesse qui se sent minoritaire dans ses convictions et menacée physiquement par une hostilité croissante dans certains quartiers ou milieux militants d'extrême-gauche.
C'est aussi une jeunesse qui se sait clairement incomprise et régulièrement humiliée par les médias mainstream, que Paul Sugy semble ici vouloir corriger en offrant une tribune à la dignité du défunt. Merci à lui !
Ce qu'il faut retenir
L'article de Paul Sugy a l'intérêt de révéler une partie des fractures françaises actuelles. Il pose la question de la sécurité des opinions dans l'espace public.
L'auteur ne se contente pas de rapporter des faits ; il interroge la responsabilité d'un climat politique où la "diabolisation" de l'adversaire finit par légitimer le passage à l'acte violent chez certains. Quentin Deranque est un martyr de ses convictions, dont le seul crime était d'aimer son pays et de témoigner de sa foi avec une ferveur jugée provocante par ses détracteurs.
Paul Sugy signe ici un texte empreint de gravité, qui invite à réfléchir sur la radicalisation des oppositions idéologiques en France et sur le prix, parfois tragique, de l'engagement.
16/02/2026
Un essor statistique fulgurant
Le point de départ est un chiffre vertigineux avancé par certains sociologues, dont Fenggang Yang de l'université de Purdue : si la tendance actuelle se poursuit, la Chine pourrait compter près de 250 millions de chrétiens d'ici à 2030.
Le constat : Ce chiffre propulserait la Chine au rang de premier pays chrétien au monde, devant les États-Unis et le Brésil.
La réalité du terrain : On observe une multiplication des « églises de maison » (non officielles) qui échappent au contrôle étroit de l'Association patriotique (l'Église officielle supervisée par le Parti).
Pourquoi un tel succès ?
L'article souligne que le christianisme ne progresse plus seulement dans les campagnes, mais séduit désormais les élites urbaines et les intellectuels.
Le vide spirituel : Après des décennies de communisme pur et dur suivies d'une course effrénée à la consommation, beaucoup de Chinois cherchent un sens qui dépasse le simple gain matériel.
Une quête éthique : Le christianisme est souvent perçu comme un vecteur de valeurs morales et de solidarité sociale dans une société jugée parfois trop individualiste.
La modernité : Contrairement à certaines idées reçues, la foi est vue par beaucoup de jeunes cadres comme compatible avec une vision moderne et occidentale du monde.
Un défi de taille pour le Parti Communiste
Face à cette croissance, Pékin oscille entre méfiance et contrôle. Le gouvernement de Xi Jinping a durci le ton ces dernières années à travers une politique de « sinisation » des religions :
Les croix sont parfois retirées des édifices.
Les activités religieuses sont strictement encadrées pour s'assurer qu'elles ne menacent pas l'autorité du Parti.
L'objectif de l'État : que la foi reste une affaire privée et, surtout, qu'elle soit "compatible" avec le socialisme à la chinoise.
💡 Ce qu'il faut en retenir
L'article de La Croix nous rappelle que la Chine n'est pas qu'une puissance économique et technologique ; c'est aussi un laboratoire spirituel géant. Que le chiffre de 2030 soit atteint ou non, le centre de gravité du christianisme est indéniablement en train de glisser vers l'Asie et le Sud global.
Le saviez-vous ? En Chine, le nombre de chrétiens dépasse déjà, selon certaines estimations, le nombre de membres du Parti Communiste Chinois (environ 98 millions). Un paradoxe qui explique la nervosité de Pékin.
16/02/2026
Regarder et parler à Jésus : la fidélité de la prière
Aimer, c’est d’abord être présent. On ne peut aimer quelqu'un à qui l'on ne parle jamais.
Contempler sa Passion : prenons le temps de regarder le Christ, particulièrement dans le récit de sa Passion ou en fixant notre crucifix.
La simplicité avant tout : La prière peut être pauvre ou difficile. Si les mots vous manquent, ne nous décourageons pas. Les prières des siècles passés, comme le Notre Père ou le Je vous salue Marie, suffisent à combler le cœur de Dieu.
Visiter le Saint-Sacrement : allons le voir là où il nous attend, dans le silence de l'adoration.
Lui obéir : offrir notre volonté.
L’amour n'est pas qu'un sentiment, c’est une décision de la volonté. Obéir à Jésus, c’est lui dire : « Seigneur, je veux ce que Vous voulez. »
Cela passe par deux étapes essentielles :
Quitter le péché volontaire : on ne peut pas prétendre aimer Jésus tout en choisissant délibérément ce qui nous sépare de lui.
Accueillir la "croix non choisie" : La croix la plus sanctifiante est souvent celle que l’on n’a pas choisie : une épreuve, une contradiction, une humiliation ou un imprévu du quotidien. Accepter ces moments avec foi, c’est s’unir réellement à Lui.
Le sacrifice caché : la fleur de la charité
Le Carême n'est pas une quête de performances héroïques. Ne cherchons pas de grandes mortifications qui ne serviraient qu'à flatter notre orgueil spirituel.
