Le double exil des chrétiens d'Iran
29/01/2026
Famille Chrétienne donne cette semaine la parole à des exilés iraniens en France, croisant récits personnels et analyse religieuse. Il met en lumière une réalité méconnue : la convergence entre la soif de liberté politique et une quête spirituelle qui pousse des milliers de musulmans vers le christianisme, malgré les risques mortels.
La loi qui protège les auteurs interdit de reproduire l'article, mais on peut en faire la recension que voici :
- 1. Des témoignages marqués par la violence du régime
Le récit s'ouvre sur le témoignage de Farideh, une septuagénaire dont le fils, cinéaste, a été torturé pour avoir documenté le mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Son récit illustre la brutalité systématique du régime :
La répression : Les chiffres cités sont vertigineux, allant de 3 000 morts (chiffres officiels) à plus de 30 000 selon certaines ONG.
La surveillance : L'article souligne l'usage des technologies (coupures Internet, espionnage des réseaux sociaux) pour traquer les opposants.
2. Le constat d'un échec de l'islam politique
L'un des points forts de l'article est l'analyse de Behnam, un converti exilé depuis 2008. Il observe un paradoxe frappant : la rigueur du régime a provoqué une désaffection massive pour l'islam officiel.
Mosquées vides : Selon les autorités elles-mêmes, deux tiers des mosquées du pays seraient désertées.
L'attrait du christianisme : Face à un islam perçu comme un outil d'oppression, le christianisme est vu par beaucoup comme une religion de « liberté intrinsèque ».
3. Une Église de « catacombes »
L'article distingue deux types de présence chrétienne en Iran :
Les minorités historiques (Arméniens, Assyriens) : Reconnues mais strictement encadrées (interdiction de prier en persan, interdiction de prosélytisme).
Les « églises de maison » : Composées de convertis issus de l'islam, elles forment une Église clandestine et dynamique. Leurs membres risquent la torture et la mort, l'apostasie étant un crime capital.
4. L'espoir d'un changement de régime
L'article se conclut sur une note politique. Les exilés, bien que réalistes sur la force de frappe des Gardiens de la révolution, perçoivent des signes d'effondrement :
Soutien à la figure de Reza Pahlavi : Mentionné comme un leader potentiel pour la transition.
Appel à l'aide extérieure : La conviction que le peuple seul, face à une dictature armée, aura besoin d'un appui diplomatique ou international pour faire basculer le pouvoir.
Analyse et points clés
L'article de Famille Chrétienne réussit à montrer que la question religieuse n'est pas périphérique, mais centrale dans la contestation actuelle en Iran. La conversion au christianisme y est présentée non seulement comme un choix de foi, mais comme un acte de résistance ultime contre un régime totalitaire qui instrumentalise le sacré.
Note marquante : Le contraste entre le nombre officiel de chrétiens (117 000) et les estimations réelles (entre 500 000 et 3 millions) souligne l'ampleur du phénomène souterrain des « chrétiens des catacombes ».