Le blog du Temps de l'Immaculée.
12/10/2026
En un siècle, le monde a énormément changé, et le clergé, presque autant.
On peut donc voir cette déclaration comme un simple document pour l’histoire, dont une lecture dépassionnée et purement « scientifique » confirme à quel point les principes d’alors, ancrés dans la réalité de l’époque, sont devenus obsolètes, et les remèdes proposés impensables aujourd’hui.
Mais on peut aussi trouver des passages d’une surprenante actualité, et identifier dans les propos des pasteurs de 1925, au-delà d’un réel souci des âmes, des principes immuables propres à guider les catholiques encore aujourd’hui.
A chacun de voir..
Voici l'article d'Aldo Maria Valli : Source : Quando i pastori erano pastori. La dichiarazione del 1925 in cui cardinali e vescovi francesi dissero no alle leggi laiciste
Quand les pasteurs étaient des pasteurs.
La déclaration de 1925 dans laquelle les cardinaux et les évêques français dirent « non » aux lois laïques
Face aux propos tenus par Léon XIV à l’Élysée, quand il a affirmé la continuité entre les principes de la Révolution française et l’Évangile, « Duc in altum », a eu l’idée de relire la Déclaration qu’il y a un peu plus d’un siècle, en 1925, les cardinaux et évêques français avaient signée pour rejeter la législation laïque et revendiquer les droits de Dieu et de la foi catholique.
Nous publions ce document, datant d’il y a un siècle, car il reste d’actualité. Aujourd’hui encore, les catholiques, en tant que citoyens, sont souvent contraints de subir des lois presque toujours contraires à la religion catholique et au véritable enseignement de l’Église.
Contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, dans une Église où les pasteurs semblent avoir surtout à cœur le « dialogue » avec le monde et le souci de ne pas déranger ceux qui manipulent la pensée collective, en 1925, les évêques français avaient à cœur la santé spirituelle et morale des fidèles catholiques en vue du salut éternel. Une preuve de courage et de clairvoyance.
Ce document, intitulé « Déclaration sur les lois dites laïques et sur les mesures à prendre pour les combattre », a été publié officiellement le 10 mars 1025 par l’Assemblée des cardinaux et des archevêques de France, devenue après 1964 l’actuelle Conférence épiscopale française. Ce texte a devancé de neuf mois l’encyclique de Pie XI, « Quas primas », du 11 décembre 1925, sur la royauté du Christ et le rejet de l’athéisme d’État.
1 – Les lois laïques sont injustes : tout d’abord parce qu’elles sont contraires aux droits formels de Dieu. Elles découlent de l’athéisme et y conduisent sur les plans individuel, familial, social, politique, national et international.
Elles témoignent d’une ignorance totale de Notre Seigneur Jésus-Christ et de son Évangile. Elles tendent à remplacer le vrai Dieu par certaines idoles (la liberté, la solidarité, l’humanité, la science) ; à déchristianiser toutes les vies et toutes les institutions. Ceux qui ont inauguré leur règne, ceux qui l’ont consolidé, étendu et imposé, n’avaient d’autre but que celui-là.
Elles sont donc le fruit de l’impiété, l’expression de l’injustice la plus coupable, tout comme la religion catholique est l’expression de la justice la plus élevée.
2 – Elles sont en outre injustes car elles vont à l’encontre de nos intérêts temporels et spirituels. Si l’on les examine, il n’y en a pas une seule qui ne concerne à la fois nos biens terrestres et nos biens surnaturels.
La loi sur l’école prive les parents de la liberté qui leur appartient et les oblige à payer deux impôts : l’un pour l’enseignement officiel et l’autre pour l’enseignement chrétien ; en même temps, elle trompe l’intelligence des enfants, pervertit leur volonté et fausse leur conscience.
La loi sur la séparation nous prive des biens dont nous avions besoin et dresse mille obstacles à notre ministère sacerdotal, sans parler du fait qu’elle entraîne une rupture officielle, publique et scandaleuse entre la société et l’Église, la religion et Dieu.
La loi sur le divorce sépare les époux, donne lieu à des litiges qui humilient et dégradent les familles, divise et attriste les enfants, rend les mariages partiellement ou totalement stériles, et autorise en outre légalement l’adultère.
La laïcisation des hôpitaux prive les malades des soins dévoués et désintéressés que seule la religion inspire, les prive des consolations surnaturelles qui atténueraient leurs souffrances, et les expose à mourir sans les sacrements.
Les lois laïques ne sont pas des lois ; elles n’ont de la loi que le nom, un nom usurpé.
