Le blog du Temps de l'Immaculée.
25/08/2026
Depuis le 1er juillet et la séparation de fait de la Fraternité Saint-Pie X, la demande de libéralisation du Vetus Ordo (messe en latin) ressurgit avec force. Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Grenoble-Vienne, intervient pour souligner que cet enjeu dépasse la simple préférence rituelle.
Pour lui, accéder à une diffusion sans discernement de l'ancien missel reviendrait à valider une rupture ecclésiale profonde.
Son analyse pointe les risques d'une institutionnalisation de la méfiance, menaçant la cohésion de l'Église en instaurant une logique de soupçon envers le Magistère. Pour l'évêque, la pratique habituelle du missel préconciliaire induit, au moins implicitement, l'idée que la réforme liturgique produirait « moins de fruits spirituels ». Il a raison, on reconnait l’arbre à ses fruits, et c’est peu dire qu’ils sont gâtés ! En 50 ans, la pratique religieuse est passée de 23 % à 2 % en France…
Cette position installe une défiance envers l'autorité des papes successifs, de saint Jean XXIII à Léon XIV. Mgr Eychenne met en lumière un paradoxe cinglant : alors que les partisans de l'ancien rite se font souvent les hérauts de l'autorité, ils s'inscrivent ici dans une culture de l'autodétermination et du refus de l'obéissance au successeur de Pierre. Il y a aussi l'exemple contraire d'Athanase qui, pour faire court, est devenu saint après s'être opposé au pape Libère.
L'évêque s'inquiète surtout de la responsabilité éducative envers les jeunes générations, qu’une telle concession risquerait d’élever dans une « défiance systématique » envers les décisions de l'Église. Cette logique de contestation pervertit la nature même de la Tradition qui, par essence, ne se choisit pas selon ses goûts mais « se reçoit » comme un mandat. Pour étayer cette vision théologique, Mgr Eychenne convoque l'histoire apostolique : si Paul a pu exercer son esprit critique face à Pierre lors du premier Concile de Jérusalem (Actes 15), la décision finale du Collège s'est ensuite imposée à tous pour préserver l'unité.
Loin d'être une perte, le Missale Romanum actuel est présenté comme un « extraordinaire patrimoine » offrant un accès élargi aux Écritures et aux oraisons des Pères de l'Église, sources d'un véritable « émerveillement ». L'enjeu est, paraît-il, de redécouvrir que le latin et le grégorien y conservent leur place, invalidant tout argument purement esthétique au profit de la réception ecclésiale.
En conclusion, Mgr Eychenne plaide pour un « accompagnement bienveillant » afin que les fidèles perçoivent la réforme comme le témoignage d'une foi inchangée, ancrée dans la Tradition et résolument missionnaire. L'Eucharistie ne doit plus être un « champ de bataille », mais le lieu d'une communion indispensable pour relever les défis du monde. Dans la perspective du voyage du pape Léon XIV sur le thème « pour que le monde ait la vie », cette paix liturgique apparaît comme la condition première de la mission globale de l'Église. L'unité autour de l'autel demeure, in fine, le socle inviolable de la transmission de l'Évangile.
Notre cher Père Évêque semble oublier que la structure liturgique de l'Église catholique rassemble 24 Églises totalement autonomes réparties en six grandes familles liturgiques (ou traditions de rites) :
Le rite latin (ou d'Occident) : de loin le plus répandu (rite romain, ainsi que les usages ambrosien, mozarabe, etc.).
Le rite byzantin : utilisé notamment par les Églises grecque-catholique, melkite, ukrainienne, roumaine, etc.
Le rite alexandrin : traditions liturgiques copte et guèze (Éthiopie et Érythrée).
Le rite antiochien (ou syro-occidental) : traditions maronite, syro-catholique et syro-malankare.
Le rite chaldéen (ou syro-oriental) : Églises chaldéenne et syro-malabare.
Le rite arménien : propre à l'Église catholique arménienne.
Ne pourrait-on cesser ces conflits incessants ? N’y a-t-il pas une petite place pour le rite tridentin que personne n’a le droit de supprimer parce qu'il est saint et millénaire ?
“L’accompagnement bienveillant” suggéré dans cette tribune nous blesse.
Cher Père Évêque, venez marcher à Chartres, vous vous apercevrez peut-être qu’on a changé de siècle.
Que Dieu vous bénisse et vous aide à nous aimer comme nous vous aimons !