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L’Oraison Funèbre d'un Monde : Philippe de Villiers et la Fin de l’Illusion

09/01/2026

L’Oraison Funèbre d'un Monde : Philippe de Villiers et la Fin de l’Illusion

Dans sa dernière chronique pour le JDD, Philippe de Villiers livre un diagnostic sans concession sur l’état de la géopolitique mondiale. Partant de la capture de Nicolás Maduro le 3 janvier dernier, il décrit non pas un simple fait divers international, mais le point de bascule définitif vers un nouveau paradigme. Pour l’écrivain-homme politique, nous avons changé d'ère en une nuit.

Le Grand Réveil : de 1989 à 2026
Villiers met en parallèle deux dates : le 9 novembre 1989 (chute du mur de Berlin) et ce 3 janvier (chute de l’ordre post-Guerre froide).

Il fustige l'aveuglement des élites occidentales qui, pendant trente ans, ont cru à « la fin de l’Histoire » théorisée par Francis Fukuyama. Ce temps de l’euphorie, marqué par les « dividendes de la paix » et la croyance en un commerce pacificateur, est désormais révolu. La « parousie des libéraux » a laissé place à une réalité bien plus rugueuse.

 

Les 4 piliers du nouveau chaos mondial
Selon Villiers, le basculement actuel s’articule autour de quatre phénomènes majeurs :

 

Le retour des États-puissances : nous revenons à un monde « néo-westphalien ». Les grandes nations ne cherchent plus le consensus, mais la puissance pure. Il cite le « gros bâton » américain, les rêves impériaux d’Istanbul, de Téhéran et la volonté russe d’accès aux mers chaudes.

 

La logique des zones d’influence : le monde se fragmente en trois blocs. Villiers évoque le retour de la doctrine Monroe pour les États-Unis (l’hémisphère occidental), la doctrine Catherine II pour la Russie et le retour de l’Empire du Milieu pour la Chine.

 

L’effondrement du multilatéralisme : Les instances internationales (ONU, OMC, CPI) sont jugées moribondes. Le pouvoir bascule vers le Sud global et les BRICS, créant un ordre « postoccidental » où le droit international s’efface devant la force.

 

Le « trou noir » européen : C'est le constat le plus sévère de Villiers. L'Union européenne, conçue comme un espace juridique et marchand sans ambition de puissance, se retrouve démunie. Faute de racines politiques et nationales, elle serait, selon lui, « soufflée par l’Histoire ».

 

La souveraineté comme unique rempart
La conclusion de la chronique sonne comme un cri de ralliement. Face à un monde de « prédation », l'auteur invoque la figure de Charles Pasqua pour rappeler une vérité fondamentale : une nation ne peut compter que sur elle-même.

 

Pour Philippe de Villiers, le temps du droit abstrait est fini ; celui de l'identité, de la nation et de la souveraineté est revenu. Son texte est une invitation à sortir de la naïveté pour embrasser à nouveau la grammaire de la puissance.

 

L'essentiel en une phrase : pour Philippe de Villiers, la capture de Maduro symbolise la fin de l'utopie mondialiste et le retour brutal à un monde de blocs et de puissances nationales.


Source : Chronique de Ph. de Villiers, «Quand l'Histoire bascule en une seule nuit» Le JDD