Le blog du Temps de l'Immaculée.
29/01/2026
L’Église a ouvert en 2022 le procès en béatification d’Elena Calero Bahamonde, jeune Espagnole au parcours ordinaire marqué par la joie, la prière et l’abandon. Décédée en 2014 à seulement 23 ans, elle laisse aux jeunes générations le témoignage d’une foi simple et lumineuse vécue dans chaque détail du quotidien, jusque dans l’épreuve.
Bientôt une nouvelle sainte pour les millennials ? En octobre 2022, l’Église catholique a entamé le procès en béatification d’Elena Calero Bahamonde, une jeune Espagnole morte en 2014 à l’âge de 23 ans, aujourd’hui Servante de Dieu. Une vie brève, toute en simplicité qui a porté de nombreux fruits.
La simplicité joyeuse de la foi
Elena est née en 1990 à Madrid dans une famille chrétienne. Simple, calme, joyeuse, toujours attentive aux autres, elle chante, danse, rêve avec ses sœurs. Une adolescente à la vie ordinaire. Une étape la marque pourtant profondément : la préparation de sa confirmation. Elle y creuse sa foi et la choisit vraiment.
Étudiante en économie, Elena a un petit ami et des projets d’avenir. Ce qui la distingue des autres : son amour pour l’Eucharistie. "Elle était profondément amoureuse du Christ, il était le centre de sa vie", témoigne sa sœur Belén. D’abord engagée dans sa paroisse, Elena trouve ensuite sa place dans un groupe de jeunes où mûrissent son attachement et sa dévotion pour la Présence réelle. Elena sait que l’Église vit de l’Eucharistie et que, sans prêtres, il n’y a pas de sacrements. Presque tous ses messages se terminent par une prière pour les séminaristes et les vocations. Sa dévotion n’est pas une idée abstraite, mais un engagement vécu. "Je veux offrir ma souffrance pour les prêtres et pour de nouvelles vocations", écrit-elle plus tard dans l’un de ses carnets.
"Sans prière, rien n’est possible"
Le cœur de la spiritualité d’Elena réside dans son attachement à l'oraison. Pour elle, prier est aussi vital que respirer, manger ou dormir. Elle assiste presque chaque jour à la messe et reste longuement, en silence, devant le Saint-Sacrement. Tous les vendredis, elle participe à l’Adoration et s’arrête souvent dans une église, sur son chemin de retour des cours, pour prier.
"D’abord la prière. "Sans prière, rien n’est possible", aime-t-elle souvent répéter. Un attachement qui porte des fruits au cœur de ses engagements les plus concrets. Lorsque le groupe de jeunes auquel elle participe s’essouffle, la jeune femme veille discrètement à ce qu’il ne s’éteigne pas. Incitant à la prière commune, elle envoie chaque semaine une citation de saint par mail. Naturellement reconnue comme leader, Elena se distingue par l’exemple plus que par le désir de diriger. Beaucoup témoignent aussi de la manière dont elle prête attention aux plus fragiles, afin que personne ne soit jamais mis de côté.
"Le Seigneur m’appelle à le suivre de plus près"
Mais le 18 juin 2013, à la suite d’une simple prise de sang, un diagnostic tombe : leucémie myéloïde chronique. Au début, la jeune femme espère une guérison rapide. Puis, progressivement, Elena perçoit sa maladie comme un appel personnel de Dieu. Dans ses notes, elle médite sur la souffrance : "Parfois, des pierres surgissent sur notre route. On voudrait se révolter, dire au Seigneur que c’est trop. Mais au lieu de Lui donner nos peines, on gaspille notre peu de force à se plaindre." Jamais elle ne demande "pourquoi ?". Une seule question la suit tout au long de sa maladie : "comment offrir ce qu’elle traverse ?" Durant les mois les plus difficiles, elle établit une liste de personnes et d’intentions à qui elle dédie ses souffrances : le Pape, les prêtres, sa famille, les médecins…
Même dans l’épreuve, elle répète: "Il ne sert à rien de dire ‘Que Ta volonté soit faite’ si je ne suis pas prête à Te donner ce que Tu me demandes. Comme notre cœur devient triste et vide si nous refusons la main tendue de Dieu !" Un an après le diagnostic, elle témoigne aussi : "Le Seigneur m’appelle à le suivre toujours de plus près, sans peur, sans hésitation, seulement par amour."
Unie à la Croix
Avec l’aggravation de la maladie, Elena subit chimios, greffe de moelle, semaines d’hospitalisation, sans jamais se plaindre. Au contraire, elle s’abandonne à Dieu chaque soir, priant devant la croix dans sa chambre. Bien que très affaiblie, elle se rend en pèlerinage à Covadonga, sanctuaire du nord de l’Espagne, et dit simplement : "Je vais voir ma Mère." Alitée et mourante à l’automne 2014, elle pense encore plus aux autres. Lors des derniers jours de sa courte vie, frappée d’encéphalite herpétique provoquant chez elle fièvre, crises convulsives et hallucinations, elle parvient encore à demander, par gestes, la croix et l’Eucharistie.
Son évêque vient lui rendre visite à l’hôpital : le visage d’Elena, bien que marqué par la maladie, brille d’attente. Au prix d’un immense effort, elle reçoit le viatique et l’onction des malades. Le 20 novembre 2014, à 23 ans, Elena rejoint la maison du Père. Son visage resplendit d’une paix profonde. Son père dira plus tard qu’il la voyait comme Jésus dans le tombeau : marquée par la souffrance, transfigurée par la confiance.
La messe de funérailles d’Elena réunit une foule de jeunes. L’ambiance n’est pas triste, mais empreinte d’une profonde espérance. Un témoignage qui dit simplement que le temps de la jeunesse est aussi une période à vivre avec le Christ. Même une vie ordinaire, où la prière, la joie, la fête et les amitiés cohabitent, peut porter de grands fruits. Par son existence, la jeune femme rappelle que le vrai trésor réside dans l’amour offert dans chaque petite chose et dans l’action de grâce. Une louange faite à Dieu dans chaque chose, qu’Elena exprimait par ces mots : "Tout ce que j’ai, c’est Toi qui me l’as donné, Seigneur."
Source : Urška Leskovšek - Hortense Leger ALETEIA