On pourrait développer ces considérations à l’infini et ajouter, en le démontrant, que la laïcité, dans tous les domaines, est néfaste au bien privé et public. Par conséquent, les lois laïques ne sont pas des lois. Elles n’ont de la loi que le nom, un nom usurpé ; ce ne sont que des déformations de la loi, ce sont des violences plutôt que des lois. Saint Thomas dit : « Magis sunt violentiae quam leges » (1). Si elles ne nous portaient préjudice que dans l’ordre temporel, elles ne nous obligeraient pas en soi en conscience : « tales leges (leges contrariae bono humano) non obligant in foro conscientiae » (2).
Mais comme les lois laïques portent atteinte aux droits de Dieu, comme elles nuisent à nos intérêts spirituels ; puisque, après avoir ruiné les principes essentiels sur lesquels repose la société, elles sont ennemies de la vraie religion qui nous ordonne de reconnaître et d’adorer, dans tous les domaines, Dieu et le Christ, d’adhérer à leurs enseignements, de nous soumettre à leurs commandements, de sauver à tout prix nos âmes, voilà pourquoi il ne nous est pas permis de leur obéir ; nous avons le droit et le devoir de les combattre et d’exiger, par tous les moyens honnêtes, leur abrogation.
« Les lois peuvent être injustes lorsqu’elles s’opposent au bien divin, comme les lois tyranniques qui conduisent à l’idolâtrie ou à toute autre chose contraire à la loi divine : et de telles lois ne doivent en aucun cas être respectées, car, comme il est dit dans les Actes 4, 31 : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » » (3).
Il y a deux tactiques.
La première consiste à ne pas entrer en conflit direct avec les législateurs laïques ; à chercher à les apaiser et à les amener à appliquer leurs lois dans un esprit de modération, pour ensuite les laisser tomber en désuétude. Il est possible qu’avec certains hommes investis de pouvoir et moins mal disposés, cette méthode ait une certaine chance de réussir. On citera des cas dans l’histoire où cela a fonctionné. De plus, elle présenterait l’avantage de ne pas exaspérer les adversaires et de ne pas les pousser à prendre des mesures qui seraient d’autant plus sévères qu’elles seraient inspirées par un sentiment d’irritation.
Cependant, cette tactique présente de nombreux inconvénients majeurs.
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1 – Elle laisse les lois intactes.
À supposer qu’un ministère ou plusieurs ministères les appliquent avec bienveillance ou cessent de les utiliser contre les catholiques, il appartiendra alors à un nouveau gouvernement de les sortir de l’oubli et de leur redonner vigueur et efficacité. Ce danger n’est pas imaginaire, car à notre époque, le pouvoir passe sans cesse d’un parti relativement tolérant à un parti extrémiste. Il suffit que le premier se soit montré un peu conciliant pour que le second, par réaction, ne fasse preuve d’aucune indulgence à notre égard.
Depuis des années, nous assistons à ce va-et-vient de la persécution religieuse qui, au fond, n’a cessé de s’aggraver. Elle habitue les âmes, même sincèrement catholiques, à considérer les lois laïques comme justes, comme compatibles avec la religion ; elle favorise ces hommes qui, oscillant sans cesse entre laïcisme et catholicisme, sont prêts à toutes les concessions pour gagner des voix à droite comme à gauche, pour accéder à un ministère et qui, en ne cherchant qu’à atténuer certains effets du laïcisme, en laissent subsister les principes et, dans la pratique, y sacrifient presque entièrement le catholicisme.
On dira qu’une attitude conciliante nous a valu quelques faveurs particulières. De petits avantages qui nous lient et nous empêchent de réagir contre nos adversaires !
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2 – Les plus pernicieuses de ces lois continuent de produire leurs effets, quelles que soient les intentions des gouvernements successifs.
À l’époque de ces apparentes accalmies auxquelles nous avons accordé trop de confiance, les écoles athées fonctionnaient sans relâche ; on préparait des dossiers contre les ordres religieux, et l’expropriation des biens ecclésiastiques se poursuivait de manière sournoise et sûre.
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3 – Cette politique encourage nos adversaires qui, comptant sur notre résignation et notre passivité, multiplient chaque jour les attaques contre l’Église.
En somme, les lois laïques se sont multipliées au point de réduire chaque jour davantage la reconnaissance de la souveraineté divine sur nous et le champ de nos droits et de nos libertés.
Ces réflexions interpellent tous ceux qui se souviennent de la série de lois dont nous sommes victimes, tous ceux qui invoquent le témoignage de l’histoire du dernier demi-siècle.
C’est pourquoi la majorité des catholiques véritablement attachés à leur foi réclament l’adoption d’une attitude plus militante et plus énergique. Elle exige que, dans tous les domaines, dans toutes les régions du pays, on déclare ouvertement et à l’unanimité la guerre au laïcisme et à ses principes, jusqu’à l’abolition des lois iniques qui en découlent ; et que, pour y parvenir, on recoure à toutes les armes légitimes.
