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Un rapport IGF-Igas prépare le dynamitage de la politique familiale

20/08/2026

Un rapport IGF-Igas prépare le dynamitage de la politique familiale

Dans une tribune incisive publiée dans Le Figaro, l’essayiste Raymond Debord dénonce les conclusions d’un rapport conjoint de l’IGF et de l’Igas remis à Sébastien Lecornu. Visant plus de 4 milliards d’euros d’économies, ces préconisations parachèveraient, selon l’auteur, la destruction de l’universalité de la politique familiale au profit d’une simple logique d’assistance sociale.

1. Le contexte : une quête comptable d'économies sous couvert « d’efficience »

Raymond Debord ouvre son propos en replaçant le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) dans la continuité des arbitrages budgétaires du gouvernement. Après le financement en trompe-l'œil du « congé de naissance » — gagé par un durcissement des majorations d'allocations familiales —, cette « revue de dépenses » commandée par le Premier ministre vise à dégager 4,2 milliards d’euros d’économies sur une décennie. L'auteur fustige le logiciel strictement comptable des grands corps de l'État, incapables d'envisager la politique familiale comme un investissement d'avenir.

 

2. Le cœur de la critique : la mort de l'universalité et de la redistribution horizontale

L'axe central de la tribune repose sur le changement de paradigme imposé aux politiques familiales. Debord déplore l'abandon progressif de l'esprit du modèle issu de 1945 :

---Redistribution horizontale vs verticale : Le rapport propose d'achever la transition d'un modèle compensant le coût de l'enfant pour tous les foyers (redistribution des ménages sans enfant vers ceux avec enfants) vers un système d'aide sous condition de ressources (des plus aisés vers les plus modestes).
---Morcellement et oppositions : En ciblant toujours plus les aides, l’administration créerait des clivages artificiels (selon les tranches de revenus, les configurations familiales ou le genre), transformant la politique familiale en un « saupoudrage d'aides sociales ».


3. Un inventaire de mesures jugées punitives

L'essayiste passe en revue les mesures phares préconisées par l'IGF et l'Igas, qu'il qualifie de « jeu de massacre » :

-Abaissement de 20 % des plafonds pour la dégressivité des allocations familiales ;
-Suppression de la réduction d’impôt liée aux frais de scolarité ;
-Modulation des APL étudiantes selon les revenus parentaux ;
-Durcissement fiscal pour les veufs et veuves ayant des enfants à charge ;
-Remise en cause des majorations de retraite pour enfants au motif contesté de leur manque d'effet incitatif sur la natalité.


Sur le plan de la petite enfance, l'auteur pointe les angles morts du rapport : refus d'aborder la revalorisation salariale des professionnels du secteur ou l'insuffisance de places en crèche, le tout compensé par la tentation d'une scolarisation toujours plus précoce confiée à l'Éducation nationale.

 

4. L'enjeu politique : deux visions irréconciliables


En conclusion, Raymond Debord met en perspective ce rapport technocratique avec les débats politiques à venir. Il oppose la vision gestionnaire et restrictive du document à d'autres initiatives — comme celle du député Jérémie Patrier-Leitus —, qui plaident à l'inverse pour une refondation universelle avec un soutien dès le premier enfant. L'auteur alerte ainsi sur un choix de société imminent : assumer le démantèlement définitif du modèle familial français ou réinvestir résolument dans le réarmement démographique.

 

 

Août-Sept.26
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