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L’impossible guérison de Barbara Snyder

08/06/2026

L’impossible guérison de Barbara Snyder

Atteinte d’une sclérose en plaques progressive jugée incurable, Barbara Snyder a vécu une guérison instantanée le 7 juin 1981, jour de la Pentecôte. Alors qu’elle se trouvait en phase terminale, aveugle et maintenue en vie par plusieurs appareils médicaux, elle a recouvré l’usage total de ses sens et de ses membres après qu’un appel à la prière a été lancé pour elle sur les ondes d’une radio. Ce rétablissement, documenté par des médecins frappés par son caractère « médicalement impossible », s’est maintenu sans aucune rechute pendant quarante ans, jusqu’à son décès en 2021.

 

 

Les raisons d'y croire
C’est à l’âge de quinze ans qu’apparaissent chez elle les premiers troubles de la coordination, ainsi qu’unefatigue anormale. Après une batterie de tests rigoureux incluant des ponctions lombaires, une « sclérose en plaques progressive » est diagnostiquée de manière formelle en 1978 à la Mayo Clinic de Rochester. La maladie évoluait alors depuis déjà seize ans. Son chirurgien, le docteur Harold Adolph, a témoigné de l’extrême gravité de son état en la décrivant comme l’une des patientes les plus « désespérément malades » qu’il ait jamais rencontrées.

 

À la veille de sa guérison, l’état physique de Barbara était devenu catastrophique, car ses fonctions vitales les plus basiques ne répondaient plus. Elle ne voit presque plus rien et la maladie a tellement contracté ses membres qu’elle reste en « position fœtale » permanente. Comme elle ne peut plus respirer normalement à cause d’un poumon affaissé, elle dépend d’un tube dans la gorge et d’un apport constant d’oxygène. Son système digestif et ses intestins sont eux aussi totalement à l’arrêt, ce qui oblige les médecins à utiliser des sondes et des poches extérieures pour la maintenir en vie.

 

Le médecin qui suit Barbara, le docteur Thomas Marshall, est absolument convaincu que sa mort est imminente : elle est considérée « en fin de vie ». Il a d’ailleurs prévenu sa famille que la plus petite infection suffira à l’emporter – raison pour laquelle tout le monde a accepté de signer une consigne de « non-réanimation » pour ne pas prolonger ses souffrances inutilement. C’est ce même docteur qui témoignera plus tard de son choc total en la revoyant : « J’ai cru voir une apparition ! Voici ma patiente, qui n’était pas censée vivre une semaine de plus, totalement guérie. »

 

Le dimanche de la Pentecôte, le 7 juin 1981, deux amies viennent au chevet de Barbara pour lui lire une pile de courriers de soutien. Ces centaines de lettres ont été envoyées par des auditeurs après qu’une station de radio locale, WMBI, a diffusé un message demandant aux gens de prier pour elle. C’est durant ce moment de partage que Barbara raconte avoir entendu une voix masculine, venant de derrière son épaule, lui donner un ordre très simple : « Mon enfant : lève-toi et marche. » À cet instant, elle déclare à ses proches présents : « Dieu vient de me dire de me lever et de marcher. »

 

À la suite de cet événement, Barbara se lève sans aide, retrouve la vue et peut respirer profondément sans assistance. Dès le lendemain, les examens cliniques confirment objectivement ce changement radical : les radiographies montrent que le poumon auparavant affaissé est « entièrement réinflé » et que ses diaphragmes fonctionnent à nouveau normalement. Le docteur Adolph note que la patiente ne présente désormais plus « aucun des signes de la sclérose en plaques ».

 

Le docteur Marshall a exprimé son incrédulité devant une restauration si complète, qu’il jugeait scientifiquement impossible. Lors de sa consultation, il déclare à Barbara : « Je serai le premier à vous le dire : vous êtes complètement guérie. Je peux aussi vous dire que c’est médicalement impossible. » Il conclura plus tard avoir eu le « rare privilège d’observer la main de Dieu accomplir un véritable miracle ».

La dimension la plus inexplicable du cas réside dans le caractère global et coordonné de la guérison. En un seul instant, quatre systèmes vitaux profondément atteints (neurologique, respiratoire, digestif et visuel) ont retrouvé un fonctionnement parfait. Une telle restauration simultanée de plusieurs organes défaillants dépasse totalement les mécanismes habituels de rémission observés en médecine.

Durant quarante ans, Barbara a conservé une santé parfaite, sans aucune rechute neurologique. Preuve de sa vitalité, elle a entrepris des études pour devenir technicienne chirurgicale et a même assisté le docteur Adolph lors de nombreuses interventions, travaillant ainsi durant des décennies dans le milieu médical qui l’avait autrefois condamnée.

 

 


En savoir plus
La trajectoire de Barbara Snyder, avant le miracle de juin 1981, est celle d’un long combat de seize années contre une déchéance que rien ne semblait pouvoir freiner. Née en 1950 à Berwyn, dans l’Illinois, elle grandit à Wheaton dans un environnement familial stable. Très active durant sa jeunesse comme gymnaste et musicienne, elle voit sa vie basculer pendant l’adolescence. Entre quinze ans et trente et un ans, on estime qu’elle a passé près de 75 % de son existence en milieu hospitalier, passant du statut d’adolescente sportive à celui de patiente lourdement appareillée. Cette épreuve prolongée a été rigoureusement documentée par les services de neurologie de la Mayo Clinic et par les dossiers de soins palliatifs du comté de DuPage.

 

L’impact de sa guérison a rapidement dépassé le cadre de sa chambre de malade pour toucher toute la communauté de Wheaton, une ville fortement marquée par sa culture chrétienne. L’appel à la prière, diffusé sur les ondes de la station de radio WMBI dans l’émission « Cup of Cold Water », avait suscité un élan de solidarité rare, matérialisé par l’envoi de centaines de lettres, dont la lecture a accompagné les premiers instants de son rétablissement.

 

Sur le plan personnel, Barbara a choisi de consacrer sa nouvelle vie au milieu médical qui l’avait autrefois condamnée. Dès 1982, elle a entrepris des études pour devenir technicienne chirurgicale, transformant ainsi son expérience de la maladie en une vocation de service. Elle a par la suite mené une existence familiale épanouie, se mariant avec un pasteur et s’installant en Floride, où elle a poursuivi sa carrière jusqu’à sa retraite.

 

Au-delà du récit personnel, le cas a fait l’objet de plusieurs enquêtes de la part de chercheurs et de journalistes, dont Craig Keener, qui a recueilli les témoignages directs des médecins impliqués trente ans après les faits. Si des hypothèses naturelles – comme le trouble de la conversion – ont parfois été évoquées pour expliquer la paralysie, elles se heurtent systématiquement à la réalité physique des lésions organiques, notamment la paralysie diaphragmatique et le collapsus pulmonaire, confirmés par imagerie. Ce dossier reste aujourd’hui un point de référence pour ceux qui étudient les limites de la science face aux guérisons dites inexpliquées.

 

Antoine de Montalivet a étudié la philosophie et la théologie au séminaire diocésain de Fréjus-Toulon.

 

Aller plus loin

Craig S. Keener, Miracles : The Credibility of the New Testament Accounts, Grand Rapids, Baker Academic, 2011, 2 vol. Cet ouvrage de référence, rédigé par un chercheur de renommée mondiale, analyse rigoureusement de nombreux cas de guérisons inexpliquées, y compris celui de Barbara Snyder.

 

 

Source : 1000 raisons de croire