Le blog du Temps de l'Immaculée.
04/03/2026
Dans son nouvel ouvrage publié aux éditions Fayard, le préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin dialogue avec Nicolas Diat sur l’avenir de l’Église. : « Sera-t-elle encore un phare ou l’écho lointain d’une voix oubliée ? »
Le refus d'une Église "mondaine"
Le cardinal rejette catégoriquement l'idée d'une Église qui chercherait à plaire au monde pour survivre. Selon lui, la survie de l'institution ne dépend pas de son adaptation aux mœurs contemporaines, mais de sa fidélité à sa nature divine.
« L'Église est mal comprise parce qu'on la juge à partir de catégories profanes. Elle sera toujours signe de contradiction. Nous n'avons pas besoin d'une institution mondaine de plus. »
Il insiste sur le fait que la mission de l'Église n'est pas de refléter les désirs de la société, mais d'être un instrument de salut. Pour lui, la "mondanité" est le plus grand péril qui guette le christianisme en 2050.
La crise doctrinale et le "relativisme"
Pour Robert Sarah, l'unité de l'Église est menacée non par la diversité, mais par l'imprécision et le relativisme qui brouillent le message de l'Évangile. Il appelle à une clarté absolue, qu'il définit comme une forme de charité envers les fidèles.
« L'unité est fragilisée par le relativisme doctrinal. Lorsque l'on exalte la différence au détriment de la communion, la catholicité se fragmente. La précision doctrinale est un acte de charité. »
Le devoir de parole : "Le silence serait une trahison"
Face à ce qu'il décrit comme une "guerre déclarée par les puissances médiatiques et législatives" contre les valeurs chrétiennes (notamment sur les questions de la vie), le cardinal exhorte les catholiques à sortir de leur réserve. Il considère que le retrait silencieux n'est plus une option possible.
« Taire le Christ serait une infidélité. [...] Devant l'effondrement des repères, le silence serait une trahison. »
L'horizon 2050 : La sainteté comme seule stratégie
Interrogé sur ce que sera l'Église dans 25 ans, le cardinal refuse les pronostics statistiques ou les plans marketing ecclésiaux. Pour lui, l'avenir ne se joue pas dans les bureaux des synodes ou des conférences épiscopales, mais dans la vie intérieure des croyants.
« L'avenir de l'Église dépend non des stratégies, mais de notre sainteté. »
Il prédit une Église peut-être plus petite, plus dépouillée, mais redevenue un "phare" parce qu'elle aura retrouvé le sens de l'adoration et du silence.
En complément de cet entretien, rappel d'un autre plus ancien (30/06/2025) en vidéo, plus spécifique à la vision du Cardinal sur la France
le cardinal Sarah voit la France de 2050 comme une nation à la croisée des chemins : soit elle s'enfonce dans une "mondanité" sans âme, soit elle redécouvre sa mission spirituelle par la sainteté de ses enfants.