Ces moyens peuvent se résumer à trois : 1. Action sur l’opinion publique ; 2. Action sur les législateurs ; 3. Action sur le gouvernement.
L’un de nos cardinaux disait récemment que l’opinion publique se prononce en faveur de ceux qui se battent avec acharnement. Elle abandonne ceux qui se laissent aller.
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1 – Action auprès de l’opinion publique.
L’influence sur l’opinion publique s’exerce par la propagande de la vérité ; par la dénonciation des préjugés qui trompent le peuple et l’aveuglent ; par des manifestations publiques.
a) La propagande portera ses fruits si elle est persévérante ; si, d’un commun accord, les catholiques font entendre partout la même note de réprobation contre les injustices de la législation : neutralité (d’ailleurs mensongère et impossible), laïcité de l’enseignement, école unique, divorce, spoliation du clergé, ostracisme des congrégations, athéisme de l’État et des institutions domestiques, sociales, caritatives et politiques ; si les lettres épiscopales, , les hebdomadaires religieux, les bulletins paroissiaux, les revues, la presse, les affiches, les conférences et les catéchismes tiennent le même discours.
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Après avoir démontré que les individus, les familles et les nations doivent à Dieu et à Notre Seigneur un culte officiel, intérieur et extérieur, ainsi qu’une soumission de l’intelligence, de la volonté et de l’action, il faudra indiquer les avantages temporels que la religion catholique apporte dans tous les domaines, ainsi que les innombrables maux que causent, à cet égard, les lois de la laïcité.
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Par exemple, la foi en une vie après la mort et en un Juge suprême, l’éducation et la morale chrétiennes, la doctrine évangélique du mariage et de son indissolubilité sont les ennemis du fléau du dépeuplement ; l’incroyance, l’école laïque et le divorce en sont les complices. Aucune loi n’est aussi favorable à l’éducation des jeunes esprits et des jeunes cœurs que la loi chrétienne, tandis que la science et la morale nous ont gravement nui en rompant avec l’Église.
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L’application des lois laïques a coûté à la France des milliards qui auraient pu être économisés, servir à soulager les plus démunis, accroître la richesse et les réserves du pays, et lui assurer un prestige croissant à l’étranger. Malgré ces dépenses ruineuses, les malades, les orphelins, les pauvres et les personnes âgées ont toujours été mal soignés.
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Sous le régime de la laïcité, qu’est-il advenu de l’impartialité des tribunaux, de la liberté des individus, des familles, des officiers, des magistrats, des enseignants, des fonctionnaires, des mourants ? Qu’est-il advenu de la participation des meilleurs citoyens aux fonctions publiques, de la justice commutative et distributive, des relations entre les classes, de l’unité, de la paix intérieure, de la conscience professionnelle ?
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Léon XIII revenait souvent sur ces réflexions qui émeuvent les foules.
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b) Il faut également lutter contre les préjugés qui induisent les gens en erreur et les aveuglent.
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En voici quelques-uns :
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– La loi, qu’elle soit juste ou injuste, reste la loi ; on est tenu de s’y conformer.
– Les lois laïques sont immuables (alors que les autres peuvent être modifiées et que les parlements passent leur temps à les modifier).
– S’attaquer aux lois laïques, c’est s’attaquer à la République (comme si la législation et la Constitution n’étaient pas distinctes ; comme si les républicains les moins suspects ne s’attaquaient pas aux lois qu’ils ont eux-mêmes votées, jusqu’à la Constitution dont ils sont les auteurs. La vérité, c’est que les catholiques devront toujours lutter contre la laïcité, quel que soit le régime – monarchique ou républicain – qui l’a mise en vigueur).
– Il faut séparer la religion de la politique. (Ce ne devrait pas être le cas ; les deux doivent être distinguées et conciliées).
– La religion est une affaire privée. (La religion est une affaire privée, familiale et publique. La société, tout comme l’individu, doit au vrai Dieu son adoration et son culte).
– La religion n’a rien à voir avec la politique. (La religion laisse à chacun la liberté d’être républicain, monarchiste ou impérialiste, car ces différentes formes de gouvernement sont compatibles avec elle ; la religion ne laisse pas la liberté d’être socialiste, communiste ou anarchiste, car ces trois sectes sont condamnées par la raison et par l’Église.
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Sauf circonstances particulières, les catholiques sont tenus de servir loyalement les gouvernements en place tant qu’ils œuvrent pour le bien temporel et spirituel de leurs sujets ; il n’est pas permis aux catholiques de collaborer aux mesures injustes ou impies prises par les gouvernements ; les catholiques sont tenus de se rappeler que la politique, faisant partie de la morale, est, tout comme celle-ci, soumise à la raison, à la religion, à Dieu. De même, il convient de réfuter les autres préjugés répandus parmi la population).
