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Consistoire 2026 : Le Cardinal Zen dénonce une « manipulation blindée » du processus synodal

16/01/2026

Consistoire 2026 : Le Cardinal Zen dénonce une « manipulation blindée » du processus synodal

Le récent consistoire extraordinaire des 7 et 8 janvier 2026 au Vatican restera sans doute marqué par une intervention d'une rare intensité. Fidèle à sa réputation de franc-parler, le Cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, a pris la parole devant le Pape Léon XIV pour livrer un réquisitoire sévère contre la direction prise par l'Église ces dernières années, particulièrement concernant le Synode sur la synodalité.

Voici les points essentiels de cette déclaration qui secoue les cercles romains.

Un processus jugé « manipulé » et « verrouillé »
Pour le Cardinal Zen, le chemin synodal entamé sous le pontificat précédent n'a de « dialogue » que le nom. Il n'a pas hésité à qualifier le processus de « manipulation blindée » ou « systématique ».

 

Selon lui, la liberté de délibération des évêques a été confisquée au profit d'un agenda préétabli. Cette méthode constituerait, selon ses mots, une « insulte à la dignité des évêques », réduits à valider des conclusions déjà écrites plutôt qu'à exercer leur rôle de docteurs de la foi.

 

La question de la représentativité du « Peuple de Dieu »
L'un des piliers du Synode est l'écoute du Peuple de Dieu, incluant une participation inédite des laïcs. Le Cardinal Zen soulève pourtant des questions fondamentales :

Représentativité : Les laïcs présents représentent-ils réellement la diversité et la profondeur de la foi des fidèles à travers le monde ?

Discerner ou juger : Il conteste la capacité des évêques à exercer un vrai discernement dans un cadre qu'il juge « verrouillé ».

 

« Le Pape a‑t‑il pu écouter tout le Peuple de Dieu ? » a-t-il interrogé avec force, mettant en doute la légitimité de la base populaire invoquée pour justifier les réformes.

 

 

Le Saint-Esprit face à la Tradition
Le point le plus polémique de son intervention concerne l'invocation constante de la sphère spirituelle. Le cardinal a qualifié de « ridicule et presque blasphématoire » l'usage répété du nom du Saint-Esprit pour légitimer des décisions qui, selon lui, contredisent la Tradition bimillénaire de l'Église.

 

Il craint que le "Document final", au statut juridique flou (« magistral mais non strictement normatif »), ne devienne une source de confusion totale, ouvrant la porte à des interprétations locales divergentes.

 

Le spectre d'une rupture « à l'anglicane »
Le Cardinal Zen a également alerté sur les conséquences œcuméniques et ecclésiologiques de cette décentralisation doctrinale :

Le risque de fracture : en laissant les conférences épiscopales tirer des conclusions différentes sur des sujets de foi ou de morale, l'Église catholique risque de finir comme la Communion anglicane, fragmentée en entités nationales opposées.

L'obstacle orthodoxe : il a rappelé que les Églises orthodoxes, bien que synodales par nature, n'accepteront jamais une vision qui affaiblit l'autorité concrète des évêques au profit de structures bureaucratiques ou laïques.

 


L'intervention s'est achevée sur une critique frontale de la gestion de l'institution. Le Cardinal Zen a affirmé que, sous couvert de promouvoir le mot « Synode », on avait en réalité fait disparaître le Synode des évêques, l'institution même établie par saint Paul VI pour maintenir la collégialité après Vatican II.

Cette déclaration, perçue comme l'une des critiques les plus acerbes de l'ère moderne, pose une question de fond pour l'avenir du pontificat de Léon XIV : comment maintenir l'unité de l'Église face à des visions de la synodalité si radicalement opposées ?