Le blog du Temps de l'Immaculée.
04/01/2026
En Iran, la crise de l’eau est devenue l’un des principaux moteurs du mécontentement social, et une partie des slogans de rue exprime effectivement une nostalgie du Shah ou un désir de restauration monarchique, même si l’ampleur réelle de cette demande reste discutée. Les chrétiens restent d'abord préoccupés de leur survie communautaire.
Crise de l’eau et colère sociale
L’Iran connaît depuis des années une crise structurelle de l’eau, liée à la sécheresse, au changement climatique, mais surtout à la mauvaise gestion (barrages, cultures gourmandes, industrie lourde en zones arides, surexploitation des nappes).
En 2021 déjà, des pénuries sévères dans la province de Khuzestan avaient déclenché des manifestations qui s’étaient étendues à d’autres régions.
En 2025, la situation s’est aggravée : dans plusieurs villes et villages, les habitants ont subi des coupures d’eau de plusieurs jours, souvent combinées à des coupures d’électricité et à des vagues de chaleur, ce qui a provoqué des rassemblements, notamment à Sabzevar, Marvdasht, Rasht, ainsi que dans des quartiers de Téhéran et Chiraz.
Des slogans sur l’eau qui deviennent politiques
Les manifestations liées à l’eau partent souvent de revendications très concrètes (“eau, électricité, vie – nos droits fondamentaux”, “eau potable, rivières vivantes, droit à la vie”), puis se transforment en slogans explicitement politiques du type “À bas le dictateur” ou “Mort à Khamenei”.
Les observateurs soulignent que de plus en plus d’Iraniens relient directement pénuries d’eau, coupures de courant et difficultés économiques à la corruption du régime et à l’inefficacité de l’État, faisant de la crise de l’eau un symbole de la faillite globale du système.
Nostalgie du Shah et “rêve” monarchiste
Depuis les grandes mobilisations de 2019–2022, des vidéos de manifestations montrent des foules scandant “Javid Shah” (“Que vive le Shah”) ou brandissant des drapeaux de l’ancienne monarchie, ce qui était presque impensable il y a encore une décennie.
Le fils de l’ancien Shah, Reza Pahlavi, est devenu la figure monarchiste la plus médiatisée : il appelle à un changement de régime par la désobéissance civile et à un référendum sur la future forme de l’État.
Des analyses notent qu’il bénéficie d’une base très active dans la diaspora et d’une forte visibilité sur les réseaux sociaux, mais que la popularité réelle d’un retour à la monarchie à l’intérieur du pays reste incertaine, faute de données fiables et en raison de la répression.
Ce que l’on peut dire sur “la rue”
Dans certaines villes et milieux, la nostalgie du Shah sert à exprimer le rejet du régime islamique et le fantasme d’un État plus moderne, plus efficace et moins idéologisé ; dans d’autres, ce thème reste marginal ou controversé.
Les mouvements d’opposition restent fragmentés : monarchistes, républicains laïcs, islamistes réformateurs, gauche laïque, etc., sans leadership incontesté ni programme unifié.
En résumé, une frange visible de la rue “rêve” d’un Shah, surtout dans les slogans et l’imaginaire politique, mais l’aspiration largement partagée est surtout la fin de la crise économique et environnementale et la sortie d’un régime jugé incapable de garantir des besoins aussi élémentaires que l’eau.
La situation des chrétiens
Alors qu'il n'y avait que quelques milliers de chrétiens d'origine musulmane en 1979, les estimations actuelles varient entre 500 000 et plus d'un million de personnes à l'intérieur de l'Iran. Ce développement est dû principalement aux protestants évangéliques.
Il existe une minorité catholique en Iran. Elle reste numériquement très petite, relativement discrète dans les troubles actuels, mais elle vit comme les autres chrétiens dans un climat de contrôle étroit, de discrimination juridique et de pression accrue dès qu’il y a soupçon de prosélytisme ou de conversion. Ce sont essentiellement des catholiques "historiques", des Chaldéens (d’origine assyro‑araméenne), des Arméniens et une petite communauté de rite latin, à Téhéran et quelques grandes villes. Les conversions au catholicisme existent probablement mais sont invisibles.
Au 5 janvier 2026, des heurts dans au moins 25 villes du pays.
L'agence Fars a fait état samedi de rassemblements la veille dans plusieurs quartiers populaires de la capitale Téhéran, qui compte environ 10 millions d'habitants. À Darehshahr, dans l'ouest du pays, environ 300 personnes ont lancé des cocktails Molotov, bloqué des rues et "exhibé des kalachnikovs" vendredi, toujours selon l'agence de presse Fars. Diverses sources font état de déjà 8 morts.