Le blog du Temps de l'Immaculée.
05/02/2026
Dans un reportage poignant publié par Le Figaro, le journaliste Amaury Coutansais-Pervinquière donne la parole au père Bashar Fawadleh, curé de Taybeh. Ce village n’est pas une localité comme les autres : selon St Jean, c'est à Ephraïm (nom biblique de Taybeh) que Jésus s'est retiré avant sa Passion (Jn 11,54). C’est aussi le dernier village 100 % chrétien de Cisjordanie, un îlot de résistance spirituelle et culturelle niché dans un environnement de plus en plus hostile voulu par les colons Israéliens..
Un quotidien placé sous le signe de l'insécurité
L'article met en lumière un basculement. Si la coexistence a longtemps été la norme, le "cri d’alarme" du curé révèle une réalité brutale. Entre la pression de la colonisation israélienne d'un côté et la montée des tensions locales de l'autre, les habitants de Taybeh se sentent pris en étau.
« Nous ne nous sentons pas en sécurité », confesse le père Bashar, soulignant que la peur n'est plus une exception, mais une constante.
Les points clés de cette agonie
L'exode rural et confessionnel : Face à l'absence de perspectives économiques et à l'insécurité croissante, la jeunesse chrétienne quitte la terre de ses ancêtres.
L'isolement géographique : Le village subit les contrecoups directs du conflit, avec des restrictions de mouvement qui étouffent la vie quotidienne.
Le rôle de l'Église : Plus qu'un guide spirituel, la paroisse devient le dernier rempart social, tentant de maintenir un sentiment de communauté malgré l'effritement démographique.
L'intérêt de cet article réside dans sa capacité à humaniser des chiffres souvent abstraits. On n'y parle pas seulement de géopolitique, mais de visages, de clochers qui risquent de se taire et d'un patrimoine vivant qui s'efface. Taybeh est présenté comme le baromètre de la présence chrétienne en Terre Sainte : si ce village tombe ou se vide, c'est toute une page de l'histoire d'Orient qui se ferme.
L'article du Figaro réussit à capturer l'essence d'une tragédie, silencieuse car critiquer les exactions des colons israéliens fait passer pour antisémite. Il nous rappelle que derrière les lignes de front médiatiques, il existe des zones d'ombre où des communautés millénaires luttent simplement pour le droit de rester chez elles.