Le blog du Temps de l'Immaculée.

Le Combat Spirituel Ne pas se tromper d’adversaire

21/02/2026

Le Combat Spirituel  Ne pas se tromper d’adversaire

En ce temps de Carême, la liturgie nous place d'emblée face à une réalité souvent occultée : l'existence du démon et la nécessité du combat spirituel. Décryptons les ruses de « celui qui divise » pour mieux nous ancrer dans l’espérance chrétienne avec cette prédication pour le premier dimanche de Carême.

 

 

 

 

L’Anatomie de la Tentation selon Saint Thomas d’Aquin
S'appuyant sur l'enseignement du Docteur, le prédicateur nous rappelle que le démon est un fin stratège. Sa méthode ? La progressivité. Pour une âme vertueuse, il ne propose jamais le grand péché d’emblée, mais commence par des « petits riens », des concessions légères qui finissent par émousser la vigilance.

 

Le Christ, dans l'Évangile, affronte les trois archétypes de nos propres luttes :

Le pain (Le besoin naturel) : L'attrait pour le fruit défendu, l'immédiateté du besoin physique.

Le saut du temple (La vaine gloire) : Le désir de briller, d'agir par ostentation ou de forcer la main de Dieu.

Les royaumes du monde (La soif de puissance) : La tentation de la richesse et de la reconnaissance mondaine (illustrée ici par les promesses illusoires de la Franc-Maçonnerie par exemple).

 

L’Humilité : L'Arme Fatale du Christ
Une leçon majeure de cette méditation réside dans la manière dont Jésus répond au tentateur. Bien qu'Il soit Dieu, Il n'utilise pas Sa puissance divine foudroyante. Il choisit un moyen humble : la citation de l’Écriture.

« Jésus utilise un moyen à mesure humaine pour répondre au démon. Celui-ci se trouve ainsi humilié et agacé par cette réponse si simple. »Face à la tentation du pain (le besoin naturel) :

« Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Deutéronome 8, 3).

Face à la tentation de se jeter du haut du temple (l'ostentation/la vaine gloire) :

« Il est aussi écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » (Deutéronome 6, 16).

Face à la tentation du pouvoir et des royaumes (l'idolâtrie) :

« Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c’est lui seul que tu adoreras. » (Deutéronome 6, 13).


C'est une invitation pour nous : face à la tentation, inutile de chercher des stratégies complexes. L'humilité et la fidélité à la Parole de Dieu sont nos meilleurs remparts.

 

Les Pièges Contemporains : Peur et Déception
Le prédicateur nous met en garde contre une forme de présence satanique plus subtile dans notre monde actuel : le travestissement du mal en bien. S'inspirant de Bernanos, il évoque ces « vertus chrétiennes devenues folles ».

La fausse prudence : Qui devient une peur de l'engagement et un repli sur soi.

Le poison de la déception : C’est sans doute le point le plus percutant. L'âme déçue par la réalité ou par l'Église finit par croire Dieu impuissant. Elle cherche alors à sauver les choses par ses propres forces humaines, quitte à blesser la charité.

L'endurcissement : Le risque de se couper de la miséricorde par une volonté de fer qui finit par s'enfermer loin de Dieu.

 

Conclusion : Une Victoire qui ne nous appartient pas
Le combat est réel, et notre cœur en est le champ de bataille. Cependant, la prédication s'achève sur une note de profonde espérance. Si nous devons agir, nous ne devons pas compter sur nos propres forces.

 

Le Christ a « exorcisé » la tentation en la vivant. La victoire finale appartient à Dieu et passe par l'intercession de la Sainte Vierge. Ce Carême n'est pas une performance athlétique de la volonté, mais un abandon confiant entre les mains de Celui qui a déjà vaincu le monde.

Librement adapté de la prédication d'un prêtre diocésain pour le 1ᵉʳ dim. de Carême