Le blog du Temps de l'Immaculée.
16/02/2026
Le titre semble provocateur, et pourtant, il repose sur des projections statistiques sérieuses. Alors que l’on associe souvent la Chine au matérialisme d'État ou au confucianisme, une lame de fond spirituelle parcourt le pays. Voici ce qu'il faut retenir de l'article de La Croix du 22 janvier dernier .
Un essor statistique fulgurant
Le point de départ est un chiffre vertigineux avancé par certains sociologues, dont Fenggang Yang de l'université de Purdue : si la tendance actuelle se poursuit, la Chine pourrait compter près de 250 millions de chrétiens d'ici à 2030.
Le constat : Ce chiffre propulserait la Chine au rang de premier pays chrétien au monde, devant les États-Unis et le Brésil.
La réalité du terrain : On observe une multiplication des « églises de maison » (non officielles) qui échappent au contrôle étroit de l'Association patriotique (l'Église officielle supervisée par le Parti).
Pourquoi un tel succès ?
L'article souligne que le christianisme ne progresse plus seulement dans les campagnes, mais séduit désormais les élites urbaines et les intellectuels.
Le vide spirituel : Après des décennies de communisme pur et dur suivies d'une course effrénée à la consommation, beaucoup de Chinois cherchent un sens qui dépasse le simple gain matériel.
Une quête éthique : Le christianisme est souvent perçu comme un vecteur de valeurs morales et de solidarité sociale dans une société jugée parfois trop individualiste.
La modernité : Contrairement à certaines idées reçues, la foi est vue par beaucoup de jeunes cadres comme compatible avec une vision moderne et occidentale du monde.
Un défi de taille pour le Parti Communiste
Face à cette croissance, Pékin oscille entre méfiance et contrôle. Le gouvernement de Xi Jinping a durci le ton ces dernières années à travers une politique de « sinisation » des religions :
Les croix sont parfois retirées des édifices.
Les activités religieuses sont strictement encadrées pour s'assurer qu'elles ne menacent pas l'autorité du Parti.
L'objectif de l'État : que la foi reste une affaire privée et, surtout, qu'elle soit "compatible" avec le socialisme à la chinoise.
💡 Ce qu'il faut en retenir
L'article de La Croix nous rappelle que la Chine n'est pas qu'une puissance économique et technologique ; c'est aussi un laboratoire spirituel géant. Que le chiffre de 2030 soit atteint ou non, le centre de gravité du christianisme est indéniablement en train de glisser vers l'Asie et le Sud global.
Le saviez-vous ? En Chine, le nombre de chrétiens dépasse déjà, selon certaines estimations, le nombre de membres du Parti Communiste Chinois (environ 98 millions). Un paradoxe qui explique la nervosité de Pékin.