Le blog du Temps de l'Immaculée.
20/02/2026
Mgr Schneider répond au cardinal Fernandez au sujet de la FSSPX : les documents pastoraux de Vatican II peuvent être corrigés, seule la Parole de Dieu est immuable
Près d’une semaine après la rencontre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X au Vatican, Mgr Athanasius Schneider a exprimé son désaccord avec l’affirmation du cardinal Víctor Manuel Fernández selon laquelle les textes du Concile Vatican II « ne peuvent pas être modifiés », et a défendu l’idée que les formulations pastorales peuvent effectivement être révisées ou corrigées. C’est ce que rapporte le journaliste Niwa Limbu, du Catholic Herald, dans un message publié sur le réseau social X, où il présente des extraits d’un entretien avec le prélat.
Mgr Schneider soutient que seule la Parole de Dieu est immuable au sens strict. « Ce qui ne peut pas être changé, c’est uniquement la Parole de Dieu. La Bible ne peut pas être modifiée parce qu’elle est la Parole de Dieu », affirme-t-il. Selon lui, la formulation du cardinal Fernández serait « complètement erronée » si elle était appliquée sans distinction aux textes conciliaires.
Le caractère pastoral du Concile Vatican II
L’évêque auxiliaire rappelle que saint Jean XXIII, en convoquant le Concile Vatican II, a clairement indiqué qu’il ne s’agissait pas de définir de nouveaux dogmes ni de trancher définitivement des questions doctrinales. Selon Schneider, le pape avait expressément expliqué que le concile avait une finalité explicative et catéchétique, adaptée au langage de l’époque.
Dans le même esprit, il cite Paul VI, qui aurait réaffirmé que le concile n’entendait pas proclamer de dogmes ni définir des doctrines de manière définitive, mais que son caractère était « principalement pastoral ». Dès lors, soutient-il, les formulations pastorales — puisqu’elles ne constituent pas des définitions dogmatiques — peuvent être améliorées ou corrigées, en raison de leur caractère circonstanciel.
Schneider précise que les dogmes cités par Vatican II, issus de conciles précédents, ne peuvent pas être modifiés. Il distingue toutefois ces enseignements définitifs des expressions pastorales propres au contexte historique du concile.
L’exemple du IVe concile du Latran
Schneider évoque le IVe concile du Latran (1215), soulignant que certaines de ses dispositions pastorales seraient aujourd’hui inacceptables. Il mentionne en particulier l’obligation imposée à l’époque aux juifs de porter des signes distinctifs dans les villes chrétiennes, qualifiant cette mesure de forme de discrimination.
À partir de cet exemple, il pose la question de savoir si de telles expressions conciliaires peuvent être corrigées. Selon son raisonnement, si l’on admet la possibilité de réviser des formulations pastorales issues de conciles antérieurs, la même option pourrait également être envisagée pour certaines expressions de Vatican II.
L’évêque insiste alors sur la nécessité d’examiner honnêtement ce qu’il considère comme des « ambiguïtés évidentes et indéniables » dans certains textes conciliaires, et affirme que d’autres conciles œcuméniques ont connu des ajustements dans leurs déclarations pastorales.
La situation de la FSSPX
Mgr Schneider a évoqué la situation de la FSSPX en proposant qu’une régularisation canonique lui soit d’abord accordée, et que le dialogue doctrinal se poursuive ensuite.
Selon lui, permettre à la Fraternité d’apporter sa réflexion pourrait contribuer à clarifier et à préciser certains points débattus, pour le bien de toute l’Église. Enfin, il a exprimé son inquiétude face à ce qu’il a qualifié de comportement « dur » et « imprudent » de la part du Saint-Siège dans la gestion de cette question.
Source : InfoVaticana