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A cette action sur l’opinion publique par le biais de la propagande s’ajoute la question des journalistes et des conférenciers. Il est hautement souhaitable que ces personnes soient formées et préparées avec sérieux ; qu’elles ne se contentent pas de formules universelles – generalia non movent –, de phraséologies vagues et creuses, mais qu’elles fassent preuve de précision, de compétence, de force et de clarté ; qu’elles étudient en particulier les traités sur la foi, l’Église et l’État.
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c) Action auprès de l’opinion publique par le biais de manifestations publiques.
Dans cet ordre d’idées, la prudence nous impose de suivre ses préceptes, d’éviter la témérité et de prendre toutes les précautions nécessaires.
Mais il est certain que des manifestations publiques, bien préparées, impressionneront la foule en lui donnant l’impression – qu’elle n’a pas – de notre nombre, de notre unité, de notre puissance et de notre volonté inébranlable de revendiquer nos droits jusqu’à la victoire.
L’un de nos cardinaux disait récemment : « L’opinion publique se prononce en faveur de ceux qui se battent bien. Elle abandonne ceux qui s’abandonnent à eux-mêmes. »
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2 – Action auprès des législateurs. Cette action peut permettre d’obtenir de bons résultats.
a) Par le biais de pétitions adressées aux députés et aux sénateurs de chaque département. Il serait souhaitable que ces pétitions émanent de tous les groupes : des pères de famille, des anciens combattants, de la jeunesse catholique, des cheminots, des veuves de guerre, des ligues féminines catholiques, des personnalités les plus en vue du monde bancaire, industriel, commercial, etc. Ces pétitions seront adressées à tous les parlementaires, sans exception ; et si un ministre est originaire de la région, on veillera à lui faire parvenir ces protestations et revendications.
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b) Des personnalités éminentes souhaiteraient que l’on aille plus loin et que l’on donne à tous les catholiques pour consigne de refuser leur vote aux candidats qui, en théorie comme en pratique, ne s’opposent pas à la laïcité et aux œuvres neutres. Aux yeux de ces hommes sérieux, la théorie du moindre mal, poussée à l’extrême, nous a valu des échecs et des malheurs de plus en plus irréparables que nous aurions pu éviter, au moins en partie, en adoptant une attitude plus ferme.
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3 – Action auprès du gouvernement
Ce qui agite l’opinion publique et les Chambres parvient déjà jusqu’au gouvernement, mais il faut aborder la question directement. Les socialistes, les communistes, les fonctionnaires, les ouvriers, les commerçants nous en donnent l’exemple. Lorsqu’une loi ou un décret ne leur convient pas ou leur est préjudiciable, ils ne se contentent pas des questions posées par leurs représentants à la Chambre ou au Sénat, ils s’adressent directement au pouvoir : ils se rassemblent en masse devant les mairies, les préfectures, les ministères ; ils adressent aux détenteurs du pouvoir des protestations, des délégations, des ultimatums ; ils multiplient les manifestations et les grèves ; ils assiègent et harcèlent le gouvernement, qui cède presque toujours à leurs demandes.
Pourquoi, dans la mesure où notre morale, notre dignité et notre amour de la paix, fondé sur la justice et la charité, nous le permettent, ne les imitons-nous pas ? Afin de supprimer de notre code les lois qui, selon les paroles énergiques de l’un de nos évêques, nous mènent « du laïcisme au paganisme » ?
Nous disposons de troupes dont le nombre et le courage n’ont rien à envier à ceux des autres groupes, car une multitude de chrétiens sont désireux de se lancer dans la lutte.
Certes, la tâche est immense et difficile, mais c’est précisément la vertu de la force que d’affronter les obstacles et de braver le danger. De plus, nous disposons de troupes dont le nombre et le courage sont au moins égaux à ceux des autres groupes, car une multitude de chrétiens – si l’on ne compte que ceux qui sont fervents et actifs – sont impatients de s’engager dans la lutte. Nos structures – paroisses, diocèses, provinces ecclésiastiques – sont prêtes.
Ce qui a manqué jusqu’à présent aux catholiques, c’est l’unité, la concentration, l’harmonie et la coordination de leurs efforts. N’auront-ils pas assez d’abnégation pour former un groupe soudé, travaillant de concert sous la direction de leurs supérieurs hiérarchiques ?
On dira que cette attitude nous expose à des représailles offensives et impitoyables de la part de nos adversaires. Ce n’est pas certain ; en tout état de cause, à quelles calamités nous expose l’attitude contraire ? Quel avenir nous attend si, satisfaits d’un relâchement léger et artificiel, nous nous endormons ?
Peut-être jamais, au cours des cinquante dernières années, le moment n’a-t-il semblé aussi propice ; si nous le laissons passer sans en profiter, c’est comme si nous trahissions la Providence.
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Paris, le 10 mars 1925
L’Assemblée des cardinaux et des archevêques de France