Le blog du Temps de l'Immaculée.
03/01/2026
L'enseignement catholique séduit de plus en plus de familles en quête de discipline et d'excellence. Pourtant, un paradoxe émerge : de nombreux parents rejettent désormais la dimension spirituelle de ces établissements. Entre exigences académiques et vocation religieuse, les écoles privées sous contrat font face à une crise d’identité inédite.
Libres propos autour d'un article d'Emma Ferrand dans le Figaro du 29/12/25
L’article du Figaro met en lumière une mutation profonde au sein de l’enseignement privé sous contrat en France. Si ces établissements (catholiques à 96 %) ne désemplissent pas, leur « caractère propre » — c’est-à-dire leur liberté éducative et spirituelle — devient une source de tensions croissantes avec les familles.
Le choix du privé : une stratégie plus qu’une conviction
Pour une majorité de parents, l'inscription dans le privé n'est plus un acte de foi. On y vient chercher un cadre sécurisant, une rigueur pédagogique et une alternative à un enseignement public jugé parfois trop « idéologisé » ou instable. Selon un sondage Ifop cité par l’auteur, seuls 39 % des Français jugent légitime la présence d'un temps spirituel à l'école. Ce décalage crée des frictions directes : certains parents s'insurgent contre le caractère obligatoire de rencontres liées à la foi ou au pardon.
Une identité diluée pour plaire au plus grand nombre ?
Cette sécularisation forcée inquiète les parents qui ont, à l'inverse, choisi ces écoles pour leurs valeurs chrétiennes. Ils déplorent une « discrétion » excessive de la pastorale. La crainte des directions ? Perdre des élèves ou voir des classes fermer en braquant des familles purement « consommatrices » d'éducation. Même au sein du corps enseignant, le malaise est palpable : certains professeurs, restés dans le privé pour le confort géographique, s'opposeraient activement aux projets pastoraux, créant une fracture interne.
L'école n'est pas un « drive »
Face à cette fronde, les institutions réagissent. Hélène Laubignat, présidente de l’Apel, rappelle une vérité fondamentale : l’enseignement catholique repose sur un projet cohérent et assumé. « L’école n’est pas un service à la demande », affirme-t-elle, soulignant que les familles font un choix libre en s'inscrivant et doivent, par conséquent, en accepter les spécificités.
Pour conclure, l’enjeu pour l'enseignement catholique est aujourd'hui de maintenir cet équilibre fragile : rester ouvert à tous sans renier son ADN. Le dialogue entre les chefs d'établissement et les parents semble être la seule voie pour dissiper les malentendus, dans un contexte où la demande de « neutralité » gagne même les lieux dédiés à la transmission d'une foi.
En somme, l'enseignement catholique réussit son pari éducatif, mais peine à faire valoir son projet pastoral auprès d'un public de plus en plus sécularisé.
Être dans le monde sans être du monde, là est la question. L'École catholique a le simple choix de redevenir catholique... ou de disparaître.