Le blog du Temps de l'Immaculée.
07/03/2026
Nouvelle tribune de Thierry Vitteau sur le Salon Beige, qui revisite à sa manière "l'affaire" Caïn et Abel
Un lecteur du Salon Beige a laissé un commentaire particulièrement instructif sous mon dernier article concernant le collectif Némésis. *
Dans ce commentaire, il s’interrogeait sur le clivage droite-gauche en matière de politique. Pour lui, il se résumerait à une opposition entre catholicisme et marxisme :
« D’un côté, le marxisme rejette Dieu et tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi. À l’opposé, le catholicisme accepte et cherche l’unique vérité qui est Dieu, et où l’homme est créature de Dieu.
Nous pourrions donc très simplement définir la droite comme étant ce qui relève d’une idéologie catholique sans toute fois être obligé d’être baptisé, mais en adhérant simplement à ces principes philosophiques. Et la gauche comme étant ce qui se construit sur le marxisme. »
Toujours selon ce partage de la société actuelle, Emmanuel Macron se situerait à l’extrême gauche :
« Macron se retrouve à l’extrême gauche, la définition de la gauche n’étant ici pas attachée à un système économique en particulier. Il s’est en effet lui-même déclaré comme étant un « humaniste », réclamant toujours plus « d’humanisme » lors de son meeting à la présidentielle 2022. Or l’humanisme est un fondement du marxisme en tant que philosophie plaçant l’homme au centre et au-dessus de tout. »
Comme pour confirmer ces propos, Emmanuel Macron vient justement de se réjouir ce mercredi 25 février du vote de l’Assemblée Nationale en faveur de l’aide à mourir. Il a salué des débats respectueux et un vote allant dans le sens d’un modèle humaniste !
Cette approche de la rivalité entre humanisme et catholicisme n’est pas sans rappeler la vision de Hugh Benson dont j’ai eu l’occasion de parler dans un précédent article.
Dans son roman d’anticipation paru en 1906, ce prêtre remarquablement inspiré présentait la fin des temps comme un futur conflit entre catholiques et humanistes !
Tout cela nous ramène à un texte biblique particulièrement étrange remontant aux origines de l’humanité :
« Adam connu Eve sa femme et elle enfanta Caïn. Elle enfanta encore son frère Abel. Abel était berger et Caïn laboureur. Au bout de quelques temps, Caïn fit à l’Eternel une offrande des fruits de la terre, et Abel de son côté en fit une des premiers nés de son troupeau. L’Eternel porta un regard favorable sur Abel et son offrande, mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et son offrande. Caïn fut très irrité et son visage fut abattu.
Comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur Abel et le tua ! »
Lue comme cela, cette histoire peut paraître difficile à entendre. Certains même y trouveront une situation profondément injuste : pourquoi Dieu accepterait l’offrande d’Abel plutôt que celle de Caïn ?
A présent, si on lit ce récit comme un texte prophétique, il devient immédiatement beaucoup plus compréhensible, on se retrouve alors face à notre fameuse opposition entre catholiques et humanistes !
Caïn s’approche de Dieu avec le fruit de ses efforts. Il préfigure toutes ces personnes qui comptent sur leurs propres forces pour établir un monde plus humain, un monde respectant la déclaration des droits de l’homme. De son côté, Abel se contente d’apporter un agneau de son troupeau. Il s’en remet à Dieu pour faire les bons choix : il offre un agneau nouveau né préfigurant sans le savoir le sacrifice de Christ. Même s’il ne comprend pas forcément la portée de son geste, il a confiance en Dieu et choisit d’écouter sa parole. Ainsi, ces deux frères ennemis symbolisent une lutte éternelle entre humanistes et croyants, entre ceux qui veulent bâtir un monde sans Dieu et ceux qui mettent leur confiance en leur Créateur. Et pour finir, les premiers cherchent toujours à éliminer les seconds par pure jalousie. Dire que ce récit transmit de générations en générations depuis des milliers d’années éclaire aujourd’hui les aléas de notre société, donnant même du sens au meurtre de Quentin !
* https://www.breizh-info.com/2023/04/17/218681/politique-le-clivage-gauche-droite-a-t-il-un-sens/