Le blog du Temps de l'Immaculée.
03/02/2026
Dans un article fleuve pour Le Figaro, le vaticaniste Jean-Marie Guénois lève le voile sur un phénomène que peu d’observateurs avaient vu venir : le réveil vocationnel d’une génération de nouveaux convertis. Loin des clichés sur une Église en déclin terminal, l'enquête révèle une dynamique paradoxale où la "qualité" semble vouloir compenser la perte de "quantité".
1. Le "miracle" des chiffres : une croissance à trois chiffres
L'article s'ouvre sur un constat saisissant à Rennes : le passage de 4 à 18 candidats en propédeutique (l’année de prépa au séminaire) en un an. Mais au-delà de la Bretagne, c'est toute la France qui semble frémir.

2. Pourquoi ce retour de flamme ?
Guénois identifie plusieurs facteurs qui poussent ces jeunes vers le presbytère ou les fonts baptismaux :
L’effet "post-Covid" : Un besoin viscéral de sens face au vide existentiel et à l'isolement numérique.
Une démarche autonome : Beaucoup arrivent à la foi seuls, via internet ou la lecture de la Bible, avant de pousser la porte d'une église.
Une identité décomplexée : Contrairement à leurs aînés, ces jeunes acceptent d'être minoritaires et affichent fièrement leur foi (parfois même par des tatouages, comme le souligne l'auteur).
L'effet "Léon XIV" : L'article évoque l'influence du nouveau pape américain, dont l'image consensuelle semble résonner avec cette génération.
3. Le paradoxe du baptême : "Moins, mais mieux ?"
L'article ne cache pas la réalité brutale de la déchristianisation sociologique : le baptême des bébés s'effondre. > "Seul 1 nourrisson sur 4 a été baptisé en 2023, contre 1 sur 2 en l'an 2000."
Cependant, cette chute du nombre de "catholiques par habitude" laisse place à des "catholiques par choix". Pour certains prêtres cités, ce glissement vers le modèle de l'Église primitive (baptêmes d'adultes) est une opportunité de gagner en profondeur ce que l'on perd en influence sociale.
4. Une Église à deux vitesses ?
L'enquête souligne enfin une disparité géographique et doctrinale frappante :
La concentration des forces : Une poignée de pôles (Paris, Fréjus-Toulon, Communauté Saint-Martin) fournit plus de la moitié des nouveaux prêtres. On n'est pas loin du carré Auteui-Neuilly-Passy-Versailles !
L'attrait du classique : Environ 38 % des candidats optent pour des formations classiques, c'est-à-dire traditionnelles ou "lefebvristes".
Ce qu'il faut en retenir
L’Église qui est en France ne redevient pas la "fille aînée" triomphante, mais elle se transforme en un laboratoire de convictions. Le défi pour l'institution est désormais de canaliser ce "feu de paille" pour en faire un engagement durable, tout en gérant l'intégration de ces profils atypiques, souvent pressés de tout quitter pour le Christ.
L'Esprit souffle-t-il sur les réseaux sociaux et dans les cœurs postconfinement ? C’est en tout cas le pari de cette génération 2025.
Il faut malgré tout modérer notre enthousiasme en raison de la chute toujours en cours des vocations au niveau mondial, ce que révèle LifeSiteNews du 4/01/26 en commentant les statistiques de l’Église catholique publiées par l’agence romaine Fides, à partir des données de l’Annuaire statistique de l’Église parues fin 2025 et concernant l’année 2023.
Il apparaît nettement que le nombre de prêtres et de séminaristes catholiques a diminué dans le monde entier, au cours de l’année 2023. Le nombre total de prêtres dans le monde a baissé de 734 entre 2022 et 2023, malgré une augmentation de 16 millions du nombre de catholiques. Celui des séminaristes a également baissé de 1 986 durant cette période, « confirmant ainsi la persistance […] de la crise que traverse l’Église ».
À nos chapelets !