Le véritable sacrifice se niche dans les petites choses faites avec un grand amour :
Retenir un mouvement d'impatience.
Offrir un sourire quand on est fatigué.
Un service discret, une parole douce, un pardon accordé.
Ces occasions sont des trésors spirituels. Une petite action, lorsqu'elle est faite par pur amour, possède une valeur infinie devant Dieu.
Revenir à Lui : la grâce des sacrements
Enfin, aimer Jésus, c’est courir vers sa miséricorde. Il n’y a pas de saint Carême sans une rencontre renouvelée dans deux sacrements : la confession et l'eucharistie.
Ne nous laissons pas gagner par l'habitude ou le découragement face à nos fautes. La confession nous donne la force surnaturelle dont nous avons besoin, tandis que la communion vient consoler le Cœur de Jésus, si souvent offensé par l'indifférence du monde. Approchons-nous de ces "merveilles" avec un regret sincère de nos misères et une confiance absolue en sa bonté.
Concluons : un Carême humble et caché.
Que notre marche vers Pâques soit humble et fidèle. Ne cherchons pas à attirer l’attention sur nos efforts, car le fruit du Carême se perd dès qu'on s'en vante. Restons cachés en Dieu, portés par l'aide maternelle de la Vierge Marie.
C’est l’intention d’amour qui donne tout son prix à nos actions. Bon Carême à tous !
Source : recension de la prédication de M. l'abbé pour le dimanche de Quinquagésime.
09/02/2026
Les principales accusations du rapport américain
Selon les documents obtenus par la Commission parlementaire américaine (souvent via des citations à comparaître de grandes entreprises technologiques) :
Pression sur les algorithmes : La Commission européenne aurait fait pression sur les plateformes (X, Meta, TikTok) pour modifier leurs algorithmes de modération de manière globale, affectant ainsi la liberté d'expression des citoyens américains.
Ciblage politique : Le rapport affirme que la modération demandée par l'UE ne vise pas seulement les contenus illégaux (violence, pédopornographie), mais cible spécifiquement des opinions politiques conservatrices, des critiques sur l'immigration, ou des débats sur le climat et le COVID-19.
Contournement de la Constitution : Les élus américains dénoncent une « exportation » de la censure européenne vers les États-Unis, contournant ainsi le Premier Amendement de la Constitution américaine qui protège la liberté d'expression de façon beaucoup plus large qu'en Europe.
Sanctions comme menace : Le rapport souligne que la menace d'amendes allant jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires mondial force les plateformes à une « surmodération » préventive.
Sources et écho médiatique
Cette affaire a créé un vif débat médiatique (mais plutôt feutré en France), principalement divisé selon les lignes éditoriales :
Médias Conservateurs et Alternatifs : Des publications comme le Hungarian Conservative (lié à l'écosystème de Balázs Orbán) ou des médias proches de la mouvance "libertarienne" américaine relayent largement ces conclusions, parlant de « Censorship Files » européens. Ils y voient la preuve d'une dérive autoritaire de Bruxelles.
Médias "Mainstream" et Institutionnels : Des sources comme Boursorama (via Media Services) ou des journaux européens rapportent l'existence de ce rapport tout en le présentant comme une offensive diplomatique et idéologique de la part du camp républicain américain. Ils soulignent souvent que le DSA vise officiellement à protéger les citoyens contre les contenus réellement illégaux et la désinformation massive.
Réponse de l'Union européenne : La Commission européenne a publié des mises au point (notamment via sa représentation en France) affirmant que le DSA est « protecteur des libertés » et qu'il "inclut des garanties de recours pour les utilisateurs dont les contenus auraient été injustement retirés."
Un lien avec Balázs Orbán (*)
Il est intéressant de noter que Balázs Orbán a lui-même commenté ces développements récemment. Il utilise ce rapport américain pour soutenir sa thèse selon laquelle l'UE s'éloigne des valeurs démocratiques de liberté d'expression pour protéger un « récit officiel ». Pour lui, ce rapport valide la stratégie hongroise de résistance aux régulations numériques bruxelloises.
(*) Qui est Balázs Orbán ?
Né en 1986, il est le Directeur politique de Viktor Orbán, président de la république de Hongrie (avec qui il n'a aucun lien de parenté, malgré le nom de famille commun). Il est souvent décrit comme le cerveau stratégique ou le "dauphin" potentiel du Premier ministre hongrois.
07/02/2026
Chers amis, la fête que nous célébrons aujourd'hui — que l'on appelle aussi la fête de la Lumière ou la Chandeleur — est d'une profondeur mystérieuse et d'une richesse doctrinale admirable. Elle commémore la Présentation de l'Enfant Jésus au Temple et la Purification de la Vierge Marie.
À travers la symbolique du cierge, nous célébrons le Seigneur Jésus-Christ, Lumière du monde, venu pour « éclairer les nations », selon les mots du prophète Siméon. Cette flamme manifeste également la grâce sanctifiante, cette vie du ciel déjà commencée ici-bas dans nos âmes.
