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La persécution de Saint Athanase

01/05/2026

La persécution de Saint Athanase

Saint Athanase d'Alexandrie, l'un des Pères de l'Église les plus influents, fêté ce 2 mai, a été intensément persécuté par une large partie de ses pairs évêques tout au long de sa carrière.

Cette opposition n'était pas personnelle, mais profondément théologique et politique, centrée sur la crise arienne qui secouait l'Empire romain et l'Église au IVᵉ siècle.

 

 

 

Les racines du conflit : l'hérésie arienne


Le conflit opposait Athanase à ceux qui soutenaient l'arianisme (du nom d'Arius), une doctrine qui niait la divinité pleine et entière du Christ, affirmant qu'il était une créature du Père, bien que supérieure aux autres. Athanase, fervent défenseur du concile de Nicée (325), soutenait la consubstantialité du Christ avec le Père (homoousios).

 

Les évêques qui s'opposaient à Athanase étaient souvent des partisans de l'arianisme ou des modérés qui craignaient que la formulation d'Athanase ne divise davantage l'Église et l'Empire.

 

Les mécanismes de la persécution


L'opposition contre Athanase ne se limitait pas à des débats théologiques ; elle utilisait l'appareil administratif et judiciaire de l'Église et de l'État. Voici comment ses "frères" évêques l'ont combattu :

 

L'usage des synodes contre lui : ses adversaires épiscopaux organisaient des conciles ou synodes locaux pour condamner Athanase officiellement. L'exemple le plus célèbre est le synode de Tyr en 335. Là, ses opposants, menés par Eusèbe de Nicomédie, l'ont accusé de crimes fallacieux (notamment le meurtre d'un évêque nommé Arsénius, qui fut retrouvé vivant, et des actes de violence contre le clergé).

 

La déposition et l'exil : sur la base de ces accusations montées de toutes pièces lors de ces conciles, les évêques partisans de l'arianisme faisaient pression sur l'empereur (Constantin, puis ses successeurs) pour qu'il dépose Athanase de son siège d'Alexandrie et le fasse exiler.

 

Le soutien politique : les évêques opposés à Athanase possédaient une influence considérable à la cour impériale. Ils ont réussi à convaincre plusieurs empereurs qu'Athanase était un fauteur de troubles, une menace pour l'unité de l'Empire, ce qui a justifié ses multiples exils.

 

Le bilan : cinq exils


La persécution fut si acharnée qu'Athanase a été contraint de quitter son siège épiscopal d'Alexandrie à cinq reprises, sous quatre empereurs différents, passant un total d'environ 17 ans en exil.

 

Bien que ses opposants aient été de haut rang dans la hiérarchie ecclésiastique, Athanase a maintenu sa position sans faillir. C'est précisément cette persévérance face à l'hostilité de ses pairs qui lui a valu le surnom d'Athanasius contra mundum (« Athanase contre le monde »), illustrant qu'il semblait lutter seul contre une majorité d'évêques et de dirigeants impériaux pour défendre ce qu'il considérait comme la foi orthodoxe.

 

Sans prendre parti, au moment où l'on évoque un schisme à venir, il convient d'être prudent dans nos jugements.