Je vous propose de méditer cette richesse à travers trois points essentiels.
Jésus-Christ, la Lumière véritable
Quarante jours après sa naissance, porté par la Vierge Marie et Saint Joseph, le Seigneur entre dans son Temple. Ce lieu sacré, bâti pour la gloire de Dieu, reçoit enfin celui qui était annoncé. C’est un moment unique : Dieu le Fils est présenté au Père.
Mais au-delà de la présentation, Jésus est déjà l'Agneau offert. Dès l'aurore de sa vie, à quarante jours, il est déjà victime et Sauveur, venu pour être immolé. Lorsque le vieillard Siméon le prend dans ses bras et chante son cantique, il reconnaît le sommet de la Révélation : Jésus n'est pas une « sagesse humaine » parmi d'autres, il est la Lumière qui purifie le cœur et arrache l’âme aux ténèbres de l’erreur et du péché.
2. Porter le Christ : notre vocation quotidienne
Le deuxième enseignement de cette fête est pratique : comme Marie a porté Jésus au Temple, nous devons, nous aussi, porter le Christ au monde.
Cela ne passe pas nécessairement par de grands discours, mais par une vie habitée par l’amour du Seigneur. Rayonner le Christ suppose trois conditions :
Une foi vive : et non une routine tiède.
Un amour ardent : le rayonnement du Cœur de Jésus.
Une vie donnée : un catholique qui refuse la croix devient une lampe éteinte. Au contraire, celui qui accepte de s'offrir devient un flambeau qui touche les âmes, parfois sans même le savoir.
Certes, ce rayonnement peut susciter la contradiction. Comme le prophète Siméon l'a annoncé, Jésus est un signe de division car la lumière révèle la noirceur des œuvres du monde. Dans ce combat spirituel, nous serons parfois incompris ou persécutés, mais c’est au cœur de cette « défaite apparente » que se prépare la victoire finale, à l'image de la Croix.
3. Marie, associée à la Rédemption
Enfin, l'Évangile nous tourne vers le cœur douloureux et immaculé de Marie. L'annonce du glaive de douleur qui transpercera son âme souligne une vérité certaine : la Vierge Marie est étroitement associée à l’œuvre rédemptrice de son Fils.
Si Jésus est l’unique source de la Rédemption, Marie s'y est unie d'une manière maternelle et sacrificielle unique. En offrant son enfant au Temple, elle le prépare déjà intérieurement au sacrifice de la Passion. Elle participe à notre salut par son union parfaite à la souffrance du Christ.
Concluons :
En ce jour de fête, demandons à la Vierge Marie que notre foi ne soit pas un cierge rangé ou oublié, mais une flamme brûlante. Que notre vie chrétienne ne soit pas une simple apparence, mais un témoignage fidèle jusqu'à notre dernier souffle.
Quittant les ombres d'ici-bas, puissions-nous un jour entrer dans la lumière éternelle pour y retrouver le Christ et sa sainte Mère.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
06/02/2026
05/02/2026
1. La sainteté n'est pas ce que l'on croit souvent.
Loin d’être une prouesse athlétique ou une absence totale d'imperfections réservée à une élite, la sainteté est l'amour concret, personnel et radical pour le Seigneur. C’est préférer ce qu’Il aime à ce que nous aimons, et unir chaque jour notre volonté à la Sienne.
2. Le combat contre la "dispersion"
Soyons en garde contre la « dispersion » et l'oisiveté du cœur. Ce n'est pas forcément faire "rien", mais c'est laisser notre amour s'étioler dans l'habitude et le confort.
Le danger : Un amour qui ne se renouvelle pas finit par se replier sur lui-même.
Le constat : Nos cœurs sont souvent partagés entre le désir de Dieu et l'attachement à notre propre confort, à notre image ou à une paix "sans la Croix".
3. Le Carême : une purification, pas une contrainte
Le temps qui s’ouvre ne doit pas être vécu comme une obligation pesante, mais comme une opportunité de décentrer notre cœur.
Se relever : La sainteté ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à se relever toujours avec confiance et humilité.
Transformer l’ordinaire : L’amour humble rend puissants les actes les plus banals. Il transforme nos devoirs quotidiens en offrandes précieuses.
4. Pour qui courons-nous ?
En écho à Saint Paul, la question nous est posée : pour quel prix courons-nous ? Est-ce pour notre orgueil, pour notre confort spirituel, ou véritablement pour l'amour du Christ ?
"Au soir de cette vie, ce ne sera pas la somme de nos performances qui sera pesée, mais la vérité et l'intensité de notre amour pour le Seigneur Jésus-Christ."
Que la Sainte Vierge nous aide à vivre ce temps de conversion non comme une performance, mais comme une marche vers une liberté plus grande : celle d'aimer Jésus simplement, profondément et fidèlement.
Source : tiré d'une prédication